Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: mars 16, 2011

BENIN : Communiqué de presse de l’UN à propos des cantines non scellés et hors délai en provenance du Borgou

CANTINES NON SCELLES et HORS DELAI en provenance du Borgou

Il nous a été donné de constater, par voie d’huissier, que les camions transportant les procès verbaux et feuilles de dépouillement,  en provenance du Borgou, sont arrivés à la CENA dans la nuit du 15 au 16 mars 2011 après minuit, dans des cantines non scellées ni cadenassées, en violation des dispositions légales. Nous attendons des autorités de la CENA des explications claires et simples en relation avec les faits précités.

Nous exigeons d’elles un traitement conséquent du dossier, conformément à la loi, sans autres considérations. En effet, par rapport à l’ambiance générale créée autour de cette élection présidentielle, nous sommes en droit de penser que ce matériel sensible a pu être l’objet de tripatouillages sur le parcours. Nous n’accepterons jamais qu’il soit fait l’impasse sur une faute de cette gravité. En tout état de cause, nous nous opposerons, de toutes nos forces, à toutes les tentatives visant à voler le vote du peuple souverain.

Fait à Cotonou, le 16 mars 2011

La Cellule de communication de Adrien Houngbédji / UN

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BENIN: Pas de « victoire KO » au 1er tour

Mais nous ne sommes pas à l’abri d’un holdup up, seule voie de sortie pour ce régime.
La gestion des finances publiques par ce régime a conduit à une crise économique, sociale et financière sans précédent (Dettes de l’Etat à l’égard des entreprises : 400 Milliards CFA; scandale de ICC SERVICES : 200 Milliards CFA… soit un montant de 600 Milliards en moins  dans le circuit économique).

L’une des conséquences de ce déficit de trésorerie est de générer la famine au sein de la population et il ne faut s’étonner que les électeurs n’hésitent pas à accepter l’argent qui leur est proposé.
Le montant de la manne distribuée par ce régime est proportionnel à l’importance du bénéficiaire : de 25 000 CFA pour un étudiant à plus de 1 Milliard pour un gros bonnet à la tête d’une institution type…. (je vous laisse le soin de deviner de quelles institutions il s’agit).

Comme « un homme qui a faim n’est pas libre » (Président HOUPHOUET  BOIGNY), il ne faut pas s’étonner que non seulement, beaucoup d’électeurs, mais aussi les dirigeants des Institutions de la République se sont laissés achetés par les escrocs qui nous gouvernent.

Information importante : des cantines d’urnes contenant les bulletins du Nord sont arrivées sans scellés. Constat fait par huissier. (Source CENA)

L’UN est sur le front pour parer à toutes éventualités.

Dernière minute : Le DG de la Chaine de TV CANAL 3, Malick GOMINA, vient d’être limogé par le propriétaire ISSA SALIFOU, pour propagande mensongère et partisane.

Malick GOMINA avoue avoir perçu une « très forte somme » pour être le GOEBBELS de YAYI.

Antoine SEKKO

BENIN : Allez, Docteur !… Soyez chou !… Accordez le second tour… Que nous puissions rigoler un peu

Braves Béninois ! Après avoir été moralement torturés des mois durant par l’élaboration en circuit fermé de la LEPI, circuit fermé hermétique ponctué, de temps en temps, par les sorties et les propos rassurants ( propos très « mlin mlin mlin ») de l’apprenti-sorcier le plus détesté aujourd’hui au Bénin – l’apprenti-sorcier Nassirou Bako Arifari –, circuit fermé ayant abouti au méga bordel de centaines de milliers d’électeurs arbitrairement privés de leur droit de vote, (« laissés-en rade » selon la terminologie officielle), circuit fermé ayant abouti à un fichier électoral transformé en objet de couvent uniquement pour initiés, à une délivrance de cartes d’électeurs dans le genre parcours du combattant punitif pour les entêtés de citoyens qui tiennent à voter, à des bureaux de vote fantomatiques et, pour la plupart de ceux qui ne sont pas fantomatiques, non opérationnels ou non fonctionnels le jour du vote.

