Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: mars 22, 2011

BENIN – Adrien HOUNGBEDJI: Je suis le candidat que les béninois ont élu Président de la République

Mes chers compatriotes,

Il y a de cela exactement 5 ans, à l’issue des élections présidentielles organisées dans notre pays en mars 2006, j’ai été le premier à intervenir devant les médias pour adresser un message de félicitation à Yayi Boni déclaré vainqueur.

Je l’ai fait à peine 15 minutes après la proclamation des résultats par la Cour Constitutionnelle, à la surprise d’une bonne partie de l’opinion publique nationale, créant ainsi dans notre pays et même dans notre sous-région, un précédent qui honore notre démocratie.

Je l’ai fait pour deux raisons essentielles qu’il me plait d’évoquer aujourd’hui.

Je l’ai fait d’abord parce que homme de paix, j’ai voulu étouffer dans l’œuf les signaux de colère et de frustration lancés par une partie de la population, dont certains étaient encouragés en sous mains, à contester les résultats.

Je l’ai fait ensuite parce que démocrate par conviction et non par opportunisme, il m’était apparu à l’analyse de toutes les opérations pré et post électorales, que malgré les imperfections du système, le scrutin était juste et transparent et que les résultats étaient conformes au choix des électeurs: ma volonté de voir se poursuivre le processus démocratique dans lequel notre pays s’est engagé en 1990, a prévalu sur toute autre considération.

Je reste un homme de paix et je reste un démocrate de conviction. Et encore une fois, mes convictions ont été forgées dans les épreuves, et non dans le confort douillet des bureaux climatisés ou dans l’opportunité des alliances matrimoniales.

Il n’y a de paix que dans la justice, il n’y a de démocratie que dans la transparence et la sincérité.

Le scrutin du 13 mars 2011 a été un scrutin injuste dans toutes ses phases, depuis la constitution de la liste électorale jusqu’à la proclamation des résultats: exclusion de plusieurs centaines de milliers de Béninois du droit de vote, inacceptable au point que le Chef de l’Etat a présenté des plates et inutiles excuses.

Organisation de fraudes massives allant des faux bulletins, jusqu’aux bureaux de vote fictifs et à la livraison de camions d’enveloppes de dépouillement hors délai et non scellés.

Dépouillement des bulletins et compilation des résultats sans aucun soucis de transparence, le Président de la CENA étant devenu un appendice de la Présidence.

Les résultats proclamés par la Cour Constitutionnelle et entérinant tout ce qui précède, ne sont qu’une preuve supplémentaire du grand complot ourdi contre la démocratie dans notre pays.

Jamais je n’accepterai ces résultats. Je les rejette comme nuls et non avenus. Ce combat n’est pas celui d’un homme. A l’étape actuelle de mon existence, il s’agit pour moi de servir, de défendre des valeurs qui nous sont chères, ce combat est celui de notre peuple contre la liquidation programmée de la démocratie.

J’ai gagné cette élection. Je suis le Président élu des Béninois.

J’ai d’ores et déjà pris des initiatives, en concertation avec les responsables de l’UN, pour qu’ensemble nous en tirions les conséquences.

J’invite tous les partis politiques et alliances de partis, tous les candidats, tous les syndicats, toutes les organisations de la société civile, tous les électeurs, tous les Béninois à s’opposer par tous les moyens à leur portée, à la liquidation des acquis de la Conférence Nationale.

Vive la démocratie !

Vive le Bénin !

Adrien HOUNGBEDJI

Président élu du Bénin

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Coup d’Etat au Bénin : Silence on étouffe

Camions de militaires, chars d’assaut dans la Capitale, état de siège et couvre-feu. Bizarre, vous avez dit bizarre ? Journaux interdits, télévision sous contrôle, on n’entend pas la «Communauté internationale» à propos du putsch qui vient d’avoir lieu au Bénin. Silence, on étouffe la presse.

Alors que tous les membres, sauf un, de la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA) déclarent vainqueur du 1er tour l’avocat Adrien HOUGNBEDJI, le Président YAYI se fait, contre toute attente, proclamer vainqueur au 1er tour par Joseph Gnonlonfoun, le seul Président de la Commission Electorale, contredit par tous les autres membres.

