Le Blog de Aymard

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Archives Journalières: avril 11, 2011

Abidjan : Laurent Gbagbo arrêté par les forces spéciales françaises

Abidjan : Laurent Gbagbo arrêté par les forces spéciales françaises

Laurent Gbagbo a été arrêté

Le président Laurent Gbagbo vient d’être arrêté et conduit à l’hôtel du Golf, QG de son rival, le candidat Alassane Ouattara vainqueur selon la communauté internationale de l’élection présidentielle du 28 Novembre.

Cette arrestation vient d’être confirmée par Alain Toussaint, conseiller du Chef de l’Etat ivoirien à Paris qui a par ailleurs affirmé qu’elle n’a pu être faite sans les soldats français de la force Licorne qui ont pénétré dans la résidence du Président Gbagbo avec leurs chars.

« Le Président de la République SEM. Laurent Gbagbo vient d’être arrêté par les forces spéciales françaises. Un peu plus tôt, elles avaient forcé le grand portail de la Résidence du Chef de l’Etat avec leurs chars. Elles y ont pénétré en compagnie des chefs rebelles Koné Zakaria et Wattao. A l’heure qu’il est, nous ne savons pas où se trouve le Président Gbagbo qui a été remis aux rebelles », a indiqué Alain Toussaint.

Selon son porte-parole, Ahoua Don Mello, Laurent Gbagbo « est sorti de son bunker et s’est rendu aux Français sans opposer de résistance ».

Laurent Gbagbo et son épouse Simone à l'hôtel du Golf, peu après leur capture.
Laurent Gbagbo et son épouse Simone à l’hôtel du Golf, peu après leur capture

Les hélicoptères français de la force Licorne avaient repris leurs frappes dans la matinée sur la résidence du Président Gbagbo qui avait demandé à ses partisans de ne pas riposter aux frappes de la force Licorne sur sa résidence car dit-il, il n’est pas en guerre contre la France.

Encore un Africain incompris par ses frères qui sera sacrifié sur l’autel de la Françafrique en passant au passage par la CPI pendant que les tortionnaires et meurtriers comme Bush et Chirac se la coulent douce dans leurs châteaux.

Que c’est beau le combat du nain Sarkozy pour la démocratie en Afrique. Pauvres Africains ! ils prennent toujours des années avant de comprendre.

Puisse les Africains se réveiller un jour. Pauvre continent !

aymard

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BENIN : Investi pour un nouveau mandat de cinq ans, Les fausses promesses de Boni Yayi

Lors de sa prestation de serment, le président Boni Yayi s’est adressé au peuple béninois dans un discours avec beaucoup de promesses incohérentes. Au lendemain de cette investiture, des milliers de Béninois ont relevé de fausses promesses dans le programme d’action du leader des cauris.

Par de très graves défaillances, la cérémonie d’investiture du président Boni Yayi a perdu de toute sa solennité. C’est dans un désordre protocolaire que le président élu a présenté le discours inaugural de son nouveau quinquennat. Comme à l’accoutumée, le prince du Changement a fait une série de promesses au peuple béninois. Des promesses qui vont très tôt désenchanter le peuple béninois, du fait de son caractère d’utopie. C’est un projet de société chimérique qui va déboucher à coup sûr sur une fronde sociale. Car les promesses de Boni Yayi suscitent dèjà le doute dans l’opinion nationale concernent le volet économique et social de son programme pour les cinq ans.

L’affaire ICC Services et consorts

Les spoliés des fausses structures de placements d’argent n’ont plus de raison de croire à leur remboursement. Pendant la campagne électorale, le président Boni Yayi leur promettait le remboursement intégral de leurs avoirs en cas de sa réélection. Mais aujourd’hui, le discours a changé. L’Etat devient facilitateur qui obligerait « les bandits de grands chemins » à retourner l’argent des Béninois aux Béninois. C’est donc clair, les ressources n’existent pas et il serait suicidaire d’espérer un règlement parfait de cette crise. L’économiste Yayi est bien conscient que l’effondrement d’un système pyramidal ne peut être relevé. Et qu’il est raisonnablement impossible de constituer le capital nécessaire pour satisfaire les milliers de Béninois grugés par ICC Services et Consorts. La promesse de remboursement est donc purement un dol car aucun miracle ne peut générer les fonds à cette fin. Cette promesse du président Boni Yayi est purement une théorie opposée aux lois économiques puisque lui-même soutient qu’aucun fonds public ne sera exploité.

La réforme administrative et institutionnelle

Le peuple béninois n’attend certainement plus rien de Boni Yayi dans la réforme administrative. Ce n’est parce qu’il aura tout fait, mais il s’est illustré négativement dans ce domaine. Il est bien vrai que les premiers jours de son mandat étaient marqués par une guerre ouverte contre les absentéistes et les retardataires dans l’administration publique. Le président lui-même se présentait dans les services publics pour recenser les fonctionnaires coupables. Tout ceci se fait sous fond de publicité et de campagne médiatique. Mais cela n’a duré que quelques semaines et a présenté une véritable inefficacité. Boni Yayi s’est investi dans une politisation à outrance de l’administration. Et le peuple évoquait même du népotisme et du favoritisme. On y retrouvait que des gens de sa formation politique ou de son entourage. Un ancien ministre de Kérékou offusqué parlait alors de l’Etat Fcbe. On a vu des directeurs de société d’Etat abandonnés leurs bureaux pendant des semaines pour organiser dans leurs communes d’origine des marches, prières et meetings de soutien à Boni Yayi. Ce qui a fortement paralysé l’administration publique. Et il n’est pas exclu que le même scénario se reproduise ce quinquennat ci.

La réforme judiciaire

L’appareil judiciaire béninois est fortement décrié. Depuis cinq ans, le constat est dégoûtant. L’accointance entre l’exécutif et la justice inquiète bon nombre de béninois. Le secteur de la justice n’a pas échappé aux grèves incessantes pour exiger plus de libertés dans le travail. Mieux, les projets de construction et d’équipements des maisons de justice piétinent, car les agents sont toujours en colère.

La lutte contre la corruption

Le discours du président Boni Yayi en ce qui concerne ce volet est redondant et ennuyeux. Depuis cinq ans qu’il est au pouvoir, le défenseur de la refondation ne cesse de revenir sur les mêmes choses pas pour faire le bilan de ses actions mais pour montrer que rien ne se fait par son régime. La lutte contre la corruption, il a promis aux Béninois pour son premier mandat. En 2011, le phénomène n’a pas régressé. Au contraire, c’est le régime de l’économiste Yayi qui s’y illustre avec une kyrielle de scandales. Alors, les Béninois n’ont pas tord de désigner la lutte contre la corruption comme une fausse promesse. Aujourd’hui, il est connu de tous qu’une grande mafia s’est installée dans l’administration publique. Les pots de vins, les pourcentages sur les attributions de marché connaissent une hausse exponentielle. Le prochain classement de Transparency International démontrera encore le recul du Bénin dans la lutte contre la corruption sous Boni Yayi.

Le contrôle de gestion de l’administration publique

Le président Boni Yayi aura tout montré aux Béninois. Encore de l’audit dans les administrations publiques, sous Boni Yayi, disent certains compatriotes inquiets de l’avenir du pays. Tout comme en 2006, l’homme de la refondation promet d’auditer les ministères, les sociétés et entreprises d’Etat, et mieux la présidence de la République. Et aux Béninois de lui demander où sont passés les résultats des audits commandités en 2006 ? Des audits qui ont coûté des fortunes au trésor public. C’est clair, la logique du président Boni Yayi se révèle au grand jour. L’inspection générale de l’Etat (Ige) sera de nouveau un instrument d’intimidations et de chantage aux mains du pouvoir. Les preuves sont encore là que l’Ige est exploitée à des fins politiques par le régime. Reste à savoir si Jacques Alidou Koussey et ses pairs accepteront servir de bras séculiers Boni Yayi. Il va s’en dire que l’audit promis aux Béninois n’est rien d’autre que du chantage aux personnes qui préparent leur départ de la mouvance présidentielle. Certains béninois n’hésitent pas à prédire les conclusions qui résulteraient de ce contrôle. Pour eux, il est fort probable que les malversations ne soient notées qu’au niveau des responsables d’organes ayant rejoint l’opposition. C’est-à-dire qu’aucun partisan de Yayi ne sera accusé de mauvaise gestion. Une fois encore, nul ne taille d’importance à ce pseudo-engagement de Yayi de passer à l’audit de l’action publique.

