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BENIN : Quinquennat 2011-2016 – C’est parti pour cinq ans de chaos socio-économique

Le Dr Boni Yayi a été officiellement investi hier président de la République pour conduire les destinées de notre pays pour les cinq prochaines années. C’était hier à Porto-Novo la capitale politique du pays. Boni Yayi a prononcé son discours inaugural à travers lequel il a donné les grandes lignes de son quinquennat. Une analyse approfondie dudit discours permet d’affirmer sans se tromper que le Bénin du Changement est parti pour cinq ans de chaos socio-économique.

Dans son discours inaugural d’hier, le chef de l’Etat, Boni Yayi a tout abordé sauf le volet socio-économique. En cinq ans de gestion du président-banquier, le Bénin a connu très peu d’investissements directs. La charge salariale du Bénin représente actuellement 45% de nos recettes contre 35% requis par le Fonds Monétaire International (FMI). Au même moment, on assiste à une baisse du trafic portuaire avec pour conséquence un faible taux de croissance économique depuis avril 2006. Le marasme économique ainsi né de la mauvaise gestion des ressources du pays sous le régime du Changement a eu des répercussions sur les finances publiques. De nombreux programmes d’investissements publics sont gelés. Le Trésor éprouve des difficultés à rembourser la dette intérieure du pays.

Ce marasme économique dans lequel est plongé le Bénin du Changement a amené le gouvernement à négocier un nouveau programme économique avec les institutions de Bretton Woods. Une sorte de programme d’ajustement structurel qui ne dit pas son nom et dont la mise en œuvre ne peut qu’activer la fronde sociale.

L’économie de vérité

La meilleure façon pour le Bénin de renouer avec la croissance économique est de dégraisser l’effectif de la fonction publique afin de rester dans les normes du FMI. Mais conscient des conséquences sociopolitiques d’une telle réforme, le gouvernement béninois a opté pour des réformes douanières au niveau du port de Cotonou afin d’y accroître les recettes. Or, compte tenu du contexte socio-économique actuel de notre pays, l’objectif fixé par le gouvernement à travers lesdites réformes ne peut être atteint de si tôt à cause des grèves dans l’administration publique d’une part et la baisse des importations en direction du Bénin d’autre part. Autrement dit, sans recette douanière, le gouvernement béninois ne peut pas survivre. D’où la question de savoir quelles mesures le gouvernement du Bénin a-t-il pris pour lutter contre la baisse des importations en direction du Bénin ?

Les mauvaises options

Pour assurer le payement des salaires, le gouvernement béninois a eu à lever à plusieurs reprises des fonds sur le marché monétaire ouest-africain. Une politique économique suicidaire dans la mesure où en économie, il est de règle que les prêts sont faits pour assurer le développement et non pour financer le fonctionnement. Cette mauvaise option économique du gouvernement Boni Yayi I n’a fait qu’augmenter la dette intérieure et extérieure du Bénin. Dès lors, on voit qu’aucun miracle économique ne peut être possible.

Le pire est inévitable

Selon les opérateurs économiques, les raisons profondes qui justifient la chute des importations en République du Bénin sont entre autres, le harcèlement fiscal, la corruption, la lenteur administrative, et surtout la politisation du climat des affaires. En terme clair, sans reprise de l’activité économique le Bénin risque de connaître un quinquennat de vives contestations socio-politiques. Dans son allocution d’hier, le Chef de l’Etat a occulté ce volet essentiel qui devait servir de socle à son programme économique. Il a plutôt mis l’accent sur les réformes politiques sans savoir que même dans les grandes démocraties, les grandes réformes entraînent toujours des contestations. On peut citer le cas de la France sur les retraites ou la contestation née aux Usa sur la réforme des assurances retraites introduites par Barack Obama.

Marcel NOUMON, 24 h au Bénin

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