Braves et formidables Béninois ! Ils ont subi tout cela, des mois puis des heures durant, le jour « J », un peu énervés (tout-de-même !), un peu choqués (on les comprend : ils avaient perdu l’habitude des cafouillis organisationnels de ce genre), mais ont accompli leur devoir civique – transformé hélas !, par leurs gouvernants en… déboires civiques – avec calme, sérénité et dignité.

Voilà qu’il leur faut subir à présent l’affreuse torture psychologique de la guerre des chiffres dans le combat des Chefs pour un second tour. Combat des Chefs dont l’épisode le plus éprouvant est la tentative, par quelques médias notoirement pyromanes, de faire passer l’idée d’une victoire du camp présidentiel au premier tour !!!

Une hérésie dont seuls les yayistes pourraient envisager la possibilité. Ainsi, le Docteur-candidat, seul contre pratiquement tous les autres candidats, seul contre presque toute la classe politique nationale, seul contre tous les syndicats avec, en plus, le bilan désastreux qui est le sien, pourrait donc bien croire possible sa victoire au premier tour ! Il est vrai qu’avec « son » Changement, tout est devenu sens dessus-dossou… oups !, pardon, sens dessus-dessous dans le pays, et qu’une hérésie peut devenir une norme parfaitement admise. Dans le camp présidentiel, ils semblent en effet avoir assimilé à la perfection la technique de Goebbels : « Plus c’est gros, mieux ça passe !… »

Maître Houngbédji, le challenger du second tour, a donc toutes les raisons de paniquer quelque peu, et d’alerter aussitôt les uns et les autres, au travers d’une conférence de presse inédite, en rappelant l’impossibilité à la fois mathématique, historique et sociologique, de mettre en pratique la fameuse technique de Goebbels, pour… supprimer le second tour.

On comprend donc que le porte-parole de son beau-frère de président-candidat, le décidément très remuant et très disert Marcel de Souza, « faucon des faucons » s’il en est, réagisse aussitôt aux contre-feux allumé par Maître Houngbédji, à toute tentative de supprimer ledit second tour.

Soit dit en passant – en revisitant les propos volontairement et invariablement outranciers et va-t-en-guerre du porteur de parole de son beau-frère de président-candidat – on a envie de lui servir du Pierre Corneille : « Qui t’a rendu si vain, Marcelio, toi qu’on n’a jamais vu les armes à la mains ??? » Mais toujours soit dit en passant, on sait ce qui le rend « si vain », le beau beauf Marcelio : la chute prévisible de leur clan, va se terminer pour certains d’entre eux, notamment à cause du méga scandale d’ICC Services, devant la Haute Cour de Justice.

Il faut cependant croire que le Maître, comme nombre de ses partisans, doit avoir le sentiment désagréable de se tenir en équilibre sur la pointe d’un pied sur une corde raide : tout le monde est d’accord pour reconnaître que les conditions du vote du 13 mars – dont il a demandé en vain le report – étaient des conditions aussi iniques qu’inédites, aussi inconcevables qu’exécrables. Mais d’avoir accepté de participer au scrutin en l’état lui impose, de facto, d’en accepter les résultats, au bout du compte. De même qu’il était hors de question de refuser d’y aller, de tenter le coup du boycott : ce serait le cadeau royal qu’espérait très fort le Docteur-candidat, pour « gagner » dans un fauteuil. Des deux côtés, comme on le voit, le mal était infini, « Ô Dieu!, l’étrange peine… », pour rester dans l’univers cornélien.

Mais « Gagner dans un fauteuil » !, ai-je dit? C’était là, le rêve mirifique en couleurs du Docteur…

Un rêve qui ne pourrait jamais se réaliser avec un second tour dans le scénario ! Un second tour véritablement de tous les dangers pour lui. Imaginez, pour ne prendre que cet exemple, l’inévitable débat d’entre deux tours, entre les deux candidats : d’un côté l’avocat, le verbe clair et précis, l’argumentaire redoutable et effectivement meurtrier. De l’autre, le prêcheur évangélique au débit monocorde, qui devra obligatoirement s’expliquer sur le Cen-Sad, ICC Services, les machines agricoles de la Révolution verte, et autres inénarrables joyeusetés de son quinquennat.