Les réformes sociales sous Yayi II

Yayi est désigné par ses alliés de la mouvance comme le président de la basse couche, l’homme à l’écoute du peuple. Et ils se permettent d’utiliser cet argument pour justifier leur hold up électoral. Nul n’ignore les nombreux cas de fraudes ayant permis de réussir le passage en force au premier tour. Boni Yayi se plait dans ce costume. Il dit vouloir d’un Bénin d’équité et de justice sociale. C’est sans ignorer les exclusions relevées dans ces programmes sociaux tels que le microcrédit, l’emploi des jeunes et bien d’autres. On dénonçait l’exclusion des militants de l’opposition dans ces programmes. Que peut Yayi II pour assurer enfin la prospérité partagée à tous les fils de ce pays ? La question est agitée dans toutes les contrées du pays. On retient que le chef n’a pas changé, ce sont les mêmes choses qu’on a écoutées lors de son discours d’investiture. A quand la prise en charge totale des soins de santé des femmes enceintes et des enfants de 0 à 5 ans ? A quand la gratuité effective de l’enseignement maternel et primaire ? A quand la valorisation de la fonction enseignante ? A quand la construction de nouvelles infrastructures socio-communautaires dans le pays. Boni Yayi semble avoir ignoré tout ce chapelet de doléances de ses concitoyens. L’homme ne propose rien d’autre que son micro-crédit partisan. Alors, l’inquiétude des Béninois d’assister à une fronde sociale pendant ce quinquennat est bien légitime, car le volet social est très peu représenté dans les propositions du chef de l’Etat.

La promotion du genre et de la jeunesse

« L’exigence de justice sociale et de solidarité recommande de veiller à une meilleure sécurité sociale, à la promotion de la femme, à la réduction des inégalités de genre ainsi qu’à l’intégration des personnes handicapées et du troisième âge », a annoncé Boni Yayi lors de son investiture. Il est urgent de présenter les engagements du président pour une véritable promotion de la femme et la réduction du genre. On est tenté de dire que rien ne sera fait dans ce sens. La promesse des 30 % de portefeuilles ministériels aux femmes est restée dans les tiroirs depuis de longue date. L’institut de la femme peine à s’investir pour l’autonomisation de la femme. Mais voilà que pour un nouveau mandat, Boni Yayi remet sur le tapis les mêmes engagements fantaisistes. Fort heureusement, il ne parle plus en termes de portefeuilles ministériels, ni de direction de sociétés d’Etat. C’est juste une question de réduction des inégalités de genre. Alors, nos chères mamans doivent-elles encore espérer un avenir reluisant sous l’apôtre de l’émergence ?

par dp 24h

BENIN : Rien de nouveau sous le soleil

Une nouvelle fleur ! un nouveau souffle… Le discours d’investiture de Boni Yayi ressemble à une vie qui cependant n’est pas en perpétuel renouvellement… Aux mots, gouvernance, lutte contre la corruption, changement… tout porte à croire que le nouveau quinquennat est parti comme le premier où l’absence de toute évolution et de tout espoir ne transparaissent que dans l’œil de celui qui regarde. Avec le nouveau mandat tout sera dur avec la feuille surtout que l’oreille est déjà bordée de nouilles.

« Si vous voulez le Changement, changez vous-même » a laissé à la postérité, Boni Yayi qui vient de prendre son pied et le Bénin au quart de tour. Le discours d’investiture comme un testament de Boni Yayi est composée d’une succession de réflexions et de projets plutôt peu joyeux. On a encore utilisé des formules comme forme de constat amer. Ce qui exprime un manque d’espoir évident pour cinq ans encore. Et ce pour plusieurs raisons.

D’abord, pour faire valoir de nouveau son droit à la politique de la mésaventure, Boni Yayi propose « la refondation », un nouveau projet sans fondation et domicile stables. En effet, à l’énoncé des réformes politiques, économiques et sociales, on ne sent pas accomplir en outre une nouvelle démarche de « domiciliation » ou « d’élection de domicile d’un autre projet de gestion ». Dans ce cas, on a l’impression que la refondation est un catalogue de bonnes intentions.

L’autre chose, c’est que la fameuse refondation semble s’inscrire dans le cadre d’une décision d’orientation. Ce qui est une erreur grave. En effet, le projet de société tel que présenté depuis la campagne par Boni Yayi et réitéré hier lors de son discours d’investiture ne propose rien de concret que les concepts déjà entendus depuis cinq ans.

Mieux, le chantre de la refondation a paradoxalement dégagé une perspective rédhibitoire, celle de prendre en compte les projets de société des autres challengers à la magistrature suprême. C’est de l’amalgame qu’on ne saurait accepter à une telle étape de gestion. Avec cette perspective qui s’annonce, la refondation de Yayi semble être une « allocation compensatrice » pour programmes de société récupérés sans payer les droits d’auteur.

Au moment du renouvellement de son mandat, de son droit à prestation, le concepteur de la refondation choisit d’opter pour une option de remplacement et de substitution personnalisée. On voit comment alors qu’on attendait l’autonomie d’action, la prestation de compensation se substitue à l’autre. Mais une chose est certaine, dès lors que la demande a été effectuée sans choix des auteurs et des bénéficiaires, c’est une issue sans avenir.

Le quinquennat qu’on a cherché avec torche et qu’on a eu de la manière dont sait, peut-il se schématiser avec les mensonges politiques ? La refondation semble donc ne pas être une compassion et non une passion. En effet, en analysant sous toutes les coutures la refondation telle que présentée, le résultat qui en découle tisse des arguments qui ne permettent pas aux gens du bas peuple d’y croire. En effet, il n’est plus un secret pour personne que l’atmosphère délétère qui prévaut dans le pays après le hold up électoral est également de nature à ne pas favoriser un dialogue susceptible de nourrir notre jeune démocratie de cette refondation. Obstinément, la refondation de Boni Yayi pour le nouveau quinquennat est une équation difficile à résoudre.

GUINEE : Cellou Dalein Diallo se prononce sur les 100 jours de pouvoir du Professeur Alpha Condé

Le jeudi dernier, le président de l’UFDG a fait une conférence de presse. Une occasion pour Cellou Dalein Diallo de revenir sur la répression contre les militants et sympathisants de son parti lors de son retour le dimanche dernier et aussi faire un bilan de 100 premiers jours du Président Alpha Condé au pouvoir. Voici le discours préliminaire qu’il a eu à prononcer avant de se prêter aux questions des journalistes.

« Messieurs les Journalistes,

Mes Chers amis,

Je vous remercie de votre présence à cette conférence de presse que je voudrais dédier à la défense de nos libertés. C’est dans cet esprit que je salue tous les guinéens qui sont conscients que l’on ne défend pas la liberté dans le renoncement.

