Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: mars 29, 2011

Bêtise et Méchanceté au Bénin : Coefficient 10

Le Médiateur de la République, Albert Tévoédjrè aurait déjà, paraît-il, tourné la page des élections présidentielles. Il focaliserait désormais toute son attention sur un nouveau défi : s’investir intellectuellement dans l’organisation d’une rencontre nationale intitulée : « FORUM NATIONAL DE VÉRITÉ ET DE SURSAUT PATRIOTIQUE », qu’il envisage pour la période du 11 au 13 avril prochain.

Du 11 au 13 prochain !, donc dans la foulée de « l’investiture » de son poulain, le Fraudeur le plus culotté et le plus extraordinaire de l’histoire du Bénin. Si cette nouvelle salade estampillée Tévoédjrè était avérée, ce serait pourtant la preuve – s’il en était encore besoin – de ce que la magie de son vain verbiage n’opère plus, que la machine à idées du Papi de Djrègbé est désormais à sa propre image : rouillée, délabrée, brinquebalante, à ranger, pour l’éternité, dans un musée.

Mais dans un Musée des Horreurs, de préférence ; parce que la preuve est désormais faite que tout ce qu’a produit cette machine infernale depuis les années 60 jusqu’à nos jours – en dépit des fanfaronnades de son propriétaire – n’a rien apporté de bon (au contraire !) à son pays natal, l’ex-Dahomey puis aujourd’hui le Bénin.

Aucun intérêt de revisiter toutes les nuisibles productions de la machine. Ce serait, en plus, une perte de temps considérable. Mais puisque les principales nuisances de ces productions se cachent derrières de belles professions de foi (exclusivement) verbales, il ne serait pas triste de se rappeler certaines, juste pour le « fun », comme disent les jeunes :

SURGIR, AGIR ET DISPARAÎTRE !!!…

ALBERT TÉVOÉDJRE VOUS PARLE !!!…

LE GRAND SECRET MIS A NU !…

PAUVRETE, RICHESSE DES NATIONS…

BÂTISSEURS D’AVENIR…

NOTRE CAUSE COMMUNE…

PNE (PARTI NATIONAL ENSEMBLE)… Et ta sœur ?, disaient des insolents…

GÉRER AUTREMENT…

20 000 EMPLOIS PAR AN !!!… (En fait, au final, UN seul … Le sien, au PNUD)

NOUS AVONS VAINCU LA FATALITÉ !… Foutaises !

Il y a comme ça, dans l’histoire des peuples, des gens qui parviennent à occuper l’espace avec du vide. En l’occurrence, le Papi du « Refuge du Pèlerin » est un expert de haut vol. Généralement, une telle imposture ne dure pas bien longtemps. Mais l’hypocrisie et la couardise proverbiales des Dahoméens, puis Béninois, ont fait que le Papi a occupé si longtemps l’espace dahoméen puis béninois, avec du vide, du vain bla bla et conservé, hélas !, toute sa capacité de nuisance.

« Toute sa capacité de nuisance », ce ne sont hélas !, pas uniquement des mots : ce fut lui qui coacha Kérékou, pour son retour (à priori) impossible en 1996, ruinant des espoirs de générations d’Africains, qui croyaient le continent définitivement débarrassé des vieux dinosaures en 1990. La seule chose positive à retenir de ce retour catastrophique au plan historique, c’est que le vieux dinosaure Kaméléon joua à peu près convenablement le jeu démocratique. Son mérite, en l’occurrence, n’est pas mince : sous ses deux mandats, bien que copieusement nourri de scandales économiques et financiers divers, le Bénin était classé 1er en Afrique, en matière de liberté d’expression. Or, quand il fut certain que la résistance contre la révision de la Constitution en 2005 ne cèderait pas aux assauts des révisionnistes, le Papi du « Refuge du Pèlerin », infatigable quand il s’agit de nuire, prit son bâton de… pèlerin pour aller prendre Boni Yayi par la main, le coacher habilement, pour qu’il devienne président de la République, Pape du Changement.

On connaît la suite : gestion hasardeuse, au pifomètre, des ressources de la Nation, prévarications tous azimuts, autorité de l’Etat ne reposant que sur la ruse et/ou la force brute, déchirement stupéfiant du tissu social, crises sociales aigües à répétition, point d’orgue de cette descente aux enfers, une entreprise de dépouillement des populations les plus misérables de leurs épargnes (la terrible affaire ICC Services), et cerise sur toute cela, une élection conçue, préparée, exécutée avec un Objectif Unique : la « victoire » par K.O. au 1er tour d’un président-candidat en tous points calamiteux ! N’en jetez plus, la coupe est pleine !…

Et pourtant, il faudra encore jeter dans cette coupe qui déborde : de 1er en matière de liberté d’expression au plan africain, le pays est désormais perdu dans les profondeurs du classement de Reporters Sans Frontières. Sans compter Amnesty International qui ne lui tresse nullement des lauriers, en matière de corruption, loin de là !…

Et pourtant – désolé d’enfoncer (avec joie !) le couteau dans la plaie du Papi – il faudra encore jeter dans cette coupe que, pleinement conscient de ce que son imposture de Pape du Changement était éventée, voilà que son poulain fait organiser l’entreprise de fraude la plus incroyable de tous les temps, et que suite à la vive opposition des opposants de son K.O. imaginaire au 1er tour, les fait bastonner et disperser avec une très grande violence qui frise carrément la sauvagerie, et militarise certaines grandes villes du pays. Une première postélectorale au Bénin !…

Tout cela cependant, pour le Papi, ce ne sont que des détails. Comme dirait son homme des basses œuvres, l’inénarrable (et lamentable) Joseph Gnonlonfoun, il ne faut pas continuer à regarder dans le rétroviseur ; il faut aller de l’avant !… Organiser, par exemple, le fameux « FORUM NATIONAL DE VÉRITÉ ET DE SURSAUT PATRIOTIQUE »

Ne nous énervons pas !… Restons polis… Restons polis, pour lui dire, comme lui disaient à l’époque, des insolents, à propos de son fantomatique Parti National Ensemble : « Et ta sœur, vieux fossile ?… »

Il faudrait quand même que quelqu’un le lui dise, au vieux fossile, que la magie de son vain verbiage n’opère plus, ne peut plus opérer. La preuve, il a vu quelle suite (ou quelle absence de suite) fut donnée à sa proposition surréaliste, de positionner des Cellules de Réclamations dans les bureaux de vote, quand il s’était révélé que la LEPI en circuit fermé que ses acolytes avaient élaborée, ne pouvait pas permettre un vote dans des conditions normales. La meilleure réponse à cette pitoyable hérésie vint d’un compatriote de la diaspora : Tévoédjrè reconnaissait de fait que le vote tel qu’il s’engageait, allait faire beaucoup de victimes, à savoir les concitoyens qui ne pourraient pas voter. Au lieu de chercher à éviter la survenue du sinistre, il suggère qu’on le laisse plutôt survenir, mais qu’on prenne des dispositions, ses fameuses « Cellules de Réclamations », pour compter les morts le moment venu. Eh oui !, espèce de vieux fossile assassin !…

« FORUM NATIONAL DE VÉRITÉ ET DE SURSAUT PATRIOTIQUE » !… Et ta sœur ? (ter).

Il est facile de deviner que le vieux fossile voudrait jouer à Nelson Mandela, dont la formule de génie « Vérité et Réconciliation » a permis de sauver la Nation Arc-en-ciel. Toujours ce culot d’enfer qui est le sien ! Il devrait pourtant le savoir, n’est pas Mandela qui veut ! Mandela, de son vivant, est déjà entré dans l’Histoire par la très grande porte ; alors que les menus fretins du genre Tévoédjrè – surtout avec leur innommable forfaiture autour de l’élection de 2011 –, ce sont de petites fenêtres qui les attendent, par lesquelles ils passeront pour dégringoler dans les poubelles de ladite Histoire.

