Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: mars 15, 2011

Ça y est ! Les Béninois ont « voté »

« LE LABORATOIRE DE LA DEMOCRATIE EN AFRIQUE » va encore faire abondamment parler de lui, dans les jours et les semaines qui vont suivre : parce que, démentant toutes les prévisions apocalyptiques, les « laborantins » de la démocratie sur le continent ont voté ce 13 mars 2011 dans le calme, la sérénité et la dignité ; ceci, en dépit de tous les vents contraires, particulièrement violents, agités au cœur du Laboratoire au cours de ces derniers mois.

« Vive nous !!! », sommes-nous tentés de dire. Le vénéré Emile Derlin Zinsou, à qui nous devons en partie ce miracle, ne dirait pas le contraire, lui qui ne manqua pas de s’exclamer un jour, parlant de ce pays d’exception qui est le sien : « Quel pays étonnant que le nôtre ! Il étonne les autres. Il s’étonne lui-même, et s’étonne ensuite de son propre étonnement… »

Eh ! oui, on ne se lasse pas de ressasser cet hymne à la gloire du Bénin. Et des Béninois.

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VOUS ET MOI SOMMES D’ACCORD

CA Y EST ! LES BÉNINOIS ONT « VOTÉ »

EN ACCÉLÉRÉ, L’EXPLICATION DE CE « VOTE ROUGE »

BONI YAYI : «PAS D’ÉLECTIONS SI PAS DE LEPI !!! »

ROBERT DOSSOU : «LA LEPI OU RIEN !… PAS DE PLAN « B » !!! »

BAKO ARIFARI : «PLEIN D’ÉLECTEURS EN RADE ?… DÉSOLÉ ! »

MATHURIN NAGO : « PRENEZ-LE EN CHARGE !…TAPEZ-LE !… CORRECTEMENT !… »

ALBERT TÉVOÈDJRE : « MES CELLULES DE RÉCLAMATIONS ÉTAIENT LA SOLUTION ! »

JOSEPH GNONLONFOUN : « VIVE LA LEPI !, MÊME SI ELLE EST IMPARFAITE… SURTOUT SI ELLE EST IMPARFAITE…»

MADAME BACHABI : « JE NE SAIS QUOI DIRE. C’EST BAKO QUI A TOUJOURS VOULU TOUT DIRE »

HONORAT ADJOVI : « VENANT DE MOI, VOUS VOUS ATTENDIEZ A QUOI ?… FRANCHEMENT… »

MARCEL DE SOUZA : « LA FERME !, CANCRELATS… C’EST NOUS QUI SOMMES (ET QUI SERONS) TOUJOURS LÀ ! »

LES PTF : « PFFFFFFFF !!!, LA HONTE… »

POUR TOUS CES GENS-LÀ,

ÇA CASSE OU ÇA CASSE !!!

POUR LEURS COMPATRIOTES,

ÇA PASSE, ET IL FAUT QU’« IL » SE CASSE !!!

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D’ACCORD VISITEURS, VOUS ET MOI SOMMES D’ACCORD…

D’ACCORD ! MAIS POURQUOI SOMMES-NOUS D’ACCORD ?…

JE VAIS TENTER DE VOUS LE DIRE :

Le LABORATOIRE DE LA DEMOCRATIE SUR LE CONTINENT va encore faire abondamment parler de lui dans les jours et les semaines qui vont suivre, je l’ai dit plus haut : parce que, démentant toutes les prévisions apocalyptiques, les « laborantins » de la démocratie sur le continent ont voté ce 13 mars 2011 dans le calme, la sérénité et la dignité ; ceci, en dépit de tous les violents vents contraires, agités des mois durant au cœur du « Labo ». Ca aussi, je l’ai dit. Des vents violents, agités au coeur du « Labo » par des responsables pour le moins irresponsables. Ca, par contre, je ne l’avais pas dit.

Première conclusion : ces responsables parfaitement irresponsables ne méritent pas (et n’ont d’ailleurs jamais mérité) d’être à la tête d’un tel Laboratoire, dont ils ne sont manifestement pas dignes ; ne méritent pas – surtout – de diriger des tels « laborantins » magnifiques de calme, de sérénité et de dignité citoyennes.

« PLUS JAMAIS ÇA !!! », devrait être désormais le cri de guerre de tout ce que le pays compte de démocrates sérieux, engagés et responsables, tout ce que le pays compte de leaders politiques sérieux, conscients de leur responsabilité immense vis-à-vis d’un peuple si formidable, conscients de ce qu’il faut enfin que ce pays se hisse à la hauteur de ses potentialités remarquables dans maints domaines, conscients enfin de ce que le pouvoir d’Etat, ne saurait être un jouet entre les mains indignes d’individus tout aussi indignes, n’ayant (justement) aucun sens de l’Etat.

