Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: avril 5, 2011

BENIN: 17 militaires en prison pour avoir abusé d’une serveuse de bar

Les patrouilles nocturnes qui s’organisent depuis quelques années au Bénin et qui se sont intensifiées ces dernières semaines en raison de la tension politique de plus en plus aigue ne visent pas que la traque aux malfrats et aux armes de guerre en circulation sur l’étendue du territoire. Ces patrouilles sont aussi sexuelles. La preuve en a été apportée au cours de la semaine écoulée avec le déferment à la prison civile de Cotonou de 17 militaires poursuivis pour abus sexuel sur une serveuse de bar raflée sans pièce.

C’est en effet à la faveur de leur traditionnelle patrouille nocturne que 17 militaires ont choisi d’assouvir leur plaisir sexuel sur une jeune serveuse de bar embarquée au niveau du passage à niveau de Houéyiho. Selon les premiers propos de la jeune fille abusée, les choses ont commencé par de petits attouchements et ont fini par des pénétrations sexuelles brutales et violentes. Dépourvue de sa carte d’identité et ne voulant pas finir au poste, la jeune serveuse a été obligée d’accepter de subir l’agression sexuelle que lui ont infligée ses amants de circonstance. Un à un, les 17 égarés du corps Kaki sont passés à l’acte sexuel et ont fini par la larguer la pauvre infortunée à la hauteur du Ceg Godomey avec en prime, deux pièces de 100 F. Comme on pouvait s’y attendre, les choses ont mal tourné pour les militaires patrouilleurs de sexe. La jeune serveuse ne pouvant plus contenir les douleurs atroces qu’elle a subies, a parlé à son patron qui l’a aidé à formuler en bonne et due forme une plainte. L’affaire a été portée devant les juridictions compétentes. Interpellés, les 17 militaires chasseurs de sexe ont fini devant le procureur qui les a mis sous mandat de dépôt. Selon des indiscrétions, ils risquent la radiation de l’armée. Cette sanction servira certainement de leçons aux militaires en faction devant le siège de la Fédération béninoise de football à Porto-Novo car des voix s’élèvent aussi pour indiquer qu’eux aussi transforment les installations de l’institution faîtière du football béninois en lieu de séances jambes en l’air. Selon des indiscrétions, l’information est déjà parvenue des responsables de la Fbf qui attendent qu’un cas palpable soit porté à leur attention pour agir.

Euloge Badou, L’évenement précis

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Réflexion sur la réélection de Boni Yayi : Une victoire à la Pyrrhus

Longtemps doigtée comme modèle en Afrique, la démocratie béninoise balbutie et l’élection présidentielle du 13 mars lève le voile sur les tentacules de l’ivraie qui, depuis avril 2006, poussait autour du bon grain mis en terre à la Conférence Nationale de février 1990. Jusque-là, il n’y avait pas danger aux yeux de la communauté internationale.

La dégringolade du pays dans les classements mondiaux aux plans des libertés fondamentales, les violations des droits de l’homme et des droits syndicaux ne portaient pas encore d’ingrédients de nature à émouvoir les instances internationales. Tant qu’on n’a pas entendu des tirs à l’arme lourde à Cotonou ou à Porto-Novo, tant qu’aucun charnier n’est découvert en banlieue à Abomey-Calavi ou à Sèmè, tout va pour le mieux !

De plus, le Président Boni Yayi allait pour un second mandat. Il n’a pas manipulé la Constitution pour se faire réélire. Donc, tout allait bien ! Le Bénin n’est pas à l’étape d’une prise de position de la communauté internationale contre le pouvoir en place, ni dans le scénario des interventions, qui s’annonceraient d’ailleurs porteuses, en Libye et en Côte d’Ivoire.

Seulement, l’élection du 13 mars 2011 et ses résultats stupéfiants font river les yeux sur le pays. Parce que la guerre naît précisément de l’accumulation des « petites » crises, il est toujours préférable de prévenir plutôt que de jouer aux médecins après la mort !

Comment l’intelligentsia béninoise a été tournée en bourrique

La victoire de Boni Yayi était trop belle pour être authentique ! Elle surprend les hommes de science et de culture. Elle étonne les démocrates, les personnes éprises de paix et de dignité et même les économistes. Contrairement à la propagande pompeusement financée par le régime, le Bénin a stagné et a même reculé à maints égards au cours de ces 5 dernières années, à tous les niveaux et le président s’est mis à dos la quasi-totalité des forces politiques du pays.

