Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: mars 31, 2011

BENIN : Les centrales syndicales décrètent le 06 avril 2011, journée du rejet de la réélection de Boni Yayi

Les centrales syndicales décrètent le 06 avril 2011 journée du rejet de la réélection de Boni  Yayi. A l’issue de la célébration, elles investiront le comité de  combat   et des peuples pour : « chasser le tyran Boni Yayi » du pouvoir. Aussi, les centrales syndicales déclenchent-elles dès le mardi prochain une grève générale de protestation contre l’élection présidentielle de 2011. Cette  décision a été  rendue publique le mardi dernier à l’issue du meeting organisé à la bourse du travail.

Les centrales syndicales dans leur déclaration conjointe ont souligné que les résultats de l’élection du 13 mars  dernier ne peuvent qu’être nuls et non avenus au  regard de la  conjonction d’intérêt entre la cour constitutionnelle, la Cena et la Cps/ Lépi. La  déclaration met la fraude invoquée  plutôt  sous  le coup des présidents  de ces différentes  institutions. De même, les syndicalistes ont décrété à juste titre cette journée  à cause de la répression perpétrée par les politiciens sur les militants de l’opposition et autres organisations  de la société civile  manifestant contre ce qu’ils appellent le hold up électoral. Les centrales ont indiqué que pour toutes les institutions impliquées dans le processus électoral, les recours  contre les fraudes ne constituent que des formalités  qui n’aboutissent jamais à la correction des faits incriminés. Pour cela, les syndicalistes considère que les recours en annulation du scrutin du 13 mars 2011 ne constituent que des pavés  jetés  dans la marre. Les confédérations réunies ont invité les travailleurs à prendre massivement  part  à  la journée du rejet  de la célébration de la réélection de Yayi.

Marius Kpoguè, LNT

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BENIN : Vive la République de la Cour !

Sans grande surprise, la proclamation des résultats définitifs du scrutin du 13 mars par la Cour constitutionnelle a confirmé le K.o annoncé dès la proclamation des résultats provisoires. Pour aboutir à ce ceci, elle a simplement rejeté tous les recours des candidats en dépit de leur pertinence et des preuves irréfutables -opposables à toute juridiction- qu’ils comportaient. La Cour, semble-t-il, a choisi de mettre le droit de côté. Une attitude étrange qui ravive les soupçons sur sa partialité. « L’obéissance aux lois qu’on s’est prescrites est liberté », disait Montesquieu. Mais cette maxime semble bien loin des préoccupations de la Cour Constitutionnelle. Par la proclamation définitive des résultats de l’élection présidentielle, la Cour constitutionnelle a  confirmé ce qui avait dit au premier tour. Que le président Boni Yayi est élu au premier tour avec un pourcentage de 53%. Pour y arriver, la Cour a simplement balayé du revers de la main les recours des candidats Abdoulaye Bio Tchané et Adrien Houngbédji. Deux recours que beaucoup de béninois ont eu la chance de lire et qui ont permis de connaître les nombreuses irrégularités et les violations de la loi qui ont émaillé le scrutin. Le premier constat est que la Cour ne s’est tablée que sur les recours déposés par les candidats. Comme si elle n’a rien vu et rien entendu elle-même pendant la période des élections. Revenons à l’analyse des recours. Le candidat Houngbédji attaque l’inconstitutionnalité du délai de convocation du corps électoral et affirme qu’en violation de l’article 47 de la constitution, le scrutin présidentiel a eu lieu le 13 mars à moins de 25 jours du terme du mandat constitutionnel. Mais au lieu de dire si oui ou non la constitution a été violée, la Cour constitutionnelle s’est simplement versé dans des justifications de la violation de la constitution qu’elle est sensée protéger. Drôle d’attitude qui fait dire à certains que la Cour fait l’apologie du Chef de l’Etat qui n’a pu convoquer le corps électoral à temps. Deuxième exemple, la Cour rejette une requête du candidat Abdoulaye Bio Tchané sur l’utilisation des moyens de l’Etat par le président Boni Yayi lors des campagnes. L’argumentaire de la Cour à ce niveau a été d’exposer des chiffres pour montrer qu’en réalité ses actions de propagande n’ont pas l’effet escompté dans les régions où elles ont été faites puisqu’elles n’ont pas permis au candidat accusé d’y être en tête. L’analyse paraît ainsi très approximative puisque rien ne prouve que les voix obtenues par Yayi dans ces régions ne le sont pas du fait de ces actions. Et là aussi, la Cour a simplement choisi de passer à côté du droit en fermant les yeux sur les violations de plusieurs articles. Sur la requête des deux candidats suscités sur la non publication de la liste électorale. Or, la Cour n’est pas sans ignorer que la publication doit être faite dans tous les bureaux de vote et sur internet, toute chose qui n’ont pas été faite. Là aussi, dans la peau de l’avocat du gouvernement, la Cour avance une déclaration des membres du bureau de la Cena. Du coup, elle encourage une disposition capitale de la loi N° 2009-10 du 13 mai portant organisation du Rena et établissement de la Lepi. Sur l’approvisionnement opaque des zones favorables à Boni Yayi en documents électoraux, une autre requête de Me Houngbédji, la Cour affirme que l’aéronef a été loué et qu’à bord, il y avait Yaya Garba de la Cena, en absence de Jérôme Alladayè. Quel gage d’assurance la Cour pense ainsi donner au requérant lorsqu’on sait que Garba Yaya est un membre de la mouvance présidentielle et très proche du président de la république.  Quel gage d’assurance peut donner de telles initiatives lorsqu’on apprend que les imprimeries chargées de produire les spécimens n’ont pas de différence entre celles-ci et les  bulletins de vote.  Autant d’exemples qui montrent que Le résultat de la Cour était connu bien avant que les recours ne viennent sur sa table. Un spécialiste du droit constitutionnel n’a pu s’empêcher de nous dire hier : « Boni Yayi n’a pas été élu par le peuple, il a été désigné par la Cour constitutionnelle».

