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BENIN : Scandale au sommet de l’Etat – Boni Yayi naturalise Brice Hortefeux

Le mardi 24 Février 2009, sur la chaîne Canal+, au cours de l’émission « Le Grand Journal », stupéfaction et colère chez les téléspectateurs africains en général et chez les Béninois en particulier : le très contesté Brice Hortefeux, français pur sang de la France, surnommé « ministre de la Pureté de la Race et du verrouillage des Frontières » annonce qu’il est Béninois et ceci, en exhibant un passeport diplomatique béninois.C’est comme si, Hitler, s’il était encore vivant, exhibait un passeport juif en affirmant qu’il est devenu israélien…..

Brice Hortefeux est donc devenu Béninois. Ceci, après quelques heures de présence au Bénin ! Tant pis s’il a expulsé de la France des Négros qui ont passé toute leur vie dans l’Hexagone !

Brice Hortefeux est un Blanc. C’est un passe-droit. Et il en est fier. Si fier qu’il en fait étalage au cours de l’une des émissions les plus suivies sur Canal plus. A la question de savoir ce qu’il fera après son éjection du gouvernement, Brice Hortefeux répond : « …ce qui est sûr, je ne resterai pas les bras croisés… Par exemple, j’ai un passeport béninois [il exhibe le passeport], je suis donc un citoyen béninois. Quand j’étais au Bénin, c’est le président Béninois qui m’a donné le passeport. Parce que c’est un président courageux qui
a été content du travail abattu dans le domaine de l’immigration et de
la coopération avec le Bénin ». Bien sûr ce président s’appelle Yayi Boni.

Et il faut vraiment être courageux pour donner la nationalité béninoise à un homme qui traite les Africains de déchets !

Hortefeux…le ministre de la peur…

Avant de revenir sur ce supposé « courage » voyons en quoi a consisté le « travail dans le domaine de l’immigration » qui a rendu notre très cher président Yayi Boni si content qu’il n’a pas hésité à décréter Brice Hortefeux « Béninois ».
En Avril 2006, Nicolas Sarkozy déclarait : « la France doit pouvoir faire le choix des immigrés qu’elle accueille en fonction de ses
besoins et de ses possibilités ». Une expression qui cache un non-dit : la France doit se débarrasser de tous ceux dont elle n’a pas besoin et qui sont actuellement sur son territoire. Pour cette sale besogne, qu’y-a-t-il de mieux que de faire appel à un vieil ami de 30 ans ? Brice Hortefeux.

A cette époque, il était déjà surnommé le « porte-flingue » de Sarkozy.

Avec la victoire de ce dernier à la présidentielle française de 2007, un ministère est créé : celui de « l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire ». La France, berceau des droits de l’Homme, crée un ministère chargé de la chasse à l’Homme. C’est la première fois dans l’histoire de la France qu’un ministère porte cette dénomination. Interloqué, un confrère écrit : « ce ministère risque d’ouvrir une page de notre histoire, celle d’un nationalisme d’Etat et d’une xénophobie de gouvernement ». Rupture vous avez dit ?

Brice Hortefeux est bombardé à la tête de ce ministère. Du « porte-flingue »de Sarko qu’il était, il devient carrément un flingueur. Il fallait faire la preuve d’une amitié veille de trente ans. Et Hortefeux aura réussi dans cette mission. Une mission faite de traques infernales, d’arrestations tous azimuts. Les résultats de ses actions sont écoeurants pour tout adepte des droits de l’homme. Des enfants africains sont arrêtés à la sortie des écoles et enfermés dans des centres de rétention. On donne d’ailleurs l’exemple de cette femme de quatre-vingt- neuf ans et d’un bébé de trois semaines qui ont goutté aux plaisirs morbides de ces centres qui ressemblent à s’y méprendre aux camps de concentrations nazies. Les métros sont devenus des lieux de chasses aux nègres.
Des familles sont séparées sans aucune chance de se revoir. Certains pour échapper à la police, n’hésitent pas à se jeter par la fenêtre. Les perspectives de reprendre leur vie dans leur pays d’origine n’étant pas des plus reluisantes. Au mieux la faim ou la prison, au pire la mort.

Dans la seule année de 2008, on compte ainsi, selon des associations de défense des droits de l’homme, deux défenestrés, un noyé, une immolation et un suicide. C’est l’œuvre de Hortefeux à qui Yayi Boni vient de donner la nationalité béninoise.