Au premier rang, les militants de mon parti qui, au nom de cette liberté, ont tenu à me réserver ce majestueux accueil de Dimanche dernier. Comment ne pas être heureux et fier de l’ampleur de cette mobilisation, de la chaleur fraternelle qui l’a entouré et de la détermination qu’elle a démontrée face aux forces de la répression. Elle a, sans aucun doute, ébranlé ceux qui sont là où ils ne devraient pas être et qui croyaient que leur besogne avait réussi à nous affaiblir.
Oui, nous restons debout, avec la même foi en Dieu et en ses décisions mais aussi avec la volonté inébranlable d’atteindre nos objectifs politiques. Permettez-moi de saluer ce courage et cet engagement de nos militants, d’exprimer ma profonde reconnaissance pour leur fidélité en ma personne et de rassurer que je ne ménagerais aucun effort pour continuer à être à la hauteur de leur confiance et de la responsabilité qui l’accompagne.

Mon rôle est d’être au milieu d’eux et de montrer le chemin. Et je vais le faire.Mes Chers amis,Dans notre mémoire collective, 2010 sera à jamais une année d’une profonde déception pour le revers de notre espérance politique et d’une grande colère pour les injustices et les violences dont nous avons été l’objet. Toutes nos pensées de compassion et de solidarité aux victimes, à ceux qui ont perdu des proches et des biens, aux femmes violées, aux déplacés de Siguiri et Kouroussa et aux personnes arrêtées, emprisonnées et parfois torturées. A nos morts, je voudrais vous demander une minute de silence. Merci.Mes Chers amis,Vous les journalistes, vous savez mieux que personne combien aurions nous été fondé de refuser le scénario de l’élection présidentielle écrit d’avance, sans nous !

Que les coupables de cette forfaiture ne se trompent pas en croyant que nous avons accepté l’inacceptable par fatalisme ou par résignation.Notre choix de la paix et de la stabilité pour notre pays et pour la sous région tient de notre ses des responsabilités que le monde entier a d’ailleurs reconnu et salué. Ce parti pris au lieu d’inspirer, à ceux qui en ont tiré profit, un discours rassembleur pour que la nation se retrouve avec elle-même, après les profondes blessures causées par l’arme électoraliste et démagogique de l’empoisonnement bidon, c’est plutôt l’arrogance, la haine l’intolérance et l’affrontement qu’ils exacerbent.

Mais nous mettons en garde toute gouvernance qui ne respecterait pas les droits des guinéens, de tous les guinéens ou qui essaierait de dresser les guinéens les uns contre les autres. Il ne faut jamais oublier que le sentiment d’exclusion et de discrimination crée le besoin de violence.C’est pourquoi nous conseillons ceux qui ont utilisé, avec cynisme, tous les moyens pour atteindre leur objectif de pouvoir, de retrouver la sagesse nécessaire à la préservation du tissu social et à la sauvegarde de la cohésion nationale.

Mes Chers amis,D’autres occasions me seront offertes pour montrer combien ce nouveau pouvoir est inefficace t illusoire par son impréparation à gouverner et son impuissance face aux nombreux défis socio-économique qui confrontent le quotidien des guinéens.Ces décisions et contre décisions qui ont fait du changement tant déclamé objet de raillerie populaire !

Ce gouvernement aussi pléthorique que pusillanime dont l’expertise laisse à désirer alors que l’amateurisme n’est plus de raison dans la conduite des affaires publiques ! Cette gestion clanique et ces dons à des copains sur le patrimoine de l’Etat pour services rendus dans le passé ! Que n’aurait-on à dire sur ces 100 jours et ces 1000 serments violés ! Mes Chers amis,

Mais aujourd’hui, il y a plus important : les 100 jours ont démarré dans le sang et finissent dans le sang, c’est-à-dire dans la négation de nos libertés. C’est la défense des principes de notre démocratie qui contient tous les combats y compris celui du pain. C’est le respect scrupuleux de notre constitution, dogme sur lequel il ne nous est pas possible de transiger.

Cette intransigeance nous est imposée par nos morts pour nos libertés, car celles-ci ne sont ni un don de la nature, ni un privilège du destin.Oui nos libertés chèrement acquises sont aujourd’hui menacées, le texte sacré qui les contient est bafoué par son gardien. Je m’adresse à tous les guinéens, sans exclusive, pour qu’on se rassemble et qu’on se retrouve. Pour la démocratie. Et contre tout ce qui la menace. A ceux qui sont subitement devenus amnésiques des luttes qui leur ont permis d’être au lieu de pouvoir om ils font montre d’un autoritarisme d’une autre époque, nous devons leur rendre à tous ce qui touche à nos libertés.

Mes Chers amis,pour cette lutte pour notre démocratie, je sais que beaucoup d’entre vous les journalistes, je ne pense pas aux opportunistes qui ont le destin des feuilles mortes, seront au premier rang du combat. En tout cas, moi, pour reprendre le mot de Léon BLUM, je serais un homme dans un homme et avec les guinéens rassemblés et debout nous refuserons que de nouveau, la nuit de la dictature tombe sur notre pays.

Je vous remercie. »

Le Jour

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Abidjan : L’ONU et la France tirent des missiles près de la résidence de Gbagbo

Des hélicoptères de la mission onusienne en Côte d’Ivoire (ONUCI) et de la force française Licorne sont intervenus en fin d’après-midi en tirant des missiles sur des blindés dans l’enceinte du palais présidentiel et à l’extérieur de la résidence du président sortant Laurent Gbagbo dans Abidjan, selon une source proche de l’opération.

L’ONU et la force Licorne ont confirmé ses tirs dans les environs du palais (dans le quartier du Plateau) et de la résidence de Laurent Gbagbo (dans le quartier de Cocody) ainsi que dans plusieurs camps militaires. Des tirs qui visaient « à neutraliser les armes lourdes de Gbagbo ». Selon le camp du président sortant, la résidence de ce dernier serait « partiellement détruite » sans qu’il soit possible de vérifier cette information.

 

La France n’a « pas d’autre objectif » que d' »assassiner » Laurent Gbagbo

Dénonçant ces tirs de la force française Licorne « sur la résidence du chef de l’Etat », le porte-parole du gouvernement Gbagbo, Ahoua Don Mello, a affirmé que la France n’a « pas d’autre objectif » que d' »assassiner » Laurent Gbagbo.

Cette opération intervient alors que les combats avaient repris dans les rues d’Abidjan et après l’appel lancé par les avocats d’Alassane Ouattara demandant à l’ONU et à Paris de « neutraliser » les armes lourdes de Laurent Gbagbo. Des tirs à l’arme lourde et à l’arme automatique ont été entendus dans les quartiers de Cocody et du Plateau, largement aux mains des forces restées loyales à Laurent Gbagbo qui se battent avec acharnement.

 

Le camp Gbagbo réfute l’attaque de l’hôtel du Golf

Samedi, l’hôtel du Golf, le quartier général du président internationalement reconnu Alassane Ouattara, avait été la cible de tirs, notamment de mortiers, forçant les forces armées de l’ONU à riposter. Le porte-parole de Laurent Gbagbo, Ahoua Don Mello, a vivement démenti toute implication dans cette « attaque imaginaire » tout en ajoutant que « le président Gbagbo appelle à la résistance contre les bombardements et les agissements de l’armée française en Côte d’Ivoire, car en définitive c’est l’armée française qui nous attaque ».

L’Onuci et le département d’Etat américain ont estimé, vendredi et samedi, que les forces loyales au président sortant avaient profité des semblants de négociation la semaine dernière pour « renforcer leurs positions ». Ces derniers jours, elles avaient même renforcé les places qu’elles tenaient.

Elles font face aux forces d’Alassane Ouattarra qui essaient par ailleurs de sécuriser le reste de la capitale économique, dont la population était évaluée à quatre millions d’habitants au début des combats le 31 mars, et qui se trouve au bord d’une catastrophe humanitaire. L’eau et l’électricité sont coupées dans certains quartiers, les vivres manquent, les hôpitaux sont débordés et des cadavres abandonnés dans les rues, alors que des quartiers entiers sont plongés dans l’anarchie et livrés aux pillages.