La transition qui va commencer dès le 6 avril prochain, après celle – complètement dévoyée – de la Conférence Nationale, se révèle impérative : celui qui avait lancé le cri salvateur de février 1990 : « NOUS AVONS VAINCU LA FATALITE !!! », se trouve être en effet l’acteur majeur de la survivance – et de la nuisance – de ladite fatalité ; et l’un des agitateurs les plus actifs des violents vents contraires qui ont tourmenté le Laboratoire, jusqu’à la veille du 13 mars 2011.

Il est impératif que soit DEFINITIVEMENT mis un terme à la dangereuse imposture d’une fatalité soi-disant vaincue, mais qui continue de servir de moteur principal à l’action de nombre de concitoyens de haut niveau, au service de la communauté.

Le nouveau slogan désormais ne peut pas ne pas être : « NOUS ALLONS VAINCRE A JAMAIS LES FACILITATEURS DE LA FATALITE !!! »

Concitoyen béninois mon frère, qui partage mes vues sur la question, passe le message…

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BENIN : Une présidentielle sans liste électorale, sans organe de gestion fixe, sans…sans…

Ce n’est pas la République très très démocratique de Gondowana dont l’excellent Mamane vante les mérites sur les antennes de Rfi chaque jour. Encore moins des frasques du président-fondateur en matière électorale. C’est bien le Bénin, incarnation de l’histoire de la démocratisation de l’Afrique. 21 ans après la première conférence au sud du Sahara, le précurseur du renouveau démocratique du continent invente un nouveau concept : les élections sans liste électorale. Candidats, électeurs, observateurs et même organisateurs du scrutin ; aucun d’eux ne savait à quoi avait l’air ce fichier avant l’ouverture des bureaux de vote le 13 mars 2011.

A quelques heures de cet instant fatidique, des milliers de citoyens jouaient des coudes et des bras afin de se faire délivrer le bout de papier sensé les autoriser à exercer leur droit de vote. Une opération sans certification aucune, sans balise, sans référence, organisée sans le concours des structures en charge du scrutin. Au Gondowana, Mamane parlerait de liste-électorale-surprise, à la différence que, dans le cas d’espèce, on n’est ni dans la caricature ni dans la fiction mais dans une élection présidentielle d’un pays souverain membre de la Cedeao, de l’Ua et de l’Onu.

On comprend pourquoi contrairement à ce qui se passe dans tous les pays du monde, les organisateurs n’ont même pas pu se hasarder à sortir la moindre statistique ne serait-ce que sur le taux de participation, 48 heures après le vote. Des chiffres visiblement hors de portée de la Commission électorale nationale autonome (Cena), officiellement, en charge de l’organisation des opérations mais qui ignore tout des conditions de confections de la liste, des cartes d’électeurs voire de la répartition des bureaux de vote.

Inutile, dans ces conditions, de lui demander le nombre de citoyens ayant accompli leur devoir civique. Le seul exploit à imputer au président de la Cena c’est de déclarer s’activer afin de transférer les résultats à la Cour constitutionnelle. Apparemment, seul l’alinéa de la loi électorale qui exige de la Cena de transférer les procès verbaux à la Cour demeure en vigueur. Toutes les autres dispositions ayant été soigneusement vidées de toute leur substance. Au lieu même de parler d’élection sans liste électorale, on aurait dû ajouter sans loi électorale, pire sans constitution. Aux protagonistes du processus de s’aligner sur les humeurs et les états d’âme des juges de la Cour constitutionnelle tous issus de l’écurie de l’Etat-Fcbe dont le chef incontesté n’est rien d’autre que le docteur-président, candidat à sa propre succession.

