Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: mars 28, 2011

BENIN : Salomon Kérékou dénonce l’élection frauduleuse de Boni Yayi

DECLARATION DU CERCLE DE REFLEXION POUR UNE AFRIQUE NOUVELLE (CRAN)

Béninoises et Béninois ;

Mes chers compatriotes

Notre pays, le Bénin vit l’un des moments les plus difficiles de son histoire depuis l’historique Conférence Nationale des Forces Vives de la Nation de  Février 1990.

L’organisation et la proclamation des résultats provisoires du premier tour de l’Election Présidentielle du 13 Mars 2011 ont laissé les populations sur leur faim.

Pour la première fois  depuis l’avènement du Renouveau Démocratique, le Peuple béninois regarde l’avenir avec une vive anxiété. Les Béninois ont peur face au pouvoir du Président de la République sortant le Candidat Boni YAYI qui exploite avec démesure tous les avantages de la fonction présidentielle pour imposer sa réélection à la tête du pays en 2011.

Pendant cinq ans le Président Boni YAYI a mis abusivement à contribution l’argent, l’administration, la police, la gendarmerie et la justice aux seules fins de se rallier l’opinion, d’écraser ses adversaires, d’étouffer les velléités de l’opposition et d’empêcher la manifestation de la vérité.

Pendant cinq ans, les prérogatives constitutionnelles de l’Assemblée Nationale ont été bafouées ou contournées sous le prétexte que la haute institution nationale se trouve sous la coupe de l’opposition. C’est ainsi que le Président de la République se substitue à l’Assemblée Nationale de façon systématique et à tort pour adopter le budget de l’Etat et ratifier les accords de prêts rejetés par l’Assemblée Nationale en évoquant les dispositions de l’article 68 de la Constitution qui permettent au Président de la République de prendre  des mesures exceptionnelles dans des cas extrêmes.

Ce recours abusif et très fréquent du Président de la République aux mesures exceptionnelles de l’article 68 de la Constitution, met la paix et la démocratie en danger en créant une situation de non droit qui remet le pouvoir législatif dans les mains du Président de la République à qui par ailleurs le pouvoir judicaire et celui des médias semblent avoir fait allégeance.

En conséquence, les députés de la majorité parlementaire convaincus que le régime du changement est un régime autocrate dont toutes les actions n’ont pour but que d’assurer le renouvellement du mandat de son chantre se rebellent et rejettent tous les projets de loi qu’ils jugent de nature à renforcer  la  propagande politique personnelle du Chef de l’Etat.

Pendant cinq ans, toutes les institutions de l’Etat se sont regardées en chiens de faïence. Ce qui a hypothéqué dangereusement les précieux acquis de la Conférence Nationale et a ruiné la réputation du laboratoire africain de la démocratie que notre pays a chèrement acquise.

De 1996 à 2006, le Bénin n’était-il pas classé  au premier rang des pays africains respectueux de la liberté de presse et au deuxième rang des pays africains ou l’insécurité publique était la moins élevée? De 1996 à 2006 le Bénin n’était-il pas le Champion africain de la paix, de la Concorde nationale, de la stabilité politique et de l’unité nationale?

Aujourd’hui hélas, le Bénin est entrain de connaître pour la première fois une période de crise postélectorale de l’ère du renouveau démocratique.

Les appartenances régionales, tribales, religieuses et politiques sont agitées  avec passion pour opposer les Béninois entre eux et créer les conditions objectives de la remise en cause de la paix, de la concorde nationale, de la stabilité politique et de l’unité nationale.

Cette atmosphère délétère engendrée suscite les interrogations suivantes:

Comment comprendre qu’après 21 ans de pratique démocratique, le régime du changement puisse innover avec la LEPI sans permettre aux acteurs politiques de connaître d’avance la liste électorale et le nombre de bureaux de vote pour l’organisation du scrutin présidentiel d’une si grande importance sur le plan national et international?

Comment comprendre qu’après 21 ans de Démocratie,  le taux de participation ne puisse pas être connu 48h au moins après la clôture du scrutin organisé sur la base d’une LEPI?

Qu’avons-nous gagné avec cette LEPI pour laquelle BAKO nous rassurait tant?

De quelle crédibilité dispose aujourd’hui la Cour constitutionnelle si l’application de la médiation des anciens présidents n’entache pas leur décision qui tord quotidiennement le cou au consensus?

Les germes d’une LEPI non consensuelle et tronquée par la fraude informatisée ne peuvent que déboucher sur la proclamation des résultats biaisés, base des contestations actuelles.

C’est une honte nationale pour notre pays le Bénin.

Le Cercle de Réflexion pour une Afrique Nouvelle (CRAN), par ma voix, élève une vive protestation contre cet état de choses qui n’honore guère notre démocratie acquise au prix de luttes héroïques.

Béninoises, Béninois, l’heure est grave. La Démocratie béninoise est en péril et il faut une mobilisation générale et un sursaut patriotique pour la sauver.

Cette menace qui se profile à l’horizon contre notre pays et sa démocratie remet naturellement le Général Mathieu KEREKOU, à l’ordre du jour.

Les Béninois expriment aujourd’hui avec beaucoup d’amertume leur profond regret qu’il ne soit plus dans les conditions de garantir les libertés individuelles et collectives de tous les citoyens qu’ils fussent de l’opposition, syndicalistes, de la presse et de la société civile, comme il avait su bien le faire pendant ses deux derniers mandats à la tête de notre pays.

Dans le contexte béninois actuel, le Général Mathieu KEREKOU reste à nos yeux l’homme politique le plus populaire de ces vingt dernières années. S’il n’a pas pu gagner l’élection présidentielle de 2001 au premier tour, ce n’est pas celui par qui le peuple béninois a connu les pires scandales de son histoire à savoir ICC-Services, CEN-SAD, Avion présidentiel, machines agricoles, fonds d’escorte, privation des libertés de presse, disparition suspecte de cadres, mensonges d’Etat, recrutements fantaisistes dans l’administration publique, régionalisme et ethnicisation de la fonction publique qui pourrait le faire.

Le peuple béninois est suffisamment mûr et ne se laissera jamais duper par des gens assoiffés de pouvoir, lesquels sont promptes à tordre le cou à la démocratie béninoise.

Les signes annonciateurs d’un hold-up électoral pointaient déjà à l’horizon et la proclamation des grandes tendances par GNONLONFOUN d’abord enfermé dans son bureau fortement militarisé, oubliant de donner les différentes statistiques, et après chez lui à sa résidence n’a fait que confirmer notre crainte. Mais lorsque Robert Dossou l’homme de tous les régimes depuis la période révolutionnaire est venu confirmer, à trois heures du matin les chiffres de GNONLONFOUN, représentant, chargé de mission de YAYI BONI à la CENA, nous avions alors compris que la démocratie venait d’être assassinée.

