Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: avril 4, 2011

BENIN : Descente du Président Adrien Houngbedji dans les rues de la capitale pour inviter les Porto-Noviens à son investiture

Le président autoproclamé de l’élection présidentielle du 13 mars 2011 emboîte désormais le pas à ses militants qui ont choisi la rue pour se faire entendre. En effet, Me Adrien Houngbédji arrivé en deuxième position selon les résultats proclamés par la Cour constitutionnelle s’est offert vendredi 1er avril 2011 un bain de foule dans le premier arrondissement de la ville de Porto-Novo pour inviter les siens à son investiture mercredi prochain.

Environ un kilomètre et demi à pied avec plusieurs agents de sécurité représentant sa garde rapprochée, sa marche est ponctuée de petites escales pour annoncer qu’il est venu en tête du scrutin du dimanche 13 mars 2011. Une première dans l’histoire politique du Bénin depuis les indépendances de 1960 pourrait-on dire. C’est plutôt un autre Adrien Houngbédji que les populations du premier arrondissement de Porto-Novo ont découvert. En effet, l’homme connu pour son tempérament fair play, a choisi de braver tout au passage pour dire qu’il est le vainqueur de l’élection présidentielle passée. D’abord, il a fait un tour du marché central jusqu’au temple ‘’Avessan’’ au quartier Acron sous les ovations d’une foule de vendeuses et de conducteurs de moto à qui le candidat unique de l’Alliance ‘’Union fait la Nation’’ expliquait au fur et à mesure les dessous de sa sortie. Me Adrien Houngbédji a ensuite sillonné le quartier Goukomè avant de revenir sur ses pas par l’église ‘’Cité des Grâce’’. L’information a vite fait le tour de la ville. Il y avait des centaines de conducteurs de taxi motos. La situation a contraint la police départementale à prendre une mesure spéciale pour parer au plus pressé. ‘’ Tout le monde a été pris de court’’ a lâché un agent à la guérite du commissariat central de la ville. Du côté des populations, on se demandait ce qui allait se passer, puisque le commissaire central Mohamed Prince Aledji, face à la presse locale, menaçait déjà quelques jours avant, de sévir au cas où quiconque viendrait à poser un acte pour perturber la quiétude de la ville capitale. Entre-temps, la zone a été quadrillée par les éléments des forces de l’ordre, tous corps confondus. Mais, elles ont évité d’agir.

Elles n’ont même pas utilisé de grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants dont le nombre devenait important au fur et à mesure que Me Adrien Houngbédji avançait. Mais au niveau du marché central, une petite agitation a permis à la Police de prendre position pour disperser en douceur un groupe de militants qui tentait de rejoindre la grande vague. Idem dans tous les quartiers environnants où les attroupements devenaient importants. Me Adrien Houngbédji après environ 45 minutes au sein des siens rebrousse chemin. Selon des indiscrétions, il n’entend pas se limiter à Porto-Novo. Avec la bénédiction de ses collègues de la conférence des présidents de l’Alliance ‘’Union fait la Nation’’, il souhaite étendre cette action à d’autres contrées du pays. A son retour de Goukomè, Me Adrien Houngbédji est rentré dans son véhicule et son cortège qui contenait au moins une demi-douzaine de soldats s’est ébranlé vers Cotonou. Derrière lui, des conducteurs de taxi motos scandaient des slogans à sa gloire. C’est en ce moment que la police a pris position. Une haie a été rapidement mise en place devant le commissariat central. Et aussitôt après le passage du convoi de Houngbédji, les agents de Police se sont interposés et le cortège a pu être séparé des conducteurs de taxi motos qui furent vite dispersés.

Jean-Christophe Houngbo

(Br. Ouémé-Plateau), Le Matinal

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BENIN: Non au hold-up électoral de la Clique Yayi Boni – Dossou Robert

COMITE DE LA DIASPORA BENINOISE POUR LA DEFENSE DE LA DEMOCRATIE

www.csfdd.org

Comme on pouvait s’y attendre, le hold-up électoral préparé depuis longtemps par YAYI BONI et ses maitres s’est réalisé le 13 mars 2011. Avec une LEPI tronquée et truquée, avec une CENA et une Cour Constitutionnelle aux ordres, on ne pouvait pas s’attendre à autre chose. L’objectif que poursuivait YAYI BONI depuis son élection en 2006 est atteint. Une fois encore, YAYI BONI vient de prouver qu’il n’est pas homme à organiser des élections crédibles.