Les Béninois n’ont pas échappé à la traditionnelle litanie redondante des liseurs de communiqué de presse, chasseurs de frais de mission qui font office d’observateurs internationaux. Scrutin paisible et transparent selon eux alors même que le fichier électoral continue de subir des opérations de centralisation et de traitement même après le premier tour. Occupés à courir après la généreuse et abondante rente de mécènes du pouvoir, ils ne se sont pas rendus compte que des électeurs étaient admis à voter sans que le fichier électoral ne soit disponible dans le bureau de vote ; que des centres de vote ont curieusement connu des pénuries injustifiées de bulletins de vote ; que l’identité des détenteurs de carte n’est soumise à aucun contrôle. Ce gigantesque cirque tient lieu de premier tour de la présidentielle au Bénin sur fond de grotesques manipulations médiatiques selon la vieille tactique du conditionnement de l’opinion en vue d’un passage en force annoncé de Yayi Boni dès le premier tour. On ne rend aucun service au prestige de la démocratie béninoise en acceptant un scrutin sans liste électorale sur fond d’exclusion d’un nombre non négligeable d’électeurs potentiels. Il n’y a tout simplement pas eu de premier tour le 13 mars 2011…Mais un requiem pour le célèbre modèle béninois…

Çà ne fait que commencer…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

BENIN : Déclaration du candidat de l’Union fait la Nation, Maître Adrien Houngbedji après le scrutin

Chers compatriotes,

Je voudrais d’abord exprimer à l’endroit du peuple béninois toutes mes félicitations et toute ma fierté pour le comportement exemplaire qui fut le sien pendant cette journée d’élection présidentielle. D’une manière générale, notre peuple est resté égal à lui-même dans sa volonté d’aboutir à une démocratie apaisée.  Ni violence, ni trouble alors que les motifs de mécontentement et d’excitation  n’ont pas manqué. Dois-je rappeler qu’à cette élection, il n’y a pas eu de liste électorale et que cette lacune est une source principale de fraude?

(voir vidéo)

Dois-je rappeler qu’à maints endroits,  des ruptures de bulletins de vote ont été signalées, contraignant les électeurs à se retirer chez eux?

Dois-je rappeler également les bourrages d’urnes avec des bulletins pré estampillés et des paiements en espèces  trébuchantes sur présentation des bulletins vierges retirés des bureaux de vote ?

Dois-je encore rappeler les milliers de bureaux de vote fictifs dus au fait que la liste des bureaux de vote n’a pas été non plus publiée ?

Et enfin, car c’est  le principal, dois rappeler que seuls 84000 de nos concitoyens  ont pu être enrôlés au dernier moment alors que de l’aveu même de   la CPS LEPI, il y a en avait 284000.

Tout cela aurait pu contribuer ailleurs qu’au Bénin à des situations très difficiles. Nonobstant, le vote a eu lieu dans la paix.

Et ces résultats devaient être des résultats sans surprise malgré toutes ces fraudes.

Je voudrais attirer l’attention sur le fait qu’à aucun moment, il m’a été signalé qu’un responsable de l’opposition ait été pris en flagrant délit de fraude. Alors que nous pouvons  dire qu’un député, qu’un Chef d’arrondissement appartenant à la mouvance présidentielle ont été pris en flagrant délit de fraude et arrêté.

Résultats sans surprise : nous sommes majoritaires dans le pays et nous sommes restés majoritaires. La majorité est restée à la majorité.

Et c’est pour cela que depuis quelques heures, une grande manœuvre d’intoxication a commencé par voie de tract, puis à la télévision et la radio prétendant qu’il n’y aurait  pas un deuxième tour d’élection présidentielle.

Je voudrais vous rassurer mes chers compatriotes Béninois,   qu’à l’heure où nous parlons, pas même une cantine n’a encore été ouverte à la CENA.

C’est par notre volonté d’avoir une démocratie apaisée qu’à toutes les élections présidentielles, tous les candidats se sont abstenus de proclamer les résultats avant que les tendances ne fussent données par la CENA et avant que la cour constitutionnelle ne confirmât ces grandes tendances.

Eh bien le régime de Yayi BONI aura innové, y compris dans ce domaine puisqu’il est à l’origine des bruits qui courent, qu’ils veulent qu’il n’y ait pas de deuxième tour. Comment cela est-il possible ?

Les résultats nous les connaissons, les grandes tendances nous les avons, nous n’en avons pas parlés.

Dans l’Ouémé, une majorité consolidée de 80%, dans le plateau une majorité accrue passée à près de 70%. A Cotonou nous sommes devenus majoritaires  grâce à la dynamique de l’Union fait la Nation.Idem à Calavi et à Godomey. Dans le Zou où j’étais inexistant, je suis devenu majoritaire. Dans le Couffo où je n’existais pas, je suis devenu majoritaire également. Et dans les collines, des résultats partagés.

Voilà les grandes tendances. Le respect des institutions, le respect de la CENA, le respect de la cour constitutionnelle veut qu’on n’entre pas dans les détails.