Et ce n’est pas tout. Après son passage au ministère de « la Pureté de la Race et du verrouillage des Frontières », Brice Hortefeux peut être content de lui-même. Son œuvre est parfaite. Plus de 45.000 étrangers ont été reconduits hors de la France dans des conditions scandaleuses. En 2007, le nombre d’enfants placés dans des camps de concentration français dépassait 250 dont, s’il vous plaît, 80% d’enfants de moins de dix ans. Les objectifs de rapatriement des immigrés étaient de 26.000 en 2008. Brice Hortefeux a affolé les compteurs et a atteint 29.799 étrangers sans papiers reconduits comme des bêtes de somme. Soit 6.600 de plus. Les sans-papiers ne sont pas des « citoyens honnêtes, propres » disait-il.

Il faut débarrasser la France de la vermine. Un vrai record. Qui mérite sans doute une nationalité d’un pays africain ! Et il est fier de sonœuvre, BriceHortefeux.

« Je suis fier de faire respecter et d’appliquer la loi ». Mais cette prédisposition raciste et xénophobe tient du passé douteux de ortefeux. N’a-t-il pas appartenu au Gud (Groupe union défense), un mouvement d’étudiants d’extrême droite, violents et racistes ?

Le trophée de crime….

Voici résumées les raisons pour lesquelles le président Yayi Boni a cru devoir accorder à Brice Hortefeux la nationalité béninoise. Pour service rendu à l’Afrique et au monde entier. Parlant du président Yayi Boni, Brice Hortefeux disait : Il (le président Yayi Boni) « est content du travail dans le domaine de l’immigration .Donc,le président Yayi Boni est content des 29.799 sans-papiers renvoyés de la France en 2008. Il est content des 250 enfants (dont 80% de moins de dix ans) entassés dans des camps de concentration. Il est content de la
situation de cette grand’mère et du bébé de trois semaines enfermés dans un centre de rétention. Il est content donc de ces deux personnes qui se sont défénestrées pour échapper aux flics. Il est ravi de ce noyé qui cherchait un mieux vivre. Il est content de cet immigré qui s’est jeté dans les flammes pour ne pas retourner chez lui.
Il applaudit donc le suicide de cet autre expatrié qui a fait des années en France et qu’on voulait reconduire chez lui sans un rond. Non. Le président Yayi Boni ne peut pas être content des 45.000 expulsés de la France sous Hortefeux, dont notamment des Africains. Sinon, ce passeport béninois qu’il lui a gracieusement offert n’est ni plus ni moins qu’un trophée des nombreuses violations des droits de l’homme dont Brice Hortefeux est l’auteur. Un trophée de crimes. « Je ne sais pas si Brice Hortefeux laissera une grande trace dans l’histoire. Mais si un jour un manuel d’histoire consacre quelques lignes à son action, ça ne sera pas à la rubrique des droits de l’homme ». Brice Hortefeux est la négation même des droits de l’homme. Et pour couronner ce crime, le Bénin lui offre la nationalité. Avec un passeport diplomatique en plus !

Ce n’est donc pas une surprise en soi si Brice Hortefeux lui-même qualifie ce geste du président Yayi de courageux. Négativement courageux, et Hortefeux lui-même le sait. Il sait qu’il est un indésirable en Afrique. Ce geste est même inimaginable de la part d’un président africain, surtout d’un président du Bénin. Berceau de l’esclavage dans le passé, le Bénin devient la honte de l’Afrique. Le Bénin ne s’illustre que négativement quand il faut marquer l’histoire.

Que penseront les autres pays Africains du Bénin ? Le Mali, le Burkina, le Sénégal, la Guinée et tous les autres dont les ressortissants ont été traités comme des animaux par Hortefeux ? Comment se comportera désormais le président Yayi Boni à un sommet de l’Union africaine ? Et pourquoi le passeport Béninois est-il devenu un présent que l’on offre à tout diseur de bonnes aventures ? La réciprocité d’un tel acte est- elle possible dans un pays comme la France ?

Le président Sarkozy peut-il déclarer Yayi Boni citoyen français du jour au lendemain avec un passeport diplomatique français à l’appui ?

Comment peut-on respecter le nègre, quand un président nègre se permet de tels actes ?

Il y a quelques mois, c’était Dame Savané. Aujourd’hui, c’est un raciste qui en profite. Combien de passeports ont-ils été ainsi distribués ? Vivement une commission d’enquête parlementaire s’impose.

Charles Toko, 26 février 2009 – LEMATINAL

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