Marcel Zoumènou, LNT

BENIN : Face au hold-up et au coup d’Etat électoral de Boni Yayi, allons ensemble à l’assaut de la tyrannie

PARTI COMMUNISTE DU BENIN 

01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou

(Rép. du Bénin)

Site : www.la-flamme.org / Tél. : 21 30 03 22 / 96 69 80 42

ODB-PCB / ADJA et KOTAFON

Face au hold-up et au coup d’Etat électoral de Boni YAYI, allons ensemble à l’assaut de la tyrannie pour préserver la Démocratie à travers un Gouvernement de Salut National de Transition

A la suite de GNONLONFON Joseph, Président de la CENA, la Cour Constitutionnelle de Robert DOSSOU a proclamé le 21 Mars puis le 30 mars 2011, chaque fois au petit matin, les résultats « provisoires » puis « définitifs » des élections présidentielles du 13 Mars. Et sans surprise, le roi DOSSOU a donné gagnant Boni YAYI avec 53% des voix, sans le moindre égard pour les recours formulés, confirmant ainsi le k.o. d’indignité annoncé, tambour battant par YAYI. Horrible à entendre ! Car ce n’est nullement un doute pour personne y compris les mouvanciers que ce scrutin sans liste électoral fixée, sans liste de bureaux de vote est hautement frauduleux. Le hold-up électoral organisé ainsi par Boni YAYI est parachevé par un coup d’Etat électoral minutieusement exécuté par GNONLONFON et DOSSOU.

Ce qui restait encore des conquêtes démocratiques sauvegardées malgré les péripéties depuis près de 20 ans vient de recevoir un coup cinglant asséné par Boni YAYI, grand admirateur des tyrans de triste renom comme feu Gnassingbé EYADEMA du Togo, feu MOBUTU Sese Seko de l’ex Zaîre  (actuelle RDC), Ben ALI de la Tunisie récemment balayé du pouvoir par un soulèvement populaire, pour ne citer que ceux-là. Le peuple béninois qui, sous la direction du Parti communiste du Dahomey (PCD) aujourd’hui Parti communiste du Bénin (PCB) et de la Convention du Peuple, a vaincu en 1989 avec bravoure et détermination sans faille, au prix de sacrifices inouïs, l’autocratie militaire de KEREKOU pour arracher la Liberté et la Démocratie, laissera-t-il Boni YAYI restaurer la dictature, le fascisme comme il l’a ouvertement! programmé dans son discours d’investiture de candidat ? Jamais ! Depuis 20 ans l’infamie du règne personnel n’a atteint un tel degré. C’est pourquoi une suite de mouvements protestataires des travailleurs, des jeunes, des femmes, des peuples embrasent çà et là et embraseront à coup sûr tout le Bénin du Sud au Nord et du Nord au Sud quels que soient l’arsenal répressif de Boni YAYI, les discours hypocrites sur la paix, une paix d’indignité et sur la légalité. La tâche de l’heure : chasser Boni YAYI du pouvoir tout de suite par un soulèvement populaire et former un Gouvernement de Salut National de Transition pour la satisfaction des revendications expresses des masses et l’organisation d’élections crédibles et transparentes. C’est aujourd’hui ou jamais !