Un dernier point – qui n’est pourtant pas le moins important, qu’on le lui dise ! – que plus jamais, de la bouche de ce Membre éminent d’une Bande de Fraudeurs et de Tricheurs, ne tombe sa sentence favorite selon laquelle le Bénin souffre de deux problèmes majeurs : la bêtise et la méchanceté. Que plus jamais il n’ose proférer encore cette inacceptable injure, parce qu’en ce qui le concerne désormais, parlant de bêtise et de méchanceté, les Béninois ne manqueront plus jamais de marquer le coefficient, et de s’écrier: « NOUS AVONS VAINCU LA FATALITE APPELEE ALBERT TEVOEDJRE !!! »

TLF

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Sans détour : Bénin : Le diable dans la maison

« C’est le Diable qui tient les fils qui nous remuent ! » (Charles Baudelaire)

Le Bénin est l’un des pays de l’Afrique francophone à avoir réussi sa transition démocratique après le discours de La Baule. Il n’y avait pas eu assez de heurts, comme ce fut le cas dans la plupart des pays africains où les populations avaient dû forcer la main aux tenants du parti unique. Le Bénin est l’un des tout premiers pays à avoir organisé la conférence nationale et les premières élections démocratiques.

Ses populations ont plusieurs fois savouré les bienfaits de l’alternance politique. Malgré les positions tranchées affichées par les uns et les autres lors de la bataille électorale, les politiques béninois arrivaient toujours à se transcender et le vaincu n’hésitait pas à féliciter le vainqueur.

Cette réussite béninoise faisait rêver nous autres Togolais qui, depuis 44 ans, ne connaissons que le régime des Gnassingbé. Tout allait bien chez nos voisins de l’Est jusqu’au jour où l’ancien président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), Thomas Yayi Boni, qui a séjourné pendant plusieurs années au Togo, a décidé de solliciter le suffrage de ses compatriotes après les deux mandats du vieux « Caméléon », Mathieu Kérékou. Présenté comme le technocrate qui n’avait aucune accointance avec ceux qui avaient mangé avec le « vieux », il a été porté à tour de bras par les ténors de la politique béninoise.

Mais, une fois qu’il s’est installé au Palais de la Marina, l’agneau de la BOAD adoubé par plus de 75% de Béninois au second tour de l’élection présidentielle de mars 2006, s’est mué en véritable despote, régnant exactement comme Gnassingbé père. Il a importé au Bénin les pratiques avilissantes du régime des Gnassingbé avec les marches de soutien tous azimuts au cours desquelles le banquier est célébré. Et les médias publics les relaient abondamment. Des comportements qui ont amené ceux qui l’avaient soutenu, à lui tourner le dos. En revanche, Yayi Boni sait opérer aussi des hold-up électoraux comme le fait souvent l’unique famille qui régente le Togo depuis 44 ans. Le premier tour de l’élection présidentielle du 13 mars au Bénin dont les résultats proclamés à huis clos par le seul président de la CENA est la copie conforme de l’élection présidentielle du 4 mars 2010 au Togo.

Comme le candidat du RPT en 2010, c’est depuis la phase des inscriptions sur les listes électorales que l’ex-président de la BOAD a commencé la fraude électorale. Même les excuses présentées le jour du scrutin ne sont destinées qu’à se moquer de ses compatriotes. La machine à fraudes était en marche : votes multiples, bourrage d’urnes, bureaux de vote multiples, résultats fictifs savamment distillés dans l’opinion au lendemain de l’élection…

Dès la fermeture des bureaux de vote, le porte-parole du président sortant, Marcel de Souza qu’on présente comme le gendre de la famille Gnassingbé, est monté au créneau pour annoncer que son candidat est élu dès le premier tour avec les chiffres qui ont été publiés vendredi dans son bureau par le président de la CENA. Des chiffres qui circulaient depuis le 14 mars sur certains sites Internet dont le site gouvernemental togolais « republicoftogo.com » ; la même procédure comme en 2010 au Togo. Mais son challenger Adrien Houngbédji n’entend pas se laisser faire et revendique sa victoire. Une crise postélectorale en perspective en Afrique de l’Ouest après le casse-tête ivoirien et l’imbroglio togolais.

Zeus Aziadouvo

www.togoforum.com

Valider les fraudes électorales en Afrique, un crime contre l’humanité

Personne ne s’attend à ce que les tyrans qui nous gouvernent ne quittent leurs « responsabilités de chef d’Etat » librement et démocratiquement. Ils sont arrivés au pouvoir par la fraude et le soutien de leurs maquereaux occidentaux, et se maintiennent au pouvoir par la violence et la répression. Ils ne connaissent donc pas d’autres langages que celui-là. Le goût très sucré de la mangeoire pour leur famille et leur clan ne peut d’ailleurs que les dissuader au quotidien d’abandonner le doux pouvoir.

Par conséquent, tous les moyens et subterfuges sont bons pour forcer le peuple à accepter, soit la monarchisation, soit la passation du pouvoir à l’intérieur du clan. Les contestations sont écrasées dans la répression avec la bénédiction des maquereaux, les leaders dérangeants assassinés. Cela fait 50 ans que ça dure.

« Comment peut-on organiser des élections, y participer et les perdre en Afrique ? » disait Omar Bongo.

Les pays de la communauté françafricaine usent d’une machine déjà parfaitement bien huilée depuis l’avènement des pseudo-indépendances, installée par un colonisateur qui avait bien l’intention de garder la main mise sur ses colonies afin de continuer à faire main basse sur des ressources naturelles devenues indispensables pour son fonctionnement. L’Occident est bel et bien obligé de piller là où il peut sinon il est mort. Un changement de conditions dans les contrats miniers provoquerait de grandes difficultés économiques en Europe. Quand on vous demande soudain d’acheter quelque chose que vous avez l’habitude depuis un demi-siècle d’obtenir avec d’énormes rabais, votre économie va forcément en souffrir. On peut donc comprendre l’acharnement occidental à vouloir préserver des conditions économiques garanties par les lascars que nous connaissons.

C’est ainsi que le gouvernement français se porte garant de résultats électoraux à la hauteur des espérances du « président » sortant, en échange de la bonne garde du pré-carré que tout le monde connaît. Les petites variantes locales viennent en tête de la parade en vue de la fraude électorale massive que nous connaissons dans les pays de la Françafrique, et qui se répète à chaque échéance électorale.  Nous nous préparons déjà à assister à plusieurs élections présidentielles en 2011, dont les vainqueurs sont certainement déjà connus au Quai d’Orsay à Paris.

Le premier petit moyen est la manipulation systématique du nombre des personnes qui auront le droit de déposer leur bulletin de vote. En République centrafricaine, Bozizé a décrété publiquement et devant les médias internationaux que le recensement du corps électoral  était un petit problème et qu’il peut se faire en un mois.  Or, malgré une population de 4 millions et de nombreux déplacés internes, ce n’est que des fabrications de listes électorales qui peuvent être produites en si peu de temps.

Ensuite, la manipulation de sous-préfets, préfets, chefs de village et maires de plusieurs préfectures  en province, ainsi que dans les faubourgs de la coquette capitale, a été largement constatée, et prouve largement les tentatives de malversation en termes de recensement électoral, et de listes parallèles et non conformes, donc illégales.  Ainsi l’établissement de la base même du processus, est sujet à des tentatives  systématique de sabotage, ce qui ne présage pas grand-chose de bon pour une suite transparente.

