Le Blog de Aymard

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Archives Journalières: mars 21, 2011

BENIN : Demande d’annulation de l’élection présidentielle – Des agents de bureau de vote interpellent la Cour constitutionnelle

Les agents et membres des bureaux de vote des départements du Borgou-Alibori se sont réunis hier dimanche en collectif pour demander l’annulation pure et simple de l’élection présidentielle par la Cour constitutionnelle. Dans leur déclaration, ils s’appuient sur les nombreuses irrégularités notées dans le processus, la fraude massive enregistrée dans leurs zones d’intervention.

Déclaration de presse du collectif des mandataires et membres des bureaux de vote du Borgou-Alibori

Vu la loi N° 90-32 du 11 Décembre 1990 portant Constitution de la République du Bénin qui donne droit de vote à tous les citoyens béninois remplissant les conditions prévues par les textes fondamentaux

Vu la N°2010-33 portant règles générales pour les élections en République du Bénin

Considérant,

Les conditions désastreuses dans lesquelles la liste et la formation des membres des bureaux de vote ont été faites

La création des bureaux fictifs pour faire gagner à tout prix le candidat de la mouvance

La poursuite de la propagande sur les lieux de vote le dimanche 13 mars 2011 en violation flagrante de la loi N°2010-33

Le transport du matériel sensible tel que les bulletins de vote par hélicoptère et aéronef notamment dans les communes de Tchaourou et de Kandi à l’insu du coordonnateur CENA du Borgou-Alibori

La prorogation délibérée et unilatérale de la durée de vote sans que le besoin ne soit enregistré

Les menaces, intimidations dont les militants de l’opposition ont été victimes, ce qui a empêché leur vote

Le vote systématique des individus sans pièces à la place des absents profitants de la tombée de la nuit

La remise aux électeurs interceptés sur le chemin des bulletins de vote estampillés contre de l’argent

La photocopie en plusieurs exemplaires du registre de vote par dérogation en le certifiant du cachet CENA afin de faire voter une masse importante de personnes y compris les mineurs sans aucune pièce même pas un certificat d’enregistrement biométrique,

La création des bureaux de vote parallèles aux mêmes fins notamment dans les services administratifs comme les mairies,

Le transport par camion des électeurs pour voter, toute chose contraire à la loi

Les grandes tendances proclamées sans aucune concertation avec les autres de la CENA par le Président de ladite institution en méconnaissance des irrégularités graves qui ont émaillée les élections surtout au Nord du pays

L’annulation des voix de l’opposition dans quelques communes en l’occurrence celle de Banikoara

Au regard de tout ce qui précède,

Nous mandataires, membres des bureaux de vote du Borgou-Alibori,
Protestons énergiquement contre ce comportement dégradant du Président de la CENA qui apporte de l’eau au moulin des ennemis du peuple.

Réclamons l’annulation pure et simple de l’élection présidentielle dans le Borgou Alibori et leur reprise dans un meilleur délai

Interpellons la Cour Constitutionnelle à ne pas tomber dans les mêmes travers que le Président de la CENA afin que la volonté du peuple béninois soit respectée.

Par Conséquent, nous rendons responsables les autorités en charge des élections du non respect de ces revendications qui sont l’émanation du désir ardent du peuple des déconvenues qui en découleraient.

Fait à Parakou, le 20 Mars 2011

Pour le collectif, le porte-parole

BELLO Bouraïma

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BENIN : Ils viennent de tomber, les « Miracles » attendus de la Cour de Robert Dossou

Ils viennent en effet de tomber, les « Miracles » attendus de la Cour de Robert Dossou : Boni Yayi aurait obtenu 1.579.550 voix, contre 1.059.396 pour Adrien Houngbédji et 182 484 pour Abdoulaye Bio Tchané. Au score de ces poids lourds a suivi, celui (poids plume, il est vrai) des autres « menus fretins ».

Explications de texte… euh… ou plutôt Explication des Miracles : dans la marche de l’histoire des hommes, lorsqu’il arrive à un moment donné, qu’un homme doive opérer un choix (historiquement crucial ou crucialement historique) entre le passage à la postérité et la dégringolade dans les poubelles de ladite histoire, on est toujours fasciné par l’attirance inexplicable qu’exercent sur certains hommes lesdites poubelles.

Mais j’ai dit « inexplicable » ?… Il faudrait nuancer : Il y a ceux qui assument entièrement leur choix, pour des raisons de force (maléfique ?) majeure, ou plus prosaïquement, parce qu’ils ont une attirance naturelle pour les poubelles (Ça existe). Il y a ceux qui ne sont pas outillés (ni intellectuellement ni moralement ou autres…) pour faire le choix glorieux de la postérité. Il y a hélas !, les malheureux qui confondent, comme a dit l’autre, la fange et la poussière d’ange. Et il y a enfin ceux qui donnent l’impression de confondre postérité et prospérité.

Je ne m’avancerai pas jusqu’à classer l’inénarrable Joseph Gnonlonfoun alias Jo l’Indien et ce cher Robert Dossou dans cette dernière catégorie ; je ne m’avancerai pas, bien que les révélations faites par certains membres de la CENA, suite à son annonce en solo des 53,17% du K.O. au premier tour, dans des conditions pour le moins grotesques, bien que ces révélations, dis-je, soient assez troublantes. Il est assez troublant, en effet, qu’au moins deux parmi les dénonciateurs de l’annonceur du « K.O. au premier tour » aient avoué avoir eu le sentiment que Jo l’Indien obéissait à une « force qui le dépassait » Or, quelle force pourrait être assez puissante pour forcer (le cas de le dire !) un vieux magistrat retraité, à violer et le Règlement intérieur de l’institution dont il a la charge et la Constitution de son pays, pour commettre une forfaiture abominable, dont il sait très bien que les conséquences sont incommensurables pour le destin de son pays, et terribles pour le nom qu’il porte ?

De même qu’il était assez troublant de suivre le parcours maradonesque de Robert Dossou, dans son rôle de président de la Cour constitutionnelle dès son installation qui, méthodiquement, émascula la Représentation nationale lors du processus d’élaboration de la LEPI, cassa toutes les propositions de lois n’entrant pas dans le cadre d’un plan manifestement pré concocté, jusqu’à s’opposer avec ardeur à toute idée d’un quelconque Plan « B », au cas-z-où la LEPI – qui montrait des signes évidents d’insurmontables cafouillages – ne serait pas opérationnelle le moment venu.

Il était indéniable, même au moins futé des Béninois, de deviner que le président de la Cour constitutionnelle obéissait à une « force » qui, comme pour son acolyte Jo l’Indien, le « dépassait ». Or, il le sait très bien, ce gros malin de Robert Dossou, qu’il ne se montrait nullement à la hauteur de l’héritage que lui avaient laissé les Dames respectables et respectées qui l’avaient précédé à la tête de la Cour. Cette Cour dont elles avaient réussi à faire un glorieux fétiche, respecté et vénéré par tous les Béninois. Cette Cour qui, sous lui, Robert Dossou, était devenu l’objet de toutes les protestations, de toutes les contestations, de toutes les défiances et même de tous les quolibets. Il n’était un secret pour personne que l’installation de cette Cour, dans des conditions plus qu’acrobatiques, était uniquement le fait du Prince ; et que par conséquent, son « acrobatique » président avait un devoir de reconnaissance vis-à-vis du Prince. Hélas !, cent mille fois hélas !, les partisans du Prince, notamment les députés à l’Assemblée nationale, ne se cachaient même plus pour dire à quel point ils comptaient sur « Robert », pour casser toute loi qui n’arrangeait pas le camp du président » !!!

