Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: avril 7, 2011

BENIN : Quinquennat 2011-2016 – C’est parti pour cinq ans de chaos socio-économique

Le Dr Boni Yayi a été officiellement investi hier président de la République pour conduire les destinées de notre pays pour les cinq prochaines années. C’était hier à Porto-Novo la capitale politique du pays. Boni Yayi a prononcé son discours inaugural à travers lequel il a donné les grandes lignes de son quinquennat. Une analyse approfondie dudit discours permet d’affirmer sans se tromper que le Bénin du Changement est parti pour cinq ans de chaos socio-économique.

Dans son discours inaugural d’hier, le chef de l’Etat, Boni Yayi a tout abordé sauf le volet socio-économique. En cinq ans de gestion du président-banquier, le Bénin a connu très peu d’investissements directs. La charge salariale du Bénin représente actuellement 45% de nos recettes contre 35% requis par le Fonds Monétaire International (FMI). Au même moment, on assiste à une baisse du trafic portuaire avec pour conséquence un faible taux de croissance économique depuis avril 2006. Le marasme économique ainsi né de la mauvaise gestion des ressources du pays sous le régime du Changement a eu des répercussions sur les finances publiques. De nombreux programmes d’investissements publics sont gelés. Le Trésor éprouve des difficultés à rembourser la dette intérieure du pays.

Ce marasme économique dans lequel est plongé le Bénin du Changement a amené le gouvernement à négocier un nouveau programme économique avec les institutions de Bretton Woods. Une sorte de programme d’ajustement structurel qui ne dit pas son nom et dont la mise en œuvre ne peut qu’activer la fronde sociale.

L’économie de vérité

La meilleure façon pour le Bénin de renouer avec la croissance économique est de dégraisser l’effectif de la fonction publique afin de rester dans les normes du FMI. Mais conscient des conséquences sociopolitiques d’une telle réforme, le gouvernement béninois a opté pour des réformes douanières au niveau du port de Cotonou afin d’y accroître les recettes. Or, compte tenu du contexte socio-économique actuel de notre pays, l’objectif fixé par le gouvernement à travers lesdites réformes ne peut être atteint de si tôt à cause des grèves dans l’administration publique d’une part et la baisse des importations en direction du Bénin d’autre part. Autrement dit, sans recette douanière, le gouvernement béninois ne peut pas survivre. D’où la question de savoir quelles mesures le gouvernement du Bénin a-t-il pris pour lutter contre la baisse des importations en direction du Bénin ?

Les mauvaises options

Pour assurer le payement des salaires, le gouvernement béninois a eu à lever à plusieurs reprises des fonds sur le marché monétaire ouest-africain. Une politique économique suicidaire dans la mesure où en économie, il est de règle que les prêts sont faits pour assurer le développement et non pour financer le fonctionnement. Cette mauvaise option économique du gouvernement Boni Yayi I n’a fait qu’augmenter la dette intérieure et extérieure du Bénin. Dès lors, on voit qu’aucun miracle économique ne peut être possible.

Le pire est inévitable

Selon les opérateurs économiques, les raisons profondes qui justifient la chute des importations en République du Bénin sont entre autres, le harcèlement fiscal, la corruption, la lenteur administrative, et surtout la politisation du climat des affaires. En terme clair, sans reprise de l’activité économique le Bénin risque de connaître un quinquennat de vives contestations socio-politiques. Dans son allocution d’hier, le Chef de l’Etat a occulté ce volet essentiel qui devait servir de socle à son programme économique. Il a plutôt mis l’accent sur les réformes politiques sans savoir que même dans les grandes démocraties, les grandes réformes entraînent toujours des contestations. On peut citer le cas de la France sur les retraites ou la contestation née aux Usa sur la réforme des assurances retraites introduites par Barack Obama.

Marcel NOUMON, 24 h au Bénin

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Ça y est, le Bénin est rentré dans l’imposture

Les Béninois ont depuis le 06 avril 2011 reconduit Boni Yayi dans ses fonctions de Président de la République du Bénin, c’est du moins ce que à quoi les a contraints le tout puissant Robert Dossou, Président de la cour constitutionnelle.

Après les élections législatives de 2007, les élections communales sans issue de 2008 puisque partout où Boni Yayi n’avait pas la majorité des conseillers pour élire un maire à ses ordres, il a contesté les résultats par tous les moyens même par la force jusqu’à avoir gain de cause. Ces élections communales ont été reprises à maintes reprises dans certaines localités, juste pour que Boni Yayi ait la majorité des conseillers. Le contentieux de ces élections communales n’a pas encore été totalement vidé jusqu’à ce jour et voilà que cet homme vient organiser une élection présidentielle, on n’aurait pas dû  s’attendre à mieux.

La mauvaise organisation des élections présidentielles du 13 mars 2011 et les résultats proclamés par la cour constitutionnelle ne sont qu’une suite logique du mépris que Boni Yayi a pour les institutions et le peuple béninois.

Point n’est besoin de rappeler la mauvaise gestion qui a cours au Bénin depuis 2006, le taux de croissance du Bénin (2,8%) qui est aujourd’hui parmi les plus bas de la sous région alors qu’il était à 5% en 2005 et que Boni Yayi avait promis l’amener au moins à 10%, les nombreux scandales économiques qui ont vu le trésor béninois dépouiller de centaines de milliards avec en prime le scandale du placement d’argent qui lui a décentralisé le détournement et le pillage dans les maisons et quartiers avec la situation de cessation de paiement de ICC-services qui a consacré le peuple béninois cette fois-ci encore à faire le deuil de centaines de milliards.