Au Cameroun, on trouvera la variante locale constituée par les chahutages continuels au sein d’Elecam. Les représentants locaux en charge des élections sont critiqués de manière véhémente, tant leur choix se dessine clairement dans une chronique de fraude massive annoncée. Les sous-préfets, favorables au parti au pouvoir, accusés de truquages des listes électorales et de falsification des procès-verbaux consignant les dépouillements des élections sont autant de signes que les élections seront tout sauf transparentes et démocratiques. Ceux qui vont dépouiller les bulletins de vote vont donc éliminer les bulletins qui disent NON, et brandir les bulletins qui disent OUI. Les fraudes se font au nez et à la barbe des citoyens.

Ce ne sont que des petits exemples de la falsification du droit de vote du peuple. Une fois de plus on ne pourra que constater l’échec du peuple dans sa volonté d’exercer son droit le plus fondamental, sa liberté de penser et de manifester son opinion. Or « un OUI n’a de sens que si celui qui le prononce, a la capacité de dire NON »,  disait Lamine Gueye.

Les Africains sont en droit de s’attendre à un recensement électoral fait ouvertement et dans les règles, par la voie officielle, et surtout sur toute l’étendue du territoire national, effectué par une commission électorale indépendante comme le stipule la loi constitutionnelle.  Les listes vérifiées et définitives sont les seules listes légales. Le peuple a le droit au respect de la loi garantie par la Constitution. Mais au fond en Afrique, une Constitution n’a qu’une valeur très limitée en comparaison avec la Constitution française par exemple.

Au terme des élections, la communauté internationale est sensée valider un résultat obtenu dans la transparence et la légalité. Mais l’opinion publique internationale est très silencieuse, inconsciente et désintéressée du sort des peuples africains. Le racisme institutionnalisé en Occident a bel et bien aidé à transformer le sort de l’Africain en détail de l’Histoire.

On sait que Biya passe le plus clair de son temps à l’Intercontinental de Genève en Suisse, et en Europe on se dit « et alors…. ». Les autorités suisses pourtant, dans l’acceptation de cette situation, se rendent coupables de recel et de blanchiment d’argent volé à autrui. Mais qui va sanctionner la Suisse? Qui va sanctionner la France dans son soutien systématique de la logistique civile et militaire des dictateurs-voleurs.

Qu’elle est loin cette misère et cette famine que les médias étalent. Le Darfour, l’Ethiopie, la Somalie, les rebellions et coups d’Etat chez feu Bokassa, le choléra au Cameroun, les guerres au Congo, et tant d’autres choses qui finalement se mélangent dans l’inconscience occidentale;  les gouvernements occidentaux profitent de l’ignorance et de l’indifférence générale pour valider l’inacceptable, et feignent l’ignorance des malversations malgré tous les cris de protestation des peuples qui ont été dépouillés de leur droit à la parole et à la respiration mentale.

Les pouvoirs occidentaux valident des pratiques qui ne pourraient jamais être validées en Europe, et c’est bien parce que ces pratiques en Afrique sont systématiquement  validées, qu’elles ont fini par constituer la normalité sans questionnement aucun. Une normalité profondément indécente et coupable.

En RCA, la communauté internationale a validé une élection présidentielle basée sur des inscriptions clandestines de citoyens par des chefs de village et des maires aux ordres des autorités du régime sur des cahiers d’écoliers, pour constituer des listes électorales parallèles et piratées. Ce sont pourtant des pratiques inacceptables. Et tout le monde le sait parfaitement. Les gouvernements occidentaux acceptent et valident.

En fin de compte, les commissions électorales deviennent des commissions auxquelles « on impose de fausses données  pour légitimer de faux résultats ».  De quoi valider largement un faux président à la même occasion !

Cette situation est inacceptable, et elle est à  prendre avec le plus grand des sérieux par une communauté internationale qui ne se cesse de déverser des milliards dans les poches des uns et des autres, fer de lance d’un colonialisme humanitaire rampant, renforçant ainsi le poids d’une dette imaginaire sur les frêles épaules d’un peuple qui n’a même jamais vu le capital. Les vraies questions de fond ne sont jamais posées.

La communauté internationale refuse de comprendre et d’accepter  que les peuples africains aspirent désespérément  à la paix et à des élections paisibles et correctement menées. Dans cette perspective, il serait hautement souhaitable que le déroulement du processus électoral soit mené dans la transparence et le sérieux, en laissant de côté les grossières manipulations. Il est également indispensable et normal que le scrutin exprime la libre expression du peuple, que le résultat soit crédible, et surtout acceptable avant d’être validé automatiquement par des puissances prédatrices qui ne voient que l’effet du scrutin sur les contrats miniers ou pétroliers dont ils se maintiennent bénéficiaires depuis 50 ans.

Ces procédés de manipulation des listes électorales sont donc répandus de façon institutionnalisée en Françafrique. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg.  Nous ne parlons là que des fraudes pré-électorales. Les urnes bourrées ou brûlées, les intimidations et menaces envers les électeurs, la présence omniprésente des forces armées au moment du vote, le black-out communicationnel dans le pays, ainsi que les répressions dans le sang d’électeurs qui manifestent leur réprobation à la violence politique des autorités, ne sont qu’une faible image de la réalité du terrain. Les fraudes électorales sont massives à tous les niveaux, afin de garantir que le « bon candidat » sera bien le vainqueur.

En fin de compte, valider de tels résultats équivaut bel et bien à un crime contre l’Humanité.

Juliette Abandokwe

Source: http://www.leconfident.net

Cameroun : Présidentielle 2011 – Doutes et incertitudes autour de la transparence électorale

Les contestations autour de l’organe en charge de l’organisation des élections ne douchent pas l’enthousiasme de ses dirigeants.

900.000 nouveaux inscrits. En plus des 4 millions d’électeurs déjà répertoriés dans le fichier que le ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation a difficilement transmis à Elections Cameroon, Elecam, c’est le nombre de Camerounais qui ont consenti, jusqu’ici, à faire partie du corps électoral dans la perspective de la présidentielle de 2011. Cette statistique divulguée par Elecam il y a quelques jours montre l’ampleur de la tâche qui est celle de cet organisme, qui ambitionne de constituer un fichier de 9 millions d’électeurs avant août prochain, si l’on suppose que la consultation électorale devant conduire au choix de celui qui présidera aux destinées du Cameroun est théoriquement prévue pour octobre prochain.

Mais loin de l’ambition herculéenne d’inscrire 5 millions de nouveaux électeurs (en plus des 4 millions recensés dans le fichier transmis par le Minatd), Elecam devrait d’abord gagner le pari de la crédibilité, tant les critiques fusent de partout, depuis sa mise en place, non seulement sur la constitution de son conseil électoral, mais aussi sur son indépendance structurelle vis-à-vis du Minadt, ancien manitou très contesté des consultations électorales au Cameroun.

D’abord la constitution du conseil électoral. Hormis le fait que trône à sa tête un certain Samuel Fonkam Azu’u dont le nom a été cité dans une histoire d’immigration clandestine vers les Etats-Unis au lendemain de sa nomination comme président du conseil électoral d’Elecam, aussi bien la société civile que les partis politiques de l’opposition continuent de dénoncer avec véhémence la désignation d’anciens caciques du parti au pouvoir au sein de cette structure que le Rdpc a préféré à la commission nationale électorale indépendante réclamée par l’opposition depuis belle lurette. Pour montrer leur détermination à contester la partialité d’Elecam, certains partis politiques tels que le Sdf n’ont d’ailleurs pas hésité à saisir les juridictions du pays pour réclamer la substitution des membres du conseil électoral.