Veinards de Béninois ! Sûr qu’ils vont se régaler devant ce futur moment grandiose de télévision !… On le leur doit bien, pour les avoir soumis à tant de souffrances préélectorales et électorales.

Allez, Docteur !… Soyez chou !… Accordez le second tour… Que nous puissions rigoler un peu.

Vous nous le devez bien…

BENIN : Supposé victoire de Yayi au premier tour – la presse aux ordres instrumentalisée pour préparer l’opinion

Juste au lendemain du scrutin, alors que les structures compétentes chargées de la proclamation des résultats n’ont donné aucun chiffre, une certaine presse a décidé de leur ravir la vedette en annonçant tous azimuts des chiffres erronés pour intoxiquer les populations et lui faire accepter béatement la thèse d’une victoire de Boni Yayi au premier tour. A peine l’élection présidentielle a-t-elle fini de se dérouler que la presse -une certaine du moins- qui a fait preuve de professionnalisme jusque là, décide de mettre du feu à la poudre. Dans la soirée du dimanche, une télévision privée de la place organise une nuit électorale, reçoit divers personnalités politiques et acteurs de la société civile pour commenter des « résultats » qu’elle dit détenir de ses représentants envoyés sur le terrain pour collecter les chiffres.

Après avoir balancé des chiffres bruts et épars émanant de quelques quartiers ou arrondissements de quelques communes du Bénin, un drôle d’invité, ministre de la république proclame tout de go détenir tous les résultats à partir desquels, le président Yayi a réussi un K.o parfait. Il est renchéri le lendemain par le directeur de cette télévision qui proclame le même K.o, appuyé par des commentaires désobligeants à l’endroit de l’opposition. Les chiffres ? Les mêmes dont cette chaîne devenue curieusement experte en statistiques électorales s’est fait l’écho dès le dimanche soir. L’onde de choc de cette déclaration prématurée et frauduleuse de chiffres électoraux, pourtant interdite pour la presse, c’est le relais par les autres médias, en l’occurrence la presse écrite. Lancée dès le dimanche soir, cette machine d’intoxication a réussi à changer l’opinion de bons nombre de béninois qui ont cru à ce K.o annoncé. Dans les rues de Cotonou et même de Porto-Novo, c’est le même refrain, « Yayi a fait K.o ». Et pourtant, un recul et de simples analyses pouvaient permettre de démonter cet argument qui se base sur des chiffres visiblement tripatouillés par un pouvoir dont le Chef a reconnu le cafouillage autour de la Lepi le jour de l’élection. C’est la première fois depuis 1990 que des chaînes de télévision donnent des résultats avec cette promptitude et bien avant toutes les structures habilités à le faire. Et chose surprenante à ce niveau, la presse qui doit relayer les chiffres des institutions compétentes en dévient le principal producteur. Si même, on accepte cette thèse que les chiffres viennent des gens envoyés sur le terrain, il est aussi surprenant et même impossible qu’un média ait pu condenser autant de chiffres en moins de vingt quatre heures. En effet, plus de 13.000 bureaux de vote ont été ouverts pour l’élection et la seule structure en dehors de la Cena qui a pu envoyer des représentants dans tous les bureaux de vote est l’Olc (Observatoire de lutte contre la corruption) mais qui n’a pas encore réussi à condenser tous les chiffres à ce jour. On comprend donc la finalité de ce plan financé par le pouvoir pour préparer l’opinion à accepter le K.o après une élection calamiteuse. Selon donc nos sources, des millions auraient été attribués à certains journalistes pour balancer une information de cette gravité. Heureusement qu’il y a la société civile qui a pris des initiatives alternatives pour avoir ses chiffres et contredire les chiffres du pouvoir. D’ailleurs Jean Baptiste Elias a battu en brèche cette thèse du K.o et affirme qu’il y a bel et bien un second tour et annonce ses chiffres pour bientôt. Heureusement que face au mercantilisme de certains journalistes, certains acteurs de la société civile opposent leur conviction et le patriotisme.

