Le Blog de Aymard

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BENIN : Une certaine amazone au destin de… zozo a jeté le masque

Depuis le temps qu’elle se taisait et se terrait, après le tout dernier de ses éternels « zéro virgule…% », on attendait d’elle qu’elle sorte du bois. « Elle » ?, c’est la Marie-Elisez-moi-Gbèdo, la soi-disant « Amazone au destin de roseau ». Elle a fini par montrer le bout de l’oreille, le bout de l’une de ses sublimes oreilles, à travers une déclaration d’allégeance totale à Boni Yayi. On croit rêver.

Le pire, c’est qu’elle se met volontiers en posture d’être prise au sérieux, l’avocate de choc brandissant la dureté de la loi, à laquelle tout citoyen digne de ce nom est tenu de se soumettre. Et elle voudrait que les Béninois la prennent au sérieux, eux qui, depuis une éternité, sont convaincus qu’il n’y a plus de loi au Bénin, en tout cas pas dans la Cour des gardiens de la Constitution du pays, dont de trop nombreux articles ont été depuis des mois, littéralement explosés par le super grand patron des « gardiens », Robert Dossou.

Et la pauvre Marie-Elisez-moi Gbèdo voudrait qu’on la prenne au sérieux, elle dont l’un des slogans de campagne tout feu tout flamme était qu’elle voulait « Changer le Changement ». A sa décharge, il n’est plus question de Changement chez le grand Changementeur… oh !, pardon, chez le grand « Changementateur ». Pour celui-ci, plus question de Changement puisqu’il a fait essentiellement campagne sur le thème invertébré d’une certaine Arlésienne appelée Refondation. Ok !, on a compris : comme il n’a pu rien changer pendant cinq ans, il veut tenter de… refonder au cours des cinq ans à venir. Défense de rire !…

Cependant, peut-on s’empêcher de sourire devant tant de candeur ? De sourire (de commisération) devant tant de stupide candeur, qui lui fait prendre, à la Marie-Elisez-moi, ses compatriotes pour des gogos. Elle croit peut-être que son attitude étrange, d’avoir systématiquement fait bande à part, au cours de la campagne, par rapport au Collectif d’autres candidats (11 sur 14!), Collectif pour dénoncer les irrégularités sans nom qui émaillaient l’ensemble du processus électoral, elle croit peut-être que cette attitude étrange n’avait pas frappé ses compatriotes. D’autant que cette stratégie incompréhensible de « bande à part » la rangeait, de facto, dans le camp de Yayi Boni. Fâcheuse posture pour qui a, semble-t-il, toujours milité pour la transparence, la régularité et la crédibilité des scrutins et qui, faut-il le rappeler, clamait à se faire péter les cordes vocales, qu’elle voulait « Changer le Changement ».

Donc, la Marie-Elisez-moi-Gbèdo-que-ses-compatriotes-s’obstinent-à-ne-jamais-vouloir-élire-présidente-de-leur-pays, s’est fendu d’un long bla bla gnangnan à souhait, dont l’objectif premier et unique est son allégeance pleine et entière à l’ex-grand « Changementateur », devenu, par la grâce de l’une de ses promesses électorales pour gogos, le futur grand Refondateur. Cela se décline comme suit :

« J’adresse mes félicitations au Président Yayi Boni, Vainqueur proclamé par la Cour Constitutionnelle le Mardi 29 Mars 2011. Je l’invite néanmoins à prendre conscience du vote des béninois qui ne lui ont pas accordé leurs suffrages. C’est bien parce qu’ils ne sont pas satisfaits de son quinquennat qu’ils n’ont pas voté pour lui. C’est un appel à une meilleure gouvernance aussi bien politique qu’économique. Quant au Président Adrien Houngbédji, je l’exhorte à la sagesse du perdant. On ne se proclame jamais Roi ! C’est Dieu seul qui fait Roi ».

Pathétique !