Listes électorales absentes, bureaux de votes fictifs, bulletins de vote tamponnés en bleu alors que c’es un tampon rouge qui devait être utilisé, bulletins de l’année 2006, cantines de bulletins de vote non scellées ni cadenassées, intervention de l’armée … Impossible de faire 200 mètres sans trouver un groupe de militaires ou de gendarmes, armes au poing.

Si ce n’est pas un coup d’Etat, comme cela lui ressemble !!!

Mais, ce qui étonne, ce n’est pas tant le passage en force de Monsieur YAYI que le silence de la «Communauté internationale» qui semble considérer le Bénin comme une brousse inculte.

Et du côté de la France, on aurait pu avoir un avis d’un ancien ministre, titulaire d’un passeport Béninois, Monsieur Brice Hortefeux en personne, qui ne peut tout de même rester insensible à ce qui se passe dans cette ancienne colonie française où Monsieur Bolloré a obtenu un contrat juteux pour l’extension du port de Cotonou.

Il nous tarde que la presse libre française, par solidarité avec celle qui est muselée au Bénin, permette la libre expression de l’information dans ce pays où même RFI a été interdite d’émettre.

La fable du «Maître singe»

Une parabole chinoise de Liu-Ji, datant du XIVe siècle,

illustre bien ce coup de force du dictateur Boni Yayi au Bénin:

Dans l’État féodal de Chu, un vieillard survivait

en gardant des singes à son service. Les gens

l’appelaient « Ju gong » (Maître singe).

Chaque matin, le vieil homme rassemblait les singes

dans sa cour et donnait l’ordre à l’aîné d’emmener

les autres dans la montagne ramasser des fruits

sur les arbres et dans les buissons. La règle

exigeait que chaque singe donne le dixième de sa

récolte au vieillard, et ceux qui ne le faisaient pas

étaient violemment fouettés. Tous les singes en

souffraient mais n’osaient s’en plaindre.


Un jour, un jeune singe s’adressa aux autres : « Le

vieil homme a-t-il planté tous les fruitiers et

buissons ? » Les autres répondirent : « Non, ils ont

poussé naturellement. » Le jeune singe insista :

« Ne pouvons-nous pas prendre les fruits sans la

permission du vieil homme ? » Les autres répondirent:

« Si, nous pouvons tous le faire. » Le jeune

singe continua : « Alors pourquoi devons-nous

dépendre du vieil homme ; pourquoi devons-nous

tous le servir ? »

Avant que le petit singe ne finisse sa phrase, tous

les autres avaient compris et s’éveillaient.

La nuit même, s’assurant que le vieil homme était

endormi, les singes détruisirent l’enclos dans lequel

ils étaient confinés. Ils prirent les fruits que le vieil

homme avait emmagasinés et les emportèrent

dans la forêt pour ne jamais en revenir. Le vieil

homme finit par mourir de faim.

Yu-zu-li conclut : « Certains hommes, dans le

monde, dominent leur peuple par l’imposture et

non pas par la justice. Ne sont-ils pas comme le

Maître singe ? Ils ne se rendent pas compte de

leur confusion d’esprit. Dès que leur peuple

comprend la chose, leurs ruses ne fonctionnent

plus. »

Cette histoire, « La règle par la ruse », vient de Yu-li-zi pseudonyme

de Liu Ji (1311-1375).

UNDB

Face au coup d’état de Boni Yayi, le P.C.B. appelle à la révolution

DECLARATION AU POINT DE PRESSE DU 21 MARS 2011

Mesdames et messieurs les Journalistes

Travailleurs de toutes catégories,

Chers camarades,

Chers concitoyens,

DOSSOU Robert au nom de la Cour Constitutionnelle comme il fallait s’y attendre, à la suite de GNONLONFOUN Joseph, Président de la CENA, vient de donner, au petit matin de ce jour 21 Mars, les résultats «provisoires» des élections présidentielles du 13 Mars 2011. Et sans surprise, il donne YAYI Boni gagnant au premier tour avec plus de 53% du suffrage. Ce matin, un silence de mort plane sur les maisons, les rues et les villages de notre chère patrie.