Heureusement…

Écrit par Marcel Zoumènou

LNT

Non au coup d’Etat de Boni Yayi !!

BENIN : Un sursaut national pour chasser Boni Yayi de la Marina

VIGILANCE ELECTIONS

vigilance.elections@yahoo.fr

Parakou, le 14 mars 2011

Nous, Béninois de tous horizons, militons pour le bien-être du plus grand nombre et non pour le partage du gâteau avec Thomas boni YAYI, prédateur des populations et grand fossoyeur du Bénin.

Ce que nous avons vu dans le septentrion – Ce qui s’est réellement passé

1) des bureaux de vote fictifs et inexistants – Exiger la publication des listes des bureaux pour se rendre compte que YAYI Boni et BAKO Arifari ont trompé tout le peuple béninois ;

2) des électeurs qui rentrent dans des bureaux de vote avec des bulletins déjà cachetés ;

3) des menaces contre les électeurs sudistes empêchés de faire leur devoir civique ;

4) des bourrages d’urnes et des substitutions d’urnes ;

5) les représentants des candidats n’étaient présents dans la presque totalité des bureaux de vote du septentrion parce que l’emplacement de ces bureaux n’a été connu que le 13 mars matin. Cette absence de représentants est la cause des bourrages et substitutions d’urnes ;

6) l’absence de listes d’électeurs par bureau de vote – Il faut exiger que la CENA-LEPI publie ces listes au moins une semaine avant le 2ème tour ;

7) le 13 mars 2011, la consigne dans le septentrion était : « bourrer les urnes pour faire élire YAYI Boni au 1er tour, sinon c’est l’échec assuré au 2ème tour. La cour constitutionelle (corrompue par l’argent sale) est acquise à notre cause donc la cause de YAYI Boni »

8) le discours de YAYI Boni et ses partisans c’est : «attention, les sudistes reviennent et s’ils prennent le pouvoir, ils auront votre peau. Vous ne serez plus maîtres à Cotonou et dans ses environs, vos enfants n’occuperont plus les hautes fonctions de l’Etat, etc.

» 9) le discours de YAYI Boni et ses partisans c’est : « occupons-nous du ventre des sudistes et nous sommes au pouvoir pendant 27 ans comme notre frère Mathieu KEREKOU » ;

10) le discours de YAYI Boni et ses partisans c’est : « Bio TCHANE et tous les candidats originaires du septentrion sont des agents du Sud, YAYi les écrasera, ne voter pas pour les traites… ».

Nos conseils pour faire échec à YAYI Boni qui veut être Président du Bénin pendant 27 ans comme Mathieu KEREKOU à l’image de son mentor Yansingbé Eyadéma

1) une synergie à travers une UNION REPUBLICAINE «le Bénin d’abord » ; cette union doit rassembler autour du candidat Adrien HOUNGBEDJI, tous les candidats ayant à coeur le bien-être du peuple béninois et l’amélioration des conditions de vie des populations ;

2) ne plus perdre du temps sur la LEPI ; il faut maintenant se concentrer sur l’essentiel qui est le 2ème tour de la présidentielle et la désignation de représentants UNION REPUBLICAINE dans chaque bureau de vote du septentrion et tout le territoire national ;

3) publier les emplacements des bureaux de vote et la liste des électeurs bureau par bureau dans les quotidiens et les radios communautaires ;

4) les militants doivent faire du porte à porte pour sensibiliser les populations à sortir massivement pour voter Adrien HOUNGBEDJI ;

5) le Président Nicéphore SOGLO doit reprendre son bâton de pèlerin pour sillonner ses fiefs et donner le coup de pousse décisif à l’élection du candidat Adrien HOUNGBEDJI ;