C’est le lieu ici de saluer l’intégrité morale des deux femmes devenues béninoises par alliance qui ont précédé Robert DOSSOU à la tête de la haute juridiction. Elles ont servi la Nation mieux que ceux qui se disent Béninois de souche.

Il y a de cela quelques jours, Jacques TEVOEDJRE, fils de Albert TEVOEDJRE et chef de la cellule de traitement informatique et statistique de la CENA en a rajouté au doute des candidats quant à la sincérité des tendances proclamées de façon unilatérale par le Représentant du Président BONI YAYI à la CENA, Joseph GNONLONFOUN.

Après avoir affamé et volé le bas peuple à travers ICC-Services, les ennemis de la Démocratie viennent de lui voler son vote. Le peuple ne se laissera pas faire. Nous ne sommes pas des manchots. Nous attirons l’attention de tous que c’est l’accumulation de frustrations qui amène les soulèvements et la guerre.

Le Président Boni YAYI seul peut décrisper la tension en tant que Père de la Nation. Et nous n’imaginons pas que dans les conditions actuelles de menace de la paix sociale, il prête serment le 6 Avril prochain.

Celui qui n’a pas participé à la fondation d’un édifice et qui par extraordinaire a été invité à y séjourner quelques moments ne peut pas détruire l’édifice et la fondation avant de se retirer. Autrement, il se heurtera à la farouche résistance des occupants des lieux.

Nous mettons toutes entités du pouvoir en garde contre toutes velléités d’intimidation, de répression, de bâillonnement  et de confiscation du pouvoir d’Etat.

Nous ne sommes pas loin du scénario de la Côte-d’Ivoire et l’exemple de Guillaume Kigbafori SORO doit nous édifier. En toute connaissance de cause, le CRAN est déterminé à user de tous les moyens pour faire barrage à l’imposture politique et juridico-constitutionnelle engendrée.

Mobilisons nous tous pour sauver la patrie.

Vive la Démocratie,

Vive le Bénin uni et prospère.

Que DIEU protège le Bénin et ses fils.

Je vous remercie.

Fait à Natitingou, le 25 Mars 2011

Salomon Oyend KEREKOU

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Tout matraquer…jusqu’aux plumes !!!

Un coup, encore un autre, puis un autre ; matraques, godasses, poings. Combien sont-ils ? Un policier, deux, trois … dix… en furie, à la vue d’une carte de presse exhibée par le pauvre reporter pris dans le tourbillon de la vendetta totalitaire. Au bout de la sauvagerie, plusieurs points de suture sous le nez, un œil sérieusement abîmé, plusieurs ecchymoses sur le corps … et une moto emportée par les fous furieux. Mon confrère Séidou a beaucoup souffert ce jeudi 24 mars 2011. Quelques minutes avant, c’est un député affublé de tous les apparats (écharpes tricolores, garde du corps, entouré de ses collègues) qui se fait proprement rosser, en public s’il vous plait, menotté dans le dos et conduit au commissariat. De hauts faits d’arme ajoutés à de nombreuses brutalités sanglantes commises sur d’autres citoyens, et revendiqués sur les écrans de télévision par un officier de police. Mais rassurez-vous, le combat matraque-plume est aussi vieille que les luttes d’émancipation des peuples. A chaque fois, c’est la liberté qui l’emporte, l’expression étant éternelle contrairement à la bestialité physique abrutissante et éphémère. Une chronique comme celle-ci peut disparaitre, d’autres espaces d’épanouissement de la pensée et de la réflexion existeront toujours.

Ni le général Mathieu Boni ni le commissaire Louis-Phillip Houndégnon n’ont pu démontrer que le Bénin est sous une menace terroriste ou de risques d’invasion étrangère. Auquel cas, on les verrait renforçant les mesures aux frontières. Le terroriste ou l’ennemi identifié n’est rien d’autres que les protestataires des élections sans liste électorale. Le déploiement de force n’a pour objectif unique que de sauver le trône de Yayi, contre vents et marrés. L’armée, la police, la gendarmerie ont été mise en alerte tout simplement parce qu’il y a risque que le docteur-président ne puisse pas prêter serment pour un deuxième mandat dans la quiétude. Jusque là personne n’a pu justifier les raisons de la situation de quasi guerre dans laquelle se trouve plonger le Bénin. Aucune des manifestations réprimées n’a donné lieu à des dégâts matériels ou à des actes de vandalismes. Les policiers qui matraquent peuvent se targuer d’avoir fait plusieurs victimes et procéder à plusieurs arrestations sans qu’on exhibe un seul homme en uniforme égratigné. Il ne s’agit donc pas d’un combat mais d’un massacre. L’arsenal de guerre et de sécurité du pays est utilisé contre ceux dont les contributions citoyennes ont permis de l’acquérir.

Difficile d’apprécier l’impact du désastre communicationnel des sorties médiatiques des patrons de la police et de l’armée sur l’opinion publique nationale et internationale. Des fleurons de la défense de la patrie en posture de chefs d’une fraction en conflit ouvert. L’ennemi ici n’est rien d’autre que cette partie de la classe politique dont les militants contestent les conditions d’organisation des élections et des résultats proclamés par des instances placées sous le contrôle de militants partisans du chef de l’Etat, candidat lui aussi à sa propre succession. Seuls les tenants de cette dérive totalitaire comprennent pourquoi ils ont choisi de dédier toute leur carrière au mandat d’un président. Il se pourrait qu’au prix d’une de ces combinatoires dont le gratin politique béninois a le secret, un certain Raphael Akotègnon hérite du portefeuille de l’intérieur (même dans un gouvernement dirigé par Yayi Boni) avec sous ses ordres un certain commissaire Houndégnon. Mais cela, c’est un détail de l’histoire qui ne concerne que deux individus. Par contre, quelle que soit leur férocité, les coups de matraque ne sauraient octroyer au régime sa crédibilité, sa légitimité et sa stabilité écornées par tant de scandales durant le mandat écoulé et de ratés dans la tenue du premier tour du scrutin présidentiel.

Et après la délinquance policière ???

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

BENIN : Non à la violence aveugle contre les journalistes !