En principe les réalisations qu’on vante et l’ampleur de la micro finance pour les femmes devraient induire des tendances haussières au plan du développement humain. Compilés, les rapports des 5 dernières années prouvent le contraire et le pays a même reculé sur le chemin de la bonne gouvernance.

En 2010, le taux de croissance économique du Bénin était parmi les plus bas de la sous-région, à 2,8%. En ajoutant les dernières inondations, on constate aisément que les Béninois ont connu beaucoup de misères sous le Président Boni Yayi. Comment justifier dans ces circonstances une victoire de telle ampleur que la culture démocratique en terre béninoise n’a jamais offert à un dirigeant ?

Que s’est-il passé réellement passé à l’occasion du scrutin du 13 mars ? En évitant à dessein de parler de « fraudes massives », deux certitudes méritent néanmoins d’être consignées dans les annales de l’histoire

1) De nombreux observateurs ont prédit que la Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI) serait l’instrument par lequel Boni Yayi réussirait sa réélection. Les Soglo déclaraient à quelques jours du scrutin, qu’au décryptage de la liste tel qu’elle était concoctée, Boni Yayi l’emporterait dès le premier tour avec 54% des voix.

Les prédications se sont traduites dans les faits. Au-delà des péripéties, des pour ou contre, et même si elle émane d’une loi votée et promulguée, la LEPI était-elle prête pour servir à l’élection présidentielle de mars 2011 ? La réponse est assurément non ! Tout le confirme, à commencer par les deux reports de date. Le temps n’a pas suffit pour prendre en compte le maximum possible, finaliser, publier et épurer, comme l’exige la loi.

Dès lors, la voix s’ouvre et justifie toutes les manigances : absence de liste électorale, le tiers de l’électorat privé du droit de vote ; les oubliés en majorité seraient dans les zones favorables à l’opposition ; montée en flèche du poids de l’électorat dans les zones favorables au Chef de l’Etat, etc. L’informatisation de la liste électorale avait pour objectif d’induire plus de transparence. C’était tout le contraire, hélas ! On voulait dit-on empêcher les morts de voter, on a plutôt privé des centaines de milliers de vivants du droit de vote !

2) Jusque-là, on croyait qu’au Bénin, l’attachement aux valeurs démocratiques l’emportait sur l’achat des consciences. Les méthodes Yayi ont introduit des « innovations » dans le système électoral. Elles ont réussi à trouver les voies et moyens de lier l’injection massive de billets de banque au sein de la population à l’obligation de résultats. Prenons l’exemple des bulletins pré cachetés que les femmes pouvaient facilement dissimuler dans leurs pagnes et remplacer dans l’isoloir.

En ramenant le bulletin non cacheté elles donnaient la preuve d’avoir fait le « bon » choix et emportaient ainsi 10.000 F CFA (environ 20 dollars US) ou alors le montant initial des frais de micro finance. Grâce à cette technique, on pourrait s’acheter pour 15 milliards de F CFA (30 millions de dollars US) la majorité absolue de 1.500.000 voix !

Réélection achetée sur fonds publics

Jouant sur l’extrême pauvreté des populations, encore éprouvées par les dernières inondations, parmi lesquelles figurent celles qui ont perdu leurs maigres revenus dans l’affaire ICC Services et consorts, la stratégie de l’argent aura fonctionné. Les sorties du Président s’accompagnaient de distributions systématiques d’argent frais, au détriment de l’orthodoxie et des régies financières. On savait déjà pour les marcheurs qu’on pouvait mobiliser avec seulement 1000 F CFA (2 dollars US) par personne !

Diverses associations, élus locaux, partis politiques d’envergure plutôt caricaturale, des personnes qui avaient à peine de l’audience à l’intérieur de leurs propres familles, ont eu leurs différents quotas. Le nec plus ultra, ils avaient l’assurance d’apparaître à la télévision et donc de se faire passer pour les plus crédibles. Dans la foulée, les confessions religieuses, les royautés et chefferies traditionnelles étaient officiellement subventionnées.