Dans une déclaration, intitulée «A propos des résultats des élections présidentielles annoncés par le Président de la CENA» en date du 19 mars, le Parti Communiste du Bénin écrit: «On annonçait un hold-up électoral de la part de Boni YAYI. Ce hold-up a eu lieu avec un scrutin frauduleux sans liste électorale fixée, sans liste des bureaux de vote. Ce hold-up a été conclu par un coup d’Etat électoral en règle. Les prérogatives de la CENA ont été confisquées par Joseph GNONLONFOUN, son Président qui, sans plénière et contre la volonté des membres, (refugié une première fois dans son bureau et une seconde fois dans sa maison) a publié la «synthèse des résultats». Boni YAYI est proclamé élu au 1er tour avec plus de 53% des voix…

Ce qui restait encore des conquêtes démocratiques sauvegardées malgré les péripéties depuis près de 20 ans vient de recevoir un coup. Un voile noir enveloppe notre pays. Dès l’annonce des résultats, les rues se sont vidées ainsi que les bars-restaurants. Les lumières se sont éteintes dans les maisons. Le peuple est comme frappé de stupeur face à l’entêtement criminel de Boni YAYI à passer en force et contre toute logique. La fierté du peuple est piétinée. La dignité du pays jetée à terre. On a honte d’être béninois. Surtout lorsque l’on va jusqu’à nous faire dicter le comportement à suivre par le Président d’un pays frère et voisin qui, face à l’imposture programmée, vous demande de la «boucler.»

A propos de cette visite du Président du Nigeria et des propos insultants tenus par lui, je tiens à dire que Boni YAYI, en se taisant, voire en acquiesçant de la tête, a trahi son serment de défendre la dignité et la souveraineté de notre patrie. Il ne mérite pas de continuer de nous diriger.

Depuis le samedi, nos analyses se sont renforcées par les faits rapportés par ci par-là. Je parle ainsi des révélations faites par cinq membres dissidents de la CENA et qui précisent le contour du coup d’Etat électoral opéré par GNONLONFOUN Joseph. Je veux parler de l’information donnée par GNONLONFOUN Joseph selon laquelle il venait de disperser la CENA après avoir transmis les résultats qu’il a annoncés «après dépouillement de 86 % environ des bulletins de vote à la Cour Constitutionnelle». Dans cette prestation pour le moins piteuse, GNONLONFOUN Joseph donne, (pour la première fois) un taux de participation de 88,81%. Alors, un taux de participation par rapport à quel effectif d’inscrits connus d’avance ? Dans la division des tâches, GNONLONFOUN Joseph a ainsi joué sa partition et peut se dire «mission accomplie». Il laisse la place à la Cour de DOSSOU Robert pour parachever l’œuvre pour le camp YAYI. Ce fut chose faite aussitôt et dans la nuit profonde du dimanche à ce jour, Robert DOSSOU a achevé l’œuvre retenue d’accord parties. Robert DOSSOU.dit que la proclamation est provisoire et ne sera définitive qu’après la décision sur les contestations éventuelles des candidats à l’élection du 13 mars 2011.

Mais, la Cour de Robert DOSSOU nous montre dans la décision proclamant les résultats provisoires, le sort réservé aux contestations éventuelles à venir. Ainsi, traitant des recours de membres de la CEC OUESSE relatives aux fraudes constatées par eux et par huissier, il dit ce qui suit: «Considérant que les requérants produisent à l’appui de leurs allégations les feuilles de dépouillement des votes…par exploit d’huissier…; que les faits relatés dans la lettre de dénonciation n’ont pas été constatés par l’huissier instrumentaire lui-même et ne sauraient donc être considérés comme une preuve suffisante de fraude électorale; qu’en conséquence leur requête doit être rejetée». Alors, pour qu’une preuve de fraude puisse être acceptée par le Seigneur DOSSOU, il faut que le requérant ait pu disposer en permanence d’huissier qui attrape lui-même le fraudeur au moment de la commission de la fraude. Il n’y a que 28 huissiers au Bénin. Autant dire que les fraudeurs ne seront jamais attrapés au pays de Robert DOSSOU et les recours sont inutiles et illusoires car d’avance rejetés.

Un grand défi vient d’être lancé à notre peuple par YAYI Boni, ses alliés et ses parrains de l’Union Européenne et du PNUD.

Face à cette situation que faire? Mon Parti, le PCB dans sa déclaration ci-dessus mentionnée en date du 19 mars a appelé tout le peuple béninois à la résistance. «Le Parti Communiste du Bénin appelle toutes les forces politiques, sociales, économiques, religieuses, militaires attachées à la démocratie, à la dignité du pays et à la paix véritable à s’opposer au hold-up et au coup d’Etat électoral de Boni YAYI et de Joseph GNONLONFOUN… Les descendants de Bio GUERRA, GBEHANZIN, KABA, Saka YERIMA, TOFFA ne peuvent accepter de courber l’échine devant l’imposture. Il faut résister ! Il faut dire NON ! Il faut rejeter ces élections comme nulles et non avenues et créer les conditions d’une autre gouvernance dans le pays».