C’était lamentable, à tous points de vue.

Mais, vaillamment, « Robert » continua de servir le Prince et ses militants jusqu’aux élections du 13 mars. Mais ce qui n’était, somme toute, qu’une tragi-comédie, devint drame : le Gardien de la Constitution qu’il était, se mit à la violer à jets continus, faisant allègrement exploser tous les textes, tous les règlements, toutes les règles, tous les délais légaux, dans un surenchère totalement inconcevable. Une véritable « diagonale du fou ». Rien d’étonnant par conséquent, à ce que le « Chef de la Section FCBE de la Cour constitutionnelle » – comme l’a férocement raillé un député –, dans la foulée du « K.O. au premier tour » de Jo l’Indien, parachève à présent le plan pré concocté : assurer coûte que coûte, et quoi que cela puisse coûter, un second mandat au Docteur-président.

Mission accompli donc !

On aurait tout-de-même pu avoir la faiblesse de croire à un sursaut du « Chef de la Section FCBE de la Cour », au regard historique de l’enjeu. Mais il faut croire que « la force qui [le] dépassait » était trop puissante. Il faut croire également qu’une autre force – non moins puissante, mais plus insidieuse – ait fait son œuvre : c’est celle de cette coalition-anti-Houngbédji-au-pouvoir, coalition occulte composée de l’inusable Albert Tévoédjrè, de l’embrouilleur-débroussailleur patenté Joseph Gnonlonfoun, du régionaliste diplômé Boni Yayi et, last but not least, de l’égaré Robert Dossou.

Ceci avait fait l’objet, il y a quelques semaines, d’un papier dans le genre 50% rigolard, que je ne résiste pas au plaisir pervers, amis visiteurs, de vous faire lire à nouveau :  

IL NE FAUT PAS SE LEURRER, Me DOSSOU : QUAND C’EST L’HEURE, C’EST L’HEURE !

« Rien ne peut empêcher le coq de chanter quand pour lui vient le moment de chanter », dit le dicton universel ; alors qu’au vu des derniers développements de l’actualité électorale nationale, un dicton populaire pourrait également faire école : « Rien ne peut empêcher… ?La Coq? de chanter quand l’heure a sonné ».

De fait, depuis qu’il a fait union avec les autres dinosaures de la politique béninoise, dans un regroupement à priori impossible, « L’Union Fait La Nation », pour soutenir un candidat unique – Me Houngbédji, en l’occurrence – Séfou Fagbohoun alias « La Coq » ne laisse jamais passer les occasions de chanter la victoire future de leur poulain commun, au cours de leurs nombreuses tournées sur le territoire national.

Le côté amusant de l’histoire est que le poulain lui-même, peut parfaitement prendre à son compte autant le dicton universel que celui spécifique du Bénin, en ce sens qu’après quatre tentatives de devenir Chef de l’Etat, il semble de toute évidence que pour lui, l’heure a sonné.

Et ce ne sont pas les manœuvres inconcevables du trio d’enfer – Yayi, Dossou, Bako – visant à brouiller les cartes pour faire gagner Yayi coûte que coûte, afin de barrer la route à Houngbédji pour l’éternité, qui pourraient empêcher l’évènement de survenir. Barrer la route à Houngbédji « pour l’éternité » parce que cette cinquième tentative est la seule qui lui soit encore permise, selon les dispositions constitutionnelles.

Il se dit d’ailleurs – mais on a du mal à croire possible une telle abjection – que si l’un des membres du trio d’enfer – Me Robert Dossou en l’occurrence – se démène si fort pour barrer la route à Me Houngbédji, c’est qu’il a du mal à accepter que ce promotionnaire devienne président de la République, alors que lui-même, en politique, n’a jamais fait mieux qu’un mandat unique et ultime de député.

Ce qui lui donnerait des aigreurs d’estomac puisqu’il se considère très mal récompensé de son statut de « géniteur » de la Conférence Nationale. Cela expliquerait, selon les mauvaises langues, que pour barrer la route au promotionnaire bientôt au faîte de la gloire, il ne craint pas de torturer les dispositions de la Constitution, qu’il a pourtant pour mission républicaine et sacrée de protéger.

C’est un scénario qui n’est pas possible, évidemment. Mais, si par extraordinaire il l’était, que Me Robert prenne quelques secondes de son temps précieux, juste quelques petites secondes, pour se convaincre que le dicton universel suscité, doublé de celui national, lui indiquent clairement que son combat est perdu d’avance : « Rien ne peut empêcher le coq de chanter quand vient pour lui le moment de chanter » et « Rien ne peut empêcher… La Coq de chanter quand l’heure a sonné », foi de Séfou Fagbohoun alias La Coq d’Adja-Ouèrè !

L’heure du choix historiquement crucial ou crucialement historique, entre le passage à la postérité et la dégringolade dans les poubelles de l’histoire avait sonné pour vous, Maître. Hélas !, pour des raisons, entre autres, petitement personnelles, vous avez délibérément fait le mauvais. Vous aller le voir dans les jours et semaines à venir, vous avez eu tort. Et le tort tue, dit-on. Il faut espérer que ce ne sera point le cas pour vous, mais très nombreux sont ceux qui se réjouissent de ce que vous ayez fait l’option de la dégringolade dans les poubelles : on n’a pas idée d’avoir tant de mépris désinvolte pour sa patrie. Cela se paye toujours cher. Très cher…

TLF

BENIN : Les muscles du « tuteur » d’Abuja …

« Nous sommes certes un petit pays, nous n’avons certes pas grand-chose mais nous sommes un grand peuple. Nous sommes fiers de notre histoire ; fiers de notre indépendance, Nous sommes fiers d’être le phare de la liberté pour toute l’Afrique. » Adrien Houngbédji, le 19 mars 2011. Une tirade très inspirée intervenue à moins de 24 heures de la démonstration de pectoraux de l’« ami » Goodluck Jonathan. Il fallait quelqu’un pour rappeler, au président en exercice de la Cedeao, ce que représente le Bénin pour l’Afrique toute entière. Le berceau de la démocratie, inventeur des conférences nationales en Afrique au moment où les généraux régnaient en maitres absolus sur Abuja ; le Bénin où les anciens chefs d’Etat meurent dans leur lit de mort naturelle, où on n’a jamais enregistré de « conflits » postélectoraux armés. Tout comme jamais, au grand jamais, le Bénin n’a eu besoin du sermon d’une quelconque puissance sous régionale face à ses problèmes de gouvernance interne. Reste la thèse de l’intimidation du grand gendarme sous régionale autoproclamé : un raid rapide à l’aéroport de Cotonou, le 18 mars 2011, en plein imbroglio du chaos électoral, juste pour mettre en garde les Béninois contre tout risque de conflit postélectoral à ses portes, sous le regard enjoué du président, candidat à sa propre succession, proclamé vainqueur l’instant d’après ce show d’un autre âge – un acte solitaire et délibéré du président de la Commission électorale nationale autonome (Cena) et voilà Yayi prétendu réélu dès le 1er tour de la présidentielle.