Après l’élection de l’Assemblée Nationale en 2007, YAYI BONI a arraché les procurations à 19 députés présents qu’il a fait enfermer dans une salle au moment du vote du Président de l’Assemblée Nationale; ce qui lui a permis de faire élire son pion NAGO Mathurin; c’était déjà un signe de la manière dont il concevait le pouvoir.

 

En avril 2008 après les communales, partout où il n’avait pas la majorité des conseillers, il a contesté les résultats, lançant même à des endroits donnés ses partisans dans les rues pour inverser la tendance par la force; on se souvient qu’à SEME-KPODJI, il y a même eu des morts. S’appuyant sur ses Préfets, achetant des conseillers, YAYI BONI a réussi à contrôler des communes à beaucoup d’endroits où il était battu; jusqu’aujourd’hui, le contentieux des élections communales, continue dans certains départements du fait de l’entêtement de YAYI BONI.

 

La préparation, le déroulement des élections présidentielles du 13 mars 2011 ne sont que la suite logique des agissements de l’apprenti dictateur YAYI BONI depuis son arrivée au pouvoir. En caporalisant la Presse par la corruption et les intimidations avec une HAAC aux ordres comme sentinelle, en mettant en place par la fraude une Cour Constitutionnelle avec à sa tête l’opportuniste DOSSOU Robert, en s’appuyant sur une CENA vendue dirigée par Joseph GNONLONFOUN, YAYI BONI vient de lancer un défi au peuple béninois en réalisant le hold-up du 13 mars 2011.

 

Notre peuple qui a lutté et a conquis de haute lutte les semi-libertés dont il jouit aujourd’hui n’accepte pas ce coup-d’état de YAYI BONI et de ses maitres. Pour lui, les élections du 13 mars 2011 sont bidon et de nul effet.

 

Le Comité de la Diaspora Béninoise pour la Défense de la Démocratie condamne le hold-up électoral de YAYI BONI et appelle la Diaspora béninoise à s’engager dans la résistance pour mettre en échec les plans diaboliques de l’apprenti dictateur.

 

C’est pour discuter de tout çà qu’il vous appelle à un meeting:

Le samedi 9 avril 2011 de 14h à 18 h à la

Maison des associations

20 RUE PAILLERON 75019 PARIS.

METRO BOLIVARD ou JAURES

Paris le 03 avril 2011

Contact: 06 18 64 17 26

France : Sarkozy : en échec en Chine, enlisé en Libye, dépassé en Côte d’Ivoire…

Cette semaine qui s’achève fut marquée par une succession d’évènements internationaux qui furent autant d’échecs pour la diplomatie de Nicolas Sarkozy. En Chine, le Monarque français a été snobé par son hôte chinois. Pas question de toucher au surpuissant Yuan. En Libye, la coalition occidentale s’enlise. En Côte d’Ivoire, la diplomatie française a été prise de vitesse par les forces d’Alassane Ouattara.

Dépassé en Côte d’Ivoire

En Côte d’Ivoire, très tôt, Nicolas Sarkozy avait exigé le départ de Laurent Gbagbo dès le résultat de l’élection présidentielle connue. Sa position rejoignait celle de la fameuse communauté internationale. Elle n’avait qu’une spécificité, historique : la Côte d’Ivoire est une ancienne colonie française. Et la France, de de Gaulle à Sarkozy, y a conservé de sérieux intérêts et une sacrée influence. Le poids de cette Françafrique justifiait officiellement que Nicolas Sarkozy reste prudent.

Pas question d’intervenir même si des forces françaises stationnent à proximité. Pendant quatre mois durant, la Sarkofrance a donc peu fait excepté parler à propos de la Côte d’Ivoire. Même quand des rumeurs de massacres de civils secouaient les opinions locales et françaises, Nicolas Sarkozy avait donné l’ordre de ne pas bouger. L’ONU a déjà quelques soldats sur place. En Libye, ancienne colonie italienne, Nicolas Sarkozy n’eut pas ces précautions. Et ce fut tant mieux, dans les premières heures au moins de l’intervention occidentale, pour les insurgés de Benghazi. Mais comment comprendre ce double traitement ?