Quid de l’indépendance d’Elecam vis à vis du Minatd? La polémique a repris du poil de la bête au terme de la modification de la loi portant création d’Elecam, avant même que cet organisme ne passe son galop d’essai qu’est la prochaine élection présidentielle. En effet, en 2010, l’assemblée nationale du Cameroun a voté une loi modifiant celle organisant le fonctionnement d’Elecam, afin d’impliquer à nouveau le ministère de l’administration territoriale dans l’organisation des élections au Cameroun. Argument pris de ce que cette administration dont le rôle a toujours été décrié dans les fraudes ayant émaillé les consultations électorales au Cameroun, dispose d’une meilleure connaissance du processus et d’une meilleure couverture du territoire.

L’émoi que cette rentrée en force du Minatd dans le processus électoral a suscité, tant au sein de l’opinion publique que des partis politiques de l’opposition, n’a point ému la classe gouvernante. Idem pour la direction générale d’Elecam, qui continue de clamer que l’organe désormais en charge de l’organisation des consultations électorales au Cameroun ne sera l’otage d’aucun groupe de pression. Une promesse dont on ne tardera pas à se rendre compte qu’elle a été respectée ou alors qu’elle relève simplement de paroles en l’air. Le mois d’octobre étant si proche.

© Mutations : Brice R. Mbodiam, lvdpg.com

Ne critique pas Paul Biya Tu risques un assassinat

Je suis maintenant convaincu qu’il n’y a pas de démocratie en Afrique et qu’il n’y en n’aura jamais si les dictateurs comme Sassou, Paul Biya, Ali Bongo, Faure Gnassigbé. Compaoré, Idriss Deby, Bozizé ne dégageaient pas. Lorsque les libertés d’expression sont bafouées par des canards boiteux, comment voulez-vous qu’on puisse parler de la démocratie en Afrique?

Les frères pro-biya du Cameroun nous le démontrent déjà. Car pour eux, critiquer Paul Biya, c’est un crime. Il faut voir avec quelle agressivité les soldats camerounais répriment les populations civiles aux mains nues à Douala, et ailleurs! (c’est le cas actuellement au Bénin).

Le régime dictatorial de Paul Biya ne respecte pas les principes de droits de l’homme au Cameroun. Ces crimes ne sont pas dénoncés par Sarkozy et son gouvernement. Quel horreur! L’opposition camerounaise est phagocytée par un régime criminel; et dictatorial. Que l’on mène des enquêtes.

Plus grave encore, certains pro-Biya vivant en occident menacent de mort, tous ceux qui critiquent le régime sanguinaire de Paul Biya. Nous avons côtoyé certains jeunes camerounais qui en parlent en catimini, question de ne pas être remarqué. Vous comprendrez que même ici en occident, lorsque des citoyens camerounais parlent en cachette, cela veut dire que c’est très grave! Certains disent que les ambassades ont également leurs antennes dans les rues des villes occidentales pour mieux regarder les opposants.

La vérité est toujours la vérité. C’est un problème d’éducation pour certains pro-biya de se comporter en véritables criminels dans le monde. Mais, ce que ces individus oublient, c’est que malheureusement, l’occident n’est pas le Cameroun. Cette haine barbare qui fait que l’on profère des menaces mêmes à moi militant de droit de l’homme, parce que je critique dans mes articles le dictateur Paul Biya président du Cameroun, cela risque de ternir l’image de ce beau pays qui a le plus grand nombre d’intellectuels de haute qualité en Afrique et dans le monde. Un jeune espion camerounais a fini même se faire avoir en écopant une expulsion.

Je n’y croyais pas. Je le crois maintenant. Je ne croyais pas que des individus ratés se proclamant pro-Biya en occident, pouvaient autant, sans même se brosser les dents, proférer des menaces de mort à celui qui critique un dictateur. Oui, qui peut oublier que Paul Biya est un dictateur au Cameroun? Quel courage dans la honte! Quelle honte enveloppée de courage! Je vois certains toujours avec une bouille tendue de haine comme s’ils avaient un problème particulier qui les turlupine.

La vérité c’est encore de la vérité. Si les peuples Africains eux-mêmes ne prenaient pas l’engagement de critiquer des régimes dictatoriaux, lesquels viendront le faire à leur place? Si un Noir complote avec un Blanc pour tuer un autre Noir : qui est le plus idiot?

Est-ce que c’est le Blanc ou le Noir? Répondez chers messieurs!

Les peuples d’Afrique centrale sont des peuples les plus divisés au monde. Ce qui se passe en Côte d’Ivoire est moins grave et en Afrique de l’ouest. En Afrique de l’Ouest, une fois que les gens aient trouvé des solutions sur un problème, les rancœurs s’effacent, les gens circulent. Or en Afrique centrale, ce n’est pas le cas.

Un congolais de Brazzaville est l’ennemi juré d’un Gabonais, un Camerounais est l’ennemi juré d’un centrafricain, un Gabonais est l’ennemi juré d’un Equato-Guinéen et vice versa. Les raisons, il faut les trouver dans le fétichisme, les croyances démoniaques emballées dans des considérations ethniques et religieuses.

La bible à la main en faisant semblant de fureter des chapitres et de versets, mais au fond du cœur, l’homme est au service des réseaux démoniaques. De même les femmes, elles passent des veillées de prières uniquement pour avoir un mari blanc. Je ne vous dis que la vérité. De tels comportements rétrogrades prouvent bien que certaines femmes d’Afrique centrale n’ont aucune éducation et c’est cette gangue qui a endoctriné toutes les jeunes filles déroutées qui ont fini par abandonner l’école.

Je vais prendre l’exemple du Cameroun pour deux raisons. Un pays si beau, si riche, mais que la corruption a gangrené. Quel est la cause de cette corruption?

La première cause c’est Paul Biya, ce monsieur et son ethnie qui colonisent le Cameroun depuis des décennies.

Si cela n’est pas la vérité, vous la retrouverez toujours cette vérité. Lorsqu’on demande à Paul Biya pourquoi le Cameroun baigne-t-il dans la corruption, comme un bébé gâté, le président camerounais ne prend pas de la peine de convaincre dans ses réponses. Ensuite, ses partisans ethniques passent rapidement aux menaces. Oui, de graves menaces. Les camerounais sont dans une prison à ciel ouvert à cause de Paul Biya. Sarkozy a sûrement des yeux fermés qui l’empêchent de bien distinguer Paul Biya à Laurent Gbagbo, le défenseur des intérêts de l’Afrique.
Disons que tous les pays occidentaux, tant qu’ils tirent des gros intérêts au Cameroun, ils ont des yeux fermés devant une dictature dure, mûre et pure, pratiquée par Paul Biya. En ma qualité de militant de défense des droits de l’homme, ajouté à cela mon rôle d’analyste politique des pays d’Afrique centrale, la famille Biya peut faire des menaces de morts à tout le monde, moi, je n’ai rien à cirer. Il est grand temps de sauver le peuple camerounais des griffes d’un tyran.

Une révélation qui nous a été faite il y’a quelques mois, parmi les personnes qui voyagent dans le monde occidental en provenance du Cameroun, dans le lot, vous trouverez des flics parfois déguisés en pasteurs, des jeteurs des sorts, des charlatans, des magiciens, des marabouts qui viennent chasser leurs compatriotes camerounais de l’opposition qui combattent contre Paul Biya le dictateur. Il y’a même des hommes du pouvoir inscrits dans les universités pour contrôler les activités de tous ceux qui critiquent le régime biya. De véritables flics. La vérité, c’est déjà la vérité. (Sources : ce sont des jeunes camerounais qui en parlent).

Ces gens porteurs de deuil, pensent qu’on ne les connaît pas.