Et voilà comment Boni Yayi a gagné ! Dans la confusion autour d’une liste électorale fallacieuse, dans l’exacerbation des considérations régionales, dans la corruption électorale. Le jeu manquait de franchise. Et tout le monde a vu ! Boni Yayi a gagné en plongeant le Bénin au bord de l’implosion, situation que confirme la télévision nationale avec la diffusion à profusion de chansons et messages appelant à la paix. Le Bénin continue de payer l’erreur de 2006, celle de l’homme nouveau, à qui on a favorisé la main mise sur les Institutions de l’Etat dont les plus importantes en termes de contre-pouvoir.

De ce fait, il semble qu’il n’y a aujourd’hui de choix que d’accepter les résultats proclamés par la Cour constitutionnelle, dans le respect des lois républicaines. Il faut à tout prix préserver la paix au Bénin. Néanmoins, les forces vives du pays gagneraient dès maintenant à s’organiser et à trouver les moyens les plus pacifiques et les plus légaux visant à contrebalancer les élans liberticides, poursuivre et parachever les inscriptions sur la liste électorale, et freiner la mauvaise gouvernance.

Et là, les médias sont appelés à jouer le rôle de « watchdog », si crucial en matière de démocratie. Qu’on travaille donc à arrêter la propagande ! On ne sait où conduisent ces pratiques datant maintenant d’une autre époque. Plus que jamais, les Béninois ont besoin de rester vigilants !

Charlemagne KEKOU

L’Evènement Précis

« Le Bénin n’a de richesses que les Béninois »…

Le nouveau défi de l’émergence après le 13 mars 2011, connaissez-vous ? Assoir la légitimité au bout de la violence brutale, de la confiscation des canaux d’expression, de la propagande et de la quête permanente d’une absolution internationale. Des bouts de papier estampillés Nicolas Sarkozy, Manuel Barroso ou Baï Ki-Moon seraient beaucoup plus précieux que des scènes de liesse populaires et d’adhésions spontanées au rempilage proclamé au forceps. Peut-être que ces parrains présumés enverraient d’ici-là, à Cotonou, des milliers de cantines remplies de devises destinées à faire oublier le traumatisme des cantines du K.O, ayant servi aux transports des résultats du scrutin présidentiel dans des conditions que tout le monde sait. Pour la première fois, on verrait un locataire de la Marina faire abstraction du génie national. Tout le contraire du « comptons d’abord sur nos propres forces » qui a longtemps fait le bonheur des révolutionnaires avant le coup d’arrêt de la conférence nationale de février 1990. Yayi préfère compter d’abord sur le zèle débridé d’officiers nourris à la rente émergente.

Sans une planche à billet fonctionnelle et avec un sous-sol désespérément stérile, Yayi et les siens savent qu’il ne pourrait pas procéder comme le « guide » de Libye distribuant gracieusement de l’argent aux guichets des banques en guise de sourdine à la grogne interne. Le régime est bien placé pour savoir que sa quiétude dépend essentiellement de l’entrain des Béninois à l’ouvrage. Lorsqu’il a fallu doper la popularité en berne du pouvoir, ses affidés ont dû se rabattre sur chaque maison, chaque hameau, chaque foyer pour collecter, via faux placeurs et pasteurs démagogues, les épargnes familiales jusqu’aux derniers cens. Ce qui a permis d’essaimer tout le territoire de marches de soutien, de meetings de remerciement, de séances de prières en l’honneur du docteur-président et de sa tribu régnante. De même que face au gouffre abyssal creusé dans les caisses de l’Etat par les dépenses extrabudgétaire et les excentricités du prince, le gouvernement ne pouvait rien faire d’autres que de quintupler le prix de la bombonne de gaz domestique, du ciment, de l’eau, de l’énergie électrique, des hydrocarbures, des prestations au cordon douanier. Encore le pauvre contribuable qui trinque pendant que les privilégiés se sucrent.