J’ai suivi la déclaration de Adrien HOUNGBEDJI notamment lorsqu’il dit «Notre peuple ne renoncera pas à ce qu’il a conquis au prix de luttes héroïques, pour tomber dans la servitude de trafiquants d’élections et d’un despote… YAYI Boni pense assassiner la démocratie dans notre pays… YAYI Boni s’est trompé».

J’ai suivi la déclaration du Coordonnateur de l’Union fait la Nation, Antoine Kolawolé IDJI qui «rejette catégoriquement» les résultats du camp YAYI annoncés par GNONLONFON Joseph. J’ai enfin suivi la déclaration de la Coalition ABT qui exige l’annulation pure et simple du scrutin du 13 Mars 2011. J’ai suivi les déclarations de Christian Enoch LAGNIDE qui se dit profondément déçu des comportements de ses aînés et appelant le peuple à une révolte positive..

J’ai suivi depuis lors ces différentes prises de positions qui vont dans le même sens et je m’en félicite. Je leur dis même bravo !

Mais, on ne peut pas taire leurs hésitations, leur volte-face à donner le vertige au peuple et à le désorienter, leur irrésolution ajoutée à la souillure par les billets de banque qui ont conduit le peuple dans le doute, le désarroi et l’apathie. Qu’ils comptaient peut-être sur leur tour de passe-passe, mais ils doivent reconnaître aujourd’hui qu’au hitparade de la fraude, Boni YAYI est champion. A chaque étape de la fraude, on sentait la jeunesse révoltée même aux bases des partis haut-bourgeois. Mais à chaque fois, les Chefs montaient au créneau pour dire «restez calmes et sereins par amour de la patrie»; comme si le patriotisme était la couardise, l’acceptation de l’inacceptable, la peur du sacrifice. NON! il faut oser dire à notre jeunesse, il faut résister.

Oui, il faut résister contre l’imposture et la tyrannie; il faut rejeter le pouvoir illégitime et illégal qui veut se maintenir par la fraude massive et la force. Dans la défense de ces valeurs cardinales de l’individu et des peuples que sont la dignité, la liberté, la fierté, le patriotisme, aucun sacrifice n’est trop grand.

Et pour aller de l’avant, il faut rejeter les flottements, les hésitations, les tergiversations, les compromissions dictés par des intérêts égoïstes. Il faut rejeter les calomnies contre les communistes et reconnaître humblement dans les faits, avec les masses, que pour venir à bout d’un pouvoir arrogant et fraudeur comme celui de Boni YAYI, il n’y a rien de tel que la détermination et la rigueur des combattants révolutionnaires. Je voudrais enfin dire que pour aller de l’avant, il faut combattre et rejeter la propagande contre l’esprit de sacrifice, mais au contraire glorifier et promouvoir l’esprit de sacrifice et ce à travers les anciens et actuels combattants qui se sacrifient. Il faut rejeter les discours hypocrites sur la paix et la légalité.

Je dis et redis qu’aucune Constitution, aucune Loi, aucun Destin n’oblige les travailleurs et les peuples à subir un Président illégitime et illégal.

En ces moments graves de notre histoire, où le destin de tout un peuple peut basculer dans l’abîme, j’appelle toutes les forces politiques, sociales, économiques, religieuses, militaires attachées à la démocratie, à la dignité du pays et à la paix et au développement réel de notre pays à s’unir dans le combat pour sauver la patrie mise en danger par le fait d’un pouvoir aussi entêté dans le crime que celui de YAYI Boni. J’appelle en particulier les dirigeants des partis politiques de l’Opposition (UN et ABT, et les autres candidats à ces élections présidentielles), à organiser par tous les moyens la résistance.