Dites-moi chers messieurs : Paul Biya est un président qui viendrait du ciel? Non, c’est la somme d’élucubrations qui caractérisent l’homme noir, une fois placé à un certain niveau des responsabilités.
Le crime : là aussi, je dis la vérité, rien que la vérité.

Un jeune Camerounais et, pour sa sécurité, je tais son nom, dans une causerie amicale après que j’aie fini d’animer une conférence sur l’excision en Afrique, il me dit :

«Gervais, moi je te connais bien. Tu es actif sur des questions de défense des droits de l’homme, je te prie d’écrire un article sur ce qui se passe dans mon pays le Cameroun, à condition de ne pas citer mon nom…». Ce dernier m’a donné des repères avec mes propres recherches, j’ai vite compris qu’il y’a des choses bien réelles.

Plus loin, il m’a parlé de la situation politique de son pays en me citant tant d’exemples.
Je lui ai demandé, mais : « mon cher frère, votre pays le Cameroun est en paix, ce n’est pas comme le mien ou il y’a eu plusieurs guerres civiles accompagnées de centaines de milliers de morts!».
Mon frère Camerounais me regarde, puis, il ajoute des propos durs en maugréant : «Gervais, tu vois bien qu’il y’a des Camerounais pro-biya qui débarquent en occident, mais attention! Même le cardinal Tumi est emmerdé au Cameroun.

Par ailleurs, parmi nous, il y’a des agents du mal que le pouvoir de Biya envoie pour nous filer ici en occident. Ils suivent tout à la lettre, ils regardent les gens que nous abordons, les choses que nous avançons en critiquant le président Biya. Ils font de fiches et une fois que nous allons rentrer au Cameroun après les études, nous risquons d’avoir des difficultés pour trouver du travail…». Eh oui! Là, je l’ai compris, car, je connais des amis camerounais à Montréal qui ont juré ne pas repartir au Cameroun tant que Paul Biya Bi Mvondo y règne encore.
Et, j’ai secoué la tête en lui disant : mais, n’est-ce pas nous sommes en démocratie?

Puisque tout le monde peut sagement lire des dérives de biya, selon des occasions, puisque tout le monde peut regarder comment la brise vous chatouille, la peau, selon la sensation dont on fait l’objet. J’ai rencontré un autre jeune camerounais dont le regard a effleuré le mien, je constatais quelque chose d’étrange dans sa manière de marquer le pas. Il m’a dit qu’il est étudiant, ensuite, il m’a dit qu’il habite sur le campus. Il m’a encore dit qu’il est là depuis quelques noix de coco de temps, car il venait droit de son pays.

Belle hommage pour celui qui vient du continent, notre beau continent qui aime les gens et dont les gens aiment autant. Mon cher étudiant me demande quel est mon nom. Je lui dis soyez le bienvenu, moi on m’appelle Gervais Mboumba, tout en lui expliquant que Mboumba, selon ma coutume, c’est la sirène des montagnes capable de faire du bien et rendre de bons services à l’humanité. Je n’ai même pas eu de la peine à lui demander son nom. Il me lâche sans tarder : qu’il est étudiant en sciences po et qu’il s’appelle Nicol. Point barre.
On a sympathisé, puis, comme dans mes habitudes, je lui ai offert mes amitiés légendaires. Puis, je lui ai demandé, connais-tu Mbia, cette fois-ci c’est le nom d’une fille. Il ne m’a pas compris pourquoi j’ai posé une telle question. Pour moi, c’est une référence pour une habituée fille qui joue le même rôle de flicaille tropicale en occident, selon qu’un autre camerounais m’ait donné l’information, en me disant : «Gervais, avec une telle fille fais attention».
J’avais tout compris. Mais, je lui ai aussi dit que je m’en tape, je continue de faire la défense des droits de l’homme. Il faut que les gens de tous les pays nous comprennent. C’est l’unique combat noble dans la vie. Défendre les causes justes.

Nicol ne dit rien. Un jour, je me suis rappelé d’un autre camerounais qui a étudié quelque part, une fois rentré au Cameroun, à son retour à Montréal, il est décédé mystérieusement.
On a simplement dit qu’il est mort de mort naturelle.

Un autre jour, le jeune étudiant qui me félicita pour mon engagement dans la défense des droits de l’homme, crut bonde me revoir. On s’est salué. Deux bonnes patates douces de minutes avaient-elles suffit pour que je regarde passer le fameux Nicol. Ainsi, je l’appelai et il répondit gentiment à ma demande. Ensuite, lorsque je l’ai invité de manière à le présenter auprès de son compatriote camerounais, comme font des ivoiriens et des Maliens de l’étranger, question de raffermir leur unité en tant que compatriotes venus de loin. Nicol le camerounais, m’expédie un niet surprenant en refusant de se parler avec son frère originaire du même pays. Que craignait-il?

Je le rassure en lui disant : «ne te fait pas de mal, c’est un jeune camerounais doctorant, il est très aimable, en plus, c’est un croyant. Puis Nicol, me rétorque sans ménagement : «Bien qu’il soit croyant, alors! Moi je vais le voir pourquoi?» «Il ne me connaît pas, moi, je ne le connais pas».
Je lui dis : « oui, voilà l’occasion pour vous faire la connaissance! ».

Nicol prit l’option fatale, celle de me quitter brusquement. Il est parti vers un jeune Gabonais venant d’Ottawa la capitale du Canada. Ils semblent soupçonnés par des jeunes camerounais. Leurs distances inquiétaient d’autres camerounais. Je fus surpris du comportement de Nicol. Je commençai à aiguiser mon sixième sens, comme cela se dit chez mes jeunes frères congolais d’à peine 16 ans.

Nicol arrive à nouveau, je commençai à rigoler car, parfois le rire, c’est nettoyer le système nerveux, selon la parole de ma grand-mère qui était décédée depuis 1967. Nicol me brandit une information, en me disant qu’il venait de finir sa session, il va s’en aller. Je lui demande, mais : «tu as terminé pour de bon?» Il me dit qu’il avait déjà eu du boulot, ensuite, il me brandit la carte professionnelle de la douane, je l’ai encouragé. Ensuite, je lui dis dans quel service travailles-tu? Il n’a pas répondu.

Je lui demande : «Pourquoi tu m’as menti que tu vis sur le campus, alors que tu vis à Montréal?». Il me dit : « comment l’as-tu su?».

Je lui dis : «c’est celui qui était avec toi hier dans la ville de Montréal qui me l’a dit». Il me demande : «qui était avec moi à Montréal?». J’ai ris car son air était grave puisqu’il me trouva étrange de le dénicher d’une manière inattendue. Je lui ai dit que : «tu as un ami au nom de Patrick». Je lui ai encore dit que : «tu as mangé hier avec lui, accompagné d’une personne de race blanche au nom de Ricky».

Lorsque j’ai dit tout ça, J’ai vu Carol en bain de sueur. Il ne comprenait pas, il n’en revenait pas. Il me posa la question de savoir : « comment peux-tu être au courant de mes relations, même sur les moindres détails, sur les choses que j’ai faites, alors que tu n’étais pas avec moi?». J’ai encore ri, en lui disant que le monde est petit.

Les jours suivants, carol a disparu.

Je suis allé voir le premier camerounais, c’est-à-dire, l’étudiant au doctorat qui m’avait chargé d’écrire un article sur le régime de Biya au Cameroun. Je lui ai fait le compte rendu de la conversation que j’ai eue avec Carol le flic camerounais. Ce jeune doctorant me dit à nouveau qu’ils sont nombreux au Canada, en France, aux États-Unis, les pro-biya et leur rôle qui est surveiller les autres camerounais de l’opposition. Surtout à la veille d’une élection.