Démocratie enracinée avec l’organisation d’une élection présidentielle sans liste électorale, sans lois électorale, sans la liste des bureaux de vote. En prime de la forfaiture, Boni Yayi déploie son propre Hélico pour convoyer du matériel électoral à Tchaourou sa ville natale sans que le coordonateur représentant la CENA dans ce département n’en soit informé.

Une élection qui a révélé lors du dépouillement un nombre impressionnant de bulletins pré-estampillés,  une élection qui a révélé des centaines de bureaux de vote fictifs, une élection au cours de laquelle de nombreux mineurs ont voté et pour clore cette merveilleuse parodie d’élection, des urnes et des cantines sans scellés et sans cadenas, convoyées hors délai légal à la CENA mais qui finalement ont été prises en compte.

Il me plait de rappeler que les chefs d’Etat présents à cette parodie d’investiture ne sont pas pour la plupart les meilleurs exemples en matière de démocratie et de droits de l’homme et des peuples sur le continent. Au nombre de ces très chaleureux invités qui se sont empressés de venir au Bénin figure le congolais Denis Sassou N’Guesso, président de la République populaire du Congo de 1979 à 1992 puis depuis 1997 où il a accédé comme à son habitude à la tête de la République du Congo par un coup de force militaire, le sénégalais Abdoulaye Wade (84 ans) qui à défaut de réussir à réviser la constitution pour s’offrir un troisième mandat a le souci (et il ne le cache pas) d’ouvrir la voie à une succession présidentielle dynastique en faisant élire son fils en 2012, le togolais Faure Eyadéma (fils de son père) nommé en 2005 président du Togo puis renommé en 2010, le gabonais Ali Bongo (encore un fils à papa, pauvres gabonais) lui aussi nommé en Août 2009 à la tête du Gabon pour perpétuer le massacre intelligent du peuple gabonais et le dépouiller de ses richesses.

Ils étaient là à l’investiture de Boni Yayi qui, a réussi à se faire réélire bon gré mal gré même s’il fallait pour cela une élection sans liste électorale. Comme quoi, qui s’assemble se ressemble.

Une cérémonie d’investiture qui a commencé par un lâcher de colombes pour soi-disant inviter à la paix. Les colombes n’étant pas dupes n’ont pas voulu participer à ce marché de dupes ; résultat : elles ont refusé de prendre l’envol et ont préféré rester sur place au lieu de s’envoler. Elles aussi ont vu ces élections et n’en sont pas fières. Même si les sages de la cour ont cautionné ce faux, elles, refusent de cautionner un tel scrutin électoral.

A vos marques, prêt pour cinq ans de gabegie.

aymard

BENIN : Vivement une investiture par jour…durant 5 ans !!!

Que la fête est belle !!! Le commentateur en chef de la chaîne des grands événements à manquer d’avaler son micro ; l’arène de l’investiture du 06 avril 2011 à Porto-Novo venait de voir apparaitre un trophée de guerre de légende, Mathieu Kérékou, himself, flanqué d’un de ses valets de luxe. De quoi maximiser les décibels auprès d’un auditoire déjà très maigrichon, dans un stade Charles de Gaule transformé en un bunker à ciel ouvert. Les convives étaient conscients que dehors, à quelques encablures de là, des milliers de Porto-noviens ruminaient leur colère dans l’espoir que Lucifer emporte tous les convives de cette célébration de la fraude électorale, du déclin démocratique et de la faillite des valeurs-refuges. N’eut été cet exotérisme aux couleurs du Caméléon, la kermesse aurait perdu tout éclat. Il ne resterait que ce vague sentiment d’insouciance, de jouissance, de célébration. Une sorte de halte passagère dans un Bénin promis à des lendemains annoncés fatidiques.

Au moins, en ce jour, à cette tribune précisément, l’ordre du jour ne mentionne aucun des écueils du yayisme précédent. Les organisateurs ont mis un point d’honneur à faire en sorte que les objectifs des caméras ne captent que des images d’un pays en fête, honoré par la présence de quelques chefs d’Etat voisins. Le décor s’est efforcé de sauver les apparences : costumes, cravates, uniformes militaires impeccables, femmes endimanchées aux frais de courtisans du régime, applaudisseurs conditionnés, alignement de quelques ravaleurs de vomissures. L’illusion d’un nouveau mandat de 5 ans pour le président proclamé élu par la Cour constitutionnelle avec un Bénin uni, mobilisé et promis à un avenir radieux. Si seulement, les émergents pouvaient se gaver de cette soupe d’angélisme sur fond de populisme, quotidiennement, durant tout le mandat. Retourner à Porto-Novo, tous les jours, prêter serment dans le faste et le tintamarre. De cette façon, personne ne parlerait plus de grisaille économique, de crise sociale, de tension politique. Plus de conjectures autour de Icc-services, de Cen-Sad, de surfacturation dans l’achat des machines agricoles, de politisation des micro-crédits. Et surtout une sourdine autour du hold-up électoral du 13 mars 2011 ainsi que la répression policière qui a suivi. Comment donc faire que cette mémorable fête d’investiture puisse occuper tous les esprits durant 5 ans ? Tout aurait été plus simple pour la Marina.