Je dis en particulier aux Responsables de Confédérations et fédérations syndicales des travailleurs, aux Responsables d’Organisations des jeunes, d’élèves et d’étudiants, des femmes, des paysans, de défense des droits humains: depuis plus de six mois, avant et pendant les élections, vous avez opposé une résistance héroïque au dictateur Boni YAYI. C’était bien, mais cela n’a pas été suffisant pour le défaire. Il faut plus, encore plus d’héroïsme et de détermination. L’héroïsme de l’homme qui chaque jour se lève, malgré les coups, les calomnies et les mensonges, les échecs temporaires et qui dit: je vais gagner. C’est pourquoi, je vous appelle, ainsi que tous ceux qui se reconnaîtront dans vos combats à poursuivre les luttes jusqu’à la formation à terme d’un Gouvernement de Salut National de Transition pour l’organisation d’élections crédibles et transparentes au Bénin, gage de l’expression de la souveraineté du peuple et le départ véritable pour notre développement.. Citoyen béninois, ne courbe pas la tête! Lève le front haut.

D’ores et déjà, je lance un appel à la désobéissance civile.

Au même titre que De Gaulle dans son Message du 18 Juin 1940 après l’occupation de la France par les forces nazies déclare: «La France a perdu une bataille, mais pas la guerre»; au même titre qu’un de nos Rois déclare «Le Dahomey a trébuché mais n’est pas tombé», je dis au peuple, béninois «Le peuple du Bénin a trébuché, mais n’est pas tombé».

Alors Enfants du Bénin debout !

Vive la Révolution !.

Philippe NOUDJENOUME

Premier Secrétaire du PCB

Candidat aux élections présidentielles 2011.

BENIN : Les femmes disent NON à l’imposition de Boni Yayi comme Président

Communiqué aux femmes

NON A L’IMPOSITION DE YAYI BONI COMME PRESIDENT PAR GNONLONFOUN JOSEPH ET DOSSOU ROBERT

Les femmes du Bénin viennent de se réveiller avec la confirmation par Robert DOSSOU, président de la cour des miracles, du coup d’état électoral de Joseph GNONLONFOUN, président de la CENA. Les femmes du Bénin savent que Boni YAYI vient ainsi d’être confirmé à la tête de notre Etat dans un acte d’imposture.

En effet, Les élections présidentielles actuelles ont été émaillées du début jusqu’à la fin par fraude: une LEPI à marche forcée, cafouillage indescriptible dans la distribution des cartes, manipulation en parallèle par le président sortant de bulletins et de cachets, etc. C’est pour valider tout cela tel quel que le président de la CENA a perpétré son coup d’Etat électoral que la Cour Constitutionnelle de Robert DOSSOU n’a eu qu’à confirmer.

La fraude était donc le seul recours de Boni YAYI quand on sait les nombreux crimes et scandales économiques qui ont jalonné son premier règne. Les femmes se souviennent encore de leur époux et fils enlevé Pierre Urbain DANGNIVO, depuis le 17 août 2010. Elles continuent de souffrir le martyre de l’escroquerie nationale planifiée par cet homme et ses acolytes contre tout le peuple en général et elles en particulier; escroquerie nationale connue sous le nom de ICC services et consorts. Elles se souviennent encore des autres scandales (CEN-SAD, machines agricoles, avion présidentiel).

Malgré tout ce passif social, économique et politique, imposer à nouveau ce tyran à la tête de notre pays, c’est mépriser totalement les sacrifices que notre peuple a consentis pour arracher les semi-libertés dont nous jouissons aujourd’hui. C’est inadmissible tout court.

Nous avons le devoir historique à l’instar des femmes de Tunisie et d’Egypte de dire: YAYI dégage! DOSSOU, dégage! GNONLONFOUN, dégage. Vous êtes des détourneurs de la souveraineté populaire. Que Boni YAYI sache que les intimidations du Président du Nigéria GOODLUCK Jonathan, sont vaines et ne peuvent lui épargner la colère populaire. Et ce, d’autant que ces intimidations proférées sans la moindre réserve en sa présence établit un acte notoire d’apatridie qui a consisté en l’invitation par lui du président d’un pays voisin pour venir piétiner avec sa bénédiction notre souveraineté nationale.

Nous devons nous ceindre les hanches pour participer à tous les combats qui libèrent nos peuples des griffes de ces imposteurs.

C’est pourquoi, le MFLLP invite toutes les femmes indignées à la Bourse du travail le mardi 22 mars 2011 à 8 heures précises pour crier leur ras-le-bol contre le trio imposteur GNONLONFOUN – DOSSOU – YAYI.

Vive la lutte émancipatrice des femmes du Bénin !