Yayi serait passé dès le premier tour, le 13 mars, quand bien même il n’avait pas présenté de programme, de projet de société, sans équipe de campagne, selon l’intime conviction du juge constitutionnel. Soit ! Mais il n’y a pas que lui qui peut se targuer d’avoir une conviction. Les autres citoyens qui manifestent dans les rues, clament leur désaccord dans les médias encore disponibles et se refusent à se résigner ont également leur conviction intime : celle déniant toute légitimité au pouvoir proclamé. Le problème c’est que le Bénin, c’est aussi la masse de ces milliers d’adhérents de ce front de refus. A moins de mettre en exécution l’allégorie ubuesque du docteur-président autour de la fameuse valise de prospérité. Il s’agit donc d’attendre sagement que le locataire daigne enfin ouvrir sa malle qui contiendrait la croissance à deux chiffres, la modernisation de l’agriculture, l’industrialisation du pays, la lutte contre la corruption etc…. En attendant, le plus urgent est d’offrir au régime une cérémonie d’investiture surdimensionnée sur fond de dol et de rouerie. Comme si les flonflons, les invités de marque, les honneurs et les agapes suffisent à légitimer un hold-up électoral. Que de chemin parcouru entre le moment où la liberté de presse et la vivacité du débat public au Bénin faisaient rêver le célébrissime député Suisse, Jean Ziegler. Sous Yayi, l’état de la démocratie béninoise est à rechercher au bout des matraques, des menottes et des coups de poings d’officiers de police. Rsf, Amnesty, Transparency font chaque année chorus autour de cette dérive totalitaire crescendo depuis avril 2006.

Quand on décide de mater ses propres richesses…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

Le côté obscur d’Alassane Ouattara

Alassane Ouattara n’est pas que le très occidentalisé président ivoirien reconnu par la communauté internationale. Le politologue Michel Galy revient sur le versant plus « sombre » de celui qui est à la tête d’une armée de « chefs de guerre sanglants ».

Alassane Ouattara a deux versants et il m’arrive pour illustrer cela de parler de Docteur Ouattara et Mister Alassane. L’un est très occidentalisé, formé aux Etats-Unis. Il a été directeur Afrique du FMI, est anglophone, toutes choses qui plaisent aux USA d’autant qu’il est néo-libéral d’idéologie économique. Ceci dit, le système politique ivoirien n’a pas cela comme référence. Personne ne vote pour lui parce qu’il est néo-libéral de même que très peu votent pour Laurent Gbagbo parce qu’il est social-démocrate.

L’autre versant, plus sombre, est mis en exergue par ceux qui disent que la Côte d’Ivoire est à feu et à sang depuis qu’Alassane Ouattara est arrivé par la grâce de Félix Houphouët-Boigny. A la mort de ce dernier c’est d’ailleurs Alassane Ouattara qui gouvernait et qui réprima des manifestations de façon très violente. Il mit notamment à cette époque-là Laurent Gbagbo, son épouse Simone et son fils Michel en prison à la maison d’arrêt d’Abidjan durant six mois. Et ce sont des choses qui ne s’oublient pas.

Ensuite, tout va, même si on n’a pas de preuve, dans une responsabilité politique d’Alassane Ouattara dans le coup d’Etat de 2002. Une tentative de coup d’Etat qui a essaimé dans tout le pays, mais qui échoua à Abidjan. Deux tiers du pays étaient alors tenus par la rébellion rebaptisée par la suite Forces Nouvelles et qui sont aujourd’hui l’essentiel des forces militaires pro-Ouattara.

Cette dualité dont vous parlez est-elle visible encore aujourd’hui?

– Actuellement cette dualité persiste. D’un côté Alassane Ouattara est cet homme à la stature revendiquée d’homme d’Etat adoubé par la communauté internationale, avec une répartition des rôles avec Guillaume Soro à qui est donné le commandement militaire. Et de l’autre, dans le côté obscur, et que souvent l’Occident ne voit pas, il y a les forces qui portent Alassane Ouattara et la dérive ethnico-régionale qui s’y cache. Car dans ses forces on trouve les dioula, c’est-à-dire les Nordistes et ceux qui viennent du Mali, du Burkina, du Niger, et d’ailleurs peut-être qu’il y a des conseillers de ces pays qui l’ont amené à mettre en place cette guerre éclaire qu’il vient de mener ces derniers jours. Et si on prend en compte la vision autochtone, les Sudistes se sentent le dos à la mer devant cette vague dioula qui dure depuis une centaine d’années.

Les dioulas ont tendance à dire « le pays est à nous » et les sudistes disent « on n’a plus rien à perdre » et risquent de résister très longuement à l’offensive de Ouattara.

Dans cette bataille, si vous confirmez que Guillaume Soro a la charge militaire, c’est bien Alassane Ouattara qui est à la tête des opérations?