Dans ce vaste mouvement de libération des peuples de la tyrannie, la région ADJA et KOTAFON sera-t-elle en reste ?

Non ! C’est pourquoi l’Organisation de Base du Parti communiste du Bénin de la région ADJA et KOTAFON  appelle les travailleurs de toutes catégories, les ouvriers, la jeunesse scolaire et universitaire, les artisans, les paysans, les dignitaires traditionnels, toutes les forces politiques, sociales, économiques, religieuses, militaires attachés à la démocratie, à la dignité du pays et à la paix véritable à s’opposer par tous les moyens au hold-up et au coup d’Etat électoral de Boni YAYI, de GNONLONFOUN Joseph de Robert DOSSOU et à anéantir la tyrannie pour instaurer le Gouvernement de Salut National de Transition. Dans la défense de ces valeurs cardinales de l’individu et des peuples que sont la dignité, la liberté, la fierté, le patriotisme, aucun sacrifice n’est trop grand. Chacun apportera son savoir et savoir-faire, sa petite pierre à l’édifice national.

La flamme de la résistance à la tyrannie de Boni YAYI ne saurait s’éteindre et ne s’éteindra pas !

En Avant pour la VICTOIRE !

Vive le Gouvernement de Salut National de Transition !

Lokossa le 30 Mars 2011

ODB-PCB/ADJA et KOTAFON

Transformer l’impasse en espoir ???

On les crédite de pouvoirs magiques. Les 7 mages de la Cour constitutionnelle en auraient certainement besoin pour solder définitivement les comptes de la présidentielle 2011. Ce scrutin vraiment magique sans liste électorale, sans lois électorales, sans liste des bureaux de vote. Allons-y scénario par scénario. Une confirmation du passage en force dès le premier tour : le Bénin opte alors pour l’aventure sans lendemain. Les émergents raillaient le fonds de caisse de 200 millions à eux laissé par le régime Kérékou. Cette fois-ci, le point de départ s’analyse à partir d’un leste de plus de 150 milliards sur l’épargne privée et de près de 400 milliards sur les entreprises privées sous forme de dette intérieure. A cela s’ajoute la gestion des recrutements anarchiques dans la fonction publique à des fins électoralistes. Pendant que, une à une, les entreprises privées mettaient la clé sous le paillasson, le docteur en économique de développement faisait reverser des agents sans formation dans l’administration publique et en enrôlait de nouveaux à tour de bras. Tout cela dans un contexte de cristallisation de la tension politique et sociale, de dénaturation de la constitution et des institutions, de prostitution des valeurs-refuges par excellence.

Les deux autres configurations ne sont que les faces d’une même pièce : un deuxième tour ou une annulation pure et simple du premier. Porte ouverte au compromis politique à l’issue incertaine. Longues et interminables négociations sur un éventuel prolongement du mandat présidentiel finissant, palabres autour du fichier électoral, recherche d’un remède à la fin du mandat parlementaire, réhabilitation de la Cour constitutionnelle, apaisement de la tension politique et sociale. Pleins feux sur un processus dont personne ne peut prédire l’aboutissement. Une sorte de retour à une conférence nationale bis. Ce que Kérékou a réussi à faire faire aux Béninois au bout de 17 années de régime militaro-marxiste, Yayi y est parvenu en 5 ans seulement de présidence pourtant sous un régime de démocratie libérale. Exploit impossible à réaliser sans le concours et la détermination de la Cour de Robert Dossou. Pour que la pilule puisse bien passer, le docteur-président a eu l’ingénieuse intuition de mettre deux propriétaires présumés de la constitution, c’est-à-dire des rédacteurs du projet du texte fondamental. Des privilégiés qui pourraient se permettre d’outrepasser la stature de simples juges de droit. Tout y passe : leçon de civisme, de patriotisme, de morale, de probité et de conscience aux députés, injonctions répétées à la représentation nationale, imposition d’une élection présidentielle sans liste électorale, sans organe de gestion fixe pour le scrutin, en violation de tous les délais légaux et constitutionnels. Ne parlons pas des shows médiatiques de recadrage du président de la Cour, de la sélectivité dans le traitement des recours selon qu’ils proviennent d’un opposant ou d’un émergent (presque instantané sur demande de la Marina, aux oubliettes si c’est pour les intérêts des partisans Abt ou Un).