-Finalement : je me demande si certains Camerounais pro-biya, peuvent savoir quel est le danger qu’ils peuvent provoquer un jour en occident avec de tels comportements?
-Est-ce que de tels individus peuvent mesurer les graves conséquences à long terme sur eux-mêmes et sur d’autres personnes non-originaires du Cameroun?

-Nombreux sont des africains qui se permettent tout, sans lire leur propre avenir.
-D’autres promettent la mort à cause des fesses des femmes, comme si cela était une préoccupation.
-Si celui qui promet tuer son prochain croit qu’il est le premier homme que Dieu a créé sur terre, et qui continue de vivre, il faut que ce dernier nous dise s’il ne mourra pas.
-Est-ce que critiquer un dictateur comme Paul Biya, est un crime?
-Pour qui se prennent certains pro-biya du Cameroun?

-Est-ce que c’est un mensonge par rapport à la dictature de Biya qui se vit et sévi au Cameroun et qui soumet un peuple intelligent et bien cultivé dans une prison à ciel ouvert?
À tous les criminels pro-biya venus du Cameroun, pour ma part, si vous voulez que je vous donne toutes mes adresses, je vais vous les donner. je vous invite de passer me voir, Je suis celui qui critique Paul Biya pour une raison claire : Biya s’est accaparé du pouvoir en pillant son pays. Je connais certains jeunes pro-biya qui menacent tout le monde. Et, j’ai reçu des menaces de mort. Nous n’allons pas nous arrêter là. Prenez même mes nombreuses photos sur la toile, j’en ai à chier.

Mais, ne me dites pas que Paul Biya n’est pas dictateur, auquel cas, vous serez ridiculisés devant l’histoire.

Par définition, un dictateur c’est celui qui passe trop du temps au pouvoir en abusant de son peuple. Si Vous commettez un crime sur moi, Je deviendrai un héros comme Lumumba, comme Thomas Sankara, comme Marien Ngouabi, comme Félix Mumié, mort par poison à Genève. Une journaliste camerounaise, une autre au Canada m’avaient déjà envoyé des emails quelque peu désobligeants. Ce sont des pièces à conviction que je publierai bientôt.
Un conseil : après m’avoir tué, mon corps sera bien mangé par vous, commencez à me manger par la tête. C’est par là qu’il y’a toute mon intelligence. Ensuite mangez également mon nombril, vous serez en bonne santé. Ne jetez pas mes dents, s’il vous plait, ce sont les plus belles dents au monde. Ensuite, je vous dirais de jeter mes cheveux dans la mer, ce n’est pas une pollution, mais mes cheveux ont été travaillés par Dieu pour bénir les poissons.

Gervais Mboumba, militant des droits de l’homme

Nigéria : Un leader de la jeunesse assassiné à quelques jours des élections

MAIDUGURI (nord) – Des hommes en moto ont abattu dimanche, Modu Gana Makanike, un dirigeant de l’organisation de jeunesse du Parti des peuples du Nigeria (ANPP) après un meeting des responsables du parti.

L’attaque survient une semaine avant le début d’une série d’élections. L’élection présidentielle est prévue le 9 avril, après les législatives du 2, et avant des élections au niveau des différents gouverneurs dans 36 Etats du pays le 16 avril.

La police a attesté qu’il s’agissait d’un  meurtre commis par des membres de  « Boko Haram », un groupe islamique radical  auteurs de troubles et les assassinats ciblés depuis des mois au Nigéria, surtout dans le nord de Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno.

« Les agresseurs qui sont soupçonnés d’appartenir à la secte Boko Haram ont tiré sporadiquement sur les dirigeants politiques avec deux Ak-47 avant de toucher la victime à la tête et à la poitrine. Il est mort sur le coup », a déclaré Mohammed Abubakar, commissaire de police de l’Etat de Borno.

Boko Haram est accusée d’être derrière une série d’assassinats de policiers, de dirigeants communautaires et d’attaques d’églises au cours des derniers mois au nord du Nigeria.

Ses militants se battent pour la création d’un Etat islamique au Nigeria, dont les 150 millions d’habitants sont repartis entre chrétiens et musulmans.

La secte, avait lancé en 2009 une insurrection dans laquelle des centaines de personnes avaient été tuées.

Plus de 200 personnes avaient été tuées dans des violences intercommunautaires et religieuses depuis fin décembre dans l’Etat du Plateau, dans le centre du Nigeria, sans que la plupart des auteurs présumés n’aient été poursuivis.

Selon le rapport d’Amnesty, plus de 2.000 personnes y ont été tuées depuis 1994 dans des violences récurrentes. L’organisation note que la situation y est très tendue à l’approche des élections générales du mois d’avril.

Amnesty met en cause le système de gouvernance Nigériane, qui manque de ressources et souffre de la corruption, et  « contribue à la culture de l’impunité ».

Publié le28 mars 2011 pardirectscoop

La France de Sarko ne supporte toujours pas l’Islam

La France, celle de Nicolas Sarkozy, est toujours encore hostile à l’Islam. Cette religion qui prône la paix, la tolérance et la solidarité. Etant ministre de l’Intérieur de la République française, il a posé des actes anti-islam. L’hostilité envers la religion des musulmans s’est accentuée avec son accession à la magistrature suprême. Ses partisans de la droite suivent le chemin qu’il a tracé et font dans des déclarations choc pour dénigrer une religion. Une religion que les autorités occidentales, surtout françaises, assimilent souvent au terrorisme musulman. Islam n’est islamisme. Et tout arabe n’est pas musulman. Ces amalgames devenus de fausses « vérités pour les « gaulois » de la France « pure », « conservatrice », « blanche » et « judéo-chrétienne » risquent de déstabiliser socialement l’Hexagone.

Après l’interdiction du voile dans les écoles et universités et de la burqa dans l’espace public, la France continue sa ridicule « croisade » contre la religion musulmane. Le virus « Sarkozy » a contaminé toute la droite française. Elle devenue plus extrême même que l’extrême droite. Et voilà Claude Guéant, tout nouveau ministre de l’Intérieur, qui entre dans la danse anti-islam et a envisagé, ce jeudi 24 mars, un élargissement de la loi sur le positionnement religieux dans les services public : «Les agents des services publics, évidemment, ne doivent pas porter des signes religieux ou manifester une quelconque préférence religieuse. Les usagers du service public ne doivent pas non plus. Par exemple, on sait qu’à l’hôpital il y un certain nombre de personnes qui refusent pour des femmes des soins prodigués par des hommes. Et bien écoutez, ce n’est pas admissible ». Cette déclaration maladroite de Guéant ne vise que l’Islam.

La gauche française n’a pas tardé à réagir à cette malencontreuse déclaration de Guéant. Le socialiste Arnaud Montebourg contre attaque et raisonne son adversaire politique : « Nous sommes dans un pays où la liberté de s’habiller, de croire en Dieu ou de ne pas croire est garantie par la Constitution. La France est ainsi. Et commencer à porter atteinte à la liberté aura des conséquences tout à fait sérieuses sur les guides religieux. Ce que je veux dire c’est est-ce qu’on va empêcher à un prêtre de porter la soutane dans la rue ? Une religieuse de porter la cornette ? Un bouddhiste d’être dans sa tenue de croyance ? Cela n’a aucun sens et nous savons bien que ça devient un pays d’intolérance. Je crois que nous avons des dirigeants qui, malheureusement, n’ont pas la stature de ce qu’une cinquième puissance mondiale comme la nôtre devait avoir. »

Cette déclaration a une autre interprétation chez l’extrême droite française. Marine Le Pen remet le ministre de l’Intérieur à sa petite place : « Monsieur Guéant ferait bien de s’atteler au travail pour lequel il a été nommé (…) plutôt que de tenter par des propos électoralistes, une nouvelle fois, de chercher à attirer des Français qui ne sont plus dupes de son petit manège.» Fidèle à la ligne de conduite tracée par son père, Le Pen fille invite Guéant sur un autre terrain pour tester sa « sa maigre compétence » dans l’anti-islam : « Il y a en France aujourd’hui des mosquées qui sont financées par des collectivités publiques en contradiction avec la loi de 1905. Que fait Monsieur Guéant ? Il y a des écoles publiques, laïques et républicaines où le porc est interdit à la cantine. Que fait Monsieur Guéant ?