– C’est une répartition des rôles politique et médiatique. Mais ils sont en accord. Alassane Ouattara est responsable de ce qui se passe. Et là, en ce moment, ce sont des chefs de guerre sanglants comme Wattaoo, qui dirigeait la garde de Ouattara à l’hôtel du Golf et a été déplacé dans l’Ouest il y a quelques temps, qui arrivent sur Abidjan avec des militaires de base dépenaillés, sans salaire, qui ont l’intention de se payer sur la conquête d’Abidjan. Ces derniers pratiquent une guerre traditionnelle où les pires massacres sont admis et c’est ce qu’on a vu à Duékoué au lendemain de l’offensive des pro-Ouattara où entre 800 et 1.000 civils selon Caritas et d’autres ONG ont été tués.

Donc on est inquiet pour Abidjan. On ne peut pas parler de génocide car il y a 50% de la population qui soutient Gbagbo et 50% Ouattara. Mais on peut craindre ce que Jacques Sémelin appelle des « massacres de masse » entre les deux camps. On redoute que, bientôt, on s’en prenne aux civils, voir que les civils s’affrontent directement comme à Brazzaville en 1991.

Interview de Michel Galy, politologue, chercheur au « Centre sur les conflits » à Paris et animateur de la revue Culture et Conflits par Céline Lussato – Nouvelobs.com

Côte d’Ivoire : Sarkozy est un nain finalement !

En Côte d’ivoire, Nicolas Sakozy a mis en œuvre une forme de « solution finale » en écho à son fameux discours de Dakar de 2007 sur « l’Homme africain est dehors de l’histoire ». Demain, Sarkozy doit faire un discours sur Césaire grand défenseur du Peuple Noir au Panthéon alors qu’il donner du canon contre l’armée ivoirienne à Abidjan. Césaire doit se retourner dans sa tombe !? Et les soi-disant « hommes et femmes d’état africains » se terrent, même au Gabon. Aucune réaction de Mamboundou, de Ping ou de Mba Obame. C’est dire !? Que sont les grandes figures de nos pays, devenues ? L’argent et le pouvoir ne suffisent pas, comme nous l’a montré Mandéla.

Voir une armée « coloniale » bombarder les Forces Armées de l’État ivoirien est une déclaration de guerre qui n’a même pas fait l’objet d’un débat (comme c’est de coutume) à l’Assemblée Nationale française. Tuer des Ivoiriens est quelque chose d’insupportable et que je dénonce solennellement ici avec force. Il s’agit ni plus, ni moins, de la part de la Présidence de Nicolas Sarkozy, d’UN ACTE GRAVE d’Agression. Cet acte engage à son insu le peuple français, il fait porter à la République française une responsabilité morale et politique. Cette agression injustifiée d’un peuple africain ne saura hélas être sans conséquences.

Honte à ces pseudo « hommes et femmes d’état » africains qui croient qu’il suffit de porter une cravate ou des broderies pour devenir des « politiques ». Honte à ces acteurs de la société civile africaine qui se taisent pour ne pas perdre leurs subventions. Et enfin, honte aux chefs religieux qui ne savent que prier pour la paix sans dénoncer l’inacceptable en Afrique noire en disant la vérité.

DÉSOLÉ MAIS NICOLAS SARKOZY EST UN NAIN !

Au nom de la France, des hélicoptères ont massacré des milliers de Bamilékés au Cameroun. Au nom de la France et via le Gabon un génocide a ensanglanté la province du Biafra au Nigéria. Au nom de la France, on a laissé 1 million de tutsis se faire massacrer pour ne pas changer de politique au Rwanda. Au nom de la France, le fils Eyadéma a tué des milliers de Togolais pour prendre le pouvoir.

Au nom de la France, des dizaines de milliers de Brazzaville ont été l’objet de meurtres de masse. Au nom de la France, on meurt par milliers au Tchad et au Centrafrique. Au nom de la France, le Gabon a eu son lot de dizaines de morts depuis 1964 jusqu’en 2009. Et même au nom de la France, on a sacrifié la vie de deux jeunes Français récemment au Niger qui auraient peu avoir la vie sauve après un temps de captivité …etc.