L’Union des professionnels des Médias du Bénin (UPMB) constate, malgré de nombreuses actions d’alerte, que des actes attentatoires à la liberté de la presse continuent et se multiplient ces derniers temps, constituant ainsi une menace grave à la liberté de la presse. Le dernier cas en date est celui d’une bastonnade policière aveugle dont a été victime ce jeudi 24 mars 2011 notre confrère Séïdou Choubadé, journaliste parlementaire au Quotidien Le Nokoué. Ce dernier s’est retrouvé avec le visage tuméfié, la lèvre supérieure fendue et des blessures aux bras et sur d’autres parties du corps. La bavure s’est déroulée ce jour-là entre 13h30 et 14h à Gbèdjromèdé, à Cotonou, au moment où les militants de l’opposition manifestaient contre les résultats provisoires de l’élection présidentielle proclamés par la Cour constitutionnelle le 21 mars dernier. Notre confrère qui roulait à moto et se rendait au siège de sa Rédaction a été surpris par un attroupement de manifestants. Alors qu’il tentait de se retourner pour éviter la foule, il a été rattrapé par une horde de policiers qui l’ont assommé et rudoyé.

S’il est compréhensible qu’il a été dans un premier temps confondu aux manifestants, il est par contre inadmissible que les policiers aient continué à le battre malgré qu’il leur ait montré par la suite sa carte de presse N°10/0092/HAAC, délivrée le 03 mai 2010 par l’organe constitutionnel de régulation des médias et par le ministère en charge de la communication. Le plus grave est que ces éléments de la Police l’ont violemment projeté dans le caniveau pour parachever leur forfaiture. Il a dû en sortir et s’enfuir pour se sauver, en abandonnant sa moto qu’il vu un policier emporter.

Admis aussitôt à une clinique privée non loin de la Maison des médias alors qu’il est aussitôt venu (tout en sang, la lèvre supérieure fendue et l’oeil droit tuméfié) se plaindre au Président de l’UPMB, Séïdou Choubadé a subi des sutures dans le but d’arrêter les hémorragies subséquentes à la bastonnade. Selon le médecin du centre de santé qui lui a administré les premiers soins, le journaliste porte « une plaie de la lèvre supérieure de 2 cm environ, une inflammation de la paupière supérieure droite avec occlusion de l »il, une hyperhernie conjonctivale droite avec perte de lacuité visuelle ».

Jusqu’à ce jour, notre confrère est sous surveillance médicale, en attendant une intervention chirurgicale ophtalmologique éventuelle au niveau de son oeil droit. Nous espérons qu’il ne perdra pas son oeil, du fait de cette barbarie policière aveugle. Il n’a pas non plus récupéré à ce jour sa moto.

Il est vrai que les autorités policières que nous avons contactées et auxquelles nous avons exprimé toute notre indignation et notre désapprobation nous ont expliqué que notre confrère fut une victime collatérale d’une opération policière de dispersion de manifestants et nous ont présenté des excuses. Soit.

Mais il faut constater là que nous sommes en face d’une situation où des éléments des forces de sécurité se moquent de plus en plus du statut du journaliste de même qu’ils refusent toujours de reconnaitre la valeur de la carte professionnelle de presse délivrée par la HAAC et signée de son Président et du Ministre en charge de la communication. Il ya récidive et c’est surtout cela qui inquiète.

L’Union des professionnels des Médias du Bénin (UPMB) condamne avec vigueur ces atteintes répétées à la liberté de la presse qui constituent une violation des droits du journaliste consacrés par le Code de déontologie de la presse béninoise qui édicte en son article 24 que « le Journaliste a droit, sur toute létendue du territoire national, et ce, sans condition ni restriction, à la sécurité de sa personne, de son matériel de travail, à la protection légale, au respect de sa dignité » et par la Constitution béninoise du 11 décembre 1990 qui dispose en son article 24 que « la liberté de presse est reconnue et garantie par lEtat»

L’UPMB demande à tous les professionnels des médias du Bénin de se tenir prêts et mobilisés pour les actions plus intenses qui sont programmés pour les jours à suivre, afin de décourager à jamais ces pratiques barbares dignes d’époques révolues.

Fait à Cotonou le 25 mars 2011

Le Président de l’UPMB

Brice HOUSSOU

BENIN : De Gré ou de Force, le Président Béninois sortant va sortir

Le présent article a été écrit hier. Or, depuis lors, l’actualité nationale du Bénin n’étant pas en ce moment comme un long fleuve tranquille, il y a eu de l’évolution : l’Honorable Raphaël Akotègnon a été relaxé, purement et simplement. La capitale, Porto Novo, à son tour, a connu les mêmes brutalités policières démentes que Cotonou, deux jours plus tôt.

Et Cotonou a maintenant le blues, après le scénario « PEUR SUR LA VILLE », que lui a joué le commissaire Louis Philippe Houndégnon. Scénario consistant à déverser dans les rues, des policiers littéralement déments, consistant à bastonner et lacrymogéner à tout-va des manifestants, qui ne font pourtant que crier – de façon pacifique ! – à la Triche d’Etat, à la Méga Fraude industrielle, grâce auxquelles Boni Yayi et ses acolytes assurent avoir remporté les élections, par un K.O. sec au 1er tour, et comptent par conséquent diriger le pays pendant cinq ans encore.

Le plus terrible, c’est qu’ils y croient. Qu’ils croient que cette intimidation d’un autre âge, totalement aveugle et d’une brutalité inédite, marchera. Une telle méconnaissance du sens de l’Histoire, cela laisse songeur quant au niveau de la culture de monsieur le commissaire central, sans parler de son donneur d’ordre, l’évanescent et si peu martial Martial Sounton, sans parler non plus du maître d’œuvre suprême de tout ce foutoir, le Docteur-président-sortant-bientôt-sorti : toutes personnes dont on peut se demander le degré de participation positive à la Conférence Nationale. Conférence dont ils liquident aujourd’hui les si précieux acquits, sous nos yeux éberlués.

C’est carrément le monde à l’envers !...

C’est effectivement le monde à l’envers puisque qui aurait pu imaginer que le flamboyant « Monsieur 75% » d’il y a cinq ans, en soit aujourd’hui réduit à ne pas pouvoir renouveler son mandat SANS la mise en œuvre d’une fraude gigantesque de niveau industriel, conçue, planifiée, et placée sous la protection d’une certaine LEPI ; cette dernière amoureusement accompagnée et farouchement protégée par nos soi-disant Partenaires Techniques et Financiers (malgré les très nombreux, (trop nombreux) signaux d’alarme) ?… Qui aurait pu imaginer un tel paradoxe ?… Dans tous les cas, le moment venu, la question devra leur être nécessairement posée, à nos fameux Partenaires Techniques et Financiers : qu’avaient-ils donc tous derrière la tête, en accompagnant et protégeant si amoureusement et si farouchement, un processus notoirement cafouilleux ? Avaient-ils un plan secret, de laisser délibérément la situation se détériorer au Bénin, afin que les regards de la Communauté internationale se détournent quelque peu de la Côte d’ivoire, qui commence à lasser tout le monde et à ternir sérieusement leur blason ?