Du vœu à la réalité. Une célébration c’est d’abord une ardoise, à plus forte raison pour une économie sur les talons. Dans le feu de la surenchère électoraliste, le docteur-président avait opportunément glissé sur la posture du prince d’Arabie promettant à ses sujets une valise de prospérité bien pleine. Congés payés, orgies, logements, bombance gratuits en tout temps et à tout le monde. Seul problème, le Bénin n’est pas un commensal du golf Persique et ne saurait profiter de la plus abondante nappe pétrolière au monde. Allez-y voir ce qu’à déjà couté au contribuable une journée chômée et payée consacrée à une cérémonie en totale déphasage avec la psychologie du moment. Privés de vote pour certains, votes détournés pour d’autres, ils doivent encore payer pour les extras de celui dont-ils éprouvent du mal à digérer la victoire proclamée par la Cour constitutionnelle. Il se pourrait que la hantise d’un retour brutal à la vie réelle n’existe que dans l’imaginaire tordu d’un obscur chroniqueur jaloux des réussites du régime. Et que, comme promis, tous les spoliés des faux placeurs recevraient quelques jours après le début du rempilage tout l’argent qui leur a été soutiré. Et que les revendications sociales trouveraient solution sous peu. Et qu’enfin le prestige écorné du modèle démocratique africain serait rapidement rétabli. Les émergents, capables de transformer une minorité politique en une majorité électorale selon la Cour de Robert Dossou pourraient éventuellement faire refleurir la maison Bénin juste par une investiture festive. Qui sait ?

La magie et la ruse ne marchent pas à tous les coups…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

BENIN : Message de Philipe Noudjenoume, 1er Secrétaire du PCB au grand meeting du 06 avril 2011 à la Bourse du Travail

PARTI COMMUNISTE DU BENIN (P.C.B)

01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin)

Tél. :21 30 03 22/97 98 35 65 – Site : http://www.la-flamme.org

Camarades

Responsables des Centrales et Fédérations Syndicales

Responsables de L’ODHP,

Responsables des Organisations de Jeunes, de femmes, d’étudiants,

Chers concitoyens

Ce jour 06 Avril 2011, sera gravé en lettres noires dans l’histoire centenaire des peuples du Bénin unis sous une même domination, celle des colonialistes français. C’est la date qui rappelle les sombres moments de conquête coloniale où par la force des armes nos braves aïeux BEHANZIN, BIO GUERA, KABA, SAKA YERIMA, TOFFA, se sont vus imposer le joug colonial et l’asservissement à l’étranger. La scène qui se déroule en ce moment dans notre capitale, Porto-Novo – la prestation de serment de YAYI Boni pour un deuxième mandat – donne tout l’air de ces événements tragiques évoqués plus haut.

Pourquoi nous en sommes là aujourd’hui ? C’est parce que par vos luttes, vous travailleurs avez mis à l’ordre du jour l’émancipation de notre patrie. Les pôles de ces combats sont connus de tous : le ministère des Finances et la Bourse de Travail. Vous avez combattu les institutions instrument du capital financier international que sont le FMI et la Banque Mondiale et leurs mesures meurtrières au Bénin. Vous vous êtes dressés dès les premiers signes contre l’autocratie naissante de YAYI Boni et en particulier contre la LEPI truquée. Et si je me suis présenté comme candidat à ces dernières échéances électorales, c’est pour y porter vos voix et revendications « POUR LE POUVOIR DES TRAVAILLEUS ET DES PEUPLES ».

Chers camarades, chers amis et concitoyens.

Le scrutin électoral du 13 Mars ne constitue pas des élections à proprement parler. Il s’agit purement et simplement d’un hold-up électoral coiffé d’un coup d’Etat électoral.

Avec les élections présidentielles de 2011, notre peuple fait une chute dans l’abîme. L’histoire retiendra que les auteurs principaux d’une telle tragédie ont pour noms YAYI Boni, DOSSOU Robert, BAKO ARIFARI Nassirou et GNONLONFOUN Joseph. Ils ont servi d’instruments d’une politique d’asservissement et de guerre des puissances impérialistes notamment française contre les peuples africains dont l’exemple est en train de nous être servi par l’agression en cours contre les peuples de Côte d’Ivoire et de Libye. La fabrication par ces puissances et le soutien accordé à une LEPI truquée en faveur de YAYI Boni ne vise pas d’autre but.

Face à cette forfaiture qui représente les premières annonces de l’enfantement d’une nouvelle autocratie, celle de YAYI Boni, les travailleurs et les peuples du Bénin se sont indignés, se sont révoltés. Ils refusent d’accepter l’inacceptable. En tant que fils de ce peuple et à l’écoute de ses intimes impulsions, avec les responsabilités qui sont les miennes, j’ai en date du 21 mars 2011, appelé « toutes les forces politiques, sociales, économiques, religieuses, militaires attachées à la démocratie, à la dignité du pays et à la paix et au développement réel de notre pays à s’unir dans le combat pour sauver la patrie (…) et à organiser par tous les moyens la résistance ». Dans ce sens je ne peux que saluer toutes les expressions et manifestions de la résistance à la tyrannie d’où qu’elles proviennent à l’intérieur comme de la diaspora béninoise à l’extérieur.

Je salue en premier lieu les Responsables des Centrales et fédérations syndicales, particulièrement ceux de la CSTB et de la FESYNTRA-Finances ainsi que de l’ODHP qui, de façon ferme et constante, ont combattu à travers les multiples luttes et manifestations (et ceci tout au long du processus), la mascarade électorale et l’ont rejetée ainsi que celui qui en est l’auteur et le bénéficiaire, YAYI Boni. Il est incontestable et heureux que vous constituez aujourd’hui le premier pôle et le plus solide de résistance à la tyrannie. Je salue votre détermination à affirmer votre pouvoir, le pouvoir des travailleurs et des peuples qui est la seule alternative pour une bonne gouvernance au Bénin.