Que pourra faire demain un Chef d’état (Alassane Ouattara) qui pour arriver au pouvoir aura agi comme Alassane Ouattara depuis 2002. En quoi sera-t-il meilleur qu’un Sassou Nguesso du Congo qui a décimé son peuple pour reprendre la présidence avec le soutien de Chirac ?Je dis à ceux qui ne sont pas heureux de mes écrits que je ne vous ressemble pas. Je n’ai pas co-fondé un parti au Gabon par exemple pour soutenir les dictateurs africains.

L’Afrique à venir ressemblera à celle de Mandéla par à celle de Paul Biya pour ne citer que ce Président qui s’apprête à passer en force au Cameroun avec l’appui de la communauté internationale. Je ne suis pas caporalisable pour être clair ! Mon indignation ici exprimée ressemble à toutes mes autres indignations depuis toujours : le mal fait à l’Afrique et aux Africains par Sarkozy (un clown comme dirait le fils Kadhafi) avec la complicité d’Africains carriéristes et lâches ne peut plus durer. Je parlerai ainsi jusqu’à la fin de tout puisqu’à la différence de beaucoup, je ne suis pas animé par un plan de carrière. Tout le monde n’aspire pas à accéder à la poule aux œufs d’or pour satisfaire on ne sait quoi.

JE CONDAMNE SANS AMBIGÜITÉS L’ACTION MILITAIRE FRANÇAISE SANS MANDAT DE L’ONU

Je veux exprimer publiquement ma condamnation sans réserves de l’intervention française en Côte d’Ivoire qui est une boucherie de plus sans mandat du Conseil de Sécurité de l’ONU et une humiliation sans nom pour les Peuples africains. Je dis que Nicolas Sarkozy est un nain, au plan biologique mais surtout au niveau politique. Qu’il ne compte pas sur moi pour lui cirer les pompes. Et si cela peut arranger les choses, j’interdis désormais à quiconque de m’appeler « ministre des affaires étrangères » de qui que ce soit car mes convictions l’emportent sur le reste.

Je suis choqué et j’ai honte d’avoir cru un tant soit peu en cet homme nommé Nicolas Sarkozy, qu’il aille au diable ! Ceux qui pensent que pour devenir « responsable politique » en Afrique, il faille d’abord renoncer à toute dignité, sont des lâches qui paieront le prix de cette lâcheté un jour. Nombreux sont ceux qui comme moi, ont eu des membres de leurs familles assassinés par la « coloniale » ou par des régimes soutenus depuis Paris.

Nous n’avons pas de leçons à recevoir de ceux qui se soumirent tout le temps ou firent le jeu du « diable » au détriment de leurs pays. Si certains n’arrivent pas à comprendre que le silence du Parti Socialiste Français comme de tous les partis signe un « crime commun » contre l’Afrique noire, ne doivent pas être surpris d’être incapables de devenir une alternance crédible au clan Bongo !

N’en déplaise, Gbagbo restera dans notre souvenir comme celui qui a été vaincu en technicolor comme un héros ! Son courage aidera d’autres à relever la tête et un jour nous serons libres. Grâce à Dieu, nous serons enfin libérés et le Monde verra que la puissance des Forces Spéciales et des hélicoptères ne suffit pas ! Que soit maudits Alassane Ouattara et Guillaume Soro qui depuis 2002 ont ensanglanté la Côte d’Ivoire pour de sombres intérêts. Et que soit encore plus maudit ce Président français qui aura affiché plus que les autres, son mépris pour l’Afrique noire. Nous pouvons le dire puisque nous n’attendons rien de lui !

En signe de protestation, je choisis aujourd’hui de me taire pour une durée indéterminée afin de méditer sur la « malédiction nègre » et prendre le temps de la réflexion. Cette annonce devrait soulager quelques « rêveurs » au Gabon et en France.

Nous n’accepterons jamais l’image d’une armée française en peine devant les Talibans et qui vient décharger une furie incompréhensible contre des peuples qui ne demandent qu’à vivre une vie normale.

Bruno Ben MOUBAMBA

Vice-Président de l’Union Nationale interdite au Gabon

bruno@moubamba.com

L’Union africaine : un instrument pour les Grandes puissances !

L’Afrique est-t-elle obligée de se soumettre éternellement au pouvoir de la France et des autres puissances de la planète?