Ce plan ne reposerait-il pas sur le pacifisme légendaire des Béninois (leur couardise légendaire, ricanent certains intégristes de la vérité) qui, soumis à une situation particulièrement anxiogène à l’ivoirienne, accepteraient de bonne grâce (plutôt dix fois qu’une !) toutes les solutions bâtardes que proposeraient Ban Ki-moon et l’ONU, comme à leur habitude. Ban Ki-moon qui brandirait alors triomphalement le « trophée » béninois, pour dire au monde entier, qu’il est encore capable de régler des conflits en Afrique, et que pour le cas ivoirien, les choses ne devraient plus beaucoup traîner, parole de Coréen !

C’est sûrement dans ce schéma que s’inscrit le représentant pour l’Afrique de l’Ouest du SG des Nations Unies, l’Algérien Saïd Djinnit  lorsqu’il déclare : «Au Bénin, les uns et les autres doivent utiliser des canaux, le recours prévu par la loi pour faire état de leur différence, et que cela soit réglé dans le cadre des institutions du pays et pacifiquement. Si cela se révélait nécessaire, des organisations régionales et l’ONU seront aux côtés du Bénin, pour éviter de tomber dans un cycle de violences qui peut nous amener dans une situation à l’ivoirienne ».

Et dire qu’il faut supporter, de façon stoïque, d’entendre de telles salades !!!… Des gens, apparemment sains d’esprit, qui disent des choses qui vous donnent une envie réelle de les gifler. On en vient presque à comprendre cet anarchiste d’Etat et mauvais boulanger qu’est Laurent Gbagbo !!! C’est dire la gravité des choses !…

Il y a vraiment de quoi se taper la tête contre les murs : au plus fort de la grave crise entourant la confection de la Liste dite Permanente et Informatisée béninoise, la Représentante des Nations Unies à Cotonou, semblant avoir pris carrément fait et cause pour le gouvernement, la situation atteignit un niveau de gravité si fort que Ban Ki-moon envoya une mission sur place, pour venir lui-même ensuite, afin de recueillir les appréciations de uns et des autres. Preuves évidentes à l’appui, il leur fut démontré que le gouvernement béninois et son Chef jouaient un jeu tout à fait trouble, basé sur une LEPI non consensuelle et cafouilleuse, dont l’objectif N°1 était la confiscation du pouvoir d’Etat lors des élections à venir. Mais ces messieurs-dames, après avoir écouté religieusement les uns et les autres, continuèrent leurs ronrons traditionnels, sur une musique compatible avec la Méthode Coué. L’on se souvient même que la timidité ronronnante de Ban Ki-moon fit que les députés de l’opposition boycottèrent de façon spectaculaire son passage et son message à l’Assemblée nationale.

Nous y voilà à présent !… Tout ce que prévoyaient et redoutaient les opposants, et tous les Béninois qui refusaient de marcher sur la tête, s’est produit, de façon quasi-mathématique :

–          Une organisation d’élection totalement bordélique, c’est le moins qu’on puisse dire. S’il n’eut pas de troubles, c’est que les Béninois firent montre d’une patience et d’un calme infinis, qui mériteraient parfaitement le Nobel de la Paix.

–          Une gigantesque entreprise de fraude, tout à fait inouïe dans l’histoire pourtant riche et mouvementée du pays, avec des preuves qu’il suffisait de se baisser pour ramasser, tant elles étaient nombreuses et grossières.

–          Une proclamation de la « victoire » du président sortant par un K.O. imaginaire au 1er tour, avec des chiffres eux-aussi imaginaires.

Et cette proclamation totalement surréaliste du K.O. au 1er tour, a été faite tour à tour par la CENA (Commission Electorale Nationale Autonome) et la Cour constitutionnelle, les deux institutions-clé de la gestion du scrutin.

Or, que nous raconte le sieur Saïd Djinnit, mandaté par son patron Ban Ki-moon ? Il nous dit qu’il faut : « …utiliser les recours prévus par la loi, […] et que cela soit réglé dans le cadre des institutions du pays et pacifiquement ».

Tout est dit. Vous n’avez pas la tête dure, Béninois, et vous avez compris : c’est la loi dont Robert Dossou – fort du fait que les décisions de « sa » Cour sont (en principe) sans recours – c’est la loi dont il fait tout ce qui lui passe par la tête, ceci depuis des mois, sur les injonctions du Chef de l’Etat, ce sont les recours qu’une telle loi a prévus qu’il faut, semble-t-il, impérativement utiliser. Incroyable !… Pour dire les choses poliment, disons que c’est du foutage de gueule à la puissance 4 !!! (Pourquoi 4 ?… Je ne saurais même pas vous le dire). Mais passons… Passons, pour voir par ailleurs les conseils si judicieux du sieur Djinnit, à savoir que tout « soit réglé dans le cadre des Institutions du pays… et pacifiquement ».

Punaise !, le foutage de gueule est déjà passé à la puissance 10 !!!… Il y a décidément des coups de pied quelque part (dans le bas du dos, par exemple) qui se perdent : ainsi donc, ce sont les institutions CENA et Cour constitutionnelle, qui ont pourtant déjà – en violation flagrante d’innombrables textes et règlements de la République – proclamé la « victoire » du président sortant, par un K.O. imaginaire au 1er tour, avec des chiffres tout aussi imaginaires, ce sont donc ces « institutions »-là qui doivent obligatoirement servir de cadre de règlement pour tous les problèmes posés. On croit rêver.

Personnellement, je crois qu’il faudrait que le Système des Nations Unies se tienne éloigné du Bénin. On a l’impression qu’eux et nous, sommes sur deux planètes différentes. Une preuve parmi cent, une preuve parmi mille de cet état de chose, c’est que la fameuse LEPI, la LEPI devant laquelle les Partenaires Techniques et Financiers étaient littéralement en adoration, au point de persister à y engloutir des dizaines de milliards de francs Cfa, en dépit des sonnettes d’alarme qui étaient tirées de partout, cette LEPI s’est révélée, au final, comme l’épine dorsale de la fraude gigantesque avec laquelle le président béninois veut s’incruster au pouvoir. Or, depuis la pantalonnade de la proclamation des résultats fantoches de sa « victoire », résultats sortis de l’usine LEPI, et les preuves de fraude et d’irrégularités tous azimuts, aucun des fameux Partenaires Techniques et Financiers n’est monté au créneau, ne serait-ce que pour demander pardon à tout un peuple martyrisé et humilié, à cause de leur aveuglement borné, et reconnaître qu’ILS SE SONT FAIT PROPREMENT BAISER par Boni Yayi et ses acolytes – appelons… une chatte un chat ! Le piment de l’histoire étant que c’est eux-mêmes qui ont payé – et très cher payé ! – pour SE FAIRE BAISER… S’il n’y avait pas le respect dû à tout un peuple martyrisé et humilié, on aurait envie de dire : « Bien fait !!! » Et pour retourner un peu le couteau dans la plaie, disons que les… « baiseurs » n’avaient cessé de marteler, avec beaucoup de morgue et d’assurance, que cette LEPI allait être la machine anti fraude la plus performante du monde.  Osons par conséquent dire que, même avec tout le respect dû à un peuple martyrisé et humilié, on a envie de ricaner à l’endroit de ces messieurs les PTF : « Vous n’avez pas honte ??? »