Le chef-d’œuvre de cette course démentielle demeure la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Un truc dont on ignore tout mais dont on nous disait qu’il apporterait le modernisme et la clarté dans les élections. Elle aurait la vertu d’empêcher la délivrance frauduleuse de carte d’électeur à des présumés morts. A la réalité, se sont des milliers de Béninois, bien vivants, qui ont squatté en vain les centres de repêchage de dernière heure sans pouvoir obtenir leur droit de vote. A la fin, on hérite d’un Etat en roue libre, complètement à la dérive, avec deux présidents élus, des rues en effervescence, une police désorientée qui cogne sur tout ce qui bouge (député, journaliste, manifestants, paisibles populations débauchées à domicile…), un Etat sans constitution… sans lois électorales…

Un Etat … magique…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

Nicolas Sarkozy-Bernard-Henri Levy ou l’incarnation du mal

Croisade, le mot est lâché ! On ne s’en cache plus en France. Croisade contre les peuples africains ! Croisade contre les Libyens ! Croisade contre les Noirs ! Croisade contre les Arabes ! Croisade contre les Musulmans ! Croisade avec ce que ce terme comporte historiquement comme massacres, viols, tueries en tout genre.

La Libye est le premier pays africain à être envahi avec quelques complicités. Déjà des milliers de morts provoqués par les sbires de Nicolas Sarkozy, Bernard Henri Levi et autres !

Croisade, je n’ai pas honte, je suis écœurée ! De la même manière qu’ils prétendaient apporter les Lumières Evangéliques aux peuples du Sud, les voilà partis pour les exterminer en prétextant qu’ils leur apportent la liberté ! La liberté des peuples ne s’exporte pas ! Il appartient aux peuples de la conquérir lorsqu’ils sont prêts à le faire. D’ailleurs quelle contradiction ! Depuis quand la liberté et la démocratie se trouvent-t-elles derrière les canons ? Depuis Nicolas Sarkozy, sans doute.

Ils veulent nous faire croire que les bombes de destruction massive rendront heureux les peuples du Sud, Libyen notamment. D’ailleurs, ils s’apprêtent à attaquer la Côte d’Ivoire et le reste de l’Afrique.Oui, ils sont en croisade, non pour apporter la Liberté et la démocratie, mais pour piller les richesses. L’Occident agonise. Comment expliquer qu’en France les hôpitaux, les écoles ces éléments essentiels à la survie d’un peuple soient dans un état de délabrement absolu, alors qu’au même moment elle trouve des milliards pour aller TUER. OUI TUER EN TOUTE IMPUNITE ! Comment expliquer que Nicolas Sarkozy élu par les Français pour augmenter leur pouvoir d’achat abandonne cet objectif pour aller en guerre alors que la misère devient endémique ? Comment ? Comment ?

On s’étonne, mais pas tant que ça ! Le projet d’invasion des pays Africains a été adopté depuis plusieurs années. Elle entre dans sa première phase. Elle va revêtir la forme d’une rébellion comme en Libye ou en Côte d’Ivoire, rébellion armée par la France. Elle revêtira aussi la forme des élections savamment orchestrées par notre pays des Lumières, dont les résultats sont décidés d’avance (Côte d’Ivoire) Et à la moindre résistance des peuples, invasion armée sous prétexte de faire respecter la démocratie.

Oui, la France de Sarkozy est hitlérienne ! Elle est nazie ! Avec son chef Nicolas Sarkozy incarnation parfaite d’Hitler et Bernard Henri Levy dans le rôle de Goebbels, roi de la propagandastaffel ! Oui, nous voilà parti dans une guerre, une invasion, une croisade aussi meurtrière que cynique ! Cynique ! Rien que parce qu’on veut arracher à des peuples pacifiques, leurs biens. Oui, l’Afrique toute entière doit réagir et repousser cette invasion ! Le reste du monde doit nous aider. On doit tous se donner la main pour sauver la tête de nos frères !