L’Union africaine ou plutôt cette fameuse « Institution » supranationale et communautaire, qui n’a aucune indépendance à l’égard des grandes puissances dont les décisions ont été toujours approuvées sans hésitation et immédiatement appliquées à la lettre, constitue aujourd’hui une menace et une grande entrave à la marche vers la concrétisation des Etats-Unis d’Afrique. Comment et pourquoi vouloir être au service d’un continent sans prendre ses distances vis-à-vis de ceux-là mêmes qui l’avaient mis à sac à travers la colonisation et la guerre froide ? Ce sont aujourd’hui les descendants mêmes des Négriers qui nous envahissent en nous manipulant et en nous divisant pour mieux régner. Leur sulfureux droit d’intervention en Afrique est-il justifiable et raisonnable au 21e siècle ? La France doit cesser son Hypocrisie !
Que signifie sécuriser la « vie des Français » dans un pays en guerre tout en ignorant celle des « Autochtones »? Il est scandaleux de voir les militaires français uniquement préoccupés par le sauvetage de leurs ressortissants ! Pourquoi ont-ils oublié les milliers d’Ivoiriens menacés par les balles des belligérants et les règlements de compte!
Toujours vouée à la botte des prétendus maîtres et gendarmes du monde, l’Union africaine est donc une organisation qui est destinée à appliquer à la lettre les décisions et les préoccupations cyniques et calculées de ces donneurs de leçons insouciants du moindre respect de la vie et de l’intégrité du tiers-mondiste! C’est pourquoi elle doit être refondée et confiée à des hommes responsables, lucides, libres, intransigeants et adoubés par le suffrage universel. Autrement dit, elle doit être arrachée des mains des putschistes et des despotes sanguinaires qui en ternissent l’image en la décrédibilisant davantage.

La nécessité de réinventer des Institutions libres, incontestables, non influençables, indomptables et au service de l’intérêt de notre Continent assujetti!

Il est plus que jamais urgent d’avoir en Afrique des institutions crédibles et capables de trancher sur les questions relatives à paix, à la sécurité, à la justice et au développement socio-économique! Parmi tous ces points évoqués, la justice est, à mon sens, primordiale dans la mesure où il est incompréhensible et anormal d’assister au transfert de nos dirigeants à la Cour pénale internationale en les livrant à la soi-disant Justice exemplaire des plus forts. Combien de chefs d’Etat africains ont-ils été victimes des comploteurs de la CPI ? Charles Taylor, Omar El Béchir, Jean-Pierre Bemba et Hissène Habré, les génocidaires rwandais…. Et qui d’autres encore à l’avenir? Peut-être Laurent Gbagbo et sa femme s’ils sont capturés par leurs complices rebelles ? Et il est étonnant d’entendre l’Onu parler de « violation massive des droits de l’homme » en Côte-d’Ivoire, ou ailleurs dans le monde « inutile » des pauvres au moment où elle qualifie de « représailles » le terrorisme d’Etat d’Israël envers la Palestine.
Pourquoi l’Afrique hésite-elle à s’affranchir de la tutelle des Grandes Puissances malhonnêtes en quête de dirigeants africains naïfs, dociles et toujours prêts à acquiescer et à se subordonner à leur sale politique, quitte à encourager des rebellions sanglantes?
Toutefois, loin de moi l’idée de vouloir me faire l’avocat du diable ! Mais, je pense que l’Afrique devrait pouvoir au moins s’occuper de ses propres enfants en évitant ainsi de hurler avec les loups revanchards et opportunistes. Ces derniers exaltent lorsque qu’un Africain est humilié à la face du monde. En vertu de quoi les Grandes puissances s’arrogent-elles le droit d’appuyer les rebellions en Afrique ? Quand verrons-nous un président africain proférer des menaces contre ces petits maîtres et justiciers du monde?

Certes, Gbagbo a tort de s’accrocher au pouvoir en foulant aux pieds les principes de la démocratie et le choix des Ivoiriens, mais l’ingérence étrangère viole évidemment la Souveraineté de ce pays meurtri par la division et la guerre. Autrement dit, la solution pour la Côte d’Ivoire se trouve en Afrique et non pas à l’Onu ou à Bruxelles. Laisser la crise ivoirienne aux mains d’autres continents, c’est jeter de l’huile sur le feu ! C’est un acte lâche, irresponsable et démissionnaire pour l’Afrique. Où sont actuellement tous ces « intellos » qui s’étaient empressés de riposter, suite au discours insensé de Sarkozy à Dakar ? Manquent-ils tous d’inspiration et de souffle pour réagir face à l’agression de l’Africain orchestrée par l’actuel président français qui ne cesse de stigmatiser et de persécuter surtout les braves et honnêtes citoyens d’Afrique en Métropole. A-t-il rappelé à l’ordre son ministre de l’intérieur Claude Guéant pour ses propos racistes qui affirmaient que « les Français ne se sentent plus chez eux » ? Si nous sommes indésirables chez Sarkozy, pourquoi ne somme-t-il pas tous les ressortissants français en Afrique de revenir dans la mère patrie ?

