Le Blog de Aymard

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BENIN : Les cantines du K.O….

La saga de la présidentielle de 2011 s’est enrichie d’un nouveau concept : les cantines du K.O. On savait que l’excès de confiance de l’incontournable beauf, tête d’affiche de la revendication d’une victoire dès le premier tour, sur les plateaux de télévision, cachait bien quelque chose de pas très net. À son numéro de saltimbanque tendant à ennoblir la catastrophe du 13 mars 2011, on reconnait très facilement l’ultime tentative de parfaire le coup de force enclenché depuis le démarrage du tristement célèbre processus de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Conscient des rimes récurrentes entre leurs fanfaronnades habituelles et les décisions de la Cour de Robert Dossou, les émergents ne se gênaient plus à mettre la barre aussi haute qu’un premier tour K.O. Parce qu’ils savaient pouvoir compter sur les cantines de la bêtise. Les Cotonois en sont encore groggys de ce spectacle inédit de convois militaires immobilisés devant le siège de la Commission électorale nationale autonome (Cena), chargés de malles non sécurisées, contenant des procès verbaux du scrutin alors qu’elles devraient être sous scellés selon la loi électorale.

Ces précieuses cantines éventrées contiendraient le précieux trésor de Yayi, celui qui lui garantirait de facto un nouveau mandat de 5 ans. Et surtout lui éviterait le supplice d’une campagne électorale de second tour sur fond de déballage. Mais au-delà des détails sur les scandales, les émergents redoutent de devoir rendre compte de la vague des faux placements. C’est d’ailleurs tout un symbole que Marcel de Souza soit le fer de lance de ce énième passage en force. Lui plus que tout autre émergent devrait redouter une mise à plat de ce sulfureux dossier. Lui, patron local de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) au moment où les escrocs installaient leur machine de rapt d’épargnes privées. Pire, son parti, le Frap peut se targuer d’avoir tiré le maximum de profit des excentricités des escrocs célébrés au palais de la présidence au même titre que de valeureux investisseurs privés. Le parti de l’épouse du chef de l’Etat et de son frère s’est distingué au cours du mandat finissant comme le fournisseur de parrains officiels pour les activités de propagande estampillées Icc-Services, principale structure de faux placements d’argent. Grâce aux cantines du K.O. le gouvernement peut continuer à obstruer toute procédure judiciaire digne de ce nom sur l’affaire.

Les émergents n’ignorent pas que même un miracle de Dossou et de sa Cour ne saurait se faire sans un coup de pouce, ne serait-ce qu’un conditionnement de l’opinion par des médias sous contrôle. C’est vrai que l’impérial président de sa Cour est capable de faire rendre une décision aussi grave que la réécriture du règlement intérieur de l’Assemblée nationale par trois « sages » seulement sur les 7 que compte l’institution. C’est tout aussi vrai qu’un recours du camp Yayi peut bénéficier d’une extraordinaire célérité comme si le recours et la décision avaient été rédigés au même moment. Mais le super-sage sait que les barrières de sécurité autour de ses bureaux ne sont pas le fruit du hasard. Cette hantise sécuritaire exceptionnelle se nourrit de la colère de la rue qui s’est déjà exprimée à plusieurs reprises dans cette affaire de présidentielle 2011. Après les multiples frictions aux portes de leur sanctuaire, les sages réfléchiraient par quatre fois avant de légitimer des cantines du K.O. qui sentent la fraude massive, les bourrages d’urnes, la corruption d’agents des bureaux de vote, les tripatouillages de listes électorales.

Un forcing, ça passe. Mais deux… trois… quatre ???

Il y a des KO boomerang !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

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