Il y a pourtant – heureusement – un point sur lequel le sieur Saïd Djinnit et nous sommes d’accord, c’est que tout se passe dans la paix, de façon PACIFIQUE. Il est vrai que ça n’en prend pas le chemin, avec l’incompréhensible militarisation du pays, mais on peut encore espérer. Il y a néanmoins une nuance, et elle est de taille !… S’il n’est question que d’une certaine « Paix des lâches », celle ronronnante, envahissante et lancinante des vuvuzelas pacifistes en service commandé, visant à nous demander d’accepter qu’un Tricheur, un Fraudeur qui a, par ailleurs, montré toute son incompétence et son inaptitude à exercer la fonction de Chef d’Etat, qu’on nous permette de ne pas être d’accord. Mais alors là, PAS DU TOUT !!!

Aux Nations Unies, ils sont bien placés pour le savoir : aucune paix durable ne peut reposer sur la triche, la fraude, l’injustice et l’arbitraire. Aucune paix durable et stable ne peut reposer sur l’incompétence avérée, les prévarications tous azimuts, et l’inhumanité abjecte qui conduit, par exemple, à piller les épargnes de ses concitoyens les plus misérables (L’incroyable affaire ICC Services et consorts !). Aucune paix durable et stable ne peut reposer sur une réélection à la tête de son pays, sur fond de bruits de bottes et de chenilles de chars d’assaut.

Si les Nations Unies veulent réellement de la paix au Bénin (Ce dont on peut douter, à suivre leur parcours zigzagant sur le « Dossier Bénin » depuis de longs mois, il est impératif qu’elles viennent dire au président-sortant-refusant-de-sortir – qu’au vu de toutes les preuves stupéfiantes et accablantes qui démontrent sa forfaiture – il est impérieux et incontournable qu’il « sorte ».

Je crois avoir déjà souligné le paradoxe : Avant l’avènement de Boni Yayi, le Bénin était un petit pays qui avait, certes, ses problèmes, mais était incontestablement paisible. Boni Yayi, surfant sur le profond désir de changement de ses compatriotes fatigués de la classe politique, se fit élire, flambard, claironnant qu’il allait régler tous leurs problèmes. Malheureusement, pendant cinq ans, le pays est demeuré petit, les problèmes existants sont demeurés irrésolus, mais les Béninois devaient faire face désormais à de très gros problèmes, dans une atmosphère délétère inédite de déchirement social et de crises aigües à répétition.

Un tel paradoxe ne peut s’expliquer que par une imposture. Une très grosse et odieuse imposture.

Mais je crois l’avoir dit également, malgré la grosseur de l’imposture et malgré les très grosses angoisses subies pendant des mois, et même pendant des années, par les Béninois, le très gros imposteur avait la possibilité de négocier une « sortie arrangée », pour lui-même et ses proches (Comme un certain Mathieu Kérékou, à une certaine époque. Or, le constat est là : Il a triché pour gagner. Nous nous y opposons. Il persiste et signe. Il persiste et signe sa forfaiture. Il choisit de nous humilier, de nous intimider. Avec les chars de notre propre pays.

Conclusion : ceux qui ont l’oreille de Ban Ki-moon devraient lui dire, de façon solennelle : nous ne pouvons pas accepter qu’un imposteur, incompétent, tricheur, fraudeur, continue de nous diriger, qui plus est, par la force !!! Nous sommes pour la Paix, résolument, passionnément. Mais l’option du scénario à l’ivoirienne reste sur la table. Et en très bonne place !… BONI YAYI PARTIRA DE LA TÊTE DE NOTRE PAYS, DE GRÉ OU DE FORCE !

En tout cas – et c’est manifestement le choix qu’il a fait – dans la honte…

TLF

BENIN : Scandale au sommet de l’Etat – Boni Yayi naturalise Brice Hortefeux

Le mardi 24 Février 2009, sur la chaîne Canal+, au cours de l’émission « Le Grand Journal », stupéfaction et colère chez les téléspectateurs africains en général et chez les Béninois en particulier : le très contesté Brice Hortefeux, français pur sang de la France, surnommé « ministre de la Pureté de la Race et du verrouillage des Frontières » annonce qu’il est Béninois et ceci, en exhibant un passeport diplomatique béninois.C’est comme si, Hitler, s’il était encore vivant, exhibait un passeport juif en affirmant qu’il est devenu israélien…..

Brice Hortefeux est donc devenu Béninois. Ceci, après quelques heures de présence au Bénin ! Tant pis s’il a expulsé de la France des Négros qui ont passé toute leur vie dans l’Hexagone !

Brice Hortefeux est un Blanc. C’est un passe-droit. Et il en est fier. Si fier qu’il en fait étalage au cours de l’une des émissions les plus suivies sur Canal plus. A la question de savoir ce qu’il fera après son éjection du gouvernement, Brice Hortefeux répond : « …ce qui est sûr, je ne resterai pas les bras croisés… Par exemple, j’ai un passeport béninois [il exhibe le passeport], je suis donc un citoyen béninois. Quand j’étais au Bénin, c’est le président Béninois qui m’a donné le passeport. Parce que c’est un président courageux qui
a été content du travail abattu dans le domaine de l’immigration et de
la coopération avec le Bénin ». Bien sûr ce président s’appelle Yayi Boni.

Et il faut vraiment être courageux pour donner la nationalité béninoise à un homme qui traite les Africains de déchets !

Hortefeux…le ministre de la peur…

Avant de revenir sur ce supposé « courage » voyons en quoi a consisté le « travail dans le domaine de l’immigration » qui a rendu notre très cher président Yayi Boni si content qu’il n’a pas hésité à décréter Brice Hortefeux « Béninois ».
En Avril 2006, Nicolas Sarkozy déclarait : « la France doit pouvoir faire le choix des immigrés qu’elle accueille en fonction de ses
besoins et de ses possibilités ». Une expression qui cache un non-dit : la France doit se débarrasser de tous ceux dont elle n’a pas besoin et qui sont actuellement sur son territoire. Pour cette sale besogne, qu’y-a-t-il de mieux que de faire appel à un vieil ami de 30 ans ? Brice Hortefeux.