Monsieur Guéant animera d’abord l’inutile débat sur la laïcité et l’Islam ! Monsieur Guéant fera encore voter des lois antimusulmanes tout en ignorant que la religion islamique fait partie maintenant de la France. Elle est une religion au même titre que le catholicisme et le judaïsme. C’est une réalité que ne saurait abolir ses détracteurs. Un fait que la droite française a du mal à accepter. Et malgré la batterie de lois adoptées au Palais Bourbon depuis 2007, cette religion musulmane ne s’éteindra pas et fera son petit bonhomme de chemin dans cette République de plus en plus intolérante !

Des lois déconsolidantes interdisant le port du voile dans l’espace scolaire et universitaire et de la burqa dans l’espace public ont été votées. Dans l’unique but d’imposer à des citoyens français des pratiques qui ne sont pas conformes avec les recommandations de leur religion. Malgré les sages remarques du Conseil Constitutionnel français sur la loi interdisant la burqa dans l’espace public, le président de la République française s’est entêté et a foncé tête baissée vers la promulgation de cette loi discriminatoire. Cette disposition ségrégationniste porte atteinte à la liberté confessionnelle de millions de Français. Aujourd’hui, dans l’Hexagone, les Français d’origine africaine, arabe et même ceux qui sont considérés comme Français « authentiques » pratiquent l’Islam. On ne peut pas clamer urbi et orbi « liberté, égalité et fraternité » et, en retour, priver à certains la liberté de pratiquer convenablement leur religion. Cette France intolérante, cette France de Sarko, n’est pas la vraie France. La vraie France, celle de Marianne, prône de réelles valeurs de Liberté, d’Egalité, de Fraternité.

[Thiedo], Leral.net

Libye : le piège de la liberté

Depuis l’éviction de Zine el-Abidine Ben Ali suite à une violente révolution de la jeunesse tunisienne, le Maghreb arabe est dans une situation d’ébullition totale. Cela est dû, dans une certaine mesure, à une situation de pauvreté et de précarité insupportable que les populations de ces pays vivent depuis des décennies en raison d’un accaparement total de toutes les richesses nationales entre les mains des élites dirigeantes. Ces soulèvements des peuples du Maghreb arabe contre leurs dirigeants rappellent le sens de ce célèbre proverbe arabe : « si un jour le peuple veut vivre, alors la nuit doit finir(…) ». Mais, il ne faut pas cependant perdre de vue que ce vent de besoin de liberté qui souffle depuis quelques mois dans ces pays n’est pas sans complicité de certains lobbys occidentaux tapis dans l’ombre.

En effet, autant on peut se réjouir des chutes de Ben Ali et de Mohammed Hosni Moubarak, autant on doit observer une certaine prudence face aux révoltes des peuples libyens et syriens. Ben Ali comme Moubarak ont tenu leurs populations d’une main de fer et ils on été aidés en cela par les pays occidentaux qui les considéraient comme des remparts contre la montée islamiste. Moubarak lui, a été non seulement un allié fidèle de l’occident, mais celui d’Israël aussi ; rappelons-nous le mur de fer qu’il a construit depuis 2009 sur le long de la frontière égyptienne avec la bande de Gaza. Moubarak est aussi le premier président arabe à reconnaître l’Etat d’Israël au détriment de la création d’un Etat palestinien libre et indépendant.

Pour la Libye, l’empressement avec lequel le gouvernement français a proposé la résolution 1973 des Nations Unies pour mener des frappes aériennes contre les forces de Kadhafi doit nous inciter à nous poser des questions. Pourtant, le président de ce même gouvernement français avait accueilli en 2007 à Paris, avec tous les honneurs, le guide de la révolution libyenne parce qu’en effet des promesses de contrats dans le domaine nucléaire et le militaire étaient en jeu ; et on sait bien que Kadhafi n’a donné aucune suite à ces promesses. Même si tout le monde est d’accord que Kadhafi n’est pas un exemple en matière de démocratie, des droits de l’homme et de la bonne gouvernance, néanmoins son peuple n’est pas le plus malheureux, si on fait la comparaison avec d’autres peuples d’Afrique du Nord ou d’Afrique noire. Kadhafi a quand même mis en place des infrastructures dans son pays comme l’affirme l’américain Louis Farrakhan dans une vidéo postée sur le site de seneweb.com : « Kadhafi a su utiliser l’argent du pétrole pour construire la Libye, pour découvrir de l’eau dans le désert du Sahara et la faire remonter à la surface pour la distribuer de Benghazi jusqu’au bord de la Tunisie, pour mettre en place des fermes dans le désert afin de nourrir sa population, pour construire des maison et des appartements pour son peuple, alors quelque chose se cache derrière cet acharnement de la France, de l’Angleterre, et des Etats-Unis contre Kadhafi (…) ». En outre, on nous parle de la défense du peuple Libyen les massacres de Kadhafi, je dis oui, mais pourquoi cette même volonté de défense ne s’est pas manifestée pour le peuple ivoirien que Laurent Gbagbo et ses mercenaires tuent depuis plus de quatre mois ? Pourquoi le sulfureux philosophe français, Bernard Henri Lévy, qui a influencé le président français, Nicolas Sarkozy pour proposer la résolution 1973 de l’ONU contre Kadhafi n’a pas fait la même chose quand les tanks israéliens massacrent le peuple de la Palestine ? Dans sa publication du jeudi 17 mars 2011 sur son Blog, Alain Gresh s’interroge sur l’activisme de Bernard-Henri Lévy « toujours prompt à prôner des expéditions militaires (surtout quand il se retrouve sur la tourelle d’un char israélien pour regarder l’écrasement de Gaza) ».

En ce qui concerne la situation en Syrie, même si on ne dispose pas encore d’éléments solides sur les vraies raisons du soulèvement du peuple, la même prudence doit être de mise car personne ne sait s’il y a des forces souterraines dont l’objectif est de déstabiliser le régime de Bachar al Assad en raison d’un danger imaginaire qu’il présenterait pour certains de ses voisins.

Cette affirmation de besoin de liberté peut être un piège si on considère l’exemple récent de l’Irak qui, depuis presque huit ans, est en situation de guerre permanente. De plus, la situation en Tunisie et en Egypte est toujours incertaine quand bien même on salue le départ de leurs présidents respectifs.

Les Libyens doivent donc faire attention au lendemain d’un départ ou d’une élimination de Kadhafi qui entraînerait une situation à l’irakienne.

Mor DIEYE

mordieye@voila.fr

Le « printemps africain » de Alpha Condé pourrait être mis à mal par quelques gelées tardives (1/3)

« Moi, je fais confiance aux peuples africains. On parle du printemps arabe, mais, comme le démontre mon élection, nous vivons actuellement un printemps africain ». Cet homme qui fait le « printemps de l’Afrique » à lui tout seul s’appelle Alpha Condé. Il préside la République de Guinée ; enfin, ce qu’il en reste après quelques décennies de dictature. Il en a été désigné le président (cf. LDD Guinée 026/Mercredi 17 novembre 2010) à la suite d’une campagne au cours de laquelle « l’ex-marxiste » devenu « social-démocrate », « opposant historique » à la dictature guinéenne, leader du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), n’a pas ménagé sa peine pour stigmatiser les peuls « mafieux qui pillent le pays », « le voleur qui crie au voleur », « des commerçants qui n’ont aucune expérience du pouvoir d’Etat et ont acheté un parti à Diallo » (Cellou Dalein Diallo arrivé en tête au premier tour avec 43 % des voix contre 18 % à Condé mais battu au deuxième tour !).

