Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Ça y est, le Bénin est rentré dans l’imposture

Les Béninois ont depuis le 06 avril 2011 reconduit Boni Yayi dans ses fonctions de Président de la République du Bénin, c’est du moins ce que à quoi les a contraints le tout puissant Robert Dossou, Président de la cour constitutionnelle.

Après les élections législatives de 2007, les élections communales sans issue de 2008 puisque partout où Boni Yayi n’avait pas la majorité des conseillers pour élire un maire à ses ordres, il a contesté les résultats par tous les moyens même par la force jusqu’à avoir gain de cause. Ces élections communales ont été reprises à maintes reprises dans certaines localités, juste pour que Boni Yayi ait la majorité des conseillers. Le contentieux de ces élections communales n’a pas encore été totalement vidé jusqu’à ce jour et voilà que cet homme vient organiser une élection présidentielle, on n’aurait pas dû  s’attendre à mieux.

La mauvaise organisation des élections présidentielles du 13 mars 2011 et les résultats proclamés par la cour constitutionnelle ne sont qu’une suite logique du mépris que Boni Yayi a pour les institutions et le peuple béninois.

Point n’est besoin de rappeler la mauvaise gestion qui a cours au Bénin depuis 2006, le taux de croissance du Bénin (2,8%) qui est aujourd’hui parmi les plus bas de la sous région alors qu’il était à 5% en 2005 et que Boni Yayi avait promis l’amener au moins à 10%, les nombreux scandales économiques qui ont vu le trésor béninois dépouiller de centaines de milliards avec en prime le scandale du placement d’argent qui lui a décentralisé le détournement et le pillage dans les maisons et quartiers avec la situation de cessation de paiement de ICC-services qui a consacré le peuple béninois cette fois-ci encore à faire le deuil de centaines de milliards.

Démocratie enracinée avec l’organisation d’une élection présidentielle sans liste électorale, sans lois électorale, sans la liste des bureaux de vote. En prime de la forfaiture, Boni Yayi déploie son propre Hélico pour convoyer du matériel électoral à Tchaourou sa ville natale sans que le coordonateur représentant la CENA dans ce département n’en soit informé.

Une élection qui a révélé lors du dépouillement un nombre impressionnant de bulletins pré-estampillés,  une élection qui a révélé des centaines de bureaux de vote fictifs, une élection au cours de laquelle de nombreux mineurs ont voté et pour clore cette merveilleuse parodie d’élection, des urnes et des cantines sans scellés et sans cadenas, convoyées hors délai légal à la CENA mais qui finalement ont été prises en compte.

Il me plait de rappeler que les chefs d’Etat présents à cette parodie d’investiture ne sont pas pour la plupart les meilleurs exemples en matière de démocratie et de droits de l’homme et des peuples sur le continent. Au nombre de ces très chaleureux invités qui se sont empressés de venir au Bénin figure le congolais Denis Sassou N’Guesso, président de la République populaire du Congo de 1979 à 1992 puis depuis 1997 où il a accédé comme à son habitude à la tête de la République du Congo par un coup de force militaire, le sénégalais Abdoulaye Wade (84 ans) qui à défaut de réussir à réviser la constitution pour s’offrir un troisième mandat a le souci (et il ne le cache pas) d’ouvrir la voie à une succession présidentielle dynastique en faisant élire son fils en 2012, le togolais Faure Eyadéma (fils de son père) nommé en 2005 président du Togo puis renommé en 2010, le gabonais Ali Bongo (encore un fils à papa, pauvres gabonais) lui aussi nommé en Août 2009 à la tête du Gabon pour perpétuer le massacre intelligent du peuple gabonais et le dépouiller de ses richesses.

Ils étaient là à l’investiture de Boni Yayi qui, a réussi à se faire réélire bon gré mal gré même s’il fallait pour cela une élection sans liste électorale. Comme quoi, qui s’assemble se ressemble.

Une cérémonie d’investiture qui a commencé par un lâcher de colombes pour soi-disant inviter à la paix. Les colombes n’étant pas dupes n’ont pas voulu participer à ce marché de dupes ; résultat : elles ont refusé de prendre l’envol et ont préféré rester sur place au lieu de s’envoler. Elles aussi ont vu ces élections et n’en sont pas fières. Même si les sages de la cour ont cautionné ce faux, elles, refusent de cautionner un tel scrutin électoral.

A vos marques, prêt pour cinq ans de gabegie.

aymard

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