Au demeurant, a-t-on déjà assisté à l’ingérence des pays du Sud dans les conflits survenus dans les pays du Nord ? En tout cas, depuis le procès de Nuremberg, ce sont les plus forts qui jugent les plus faibles. L’Afrique doit prendre son destin en main en se libérant des serres de ces grandes puissances perturbatrices de notre entité et de notre unité continentales. Elles dévorent nos ressources naturelles et s’inquiètent d’une éventuelle naissance des Etats-Unis d’Afrique : l’union ne fait-elle pas la force ? Elles savent pertinemment qu’une Afrique unie et forte est une réelle menace contre leurs intérêts. Cinquante ans après les Indépendances, tout le monde se rend compte du manque criant d’institutions fiables et susceptibles de gérer les crises et conflits en Afrique.

Dame Diop

ddiopdame@hotmail.com
Publications: « Les rêves de la fleur », recueil de poésie publié aux éditions Edilivre, Paris, 2010; 164 pages.

Philippe Rémond un français sacrifié sur l’hôtel de la Françafrique

Le français Philippe Rémond assassiné à Yamoussoukro

Qui en Côte d’Ivoire ne se souvient pas de ce monsieur. Aux premières heures de la crise, il fût parmi ceux qui sont intervenus à l’émission Raison d’Etat pour dénoncer le pillage des pays Africains par la France au travers du francs CFA. Ce monsieur se nomme Philippe Reymond.

Il était professeur à l’INP-HB de Yamoussoukro.

La capitale politique Yamoussoukro où résidait ce professeur est occupée par la rébellion depuis avant-hier. Le lendemain de leur arrivée dans la ville, les rebelles ont assassiné ce professeur dans sa chambre d’hôtel son seul crime a été de critiquer le comportement néo-colonialisme de la France.

Rappelons que ce professeur est Français et donc devrait en principe bénéficié de la protection de la force française del’opération Licorne.

Mais à cause de ses prises de positions en faveur de la vérité, ce français est qualifié de pro-Gbagbo. Et rien que pour cela, il a été livré aux rebelles.

Sinon comment comprendre que la Licorne qui est officiellement en Côte d’Ivoire pour la protection de ses ressortissants, européens et autres étrangers n’a rien pour protéger cet illustre professeur. Comment comprendre que les rebelles ne soient pas inquiétés après ce crime crapuleux. Et oui ce Français a été réduit au silence parce qu’ayant refusé de suivre Nicolas Sarkozy dans sa politique machiavélique.

La presse française qui est réputée pour dénoncer les crimes et violation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire est restée bien silencieuse. C’est à croire avec certitude que la discrimination se fait même en France. Le ministère des affaires étrangères françaises veut couvrir sa mort en disant qu’il aurait sans doute été tué d’une balle perdue.

Sachant que les rebelles sont à Yamoussoukro depuis plus de 48 heures et que la ville est tombée sans qu’ils n’ont rencontré aucune opposition, alors comment ce français a pu être victime d’une balle perdue dans des combats qui n’ont jamais y lieux ?

« Le CFA est une moquerie. Dites-vous bien que cette monnaie, qui est frappée et imprimée à Chamalières, la ville du président Valérie Giscard D’Estain, n’est pas reconnue en France. Ceux qui voyagent le savent très bien. Il est impossible de changer le Cfa dans une banque en France. Pour parler crûment, c’est une monnaie de singe». A travers la monnaie, la France continue d’exercer une tutelle sur des pays auxquels elle a, soi-disant, donné l’indépendance » avait dit cet homme lors de l’interview qu’il a accordé au quotidien ivoirien Fraternité Matin avant d’appeler la Côte d’Ivoire à créer sa propre monnaie. (aymard)

source : abidjandirect.net