 

La situation humanitaire alarmante dans l’ouest

Par ailleurs, l’Ouest ivoirien, théâtre de massacres dénoncés par les ONG et l’ONU, compte plus de 85 000 personnes déplacées dans une situation humanitaire catastrophique. « A Duekoué, plus de 25 000 personnes sont toujours réfugiées à la mission catholique, et 1 000 autres sont dans une mission protestante », précise le coordonnateur humanitaire entre les agences de l’ONU et des ONG, Ndolamb Ngokwey.

« Plusieurs centaines » de personnes ont été tuées dans des massacres dans la région, selon l’ONU, et ces réfugiés « se sont cachés plusieurs journées dans la forêt » avant d’être secourues par l’ONUCI. « Ces personnes-là ont vécu de véritables journées d’enfer », continue Ndolamb Ngokwey, et préfèrent rester dans les missions.

Face aux problèmes alimentaires et sanitaires, l’aide s’organise. « Le Programme alimentaire mondial vient de délivrer 85 tonnes de vivres composées notamment de riz, d’huile, de haricot », explique le coordonnateur. « Grâce au Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés, des bâches et des nattes ont été fournies mais ce n’est pas suffisant. Save the children a également fourni une aide alimentaire, et surtout une aide médicale », poursuit-il.

Côte d’Ivoire : « Communiqué » du Gouvernement de la République

« Le lundi 26 mars 2011, après trois mois de tentatives infructueuses de prendre possession des sites stratégiques d’Abidjan, les rebelles se sont repliés sur les fronts EST et OUEST de la zone gouvernementale et ont attaqué simultanément ces deux fronts avec l’appui aérien et terrestre des forces de l’Onuci et de licorne. – Sur le front ouest : les constats suivants peuvent être relevés : A Duékoué, une barbarie sans nom s’est abattue sur la population supposée proche du Président GBAGBO, occasionnant plus de 2000 morts avec un pic de plus de 800 morts les 28 et 29 mars 2011. Il s’agit là d’un véritable génocide. Lors de l’attaque du village de Doké, le chef de village et ses 10 notables ont été égorgés par les rebelles.

A la Cathédrale de San Pedro, pendant la messe du dimanche 3 avril 2011, les rebelles ont fait irruption dans l’église en ouvrant le feu, bilan : 10 morts. A Daloa, Lakota, Bayota, Ouragahio, Issia, Sinfra et dans bien d’autres localités du pays, des pillages systématiques, commis par des rebelles et des prisonniers libérés et armés, ont été suivis d’élimination physique et de l’incendie de villages entiers et d’habitations dans les villes. -Sur le front EST: Sous escorte et encadrement de l’onuci et de licorne, les rebelles ont pris successivement toutes les villes avec les mêmes scènes : libération et armement des prisonniers, pillage ciblé de magasins et de domiciles, incendies et éliminations physiques. -Sur le front central, à Tiébissou, les frappes aériennes de l’onuci et de licorne ont eu raison des Forces de Défense et de Sécurité qui avaient vaincu les rebelles et se dirigeaient sur Bouaké. 2 A Abidjan tous les sites stratégiques de l’Etat ont été pilonnés par les hélicoptères et les chars de l’onuci et de licorne : Camp d’Akouedo et d’Agban, Ecole de Gendarmerie, la RTI, le Palais Présidentiel, la Résidence Officielle du Chef de l’Etat. Les Forces de Défense et de Sécurité ont fait preuve d’héroïsme en mettant en déroute le trio onuci-licorne-rebelles sur les champs de batailles. Tous les sites stratégiques restent toujours sous contrôle. Après l’échec du trio, la force licorne fait main basse sur l’aéroport et déroule une nouvelle phase de son engagement en faisant débarquer, dans la nuit du 2 au 3 avril, 7 Transalls de l’armée française transportant un régiment de plus de 700 bérets verts de la légion étrangère française avec de nouveaux chars, des caisses de munitions et d’armes. Le prétexte servi au monde est la récupération des ressortissants français vivant à Abidjan et à l’intérieur du pays. Après un ballet aérien des hélicoptères des forces licorne, le transport et le positionnement des troupes rebelles, les forces françaises licorne sont rentrées en action en larguant des dizaines de bombes sur la Résidence du Chef de l’Etat, la Radio et la Télévision Ivoiriennes, avec comme raison officielle la destruction des armes lourdes et comme objectif inavoué l’assassinat du Chef de l’Etat constitutionnellement élu et investi par le Conseil Constitutionnel, Son Excellence Monsieur le Président Laurent GBAGBO.

Nous étions en droit de penser que les dénonciations de ces attaques militaires par la communauté internationale auraient amené la France à mettre un terme à sa tentative d’assassinat, mais force est de constater que la France reste constante dans son projet funeste. C’est ainsi que le jeudi 7 avril, elle a décidé, par la bouche de Monsieur Alassane Dramane Ouattara, de mettre en place un blocus de sa Résidence Officielle. C’est ainsi également que dans la nuit du 8 au 9 avril 2011 le ballet aérien des hélicoptères des forces licorne, le transport et le positionnement des troupes rebelles, le largage de bombes, sur la résidence du Chef de l’Etat ont repris de plus bel. Le jeudi 7 avril, Monsieur Alassane Dramane Ouattara fait un discours à la nation comme président et annonce un train de 3 mesures et de promesses. Nous sommes familiers de ses rodomontades. C’est le lieu de rappeler au monde entier qu’au regard de la Constitution Ivoirienne et du principe de non ingérence qui régit les Etats membres de l’ONU, Mr Alassane Dramane Ouattara n’est ni élu par le peuple ivoirien ni investi par le Conseil Constitutionnel ivoirien, il n’a pas prêté serment, par conséquent toutes ces décisions sont nulles et de nul effet. Le Président de la République condamne la tentative d’assassinat perpétrée par l’armée française à travers les frappes aériennes. Le Président de la République appelle le peuple à continuer la résistance pour faire barrage à cet n-ième coup de force. Le Président de la République demande aux populations de rester déterminées dans la lutte pour la libération de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique. Le Président de la République compatit à la souffrance qui leur est imposée par Alassane Dramane Ouattara et ses terroristes. Il sait qu’elles souffrent du manque de nourriture, de médicaments, qu’elles vivent dans la peur et dans la précarité et que plus particulièrement dans les zones rurales, les populations vivent cachées en brousse dans la faim et le froid. Le Président de la République exprime toute sa détermination à continuer la lutte. Le Président de la République a la ferme conviction que des épreuves actuelles et des décombres, la Côte d’Ivoire ressuscitera glorieuse, fière et prospère. Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

Je vous remercie. Fait à Abidjan le 9 avril 2011

Pour le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire,

M. Ahoua DON MELLO Porte-Porte

Jacques Vergès : « Alassane Ouattara est le chef d’une bande d’assassins »

Nouvelobs.com a rencontré l’avocat et ami de Laurent Gbagbo, Jacques Vergès, et le conseiller du président sortant Alain Toussaint. D’une même voix, ils condamnent l’attitude de la France et de l’Onuci qu’ils accusent d’être complices des massacres découverts dans l’Ouest. Par Sarah Diffalah.

Etes-vous en contact régulier avec Laurent Gbagbo ?

Jacques Vergès : – J’ai, par ses amis, des communications indirectes, et je peux vous dire qu’il est calme et va très bien. Ses ministres sont autour de lui et les jeunes protègent sa résidence présidentielle. De mon côté, j’organise des conférences de presse avec son porte-parole en France, Monsieur Toussaint, dans mon cabinet.

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a annoncé mercredi vouloir ouvrir une enquête sur des « massacres commis de façon systématique ou généralisée ». Que risque Laurent Gbagbo ?

Jacques Vergès : – Pour l’instant, il n’est pas encore poursuivi même si tout le monde le voit déjà devant les tribunaux. C’est une hypothèse que je n’envisage même pas. Car je pense qu’en ce moment, les choses tournent à l’avantage de Laurent Gbagbo.