Calixthe Beyala

La Guerre en Côte d’Ivoire et en Lybie, la nouvelle « diplomatie » française pour choisir ses interlocuteurs

La France est décidément un véritable soutien des rébellions africaines. A voir l’actualité récente de la Côte d’Ivoire et de la Libye, le doute n’est plus permis. Et la disparition de la nébuleuse françafrique, promise par le dictateur Nicolas Sarkozy, n’était qu’un grossier mensonge servi à qui voulait y croire. La France est en train d’expérimenter une nouvelle «diplomatie » pour choisir ses interlocuteurs sur le continent africain. Ce pays pompeusement présenté comme la patrie des droits de l’homme a ouvertement soutenu la rébellion libyenne conduite par sa branche politique, le Conseil national de transition (CNT).

Ne nous trompons pas. Ce qui est présenté par la France comme une révolution pacifique menée par des civils libyens est un gros mensonge. Ce qui se passe en Libye n’a rien à voir avec ce qui s’est passé en Tunisie et en Egypte où il s’agissait d’une véritable révolution menée par les populations. En Libye, il s’agit de factions armées qui sont en train de tenter une révolution armée pour renverser le régime du colonel Kadhafi. C’est cette supercherie soutenue par la France et un groupe de pays dont les Etats-Unis que le guide libyen a très tôt découvert et dénoncé en appelant ainsi son peuple à se dresser contre cette énième imposture de l’Occident contre son pays avec malheureusement l’aide de citoyens libyens comme c’est toujours le cas en Afrique et dans le monde arabophone. En clair, Paris est en train de soutenir ouvertement avec l’appui de l’ONU, une rébellion que le dictateur Nicolas Sarkozy a décidé de reconnaitre comme le seul interlocuteur de la France. D’ailleurs, recevant les chefs rebelles à l’Elysée, le dictateur français a annoncé fièrement qu’il enverrait, au nom de la France, un ambassadeur à Benghazi, le bastion de cette rébellion libyenne pour représenter son pays. Voilà qui est donc clair, c’est la France qui décide qui doit être son interlocuteur dans un pays pourtant souverain.

Elle a fait la même chose en Côte d’Ivoire. D’abord en installant et en protégeant une rébellion sous Jacques Chirac. Elle lui a même porté ouvertement secours en novembre 2004 lorsqu’elle était à un doigt d’être mise hors d’état de nuire par l’armée régulière ivoirienne. Ce jour-là, l’armée française a volontairement détruit toute l’aviation militaire ivoirienne arguant que celle-ci aurait tué, dans un bombardement à Bouaké, des militaires français. Ce qu’a contesté et conteste toujours l’armée ivoirienne. En fait, c’était un prétexte. Car, dans le cas de figure où cette thèse était avérée, il s’agirait alors d’une méprise involontaire. Comme ça été le cas très souvent en Irak et en Afghanistan où les forces alliées se sont souvent tiré dessus par méprise sans que cela ne suscite une contre-attaque. La contre-attaque n’est possible que si la méprise est venue d’un ennemi. Du coup, on comprend que l’armée française a considéré l’armée ivoirienne comme un ennemi. D’où sa réaction.

La France a poursuivi sa forfaiture en Côte d’Ivoire en soutenant les rebelles ivoiriens à la solde d’Alassane Ouattara dans leur refus de désarmer malgré la résolution de l’ONU qui leur imposait le désarmement. Pire, après les élections présidentielles qui ont vu la victoire du président Laurent Gbagbo, la France refuse cette victoire et tente jusqu’à présent sans succès d’imposer Ouattara comme président de la Côte d’Ivoire avec le soutien de l’ONU, des Etats-Unis, de la CEDEAO, de l’Union africaine et de l’Union européenne. Arguant que le Conseil constitutionnel, l’unique juridiction du pays, qui a proclamé les résultats définitifs du scrutin selon la Constitution ivoirienne, est favorable au président Laurent Gbagbo. Voilà donc la France dans toute sa laideur. Laideur qu’elle avait déjà montrée au Rwanda quand elle a soutenu et armé les génocidaires.

