Le Blog de Aymard

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BENIN : Si le docteur parvient à leur faire peur, aux béninois, ils n’ont pas fini d’avoir froid dans le dos

Avec le « scénario à l’ivoirienne » totalement inédit pour ces pétochards de Béninois, scénario anxiogène déclenché par Maître Houngbédji avec son auto proclamation comme président élu du Bénin, nul ne sait si le Bénin a définitivement volé la vedette à la Côte d’Ivoire.

Ce qui est sûr, c’est que faute de s’installer à l’hôtel Beau Rivage, pour respecter le parallélisme des formes avec les Ivoiriens, le président auto proclamé N°2 du Bénin (N°2, parce que le N°1 se trouve Boni Yayi – si opposé à sa sortie qu’il a fait proclamer les 53,17% de sa prétendue victoire par K.O. au 1er tour par un président de la CENA zappant la plénière initialement prévue de l’Institution, pour aller faire son annonce surréaliste et anticonstitutionnelle aux médias, avec des chiffres totalement imaginaires – faute donc de s’installer à l’hôtel Beau Rivage, le président auto proclamé N°2 prendra ses quartiers présidentiels dans son superbe château d’Adjinan tout proche du « Beau Rivage ». Son château, tout-de-même autrement plus confortable que l’Hôtel du Golfe d’Abidjan, où ADO a pris ses quartiers (présidentiels) à lui. Avantage donc pour le Bénin; de ce côté-là, tout au moins.

Pas étonnant, de toute manière. Ce pays, de toute éternité, a toujours été un pays d’exception. Qui l’a d’ailleurs abondamment prouvé, lors du scrutin du 13 mars, le fameux scrutin par quoi tous les problèmes sont arrivés. Et le top du top de ces problèmes, c’est la fraude organisée par le Docteur-président-sortant. Cependant, le plus stupéfiant, selon un compatriote à lui, manifestement très émotif, ce n’est pas tant d’avoir fraudé. Frauder est en effet un sport national béninois bien connu.

Le plus stupéfiant, l’horreur absolue, pour le cas présent, vient du caractère soigneusement planifié à l’avance de l’entreprise, avec définition d’un objectif précis et chiffré : 53/54%!!!… 53/54% pour un K.O. sans bavures au premier tour. Et tout ceci, sous le couvert en béton d’une Liste dite Permanente et informatisée, claironnée comme l’Arme de destruction massive contre la fraude. La fraude dont on a toujours accusé les autres, les opposants. L’autre versant de l’horreur absolue étant que cette LEPI a été vantée sans arrêt, dans les argumentaires servis aux populations, comme un merveilleux outil de Développement, prévu pour couvrir 10 années de la vie nationale…

Last but not least, les dizaines de milliards de nos Partenaires au développement engloutis dans cet outil désormais si mal fichu qu’il faudrait obligatoirement le reprendre, ce sont des milliards qui auraient pu être beaucoup plus utilement injectés dans des projets de développement générateurs de richesses et d’emplois… Un Chef d’Etat, Economiste de surcroît, qui se rend coupable d’une telle forfaiture, n’en déplaise à ses admirateurs éperdus, est un individu à jamais disqualifié pour occuper la plus petite parcelle de responsabilité concernant les affaires de la Nation…

Parce que ce qui fait littéralement froid dans le dos, c’est que le Docteur-président s’était, à son avènement, présenté comme le Docteur-miracle, capable de régler tous les problèmes du pays. Il y avait même l’allégorie fameuse de la valise pleine de prospérité avec laquelle il était arrivé, et qu’il allait ouvrir dès l’entame de son mandat, afin qu’une prospérité partagée se déversât sur le pays tout entier. Au cours dudit mandat, ses vuvuzélateurs ne se sont nullement privé de dire et de redire que la prospérité promise, si elle n’était pas encore là, c’était que la clé de la valise coinçait quelque peu, mais que ladite prospérité allait bientôt jaillir, et que le partage allait démarrer incessamment. Ce ne fut que lors de l’un de ses bla bla de candidat que le Docteur eut l’occasion de dire, avec le culot d’acier qui le caractérise, le fin mot de l’histoire aux électeurs venus nombreux l’écouter : Dieu lui aurait dit que la valise de la prospérité, dont lui, le Docteur, son fils préféré, leur avait toujours parlé, il avait gardé la clé par-devers lui, promettant de ne la lui remettre que pour le second mandat.

C’est vrai qu’une campagne électorale donne toujours lieu à des foutages de gueule de grande taille. Mais celui-là était vraiment de taille pharaonique. Ajouté au fait que le Docteur-miracle était si conscient de son imposture, que pour briguer son second mandat, il a soigneusement mis en œuvre l’entreprise de fraude électorale la plus inouïe de tous les temps dans le pays, cela fait effectivement froid dans le dos.

TLF

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