A cette époque, il était déjà surnommé le « porte-flingue » de Sarkozy.

Avec la victoire de ce dernier à la présidentielle française de 2007, un ministère est créé : celui de « l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire ». La France, berceau des droits de l’Homme, crée un ministère chargé de la chasse à l’Homme. C’est la première fois dans l’histoire de la France qu’un ministère porte cette dénomination. Interloqué, un confrère écrit : « ce ministère risque d’ouvrir une page de notre histoire, celle d’un nationalisme d’Etat et d’une xénophobie de gouvernement ». Rupture vous avez dit ?

Brice Hortefeux est bombardé à la tête de ce ministère. Du « porte-flingue »de Sarko qu’il était, il devient carrément un flingueur. Il fallait faire la preuve d’une amitié veille de trente ans. Et Hortefeux aura réussi dans cette mission. Une mission faite de traques infernales, d’arrestations tous azimuts. Les résultats de ses actions sont écoeurants pour tout adepte des droits de l’homme. Des enfants africains sont arrêtés à la sortie des écoles et enfermés dans des centres de rétention. On donne d’ailleurs l’exemple de cette femme de quatre-vingt- neuf ans et d’un bébé de trois semaines qui ont goutté aux plaisirs morbides de ces centres qui ressemblent à s’y méprendre aux camps de concentrations nazies. Les métros sont devenus des lieux de chasses aux nègres.
Des familles sont séparées sans aucune chance de se revoir. Certains pour échapper à la police, n’hésitent pas à se jeter par la fenêtre. Les perspectives de reprendre leur vie dans leur pays d’origine n’étant pas des plus reluisantes. Au mieux la faim ou la prison, au pire la mort.

Dans la seule année de 2008, on compte ainsi, selon des associations de défense des droits de l’homme, deux défenestrés, un noyé, une immolation et un suicide. C’est l’œuvre de Hortefeux à qui Yayi Boni vient de donner la nationalité béninoise.

Et ce n’est pas tout. Après son passage au ministère de « la Pureté de la Race et du verrouillage des Frontières », Brice Hortefeux peut être content de lui-même. Son œuvre est parfaite. Plus de 45.000 étrangers ont été reconduits hors de la France dans des conditions scandaleuses. En 2007, le nombre d’enfants placés dans des camps de concentration français dépassait 250 dont, s’il vous plaît, 80% d’enfants de moins de dix ans. Les objectifs de rapatriement des immigrés étaient de 26.000 en 2008. Brice Hortefeux a affolé les compteurs et a atteint 29.799 étrangers sans papiers reconduits comme des bêtes de somme. Soit 6.600 de plus. Les sans-papiers ne sont pas des « citoyens honnêtes, propres » disait-il.

Il faut débarrasser la France de la vermine. Un vrai record. Qui mérite sans doute une nationalité d’un pays africain ! Et il est fier de sonœuvre, BriceHortefeux.

« Je suis fier de faire respecter et d’appliquer la loi ». Mais cette prédisposition raciste et xénophobe tient du passé douteux de ortefeux. N’a-t-il pas appartenu au Gud (Groupe union défense), un mouvement d’étudiants d’extrême droite, violents et racistes ?

Le trophée de crime….

Voici résumées les raisons pour lesquelles le président Yayi Boni a cru devoir accorder à Brice Hortefeux la nationalité béninoise. Pour service rendu à l’Afrique et au monde entier. Parlant du président Yayi Boni, Brice Hortefeux disait : Il (le président Yayi Boni) « est content du travail dans le domaine de l’immigration .Donc,le président Yayi Boni est content des 29.799 sans-papiers renvoyés de la France en 2008. Il est content des 250 enfants (dont 80% de moins de dix ans) entassés dans des camps de concentration. Il est content de la
situation de cette grand’mère et du bébé de trois semaines enfermés dans un centre de rétention. Il est content donc de ces deux personnes qui se sont défénestrées pour échapper aux flics. Il est ravi de ce noyé qui cherchait un mieux vivre. Il est content de cet immigré qui s’est jeté dans les flammes pour ne pas retourner chez lui.
Il applaudit donc le suicide de cet autre expatrié qui a fait des années en France et qu’on voulait reconduire chez lui sans un rond. Non. Le président Yayi Boni ne peut pas être content des 45.000 expulsés de la France sous Hortefeux, dont notamment des Africains. Sinon, ce passeport béninois qu’il lui a gracieusement offert n’est ni plus ni moins qu’un trophée des nombreuses violations des droits de l’homme dont Brice Hortefeux est l’auteur. Un trophée de crimes. « Je ne sais pas si Brice Hortefeux laissera une grande trace dans l’histoire. Mais si un jour un manuel d’histoire consacre quelques lignes à son action, ça ne sera pas à la rubrique des droits de l’homme ». Brice Hortefeux est la négation même des droits de l’homme. Et pour couronner ce crime, le Bénin lui offre la nationalité. Avec un passeport diplomatique en plus !

Ce n’est donc pas une surprise en soi si Brice Hortefeux lui-même qualifie ce geste du président Yayi de courageux. Négativement courageux, et Hortefeux lui-même le sait. Il sait qu’il est un indésirable en Afrique. Ce geste est même inimaginable de la part d’un président africain, surtout d’un président du Bénin. Berceau de l’esclavage dans le passé, le Bénin devient la honte de l’Afrique. Le Bénin ne s’illustre que négativement quand il faut marquer l’histoire.

Que penseront les autres pays Africains du Bénin ? Le Mali, le Burkina, le Sénégal, la Guinée et tous les autres dont les ressortissants ont été traités comme des animaux par Hortefeux ? Comment se comportera désormais le président Yayi Boni à un sommet de l’Union africaine ? Et pourquoi le passeport Béninois est-il devenu un présent que l’on offre à tout diseur de bonnes aventures ? La réciprocité d’un tel acte est- elle possible dans un pays comme la France ?

Le président Sarkozy peut-il déclarer Yayi Boni citoyen français du jour au lendemain avec un passeport diplomatique français à l’appui ?

Comment peut-on respecter le nègre, quand un président nègre se permet de tels actes ?

Il y a quelques mois, c’était Dame Savané. Aujourd’hui, c’est un raciste qui en profite. Combien de passeports ont-ils été ainsi distribués ? Vivement une commission d’enquête parlementaire s’impose.