Fait à Cotonou, le 21 mars 2011

Pour le BEN/MFLPP

LA PRESIDENTE

Mathurine SOSSOUKPE

Lettre ouverte au peuple béninois, et à tous ceux, de part le monde, qui ont su manquer de courage

Depuis ma fenêtre au Canada, bien loin des conséquences de l’absence de sens civique dont vous avez fait preuve, et qui vous toucherons dans les prochains mois sans que vous ne puissiez plus rien faire, je regarde le train-train d’un pays qui fut une ex-colonie britannique dont l’équivalent de la Cour Constitutionnelle n’a été rapatriée de Londres que depuis peu de temps. Un pays qui n’a jamais colonisé ni exploité le Continent Africain et qui s’est bâti sur le courage et l’esprit pionnier de ses habitants. Des hommes fiers qui n’hésitent jamais devant l’adversité ont érigé de leurs mains la puissance et l’économie saine de ce pays, celui que j’appelle «chez moi».

Qu’y vois-je? Malgré des imperfections, quelques scandales et des situations parfois caucasses, ce qui est le pain quotidien de n’importe quelle entreprise humaine, on peut dire que la démocratie règne, que l’on ne craint pas de manquer de nourriture au point que l’on finisse par acheter des produits amincissants pour ne pas succomber de notre «trop-manger».

Dehors, la sécurité, dedans le confort, et cela malgré un climat rude alternant entre un hiver glacial et un été brulant. Et vous, que voyez vous de votre fenêtre ?… cette réponse vous appartient mais de grâce n’y voyez pas le résultat d’une colonisation qui serait la cause de tous vos maux, car nous fument comme vous colonisés, nous dument comme vos ancêtres gagner notre liberté et notre indépendance mais au contraire de la tragédie qui se joue sous vos fenêtres, nous avons su la conserver et la transformer en succès.

Pourtant, il fut un temps où vous étiez une source d’inspiration pour tout amoureux de la liberté, un temps où les opprimés de l’Afrique vous percevez comme une lumière au milieu des ténèbres, comme un objectif à atteindre. Et pourtant….

Pourtant, devant le plus grotesque des spectacles vous baissez la tête; Pourtant devant le simulacre, d’ailleurs fort mal joué, d’un retour en arrière vous détournez les yeux. Pourtant, devant la difficulté de vos compatriotes vous fermez votre cœur. Et ainsi, vous tournez le dos aux sacrifices que vos aïeux ont consenti pour vous assurer une existence digne.

Pourtant, lorsque vous lirez ces lignes et que votre conscience vous interpellera vous la ferez taire et commencerez à prier pour que les conséquences de ce silence touchent vos voisins plutôt que vous.

Voila donc le pourquoi de cet échec. Alors que vos ancêtres étaient des frères, tous nés d’une même patrie et d’un même combat, vous êtes seuls. Le Bénin, un et indivisible, s’est mu par la force de l’individualisme le plus féroce en Bénin du sud et en Bénin du nord, puis au milieux de ces Bénins se trouvent des régions, dans lesquelles chacun cherche à ce que son village soit le meilleur,… pour en arriver à sa famille comme seul objectif politique. Et voici le résultat, vous voila presque arrivés dans un pays avec deux présidents, sans élection vraiment légitimante et qui force votre petite voix, devenue solitaire, au silence le plus absolu. Ça y est, personne ne vous écoutera plus car vous n’avez rien dit.

Alors que vos ancêtres ont abreuvé de leurs sangs cette terre qui leur était si chère, vous vous contentez d’ignorer leurs cris qui vous appellent à rejeter la dissolution de leurs espoirs. Par votre inaction, vous les avez trahis!

Loin de moi, l’idée ou la volonté de déterminer un vainqueur dans cette triste période qui condamne tout le peuple du Bénin à la honte, car il n’y a plus que des perdants. Loin de moi, l’idée de vous appeler à soutenir l’un de ces perdants car de part votre comportement vous n’êtes plus une Nation; et seules les Nations sont nanties du privilège de soutenir un chef. Je vous appelle par contre à refuser dans votre dernière chance de sursaut patriotique, à refuser d’une voix commune, car c’est la seule qui pourra se faire entendre, que l’on vous impose un chef que vous n’avez pas choisi. Je vous exhorte à rendre à vos ancêtres la fierté qu’on leur a ravie. Je vous exhorte à redevenir une Nation.