Le 25 mars dernier, la France se joignait au Nigéria pour demander à l’ONUCI, la force onusienne présente sur place, d’intervenir à Abidjian pour faire stopper les tirs à l’arme lourde contre les populations civiles. Mais sans crier gare, les forces d’Alassane Ouattara, le président élu et reconnu, fondaient sur Abidjian en début de semaine dernière.

La Croix Rouge évoqua « au moins 800 personnes » décédées, civiles ou militaires, dans l’Ouest du pays. Ces massacres ne suscitent aucune réaction concrète française, comme en Libye. Samedi, le pays était quasiment conquis et les combats faisaient rage dans l’ancienne capitale du pays. On aurait trouvé une centaine de corps près de la ville de Duékoué.

Vendredi soir, Sarkozy organisait une « réunion de crise » sur la Côte d’Ivoire à l’Elysée. Il s’en suivit un joli communiqué où « la France appelle M. Laurent Gbagbo, conformément à la résolution 1975 du Conseil de sécurité, à se retirer immédiatement, à faire cesser les violences et à céder le pouvoir pacifiquement au Président Ouattara.» Nicolas Sarkozy s’empressait d’appeler Ouattara. Trop tard. « Gbagbo vit ses derniers jours de chef d’Etat » comment Juppé.

En Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo espérait un soutien chinois. [Selon Alain Léauthier, pour Marianne2]url:../../../../Quatre-lecons-et-quelques-illusions-sur-la-chute-de-Gbagbo_a204516.html, le timing de l’offensive de Ouattara serait lié à la perspective d’une récolte prochaine de cacao que le rival Gbagbo entendait vendre à une société chinoise.

Contredit en Chine

De son voyage en Chine, en fin de semaine dernière, on n’a retenu qu’une anecdote, sa visite expresse au Japon, pour rassurer les Français expatriés, saluer le gouvernement local et, surtout, sauver ce qui pouvait l’être encore du nucléaire civil. La catastrophe de Fukushima restera dans les mémoires. Mais lors de ce voyage, Nicolas Sarkozy avait bien d’autres choses à faire, dans son programme officiel.

Les médias locaux, sous la coupe d’une censure gouvernementale hors normes qui frappe désormais Google, s’amusèrent à relater quelques détails et gros échecs du Monarque français sur place. A Nankin, où il ouvrait la réunion des ministres des finances du G20, le président français fut logé dans une suite « présidentielle » de 800 mètres carrés, à l’hôtel Sofitel Zhongshan. « Le tarif ordinaire de la suite présidentielle est de 40 000 yuans (4291 euros environ) par jour », a révélé un responsable commercial de l’hôtel. En Chine, le salaire moyen est estimé à quelques dizaines d’euros par mois.

Mais le plus grave était ailleurs : la réunion de Nankin n’a débouché sur rien. C’est le premier revers, peu commenté, de cette fameuse présidence française du G20. Nicolas Sarkozy souhaitait convaincre la Chine d’intégrer sa devise, le Yuan-renminbi, dans le panier de valorisation des Droits de Tirage Spéciaux du Fonds monétaire international (FMI). Ces DTS ont été inventés en 1969 pour servir d’actif de réserve « relais » entre les Etats, en sus de l’or et du dollar. Si le Yuan chinois servait, comme le dollar, l’euro, le yen et la livre sterling à valoriser les DTS, son cours serait davantage figé. Or, justement, Européens et Américains souhaitent que la Chine cesse d’utiliser le faible cours de change de sa mon,naie pour doper ses exportations.

Mercredi soir, le président Hu Jintao a botté en touche. Pas question de figer son Yuan. La Chine veut d’abord internationaliser sa devise, via le développement de ses exportations et échanges en Asie. En d’autres termes, Nicolas Sarkozy s’est pris un vent. Echec total. La première dictature du global, grande financière des démocraties occidentales surendettées a sèchement boudé l’initiative française.

