Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Lettre ouverte au peuple béninois, et à tous ceux, de part le monde, qui ont su manquer de courage

Depuis ma fenêtre au Canada, bien loin des conséquences de l’absence de sens civique dont vous avez fait preuve, et qui vous toucherons dans les prochains mois sans que vous ne puissiez plus rien faire, je regarde le train-train d’un pays qui fut une ex-colonie britannique dont l’équivalent de la Cour Constitutionnelle n’a été rapatriée de Londres que depuis peu de temps. Un pays qui n’a jamais colonisé ni exploité le Continent Africain et qui s’est bâti sur le courage et l’esprit pionnier de ses habitants. Des hommes fiers qui n’hésitent jamais devant l’adversité ont érigé de leurs mains la puissance et l’économie saine de ce pays, celui que j’appelle «chez moi».

Qu’y vois-je? Malgré des imperfections, quelques scandales et des situations parfois caucasses, ce qui est le pain quotidien de n’importe quelle entreprise humaine, on peut dire que la démocratie règne, que l’on ne craint pas de manquer de nourriture au point que l’on finisse par acheter des produits amincissants pour ne pas succomber de notre «trop-manger».

Dehors, la sécurité, dedans le confort, et cela malgré un climat rude alternant entre un hiver glacial et un été brulant. Et vous, que voyez vous de votre fenêtre ?… cette réponse vous appartient mais de grâce n’y voyez pas le résultat d’une colonisation qui serait la cause de tous vos maux, car nous fument comme vous colonisés, nous dument comme vos ancêtres gagner notre liberté et notre indépendance mais au contraire de la tragédie qui se joue sous vos fenêtres, nous avons su la conserver et la transformer en succès.

Pourtant, il fut un temps où vous étiez une source d’inspiration pour tout amoureux de la liberté, un temps où les opprimés de l’Afrique vous percevez comme une lumière au milieu des ténèbres, comme un objectif à atteindre. Et pourtant….

Pourtant, devant le plus grotesque des spectacles vous baissez la tête; Pourtant devant le simulacre, d’ailleurs fort mal joué, d’un retour en arrière vous détournez les yeux. Pourtant, devant la difficulté de vos compatriotes vous fermez votre cœur. Et ainsi, vous tournez le dos aux sacrifices que vos aïeux ont consenti pour vous assurer une existence digne.

Pourtant, lorsque vous lirez ces lignes et que votre conscience vous interpellera vous la ferez taire et commencerez à prier pour que les conséquences de ce silence touchent vos voisins plutôt que vous.

Voila donc le pourquoi de cet échec. Alors que vos ancêtres étaient des frères, tous nés d’une même patrie et d’un même combat, vous êtes seuls. Le Bénin, un et indivisible, s’est mu par la force de l’individualisme le plus féroce en Bénin du sud et en Bénin du nord, puis au milieux de ces Bénins se trouvent des régions, dans lesquelles chacun cherche à ce que son village soit le meilleur,… pour en arriver à sa famille comme seul objectif politique. Et voici le résultat, vous voila presque arrivés dans un pays avec deux présidents, sans élection vraiment légitimante et qui force votre petite voix, devenue solitaire, au silence le plus absolu. Ça y est, personne ne vous écoutera plus car vous n’avez rien dit.

Alors que vos ancêtres ont abreuvé de leurs sangs cette terre qui leur était si chère, vous vous contentez d’ignorer leurs cris qui vous appellent à rejeter la dissolution de leurs espoirs. Par votre inaction, vous les avez trahis!

Loin de moi, l’idée ou la volonté de déterminer un vainqueur dans cette triste période qui condamne tout le peuple du Bénin à la honte, car il n’y a plus que des perdants. Loin de moi, l’idée de vous appeler à soutenir l’un de ces perdants car de part votre comportement vous n’êtes plus une Nation; et seules les Nations sont nanties du privilège de soutenir un chef. Je vous appelle par contre à refuser dans votre dernière chance de sursaut patriotique, à refuser d’une voix commune, car c’est la seule qui pourra se faire entendre, que l’on vous impose un chef que vous n’avez pas choisi. Je vous exhorte à rendre à vos ancêtres la fierté qu’on leur a ravie. Je vous exhorte à redevenir une Nation.

À défaut de quoi la prochaine fois que vous défilerez pour fêter votre indépendance, vous marcherez la tête haute mais l’échine courbée. Ce jour là, en vous voyant parader et fêter dans la plus ignoble démonstration de compromission, je rirai et rirai encore probablement pour ne pas en pleurer.

Daniel Guersan.

21/03/2011

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