Je salue la déclaration de refus de l’imposture de Me Adrien HOUNGBEDJI selon laquelle «Nous devons résister à la liquidation de notre démocratie»

Je salue la déclaration de rejet de l’imposture par le candidat Abdoulaye Bio TCHANE et son appel à la résistance.

Je salue les autres expressions de résistance à la dictature, diffuses comme précises, à l’instar de celles des soldats patriotes et opprimés de notre armée.

Je salue enfin la diaspora béninoise à l’étranger qui de Paris à Lagos, de Londres ou de New-York, à Lomé, etc. à travers des organisations ou individuellement rejettent l’ignominie et l’infamie.

Je vous dis « Poursuivez dans le rejet de l’inacceptable ! La patrie vous appelle. Il ne reste à l’homme qui a tout perdu que l’honneur ! »

Le nouvel autocrate YAYI Boni dès son forfait réalisé poursuit dans la voie de l’instauration de la dictature. Il réprime dans le sang des manifestations pacifiques à Cotonou et Porto-Novo, met Porto-Novo en état de siège.

Je voudrais ici m’associer aux douleurs des populations de Porto-Novo devenues les martyrs de la nouvelle autocratie de YAYI Boni. Les réprimer dans leur indignation n’est que de l’arbitraire et de l’injustice. Je les soutiens et leur dis de ne pas baisser les bras. Il n’existe pas d’autre voie que les pentes escarpées pour parvenir à la liberté, à la dignité.

C’est le lieu de dire aux membres de la HAAC qu’ils se trompent d’époque en tentant de réduire au silence, par leur mesure scélérate, toute voix critique contre la nouvelle autocratie. Qu’ils sachent autant qu’ils sont que l’histoire ne leur permettra pas de réaliser leur forfait de liquider la liberté d’expression et de presse si chèrement conquise et nous ramener à la période d’EHUZU de sinistre mémoire et qu’ils répondront de tels crimes.

On ne saurait frapper un enfant et lui interdire de pleurer dit l’adage populaire. C’est pourquoi tous ceux qui appellent à la paix sans situer la cause du trouble à la paix sont des soutiens de la nouvelle autocratie de YAYI Boni.

Chers camarades, chers concitoyens,

Comme vous l’avez souligné, tous ceux qui sortiraient élus de ces élections frauduleuses sont frappés d’illégitimité et d’illégalité. Le pouvoir de YAYI Boni qui prête serment ce jour à Porto-Novo est illégal et illégitime. Et la Cour Constitutionnelle devant laquelle ce serment se prête n’est qu’une Cour au service du monarque YAYI Boni. Face à cette imposture, je réaffirme qu’aucune loi, aucune Constitution, aucun Destin ne nous condamne à subir le règne d’un despote.

Ce que ces élections nous donnent comme leçons pratiques, c’est qu’il ne reste d’autre voie de chasser YAYI Boni que de faire la révolution.

C’est pourquoi, je vous appelle, travailleurs, jeunes, femmes, citoyens de ce pays à l’intérieur comme à l’extérieur à développer les formes de résistance les plus variées contre la nouvelle autocratie (dans la défense de vos intérêts et des libertés) jusqu’à la formation d’un Gouvernement de Salut National de Transition basé sur les exigences populaires et patriotiques, seul à même d’organiser des élections libres et crédibles au Bénin.

Alors vive la Résistance populaire !

Non à la dictature fasciste !

Vive la Révolution pour que vive le pouvoir des travailleurs et des peuples !

Cotonou, le 06 avril 2011

signature illisible

Philippe NOUDJENOUME

BENIN : Allocution de Gaston K. Azoua, S.G. de la CSTB au grand meeting du 06 avril 2011 à la Bourse du Travail

Camarades et chers amis,

Les travailleurs et la jeunesse sont en train de créer une nouvelle tradition depuis l’avènement du régime dit du Renouveau : se réunir régulièrement au cours des élections présidentielles pour faire entendre leurs voix, pour indiquer leur volonté et se battre pour son triomphe. Ainsi nous avons lutté contre les élections frauduleuses et déclaré ouvertement que tout vainqueur de ces élections serait frappé d’illégitimité. Le pouvoir de Boni YAYI qui était l’organisateur de ces fraudes a été déclaré vainqueur de ces élections et le monde entier peut se rendre compte qu’il s’agit d’une mascarade, d’un hold-up électoral où la souveraineté du peuple a été niée, piétinée, bafouée. La honte couvre le pays. Mais plus grave, c’est qu’à la fraude s’ajoutent la répression de tout contestataire, les états de sièges des villes, la violation de la liberté d’expression et de presse. Seuls les zélateurs du vainqueur de la fraude ont droit à la parole et à la presse.

A tous ces épigones, je leur dis de la façon solennelle en me faisant aider de La Bruyère : sans liberté de critique, il n’y a pas d’éloge flatteur..Les thuriféraires de la HAAC et autres sont mis à nu et condamnés d’avance par l’histoire. Mais ce que tout cela montre, c’est que les libertés chèrement conquises sont en danger. Une nouvelle autocratie s’abat sur le pays, un nouvel autocrate s’installe pour opprimer et exploiter davantage les travailleurs et les peuples. Les travailleurs et les peuples, tous les démocrates et patriotes sont devant un défi : résister jusqu’au renversement de la nouvelle autocratie.