Enlisé en Libye

On ne sait plus quoi penser de la situation libyenne. Samedi 2 avril, les forces de l’OTAN ont tué 9 insurgés et 4 civils, près de Brega. Un responsable des forces rebelles a indiqué qu’un avion de l’OTAN a pris un tir de joie pour une attaque, et a ouvert le feu sur un convoi de cinq véhicules, dont une ambulance…

Depuis mardi, la situation militaire est figée. Le colonel Kadhafi a repoussé l’offensive des insurgés. le mauvais temps, en fin de semaine, a bloqué les interventions occidentales. Les Etats-Unis retirent peu à peu leurs avions. Ils fournissaient jusqu’alors l’essentiel du contingent aérien (90 avions contre 33 pour la France).

Sarkozy et Cameron se retrouveront-ils seuls en tête-à-tête guerrier avec Kadhafi ?

Source : Marianne2.fr

Côte d’Ivoire : Qui de Gbagbo, Ouattara ou Soro sera traduit devant le CPI ?

Il y a une semaine, à la question de savoir qui de Gbagbo, Ouattara ou Soro devait être traduit devant le CPI, la réponse était sans équivoque Gbagbo. Mais, cette semaine justement, le grand « Boulanger » a astucieusement renversé la situation. De la position d’attaque qui l’obligeait à endosser les morts, il est passé à la position de « légitime » défense qui transpose la responsabilité des « boucheries » sur Ouattara et Soro qui attaquent. En début de semaine, ces derniers avaient fait preuve de triomphalisme en laissant un ultimatum sans savoir qu’il est difficile de « laver un boulanger habitué à tourner la farine depuis 30 ans».

Quelle lecture géostratégique pourrons-nous faire de la situation qui prévalait en Côte d’Ivoire il y a une semaine ? Le scénario de la marche sur Abidjan de Soro sans répliques des forces pro-Gbagbo était très beau pour être stratégiquement « simple ». Dans les faits, on comprend que le contrôle du pays ne servait plus à rien à quelqu’un comme Gbagbo qui mène un combat idéologique.
L’isolation de la Côte d’Ivoire pour des raisons politiques était très désastreuse tant sur le plan humain, économique que financier. S’il obtient à la fin de cet épisode un blocus de son palais et de sa résidence sans alourdir le bilan humain, alors il aurait une position qui lui permet de continuer à mener son combat idéologique tout en libérant la Côte d’Ivoire. En effet, la prise de pouvoir par le candidat Ouattara permettra la levée des embargos et la réouverture du pays sur le monde sans mettre fin à la bataille contre la Françafrique.

En gros, il est clair que Gbagbo a perdu la guerre sans perdre la bataille. De plus, il a noyé officiellement tous les belligérants. Le CICR parle « d’au moins 800 morts » à l’Ouest du pays et l’ONU précise que « 100 personnes [ont été] tuées par des mercenaires pro-Gbagbo à Duékoué et 330 “la plupart“ par les forces pro-Ouattara ». En clair, on ne pourrait pas raisonnablement poursuivre Gbagbo sans interpeller aussi Ouattara et Soro pour des crimes contre l’humanité.

Le compteur est donc à égalité et la situation actuelle appelle à des négociations si le candidat Ouattara ne veut pas alourdir le bilan. Il est clair que les forces de ce dernier ne pourront pas « capturer » Gbagbo comme il le souhaite sans tuer des milliers de personnes. Il n’est pas suffisant de jouer sur la carte de la pénurie des munitions côté Gbagbo d’autant plus qu’il est clair que le « Boulanger » est dans la logique de la mort en « martyr». Par conséquent, comme on le pense dans l’imaginaire africain, le candidat Ouattara se trouve devant la situation d’un homme qui est allé se baigner au marigot et le fou a ramassé ses habits au passage. En l’Etat, s’il se met à poursuivre le « fou » tout nu en courant le risque d’être qualifié de «double-fou ».
Maintenant qu’il contrôle « presque » la totalité du pays, il convient d’assigner Gbagbo en résidence surveillée et remplacer la « fusicratie » par la « démocratie » sans vengeance que rêve le peuple ivoirien. Pour réussir, il doit composer avec toutes les parties car, le pays est ingouvernable en l’état pour une seule partie à cause des problèmes identitaires qui minent ce pays. Ouattara est celui qui s’expose aux violations des droits de l’homme maintenant dans un contexte où les « jeunes patriotes » pro-Gbagbo vont revendiquer légitimement leur droit de manifester comme c’est le cas dans toute démocratie.