À défaut de quoi la prochaine fois que vous défilerez pour fêter votre indépendance, vous marcherez la tête haute mais l’échine courbée. Ce jour là, en vous voyant parader et fêter dans la plus ignoble démonstration de compromission, je rirai et rirai encore probablement pour ne pas en pleurer.

Daniel Guersan.

21/03/2011

BENIN : Point de vue de Jérôme Carlos sur les élections

Personne ne le conteste : les Béninois vivent, en ce moment, le scrutin le plus controversé de leur histoire. La vitalité d’une démocratie, pensent certains, s’apprécie à la tension que celle-ci sait entretenir. Aussi soutiennent-ils que la confrontation des êtres et des choses, au milieu des coups et des cris, est préférable au calme stressant des cimetières.

Le premier tour de l’élection présidentiel, qui a conduit les Béninois aux urnes le 13 mars dernier, réunit les ingrédients d’une élection  tam-tam au son discordant, dans une démocratie naguère flamboyante mais qui commence malheureusement à perdre de son lustre. Toutes les étapes de ce scrutin ont enregistré de graves discordances et dissonances. Une vraie cacophonie. Ces diverses étapes rendent  compte moins de la vitalité d’une démocratie que de l’évolution tragique d’un mal mortel. En effet, la prolifération anarchique des cellules, détruisant les tissus voisins, n’est  pas  signe de bonne santé. C’est ce par quoi se diagnostique un cancer.

Nous sommes formels : toutes les étapes de ce scrutin présidentiel ont montré  et montrent des failles inquiétantes. C’est à douter de notre capacité à poursuivre, chez nous, la construction d’une démocratie modèle. Il est plus juste de parler d’une marche à reculons sur les sentiers cahoteux d’un avenir sombre et incertain.

La première étape est celle de la mise en place de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) et du vote des lois électorales particulières. Malheureuse partie de pingpong entre le Parlement et la Cour constitutionnelle. L’un s’applique à voter des lois que l’autre s’évertue à  casser. Une  passe d’armes entre deux institutions de la République. Les   causes de cette mésentente cordiale resteront inconnues du bon peuple. Pourtant, c’est en son nom qu’on se bat, qu’on dit défendre les intérêts..

La Lépi, est un gâchis. N’ayons guère peur des mots. Nous l’attendions comme une libération. Mais elle nous a plutôt bouclés à plusieurs tours dans la prison de la fraude, dans le cachot infect des irrégularités. Toutes ces déviances ont la vertu diabolique de transformer nos élections en des exercices  ridicules et peu intelligents. C’est ainsi que les saints vont en enfer et que les voyous se retrouvent au paradis. La lépi n’a pas été la solution. Elle se révèle un problème, sinon le problème.

La deuxième grande étape de nos élections est celle relative à la campagne électorale. En lieu et place des catalogues de vœux pieux que les différents candidats, disposés en rang d’oignon, débitent comme des robots, nous aurions préférés la confrontation des projets de société. A présenter, à défendre, à argumenter par les candidats eux-mêmes, sous le feu roulant des questions de journalistes avertis. Il faut appeler ceux-ci à arbitrer de vrais duels sur le sol concrets des idées et des engagements des uns et des autres. Que penser, à côté de ces monologues ennuyeux et fastidieux, de l’action corrosive de l’argent ? On a tôt fait de l’utiliser comme l’ultime argument qui a la force de transformer le citoyen-électeur en une marchandise.

L’élection elle-même et tout ce qui l’entoure jusqu’à la proclamation des résultats constituent la dernière étape du scrutin. Sont en vedette, les organes officiels chargés de conduire le processus électoral jusqu’à son terme. La Commission électorale nationale autonome (Céna)  est-elle restée rigoureusement  fidèle au serment prêté par ses membres ? Si c’était le cas, nous aurions fait l’économie de l’impasse où se trouve actuellement plongé le pays, suite à la publication des premières tendances. Un président de Céna qui joue en solo. Des membres de l’institution qui conteste et font entendre un autre son de cloche. Tout cela fait désordre.

Il était une fois un pays, le Bénin. L’on estime ce pays intelligent à maints égards. Mais ce pays, à travers ces cadres notamment, affiche des résultats qui démentent l’intelligence supposée de ces derniers. Ici la réalité dépasse la fiction. Nous avons compris, en effet, que l’intelligence peut servir aussi bien le mal que le bien. A voir ce que nous voyons ces jours-ci, au service de qui et de quoi les Béninois  mettent-ils leur intelligence ? La question mérite d’être posée.