Les travailleurs et la jeunesse qui ont été au cœur de la résistance ont un rôle central à jouer. C’est heureux que nous en prenions de plus en plus conscience en prenant des résolutions indiquant que tout pouvoir désormais doit se baser sur la volonté des travailleurs et des peuples. Jusqu’à présent, les travailleurs se battent, mais au bout, ils s’arrêtent et laissent d’autres se faufiler au pouvoir sous le prétexte de ne pas faire de la politique. Mais aussitôt, la politique des nouveaux dirigeants les rattrape et les travailleurs, producteurs des biens, sont obligés encore de tendre la gamelle pour réclamer un peu de bien être. Il faut que cela s’arrête maintenant

Les impérialistes, leurs théoriciens et journalistes présentent le pouvoir d’Etat comme un organe neutre dont la nature et la forme dépendent seulement de celui qui l’exerce.

Mais, le pouvoir d’Etat n’est pas neutre. Il n’appartient pas à tout le monde mais à la classe sociale qui le détient. Dans notre pays, le pouvoir depuis la colonisation appartient à la haute bourgeoisie coloniale puis néo-coloniale. Le système politique en place exclut, opprime et exploite les travailleurs salariés, les paysans et artisans, piétine nos langues et cultures, étouffe notre émancipation et empêche tout développement. Vu le constat de léthargie cinquante ans après notre indépendance, vu le constat d’enlisement dans la corruption vingt ans après la conférence nationale, il faut des mesures patriotiques pour notre émancipation et notre décollage réel. Le succès de la lutte au quotidien contre l’arbitraire, contre la confiscation et l’exercice du pouvoir personnel, contre le pillage et les bradages des ressources nationales exige des mesures à la portée de chaque citoyen, exécutables par lui. Ainsi :

1-Garantie des libertés Libertés politiques complètes pour les travailleurs et les peuples. Jugement et châtiment des tortionnaires et des auteurs de violation des libertés des travailleurs et des peuples. Châtiment des fraudeurs et des corrupteurs pendant les élections

2.- De la désignation des Directeurs Généraux, gestionnaires du bien public Election et révocabilité sur la base de critères à définir par l’Assemblée Générale des travailleurs. Le pouvoir appartient aux travailleurs.

3.- Suivi et contrôle de la gestion du bien public Assemblée Générale des travailleurs et/ou des usagers concernés avec leurs comités. Publication des accords ainsi que des contrats avec les adjudicataires. Félicitations des dirigeants méritants. Sanctions des auteurs de pillage et de mauvaise gestion à déférer à la justice. Les travailleurs étant les mieux placés pour connaître de ces faits.

4.- Rémunération des dirigeants Réduction des salaires et avantages des dirigeants. Aucun salaire de dirigeants de l’Administration ne doit dépasser celui du professeur d’université. Amélioration de la rémunération et des avantages des basses couches. Réduction de l’échelle des rémunérations. Lutte contre la corruption par les Comités et Assemblées générales des travailleurs.

5.- Langues officielles et d’instruction Aucun privilège pour aucune langue. Toutes les langues parlées sont langues officielles. Instruction de chacun et de tous à partir de sa langue maternelle, à commencer par les adultes. Organisation de l’instruction et de l’éducation de masse avec utilisation de tous les outils de communication, notamment l’Internet.

6.- La liberté de produire Aide matérielle en formation et accès aux crédits aux entrepreneurs nationaux et notamment aux artisans organisés en coopératives sous des formes diverses. Facilités fiscales à ces entreprises. La recherche scientifique et technique orientée vers les besoins nationaux.

7.- Sauvegarde du patrimoine national Maintien et gestion rigoureuse des entreprisses publiques. Retour dans le patrimoine public des entreprises des secteurs stratégiques de l’économie nationale . La terre est propriété éminente de l’Etat.

8.- Attitude vis-à-vis des ressources traditionnelles Appui et déploiement de toute la richesse du passé. Autonomie administrative jusqu’au niveau du village et quartier de ville. Langues locales comme langues d’instruction et d’administration. Dans chaque village et quartier de ville : Justice locale aux mains des notables dans des tribunaux de conciliation ; Centre de santé associant médecins modernes et guérisseurs traditionnels reconnus comme agents de santé public ; Bureau de poste avec connexion à l’Internet ; les chasseurs et les brigades de jeunes reconnus en tant que force de sécurité officielle. Il s’agit bien de conquête de droits nouveaux démocratiques afin d’aller de l’avant ; droits à inscrire dans une nouvelle Constitution qui doit prévoir, à côté d’une chambre de députés, une Chambre des Nationalités, composée de représentants des dignitaires traditionnels qui aura pour tâche d’apprécier la conformité des lois votées par l’Assemblée nationale avec les traditions positives de nos peuples.

Voilà ce qui distingue le pouvoir des travailleurs et des peuples de tous les pouvoirs connus dans notre pays jusqu’à ce jour. Le gouvernement, mis en place en concertation avec leurs représentants, est alors mandataire des travailleurs et des peuples, des producteurs nationaux. C’est l’exemple que nous donne la COSATU, organisation syndicale d’Afrique du Sud avec l’ANC et le Parti Communiste d’Afrique du Sud. C’est tout cela qui nous motive, lorsqu’on prend en considération le programme liberticide et antinational de Boni YAYI déclaré élu par imposture, pour poursuivre le combat. On ne peut accepter les bras croisés le déploiement d’une nouvelle autocratie. C’est l’occasion d’en finir avec toute autocratie et d’établir enfin la souveraineté réelle du peuple, le gouvernement réel du peuple par le peuple et pour le peuple, le pouvoir des travailleurs et des peuples du Bénin. C’est là une véritable révolution dont le chemin nous est encore montrée par les peuples tunisien, égyptien.

Vive la révolution !