La situation est tellement complexe que nous ne cesserons de proposer notre idée de la démocratisation en Afrique qui s’inspire du modèle de la Suisse stable et prospère depuis 12 siècles au milieu d’un monde hostile. Il faudrait :

1. Instaurer la « démocratie directe » qui est une institutionnalisation de la « démocratie de la rue » pratiquée par excellence en France et qui contamine dangereusement le reste du monde francophone. La politique de la rue n’est rien d’autre qu’une résultante de la « dictature de l’urgence qui se caractérise par le culte de l’immédiat « ici et maintenant ». Sur le plan de l’administration publique, il est préférable de gérer la collecte de 50 000 signatures pour faire avancer une cause que de faire face à autant de manifestants. Dans le dernier cas, on n’échappe pas à une violation des droits d’homme au nom du « maintien de l’ordre » alors que dans le premier cas (pétition, initiative populaire), on obtient presque essentiellement l’amélioration de la situation dans la dignité.

2. Remplacer le « super-président » (centralisation du présidentialisme) par le « Parlement fort » (décentralisation du parlementarisme ou du fédéralisme). Une telle décentralisation fonctionnerait mieux avec le principe de « concordance » qui assigne les « politiciens » à l’obligation d’entente pour le bien-être du peuple. En l’état, le présidentialisme fait beaucoup de mal aux peuples souverains à cause des guerres de pouvoir (pouvoirisme). Le but politique est moins le bien-être du peuple que celui d’un individu ou d’une caste (oligarchie). Les gens meurent non pas pour l’amélioration de leurs conditions de vie mais, pour l’arrivée d’un « traître » au pouvoir.

Nous sommes aussi pour la création, comme en Suisse, d’un collège à la tête du pays. Ainsi, ce n’est pas un seul individu qui règne avec son unique sensibilité politique, mais un collège représentatif de toutes les sensibilités présentes. Cette solution est inévitable en Côte d’Ivoire si l’objectif est de promouvoir la paix et le développement.

La mort ou le départ de Gbagbo ne résoudra aucun problème de cohabitation sociale. Il ne faudrait pas oublier que le noyau central du conflit cognitif ivoirien est l’injustice. Il faudrait conjuguer avec les Pro-françafriques et les panafricanistes. Le problème ethnique n’est rien d’autre qu’une résultante directe de l’injustice favorisée par la politique du « diviser pour mieux régner » de la Françafrique. Ce problème ne sera pas résolu à travers un simple gouvernement d’union nationale.

L’idéologie nationaliste est grandissante dans notre société (occidentale, africaine ou orientale). La montée de l’extrême-droite est spectaculaire et on ne peut pas ignorer la présence de ce phénomène en Afrique. Le traitement infâme que les Africains subissent chez eux en Afrique ou en Occident favorise la montée d’un sentiment « anti-blancs » ou « anti-français » ou encore « anti-occident ».

L’archi-trait qui justifie tous les replis identitaires est simplement l’injustice à tous les niveaux.
Le Président Ouattara devra changer son image publique de « candidat de l’étranger ». Il devrait tout simplement se montrer comme l’apôtre de la justice entre toutes les composantes de la société ivoirienne (sexe, race, ethnie, classe sociale, religion, etc.). Il ne devrait pas méconnaître la puissance du lobby du nationalisme africain qui se consolide au jour le jour suite à l’injustice du monde. Jusqu’à présent, il s’est considérablement moqué de la position des panafricanistes.

A ce sujet, nous avons une insolite intéressante qui montre la situation humiliante d’un jeune intello « black » qui n’a pas supporté d’être le seul à être contrôlé dans son wagon (train) à la frontière germano-suisse. Remontée suite à cette expérience révoltante, l’inconsolable « black » nous a juré qu’il se révoltera toujours contre la politique de « deux poids deux mesures de l’Occident ».

