Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

BENIN : Vivement une investiture par jour…durant 5 ans !!!

Que la fête est belle !!! Le commentateur en chef de la chaîne des grands événements à manquer d’avaler son micro ; l’arène de l’investiture du 06 avril 2011 à Porto-Novo venait de voir apparaitre un trophée de guerre de légende, Mathieu Kérékou, himself, flanqué d’un de ses valets de luxe. De quoi maximiser les décibels auprès d’un auditoire déjà très maigrichon, dans un stade Charles de Gaule transformé en un bunker à ciel ouvert. Les convives étaient conscients que dehors, à quelques encablures de là, des milliers de Porto-noviens ruminaient leur colère dans l’espoir que Lucifer emporte tous les convives de cette célébration de la fraude électorale, du déclin démocratique et de la faillite des valeurs-refuges. N’eut été cet exotérisme aux couleurs du Caméléon, la kermesse aurait perdu tout éclat. Il ne resterait que ce vague sentiment d’insouciance, de jouissance, de célébration. Une sorte de halte passagère dans un Bénin promis à des lendemains annoncés fatidiques.

Au moins, en ce jour, à cette tribune précisément, l’ordre du jour ne mentionne aucun des écueils du yayisme précédent. Les organisateurs ont mis un point d’honneur à faire en sorte que les objectifs des caméras ne captent que des images d’un pays en fête, honoré par la présence de quelques chefs d’Etat voisins. Le décor s’est efforcé de sauver les apparences : costumes, cravates, uniformes militaires impeccables, femmes endimanchées aux frais de courtisans du régime, applaudisseurs conditionnés, alignement de quelques ravaleurs de vomissures. L’illusion d’un nouveau mandat de 5 ans pour le président proclamé élu par la Cour constitutionnelle avec un Bénin uni, mobilisé et promis à un avenir radieux. Si seulement, les émergents pouvaient se gaver de cette soupe d’angélisme sur fond de populisme, quotidiennement, durant tout le mandat. Retourner à Porto-Novo, tous les jours, prêter serment dans le faste et le tintamarre. De cette façon, personne ne parlerait plus de grisaille économique, de crise sociale, de tension politique. Plus de conjectures autour de Icc-services, de Cen-Sad, de surfacturation dans l’achat des machines agricoles, de politisation des micro-crédits. Et surtout une sourdine autour du hold-up électoral du 13 mars 2011 ainsi que la répression policière qui a suivi. Comment donc faire que cette mémorable fête d’investiture puisse occuper tous les esprits durant 5 ans ? Tout aurait été plus simple pour la Marina.

Du vœu à la réalité. Une célébration c’est d’abord une ardoise, à plus forte raison pour une économie sur les talons. Dans le feu de la surenchère électoraliste, le docteur-président avait opportunément glissé sur la posture du prince d’Arabie promettant à ses sujets une valise de prospérité bien pleine. Congés payés, orgies, logements, bombance gratuits en tout temps et à tout le monde. Seul problème, le Bénin n’est pas un commensal du golf Persique et ne saurait profiter de la plus abondante nappe pétrolière au monde. Allez-y voir ce qu’à déjà couté au contribuable une journée chômée et payée consacrée à une cérémonie en totale déphasage avec la psychologie du moment. Privés de vote pour certains, votes détournés pour d’autres, ils doivent encore payer pour les extras de celui dont-ils éprouvent du mal à digérer la victoire proclamée par la Cour constitutionnelle. Il se pourrait que la hantise d’un retour brutal à la vie réelle n’existe que dans l’imaginaire tordu d’un obscur chroniqueur jaloux des réussites du régime. Et que, comme promis, tous les spoliés des faux placeurs recevraient quelques jours après le début du rempilage tout l’argent qui leur a été soutiré. Et que les revendications sociales trouveraient solution sous peu. Et qu’enfin le prestige écorné du modèle démocratique africain serait rapidement rétabli. Les émergents, capables de transformer une minorité politique en une majorité électorale selon la Cour de Robert Dossou pourraient éventuellement faire refleurir la maison Bénin juste par une investiture festive. Qui sait ?

La magie et la ruse ne marchent pas à tous les coups…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

Publicités

Comments are closed.

%d blogueurs aiment cette page :