Christophe Châtelot dans Le Monde avait évoqué « l’ethno-stratégie opportuniste » de celui qui disait vouloir être « à la fois le Mandela et le Obama de la Guinée ». Je crains que Condé ne soit que l’autre façon de dire « Gbagbo » en malinké !

J’ai évoqué, déjà, les exactions et les viols perpétrés en pays peul par des éléments de « l’armée » guinéenne afin de terroriser cette population pendant la période électorale (cf. LDD Guinée 027/Mardi 14 décembre 2010). J’avais reçu le témoignage de victimes, à Dakar, et je n’étais pas confiant quant à la façon d’être de Condé qui me semblait alterner la posture politique et l’imposture idéologique. Les hommes politiques tout comme les hommes d’affaires ont tendance à se construire une légende. A 72 ans, Condé a eu le temps de peaufiner la sienne. Sans, pour autant, faire illusion dès qu’on gratte un peu (cf. LDD Guinée 026/Mercredi 17 novembre 2010). L’opposition radicale, la prison, le socialisme… « Mandela et Obama » permettent, dans les médias, de faire l’impasse sur le monde des affaires et les… affaires de tout ce beau monde. Le problème, c’est que les « opposants » ont une vie politique à éclipses : un jour, ils sont sur le devant de la scène ; le lendemain dans l’ombre (plus souvent encore dans le brouillard). Tandis que président de la République, c’est un job à plein temps. On est sous les projecteurs en permanence. Plus encore quand on a attendu longtemps, très longtemps, ce moment-là et qu’enfin il arrive avec les limousines, les motards, les drapeaux qui claquent au vent, les tapis rouges, les regards concupiscents des uns et des autres qui veulent se faire remarquer du chef.

Condé est en France, en visite officielle. L’occasion de répondre aux questions de Etienne Mougeotte (le « patron » en personne) et de Pierre Prier pour Le Figaro (23 mars 2011). Par les temps qui courent où les « révolutions arabes » sont soutenues et encensées par la droite française, rien de mieux que Le Figaro pour exprimer son tempérament « révolutionnaire ». Condé est l’homme du « printemps africain ». Mais à l’âge qu’il a, il faut reconnaître que ça ne bourgeonne plus guère. « L’opposant historique » a pris ses distances avec l’Histoire. Il a laissé mourir de mort naturelle Ahmed Sékou Touré puis Lansana Conté et a attendu qu’un militaire tire une balle dans la tête de Moussa Dadis Camara et que celui-ci soit exfiltré au Burkina Faso pour qu’une présidentielle (laborieuse) puisse être organisée en Guinée.

A la mort de Conté et après que Dadis Camara se soit emparé du pouvoir, Condé avait proclamé que les « Guinéens n’ont plus peur » et que le « rapport de force » était en faveur de « la population et [de] la communauté internationale » (La Croix, mardi 6 janvier 2009). Conté était mort mais Camara était bien vivant. Et l’on vivra le massacre du lundi 28 septembre 2009 au lendemain des manifestations anti-Camara de Labé, capitale du pays peul, deuxième ville de Guinée et fief de l’opposition. Avant que Camara ne prenne un peu de plomb dans la tête, Condé comptait sur la « communauté internationale » et sa détestation des massacres de civils et des viols des femmes par les militaires. Aujourd’hui, il est pour « les solutions pacifiques en Afrique » et affirme que « si on laissait les Africains régler leurs problèmes, on y arriverait plus facilement ».

La meilleure preuve en est qu’il a fallu plus d’un demi-siècle, la mort naturelle de deux dictateurs et l’assassinat d’un troisième pour que l’on parvienne, enfin, à organiser une élection présidentielle en Guinée et que Condé en soit déclaré vainqueur !

Aujourd’hui, la politique n’est plus sa tasse de thé ; et les relations internationales encore moins. Il est chef d’Etat et son grand souci c’est de remettre de l’ordre dans l’économie guinéenne ; pas l’économie des entreprises, celle des fonctionnaires. « Le système était tellement gangrené que, sur dix fonctionnaires, huit ou neuf sont concernés ». Dans un pays où rien, jamais, n’a fonctionné dans le secteur public, qu’il s’agisse de la santé, de l’éducation nationale, des transports, des infrastructures, etc. et où les salaires étaient payés « à l’occasion », je m’étonne qu’il y ait eu des fonctionnaires « honnêtes » ; sans doute ceux qui, morts de faim, sont au cimetière.

Mais, précise Condé, « comme me l’a demandé l’imam de la grande mosquée, nous allons nous concentrer sur les grands voleurs plutôt que sur les petits ». Espérons que ce ne sera pas qu’une « chasse aux peuls » ! Condé veut « geler tous les contrats passés en 2009-2010 », c’est-à-dire depuis la mort de Conté ; sans doute pour n’être pas désagréable avec les « hommes politiques » qui ont géré la Guinée sous Conté et sont, aujourd’hui, nécessairement, ses alliés.

Condé veut aussi « désarmer » la Guinée : 4.200 militaires vont être mis à la retraite. Et les autres vont « participer à la vie économique. [L’armée] va construire des routes, rénover des usines, et nous sommes en train de créer une brigade agricole ». Mais il ne dit rien de la hiérarchie militaire qui, pendant des décennies, à mis la Guinée en coupe réglée, exploitant les sociétés d’Etat, encaissant les « commissions » sur les contrats, assurant la « sécurité » des sites de production minière, organisant le racket des populations et participant à tous les trafics y compris ceux de la drogue et des êtres humains.

Condé en « Monsieur Propre » ? Avec le « printemps africain », il nous promet un grand nettoyage. Sauf que ce qui nous tombe dessus en ce moment c’est un grand déballage : celui de « l’affaire Getma-Bolloré ». Mauvais calendrier. Jamais personne ne parle de la Guinée mais voilà que Condé débarque à Paris alors que cette affaire passionne la presse française.

Pour la bonne raison que Bolloré est, incontestablement, le groupe privé français le plus ancré au « sarkozysme » et que celui-ci n’est pas au mieux de sa forme à un an de la présidentielle française. « L’affaire Getma-Bolloré », c’est la version guinéenne de « l’affaire Progosa-Bolloré » qui, voici pas loin de deux ans, a fait les beaux jours des médias (cf. LDD Progosa 010 à 014/Lundi 1er à Vendredi 5 juin 2009). Progosa, c’était à Lomé, Getma, c’est à Conakry. Le schéma est le même : manu militari les autorités en place balancent à la mer les gestionnaires du port pour les remplacer par le groupe Bolloré. « J’ai pris une décision souveraine pour les intérêts de la Guinée », commente Condé dans Le Figaro (cf. supra). Mais dans le même temps, les journalistes révèlent le déroulement de l’affaire qui n’a rien à envier (dans le fond, la forme est plus soft : il n’y a pas encore de morts) aux méthodes de Sékou Touré et de Conté. Il faut lire à ce sujet ce que Sylvain Courage dit dans Le Nouvel Observateur (24 mars 2011) de la collusion entre Condé et Bolloré et du rôle de Bernard Kouchner (qui a repris du service comme consultant depuis qu’il a été viré du gouvernement).

Jean-Pierre Béjot

La Dépêche Diplomatique