En effet, l’individu qui venait de se faire humilier devant sa compagne « blanche » s’était rendu à l’évidence que « tout le monde n’est pas libre en droits et en devoirs » en Occident. Et pendant que le nationalisme occidental vise à conserver cette injustice « confortable », on observe bien que les ressortissants du Sud ne supportent plus ce déséquilibre qui ne se base plus sur la « race » mais, sur « l’origine ».

La Côte d’Ivoire pourrait être une locomotive pour le reste des pays de l’Afrique Noire Francophone. La classe politique est obligée de s’entendre pour gouverner. Toutes les sensibilités devront être justement représentées dans la prise de décision pour que le système fonctionne convenablement. Ouattara aura-t-il suffisamment la clairvoyance à ce sujet ? L’histoire nous dira.

Louis-Marie Kakdeu

Côte d’Ivoire : Les généraux Mangou et Kassaraté chez le président Gbagbo

Le général Philippe Mangou, Chef d’Etat major des armées et le général Kassaraté, commandant supérieur de la Gendarmerie sont apparus dans un document daté du « dimanche avril » en compagnie d’autres hauts gradés de l’armée ivoirienne sur la Rti (télévision d’Etat), a constaté un journaliste de directscoop.

Dans une brève émission, les généraux philippe Mangou et Kassaraté sont arrivés l’air détendu au domicile du Chef de l’Etat Laurent Gbagbo.

Les médias avait annoncé la défection du général Philippe Mangou et son accueil par l’ambassadeur d’Afrique du Sud en Côte d’Ivoire. La presse internationale affirmait que le général Kassaraté avait « basculé » dans le camp de la rébellion pro-Ouattara.

pardirectscoop

Côte d’Ivoire : Jusqu’où ira la crise?

La Côte d’Ivoire est plongée dans une crise postélectorale sans précédent. Les élections du 28 novembre 2010 devaient être le point d’orgue d’un long processus de réconciliation et de paix après dix ans de guerre civile. Or, le scrutin aura été le point de départ d’une longue spirale descendante vers plus de violences, de morts, de réfugiés, et surtout, de division entre les Ivoiriens.

Avec des combats de rues jusqu’au coeur de la capitale économique Abidjan, plusieurs n’hésitent plus à parler d’une nouvelle guerre civile. À l’origine de ces événements : la contestation du résultat des urnes par les deux candidats au poste présidentiel.

D’un côté, le président sortant, Laurent Gbagbo. En poste depuis 2000, il s’estime vainqueur de l’élection, sur la base des décisions du Conseil constitutionnel et fort de l’appui des militaires et des policiers.

De l’autre, Alassane Ouattara, figure emblématique de l’opposition, reconnu vainqueur par la Commission électorale indépendante et soutenu par la presque entièreté de la communauté internationale.

Les deux hommes ont prêté le serment présidentiel le même jour. Depuis, ni Gbagbo ni Ouattara n’ont bougé de leur position.

Incarnant un certain nationalisme populaire, Laurent Gbagbo tient le fort au palais présidentiel. Se déclarant victime d’un complot international, Gbagbo se fait interdire de voyage par plusieurs pays dont certains gèlent ses avoirs et lui imposent des sanctions. Peu à peu, ses soutiens s’effritent.

Installé à l’hôtel du Golf, le gouvernement d’Alassane Ouattara ne réussit pas à s’imposer, malgré le soutien de l’ONU, de l’Union africaine, de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, de l’Union européenne, de la France, des États-Unis et de plusieurs autres pays.

Sur le terrain, des milliers d’Ivoiriens, craignant des violences, fuient vers les pays limitrophes, notamment au Liberia. La crise électorale devient rapidement une crise économique : les banques ferment et les exportations de cacao sont suspendues. Des violences sporadiques éclatent dans des quartiers pro-Gbagbo ou pro-Ouattara à Abidjan. La force de l’ONU en Côte d’Ivoire, l’ONUCI, est victime de harcèlement. Selon des bilans contradictoires, on parle de 500 à 800 morts liés directement à la crise.

La diplomatie n’aura eu aucun effet dans la résolution de ce conflit. En quelques semaines, pas moins de sept présidents africains et un premier ministre se sont rendus à Abidjan dans l’espoir de dénouer le conflit, sans succès. Des sommets spéciaux se sont tenus à Addis-Abeba, en Éthiopie et à Abuja, au Nigeria, sans résultats. Les condamnations sans équivoques des présidents Sarkozy et Obama, exigeant le retrait de Gbagbo, n’auront eu aucune influence.