Luis Moreno-Ocampo avait assuré à la demande d’Alassane Ouattara qu’il enquêterait sur les crimes commis depuis septembre 2002. S’il avait trouvé quelque chose, on le saurait. Par contre, si la CPI joue son rôle c’est Alassane Ouattara qui sera mis en cause. L’Onu et la Croix rouge internationale ont clairement reconnu des crimes contre l’humanité à Duékoué.

Alain Toussaint : – Le procureur Ocampo utilise la CPI à des fins politiciennes et comme outil de pression. On a jamais brandi ce chiffon rouge à Ouattara alors qu’il est largement impliqué dans les récents massacres de l’ouest et d’autres plus anciens dans le Nord du pays.

Si les massacres à Duékoué sont bien réels, on ignore encore les responsables…

Alain Toussaint : – On a des témoignages qui accusent clairement le camp d’Alassane Ouattara que nous transmettrons à la justice. On a présenté les massacres dans l’Ouest comme des affrontements intercommunautaires mais il s’agit bien d’épuration politico ethnique. Ce sont des partisans du président Gbagbo qui ont été assassinés. Le choix de Duékoué n’est pas innocent d’ailleurs, puisque ses habitants avaient refusé qu’Alassane Ouattara fasse campagne chez eux alors qu’il attendait aux portes de la ville. Les tueries sont une manière de leur faire payer cet affront. On ne peut pas renvoyer dos-à-dos les deux camps. Alassane Ouattara est le principal responsable, voire le seul responsable.

Jacques Vergès : – Alassane Ouattara dit dans la presse que sur la totalité des morts comptés, il est peut-être responsable de la moitié. C’est fantastique comme aveu ! Il dit aussi que les personnes tuées étaient des combattants. Ce qui est encore plus grave parce qu’on ne tue pas des combattants, on les fait prisonniers.

Vous, Jacques Vergès, avez exprimé votre intention de porter plainte contre la France pour crime contre l’humanité et crimes de guerre. Sur quels éléments vous reposez-vous ?

Jacques Vergès : Je dis que la France aide et inspire. C’est le patron. Quand Alassane Ouattara est en difficulté à Abidjan, il en appelle à sa force. Si la complicité de la France avec la bande d’assassins s’avérerait prouvée, je serais le premier à porter plainte et à plaider pour les victimes contre les militaires qui se seraient rendus coupables. Pour l’instant je n’ai pas d’éléments.

Alain Toussaint : Nous, nous avons des témoignages vidéos et audio. Nous avons la preuve que la France est la complice active de ces massacres-là. Souvent même elle regarde, elle assiste et elle ne dit rien. Elle passe sous silence tous les crimes.

Je ne peux pas croire à l’excuse de leur sous-effectif. La force Licorne, sous mandat de l’Onu, est une autorité, il suffit qu’elle s’interpose pour que les velléités s’arrêtent. La France a même pris part aux combats aux cotés de la rébellion à Abidjan. À Yopongon (un quartier d’Abidjan pro Gbagbo NDRL), les hélicoptères français ont ouvert le chemin aux rebelles engendrant des dommages collatéraux.

Laurent Gbagbo critique aussi le rôle de la France…

Jacques Vergès : – Qu’est-ce qui permet à la France de juger ce qui se passe ailleurs ? Je ne comprends pas du tout ses méthodes. Elle se comporte comme le gendarme du monde. On se demande vraiment ce qu’elle fait là-bas. L’époque du colonialisme est passée. Il y a eu un contentieux électoral qui concerne un pays indépendant, à lui de régler son problème en recomptant les voix comme je l’avais proposé. On a critiqué le Conseil constitutionnel qui a établi la victoire de Laurent Gbagbo, mais cette institution est organisée sur le modèle français ! La France est prise dans un tourbillon de folie. On se croirait au début du XIXe siècle. On conteste le Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire comme on conteste la Cour suprême de Mexico dans l’affaire Cassez.

Si j’étais à sa place, je serais gêné, parce qu’en ce moment Ouattara passe pour le candidat de l’étranger.
Laurent Gbagbo est acculé dans son bunker, Alassane Ouattara affirme qu’il est soumis à un blocus. La fin du président sortant ne fait plus trop de doute…

Alain Toussaint : – Tout ceci est faux. D’abord Laurent Gbagbo ne vit pas dans un sous-sol comme je l’entends dire partout. Simplement, comme dans toute résidence présidentielle il y a des abris.

Ensuite, je peux dire qu’il est libre de ses mouvements puisqu’il est sorti de sa résidence vendredi pour aller enregistrer un discours à la Radio télévision ivoirienne (RTI) (la RTI se situe à deux pas de la résidence dans le périmètre de sécurité du camp Gbagbo NDLR). Nous tenons tous les camps militaires, le palais présidentiel et les programmes de la télévision ont été rétablis par nos soins. Franchement quand on tient tout cela, qu’est-ce que nous ne contrôlons pas ? Les liens avec la population vont être renoués grâce à la réparation de la RTI, on peut donc dire que Laurent Gbagbo tient les rênes du pouvoir.

Le discours de Ouattara jeudi était destiné à apeurer la population pour qu’elle reste terrée chez elle. Ce qui arrange les forces d’Alassane Ouattara et les forces françaises c’est qu’il y ait le moins de monde possible dans les rues pour maintenir à Abidjan ce climat de peur. Le retour à la normal ne les arrange pas. Ce que nous subissons, c’est une guerre de la communication avec une forte propagande menée par les forces françaises et onusiennes. La France a construit pour Alassane Ouattara une télévision pour qu’il puisse prononcer ses discours. Alassane Ouattara est dans le mensonge, il voudrait renvoyer l’image d’un démocrate, d’un homme épris de liberté alors que c’est un chef de guerre.

Alain Juppé a pourtant assuré que Laurent Gbagbo négociait son départ…

Jacques Vergès : – Il n’est pas interdit aux dirigeants français de rêver. Malheureusement leurs rêves sont des cauchemars pour les autres. Les Français expliquent qu’Alassane Ouattara exige de Laurent Gbagbo une reconnaissance écrite de sa victoire électorale. Pour moi cela signifie clairement qu’Alassane Ouattara doute de sa victoire prétendue et qu’il a besoin d’une reconnaissance authentifiée pour assurer ses arrières. Quand le général De Gaulle arrive en 1944, il n’exige pas que Pétain crie vive De Gaulle !

Mais comment Laurent Gbagbo compte-il s’en sortir ?

Alain Toussaint : – Lorsque Alassane Ouattara a fait son discours jeudi soir, aucune liesse ne s’est produite dans le pays. C’est bien la preuve que le pays ne le soutient pas. Il y a une vague populaire notamment à Abidjan où l’on défend Laurent Gbagbo.

Jacques Vergès : – La Russie vient de protester contre la manière dont a été faite l’entrée à Abidjan des pro-Ouattara, l’Angola vient de reconnaître Laurent Gbagbo comme seul chef légitime. Manifestement, la situation est en train de changer et l’opinion internationale est en train de renverser la tendance.

Alassane Ouattara était présenté jusqu’à maintenant comme une icône : le démocrate parfait qui attend qu’on lui donne raison aux urnes. Aujourd’hui, on voit un homme qui appelle l’armée française à tirer sur les troupes de son pays. Un homme qui est le chef, au moins nominal, d’une bande d’assassins qui a tué à la machette et au pistolet 600 ou 700 personnes dans l’ouest du pays. Son image s’est dégradée.

