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BENIN : Investi pour un nouveau mandat de cinq ans, Les fausses promesses de Boni Yayi

Lors de sa prestation de serment, le président Boni Yayi s’est adressé au peuple béninois dans un discours avec beaucoup de promesses incohérentes. Au lendemain de cette investiture, des milliers de Béninois ont relevé de fausses promesses dans le programme d’action du leader des cauris.

Par de très graves défaillances, la cérémonie d’investiture du président Boni Yayi a perdu de toute sa solennité. C’est dans un désordre protocolaire que le président élu a présenté le discours inaugural de son nouveau quinquennat. Comme à l’accoutumée, le prince du Changement a fait une série de promesses au peuple béninois. Des promesses qui vont très tôt désenchanter le peuple béninois, du fait de son caractère d’utopie. C’est un projet de société chimérique qui va déboucher à coup sûr sur une fronde sociale. Car les promesses de Boni Yayi suscitent dèjà le doute dans l’opinion nationale concernent le volet économique et social de son programme pour les cinq ans.

L’affaire ICC Services et consorts

Les spoliés des fausses structures de placements d’argent n’ont plus de raison de croire à leur remboursement. Pendant la campagne électorale, le président Boni Yayi leur promettait le remboursement intégral de leurs avoirs en cas de sa réélection. Mais aujourd’hui, le discours a changé. L’Etat devient facilitateur qui obligerait « les bandits de grands chemins » à retourner l’argent des Béninois aux Béninois. C’est donc clair, les ressources n’existent pas et il serait suicidaire d’espérer un règlement parfait de cette crise. L’économiste Yayi est bien conscient que l’effondrement d’un système pyramidal ne peut être relevé. Et qu’il est raisonnablement impossible de constituer le capital nécessaire pour satisfaire les milliers de Béninois grugés par ICC Services et Consorts. La promesse de remboursement est donc purement un dol car aucun miracle ne peut générer les fonds à cette fin. Cette promesse du président Boni Yayi est purement une théorie opposée aux lois économiques puisque lui-même soutient qu’aucun fonds public ne sera exploité.

La réforme administrative et institutionnelle

Le peuple béninois n’attend certainement plus rien de Boni Yayi dans la réforme administrative. Ce n’est parce qu’il aura tout fait, mais il s’est illustré négativement dans ce domaine. Il est bien vrai que les premiers jours de son mandat étaient marqués par une guerre ouverte contre les absentéistes et les retardataires dans l’administration publique. Le président lui-même se présentait dans les services publics pour recenser les fonctionnaires coupables. Tout ceci se fait sous fond de publicité et de campagne médiatique. Mais cela n’a duré que quelques semaines et a présenté une véritable inefficacité. Boni Yayi s’est investi dans une politisation à outrance de l’administration. Et le peuple évoquait même du népotisme et du favoritisme. On y retrouvait que des gens de sa formation politique ou de son entourage. Un ancien ministre de Kérékou offusqué parlait alors de l’Etat Fcbe. On a vu des directeurs de société d’Etat abandonnés leurs bureaux pendant des semaines pour organiser dans leurs communes d’origine des marches, prières et meetings de soutien à Boni Yayi. Ce qui a fortement paralysé l’administration publique. Et il n’est pas exclu que le même scénario se reproduise ce quinquennat ci.

La réforme judiciaire

L’appareil judiciaire béninois est fortement décrié. Depuis cinq ans, le constat est dégoûtant. L’accointance entre l’exécutif et la justice inquiète bon nombre de béninois. Le secteur de la justice n’a pas échappé aux grèves incessantes pour exiger plus de libertés dans le travail. Mieux, les projets de construction et d’équipements des maisons de justice piétinent, car les agents sont toujours en colère.

La lutte contre la corruption

Le discours du président Boni Yayi en ce qui concerne ce volet est redondant et ennuyeux. Depuis cinq ans qu’il est au pouvoir, le défenseur de la refondation ne cesse de revenir sur les mêmes choses pas pour faire le bilan de ses actions mais pour montrer que rien ne se fait par son régime. La lutte contre la corruption, il a promis aux Béninois pour son premier mandat. En 2011, le phénomène n’a pas régressé. Au contraire, c’est le régime de l’économiste Yayi qui s’y illustre avec une kyrielle de scandales. Alors, les Béninois n’ont pas tord de désigner la lutte contre la corruption comme une fausse promesse. Aujourd’hui, il est connu de tous qu’une grande mafia s’est installée dans l’administration publique. Les pots de vins, les pourcentages sur les attributions de marché connaissent une hausse exponentielle. Le prochain classement de Transparency International démontrera encore le recul du Bénin dans la lutte contre la corruption sous Boni Yayi.