Mais cela, nous le savons depuis la fin de la nuit dernière. De même que nous savons les résultats obtenus par Yayi BONI. Dans le fief où il est sensé obtenir le plus nous savons, c’est 70% qu’il a obtenu.

Alors pourquoi pousser à la frustration? Pourquoi pousser à la violence ?

Mes chers compatriotes je voudrais vous demander de rester calmes, de rester sereins et de laisser aux institutions en charge de donner les résultats de le faire.

Et je suis persuadé que la majorité restera la majorité  et que l’Union fait la Nation  et son candidat sont premiers à cette élection.

Je vous remercie.

BENIN : Halte à l’intoxication !

A peine le premier tour des élections présidentielles de 2011 achevé, alors même que les résultats définitifs ne sont pas encore connus et que l’Union fait la Nation suit avec beaucoup d’intérêt les tendances, sans se livrer à des conjectures hasardeuses et sans fondement, le pouvoir en place a choisi d’agir autrement. Il a donc commencé son travail d’intoxication en annonçant, par média interposés, Yayi Boni vainqueur au premier tour. Non content d’utiliser la presse nationale notamment la télévision Canal 3 dans cette basse besogne, le gouvernement associe la presse internationale en l’occurrence BBC.

Comment peut – on annoncer un KO au premier tour alors même que tous les procès-verbaux n’ont pas encore été transmis à la CENA ? Comment peut – on annoncer un KO si déjà la CENA elle-même n’a pas encore tous les résultats à son niveau à tel point que personne actuellement au Bénin n’est en mesure de dire avec exactitude combien de personnes ont réellement voté ? Tout ceci est bien curieux. A moins que les résultats annoncés n’aient été prédits dans un rêve prémonitoire gouvernemental ? Lorsqu’on s’inscrit dans ce schéma on peut bien parler d’un KO au premier tour. Malheureusement, notre démocratie chèrement acquise ne saurait vouer son sort à un tel rêve.

Ceci étant, la population béninoise dans son ensemble est appelée à garder son calme. De plus, elle peut être rassurée que les résultats annoncés à cor et à cris par le gouvernement et ses sbires sont sans fondements. Ces résultats en effet ne reflètent en rien les tendances qui se dessinent actuellement. Et selon ces tendances, il y aura bel et bien un second tour pour les présidentielles de 2011.

De toute évidence, ni le KO et encore moins le chaos prédits par le gouvernement de Yayi Boni ne semblent vouloir se produire au Bénin.

Continuons d’avancer !

Les Béninois du Sud-Bénin sont-ils régionalistes ? (A en croire le roi Boni 1er, c’est le cas)

Lors d’une interview qu’il a accordée à la radio française RFI le vendredi 4 mars 2011, Boni YAYI a accusé l’Union fait la Nation (UN) de regroupement régionaliste. Il a aussi qualifié les partis politiques béninois de partis ethniques et tribaux.

Ce sont là les propos du Chef d’Etat à l’endroit de la classe politique et des béninois du Sud-Bénin.

Si nous analysons sommairement l’histoire de notre pays, nous constatons que sur les cinquante années d’indépendance, la fonction de Président de la République a été exercée par les ressortissants du Nord pendant quarante ans environ et ce, malgré que la majorité des électeurs béninois soient les ressortissants du Sud.

En 1972, le coup d’Etat militaire qui a emporté le monstre à trois têtes, a été organisé par un groupe d’officiers et sous-officiers originaires du Sud. Mais à l’arrivée c’est à Mathieu KEREKOU qui n’a rien fait pour la réussite de ce push que le pouvoir a été donné. La suite, tout le monde la connaît avec les mésaventures de Michel AÏKPE, Janvier ASSOGBA, Michel ALLADAYE etc. Et pourtant, en ce temps, un Sudiste pouvait bien prendre le pouvoir.

En 1991, lors des premières élections de l’ère du Renouveau Démocratique, Mathieu KEREKOU a reçu le soutien entier des électeurs du Nord malgré ses 17 années de gestion catastrophique dont il est le principal artisan de 1972 à 1989. Ces électeurs du Nord n’ont pas tenu compte de sa gestion pour lui accorder leur suffrage. Ils l’ont fait tout simplement parce qu’il est du Nord.

En 1996, Bruno AMOUSSOU et Adrien HOUNGBEDJI, tous deux ressortissants du Sud, ont soutenu KEREKOU contre SOGLO qui est pourtant un fils du Sud.

En 2001, Bruno AMOUSSOU a soutenu Mathieu KEREKOU, après la démission de SOGLO et de HOUNGBEDJI en légitimant l’élection de KEREKOU.