Propos recueillis par Sarah Diffalah

Sidiki Bakaba depuis la résidence de Gbagbo : « Nous avons en face de nous l’armée française, le Bima, ou alors ce sont des Ivoiriens aux visages pâles et aux yeux bleus »

Cet acteur et réalisateur ivoirien, un proche de Laurent Gbagbo, se trouve à ses côtés dans la résidence de Cocody. Acteur dans de nombreuses pièces de théâtre et au cinéma dans le très beau Visages de femmes (Désiré Ecaré, 1972), Bako, l’autre rive (Jacques Champreux, 1977) et Camp de Thiaroye (Ousmane Sembene, 1987), entre autres, il est auteur de nombreux documentaires et fictions. Il a récemment tourné Cinq siècles de solitude, la victoire aux mains nues, sur les évènements politiques qui ont secoué la Côte d’Ivoire entre 2002 et 2004. Il est occupé à filmer les combats des derniers jours, et nous l’avons eu au téléphone sur fond de tirs assourdissants, pendant l’assaut lancé au matin du 6 avril par les forces pro-Ouattara contre Laurent Gbagbo. Sidiki Bakaba, un Ivoirien « nordiste », Mandingue issu de l’ethnie soninké, explique à SlateAfrique les raisons pour lesquelles il reste loyal, jusqu’au bout, à son ami Laurent Gbagbo.

Pourquoi êtes-vous toujours à la résidence aux côtés de Laurent Gbagbo?

Un proverbe indien disait à l’époque de Gandhi que le paysan laboure en temps de paix, mais laisse la houe en temps de guerre pour aller défendre son pays. J’ai fait un film sur les évènements de 2002-2004 qui s’appelle La victoire aux mains nues, et qui raconte le massacre qui s’est produit devant l’hôtel Ivoire. Je continue de filmer aujourd’hui, j’étais tout à l’heure sur un véhicule RPG et j’ai dû sauter pour me protéger. Je défends mon pays.

Vous défendez votre pays ou votre ami, Laurent Gbagbo?

Mon pays ! Je reste aux côtés de Laurent Gbagbo. C’est un grand frère, c’est aussi la réalité. Mais je vois des gamins de 22 ans qui ont la rage au coeur, qui veulent l’indépendance réelle et totale. Nous, à notre adolescence, nous avons connu l’indépendance, qui a été un échec lamentable et du bluff, avec des rapports de conseils des ministres qui étaient d’abord visés à Paris. La plupart des jeunes d’aujourd’hui en Côte d’Ivoire n’ont pas eu la chance de faire des études comme nous, mais ils savent ce que c’est que la défense de la souveraineté. En Tunisie, il n’a pas fallu une semaine pour faire tomber le président Ben Ali. On ne se pose pas la question de savoir pourquoi les Ivoiriens, à l’inverse, sont là pour défendre leur président. Il y a ici des gens extraordinaires qui sont écoeurés par le mensonge dont on leur rabat les oreilles. Chaque fois que je filme un de ces jeunes en gros plan, ils disent : « Je veux la vraie indépendance Papa, pas ce que vous avez vécu ». Il faut libérer ce pays et les autres pays. J’ai toujours été un homme de spectacle et voilà que depuis quelques jours, je suis un militaire.

Comment est l’ambiance à la résidence de Cocody?

Très familiale, tranquille. Les gens chantent et prient. Tout va bien. Laurent est souriant pour ceux qui ont la chance de le voir. Il n’y a aucune panique.

Ne pensez-vous pas que la RTI a déversé de la propagande incitant à la haine ces derniers mois?

Elle a diffusé des films qui ont été faits par les Français eux-mêmes, comme ce documentaire sur la Françafrique qui a galvanisé les gens. Quand on parle de propagande, croyez-vous que c’est seulement la télévision française qui dit la vérité? Tout est faux! Hier encore, le soir du 5 avril, on en riait ici: on annonçait que Laurent avait signé un papier pour sa reddition! Ce matin, on a commencé à nous canarder. Les dépêches disent que ce n’est pas la France qui est derrière, que ce sont les combattants pro-Ouattara qui donnent l’assaut, qu’ils ont déjà d’ailleurs mis le pied dans notre cour. Je peux vous dire que tout est faux, puisque j’y suis: nous avons en face de nous l’armée française, le Bima, ou alors ce sont des Ivoiriens aux visages pâles et aux yeux bleus. Ils attendent le soir pour que les hélicoptères viennent nous canarder. Je ne sais pas quelle est leur stratégie, mais c’est de la lâcheté. Mais dans toutes les guerres, c’est pareil. La guerre ne se fait pas seulement avec des armes, mais aussi avec des images. J’ai filmé les corps des jeunes qui tombent du côté de l’armée pro-Alassane, j’ai tout filmé: les liasses d’argent qu’ils ont dans les poches, ce sont des faux, comme on fait au cinéma. Le premier billet de la liasse est vrai, et à l’intérieur, il n’y a que du papier. Si on est réduit à payer des mercenaires avec du papier…

Pourquoi vous engagez-vous de la sorte au risque de votre vie?

Je n’ai plus l’âge de ces gamins que je filme. Nous, les Soninkés, nous avons un âge auquel nous n’avons pas le droit de parler. Or, à mon âge, parler est un devoir. Des deux côtés, il y a de l’exagération. Quand j’entends sur la RTI que celui qui est en face est un étranger, alors là je dis non! C’est un candidat à la présidentielle. Si on va sur ce terrain, alors moi aussi je suis visé.

Vous reproche-t-on le fait que soyez du Nord dans l’entourage de Gbagbo?

Le premier qui me dit que je suis un étranger, je lui donne un coup de pied! Je suis né Français en 1949. L’indépendance m’a trouvé ici. J’ai une patrie, la Côte d’Ivoire. Je ne vais pas faire comme d’autres artistes et aller me planquer à Paris! Je dois être là où ça se passe. Tout est faux! Tout à l’heure, je repartirai filmer sur le front! Si le Burkina avait été agressé comme l’est la Côte d’Ivoire, si la France avait été agressée comme l’est la Côte d’Ivoire, j’aurais aussi filmé!

Le poison de l’ivoirité n’a-t-il pas détruit la Côte d’Ivoire?

Je suis le premier à le dire! Quand la hyène veut manger son petit, elle l’accuse de sentir la chèvre. Ce n’est pas Gbagbo qui a amené l’ivoirité. Laurent Gbagbo, un Bété, a écrit en 1971 un texte intitulé « Soundjata, lion du Manding ». Son héros, c’est le premier empereur de l’Afrique de l’Ouest. Et dans cette pièce, il écrit souvent : « Plutôt la mort que la honte ». L’ivoirité, j’en ai moi-même été victime en 1992 quand on m’a considéré comme un pestiféré dans mon pays, parce que j’étais l’ami d’un opposant à Houphouët-Boigny, ce même Gbagbo qui a fait mettre toutes mes affaires dans un conteneur pour que je reparte en France. Il y a eu dans les journaux des pages d’insultes à mon égard, sous le seul prétexte que je ne serais pas Ivoirien, mais Mandingue, Malinké, Soninké. Ils n’avaient pas d’autres arguments. C’est de l’incompétence, de la jalousie, de la faiblesse que de dire celui-là n’est pas ivoirien. Laurent m’a dit de ne pas répondre et je suis reparti en France. A table, un jour, quelqu’un m’a posé la question de mes « horizons ». Laurent s’est fâché, il a été blessé à ma place, et a répondu: « Vous ne savez pas qu’il vient d’Abengourou? » Je suis né dans cette ville, chez les Agnis, en pays akan. Je considère cela comme une richesse. Tenez, il y a un jeune écrivain ivoirien, Koffi Kwahulé, qui écrit pour la Comédie française. Il est Baoulé de père et de mère et il est né à Abengourou comme moi. Et voilà que les écrivains ivoiriens se réunissent pour dire qu’il est Ghanéen! Pourquoi? Aucun d’eux n’arrive à sa cheville! Je peux vous dire que tout ce qui a été dit contre Ouattara, toutes ces années de rejet, c’est terrible. Je me bats, je suis au feu, je prends des risques… Vous savez, on dit chez nous: « Donne tout à l’étranger ». Il y aurait une psychanalyse à faire, une histoire à raconter. Quand les Akans sont venus du Ghana en suivant la reine Pokou, le peuple Baoulé est né (Baoulé signifie l’enfant est mort, ndlr). La reine Pokou a sacrifié son enfant pour passer en Côte d’Ivoire. Comment peut-on traiter les Akans d’étrangers? Il faut que nous nous asseyons dans ce pays pour résoudre le problème de l’ivoirité. Le jour où les petits ivoiriens auront appris à l’école à quel point ils sont riches de leurs origines, nous aurons une nation. Pour l’instant nous n’avons pas de nation, mais un peuple dont on ne s’est pas occupé sérieusement pendant cinquante ans.