6) le candidat Adrien HOUNGBEDJI doit faire preuve de grande humilité et demander PARDON au peuple béninois supporter de SOGLO pour son manquement en 1996 ;

7) recruter des incorruptibles pour superviser les opérations de vote dans le septentrion ;

8) Investir les téléphones portables GSM, les quotidiens, les radios et les TV ;

9) YAYI Boni a déjà dépensé des dizaines de milliards dans des magouilles sordides ;

HOUNGBEDJI et ses partenaires financiers doivent sortir la grosse artillerie (quelques milliards) pour faire revenir au bercail les achetés de Yayi ;

10) les représentants de chaque bureau doivent publier les résultats aussitôt le décompte terminé.

Ont signé

J. DJAKPATA

A. BAKI

B. SOULEY

N. ANANI

BENIN: « Premières leçons des élections présidentielles 2011 et tâches des travailleurs et des peuples »

CONFERENCE PUBLIQUE

Mardi 15 mars 2011 à 15 heures au CPA

Mesdames et messieurs,

Travailleurs de toutes catégories,

Chers camarades

Après deux reports, le premier tour de l’élection présidentielle au Bénin a été maintenu à cette troisième date et a eu lieu le 13 mars 2011. Les travailleurs et les peuples ont pu suivre ce qui s’est passé. Mon Parti et toute la démocratie révolutionnaire dont je suis le porte-flambeau en tant Candidat à cette élection présidentielle ont également suivi avec l’ensemble des travailleurs et des peuples l’expérience qui est en cours et qui vient de connaître un épilogue. Au vu des premiers résultats qui donnent Boni YAYI en meilleure position, beaucoup de travailleurs et hommes du peuple se sentent meurtris. Je comprends leur amertume. Je souffre avec eux. Mais je pense que nous devons tirer des enseignements pour pouvoir aller de l’avant. Quelles premières leçons pouvons-nous tirer de ces élections présidentielles et quelles tâches pour les travailleurs et les peuples ? C’est l’objet de cette conférence.

I- PREPARATION D’UN SCRUTIN FRAUDULEUX

Longtemps avant ces élections, le peuple tout entier a dénoncé les conditions de leur préparation. Et au fur et à mesure que l’on se rapprochait de l’échéance, les protestations des travailleurs, des jeunesses, des populations en général se faisaient fortes et montraient que:

– La LEPI était tronquée et truquée: des centaines de milliers de citoyens n’étaient pas pris en compte;

– Des villages fictifs étaient créés pendant que d’autres villages réellement existants étaient occultés;

– Des effectifs de certaines localités étaient gonflés pendant que d’autres étaient minorés;

– Des personnes inscrites dans une localité se retrouvent positionnés à des dizaines voire à des milliers de kilomètres de leur lieu d’enregistrement;

– Lors de la distribution des cartes, des personnes régulièrement inscrites ne trouvaient pas leurs cartes pendant que d’autres en avaient deux, trois voire même six;

– L’invalidation de ma candidature était non seulement arbitraire mais participait de la fraude et devrait être corrigée, etc.

Les protestations et luttes des travailleurs et des populations ont conduit à la nécessité de voir tout le monde pris en compte; de faire un audit de la LEPI aux fins de la nettoyer de ses monstruosités. Mais là encore, la la loi prise à cet effet ne parlait plus de l’audit et ne donnait que cinq (5) jours pour la prise en compte des exclus, délai ridicule et dénoncé par tout le monde. Ainsi donc à la veille du scrutin, il n’y avait pas de liste électorale, pas de liste des bureaux de vote; il y avait un cafouillage énorme dans la distribution des cartes d’électeurs. Aucune des exigences pour un scrutin crédible n’était remplie, n’en déplaise aux responsables de la CENA qui ont abdiqué complètement de leur responsabilité face aux diktats des puissances étrangères.