AMOUSSOU, aurait pu faire le jeu des deux premiers s’il était régionaliste.

En 2006, le groupement ADD-Wologuèdè composé des actuels ténors de l’UN a soutenu Boni YAYI (un Nordiste) contre Adrien HOUNGBEDJI (un fils du Sud). Si ce groupement était régionaliste, on n’aurait jamais eu cet état de choses.

Pour les élections actuelles, à cause des promesses sans lendemain de Boni YAYI et de sa gestion partisane, d’exclusion sur fond d’injustice systématique et de crimes de sang (Dagnivo, Coovi et autres anonymes décédés du fait de la pyramide ICC-Services etc.), l’alliance ADD-Wologuèdè élargie à d’autres formations politiques pour devenir l’Union fait la Nation a porté son choix sur Me Adrien HOUNGBEDJI. Et Boni YAYI parle de régionalisme.

En analysant ces faits de l’histoire politique de notre pays, on peut constater que depuis fort longtemps, les candidats du Nord sont toujours soutenus par les ressortissants du Sud contre d’autres ressortissants du Sud. Même aujourd’hui, derrière Boni YAYI et Abdoulaye BIO TCHANE, pour ne citer que ceux-là, il y a plusieurs ressortissants du Sud qui œuvrent pour leur élection.

Chers lecteurs, pouvez-vous me donner le nom d’un seul fils du Nord qui a soutenu dans le passé ou qui soutient actuellement un candidat originaire du Sud-Bénin ? Vous n’en trouverez pas. Car, si l’on remonte la pente de l’histoire, je ne me rappelle pas une fois où un fils du Nord a préféré un fils Sud à l’un de ses « frères » fut-il une canaille ou non. En fait, de façon systématique, les Nordistes ne votent que pour leur « frère » et ils se plaisent à dire allègrement que les Sudistes votent pour leur ventre tandis que, eux Nordistes votent pour leur sang.

L’UN aurait pu compter parmi ses membres tous les partis politiques issus du G13. Mais pourquoi, Issa SALIFOU, Antoine DAYORI et consorts n’y sont pas ? C’est parce qu’un gars du Nord ne vote jamais pour un gars du Sud. Il s’agit là d’un principe non écrit mais qui est réel, un régionalisme congénital.

Au second tour, s’il y a second tour, vous verrez que BIO TCHANE demandera à ses électeurs de voter selon leur conscience. Comme il ne peut pas appeler à voter pour Boni YAYI (ce serait trop flagrant), il ne donnera pas de consigne de vote en faveur de HOUNGBEDJI parce que celui-ci est Sudiste.

LE REGIONALISME N’EST PAS AU SUD. CE SONT LES NORDISTES QUI SONT REGIONALISTES.

Au temps du Général KEREKOU, la question des régions était en demi-teinte même si tout le monde la connaît. Mais Boni YAYI est venu enfoncer le clou. Tenez, en voici quelques exemples :

Les audits des sociétés d’Etat n’ont été publiés que pour les sociétés dirigées part les fils du Sud. Les résultats des audits de la SONEB, du CNCB, de la Loterie Nationale, le dossier de l’ex DG de la SONAPRA Toko etc. sont rangés parce qu’ils concernent des Nordistes. Le dossier de M. Toko a été personnellement retiré du Conseil des Ministres par Boni YAYI. Qu’il s’en souvienne.

Dans l’armée béninoise, les promotions se font sur une base ethnique et régionale. Il faut être du Nord pour évoluer normalement ou plus vite. Les officiers Sudistes sont systématiquement désavantagés alors qu’ils sont les plus compétents.

Tous les ministres et autres cadres humiliés ou incriminés (je n’ai pas dit limogés) par Boni YAYI sont originaires du Sud (100%) Mme Houéto, Kpèdétin, Dossouhoui, Lawani, Zinzindohoué, Dako etc. Aucun Nordiste n’a subi ces humiliations. Marquons une pause à ce niveau pour une précision. Voyez-vous, il a été reproché à Armand ZINZINDOHOUE d’avoir fourni un garde de corps policier à l’un des dirigeants d’ICC-Services en la personne de M. Emile TEGBENOU. Ce qui est totalement faux. Supposons même que ça soit le cas. Avant que le policier ne soit affecté à cette fonction, le dirigeant en question était gardé par les gendarmes. Ces gendarmes dépendent du Ministre de la Défense Nationale. Si un Ministre qui a fait garder M. TEGBENOU devrait être sanctionnés, Issifou Kogui IDOURO devrait être aussi sanctionné. Mais ce n’est pas le cas, tout simplement parce que M. Kogui est un « frère » du Nord.