La nouvelle «diplomatie» de la France qui consiste à choisir, au moyen de soutien des rébellions armées, ses interlocuteurs sur le continent africain va la perdre. Car elle est en train de s’écrire en lettre de sang. Ce que les Africains, même s’ils sont timorés pour la plupart, ne sont pas prêts à accepter pendant longtemps. La Côte d’Ivoire et la Libye en donnent déjà l’exemple.

Coulibaly Zié Oumar in Notre Voie

Adame Ba Konare sur l’opération militaire en Lybie : «Nous sommes dans une logique de recolonisation du continent»

L’historienne et ex-Première dame du Mali, Adame Ba Konaré, a qualifié de « carnaval macabre » l’opération militaire menée en Libye par la coalition internationale. Elle appelle les Africains à se mobiliser pour défendre leur « continent meurtri et bafoué ». Elle répond aux questions de RFI.

RFI : Dans une lettre ouverte, intitulée « Cris aux Africains », vous faites part de votre inquiétude. Vous dénoncez le « carnaval macabre des Occidentaux » en Libye. Qu’est-ce qui vous choque le plus, dans cette opération militaire ?

Adame Ba Konare : C’est le principe même de l’intervention des puissances étrangères sur le sol africain. On a l’impression que nous avons en face de nous des pays et des chefs d’Etat vertueux, alors que ne sont-ils intervenus en Tunisie, en Egypte, où le peuple était effectivement dans la rue, sans armes ? Et pourquoi n’interviennent-ils pas en Palestine, où le peuple est dans la rue ? Sans oublier que toutes ces puissances coalisées ont un lourd passif colonial. Vous savez, c’est avec de tels discours que l’aventure coloniale a commencé. Ne l’oublions pas. Les « vertueuses et généreuses nations » avaient pour mission de voler au secours des pauvres Africains pour les débarrasser de leurs méchants dirigeants. Tout ça, ça sent un peu l’invasion coloniale.

RFI : Ce que disent les Occidentaux, mais aussi un certain nombre d’hommes politiques africains, c’est que sans les frappes aériennes de samedi dernier, la ville de Benghazi aurait été reconquise par l’armée libyenne et il y aurait eu un bain de sang.

A.B.K : Oui, mais il ne faut pas être suffisamment naïf pour croire qu’une intervention des armées étrangères ne fera pas de dégâts non plus parmi la population civile. Et puis, moi je crois qu’il n’y a pas de transparence dans cette affaire-là. Qui dirige la mission ? Qui ordonne ? Qui contrôle ? Il y a un dépassement des mandats. Il va falloir que quelqu’un réponde de ces actes.

Et puis je dis qu’à ce rythme-là, partout il y aura des contestations, partout où il y aura des mouvements, on verra « toutes ces nations généreuses » voler au secours des populations africaines. Il ne faut pas confondre le peuple avec des mouvements de contestation. Et à ce rythme-là, moi je dis : nous assisterons au dépècement progressif de l’Afrique, à sa balkanisation, donc à sa fragilisation. Nous sommes dans une dynamique de recolonisation du continent, à mon avis.

RFI : Dans plusieurs discours, la semaine dernière Mouammar Kadhafi a lancé des menaces très claires aux insurgés de Benghazi : « Nous irons vous chercher dans chaque maison, dans chaque pièce, dans chaque placard ! ». Concrètement, Adame Ba Konare, qu’est-ce qu’il fallait faire pour épargner aux habitants de Benghazi le glaive vengeur de Mouammar Kadhafi ?

A.B.K : Honnêtement, je ne partage pas du tout, évidemment, ces propos tenus qui sont effectivement insupportables. Il faut recentrer le débat. Je ne suis pas du tout sûre que l’intervention menée par cette puissance occidentale soit beaucoup moins mortelle que les bombardements de Kadhafi. Je pense qu’il y a beaucoup de fanfaronnades dans les déclarations de Mouammar Kadhafi. Je ne suis pas sur le terrain, mais ces forces coalisées, comment voulez-vous qu’elles puissent bombarder avec discernement ? Ce sont des histoires !
RFI : Alors vous parlez des « fanfaronnades » du colonel Kadhafi, mais n’y a-t-il pas eu les attentats de Lockerbie et du DC10, et puis la répression d’une mutinerie en 1996, qui a fait plus de 1 200 morts ?