Dans ces conditions, le respect de la souveraineté commande d’appeler à boycotter un tel scrutin frauduleux. C’est ce que mon Parti et moi-même avons fait. D’autres forces politiques ont appelé tout au moins à un report des élections d’au moins deux semaines sans égard à un délai constitutionnel butoir. La majorité des candidats réunis ont demandé le report avant de se rebiffer chacun individuellement le lendemain. La cacophonie était assourdissante et ne pouvait que favoriser et amplifier la fraude.

La conclusion démocratiquement valable et respectant la souveraineté populaire est que tout Président qui sortirait de telles élections frauduleuses est frappé d’illégitimité voire d’illégalité.

II- LE DEROULEMENT DU SCRUTIN.

On est désormais habitué, surtout en Afrique, au ronron de satisfecits des observateurs internationaux qui n’observent rien du tout. Mais les rapports des travailleurs et les dénonciations des populations indiquent ce qui suit.

– De nombreux bureaux de vote fictifs,

– des bureaux de vote distants des lieux d’habitation des électeurs (de 5 à 10 kilomètres). Ainsi dans l’Atacora les électeurs du village de Wimmou arrondissement de Tchoumi-Tchoumi ont été envoyés à Tchoumi-Tchoumi-Centre qui se trouve à 7 km. Dans l’arrondissement de Perma : les électeurs de Koupéiko ont été envoyés à Koubirigou dont ils sont éloignés de 5 km ; des électeurs de Perma-centre ont été envoyés à Koumessi Yargou situé à 10 km du centre et des électeurs de Koumessi Yargou ont été envoyés inversement à Perma. Dans l’arrondissement d’Atchanou commune d’Athiémé, des électeurs de Hokpamè ont été envoyés à Hounkpon distants de 7km. Dans le Littoral, des électeurs de Zogbo qu’on envoie à Calavi etc. Dans ces conditions, beaucoup d’électeurs ont refusé d’aller voter. Alors on a surpris ceci à Malanville des bureaux de vote situés à 20 km et on organise des transports des électeurs en groupes avec consignes de vote pour un candidat dit la presse.

– des citoyens détenteurs de cartes multiples

– Des ruptures de bulletins de vote pouvant aller jusqu’à trois heures d’attente. Comme au Camp Ghézo un bureau de vote de 350 votants pourvu de 5o bulletins de vote

– La généralisation de la distribution de sous dans les quartiers et les maisons, surtout la veille du scrutin

– la distribution des bulletins pré-tamponnés à des électeurs contre la somme de 5000 à 10000 francs. On a surpris ce genre de fraude dans l’arrondissement de Godomey et dans le département du Plateau

C’est évidemment le camp du président sortant qui contrôlait la LEPI, qui peut disposer et a disposé des moyens de l’Etat, c’est Yayi qui ne peut qu’être le plus grand bénéficiaire de ces élections frauduleuses. Le cafouillage créé par lui pouvait lui servir à réaliser le hold-up électoral. Dans ce sens, vous pouvez voir vous-même comme une fraude la demande par YAYI Boni du pardon le jour même de vote pour avoir privé des dizaines de milliers de citoyens de leur droit. En plus du caractère frauduleux de cette déclaration dont le but évident est d’influencer le vote, elle est un aveu de l’intention criminelle des auteurs. Avec cela tout est réglé. Le hold-up électoral est accompli.

Même les soutiens du cafouillage et du mépris du peuple comme KEREKOU, ont dû faire le constat honteux: « C’est un vote çà là?! »

Les résultats que l’on proclame par-ci, par-là et notamment par le camp Boni YAYI sont les manifestations de hold-up.

III- LA RESPONSABILITE DE «L’OPPOSITION» DANS CE HOLD-UP ELECTORAL

Avec les résultats annoncés, le clan YAYI Boni crie déjà K.O au premier tour. Le camp HOUNGBEDJI conteste. Et c’est normal. Mais même si on obtient un second tour, l’avance confortable déjà annoncé dont jouirait YAYI Boni par rapport à HOUNGBEDJI ne signifie-telle pas que les carottes sont déjà cuites ? Et la Cour Constitutionnelle de Robert DOSSOU n’est-elle pas là pour achever le reste pour YAYI Boni ?