C’est là tout l’intérêt de la tirade du début de chronique. Primo, le peuple du Bénin a peut-être perdu sa constitution, ses institutions, ses lois électorales, son crédit démocratique ; mais il n’a rien perdu de sa capacité de résistance face à l’autocratie. Secundo le refus de la classe politique de précipiter des chairs à canon dans les rues n’a que faire de l’impatience de la charogne internationale. Les conflits électoraux ne sont pas au« portail » de Goodluck mais plutôt dans sa maison. Lui qui est engagé dans un processus électoral sur fond de dol politique et de violence meurtrière à l’intérieur de son grand Nigeria. Là-bas, les fous de Dieu n’ont même pas attendu le jour du scrutin avant d’opter pour le carnage aveugle. On connait très peu de processus électoral dans ce pays sans conflit avant, pendant et après le jour du vote. L’homme fort d’Abuja aurait dû commencer son numéro d’intimidation à l’aéroport international Bernardin Gantin par une minute de silence à l’endroit de ses propres militants fauchés par des explosions terroristes en marge de ses meetings de rempilage.

Très touchante, cette curieuse sollicitude venue de l’Ouest. Les rapports de bon voisinage ne semblent avoir de sens pour l’attelage Yayi-Goodluck que lorsqu’il s’agit de sauver leurs strapontins respectifs. Pendant que se mettait en place progressivement l’instrument de la déflagration annoncée à savoir la désormais tristement célèbre Liste électorale permanente informatisée (Lépi), Abuja n’a rien vu venir. Pas même les séquences agitées qui ont enfiévrées les rues de certaines villes du pays à travers des manifestations de protestation contre l’établissement d’un fichier électoral « pourri ». La très vertueuse Cedeao a laissé faire des élections sans liste électorale, sans organe de gestion fixe du processus (confusion entre la Cena et la Cps/Lépi), sans un listing des bureaux de vote, sans lois électorales. Ce qui n’empêche pas son président en exercice de s’employer à faire gober des résultats confectionnés à la hussarde. Yayi même sait qu’il ne suffit pas d’obtenir une victoire à la Pyrrhus pour faire disparaitre le spleen incompressible des victimes des faux placements. Ce n’est pas de la poche de l’ami Jonathan qu’il pourrait régler le lourd passif avec les syndicats, l’astronomique dette intérieure (400 milliards Fcfa), la disparition du haut fonctionnaire du ministère des Finances, les défaillances dans la fourniture de l’énergie électrique, etc…

Les conseillers ne sont pas les payeurs.

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

BENIN : L’alliance ABT annonce des mesures fortes contre le complot en cours

L’alliance ABT 2011 a rendu publique une déclaration dans laquelle elle promet de s’opposer contre le hold-up électoral en cours au Bénin. C’était samedi dernier à son siège à Guinkomey à Cotonou.

« L’alliance ABT 2011 a déjà fait connaître à l’opinion publique nationale et internationale qu’elle n’acceptera pas le hold up électoral en cours de finalisation… », a déclaré ce week-end en à Cotonou, le porte-parole de l’alliance ABT 2011, Me Raymond Dossa, en présence de plusieurs autres membres de la coalition. Le groupe politique du candidat Abdoulaye Bio Tchané indique qu’elle demandera par des voies légales l’annulation pure et simple du scrutin du 13 mars 2011 en raison de toutes les irrégularités avérées dont il est entaché et par voie de conséquence, la reprise des opérations électorales dans des conditions acceptables.

Elle rappelle aux autorités du pays, en l’occurrence à la Cour constitutionnelle, les dispositions de l’article 66 alinéa 2 de la Constitution qui prescrit que dans l’hypothèse d’un coup de force quelconque : ‘’Tout Béninois a le droit et le devoir de désobéir et s’organiser pour faire échec à l’autorité illégitime et ce droit et ce devoir constituent le plus sacré des droits et le plus impératif des devoirs’’.

L’alliance ABT 2011 rappelle enfin à l’armée béninoise et les forces de l’ordre qui ont toujours démontré leurs valeurs républicaines qu’aux termes de l’article 19 alinéa 2 de la Constitution : « …tout individu, tout agent de l’Etat qui rendrait coupable d’acte de torture, de sévices ou traitements cruels, inhumains ou dégradants dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions, soit sur instruction, sera puni conformément à la loi ».

La coalition ABT 2011 soutient avec fermeté que les nombreuses irrégularités du scrutin du 13 mars dernier ont pour noms : bureaux fictifs, bourrages d’urnes par des bulletins pré-cachetés, distribution massive d’argent, la veille et le jour même du scrutin, transport de citoyens d’une ville à une autre pour voter contre de l’argent payé après la remise du bulletin blanc aux commanditaires, distribution de micro-crédits aux plus pauvres jusqu’à l’avant-veille du scrutin, propagande en faveur du candidat Boni Yayi sur les lieux du scrutin.

Elle a aussi fait cas des menaces, intimidations et violences de toutes sortes exercées sur les votants, la corruption des scrutateurs et autres responsables des bureaux de vote aux fins d’obtenir d’eux la non signature des procès verbaux pour annuler les élections dans les bureaux de vote non favorables à Boni Yayi et des urnes sans scellées et cantines non cadenassées remises à la Cena hors délai.

« En dépit de ces fraudes criardes et inacceptables en démocratie, certains observateurs étrangers ont pu affirmer, sans honte, que le scrutin du 13 mars 2011 au Bénin s’est déroulé normalement. Yayi et les Fcbe en ont tiré avantage pour déclarer avant même que la Cena ait compilé les résultats et que la Cour constitutionnelle ait procédé à une proclamation provisoire que le président sortant est vainqueur au 1e tour avec 53% des suffrages… », a dénoncé la coalition ABT 2011.

Selon Raymond Dossa, le score de 53% pour le candidat Boni Yayi annoncé par le président de la Cena est bel et bien dans le schéma du complot contre le peuple. Pour la coalition ABT 2011, le hold up électoral en cours en connaîtra un échec cuisant.

DECLARATION DE L’ALLIANCE ABT-2011

Mesdames et messieurs les journalistes,

Il ya quelques jours seulement, l’Alliance ABT-2011 a rendu publique par vos différents organes, une déclaration dans laquelle, elle rappelait les graves irrégularités qui ont émaillé le scrutin du 13 Mars 2011.

En substance, étaient dénoncées, outre les insuffisances de la LEPI, cette LEPI controversée, parce que non fiable, source de fraudes massives. L’Alliance ABT-2011, mettait l’accent sur les grossières tricheries organisées par le candidat YAYI et sa mouvance et qui ont pour noms  :

Bureaux fictifs.

Bourrages d’urnes par des bulletins pré-cachetés

Distribution massive d’argent la veille et le jour même du scrutin.

Citoyens transportés d’une ville à une autre et d’un village à un autre pour voter contre de l’argent payé après la remise du bulletin blanc aux commanditaires.

Distribution de micro-crédits aux plus pauvres jusqu’à l’avant-veille du scrutin.  :-

Propagande en faveur du candidat YAYI Boni sur les lieux du scrutin.

L’appel au pardon du Candidat YAYI Boni lui-même le jour du vote dans le but d’influencer le vote des citoyens en jouant sur leurs fibres émotionnelles.

Menaces, intimidations et violences de toutes sortes exercées sur les votants pour exiger d’eux qu’ils votent YAYI Boni.

Corruption des scrutateurs et autres responsables des bureaux de vote aux fins d’obtenir d’eux, qu’ils ne signent pas les procès verbaux, cause d’annulation du scrutin, dans les bureaux de vote non favorables à YAYI Boni.

Urnes sans scellées et cantines non cadenassées remises à la CENA hors délai.