Le contrôle de gestion de l’administration publique

Le président Boni Yayi aura tout montré aux Béninois. Encore de l’audit dans les administrations publiques, sous Boni Yayi, disent certains compatriotes inquiets de l’avenir du pays. Tout comme en 2006, l’homme de la refondation promet d’auditer les ministères, les sociétés et entreprises d’Etat, et mieux la présidence de la République. Et aux Béninois de lui demander où sont passés les résultats des audits commandités en 2006 ? Des audits qui ont coûté des fortunes au trésor public. C’est clair, la logique du président Boni Yayi se révèle au grand jour. L’inspection générale de l’Etat (Ige) sera de nouveau un instrument d’intimidations et de chantage aux mains du pouvoir. Les preuves sont encore là que l’Ige est exploitée à des fins politiques par le régime. Reste à savoir si Jacques Alidou Koussey et ses pairs accepteront servir de bras séculiers Boni Yayi. Il va s’en dire que l’audit promis aux Béninois n’est rien d’autre que du chantage aux personnes qui préparent leur départ de la mouvance présidentielle. Certains béninois n’hésitent pas à prédire les conclusions qui résulteraient de ce contrôle. Pour eux, il est fort probable que les malversations ne soient notées qu’au niveau des responsables d’organes ayant rejoint l’opposition. C’est-à-dire qu’aucun partisan de Yayi ne sera accusé de mauvaise gestion. Une fois encore, nul ne taille d’importance à ce pseudo-engagement de Yayi de passer à l’audit de l’action publique.

Les réformes sociales sous Yayi II

Yayi est désigné par ses alliés de la mouvance comme le président de la basse couche, l’homme à l’écoute du peuple. Et ils se permettent d’utiliser cet argument pour justifier leur hold up électoral. Nul n’ignore les nombreux cas de fraudes ayant permis de réussir le passage en force au premier tour. Boni Yayi se plait dans ce costume. Il dit vouloir d’un Bénin d’équité et de justice sociale. C’est sans ignorer les exclusions relevées dans ces programmes sociaux tels que le microcrédit, l’emploi des jeunes et bien d’autres. On dénonçait l’exclusion des militants de l’opposition dans ces programmes. Que peut Yayi II pour assurer enfin la prospérité partagée à tous les fils de ce pays ? La question est agitée dans toutes les contrées du pays. On retient que le chef n’a pas changé, ce sont les mêmes choses qu’on a écoutées lors de son discours d’investiture. A quand la prise en charge totale des soins de santé des femmes enceintes et des enfants de 0 à 5 ans ? A quand la gratuité effective de l’enseignement maternel et primaire ? A quand la valorisation de la fonction enseignante ? A quand la construction de nouvelles infrastructures socio-communautaires dans le pays. Boni Yayi semble avoir ignoré tout ce chapelet de doléances de ses concitoyens. L’homme ne propose rien d’autre que son micro-crédit partisan. Alors, l’inquiétude des Béninois d’assister à une fronde sociale pendant ce quinquennat est bien légitime, car le volet social est très peu représenté dans les propositions du chef de l’Etat.

La promotion du genre et de la jeunesse

« L’exigence de justice sociale et de solidarité recommande de veiller à une meilleure sécurité sociale, à la promotion de la femme, à la réduction des inégalités de genre ainsi qu’à l’intégration des personnes handicapées et du troisième âge », a annoncé Boni Yayi lors de son investiture. Il est urgent de présenter les engagements du président pour une véritable promotion de la femme et la réduction du genre. On est tenté de dire que rien ne sera fait dans ce sens. La promesse des 30 % de portefeuilles ministériels aux femmes est restée dans les tiroirs depuis de longue date. L’institut de la femme peine à s’investir pour l’autonomisation de la femme. Mais voilà que pour un nouveau mandat, Boni Yayi remet sur le tapis les mêmes engagements fantaisistes. Fort heureusement, il ne parle plus en termes de portefeuilles ministériels, ni de direction de sociétés d’Etat. C’est juste une question de réduction des inégalités de genre. Alors, nos chères mamans doivent-elles encore espérer un avenir reluisant sous l’apôtre de l’émergence ?

par dp 24h

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Une réponse à “BENIN : Investi pour un nouveau mandat de cinq ans, Les fausses promesses de Boni Yayi

  1. Cheick Lightson avril 11, 2011 à 12:58

    En tout cas moi je n’espère plus rien de nouveau sous ce gouvernement. Donc ma seule prière est vivement que les 5ans passent vite.

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