Que reprochez-vous à Alassane Ouattara?

Je ne lui reproche rien, à lui. C’est mon frère aussi. Le problème politique qui est posé, avec les élections, je le regarde simplement, je l’observe. Je ne dis rien. Tout cela ne mérite pas qu’on s’arme pour venir bousiller tout le monde. Mais les gamins sont obligés de se battre: on a en face de nous des Blancs! On a fait un monstre de Laurent Gbagbo. On peut tout lui reprocher, sauf l’ivoirité. Je souhaite qu’ils s’apaisent tous les deux. Il faut que nous, les plus de 50 ans, cessions d’être égoïstes et pensions aux enfants, les jeunes qui font 70 % de notre population et qui se battent et tombent aujourd’hui.

Laurent Gbagbo est-il décidé à partir ou à mourir ? Y a-t-il des discussions dans son entourage sur la stratégie à avoir, ou pour lui dire qu’il aurait du partir plus tôt?

Je ne pense pas qu’il partira. Cela fait quatre mois qu’on est là. Si les Ivoiriens ne voulaient pas de Laurent Gbagbo, ils l’auraient déjà fait partir.

Une manifestation contre la RTI menée par les partisans de Ouattara n’a-t-elle pas été réprimée dans le sang, le 16 décembre?

Il arrive que dans les manifestations, quand des tirs interviennent, il y ait une riposte. Voilà dix ans que nous sommes dans le sang. Nous avons un président qui est l’un des plus démocrates du continent. Il a une démocratie qui est en avance. Il y a la liberté d’expression ici. Les discussions ici dans son entourage portent plutôt sur le fait qu’il ne sévit pas assez. Il n’est pas assez dur. Avec le pouvoir, il faut être beaucoup plus dur. Il y a eu des exactions de tous les côtés, on a découvert un charnier énorme à Duékoué. On ne va pas dire que Gbagbo est allé encore faire un charnier là-bas ! Si les Ivoiriens ne voulaient pas de Gbagbo ils se lèveraient, et il s’en irait. Si ce sont d’autres gens qui dictent son départ, et il ne partira pas. A sa place je ne bougerais pas. Quand on n’est pas d’accord, on doit être capable de dire non. J’ai des échos de l’Occident: je peux vous dire qu’il n’est pas question d’exil. Personne n’a fui, tout le monde est ici. Quelquefois, des tirs tombent dans la cour, mais ça ne fait peur à personne. Laurent Gbagbo dérange, comme Sékou Touré, comme Sankara, comme Lumumba, parce qu’il tient le langage de la souveraineté.

A-t-il peur de poursuites devant la Cour pénale internationale?

On peut lui attribuer tout ce qu’il n’a pas fait ! On a vu ce qui s’est passé avec Saddam ! Les armes de destruction massives en Irak, on ne les a jamais vues… L’Occident n’arrête pas de se contredire. Aujourd’hui on conteste ce qui s’est passé au Vietnam, en Irak. Ici, Obama avait été fêté comme un Dieu, et certains ont tatoué son nom sur leurs bras. Mais Obama est un président de l’Amérique de droite, point barre. Comme Koffi Annan, qui n’a fait que combattre l’Afrique, ils sont aux ordres et n’ont pas de pensée africaine.

Sidiki Bakaba in Slate, le 6 avril 2011

Côte d’Ivoire : et si on avait fait la guerre pour le cacao ?

Côte d’Ivoire : et si on avait fait la guerre pour le cacao ?

Bruits de bottes et spéculation

par Falila Gbadamassi

Les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), proches d’Alassane Ouattara, le président élu selon la commission électorale ivoirienne, se sont emparées d’Abidjan le 31 mars. Une date qui correspond à l’ultimatum fixé par le président sortant ivoirien Laurent Gbagbo aux négociants de cacao dont il a menacé de nationaliser les stocks. L’Union européenne a décidé ce vendredi de lever les sanctions contre le port d’Abidjan et de San Pedro. C’est de ce dernier qu’est exportée la production de cacao dont le marché a fait face à une opération spéculative d’envergure menée par un fonds de pension dénommé Armajero en juillet dernier.

L’offensive des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), pro-Alassane Ouattara, visait-elle la reprise des exportations de cacao ? Elles représentent 40% de l’économie ivoirienne et la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de la matière première du chocolat. Dès les premières heures de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire le 2 décembre, Alassane Ouattara, déclaré vainqueur du second tour de la présidentielle du 28 novembre 2010 par la commission électorale ivoirienne, prône l’usage de la force pour déloger le président sortant ivoirien, Laurent Gbagbo. Mais les évènements s’accélèrent brusquement lors de la dernière semaine du mois de mars et le 31, la capitale économique ivoirienne Abidjan, se retrouve aux mains des FRCI, qui quelques heures plus tôt se sont emparées du port de San Pedro, principal port d’exportation du cacao. Quelque 400 000 tonnes attendent de prendre la mer et risquent à cette date du 31 mars d’être nationalisées par le camp Ggagbo. Environ 100 000 tonnes appartiendraient à la Société africaine de cacao (Saco, filiale du groupe suisse Barry Callebaut, premier producteur mondial de cacao) et 50 000 autres à son concurrent, l’américain Cargill, selon les autorités ivoiriennes.

Afin d’asphyxier le régime de Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara a ordonné « l’arrêt immédiat de toute exportation de café et de cacao à compter du lundi 24 janvier 2011 et ce jusqu’au 23 février 2011 ». Une interdiction qui sera prorogée. « Le gouvernement rappelle que les contrevenants à cette mesure seront considérés comme finançant les activités de l’administration illégitime de Monsieur Laurent Gbagbo et s’exposent à des sanctions internationales », indiquait le communiqué publié par Guillaume Soro, le Premier ministre d’Alassane Ouattara, le 22 février dernier. Pour soutenir la démarche du président ivoirien, l’Union européenne (UE) impose des sanctions aux deux ports ivoiriens d’Abidjan et de San Pedro. Il est interdit aux navires européens d’y accoster alors que le Vieux Continent consomme environ 80% du cacao ivoirien. A la mi-février, les planteurs ivoiriens, menés par Bléhoué Aka, le président du Conseil national des sages de la filière café-cacao (CNS), avaient protesté devant les locaux de l’UE contre cette mesure qui les pénalisaient. Plus tard, les négociants menaceront le camp Ouattara de se tourner vers Laurent Gbagbo s’il ne leur était toujours pas possible d’exporter leur production. Ricardo Leiman, directeur exécutif de la maison de commerce chinoise Noble Group (Hong Kong), confie le 21 mars au Financial Times qu’il est prêt à payer des taxes à l’administration de Laurent Gbagbo pour vendre ses stocks. Les traders européens et américains se diront également disposés à lui emboîter le pas. Ce ne sera finalement pas nécessaire.