Vive le pouvoir des travailleurs et des peuples !

Sarkozy – La guerre à tout faire

La guerre est une drogue à forte accoutumance pour Nicolas Sarkozy. Deux semaines après avoir lâché ses bombardiers sur la Libye, le président français a donc ordonné à ses militaires de déboulonner Laurent Gbagbo. Tordant à nouveau le mandat confié par le Conseil de sécurité des Nations Unies.

L’ex-pourfendeur de la «françafrique» n’a pas tourné casaque. Il assume simplement ses penchants naguère camouflés, à l’instar de l’opération menée début 2008 au Tchad pour sauver in extremis le dictateur Idris Déby. Désormais, la discrétion n’est plus de mise. Impopulaire en France, donné perdant à un an de la présidentielle, M. Sarkozy cherche ostensiblement son salut en guerroyant, comme hier son modèle texan. Où s’arrêtera celui qu’on surnomme déjà le «Petit Bush»?

Bien sûr, on ne regrettera pas Laurent Gbagbo – même si l’on doute qu’Alassane Ouattara soit davantage fréquentable. Pas plus qu’on ne défendra Mouammar Kadhafi. Ce qui inquiète, c’est l’interventionnisme décomplexé de celui qui voulait désinhiber la droite française.

Personne ne croit au désintérêt de Paris dans ces opérations militaires, pas même les bruyants supporters de la «guerre humanitaire». Ceux-ci préfèrent justifier leur «pragmatisme» par une conjonction occasionnelle: si l’intérêt de la puissance interventionniste coïncide avec le droit ou la justice, pourquoi ne pas fermer les yeux?

On voit vite quel type de relations internationales nous préparent ces apprentis sorciers. Un monde où grandes et moyennes puissances peuvent user de la force armée au gré de leurs intérêts nationaux – voire électoraux! – et des justifications offertes par l’actualité. En Libye, on intervient pour «protéger les civils»; en Côte d’Ivoire, on installe par les armes le vainqueur à 54% d’un scrutin contesté, sans prêter attention aux accusations de massacre de centaines de civils ni penser à la transition dans un pays politiquement et ethniquement coupé en deux.

Dans ce néocolonialisme repeint aux couleurs de l’humanitaire, le droit est peut-être le même pour tous mais la police n’intervient que dans certains quartiers! On imagine la puissance d’un tel mécanisme de domination.

La caution de l’ONU à la banalisation de la guerre comme méthode de résolution des conflits est désespérante. Si elles ne sont pas dogmatiquement pacifistes, les Nations Unies naquirent de l’espoir de vaincre les crises par d’autres moyens. La voir se complaire en paravent de l’impérialisme est pathétique. D’autant que le comportement partial de la Mission onusienne en Côte d’Ivoire (ONUCI) jette une ombre sur la régularité du processus électoral qu’elle avait encadré à l’automne.

Une fois les armes rangées, on peine à imaginer le rôle que l’ONU pourra jouer en faveur de l’indispensable réconciliation ivoirienne. Elle devra en tout cas expliquer sa passivité et celle de la France face aux exactions attribuées aux partisans de M. Ouattara. Tout le monde sait que les milices nordistes ont bénéficié de l’encadrement occidental, sans lequel elles n’auraient pu renverser M. Gbagbo en une offensive éclair

Benito Perez

http://www.lecourrier.ch/la_guerre_a_tout_faire

Côte d’Ivoire : J’accuse Nicholas Sarkozy de crime contre l’humanite

J’accuse Nicolas Sarkozy, Barak Obama Hussein (les Dignes fils de Adolf Hitler, une bande Voyoux), Alassane Dramane, Ouattara, Blaise Compaore, Aime Henri Konan Bedie, Soro Kibgafori Guillaume, Carter III, Jean-Marc Simon etc. de Crime contre l’humanite.

J’accuse l’Union Africaine, les presidents Africains d’etre des laches et des complices.

Selon Wikipedia.org: Un Crime contre l’humanité est une “ violation délibérée et ignominieuse des droits fondamentaux d’un individu ou d’un groupe d’individus inspirée par des motifs politiques, économiques, philosophiques, raciaux ou religieux” (meurtres, extermination, torture, viols).

J’accuse Hussein Barak Obama, Nicolas Sarkozy d’avoir soutenu le Burkina Faso à travers son President Blaise Compaore (exemple de democrate selon Paris) au pouvoir depuis 1987, implique dans le conflit au Liberia 1989-1997, 1997-2003 et en Sierra Leone 1991-2002, dans le conflit Ivoirien depuis 2002, Aboulaye Wade, Goodluck Jonathan,  d’avoir incité les chefs rebelles Alassane Dramane Ouattara, Soro Guillaume et les coauteurs d’avoir semé des vols, des viols des meurtres, genocides sur tout le territoire Ivoirien, la Communaute dite Internationale dans sa quete de chasser le President des Ivoiriens Son Excellence Laurent Gbagbo tente de lui imputer ses faits en comme elle a toujours fait de travestir les faits.

C’est pour ces faits que sont jugés Jean Pierre Bemba, Charles Taylor à la Cour Pénale Internationale cet autre instrument de pression sur nos chefs Africains. En effet, Quand Bush tuait en Irak, quand Adolf Hitler Obama tue en Libye ,quand Adolf Hitler Sarkozy tue en Cote d’Ivoire, etc c’est sous mandat Onusien, il n’y a pas de Cour Penal International pour eux, ils ont la Bombe Atomique, ce sont les maîtres du monde. En face il y a Mais, oui ce n’est point la Chine, ni la Russie qui vont s’opposer a cela, on a passé un deal depuis la chute du mur de Berlin, encore moins l’Afrique du Sud.

