Le Blog de Aymard

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Boni Yayi, l’élève du clan Gnassingbé a bien assimilé sa leçon

Bénin : La démocratie à reculons : Yayi Boni, l’élève du clan Gnassingbé, a bien assimilé sa leçon

Comme nous l’écrivions dernièrement, des grains de sable se sont glissés dans l’exemplaire démocratie en construction dans ce pays frère du Bénin et qui suscitait jusqu’à ces dernières années l’admiration de beaucoup d’observateurs. Seulement voilà, celui qui avait gagné l’admiration de plusieurs millions de ses compatriotes après un raz-de-marée électoral, le créditant en 2006 d’un score de plus de 75% des suffrages est devenu tout méconnaissable après seulement deux années passées à la tête du Bénin. Il a littéralement copié, les très vilaines pratiques togolaises qui constituent une véritable chape de plomb pour l’immobilisme du Togo et la souffrance de sa démocratie naissante.

Nul n’est sans savoir la grande difficulté dans laquelle la présidentielle béninoise a fini par se tenir le 13 mars. Il avait fallu que l’Union africaine et même l’Onu y mêlent leur voix pour que Yayi Boni consente à repousser seulement d’une semaine, une seconde fois, la date de l’élection fixée en premier report au 6 mars 2011. L’homme et ses partisans décidés à saper les bases de la démocratie béninoise, s’étaient arrangés à faire en sorte que plus d’un million d’électeurs favorables à son opposition ne puissent pas accomplir leur devoir civique. Les sept jours supplémentaires n’y apporteront pas grand-chose et au finish, plusieurs centaines de milliers de Béninois, dans un mécontentement général, n’auront pas pu obtenir leurs cartes d’électeur. L’ouverture de certains bureaux de vote a eu lieu au-delà de la mi-journée.

C’est dans ces conditions que le scrutin présidentiel s’est tenu. Ce n’est que cinq jours plus tard que les résultats provisoires issus des urnes seront connus, résultats que ne reconnaîtra pas l’ensemble des partis de l’opposition ayant pris part à la compétition. Le président sortant est crédité de 53,17% de suffrages contre 36% à Adrien Houngbédji Ce qui exclut la tenue d’un second tour. Dans la foulée, l’Union fait la nation (UN)annonce qu’il ne restera pas les bras croisés. Il a annoncé une concertation avec son état-major pour décider de la conduite à tenir.

Signalons que pour la proclamation des résultats, le président de la CENA, Joseph Gnonlonfoun qu’on dit proche de Yayi Boni, a rassemblé quelques journalistes dans son bureau pour s’exécuter en l’absence de consensus. Sur les onze membres de la Commission électorale nationale autonome (CENA) cinq ou sept sont complètement en désaccord avec les résultats proclamés par le président de cette institution et soutiennent que Me Adrien Houngbédji a totalisé 44% et non 36% ; ce qui ouvre bien les portes d’un second tour. Des fraudes comme Yayi Boni en a vu faire au Togo où il a côtoyé le pouvoir pendant plusieurs années à la tête de la BOAD, il y en a eu.

Un membre de la CENA et ancien député raconte : « Le jour du vote, un hélicoptère a amené des bulletins dans le Borgou et en tant que coordinateur, je n’ai pas été informé de cela. Ces bulletins sont arrivés et descendus directement à Tchaourou par hélicoptère, … Il y a eu beaucoup de bureaux pirates dans le Borgou. En ma qualité de coordinateur de ce département, j’ai eu à procéder à des nominations et cela m’a permis de connaître le nombre de bureaux de vote qu’il y a dans chacune des communes du département ». Au sujet de bureaux pirates, signalons qu’il y en aurait eu au total 90 supplémentaires non officiels dans ledit département selon cet ancien député membre de l’actuelle CENA. Au niveau de trois communes favorables à l’opposition (Nikki, N’dali et Sinendé) il y aurait eu 13 bureaux de vote en moins.

Tout le monde, y compris les Béninois sont d’avis que leur président a importé chez eux les mauvaises pratiques antidémocratiques de leurs voisins Togolais. Il est déplorable qu’un cadre du niveau de docteur Thomas Yayi Boni qui aurait pu encourager ce qui se fait chez lui en matière de promotion de la démocratie depuis quelques années, ait préféré opter pour les ridicules marches de soutien suivies de distribution de billets de banque qu’il a vu faire au Togo sous feu Eyadèma pendant plusieurs années et choisir la technique de fraudes pour se maintenir au pouvoir contre la volonté du peuple.

Le Bénin n’étant pas le Togo, il faut craindre que ce monsieur ne fasse plonger son pays dans le désordre et consacrer ainsi un recul de la démocratie, contrairement à ce qui vient de se passer au Niger voisin et qui aurait pu l’inspirer. Dites-moi qui vous fréquentez et je vous dirai quels peuvent être vos réflexes. Il faut croire qu’il y ait de l’électricité en l’air. Et c’est le lieu de dire qu’après la Côte d’Ivoire, il serait mal venu que Yayi Boni qui a fait partie d’une délégation de chefs d’Etat pour rencontrer Laurent Gbagbo en vue de trouver une solution pacifique à la crise ivoirienne, ne sache pas tirer honorablement son épingle du jeu.

E. Djibril

source : http://www.togoforum.com

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