Charles Toko, 26 février 2009 – LEMATINAL

Réforme sociopolitique au Bénin : Boni Yayi présente le vrai visage de sa « refondation »

Le régime du Changement aura réalisé de nombreuses prouesses sur le plan de la privation des libertés. En cinq ans, les Béninois ont subi un recul de leur démocratie par le bâillonnement des libertés d’expression, l’organisation catastrophique des consultations électorales et bien d’autres encore.

Pendant les moments de forte pression où le peuple exigeait de vives voix la fin du Changement, le leader dudit concept avait alors lancé dans l’opinion la refondation. Cette nouvelle idéologie des cauris venait mettre fin au Changement inhibé par le récital de l’émergence. Les griots du régime défendaient en méconnaissance totale du contenu du nouveau concept. En pleine campagne électorale, le candidat Boni Yayi chantait qu’il veut briguer un nouveau mandat pour procéder à une refondation de l’Etat béninois. Les populations béninoises auraient tout vu, et tout entendu. La refondation se trouvait dans un document de plus de 200 pages que le candidat ‘’au nom du ciel’’ exhibait à tout bout de champ.

Mais quelques semaines ont suffi pour que le peuple appréhende avec regret les fondements de la refondation à lui proposé par Boni Yayi. La première désolation d’être Béninois sous le Changement vient des menaces éternelles, des intimidations, du recul de la liberté de presse au plan national, de la promotion à grande échelle de la corruption. Vient ensuite le gros lot. L’élection présidentielle a été organisée dans un contexte effrayant dans le seul intérêt que le leader des cauris se maintienne au pouvoir quelque soit la volonté du peuple. Le résultat de cette magouille électorale est bien perceptible.

Manifestement, le peuple doit réclamer son vote. Pour les Béninois, le scrutin présidentiel était l’occasion pour eux de mettre fin aux exactions du régime en place par un vote de défiance contre son leader. Ils ont du mal à comprendre le verdict rendu par les uns et les autres. Dans un sursaut patriotique, le peuple veut manifester sa colère face à ce qu’il appelle le hold up électoral. Mais c’est sans compter avec la refondation de la République.

Des milliers de force de l’ordre sont déversés dans les grandes agglomérations pour tuer dans l’œuf toute tentative de protestation. Des citoyens sont battus à mort, des députés arrêtés, des menaces et intimidations de tous genres. Tout ceci fait frémir les honnêtes citoyens du pays qui comparent désormais la refondation à une véritable dictature maquillée. Ils se demandent alors si la refondation de Yayi n’est pas un piège tendu à la démocratie.

Odi I. AÏTCHEDJI, 24 h aau Bénin

Boni Yayi, l’élève du clan Gnassingbé a bien assimilé sa leçon

Bénin : La démocratie à reculons : Yayi Boni, l’élève du clan Gnassingbé, a bien assimilé sa leçon

Comme nous l’écrivions dernièrement, des grains de sable se sont glissés dans l’exemplaire démocratie en construction dans ce pays frère du Bénin et qui suscitait jusqu’à ces dernières années l’admiration de beaucoup d’observateurs. Seulement voilà, celui qui avait gagné l’admiration de plusieurs millions de ses compatriotes après un raz-de-marée électoral, le créditant en 2006 d’un score de plus de 75% des suffrages est devenu tout méconnaissable après seulement deux années passées à la tête du Bénin. Il a littéralement copié, les très vilaines pratiques togolaises qui constituent une véritable chape de plomb pour l’immobilisme du Togo et la souffrance de sa démocratie naissante.

Nul n’est sans savoir la grande difficulté dans laquelle la présidentielle béninoise a fini par se tenir le 13 mars. Il avait fallu que l’Union africaine et même l’Onu y mêlent leur voix pour que Yayi Boni consente à repousser seulement d’une semaine, une seconde fois, la date de l’élection fixée en premier report au 6 mars 2011. L’homme et ses partisans décidés à saper les bases de la démocratie béninoise, s’étaient arrangés à faire en sorte que plus d’un million d’électeurs favorables à son opposition ne puissent pas accomplir leur devoir civique. Les sept jours supplémentaires n’y apporteront pas grand-chose et au finish, plusieurs centaines de milliers de Béninois, dans un mécontentement général, n’auront pas pu obtenir leurs cartes d’électeur. L’ouverture de certains bureaux de vote a eu lieu au-delà de la mi-journée.

C’est dans ces conditions que le scrutin présidentiel s’est tenu. Ce n’est que cinq jours plus tard que les résultats provisoires issus des urnes seront connus, résultats que ne reconnaîtra pas l’ensemble des partis de l’opposition ayant pris part à la compétition. Le président sortant est crédité de 53,17% de suffrages contre 36% à Adrien Houngbédji Ce qui exclut la tenue d’un second tour. Dans la foulée, l’Union fait la nation (UN)annonce qu’il ne restera pas les bras croisés. Il a annoncé une concertation avec son état-major pour décider de la conduite à tenir.

Signalons que pour la proclamation des résultats, le président de la CENA, Joseph Gnonlonfoun qu’on dit proche de Yayi Boni, a rassemblé quelques journalistes dans son bureau pour s’exécuter en l’absence de consensus. Sur les onze membres de la Commission électorale nationale autonome (CENA) cinq ou sept sont complètement en désaccord avec les résultats proclamés par le président de cette institution et soutiennent que Me Adrien Houngbédji a totalisé 44% et non 36% ; ce qui ouvre bien les portes d’un second tour. Des fraudes comme Yayi Boni en a vu faire au Togo où il a côtoyé le pouvoir pendant plusieurs années à la tête de la BOAD, il y en a eu.

Un membre de la CENA et ancien député raconte : « Le jour du vote, un hélicoptère a amené des bulletins dans le Borgou et en tant que coordinateur, je n’ai pas été informé de cela. Ces bulletins sont arrivés et descendus directement à Tchaourou par hélicoptère, … Il y a eu beaucoup de bureaux pirates dans le Borgou. En ma qualité de coordinateur de ce département, j’ai eu à procéder à des nominations et cela m’a permis de connaître le nombre de bureaux de vote qu’il y a dans chacune des communes du département ». Au sujet de bureaux pirates, signalons qu’il y en aurait eu au total 90 supplémentaires non officiels dans ledit département selon cet ancien député membre de l’actuelle CENA. Au niveau de trois communes favorables à l’opposition (Nikki, N’dali et Sinendé) il y aurait eu 13 bureaux de vote en moins.