L’organisation de ces élections a été laborieuse. Fruit de vastes compromis et d’âpres négociations, elles ont malgré tout été reportées à six reprises. D’aucuns se demandaient si elles auraient lieu. Plusieurs se demandent aujourd’hui si elles auraient dû se tenir.

Vous trouverez dans les pages qui suivent le récit des quelques semaines qui ont mené le pays au drame. À partir du premier tour du scrutin, dans lequel s’affrontaient treize candidats, jusqu’à l’enlisement après le deuxième tour, vous retrouverez les dates-clés et les enjeux principaux de la crise.

Vincent Champagne, Radio-Canada.ca

La Révolution arabe souillée par ces mécènes surgis dans l’insurrection libyenne

A observer les problèmes que soulève l’intrusion des Français et des Américains, bref des Occidentaux, dans l’insurrection libyenne, on se demande si l’une des conséquences de cette implication n’est pas de jeter une petite ombre sur la révolution arabe. C’est la goutte d’encre qui entache le lait !

Guerre en Libye

Tant que ces pays étaient absents du théâtre, les choses se passaient plus ou moins bien : à preuve, Tunisiens et Egyptiens ont réussi à se débarrasser de leurs dictateurs sans le soutien des Occidentaux. On peut même dire qu’ils ont réussi le prodige de faire partir leurs oppresseurs alors que ces derniers étaient soutenus par les Occidentaux. Leur victoire sonnait quelque part comme une défaite de ces grandes puissances. C’était un contrepied à leurs affirmations selon lesquelles ces pays arabes n’étaient pas faits pour la démocratie à la mode classique mais aussi leurs amitiés et intérêts. Qu’ils aient voulu montrer avec la Libye leur volonté de mieux veiller au grain à l’avenir, ce n’est pas étonnant quand on connaît la nature de leurs intérêts dans cette partie du monde.

La France et les Usa, en décidant de sustenter les insurgés, de les prendre par la main pour les installer à la place de Kadhafi, sont venus jeter le doute, un voile noir sur l’expérience révolutionnaire arabe qui, jusque-là, s’était drapée de la non-violence chère à Gandhi et à Martin Luther King. Avec l’exemple libyen, c’est une quasi-guerre de libération nationale qui est engagée. Plus grave, sur l’instigation, l’aide de l’Occident qui ne marchande pas ses soutiens en armes, en appuis financiers, diplomatiques… et surtout en bombardements.  Du coup, les dictateurs toujours en poste dans le monde arabe ont beau jeu de dénoncer les prétendues révolutions démocratiques qui ne sont rien d’autre que des tentatives d’assujettir le monde arabe et islamique à l’Occident impie. Et plus encore, une nouvelle forme de coup d’Etat pour maintenir des hégémonies dans certains pays du monde recelant des matières premières convoitées. Et nous revoilà plongé dans l’ambiance de la colonisation, de la politique de la canonnière qui était perçu jusque dans les milieux religieux comme un moyen d’apporter la « lumière », la foi, la civilisation aux peuples inférieurs, toutes choses qui ne manqueront pas en terre d’Islam, de provoquer des images douloureuses d’incroyants profanant leurs terres.

Mais ce n’est pas seulement sous cet angle que la volonté des pays occidentaux d’être acteurs directs dans la révolution arabe fait courir des risques de déstabilisation : avec la Libye, ce qu’on voit poindre à l’horizon, c’est qu’Al Qaeda ne s’arrange pour phagocyter les insurgés afin de bénéficier des moyens de l’Occident qui lui permettront, une fois le pouvoir conquis, de se retourner contre lui. Les précédents, on en a vus avec Ben Laden, on en a vus en Afghanistan comme en Irak. Alors, qu’Obama et Sarkozy se le tiennent pour dit !

