Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Abidjan : L’ONU et la France tirent des missiles près de la résidence de Gbagbo

Des hélicoptères de la mission onusienne en Côte d’Ivoire (ONUCI) et de la force française Licorne sont intervenus en fin d’après-midi en tirant des missiles sur des blindés dans l’enceinte du palais présidentiel et à l’extérieur de la résidence du président sortant Laurent Gbagbo dans Abidjan, selon une source proche de l’opération.

L’ONU et la force Licorne ont confirmé ses tirs dans les environs du palais (dans le quartier du Plateau) et de la résidence de Laurent Gbagbo (dans le quartier de Cocody) ainsi que dans plusieurs camps militaires. Des tirs qui visaient « à neutraliser les armes lourdes de Gbagbo ». Selon le camp du président sortant, la résidence de ce dernier serait « partiellement détruite » sans qu’il soit possible de vérifier cette information.

 

La France n’a « pas d’autre objectif » que d' »assassiner » Laurent Gbagbo

Dénonçant ces tirs de la force française Licorne « sur la résidence du chef de l’Etat », le porte-parole du gouvernement Gbagbo, Ahoua Don Mello, a affirmé que la France n’a « pas d’autre objectif » que d' »assassiner » Laurent Gbagbo.

Cette opération intervient alors que les combats avaient repris dans les rues d’Abidjan et après l’appel lancé par les avocats d’Alassane Ouattara demandant à l’ONU et à Paris de « neutraliser » les armes lourdes de Laurent Gbagbo. Des tirs à l’arme lourde et à l’arme automatique ont été entendus dans les quartiers de Cocody et du Plateau, largement aux mains des forces restées loyales à Laurent Gbagbo qui se battent avec acharnement.

 

Le camp Gbagbo réfute l’attaque de l’hôtel du Golf

Samedi, l’hôtel du Golf, le quartier général du président internationalement reconnu Alassane Ouattara, avait été la cible de tirs, notamment de mortiers, forçant les forces armées de l’ONU à riposter. Le porte-parole de Laurent Gbagbo, Ahoua Don Mello, a vivement démenti toute implication dans cette « attaque imaginaire » tout en ajoutant que « le président Gbagbo appelle à la résistance contre les bombardements et les agissements de l’armée française en Côte d’Ivoire, car en définitive c’est l’armée française qui nous attaque ».

L’Onuci et le département d’Etat américain ont estimé, vendredi et samedi, que les forces loyales au président sortant avaient profité des semblants de négociation la semaine dernière pour « renforcer leurs positions ». Ces derniers jours, elles avaient même renforcé les places qu’elles tenaient.

Elles font face aux forces d’Alassane Ouattarra qui essaient par ailleurs de sécuriser le reste de la capitale économique, dont la population était évaluée à quatre millions d’habitants au début des combats le 31 mars, et qui se trouve au bord d’une catastrophe humanitaire. L’eau et l’électricité sont coupées dans certains quartiers, les vivres manquent, les hôpitaux sont débordés et des cadavres abandonnés dans les rues, alors que des quartiers entiers sont plongés dans l’anarchie et livrés aux pillages.

 

La situation humanitaire alarmante dans l’ouest

Par ailleurs, l’Ouest ivoirien, théâtre de massacres dénoncés par les ONG et l’ONU, compte plus de 85 000 personnes déplacées dans une situation humanitaire catastrophique. « A Duekoué, plus de 25 000 personnes sont toujours réfugiées à la mission catholique, et 1 000 autres sont dans une mission protestante », précise le coordonnateur humanitaire entre les agences de l’ONU et des ONG, Ndolamb Ngokwey.

« Plusieurs centaines » de personnes ont été tuées dans des massacres dans la région, selon l’ONU, et ces réfugiés « se sont cachés plusieurs journées dans la forêt » avant d’être secourues par l’ONUCI. « Ces personnes-là ont vécu de véritables journées d’enfer », continue Ndolamb Ngokwey, et préfèrent rester dans les missions.

Face aux problèmes alimentaires et sanitaires, l’aide s’organise. « Le Programme alimentaire mondial vient de délivrer 85 tonnes de vivres composées notamment de riz, d’huile, de haricot », explique le coordonnateur. « Grâce au Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés, des bâches et des nattes ont été fournies mais ce n’est pas suffisant. Save the children a également fourni une aide alimentaire, et surtout une aide médicale », poursuit-il.

Publicités

Comments are closed.

%d blogueurs aiment cette page :