La Refonte entiere de L’organisation des Nations Unis

Aujourd’hui, que constate-t’on? Sous la baniere de l’Organisation des Nations Unis, Une cohorte de voyoux, de gangsters deguisés en chefs d’Etats que sont Nicolas Sarkozy roi de france et empereur d’Europe et ce complexe de noir qui n’a meme pas pu faire passer ses promesses dans son pays quand il avait la majorite, quelqu,un qui a honte d’etre considere comme Noir jouent aux gendarmes du monde et cela au grand dam des pays ayant un sous-sol riche sous les yeux de la Russie, la Chine Premiere Puissance economique mondiale etc se rendant complices de ces grandes derives qui vont a l’encontre des fondements de l’Organisation des Nations Unis qui doit faire plus que jamais sa mue entiere sinon alors il faudrait s’en soustraire.

Il suffit de voir le problème de la Palestine, ces Personnes ont fait un partage des plus idiots, quelque chose qui n’est pas viable, les Etats Unis peuvent faire croire a leur population inculte et stupide que c’est par grandeur, qu’elle intervient dans les pays, Haiti est tout pret, on n’en parle plus, votre base militaire de Dieogo Garcia dans l’ocean Indien, au detriment des autochtones Chagossiens, la Grande Bretagne vous louent cette terre, ils n’ont même pas le droit de retourner sur la terre de leurs ancêtres, la grande Bretagne a un prolongement dans l’ocean Indien, cela n’est pas le souci de l’Organisation des nations Unis, tous ces coups d’etats que vous avez fait en Amerique Latine, mais quand on s’attaque à vous c’est du terrorisme, Serai-je négationniste que de dire qu’il n’y a pas eu de de 11 Septembre 2001, non c’était un moyen comme vous utilisez à l’onu pour faire du terrorisme dans les autres pays, c’est pour cette raison que je soutiens le President Iranien dans sa quete d’avoir la Bombe Atomique car elle inspire le respect à vos yeux.

Christian, L’Ivoirien des Etats Unis

Chassez la Françafrique, elle revient au galop

Les troupes françaises patrouillent à Abidjan, 2 avril 2011

« La France n’a pas à jouer un rôle de gendarme en Afrique », déclarait en 2008 Nicolas Sarkozy. Paris a trahi ses promesses en s’engageant militairement en Libye et en Côte d’Ivoire aux côtés de l’ONU, note la Süddeutsche Zeitung.

Voilà des images que la France voulait éviter à tout prix : des soldats français tirent sur des positions militaires et des dépôts de munitions en Côte d’Ivoire et aident les casques bleus à attaquer le palais présidentiel à Abidjan. Les partisans du chef de l’Etat sortant, Laurent Gbagbo, accusent les Français de barbarie et de néocolonialisme. Ceux d’Alassane Ouattara, le président élu, réclament au contraire que Paris s’implique fortement. La France se retrouve malgré elle entraînée dans la guerre civile et doit désormais mener une seconde intervention dans un pays africain, en plus de celle à laquelle elle participe en Libye.

Le président Sarkozy était pourtant entré en fonctions en promettant de réduire la présence militaire française en Afrique. Il voulait normaliser les relations entre la France et ses anciennes colonies, et débarrasser la politique africaine de ses relents d’ingérence et de primauté des intérêts économiques. La Françafrique* devait prendre fin. La France ne serait plus le « gendarme de l’Afrique », avait promis Sarkozy.

La Côte d’Ivoire fournit l’occasion de pratiquer cette nouvelle politique de réserve. Ce pays riche – comparé aux autres Etats africains – avait depuis longtemps la réputation d’être la « vitrine » de la France sur le continent. Sous la présidence du « père » de l’indépendance, Félix Houphouët-Boigny, les relations étaient restées excellentes. Les choses changèrent après l’élection de Laurent Gbagbo en l’an 2000. Le nouveau président chercha rapidement à unir dans la haine contre la France son pays ravagé par la guerre civile. Français et Ivoiriens s’affrontèrent en 2004. La foule fit la chasse aux ressortissants français à Abidjan. Plus de 8 000 d’entre eux durent quitter le pays. Tout ceci n’empêcha pourtant pas les deux parties de continuer à commercer. Les grandes entreprises françaises comme Bolloré et Bouygues, qui appartiennent à des amis de Sarkozy, sont toujours des acteurs économiques importants à Abidjan. De plus, certains socialistes français entretenaient des relations étroites avec Laurent Gbagbo, qui se déclare « socialiste non pratiquant. »

Pour ne pas risquer de nouvelles turbulences entre les deux pays et maintenir la France à l’écart d’un conflit, le président Sarkozy afficha ostensiblement sa neutralité lors de la campagne électorale qui opposa Laurent Gbagbo à Alassane Ouattara en 2010. Après la victoire de ce dernier, qui fut reconnue par la communauté internationale, le gouvernement français demanda à Gbagbo de quitter le pouvoir. Il souligna cependant qu’il ne souhaitait pas intervenir militairement dans la guerre civile qui s’annonçait et qu’il n’interviendrait que si les ressortissants français étaient menacés. Dans le même temps, Paris pressa les casques bleus des Nations unies de protéger plus activement les civils en Côte d’Ivoire.