Ces faits accusent une gravité particulière dans la partie septentrionale de notre pays. En dépit de ces fraudes criardes et inacceptables en démocratie, certains observateurs étrangers, ont pu affirmer, sans honte, que le scrutin du 13 mars 2011 au Bénin s’est déroulé normalement. YAYI Boni et les FCBE, en ont tiré avantage pour déclarer avant même que la CENA ait compilé les résultats et que la Cour constitutionnelle ait procédé à une proclamation provisoire, que le Président sortant est vainqueur au 1er tour, avec 53% des suffrages.

Chose promise, chose due !

Le scénario yayiste a réussi : il a consisté à battre Knock–out (K.O) ses adversaires au 1er tour, grâce à des méthodes inédites, en tout cas jusqu’ici inconnues au Bénin multiplication à volonté de bureaux de vote fictifs et donc d’urnes et de bulletins pour les remplir, bulletins massifs pré-cachetés, cantines aux résultats tripatouillés et rendues ouvertes à la CENA, etc…

Le score de 53% annoncé depuis plus d’un an et rappelé le soir même du scrutin par Marcel de SOUZA, porte –parole du candidat YAYI Boni, a été confirmé par le Président de la CENA, Monsieur Joseph GNONLONFOUN. Qu’a-t-il fait pour rendre à Boni YAYI un tel service contre les intérêts de la Nation ?

Alors que les informaticiens n’avaient pas bouclé leurs travaux et que la plénière ne s’est pas encore réunie pour valider les grandes tendances à annoncer au peuple béninois, Joseph GNONLONFOUN hyper protégé par les militaires armés jusqu’aux dents, à la suite d’échauffourées avec ses autres collègues de la CENA, s’est enfermé dans son bureau aux fins d’exécuter son contrat avec YAYI Boni : le déclarer vainqueur au 1er tour à 53% des suffrages.

Il suffit pour s’en convaincre de retenir la préparation psychologique du peuple qu’il a tenté de faire : ‘‘ Ne regardez plus dans le rétroviseur’’ a-t-il conseillé en substance. Est-ce là le rôle de la CENA, structure chargée de l’organisation matérielle des élections ? Est-ce là le rôle du Président de la CENA qui ne détient aucun pouvoir propre en la matière ? L’alliance ABT-2011 qui a déjà fait connaître à l’opinion publique nationale et internationale qu’elle n’accepterait pas ‘‘le hold-up électoral’’ en cours de finalisation, tient aujourd’hui, eu égard à la gravité de la situation, à indiquer :

Qu’elle demandera par des voies légales l’annulation pure et simple du scrutin du 13 mars 2011 en raison de toutes les irrégularités avérées dont il est entaché et par voie de conséquence, la reprise des opérations électorales dans des conditions acceptables.
Qu’elle s’associera franchement et fermement à tout appel à la résistance pour contester avec la dernière énergie ce simulacre de résultats, émanation on ne peut plus normale du simulacre d’élection qui les a engendrées.

Qu’elle rappelle aux autorités de notre pays, en l’occurrence à la Cour constitutionnelle, les dispositions de l’article 66 al.2 de notre constitution qui prescrit que dans l’hypothèse d’un coup de force quelconque, notre situation actuelle, ‘’tout béninois, a le droit et le devoir de désobéir et s’organiser pour faire échec à l’autorité illégitime et (ce droit et devoir ) constituent le plus sacré des droits et le plus impératif des devoirs’’.

Qu’elle rappelle enfin à notre armée et nos forces de l’ordre qui ont toujours démontré leurs valeurs républicains, qu’aux termes de l’article 19al.2 de notre constitution, ‘‘…Tout individu, tout agent de l’Etat qui se rendrait coupable d’acte de torture, de sévices ou traitements cruels, inhumains ou dégradants dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions, soit de sa propre initiative, soit sur instruction, sera puni conformément à la loi.’’

A tous ses militants et sympathisants, l’Alliance ABT-2011 demande de rester mobilisés et déterminés pour les actions futures en vue de la sauvegarde de notre démocratie.

Béninoises et Béninois,

Tous ensemble, sauvons la démocratie en péril.

Non à la confiscation des libertés publiques !

Non à la confiscation du droit de vote des citoyens !

Non au massacre de notre démocratie !

Vive le Bénin

Vive la démocratie béninoise.

Alliance ABT-2011, Cotonou le 19 Mars 2011.

Déclaration de l’Union Nationale pour la Démocratie et le Développement (UNDD) sur la Guerre Vengeresse en Lybie

Après avoir échoué à embarquer l’OTAN et l’Union européenne dans sa guerre contre Mouammar Kadhafi, la France de Nicolas Sarkozy a su, une fois de plus, entraîner notamment Barack Obama dans l’adoption d’une Résolution des Nations Unies qui blesse, au-delà de l’honneur de la Libye, celui de l’Afrique.

L’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD), profondément attachée à la promotion d’une démocratie vivante au Burkina Faso comme dans toute l’Afrique, n’a jamais adhéré à l’idée, prônée pendant longtemps par les Occidentaux,  de son application à géométrie variable, édulcorée, cosmétique au monde arabe pour respecter le substrat sociologique et religieux prétendument rétif des peuples de ces contrées. Le parti,  interpellé par la révolution démocratique, qui, partie du Maghreb, a gagné tout le Machrek, ne  pouvait être indifférent aux demandes qui se sont manifestées en Libye pour une gouvernance moins méprisante pour les droits de l’homme et plus soucieuse de fonder une démocratie issue de la volonté populaire et contrôlée par le peuple souverain libyen. Mais le parti s’est de tout temps opposé à toute velléité de recolonisation du continent par le truchement de dirigeants acquis ou par le retour à la politique de la canonnière.

Tout en regrettant les conditions et la structuration de cette Résolution 1973 votée sur la Libye, il apprécie cependant que ce vote soit intervenu dans l’abstention significative de pays comme la Chine, la Russie, l’Allemagne, l’Inde, le Brésil, qui par le fait enlève une partie de sa légitimité à ce texte  adopté à la hussarde. Il en appelle à l’engagement de ces pays pour exiger un cessez-le-feu immédiat et la mise du différend sur la table du dialogue, seule voie porteuse de règlement durable de tels conflits.

Le parti dénonce d’ores et déjà l’application extensive et hors normes qui est faite de cette résolution avec une scénarisation beaucoup plus propre à satisfaire des egos qu’à sauver des vies humaines. A la vérité, aujourd’hui en Libye, l’alibi de l’humanitaire, des droits de l’homme et de la démocratie ont tout du cheval de Troie pour faire main basse sur les richesses de ce pays au régime désobéissant.

Le parti souhaite vivement que les peuples des pays intervenants s’auto saisissent sur la vraie nature de cette  guerre. Il exhorte en tout état de cause les démocrates africains à condamner cette nouvelle forme de recolonisation africaine, hypocrite et à la carte,  qui ne dit pas son nom.

L’UNDD relève à l’encontre de l’Union africaine (UA) que si de telles ingérences se multiplient dans le continent, c’est parce qu’elle aura prêté le flanc en ne se révélant pas capable d’incarner les politiques qui répondent aux aspirations des peuples d’Afrique et qui posent les bases d’une gouvernance responsabilisée. Pour autant, le parti approuve que pour le coup, elle ait refusé d’être à la table des convives chargés de prendre la décision de faire pleuvoir sur la Libye, pays membre, des torrents de larmes et de sang et de l’exposer à la « somalisation ».