Tout le monde, y compris les Béninois sont d’avis que leur président a importé chez eux les mauvaises pratiques antidémocratiques de leurs voisins Togolais. Il est déplorable qu’un cadre du niveau de docteur Thomas Yayi Boni qui aurait pu encourager ce qui se fait chez lui en matière de promotion de la démocratie depuis quelques années, ait préféré opter pour les ridicules marches de soutien suivies de distribution de billets de banque qu’il a vu faire au Togo sous feu Eyadèma pendant plusieurs années et choisir la technique de fraudes pour se maintenir au pouvoir contre la volonté du peuple.

Le Bénin n’étant pas le Togo, il faut craindre que ce monsieur ne fasse plonger son pays dans le désordre et consacrer ainsi un recul de la démocratie, contrairement à ce qui vient de se passer au Niger voisin et qui aurait pu l’inspirer. Dites-moi qui vous fréquentez et je vous dirai quels peuvent être vos réflexes. Il faut croire qu’il y ait de l’électricité en l’air. Et c’est le lieu de dire qu’après la Côte d’Ivoire, il serait mal venu que Yayi Boni qui a fait partie d’une délégation de chefs d’Etat pour rencontrer Laurent Gbagbo en vue de trouver une solution pacifique à la crise ivoirienne, ne sache pas tirer honorablement son épingle du jeu.

E. Djibril

source : http://www.togoforum.com

Fraudes électorales en Afrique

Circulez, il n’y a rien à voir !

Les dirigeants africains ont accepté la démocratisation de mauvais cœur. Ils ont grommelé et parfois tempêté, mais comme des caméléons, ils ont compris qu’il fallait s’adapter au nouveau contexte pour survivre. Le discours de La Baule, on le sait, a été assorti de conditionnalités très contraignantes pour accéder aux crédits, aides, dons et subventions des pays développés et des institutions financières internationales sans lesquels certains dirigeants tomberaient comme des fruits mûrs. C’est la peur de voir ce sérum vital leur échapper que la plupart des dirigeants du continent, notamment ceux d’Afrique subsaharienne et plus précisément ceux francophones, ont dû se résoudre, la mort dans l’âme, à endosser des habits de démocrates. Cela supposait de nouvelles institutions et un nouveau mode de gouvernance où le peuple a en principe le dernier mot. On était dans l’ère de la démocratie. Très vite, les élections multipartites sont apparues comme le moteur de cette démocratie. On créa à la pelle les structures qui vont avec, notamment les commissions électorales indépendantes, qui apparaissaient comme la panacée aux fraudes héritées du parti unique. On a vu fleurir aussi les organisations de la société civile spécialisées en matière électorale, et surtout ces fameux observateurs chargés de valider les scrutins. Une sorte de business est donc née autour des élections. Tout le monde mange dedans, électeurs, observateurs, experts, commissaires électoraux et courtisans de tous bords. C’est l’une des astuces trouvées par les dirigeants africains, qui ne sont pas si bêtes que ça, pour retourner à leur avantage cette histoire des Blancs appelée démocratie. Ils ne sont ni bêtes, ni fous, les chefs d’Etat africains. Non contents d’arroser tout le monde de « feuilles » pour rendre luisante leur image, d’avoir mis en place des institutions et des hauts responsables à leur solde, ils ont pris une précaution supplémentaire et non la moindre : ils ont renforcé et sophistiqué au fil du temps l’arme fatale, la fraude électorale.

Si le génie que les Africains, en particulier ceux qui détiennent le pouvoir d’Etat, ont mis à concevoir les techniques de fraude les plus subtiles et les plus imparables était mis au service du développement, nul doute que l’Afrique serait loin devant les autres continents. Mais voilà, c’est une intelligence développée pour contourner les obligations démocratiques que sont des élections justes, équitables et transparentes, gages d’une possible alternance. Il y a toute une histoire de la fraude depuis l’avènement de la démocratie. Il y a eu au début les méthodes les plus rustiques : intimidations, vols d’urnes, achats de conscience, etc. Le président Eyadéma en était le champion. Il faisait simplement emporter les urnes par ses sbires. Il y a eu après les bourrages d’urnes. Pauvres urnes ! Que n’ont-elles pas vu dans leur vie d’objets-cultes des élections ! Si elles pouvaient parler ! On les a même rendues transparentes, en disant qu’avec ça, personne ne pouvait frauder. C’était sous-estimer la capacité de réflexion des ingénieurs de la fraude. Il a suffi de substituer la bonne urne à une autre, pleine des bulletins du président. Sans compter les procès–verbaux trafiqués, l’encre qui n’est indélébile que de nom, les votes multiples, les morts qui votent parce qu’on aura utilisé leurs papiers d’identité, les électeurs ambulants ou convoyés, etc. Là, on a évolué dans la technique. Mais il y a encore mieux. Car les opposants, quand ils ne peuvent pas eux aussi frauder, ont petit à petit mis en place des stratégies pour contrecarrer les petits malins du pouvoir. Il fallait donc affiner encore plus les méthodes. La liste électorale informatisée fut la cible des snippers. C’est le must de la fraude. Une méthode propre, sans possibilité de contestation. Tout le monde n’y voit que du feu. Après les résultats du scrutin, l’opposition a beau crier à la fraude, elle a de la peine à le prouver. Puisque le refrain systématique du pouvoir, c’est de demander aux plaignants de produire les preuves des fraudes qu’ils dénoncent. Seules les oppositions très bien organisées réussissent à réunir quelques preuves. Mais là aussi, le régime a la réponse à tout. Soit il fait un raid dans les locaux des partis pour emporter ces fameuses preuves (on l’a vu récemment au Togo), soit il met un pare-feu au niveau des institutions chargées du contentieux électoral. Ainsi, les recours qui y parviennent sont dans la plupart des cas rejetés. Dans le cas contraire, ils ne sont jamais en mesure de renverser les tendances.

Messieurs les Occidentaux, vous vouliez la démocratie ? Vous êtes bien servis. La démocratie à la sauce tropicale, il n’ y a rien de tel. Elle permet de distribuer « gratuitement » des sacs de riz, des pagnes et de l’argent pendant la campagne électorale (pour le reste de l’année, les chers électeurs peuvent mourir de faim, ça les regarde) ; elle a donné naissance à des experts es- fraudes fiers de leurs prouesses ; elle légitime les pouvoirs à vie. Qui dit mieux ? Bien sûr, il y a de quoi désespérer pour l’Afrique. Mais n’allez surtout pas dire à tous ces architectes et ouvriers de la fraude qu’ils ne font pas œuvre utile, en permettant au président bien-aimé d’avoir des scores dignes de son rang, et surtout de ridiculiser ses insolents opposants. Eux qui n’ont pas compris que la démocratie là, il faut la laisser à leurs propriétaires, les Blancs !

« Le Fou »

source: www.lepays.bf