Pour réussir aujourd’hui à un concours d’entrée dans la Police Nationale, la Douane ou l’Armée Béninoise, il faut être du Nord. Les quelques rares personnes dont les noms sont à consonance du Sud, sont choisis soit pour servir la cause des Nordistes, soit parce qu’elles ont un lien avec le Nord (leur mère, leur épouse, etc.). Il n’y a jamais eu de hasard à ce niveau.

Boni YAYI a envoyé dans le Nord, une délégation composée de Députés et de Ministres du Nord ayant à sa tête le Ministre Saca LAFIA. L’objectif était d’aller intoxiquer les populations du Nord en leur inoculant que l’UN est un regroupement régionaliste. Si cette démarche de Boni YAYI était sincère et non régionaliste, pourquoi n’a-t-il pas envoyé la même délégation dans les localités du Sud pour ainsi montrer son caractère national ? Pendant la tournée de cette délégation « régionaliste », des propos régionalistes ont été tenus pour inciter les populations à la haine du Sudiste. Seuls les politiciens en mal de popularité, à cours d’idées, en perte de vitesse et surtout sentant venir leur fin recourent à ces pratiques machiavéliques de clivage social pour s’assurer des suffrages.

Les opérateurs économiques du Sud sont torturés par le fisc et la douane sur injonction spéciale du Chef de l’Etat. Le Président Sébastien AJAVON en sait quelque chose. Son tort est qu’il est un fils du Sud indépendant qui réussit mais qui ne graisse pas les pattes du Nord.

Quand vous êtes un fils influent du Sud qui travaille dans l’Administration et qui ne fait pas allégeance à Boni YAYI, celui-ci sous prétexte d’une bonne gouvernance vous envoie l’IGE. Si vous êtes un privé, ce sont les impôts qui vous assiègent.

Lorsqu’il s’est agit de choisir un président pour la cour suprême entre GNOLONFOUN, BATOKO et YERIMA, j’avais prédit avec des amis que GNONLONFOUN bien que mieux qualifié que les deux autres ne serait jamais nommé. Et ça n’a pas manqué. Boni YAYI, qui accuse les autres de régionalisme, a préféré son « frère » BATOKO qui est un administrateur, à GNOLONFOUN qui est un juriste attitré pour diriger la cour suprême. Les compétences ne comptent pas pour Boni YAYI. Ce qui compte pour lui c’est qu’il faut être du Nord même si vous avez des lacunes. Et pourtant c’est lui qui parle de régionalisme.

Boni YAYI est entrain de détruire le tissu social du Bénin et créant la division entre le Nord et le Sud. Et c’est lui le premier qui accuse l’UN de régionalisme. En 2006 quand cette même coalition, alors appelée ADD-Wologuèdè, l’avait soutenu, elle n’était pas régionaliste. Mais cette fois-ci qu’elle a décidé de soutenir un autre candidat qui se trouve être du Sud, il (Boni YAYI) l’accuse de régionalisme. Pour Boni YAYI et ses frères du Nord, le pouvoir ne doit rester qu’au Nord. Or aucun article de la constitution béninoise ne stipule que le Président de la République du Bénin doit être du Nord. Cette attitude du Chef de l’Etat est très dangereuse pour la cohésion d’un pays. C’est une manière de traiter les Sudistes d’idiots.

Autre manifestation du régionalisme de Boni YAYI : Chaque fois qu’il y a un message impropre ou impopulaire à lire en public ou à la télévision, c’est toujours un valet Sudiste qu’il met en avant-garde (Alexandre Hountondji, Benoît Dègla etc.) Jamais un « frère » du Nord n’est offert en pâture au peuple.

Boni YAYI est un expert en hypocrisie. Il prône la paix à la télévision, mais il fait le contraire de ce qu’il dit. Tout le monde le sait. Les Ministres et cadres Sudistes qui le suivent vous le diront en privé. Ils sont obligés de le suivre pour qu’il ne s’attaque pas à eux et à leur famille. Ils ont la peur au ventre.

Regardez ce qui se passe avec la LEPI. Le comportement de BAKO est très caractéristique de l’Homme du Nord. Tant que la chose arrange un « frère », on y va. Dans le cas contraire il s’y abstient.