Le parti, cohérent et vigilant,  condamne avec énergie cette intervention  impérialiste porteuse de néo-domination qui prétend protéger des vies humaines et la révolution arabe quand elle pèche par une politique choquante de deux poids, deux mesures qui, tout en frappant ici la Libye, laisse là se débrouiller des peuples en lutte pour la liberté et la démocratie comme au Yémen, au Bahreïn, en Arabie Saoudite, au Qatar, en Jordanie, en Algérie, en Syrie…sans parler des peuples au sud du Sahara. Il incite enfin l’Union africaine à faire montre de plus d’activisme pour arrêter cette guerre, pour mieux protéger les droits des Etats souverains d’Afrique contre les nouveaux « samaritains » et contrecarrer leur volonté de superposition d’une légitimation internationale des pouvoirs en Afrique à celle de ses peuples.

Oui au dialogue et à une mission d’évaluation en Libye !

Non aux mensonges et guerres personnelles !

Non aux pouvoirs à vie !

Oui à une universalisation sincère et objective de la démocratie !

Oui à une Afrique maîtresse de ses ressources naturelles !

Ouagadougou, le 19 mars 2011

Le Secrétaire national chargé des Relations Extérieures

Deval MILLOGO

www.undd.org

La Guerre de la Coalition emmenée par Sarkozy contre Kadhafi : au-delà des apparences trompeuses, les réalités implacables

En temps normal, aucun démocrate convaincu n’aurait des états d’âme à voir intervenir des puissances extérieures pour restaurer le droit au droit en Libye et permettre l’éclosion d’une démocratie qui restitue au peuple son droit souverain à fonder le pouvoir. D’ailleurs, si beaucoup de nos leaders et cadres africains ont tenté de vendre l’idée de l’ingérence humanitaire ou démocratique, à l’époque de la chute du Mur de Berlin, c’était dans l’optique de promouvoir une nouvelle communauté internationale plus solidaire et qui évolue dans un plus grand souci de partage des fruits de la démocratie à tous. Mais on en est revenu depuis. Et ce qui se passe actuellement dans bien de pays africains et notamment au nord du continent, montre bien que les professions de foi des grandes puissances sur les droits de l’homme, la démocratie, sont perverties par leur volonté d’hégémonie et d’accession aux richesses des pays pauvres pour financer leurs propres économies déclinante

Nicolas SARKOZY et Muammar KADHAFI

Ainsi donc, nous voilà en train de douter du bien-fondé de la grande colère de Nicolas Sarkozy contre Mouammar Kadhafi et qui à défaut d’une caution de l’OTAN ou de l’Union européenne, a conduit à une Résolution des Nations Unies ouvrant la porte à une guerre internationale en Libye.

On a ici beaucoup de raisons de douter de la sincérité des proclamations.

Nicolas Sarkozy n’est pas un modèle de démocrate ni dans son pays, ni à l’extérieur. Il fait plutôt figure de quelqu’un d’empressé, certains disent même d’agité, qui court à la recherche de dividendes internationaux pour stopper une perte de crédit en interne mais aussi pour renflouer les finances de son pays.

Dans le cas libyen, il peine à convaincre les consciences honnêtes de la pureté de ses intentions quand on se souvient de la cour effrénée qu’il a fait au Guide libyen, histoire de rattraper le retard pris en ce domaine par rapport à d’autres capitales occidentales qui ont fait le « pûss Naaba » (NDLR : salutation du chef en battant le sol de ses coudes)  devant Kadhafi pour avoir contrats, pétrodollars et autres avantages, jusqu’à blesser leurs coudes.

La guerre contre Kadhafi à laquelle il est actuellement engagé à mort aurait de quoi convaincre si on le sentait également préoccupé de permettre aux Bahreïnies de bénéficier des mêmes libertés et si on le voyait aussi en pointe contre le pouvoir yéménite qui massacre à tour de bras son peuple qui hurle à l’aide pour sa liberté. Ne parlons pas de ces pays africains où se jouent des parodies de démocratie, où l’on tire à balles réelles sur des populations en révolte pour la vérité et la justice, sans évoquer la moindre émotion du numéro un français.

Cette guerre donc de Sarkozy contre la Libye n’est pas une guerre propre, si jamais il en existe. Elle est beaucoup plus motivée par les soifs évoquées mais aussi par les blessures personnelles d’un homme qui s’est vu injurier, croit-il,  par des « sous hommes ».

En effet, les mots utilisés par les Kadhafi à son encontre, les menaces de divulguer certaines largesses faites par eux pour financer sa campagne électorale de 2007 avec en bout de course l’effet tsunami que ce dévoilement pourrait provoquer au plan électoral en 2012, ne pouvait que le toucher au vif et l’appeler à frapper avant d’être frappé.

Si en plus on envisage les conséquences d’une humiliation en Libye dans d’autres pays africains, on comprendra que le président français ait été gagné par la danse de Saint-guy et qu’il soit passé à l’action.

Pour assouvir sa soif de vengeance, rien mais rien ne pourra empêcher le couperet de tomber. Ni l’offre de cessez-le-feu de Kadhafi qu’on s’efforcera au moyen médiatique de battre en brèche, ni la pacification des villes reconquises dans lesquelles on trouvera encore le moyen de dénoncer la commission de crimes d’échelle contre l’humanité.

Voilà qui, dans l’Agoravox du 18 mars 2011, sous la titraille «Libye-ONU : le mensonge médiatico-sarkozyste », amène Alain Jules, à se poser cette question : « Pourquoi alors que les révoltes pacifiques sont réprimées dans le sang au Yémen ou à Bahreïn ne voit-on pas de résolution de l’ONU ? Cherchez l’erreur ! ».  Voilà qui fait aussi dire à Allain Jules, dans un article au titre évocateur «Libye : bienvenue dans un guêpier » publié dans Le Point du 19 mars, ceci : «Une fois Kadhafi balayé (Inch Allah !), comment sera gouvernée la Libye ?….Le danger est de voir la Libye transformée en une nouvelle Somalie… Les expéditions militaires commencent toujours bien, la fleur au fusil. La suite est plus compliquée à gérer ».

Quant au cinéaste égyptien Mogniss H. Abdallah, il n’y va pas par quatre chemins pour se démarquer de l’aventure en voie d’exécution : «Certains pays comme les Emirats-Arabes-Unis qui participent ouvertement à l’occupation militaro-policière du Bahreïn se sont portés volontaire pour l’intervention internationale en Libye. Ainsi, des régimes directement impliqués dans la répression dans un pays arabe, prétendraient agir contre répression et massacres dans un autre pays arabe ? Quelle hypocrisie ! Les militants de la solidarité ne peuvent cautionner sous aucun prétexte cette duplicité qui  menace l’avenir des révolutions démocratiques en cours dans l’ensemble du monde arabo-berbère et africain… N’ayons pas peur du combat contradictoire entre nous, y compris avec nos camarades libyens. Pas d’unité à minima. Ne soyons pas complices de la balkanisation de la Libye et des pays de la région » (in Site Google).

Le paradoxe, l’amère déception dans tout cela, serait que des voix africaines ne soient pas les plus nombreuses à animer ce chorus de réserve et de désapprobation car on se retrouverait malheureusement à le regretter après coup car comme a écrit Thomas Carlyle, « Notre génération devra se repentir moins des méfaits des méchants que du silence  des gens de bien ».