On ne voudrait pas lui faire l’injure, à la Marie-Elisez-moi-Gbèdo-que-ses-compatriotes-s’obstinent-à-ne-jamais-vouloir-élire-présidente-de-leur-pays, de lui dire qu’elle n’était, en fait, qu’un vulgaire pion de Boni Yayi, mais la tentation est forte; très forte; trop forte. Donc, elle qui nous avait toujours bassiné les oreilles de ses professions de foi ardentes et passionnées sur l’honneur, la probité, l’honnêteté, la droiture, présente sans états d’âme particuliers, ses félicitations à Boni Yayi, le plus gonflé et le plus spectaculaire président-candidat-fraudeur de tous les temps au Bénin. Un Fraudeur tentaculaire qu’elle invite – à cause d’un reste de pudeur, peut-être ? – à prendre conscience du vote des Béninois qui ne lui ont pas accordé leurs suffrages. C’est un appel, dit-elle, « … à une meilleure gouvernance aussi bien politique qu’économique ». Autrement dit, le Changement est mort… Vive la Refondation !!!

Pathétique !

Elle fait donc semblant de ne pas voir, la « féliciteuse » au destin de zozo, que ceux qui n’ont pas accordé leurs suffrages au « vainqueur », ceux qui ne croient pas à son impossible « victoire », et descendent par conséquent dans la rue pour le faire savoir, le « vainqueur » de la « féliciteuse » les fait matraquer et bombarder de gaz lacrymogènes, avec une violence policière jamais vue dans le pays.

Elle fait semblant de ne pas voir, la « féliciteuse » au destin de zozo, que son « vainqueur » se révèle incapable de soulever l’enthousiasme de ses compatriotes autour de sa « victoire », mais militarise à mort, au contraire !, presque tout le territoire national, imposant aux populations si paisibles avant son avènement à la tête du pays, une cohabitation forcée avec des chars d’assaut et des soldats lourdement armés, comme dans un pays en guerre.

La « féliciteuse » au triste destin de zozo, qui renie ses convictions de façon aussi lamentable, se permet même d’exhorter Adrien Houngbédji à la « sagesse » du perdant. Bien sûr!, bien sûr!, il est si facile, madame, d’avoir de la « sagesse de perdant » quand soi-même, on flirte éternellement avec le zéro virgule. Mais le meilleur de votre naufrage pathétique est à la fin : « On ne se proclame jamais Roi ! C’est Dieu seul qui fait Roi ».

Ouais, madame, quand votre nouvelle idole, Boni Yayi, s’était fait proclamer Roi, par le lamentable Joseph Gnonlonfoun, qui avait repris dans des conditions grotesques, pratiquement en mondovision, des chiffres agités depuis la veille par les thuriféraires de l’idole sur les plateaux de télévision, les ondes des radios et dans les colonnes des journaux, alors que le taux de dépouillement, en ce moment-là, n’atteignait même pas encore 50%, ce n’était pas de l’auto proclamation. C’était, tout au plus, une proclamation, disons,  anticipée. Ouais… C’est fou ce que les gens ont vraiment l’esprit mal tourné, madame.

Quant au refrain imbécile que les Béninois connaissent désormais sur le bout des doigts, à savoir que : c’est Dieu seul qui fait Roi, c’est Dieu qui donne le pouvoir, même les moins mécréants d’entre eux commencent à en sourire. Il en est même qui ricanent carrément – pour ceux-là, ce doit être la damnation éternelle !, d’accord avec vous, madame –, qui ricanent donc carrément, disant que si c’est peut-être Dieu qui fait Roi, les hommes sont convaincus qu’il est impératif de l’aider un peu, le pauvre !… Il est si débordé par toutes ces affaires d’une foutue planète en effervescence !…

C’est donc pourquoi, afin d’aider Dieu à le faire Roi, à lui (re) donner le pouvoir, Boni Yayi, lui, a carrément mis le paquet :

Absence de la liste électorale,

Absence de la liste des bureaux de vote,

Hélico (son propre hélico !) pour convoyer du matériel électoral vers sa ville natale, et quelques autres localités bénies des dieux,

Quantité industrielle de bulletins pré-estampillés,

Centaines de bureaux de vote fictifs,

Vote de très nombreux mineurs,

Prise en compte d’urnes et de cantines sans scellés et sans cadenas, convoyées hors délai légal à la CENA…

La liste des généreux p’tits coups de pouce à Dieu n’est, hélas!, pas close… Conclusion : c’est peut-être  Dieu qui fait Roi ; mais une chose est sûre, après un tel reniement de ses propres convictions, Marie-Elisez-moi-Gbèdo ne sera jamais Reine sur la Terre de nos aïeux !!! Sauf, peut-être, dans sa chambre à coucher… Mais ça, c’est une affaire strictement privée, entre elle et son oreiller…

TLF

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