Pour l’élection du président de la CENA, dans ses élans de régionaliste invétéré, Boni YAYI avait proposé son « frère » Garba YAYA malgré toutes les promesses qu’il a faites à GNONLONFOUN. S’il y a régionalisme dans ce pays c’est au Nord qu’il faut aller le chercher et Boni YAYI en est le principal artisan actif.

En ce concerne le placement des étudiants en fin de formation, les Nordistes sont systématiquement avantagés. Il y en a parmi eux à qui des postes sont même réservés avant la fin de leur étude. Et pourtant les Sudistes sont là, à trainer et à s’adonner au Zémidjan. Les bourses d’études sont réservées aux seuls Nordistes au grand dam des pauvres Sudistes. Cette situation est bien planifiée. Et pour preuve, pendant des lustres, le Ministre de la Fonction Publique était systématiquement du Nord, le Directeur des Examens et Concours un ressortissant du Nord.

Dans certaines structures de l’Etat comme la Présidence de la République, le Ministère de la Fonction Publique, le CNCB, la CAA etc. les langues de travail sont les langues du Nord. Et ça ce n’est pas du régionalisme.

Je n’en arrête là. Il y a trop d’exemples de régionalisme haineux soutenu, amplifié et diffusé par Boni YAYI.

Il est évident que l’UN n’a rien de régionaliste et mieux, les Sudistes ne sont pas régionalistes. Ils ont toujours été divisés et cette situation profite aux Nordistes. Pour une fois qu’ils s’unissent autour d’un idéal, Boni YAYI, le PGCD (Plus Grand Commun Diviseur) du Bénin s’offusque contre, parce qu’il ne souhaite jamais voir les fils du Sud s’entendre.

Les Sudistes doivent remercier Boni YAYI de leur avoir donné l’occasion de s’unir pour réfléchir ensemble pour le bien-être du Bénin. Chaque Sudiste, doit savoir que jamais son bonheur ne passera par un Nordiste contre un autre Nordiste. Ce ne sont pas les Sudistes qui en sont responsables, ce sont les Nordistes qui sont réfractaires aux Sudistes et n’ont d’yeux que pour leurs frères du Nord. Les quelques sudistes mal inspirés qui suivent encore ces Nordistes s’en rendront compte plus tard. Les Idatcha et les Nago des Collines qui se disent du Nord auront l’occasion de faire l’amère expérience de l’amitié avec les Nordistes. Les cas de Fadonougbo (Ex-DGPN) Zinzindohoué et Lawani sont patents. Veuillez garder ce maxime à cœur « Quand vous n’êtes pas du Nord, vous n’êtes pas du Nord et jamais vous ne serez du Nord ».

Merci de diffuser ce message à tous vos amis.

Habib SANVY

Auxiliaire de justice à Cotonou

Tunisie : La Vigilance et la Mobilisation Populaire doivent se poursuivre jusqu’à la victoire décisive de la révolution

Dans son allocution du 3 mars dernier, le président par intérim a annoncé l’abandon de la feuille de route qu’il avait annoncée au lendemain de la chute de Ben Ali, c’est-à-dire l’abandon de l’organisation des élections présidentielles, dans le cadre de la constitution actuelle. Il a désormais annoncé la nécessité d’élire une assemblée constituante le 24 juillet prochain qui « sonne la rupture avec l’ère ancienne ».

Le président par intérim a également confirmé que lui et le gouvernement de transition, à la tête duquel il a désigné Béji Caïd Sebssi, demeuraient au pouvoir jusqu’à ce que l’assemblée nationale constituante entame ses fonctions. Par ailleurs, il a annoncé qu’une instance dite « instance de réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique » allait se charger de préparer le texte de loi régissant l’élection de cette assemblée.

Le parti communiste des ouvriers de Tunisie, tient à s’adresser au peuple tunisien au sujet de ces annonces :

1- La reconnaissance du président par intérim de la nécessité d’élire une assemblée constituante pour préparer une nouvelle constitution, est une nouvelle victoire du peuple tunisien et de sa révolution, particulièrement pour les centaines de milliers de tunisiennes et de tunisiens qui ont organisé les sit-in, manifesté et offert des martyrs pour faire chuter le gouvernement Ghanouchi qui a fait perdre un temps précieux au peuple tunisien.

