Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Sans détour : Bénin : Le diable dans la maison

« C’est le Diable qui tient les fils qui nous remuent ! » (Charles Baudelaire)

Le Bénin est l’un des pays de l’Afrique francophone à avoir réussi sa transition démocratique après le discours de La Baule. Il n’y avait pas eu assez de heurts, comme ce fut le cas dans la plupart des pays africains où les populations avaient dû forcer la main aux tenants du parti unique. Le Bénin est l’un des tout premiers pays à avoir organisé la conférence nationale et les premières élections démocratiques.

Ses populations ont plusieurs fois savouré les bienfaits de l’alternance politique. Malgré les positions tranchées affichées par les uns et les autres lors de la bataille électorale, les politiques béninois arrivaient toujours à se transcender et le vaincu n’hésitait pas à féliciter le vainqueur.

Cette réussite béninoise faisait rêver nous autres Togolais qui, depuis 44 ans, ne connaissons que le régime des Gnassingbé. Tout allait bien chez nos voisins de l’Est jusqu’au jour où l’ancien président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), Thomas Yayi Boni, qui a séjourné pendant plusieurs années au Togo, a décidé de solliciter le suffrage de ses compatriotes après les deux mandats du vieux « Caméléon », Mathieu Kérékou. Présenté comme le technocrate qui n’avait aucune accointance avec ceux qui avaient mangé avec le « vieux », il a été porté à tour de bras par les ténors de la politique béninoise.

Mais, une fois qu’il s’est installé au Palais de la Marina, l’agneau de la BOAD adoubé par plus de 75% de Béninois au second tour de l’élection présidentielle de mars 2006, s’est mué en véritable despote, régnant exactement comme Gnassingbé père. Il a importé au Bénin les pratiques avilissantes du régime des Gnassingbé avec les marches de soutien tous azimuts au cours desquelles le banquier est célébré. Et les médias publics les relaient abondamment. Des comportements qui ont amené ceux qui l’avaient soutenu, à lui tourner le dos. En revanche, Yayi Boni sait opérer aussi des hold-up électoraux comme le fait souvent l’unique famille qui régente le Togo depuis 44 ans. Le premier tour de l’élection présidentielle du 13 mars au Bénin dont les résultats proclamés à huis clos par le seul président de la CENA est la copie conforme de l’élection présidentielle du 4 mars 2010 au Togo.

Comme le candidat du RPT en 2010, c’est depuis la phase des inscriptions sur les listes électorales que l’ex-président de la BOAD a commencé la fraude électorale. Même les excuses présentées le jour du scrutin ne sont destinées qu’à se moquer de ses compatriotes. La machine à fraudes était en marche : votes multiples, bourrage d’urnes, bureaux de vote multiples, résultats fictifs savamment distillés dans l’opinion au lendemain de l’élection…

Dès la fermeture des bureaux de vote, le porte-parole du président sortant, Marcel de Souza qu’on présente comme le gendre de la famille Gnassingbé, est monté au créneau pour annoncer que son candidat est élu dès le premier tour avec les chiffres qui ont été publiés vendredi dans son bureau par le président de la CENA. Des chiffres qui circulaient depuis le 14 mars sur certains sites Internet dont le site gouvernemental togolais « republicoftogo.com » ; la même procédure comme en 2010 au Togo. Mais son challenger Adrien Houngbédji n’entend pas se laisser faire et revendique sa victoire. Une crise postélectorale en perspective en Afrique de l’Ouest après le casse-tête ivoirien et l’imbroglio togolais.

Zeus Aziadouvo

www.togoforum.com

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Une réponse à “Sans détour : Bénin : Le diable dans la maison

  1. ren mars 29, 2011 à 11:42

    ce gars doit être un rêveur né comme toi aymard

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