A- LES AVERTISSEMENTS DE LA DEMOCRATIE REVOLUTIONNAIRE

Que YAYI Boni soit incapable d’organiser des élections crédibles et transparentes au Bénin, cela est connu de qui sait observer la pratique de cet homme depuis son arrivée au pouvoir. Ce qui arrive aujourd’hui est prévisible. Depuis son arrivée au pouvoir en 2006, aucune élection crédible n’a été réalisée sous son égide. Alors mon Parti et moi-même nous avons averti de cette situation et des dispositions à prendre pour y faire face.

Dans ma Lettre adressée depuis le 06 Octobre 2010 à «Messieurs les Présidents des Partis politiques de l’Union fait la nation» et à l’Alliance ABT j’écrivais: «Les pas posés jusque-là par le pouvoir de YAYI Boni montrent bien qu’il n’entend se soumettre à aucune légalité, pas même la Constitution (lors que ses intérêts politiques sont en jeu) que sa seule légalité c’est sa boulimie du pouvoir et qu’il conduit tout droit le pays vers ce qu’il a déclaré «mettre le pays à feu et à sang…Dans ces conditions, le seul acte salutaire à poser c’est de se lever ensemble pour arrêter immédiatement et tout net les mains du criminel avant qu’il ne plonge le pays dans l’inconnu. C’est ce à quoi mon Parti a toujours appelé sans attendre une échéance constitutionnelle (celle de 2011 par exemple) à laquelle ne croit nullement YAYI Boni si ce n’est pour se maintenir au pouvoir. Vous me direz: «Le PCB se trouve dans sa logique, celle du soulèvement général». Oui, le PCB se trouve dans la logique du soulèvement général. Mais quelle autre alternative démocratique offre un pouvoir tyrannique comme celui-ci qui n’a même pas accepté les résultats des élections communales ou municipales défavorables et qui ne reconnaît les dispositions de la Constitution que si elles lui sont favorables? Croyez-vous qu’il accepterait perdre une élection qui cette fois-ci l’engage directement: l’élection présidentielle? Vous disiez jusque-là le contraire et affirmez chasser YAYI Boni par la voie des urnes. Vous aussi vous êtes dans votre logique. Mais les dernières décisions de la Cour Constitutionnelle n’affaiblissent-elles pas votre position?…

La Cour s’arroge ainsi par-dessus tout le droit de proclamer élu qui elle veut.

Par ces décisions, la Cour de DOSSOU Robert a montré qu’elle est prête à recourir à tous les moyens pour faire gagner YAYI Boni et que la machine à fraude est apprêtée pour la manœuvre sordide. Cela devrait suffire à faire tomber toutes les illusions d’une victoire sur celui-ci par la voie des urnes en 2011. En persistant dans une logique que vous savez favorable à YAYI Boni ne se rend-on pas complice du criminel»

Dès la création du Front De Défense de la Démocratie, nous avons dans une adresse déclaré: «C’est maintenant, c’est aujourd’hui même qu’il faut se mettre à couper tous ces fils qui retiennent debout le pouvoir failli de Boni YAYI. Boni YAYI prépare des élections belliqueuses et avec ou sans LEPI se proclamera vainqueur. C’est donc aujourd’hui et maintenant qu’il fait se lever et le chasser. Il ya trop de preuves que Boni YAYI n’acceptera jamais son échec aux élections présidentielles, lui qui n’accepte pas l’échec d’un de ses candidats comme délégués de village. Attendre les élections ce sera trop tard, car aux élections, avec ou sans LEPI, Boni YAYI, le dictateur escroc se proclamera vainqueur et se sera encore mieux organisé. Et les puissances extérieures qui financent la LEPI frauduleuse, en cas de contestation légitime, diront que ‘’globalement les choses se sont bien passées’’, enverront des missions de paix, des équipes de médiateurs, proposeront un ‘’gouvernement d’union nationale’’ pour finalement imposer l’imposteur Boni YAYI» (Message du PCB au meeting des jeunes Pour la défense de la démocratie en date du 30 Octobre 2010.)