VT

San Finna N°608 du 21 au 27 Mars 2011

RESOLUTION 1973 SUR LA LIBYE

Le Conseil de sécurité,

Rappelant sa résolution 1970 (2011) du 26 février 2011,

Déplorant que les autorités libyennes ne respectent pas la résolution 1970 (2011),

Se déclarant vivement préoccupé par la détérioration de la situation, l’escalade de la violence et les lourdes pertes civiles,

Rappelant la responsabilité qui incombe aux autorités libyennes de protéger la population libyenne et réaffirmant qu’il incombe au premier chef aux parties à tout conflit armé de prendre toutes les mesures voulues pour assurer la protection des civils,

Condamnant la violation flagrante et systématique des droits de l’homme, y compris les détentions arbitraires, disparitions forcées, tortures et exécutions sommaires,

Condamnant également les actes de violence et d’intimidation que les autorités libyennes commettent contre les journalistes, les professionnels des médias et le personnel associé et engageant vivement celles-ci à respecter les obligations mises à leur charge par le droit international humanitaire, comme indiqué dans la résolution 1738 (2006),

Considérant que les attaques généralisées et systématiques actuellement commises en Jamahiriya arabe libyenne contre la population civile peuvent constituer des crimes contre l’humanité,

Rappelant le paragraphe 26 de la résolution 1970 (2011) dans lequel il s’est déclaré prêt à envisager de prendre d’autres mesures pertinentes, si nécessaire, pour faciliter et appuyer le retour des organismes d’aide humanitaire et rendre accessible en Jamahiriya arabe libyenne une aide humanitaire et une aide connexe,

Se déclarant résolu à assurer la protection des civils et des secteurs où vivent des civils, et à assurer l’acheminement sans obstacle ni contretemps de l’aide humanitaire et la sécurité du personnel humanitaire,

Rappelant que la Ligue des États arabes, l’Union africaine et le Secrétaire général de l’Organisation de la Conférence islamique ont condamné les violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire qui ont été et continuent d’être commises en Jamahiriya arabe libyenne,

Prenant note du communiqué final de l’Organisation de la Conférence islamique en date du 8 mars 2011 et du communiqué du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine en date du 10 mars 2011 portant création d’un comité ad hoc de haut niveau sur la Libye,

Prenant note également de la décision du Conseil de la Ligue des États arabes, en date du 12 mars 2011, de demander l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne contre l’armée de l’air libyenne et de créer des zones protégées dans les secteurs exposés aux bombardements à titre de précaution pour assurer la protection du peuple libyen et des étrangers résidant en Jamahiriya arabe libyenne,

Prenant note en outre de l’appel à un cessez-le-feu immédiat lancé par le Secrétaire général le 16 mars 2011,

Rappelant sa décision de saisir le Procureur de la Cour pénale international de la situation en Jamahiriya arabe libyenne depuis le 15 février 2011 et soulignant que les auteurs d’attaques, y compris aériennes et navales, dirigées contre la population civile, ou leurs complices doivent répondre de leurs actes,

Se déclarant à nouveau préoccupé par le sort tragique des réfugiés et des travailleurs étrangers forcés de fuir la violence en Jamahiriya arabe libyenne, se félicitant que les États voisins, en particulier la Tunisie et l’Égypte, aient répondu aux besoins de ces réfugiés et travailleurs étrangers, et demandant à la communauté internationale d’appuyer ces efforts,

Déplorant que les autorités libyennes continuent d’employer des mercenaires,

Considérant que l’interdiction de tous vols dans l’espace aérien de la Jamahiriya arabe libyenne est importante pour assurer la protection des civils et la sécurité des opérations d’assistance humanitaire et décisive pour faire cesser les hostilités en Jamahiriya arabe libyenne,

Inquiet également pour la sécurité des étrangers en Jamahiriya arabe libyenne et pour leurs droits,
Se félicitant que le Secrétaire général ait nommé M. Abdel-Elah Mohamed Al-Khatib Envoyé spécial en Libye et soutenant ses efforts pour apporter une solution durable et pacifique à la crise en Jamahiriya arabe libyenne,

Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’intégrité territoriale et à l’unité nationale de la Jamahiriya arabe libyenne,

Constatant que la situation en Jamahiriya arabe libyenne reste une menace pour la paix et la sécurité internationales,

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,

1. Exige un cessez-le-feu immédiat et la cessation totale des violences et de toutes les attaques et exactions contre la population civile;

2. Souligne qu’il faut redoubler d’efforts pour apporter une solution à la crise, qui satisfasse les revendications légitimes du peuple libyen, et note que le Secrétaire général a demandé à son Envoyé spécial de se rendre en Jamahiriya arabe libyenne et que le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a décidé d’envoyer son Comité ad hoc de haut niveau sur la Libye sur place pour faciliter un dialogue qui débouche sur les réformes politiques nécessaires à un règlement pacifique et durable;

3. Exige des autorités libyennes qu’elles respectent les obligations qui leur incombent en vertu du droit international, y compris le droit international humanitaire, du droit des droits de l’homme et du droit des réfugiés, et prenne toutes les mesures pour protéger les civils et satisfaire leurs besoins élémentaires, et pour garantir l’acheminement sans obstacle ni contretemps de l’aide humanitaire;

Protection civile

4. Autorise les États Membres qui ont adressé au Secrétaire général une notification à cet effet et agissent à titre national ou dans le cadre d’organismes ou d’arrangements régionaux et en coopération avec le Secrétaire général, à prendre toutes mesures nécessaires, nonobstant le paragraphe 9 de la résolution 1970 (2011), pour protéger les populations et les zones civiles menacées d’attaque en Jamahiriya arabe libyenne, y compris Benghazi, tout en excluant le déploiement d’une force d’occupation étrangère sous quelque forme que ce soit et sur n’importe quelle partie du territoire libyen, et prie les États Membres concernés d’informer immédiatement le Secrétaire général des mesures qu’ils auront prises en vertu des pouvoirs qu’ils tirent du présent paragraphe et qui seront immédiatement portées à l’attention du Conseil de sécurité;

5. Mesure l’importance du rôle que joue la Ligue des États arabes dans le maintien de la paix et de la sécurité régionales et, gardant à l’esprit le Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies, prie les États Membres qui appartiennent à la Ligue de coopérer avec les autres États Membres àl’application du paragraphe 4;

Zone d’exclusion aérienne

6. Décide d’interdire tous vols dans l’espace aérien de la Jamahiriya arabe libyenne afin d’aider à protéger les civils;

7. Décide également que l’interdiction imposée au paragraphe 6 ne s’appliquera pas aux vols dont le seul objectif est d’ordre humanitaire, comme l’acheminement d’une assistance, notamment de fournitures médicales, de denrées alimentaires, de travailleurs humanitaires et d’aide connexe, ou la facilitation de cet acheminement, ou encore l’évacuation d’étrangers de la Jamahiriya arabe libyenne, qu’elle ne s’appliquera pas non plus aux vols autorisés par les paragraphes 4 ci-dessus ou 8 ci-dessous ni à d’autres vols assurés par des États agissant en vertu de l’autorisation accordée au paragraphe 8 dont on estime qu’ils sont dans l’intérêt du peuple libyen et que ces vols seront assurés en coordination avec tout mécanisme établi en application du paragraphe 8;