A.B.K : Je ne dédouane pas du tout le colonel Kadhafi pour ses actes dans le passé, et même pour une certaine violence qu’on a notée récemment. Mais je dis que cette intervention, elle se fait uniquement dans le but de servir les intérêts, à la fois économiques, et de politique intérieure, de ces chefs de guerre. Je pense qu’il y a évidemment le pétrole et le gaz libyen, qui sont fort, mais il y a aussi des besoins de politique intérieure.

Tous ces chefs de file sont en situation pré-électorale. N’oublions pas le président français, qui est en baisse dans les sondages. Donc, ce n’est pas aux Africains qu’on va faire croire qu’on est là pour libérer des peuples. On n’a qu’à aller en libérer d’autres. On a qu’à aller libérer les Palestiniens par exemple.

RFI : Si l’opération avait été lancée par des Africains, est-ce que vous l’approuveriez ?
A.B.K : Vous savez, ce que je reproche à l’Afrique et aux chefs, notamment aux chefs africains, c’est leur pusillanimité. L’Afrique est timorée. On est encore engoncé dans ces peurs coloniales et nous n’arrivons pas à les dépasser. C’est sûr qu’il y a une faillite des nos élites politiques, notamment au niveau du leadership, et même une incapacité de l’Union africaine à anticiper. Le silence des continents a été lourdement préjudiciable dans cette affaire.
Je crois que s’ils s’étaient exprimés très tôt, ces chefs-là, ils auraient pu anticiper sur le cours des événements. Et puis désamorcer même la bombe des Nations unies. Les Africains doivent exiger l’arrêt immédiat des bombardements, exiger tout de suite qu’on ouvre les négociations.

RFI : Cheikh Tidiane Gadio, l’ancien ministre sénégalais, a cette phrase : « Il n’est pas normal que la responsabilité de protéger les populations civiles soit l’apanage des pays occidentaux ».

A.B.K : Mais c’est clair ! On ne voit pas du tout ce que les pays occidentaux viennent faire dans cette affaire. Il y a une institution continentale. Pourquoi on ne leur demanderait pas d’intervenir dans ce conflit ? Il faut une mobilisation continentale pour dire « ça suffit ! ». Moi, j’ai donné, sans prétention, le tempo, et j’aimerais vraiment que tout le continent se mette debout pour s’occuper des problèmes qui le concernent.

RFI : Vous souhaitez une solution politique en Libye, mais les insurgés de Benghazi ne croient pas une seconde dans la bonne foi du colonel Kadhafi. Qu’est-ce qu’il faut faire ?
A.B.K : Je respecte la légitimité des opposants de Benghazi. Je reconnais la légitimité de leurs droits, plus de liberté d’expression… Mais avec cette intervention « des Croisés », je me demande même s’ils ont la victoire, quelle va être le goût de cette victoire pour eux. Est-ce que ce sera honorable pour les opposants libyens, de voir le drapeau français flotter sur le fronton de leurs édifices, et d’entendre le nom de Sarkozy scandé dans les rues de Benghazi ? Donc il y a là, des interrogations.

Christophe Boisbouvier (RFI)

Burkina Faso : Le Discours à la nation de Blaise Compaoré

Le 30 mars 2011, dans un discours radio télévisé, le président du Faso, Blaise Compaoré s’est adressé à la nation, relativement aux événements (mutineries suivies de saccage de biens de citoyens) qui secouent le pays ces derniers jours.

Peuple du Burkina Faso ;

Depuis quelques semaines, des manifestations de rue ont touché des localités de notre pays et profondément perturbé la quiétude des populations, compromettant dangereusement la sécurité, la paix et la cohésion sociales. Ces affrontements ont occasionné des pertes en vies humaines, la destruction d’édifices publics et privés et porté un sérieux coup aux efforts consentis pour bâtir les bases matérielles du progrès et assurer la sécurité des citoyens.

A toutes les familles endeuillées, j’adresse mes sincères condoléances et leur exprime ma compassion ainsi que ma profonde solidarité.

Je souhaite un prompt rétablissement aux blessés afin qu’ils puissent continuer d’apporter leur précieuse contribution au développement de notre nation.