CY

San Finna N°610 du 04 au 10 Avril 2011

Il y a un siècle, des bombardements aériens “ouvraient” la Tripolitaine à “la civilisation”

La Cyrénaïque et la Tripolitaine étaient sous domination turque lorsque l’Italie en entreprit la conquête en octobre 1911. A cette occasion, l’historien Alain Ruscio nous le rappelle, pour la première fois dans l’histoire, l’aviation – l’aviation italienne en l’occurrence – a été utilisée pour bombarder des positions ennemies.

L’Empire ottoman renonça à ses droits dès 1912, mais la conquête italienne ne se termina qu’en 1932. Les Italiens fusionnèrent les trois régions historiques (Tripolitaine, Cyrénaïque et Fezzan) en une colonie libyenne, laquelle devint une « province italienne » en 1939. La colonisation italienne fut très dure : entre 1911 et 1945, les Italiens exterminèrent ou forcèrent à l’exil la moitié de la population locale.

Gouvernée par le roi Idris 1er de la confrérie des Senoussis qui avait symbolisé la résistance aux Italiens, la Libye fut la première colonie d’Afrique à accéder à l’indépendance en 1951. Le pays comptait alors parmi les plus pauvres… jusqu’à la découverte de gisements pétroliers, en 1958 et 1959. Le 1er septembre 1969, un coup d’État militaire dirigé par le capitaine Mouammar Kadhafi, alors âgé de 27 ans, renversa la royauté

Le Petit journal du 15 octobre 1911 (© Cent.ans)

Il y a cent ans en Libye : la première guerre aérienne terroriste

On attribue généralement aux frères américains Wright le mérite d’avoir procédé au premier vol, le 17 décembre 1903. Prodige de l’esprit humain. Mais aussi terrifiante logique : immédiatement, certains se sont interrogés : et si cette invention pouvait être utilisée pour acquérir un ascendant à la guerre ? De nombreux hommes politiques et militaires imaginèrent que cette invention pouvait devenir une arme – de reconnaissance et / ou de bombardement –.

Quand cette idée fut-elle pour la première fois mise en pratique ?

Pour la quasi totalité des études historiques, la première guerre aérienne fut celle de 1914-1918 [1]. C’est vrai, si l’on retient comme critère le combat dans le ciel entre militaires, en quelque sorte à armes égales. Mais c’est oublier une autre forme : le bombardement aérien. L’utilisation de l’aviation fut vite perçue par les stratèges militaires comme un moyen radical, de terrasser l’ennemi – les fantassins au sol ou… les populations civiles – qui, lui, évidemment, ne pouvait riposter.

Et c’est aux colonies que ce type de terrorisme – au sens premier du terme : usage de la terreur pour obtenir un avantage – fut, pour la première fois, appliqué.

Dans cette course au déshonneur, les militaires italiens arrivèrent « bons » premiers. Et ce en Tripolitaine, appelée aujourd’hui… la Libye. Le pays était alors sous la coupe de l’Empire Ottoman, qui avait – miraculeusement – conservé cette parcelle de son ancien immense domaine. L’Italie, jeune nation, furieuse d’être partie trop tard dans la course aux colonies, devancée par exemple par la France en Tunisie, manifesta ses appétits de conquête dans cette partie de la côte septentrionale de l’Afrique.

La guerre commença le 29 septembre 1911. Dès le 22 octobre, le capitaine italien Carlo Piazza effectua le premier vol militaire – une reconnaissance – au-dessus des lignes turques ; dès novembre, des largages de bombes par avions sont attestés sur le même front [2].

Les Français ne voulaient certes pas être les derniers à envisager cette hypothèse. Dès septembre 1910, une mission avait été chargée d’étudier la mise en place d’une station d‘aviation dans le sud algérien. Signe qui ne trompe pas, ce fut le ministère de la Guerre qui en fut chargé [3].

L’armée française arriva seconde de ce palmarès, coiffée sur le fil par les frères latins d’Italie : dès 1912 – donc l’année de l’établissement du protectorat –, au Maroc [4], il fut procédé à des bombardements aériens.

Une suggestion à nos croisés – dixit Guéant – de l’Occident en Libye : si la guerre dure toujours en novembre, pour le centenaire du premier largage aérien de bombes de l’histoire de l’humanité, organisez une petite fête… mais soyez discrets.

Alain Ruscio

source : http://www.ldh-toulon.net