2- Cette victoire demeure menacée en dépit de son importance. La feuille de route annoncée par le président intérimaire pour aboutir à une assemblée constituante est floue et minée d’autant qu’il ne s’est aucunement concerté avec les forces politiques et civiles attachées à la révolution et à ses objectifs. Si cette feuille de route n’est pas révisée, elle risque de permettre aux ennemis de la révolution de revenir aux affaires sous les slogans de la révolution.
3- L’élection d’une assemblée constituante consacrant la volonté du peuple et de sa révolution politique, sociale et nationale, mettant définitivement fin à la tyrannie, exige :

–  Un accord sur la date des élections pour éviter toute précipitation, permettre aux forces politiques une meilleure préparation, mais aussi pour que le peuple tunisien participe pleinement à ces élections. Il s’agit tout de même de la mise en place d’une nouvelle constitution, qui portera des défis multiples et variés et qui définira les modèles politique, social et culturel à venir en Tunisie.

–  Prendre des mesures concrètes pour permettre au peuple tunisien de jouir de la totale liberté d’exercer ses droits, aux forces politiques de faire connaître leurs positions, leurs opinions sans pression ni répression. Parmi ces mesures :

* La dissolution de la police politique, la poursuite de ceux qui parmi ses membres seraient impliqués dans des actes de tortures et d’assassinats.

* L’abrogation des lois contraires aux libertés ou du moins leur suspension : lois régissant les associations, les partis, les réunions, les manifestations… La mise en place de dispositions provisoires garantissant l’ensemble des ces libertés et permettant la reconnaissance des partis et associations qui le souhaitent.

* Assainir l’administration des figures de la tyrannie et de la corruption, par la nomination, par concordance, de nouveaux responsables à la tête des gouvernorats et des délégations, vu l’influence de ces fonctions dans le processus électoral.

* Assainir l’appareil judiciaire des symboles de la tyrannie et de la corruption, avec le concours de l’association des magistrats, afin de garantir l’indépendance de la justice lors des élections.
* Élaborer une loi électorale spécifique pour élire l’assemblée constituante garantissant la participation des différentes forces politiques et civiles, afin d’être à la hauteur des attentes de notre peuple et pour lui permettre d’exprimer sa volonté : mode de scrutin, découpage des circonscriptions électorales…

* Désigner une instance nationale sur accord des différentes forces politiques et civiles pour superviser les élections.

* Définir les modalités de financement des élections pour contrecarrer les risques de falsification de la volonté populaire, notamment en monnayant des voix grâce à des financements douteux à l’intérieur du pays, par les forces de la contre révolution; ou à l’extérieur, par des Etats réactionnaires et colonialistes qui ambitionnent l’avortement de la révolution et l’instauration d’un régime à leur solde.

4- « Le conseil national pour la protection de la révolution » constitue le cadre adéquat pour s’accorder sur une feuille de route visant à réaliser un changement démocratique qui rompt définitivement avec la dictature. Ceux qui s’opposent à ce conseil, prétextant qu’il serait illégitime (car non émanant d’un vote populaire) oublient sciemment que la seule légitimité qui existe aujourd’hui est celle de la révolution, ce conseil est l’unique cadre bénéficiant d’une large représentativité des forces défendant la révolution.

La présidence par intérim et le gouvernement de transition ne doivent aucunement échapper à la surveillance du peuple et des forces de la révolution, dans les décisions et les dispositions qu’ils prennent.

5- Le maintien de la mobilisation populaire et le renforcement des cadres instaurés par la révolution (les assemblées et comités locaux pour la protection de la révolution) et leur implication sont aujourd’hui, les seuls garants du contrôle de la présidence par intérim et du gouvernement de transition. Ils sont l’unique moyen de consolider la révolution jusqu’à son triomphe total dans notre pays.

Les ennemis de la révolution demeurent, aujourd’hui encore, forts de leurs finances, des appareils de l’État, du soutien de l’extérieur. Ils courbent l’échine juste pour rebondir une fois la tempête passée, pour resserrer à nouveau l’étau autour de notre peuple et le soumettre. Jusqu’à présent, ils n’ont, à aucun moment hésité à s’en prendre à nos concitoyens, à saccager leur bien en faisant appel à des bandes criminelles. Ils ont aussi mené des campagnes de menaces et de dénigrements contre les forces révolutionnaires et populaires.

6- En cette période cruciale, le front du 14 janvier a le devoir de protéger la révolution et de la faire avancer. Aux cotés des travailleurs, des précaires, des pauvres, des étudiants, des intellectuels, des créateurs progressistes et de toutes les couches populaires, le Front du 14 janvier doit faire face aux tentatives de faire avorter la révolution et de la réduire à une simple « réforme » de l’ancien régime sans remise à plat de ses fondements et de ses bases économiques et sociales.

Parti communiste des ouvriers de Tunisie

Tunis, le 5 mars 2011