8. Autorise les États Membres qui ont adressé aux Secrétaires généraux de l’Organisation des Nations Unies et de la Ligue des États arabes une notification à cet effet, agissant à titre national ou dans le cadre d’organismes ou d’arrangements régionaux, à prendre au besoin toutes mesures nécessaires pour faire respecter l’interdiction de vol imposée au paragraphe 6 ci-dessus et faire en sorte que des aéronefs ne puissent être utilisés pour des attaques aériennes contre la population civile et demande aux États concernés, en coopération avec la Ligue des États arabes, de procéder en étroite coordination avec le Secrétaire général s’agissant des mesures qu’ils prennent pour appliquer cette interdiction, notamment en créant un mécanisme approprié de mise en œuvre des dispositions des paragraphes 6 et 7 ci-dessus;

9. Appelle tous les États Membres agissant à titre national ou dans le cadre d’organismes ou d’arrangements régionaux à fournir une assistance, notamment pour toute autorisation de survol nécessaire, en vue de l’application des paragraphes 4, 6, 7 et 8 ci-dessus;

10. Prie les États Membres concernés de coordonner étroitement leur action entre eux et avec le Secrétaire général s’agissant des mesures qu’ils prennent pour mettre en œuvre les paragraphes 4, 6, 7 et 8 ci-dessus, notamment les mesures pratiques de suivi et d’approbation de vols humanitaires ou d’évacuation autorisés;

11. Décide que les États Membres concernés devront informer immédiatement le Secrétaire général et le Secrétaire général de la Ligue des États arabes des mesures prises en vertu des pouvoirs qu’ils tirent du paragraphe 8 ci-dessus et notamment soumettre un concept d’opérations;

12. Prie le Secrétaire général de l’informer immédiatement de toute mesure prise par les États Membres concernés en vertu des pouvoirs qu’ils tirent du paragraphe 8 ci-dessus et de lui faire rapport dans les sept jours et puis tous les mois sur la mise en œuvre de la présente résolution, notamment pour ce qui est de toute violation de l’interdiction de vol imposée au paragraphe 6 ci-dessus;

Application de l’embargo sur les armes

13. Décide que le paragraphe 11 de la résolution 1970 (2011) sera remplacé par le paragraphe suivant :  » Demande à tous les États Membres, en particulier aux États de la région, agissant à titre national ou dans le cadre d’organismes ou d’arrangements régionaux, afin de garantir la stricte application de l’embargo sur les armes établi par les paragraphes 9 et 10 de la résolution 1970 (2011), de faire inspecter sur leur territoire, y compris dans leurs ports maritimes et aéroports et en haute mer, les navires et aéronefs en provenance ou à destination de la Jamahiriya arabe libyenne, si l’État concerné dispose d’informations autorisant raisonnablement à penser que tel chargement contient des articles dont la fourniture, la vente, le transfert et l’exportation sont interdits par les paragraphes 9 ou 10 de la résolution 1970 (2011), telle que modifiée par la présente résolution; s’agissant notamment de mercenaires armés, prie tous les États de pavillon ou d’immatriculation de ces navires et aéronefs de coopérer à toutes inspections et autorise les États Membres à prendre toutes mesures dictées par la situation existante pour procéder à ces inspections « ;

14. Prie les États Membres qui prennent des mesures en haute mer par application du paragraphe 13 ci-dessus de coordonner étroitement leur action entre eux et avec le Secrétaire général et prie également l’État concerné d’informer immédiatement le Secrétaire général et le Comité créé conformément au paragraphe 24 de la résolution 1970 (2011) ( » le Comité « ) des mesures prises en vertu des pouvoirs conférés par le paragraphe 13 ci-dessus;

15. Demande à tout État Membre qui procède à titre national ou dans le cadre d’un organisme ou d’un arrangement régional à une inspection, en application du paragraphe 13 ci-dessus, de présenter au Comité par écrit et sans délai un rapport initial exposant en particulier les motifs de l’inspection et les résultats de celle-ci et indiquant s’il y a eu coopération ou non et, si des articles dont le transfert est interdit ont été découverts, demande également audit État Membre de présenter par écrit au Comité, à une étape ultérieure, un rapport écrit donnant des précisions sur l’inspection, la saisie et la neutralisation, ainsi que des précisions sur le transfert, notamment une description des articles en question, leur origine et leur destination prévue, si ces informations ne figurent pas dans le rapport initial;

16. Déplore les flux continus de mercenaires qui arrivent en Jamahiriya arabe libyenne et appelle tous les États Membres à respecter strictement les obligations mises à leur charge par le paragraphe

9 de la résolution 1970 (2011) afin d’empêcher la fourniture de mercenaires armés à la Jamahiriya arabe libyenne;

Interdiction des vols

17. Décide que tous les États interdiront à tout aéronef enregistré en Jamahiriya arabe libyenne, appartenant à toute personne ou compagnie libyenne ou exploité par elle, de décoller de leur territoire, de le survoler ou d’y atterrir, à moins que le vol ait été approuvé par avance par le Comité ou en cas d’atterrissage d’urgence;

18. Décide que tous les États interdiront à tout aéronef de décoller de leur territoire, d’y atterrir ou de le survoler s’ils disposent d’informations autorisant raisonnablement à penser que l’aéronef en question contient des articles dont la fourniture, la vente, le transfert ou l’exportation sont interdits par les paragraphes 9 et 10 de la résolution 1970 (2011), telle que modifiée par la présente résolution, notamment des mercenaires armés, sauf en cas d’atterrissage d’urgence;

Gel des avoirs

19. Décide que le gel des avoirs imposé aux paragraphes 17, 19, 20 et 21 de la résolution 1970 (2011) s’appliquera aux fonds, autres avoirs financiers ou ressources économiques se trouvant sur le territoire des États Membres qui sont détenus ou contrôlés, directement ou indirectement, par les autorités libyennes, désignées comme telles par le Comité, ou par des personnes ou entités agissant pour son compte ou sous ses ordres, ou par des entités détenues ou contrôlées par eux et désignées comme telles par le Comité, et décide également que tous les États devront veiller à empêcher leurs nationaux ou toute personne ou entité se trouvant sur leur territoire de mettre des fonds, autres avoirs financiers ou ressources économiques à la disposition des autorités libyennes, désignées comme telles par le Comité, des personnes ou entités agissant pour son compte ou sous ses ordres, ou des entités détenues ou contrôlées par eux et désignées comme telles par le Comité, ou d’en permettre l’utilisation à leur profit et demande au Comité de désigner ces autorités, personnes et entités dans un délai de 30 jours à dater de l’adoption de la présente résolution et ensuite selon qu’il y aura lieu;

20. Se déclare résolu à veiller à ce que les avoirs gelés en application du paragraphe 17 de la résolution 1970 (2011) soient à une étape ultérieure, dès que possible, mis à la disposition du peuple de la Jamahiriya arabe libyenne et utilisés à son profit;

21. Décide que tous les États exigeront de leurs nationaux et ressortissants et des sociétés sises sur leur territoire ou relevant de leur juridiction de faire preuve de vigilance dans leurs échanges avec des entités enregistrées en Jamahiriya arabe libyenne ou relevant de la juridiction de ce pays, ou toute personne ou entité agissant pour leur compte ou sous leurs ordres, et avec des entités détenues ou contrôlées par elles si ces États ont des raisons de penser que de tels échanges peuvent contribuer à la violence ou à l’emploi de la force contre les civils;

Désignation

22. Décide que les personnes désignées à l’annexe I tombent sous le coup de l’interdiction de voyager imposée aux paragraphes 15 et 16 de la résolution 1970 (2011) et décide également que les personnes et entités désignées à l’annexe II sont visées par le gel des avoirs imposé aux paragraphes 17, 19, 20 et 21 de la résolution 1970 (2011);