Chers Compatriotes ;

Ces derniers jours, des éléments des Forces armées nationales, refusant de se soumettre à des décisions de justice, se sont emparés d’armes de guerre et de munitions pour terroriser les populations et se livrer à des actes de pillage. Ces contestations accompagnées de comportements qui portent atteinte à la dignité de la femme, ne sauraient être tolérées dans un Etat de droit. Elles nous interpellent tous sur la nécessité de mettre un terme à l’usage de la violence afin de préserver les acquis en matière de droits et de libertés au Burkina Faso.

Face à ces événements, le Gouvernement a entrepris des actions et mesures d’apaisement et mis en place un dispositif de soutien et de dédommagement financier des victimes.

Dans le même esprit, le commandement militaire a présenté ses excuses aux populations ainsi qu’à l’ensemble des acteurs du monde de la justice, un des piliers essentiels de l’Etat de droit.

Peuple du Burkina Faso ;

Les Forces armées nationales ont été bâties sur des valeurs de discipline, de courage, de loyauté à la République, de respect de la personne humaine, qui font la fierté de l’ensemble des Burkinabè.

Cet héritage transmis de génération en génération a forgé une âme à ce corps de métier et établi durablement un rapport de confiance entre l’Armée et la nation. Cependant, les comportements observés ces derniers temps chez certains éléments sont en inadéquation avec l’éthique militaire, les principes sacrés de la République et ternissent l’image des Forces de défense.

Chers Compatriotes ;

L’Etat de droit démocratique garantit des libertés aux citoyens, leur reconnait des droits mais exige d’eux des devoirs.

J’ai saisi le sens et la portée de la quête de bien-être, de vérité, de justice et de sécurité qui sous tendent certaines manifestations.

C’est pourquoi, au regard de la légitimité, de la responsabilité et de la confiance que vous m’avez toujours accordées, je veillerai à ce que justice soit rendue et prendrai des mesures vigoureuses pour la protection de l’ensemble des populations et la sécurisation des biens publics et privés.

En outre, je réaffirme ma disponibilité à rencontrer toutes les catégories sociales en vue d’échanger sur leurs préoccupations. Dès demain, je recevrai les différentes composantes de nos Forces armées.

Peuple du Burkina Faso ;

Le Gouvernement, avec l’appui des partenaires techniques et financiers, déploie de nombreux efforts pour assurer l’investissement public et notre devoir est d’en prendre soin au nom des générations futures.

Les nouvelles pratiques de revendication qui consistent à s’attaquer aux symboles de l’Etat, à détruire systématiquement les biens publics et privés, constituent une dénégation de la tradition de lutte qui a traversé les générations passées. Elles sont en contradiction avec les valeurs qui fondent l’unité et la cohésion de notre société.

J’en appelle à un sursaut de la part des forces politiques et sociales empreintes de patriotisme et de civisme, afin que le respect de la République et du patrimoine commun soit davantage enraciné.

C’est dans le but de promouvoir ces valeurs que j’ai invité l’ensemble des acteurs politiques à mûrir la réflexion sur les réformes indispensables à l’approfondissement de la démocratie, au raffermissement de notre système de gouvernance politique et institutionnelle. Les décisions consensuelles issues de ces concertations seront immédiatement appliquées pour conforter nos acquis.

C’est au prix d’un dialogue soutenu et apaisé que nous pourrons réussir les transformations escomptées, le renforcement de la démocratie et l’élévation du niveau de vie des Burkinabè.

Peuple du Burkina Faso ; Chers Compatriotes ;

Chaque fois que notre nation a été confrontée à une crise politique ou sociale majeure, nous avons toujours trouvé des hommes et des femmes de bonne volonté issus de toutes les confessions religieuses, des milieux coutumiers, des organisations de la société civile, du monde des opérateurs économiques et du secteur informel, qui se sont investis pour sa résolution et la consolidation de notre marche vers le progrès.

Cet engagement et cette disponibilité patriotique ont toujours permis au peuple burkinabè de résister victorieusement aux complots organisés pour l’aliénation de sa liberté et la négation de ses aspirations à l’édification d’un Burkina Faso fort, stable et respecté. J’ai foi en la capacité du peuple burkinabè à surmonter les difficultés qui apparaissent sur son parcours, pour affirmer davantage son attachement à la paix, à la démocratie et à la cohésion sociale.

Vive la République

Vive le Burkina Faso

Je vous remercie.