Ces derniers jours, la pression s’était considérablement accrue sur Sarkozy. Les deux camps ivoiriens s’étaient livrés à des massacres. Abidjan était devenue la proie de violents combats. On risquait d’assister à un bain de sang dans la population civile et de voir le chaos se répandre dans tout le pays. On demanda à Sarkozy pourquoi il intervenait en Libye et pas aussi en Côte d’Ivoire. Le génocide rwandais, lors duquel Paris avait de son propre aveu commis de graves erreurs d’appréciation, constituait une mise en garde. Les partisans de Gbagbo ne cessaient de vitupérer contre Paris. Deux Français furent enlevés par des soldats de Gbagbo à Abidjan. Les 12 000 Français résidant en Côte d’Ivoire commencèrent à craindre pour leur vie. Et n’oublions pas les intérêts économiques de la France dans ce pays riche en pétrole, en gaz naturel et minéraux divers.

Paris pouvait-il encore se garder d’intervenir militairement ? Non, selon Ally Coulibaly, le nouvel ambassadeur ivoirien en France, qui a déclaré que Paris ne devait pas se laisser paralyser par ses complexes coloniaux. « Nous demandons une forte implication de la France. » Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a lui aussi demandé à Sarkozy d’aider les troupes de l’ONU à détruire les armes lourdes de Gbagbo et à protéger la population civile. C’est ce qui a fait pencher la balance : Sarkozy a envoyé ses soldats au feu, aux côtés des casques bleus.

Qu’est-ce que la France vient chercher en intervenant militairement dans son ancienne colonie, cinquante ans après l’indépendance [le 7 août 1960] ? Sarkozy peut répondre qu’il agit sur la base d’une résolution du Conseil de Sécurité et à la demande des Nations unies. La France maintient depuis longtemps une force, nommée Licorne, en Côte d’Ivoire. Celle-ci est passée récemment de 900 à 1 100 hommes. Les soldats contrôlent l’aéroport d’Abidjan et tentent de mettre en sûreté des milliers de Français et d’autres étrangers. Le 5 avril, des hélicoptères de combat français volaient à nouveau au-dessus d’Abidjan où la bataille finale faisait rage. Le gendarme est de retour en Afrique.

source : le courrier international

L’article original (en allemand)

ANGE-FELIX PATASSE : « Bozizé m’a tué… »

Les unes après les autres, les figures de proue de la scène politique centrafricaine tirent leur révérence. Après Abel Goumba en mai 2009, c’est au tour de l’ancien chef de l’Etat Ange-Félix Patassé de quitter le monde des vivants le 5 avril 2011. L’ange s’est envolé vers les cieux à Douala, au Cameroun, des suites de maladie (diabète), à 74 ans. Ainsi, on ne verra plus physiquement l’homme avec sa célèbre barbichette blanche qui lui donnait l’allure d’un maître shaolin. Disparues aussi les célèbres cravates nœud papillon qu’affectionnait l’ingénieur agronome devenu politicien. Tout cela par la faute de ce diabète qui le rongeait et qui a fini par avoir raison de lui.

« Dieu a donné, Dieu a repris », comme on le dit en pareille circonstance. Mais dans le cas d’espèce, est-ce Dieu qui a vraiment repris ce qu’il avait donné ? Des humains n’ont-ils pas contribué à ce qu’il en soit ainsi pour, ensuite, tout mettre sur le compte du bon Dieu ? On n’est pas loin de le penser avec le décès de celui qui a été élu président de son pays une première fois en 1993 et une seconde fois en 1999 avant d’en être chassé en 2003, par les armes, par le chef de l’Etat actuel, François Bozizé.

Bien que le sachant malade, les autorités de Bangui lui ont pourtant refusé le droit d’aller se soigner à l’extérieur. Et ce, à trois reprises, au nom d’une restriction de la liberté d’aller et de venir imposée aux opposants et adversaires malheureux de l’élection présidentielle de janvier 2011. C’est au dernier moment, et face à l’aggravation de son état de santé, qu’il a enfin été autorisé à sortir du territoire. Et la suite, on la connaît. Et ce n’est pas exagéré de dire qu’il y a eu, de la part des autorités, un manque d’humanisme et une non-assistance à personne en danger.

Certes, l’on n’est pas dans les secrets des dieux, mais l’on ne peut pas dire que l’interdiction de sortir du territoire a été compensée par une prise en charge du patient au niveau national. Non seulement les autorités l’ont retenu mais aussi ne l’ont pas soigné. C’était le minimum à faire pour un ancien chef d’Etat. Apparemment, on a préféré mettre la raison d’Etat en avant avec cette interdiction de voyager au détriment de la santé de l’ancien président. Autrement dit, on a laissé l’ex-Premier ministre de Bokassa mourir à petit feu avant de le faire partir au dernier moment, pour ne pas avoir éventuellement sa mort sur la conscience.

La divergence idéologique s’est manifestement transformée en haine et en inimitié. C’est malheureusement, ce que l’on observe un peu partout sur le continent où les adversaires politiques, surtout les opposants, sont considérés comme des ennemis à abattre par les pouvoirs en place.

On oublie que, comme le dit un chanteur, « la politique, ce n’est pas la guerre ». La politique n’est rien d’autre qu’un débat d’idées. On n’en voudrait donc pas à Ange-Félix Patassé, depuis l’au-delà, de tenir pour responsables, les autorités centrafricaines de son décès. Il pourrait lancer à la cantonade : « Bozizé m’a tué »…, à l’image d’une victime française qui avait griffonné sur le sol, et avec son sang, une phrase du genre contenant le nom de son meurtrier. Peut-être que si le défunt président avait obtenu promptement l’autorisation d’aller se soigner, il serait toujours de ce monde.

Séni DABO, Le Pays

Tribunal Pénal International (TPI)