23. Décide que les mesures prévues aux paragraphes 15, 16, 17, 19, 20 et 21 de la résolution 1970 (2011) s’appliqueront aussi à toutes personnes et entités dont le Conseil ou le Comité ont établi qu’elles ont violé les dispositions de la résolution 1970 (2011), en particulier ses paragraphes 9 et 10, ou qu’elles ont aidé d’autres à les violer;

Groupe d’experts

24. Prie le Secrétaire général de créer, pour une période initiale d’un an, en consultation avec le Comité créé par la résolution 1970 (2011) (le  » Comité « ), un groupe de huit experts au maximum (le  » Groupe d’experts « ) qui sera placé sous la direction du Comité et s’acquittera des tâches suivantes :

a) Aider le Comité à s’acquitter de son mandat, tel que défini au paragraphe 24 de la résolution 1970 (2011) et de la présente résolution;

b) Réunir, examiner et analyser des informations provenant des États, d’organismes des Nations Unies compétents, d’organisations régionales et d’autres parties intéressées concernant l’application des mesures édictées dans la résolution 1970 (2011) et dans la présente résolution, en particulier les violations de leurs dispositions;
c) Faire des recommandations sur les décisions que le Conseil, le Comité ou les États pourraient envisager de prendre pour améliorer l’application des mesures pertinentes;
d) Remettre au Conseil un rapport d’activité au plus tard 90 jours après sa création, et lui remettre un rapport final comportant ses conclusions et recommandations au plus tard 30 jours avant la fin de son mandat;

25. Engage instamment tous les États, les organismes compétents des Nations Unies et les autres parties intéressées à coopérer pleinement avec le Comité et avec le Groupe d’experts, notamment en leur communiquant toutes informations à leur disposition sur l’application des mesures édictées par la résolution 1970 (2011) et par la présente résolution, en particulier les violations de leurs dispositions;

26. Décide que le mandat du Comité, tel que défini au paragraphe 24 de la résolution 1970 (2011), s’étendra aux mesures prévues par la présente résolution;

27. Décide que tous les États, y compris la Jamahiriya arabe libyenne, prendront les mesures nécessaires pour s’assurer qu’aucune réclamation ne soit instruite à l’initiative des autorités libyennes ou de toute personne ou entité de la Jamahiriya arabe libyenne ou par toute personne déclarant agir par leur intermédiaire ou pour leur compte en liaison avec tout contrat ou autre transaction dont la réalisation aura été affectée en raison des mesures imposées par sa résolution 1970 (2011), par la présente résolution ou par d’autres résolutions connexes;

28. Réaffirme qu’il entend continuer de suivre les agissements des autorités libyennes et souligne qu’il est disposé à revoir à tout moment les mesures imposées par la présente résolution et par la résolution 1970 (2011), y compris à les renforcer, les suspendre ou les lever, selon que les autorités libyennes respectent les dispositions de la présente résolution et de la résolution 1970 (2011);

29. Décide de rester activement saisi de la question.

Non à l’agression impérialiste en Libye ! (Comité Valmy)

A la majorité de 10 voix contre 5 abstentions, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté le 17 mars, une résolution sur la Libye prévoyant notamment la création d’une zone d’exclusion aérienne sur ce pays, afin de mettre fin aux bombardements des sites tenus par les opposants armés, au colonel Kadhafi. Les cinq abstentions à cette résolution belliciste qui ouvre la voie à des frappes aériennes sur le sol libyen, sont celles de la Russie, de la République populaire de Chine, de l’Allemagne, de l’Inde et du Brésil.

Cette résolution a été initiée par la France officielle, les Etats-Unis, la Grande Bretagne et le Liban. Dans notre pays, elle est approuvée par les partis vassalisés dogmatiquement favorables à l’Europe atlantiste de l’UMPS aux verts en passant par le Parti de Gauche du social démocrate formaté par le trotskisme, Jean Luc Mélenchon qui revendique d’être le candidat du Front de Gauche, lors de la prochaine élection présidentielle.

Le Comité Valmy estime que les Français dans leur grande majorité sont hostiles à cette nouvelle aventure guerrière dont le caractère impérialiste ne peut être masqué par l’alibi de la guerre à objectif humanitaire. Nous dénonçons ce nouvel exemple du caractère aventureusement belliciste, atlantiste et pro sioniste du gouvernement compradore de notre pays. Nous soulignons que les forces authentiquement populaires engagées dans la lutte contre Kadhafi ont, à plusieurs reprises exprimé leur opposition à toute intervention extérieure.

Nous déplorons de constater que le président de la République aie cru pouvoir engager la France dans cette funeste croisade contre le même Kadhafi à qui, à peine élu, il s’empressait de proposer des avions Rafale et une centrale nucléaire EPR (productrice de déchet de plutonium recyclable à des fins militaires). Comment se seraient déroulées la « révolutions arabes » qu’il prétend maintenant soutenir si les USA n’avait pas interdit la vente des Rafales et l’AIEA la vente de la centrale EPR ?

En affirmant qu’il est urgent de désarmer Kadhafi à qui il était prêt à livrer les fleurons des technologies militaires et nucléaires, Nicolas Sarkozy fait accessoirement la démonstration de sa dangereuse incompétence. Dont acte.

Nous remarquons que cette soudaine précipitation à vouloir bombarder un pays à qui l’Union européenne et la France voulaient encore, il y a quelques semaines, fournir du matériel et une assistance pour réprimer les mouvements de foules, coïncide avec de troublantes révélations sur le financement de la campagne électorale de 2007.

Le Comité Valmy exprime son étonnement face à l’attitude passive de pays comme la République populaire de Chine ou la Russie qui une fois de plus ont cédé aux pressions impérialistes en n’utilisant pas leur droit de veto lors du vote au Conseil de sécurité ainsi qu’ils l’avaient semble t-il envisagé dans un premier temps. Cette attitude hésitante et conciliatrice face à l’agressivité impérialiste porte à terme, contre ces même pays, la probabilité qu’ils seront à plus ou moins longue échéance, les victimes de la politique d’agression et de guerre des dirigeants états-uniens et de leurs vassaux de l’OTAN.

L’intérêt des peuples est de ne pas se laisser leurrer par les manipulations politico médiatiques relatives au prétendu droit d’ingérence « humanitaire » qui n’a pour objectif que de supprimer le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. A Bahreïn les troupes saoudiennes massacrent les insurgés sans que cela préoccupe le moins du monde nos grands humanistes. C’est que le royaume de Bahreïn, cet archipel du golfe Persique est d’une importance stratégique pour Washington, qui y a basé le quartier général de sa Ve flotte, chargée de surveiller les routes maritimes empruntées par les pétroliers, de soutenir les opérations en Afghanistan.

Outre qu’il ambitionne de mettre la main sur les richesses en pétrole de la Libye, Obama qui a repris à son compte la stratégie de son sinistre prédécesseur G W Bush, est décidé à développer la stratégie de grand Moyen-Orient et de recomposer l’hégémonie américaine de puis l’Afrique jusqu’en Afghanistan, ans oublier des pays comme l’Indonésie.

La solidarité avec le peuple libyen ne passe pas par l’intervention militaire de l’impérialisme ou l’établissement d’une nouvelle base américaine en Libye.

Le Bureau national du Comité Valmy

Paris le 18 mars 2011

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1278