B-LA RESPONSABILITE DES HAUTS BOURGEOIS NON AU POUVOIR DITS DE L’OPPOSITION

Tous ces appels à l’endroit des dirigeants des partis de «l’Opposition», AMOUSSOU, HOUNGBEDJI, BIO TCHANE n’ont reçu aucun écho. Ils se sont évertués à les mépriser.

Mais ce qui est plus curieux encore c’est les tergiversations de ces dirigeants au moment des décisions fermes et conséquentes contre les manœuvres frauduleuses allant dans le sens de l’intérêt des travailleurs et des peuples. Trois exemples peuvent suffire à illustrer ce que j’avance. Lorsqu’il s’est agi du boycott ou non de la LEPI frauduleuse, après le mot d’ordre donné par les dirigeants de l’Opposition de ne pas aller se faire enregistrer, la veille ceux ci reviennent sur leur position et donnent un mot d’ordre contraire.

Deuxième inconséquence: tout le monde voit qu’avec des milliers de gens laissés sur le carreau par la LEPI de BAKO, il faut un audit tout au moins interne pour un toilettage de cet instrument électoral, et un temps suffisant pour les enregistrer. Et pourtant les députés de l’Opposition se sont associés dans un véritable marché de dupes avec les députés de la mouvance présidentielle pour voter une loi accordant seulement cinq (5) jours de report. Troisième inconséquence: Alors que 11 candidats sur 13 (dont HOUNGBEDJI, BIO TCHANE) ont le mercredi 09 mars appelé à un report des élections d’au moins une semaine des élections, les mêmes deux jours plus tard le 11 appellent le peuple à aller massivement au vote le 13. Ces tergiversations ne peuvent que désorienter les masses populaires et constituent des concessions intolérables au dictateur Boni YAYI.

IV- LES TACHES DES TRAVAILLEURS ET DES PEUPLES

Les travailleurs et les peuples en sont arrivés à la conclusion qui ne veulent plus se battre pour laisser se faufiler au pouvoir quelqu’un qui ne les soutient pas, Ils sont arrivés de plus en plus à la conscience qu’il leur faut leur propre pouvoir, le pouvoir des travailleurs et des peuples et que seul un tel pouvoir peut instaurer une nouvelle et bonne gouvernance du pays. Leurs nombreuses manifestations au cours de la campagne, les luttes qui se poursuivent au Ministère des Finances, à HOMEL indiquent bien que les travailleurs prennent conscience qu’ils sont et seront leur seul et propre sauveur.

Du scrutin frauduleux et honteux actuel sortira un président illégitime et illégal. Ce que le Parti Communiste du Bénin et moi-même vous disons en ce moment grave, c’est que les travailleurs et les peuples ne sont condamnés par aucune Loi, aucune Constitution, aucun Destin à subir un Président illégitime et illégal qu’ils ne méritent pas Il n’y a pas d’échéance pour le peuple souverain. Exemple KEREKOU réélu en juin 1989 et chassé du pouvoir peu après. Exemple BEN ALI à qui il restait deux ans et demi de son mandat et MOUBARAK à qui il restait sept mois. Alors aux travailleurs, aux jeunesses, et aux forces démocratiques en général, au peuple tout court, je dirai simplement ceci: « Il ne nous reste plus d’autre alternative: c’est d’accroître les luttes en cours jusqu’à la révolution pour chasser un tel Président illégitime et illégal du pouvoir et instaurer le pouvoir des travailleurs et des peuples.

Voilà, le défi et j’ai la conviction qu’à l’instar des peuples de Tunisie, d’Egypte, les travailleurs et les peuples du Bénin le relèveront

Alors vive le pouvoir des travailleurs et des peuples.

Vive la révolution.

Cotonou le 15 Mars 2011.

Philippe NOUDJENOUME

Premier Secrétaire du PCB

Candidat aux élections présidentielles 2011.