Le port de San Pedro tombe aux mains des FRCI le 31 mars, mais la victoire n’est pas suivie d’effet immédiat. « Toutes les sanctions restent en place, y compris celles sur le port de San Pedro (..). Aucune exception n’était prévue dans la liste initiale de sanctions », indiquait une source européenne citée par Reuters le 31 mars dernier. Il faudra attendre ce vendredi pour que la situation se décante. « Les ports autonomes d’Abidjan et de San Pedro, la Société ivoirienne de raffinage et le Comité de gestion de la filière café et cacao (acteur du négoce international) sont retirés de la liste des entités soumises par l’Union européenne à un gel des avoirs », indique le document de l’UE. Jeudi soir, Alassane Ouattara avait demandé « que les sanctions de l’Union européenne sur le port d’Abidjan et San Pedro et sur certaines entités publiques du fait du régime illégitime de Laurent Gbagbo soient levées ».

Or brun pour sang rouge

Des fluctuations du cacao, qui ont atteint leur plus haut niveau depuis 1979 le 22 février dernier à cause de la crise ivoirienne, le fonds de pension britannique Armajaro a certainement profité. L’une de ses activités, le négoce de produits agro-alimentaires, est incarnée par Armajaro Trading Limited, « leader du marché de la durabilité en Côte d’Ivoire », dont la direction Afrique est assurée par Loïc Folloroux, le beau-fils d’Alassane Ouattara. La stratégie d’Armajero : « paralyser l’offre par des achats massifs », selon Money Week. Ainsi, en juillet 2010, Armajaro est à l’origine de l’achat de 241 000 tonnes de cacao. Une opération « non conforme » du fait de la livraison physique de la marchandise qui pourrait « remplir cinq fois le Titanic », lit-on dans un article du journal économique Les Afriques signé par Guy Gweth, conseiller en intelligence économique.

Cette opération « légale » d’un milliard de dollars, « la plus importante jamais réalisée depuis 1994 », a également « provoqué une flambée des prix », indique France 24. « Peu de temps après la transaction, la tonne est montée à 2 725 livres (3 247 euros) », son niveau le plus haut depuis septembre 1977. La transaction a secoué le marché mondial du cacao bien que les prix soient revenus à la normale. Même la multinationale Nestlé, « qui absorbe à (…) 400 000 tonnes/an (soit 12% de la production mondiale) », ne se serait même pas risquée à la réaliser. En outre, la quantité acquise représente « la quasi-totalité des stocks européens et 7 % de la production annuelle mondiale ». Ce cacao stocké en Europe aurait été revendu en décembre notamment, indique Financial Times avec quelques pertes mais l’opération aurait permis au hedge fund d’améliorer ses performances.

La dernière opération de ce type du co-fondateur d’Armajaro, Anthony Ward, surnommé « Chocfinger (Chocolate Finger) », remonte à août 2002. Celui dont certains pensent qu’il « saurait des choses que les autres ne savent pas privilégiées », s’était porté acquéreur de « 203 320 tonnes de cacao, juste avant de voir les prix passer de 1400 à 1 600 livres la tonne ». Gain de l’opération : « près de 60 millions de dollars », rapporte Les Afriques. Anthony Ward aurait spéculé sur « une hausse du prix de la fève, fondée, selon lui, sur l’instabilité politique dans le Nord de la Côte d’Ivoire », indique Money Week. Le 19 septembre 2002, la rébellion des Forces nouvelles (FN) tentera de renverser le régime de Laurent Gbagbo. Ces derniers mois, les ventes du stock de cacao d’Armajaro auraient contribué à stabiliser le cours de l’or brun (voir vidéo) en Europe.

La reprise des exportations de cacao est une victoire pour Alassane Ouattara, qui a beaucoup misé, sur l’asphyxie économique pour tenter de faire céder Laurent Gbagbo. Pour l’heure, c’est le seul succès du camp Ouattara. Laurent Gbagbo, retranché dans le bunker de sa résidence, n’a toujours pas renoncé à la présidence ivoirienne. Au moins 800 personnes seraient mortes fin mars, notamment dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire, selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Ils viendraient s’ajouter au bilan précédent d’environ 400 décès établi par les Nations unies depuis le début de la crise post-électorale.

La Guerre Franco-Internationale contre la Côte d’Ivoire : Faisons le doux et merveilleux rêve que l’impossible se réalise !

L’impossible, c’est quoi dans cette terrible et inhumaine guerre  qui frappe le pays d’Houphouët Boigny, fierté de l’Afrique où l’humour coulait à flots et où il faisait si bon vivre ? C’est que, face à une coalition de grandes puissances dont la France et les Usa, auxquelles se sont alliées d’autres, en Europe comme en Afrique, ce pays  puisse  s’en sortir.


Laurent Gbagbo et Nicola Sarkozy

L’impossible, c’est la réalisation de la chanson de Gadji Céli qui reprend en hommage aux Patriotes, la célèbre légende de David triomphant de Goliath. C’est la preuve faite par quatre, comme il prévenait les Ivoiriens, que leur sérénité était le gage de leur victoire puisque seulement Dieu pouvait régler leur palabre. La disproportion ici est si monumentale, si choquante, que le rêve de la répétition de l’impossible semble impossible sauf à Dieu de pourvoir ici bas, à la réparation des injustices trop insupportables avant le jugement dernier.

Mais laissons cependant notre imagination voguer vers ce merveilleux et doux rêve. Quels en seraient les enchantements ?

Ils se résumeraient en une délivrance, en une réhabilitation incroyable et multidimensionnelle de la vérité, celle qui grandit et réconcilie l’homme avec son humanité dans l’absolu.

Il serait démontré, aux yeux du monde entier, que des nations s’étant drapées des vertus de la morale internationale, se présentant au monde comme des défenderesses du Droit et de la Démocratie, ont foulé aux pieds ces valeurs sacrées dans la basse intention de se tailler des sphères d’influence en Côte d’Ivoire pour se repaître à bon compte des richesses de cette nation et en tirer des dividendes pour une campagne électorale.

Ce qui pointe en filigrane (et révélé par des journaux comme l’Humanité…) et qui fait état d’une fraude au Traité constitutif des Nations Unies, de manipulations, de mensonges et de falsifications diverses de la part de la France, des USA, de Ban Ki Moon…,  apparaîtrait comme une évidence à l’humanité.

Dans la foulée, la Côte d’Ivoire serait rétablie dans ses droits légitimes. Sa souveraineté reconquise, Laurent Gbagbo serait reconnu, conformément à la volonté populaire, président légitime et légal de Côte d’Ivoire par la communauté des nations, revenue des manipulations dont elle était victime.

Quel tsunami aux répliques multiples car, dans le même temps, tous les montages qui depuis 10 ans, ont contribué à violer les consciences, à cornaquer les opinions, jailliraient au grand jour, et de grands médias comme de journalistes réputés en auraient pour leur compte d’avoir ainsi participé (en prêtant leurs plumes et leurs voix à des meurtriers mensonges) à la commission de crimes de masse. Ce miracle se traduirait  en effet par  la révélation, au tribunal de l’opinion, de tous ceux  qui, peu ou prou, se seront inscrits dans l’exécution de ces actes dramatiques. La dénonciation de la chaîne  de responsabilité  alignerait alors sur le banc des accusés, bien de têtes huppées qui gouvernent ce monde, avec la malignité du « Loup de la Fable » ; ce serait là un kaléidoscope sans précédent de mises en cause des plus grands dirigeants du monde !

La perspective est brumeuse, rebelle à la conviction mais combien exaltante et à portée de main quand on se replonge dans ces attentes puissantes de tant de cœurs meurtris qui se reconnaissent dans le triomphe de la vérité, dans la Prophétie du Pasteur KONE Malachie qui fait tant de bruit, dans des témoignages historiques.  Ce serait finalement pour le plus grand bien de l’Humanité, la victoire du bien, du droit, qui servirait à sa remise sur le droit chemin !

VT

San Finna N°611 du 11 au 17 Avril 2011