Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

BENIN : Démocratie en danger

La situation politique et  institutionnelle du Bénin a connu ces dernières années un grave recul démocratique.

Le Président Boni Yayi, élu à la tête du pays pour un mandat présidentiel de 5 ans en 2006 s’est évertué à détruire tout ce qui a fait du Bénin un pays de paix et de démocratie.

Depuis 2006 et plus particulièrement durant  la campagne, les partis politiques de l’opposition n’ont eu qu’un faible accès aux médias publics, monopolisés par les forces cauris pour un Bénin Emergent (mon œil) de Boni Yayi. Certains membres de l’opposition ont  été menacés, harcelés pour les empêcher de mener correctement campagne pour leur candidat. De nombreuses manifestations des partis d’opposition ont été interdites ou perturbées par les «Béni oui oui » qui gravitent autour de Boni Yayi.

Par ailleurs, dans quasiment toutes les localités du pays, il a été constaté une implication massive et illégale des autorités administratives et coutumières (Préfets, chefs traditionnels, …) pour appeler la population à voter pour Boni Yayi.

Le non respect de la date de clôture de la campagne

La campagne s’est poursuivie jusqu’à 2 heures du matin dans la nuit du 11 au 12 Mars 2011 et même dans la nuit du 12 au 13 Mars, des mouvements clandestins et nocturnes ont été observés.

L’usage des moyens de l’Etat à des fins de campagne et de l’argent du contribuable détourné à des fins de propagande

C’est notamment le cas de la poursuite de la remise des micro-crédits aux plus pauvres même à la veille des élections. Ceci est inacceptable et dénote de la mauvaise foi et de l’esprit de fraude et de tricherie qui anime Boni Yayi, le candidat des cauris.

Le gouvernement a utilisé l’administration financée par les contribuables béninois pour mener ses campagnes.

L’implication des chefs traditionnels dans la campagne

Malgré l’obligation de neutralité que leur imposent les textes réglementaires en matière électorale et leur statut, les chefs traditionnels ont participé activement à la campagne électorale au profit de Boni Yayi.

Des cas de corruption

Des cas de corruption et, particulièrement la distribution de cadeaux de toute nature aux populations (motos, pagnes, sacs de riz…) par le candidat Boni Yayi ont été observés dans toutes les régions surtout dans les fiefs de l’opposition.

L’ouverture des bureaux de vote

Il a été remarqué des retards importants dans l’ouverture officielle des bureaux de vote. Certains bureaux de vote ont ouvert à 12 heures, d’autres à 15 heures.

Les raisons de ce retard sont essentiellement l’absence de certains membres de bureaux et/ou le retard dans la mise en place du matériel électoral.

Tous ces retards ont eu pour conséquence la fermeture tardive des bureaux de vote ; surtout dans des endroits où l’éclairage fait défaut. Ces agents de bureau de vote ont donc été obligés de travailler tard dans la nuit et en pleine obscurité.

La liberté du vote

Des cas d’intimidation ont été relevés.

D’autre part, des cas d’achat de conscience ont été relevés notamment où, l’on proposait aux électeurs 2000 ou 5000 FCFA pour aller voter en faveur de tel ou tel candidat.

Le jour du scrutin, il a donc été relevé des achats de vote via la distribution de pagnes, de sacs de riz, de sucre et d’argent.

Des cantines d’urnes contenant les bulletins du Borgou/Alibori sont arrivées sans scellés et hors délai à la Cena.

Dans ces conditions, c’est une porte ouverte aux tripatouillages. Selon les informations, les camions militaires, les transportant, ont transité par le palais de la République avant d’atterrir à la Cena.

L’opposition a commis des huissiers pour faire le constat. Ce à quoi, le président de la Commission électorale nationale autonome (Cena), Joseph Gnonlonfoun, s’est opposé, car selon lui, on ne peut pas opérer des fouilles sur des véhicules de l’armée.

Le coordonnateur de la Cena/ Borgou-Alibori, Razack Amouda Issifou, intérrogé affirme que des bulletins ont été convoyés par hélicoptère à Tchaourou, la veille du scrutin sans qu’il n’en soit informé et qu’aussi il y a eu la création des bureaux de vote fictifs dans le Borgou/Alibori. Au total, Razack Amouda Issifou a reconnu que les élections ont été organisées dans un cafouillage indescriptible dans le Borgou/Alibori.

De façon générale, les élections du 13 mars 2011 ont été émaillées de fraudes, d’intimidation et de corruption ; des élections dont le taux de participation n’est même pas connu. C’est du jamais vu.

Alors que la loi prévoit une Assemblée plénière pour valider les résultats provisoires avant transmission à la Cour constitutionnelle, Joseph Gnonlonfoun le Président de la Cena n’a pas convoqué cette plénière et s’est présenté devant les caméras pour annoncer selon ses propres termes, la synthèse des résultats provisoires qui donneraient Boni Yayi vainqueur au premier tour avec 53,17% des voix loin devant son adversaire Maître Adrien Houngbedji qui ne totaliserait que 35,65%.

Par cet acte délibéré et incongru de Gnonlonfoun, la démocratie béninoise s’avance tout droit vers une prise en otage et nous nous devons, au moment opportun de réagir vivement pour la libérer et chasser les imposteurs de la tête de notre pays si jamais la cour constitutionnelle s’amusait à cautionner ses résultats proclamés par Gnonlonfoun.

Pour une fois, je suis obligé de m’aligner derrière le Parti Communiste du Bénin qui a longtemps appelé à une insurrection populaire pour chasser Boni Yayi du pouvoir.

Comme le disait Étienne de La Boétie, « Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. ». Plus loin dans son « Discours de la servitude »  il écrivît: « Or, ce tyran seul, il n’est pas besoin de le combattre, ni de l’abattre. Il est défait de lui-même, pourvu que le pays ne consente point à sa servitude. Il ne s’agit pas de lui ôter quelque chose, mais de ne rien lui donner ».

Restons sereins et soyons prêts à réagir pour défendre la démocratie béninoise !!

aymard

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Une réponse à “BENIN : Démocratie en danger

  1. ren mars 19, 2011 à 7:39

    bonne inspiration mon gar même si ………..

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