Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

BENIN : Rien de nouveau sous le soleil

Une nouvelle fleur ! un nouveau souffle… Le discours d’investiture de Boni Yayi ressemble à une vie qui cependant n’est pas en perpétuel renouvellement… Aux mots, gouvernance, lutte contre la corruption, changement… tout porte à croire que le nouveau quinquennat est parti comme le premier où l’absence de toute évolution et de tout espoir ne transparaissent que dans l’œil de celui qui regarde. Avec le nouveau mandat tout sera dur avec la feuille surtout que l’oreille est déjà bordée de nouilles.

« Si vous voulez le Changement, changez vous-même » a laissé à la postérité, Boni Yayi qui vient de prendre son pied et le Bénin au quart de tour. Le discours d’investiture comme un testament de Boni Yayi est composée d’une succession de réflexions et de projets plutôt peu joyeux. On a encore utilisé des formules comme forme de constat amer. Ce qui exprime un manque d’espoir évident pour cinq ans encore. Et ce pour plusieurs raisons.

D’abord, pour faire valoir de nouveau son droit à la politique de la mésaventure, Boni Yayi propose « la refondation », un nouveau projet sans fondation et domicile stables. En effet, à l’énoncé des réformes politiques, économiques et sociales, on ne sent pas accomplir en outre une nouvelle démarche de « domiciliation » ou « d’élection de domicile d’un autre projet de gestion ». Dans ce cas, on a l’impression que la refondation est un catalogue de bonnes intentions.

L’autre chose, c’est que la fameuse refondation semble s’inscrire dans le cadre d’une décision d’orientation. Ce qui est une erreur grave. En effet, le projet de société tel que présenté depuis la campagne par Boni Yayi et réitéré hier lors de son discours d’investiture ne propose rien de concret que les concepts déjà entendus depuis cinq ans.

Mieux, le chantre de la refondation a paradoxalement dégagé une perspective rédhibitoire, celle de prendre en compte les projets de société des autres challengers à la magistrature suprême. C’est de l’amalgame qu’on ne saurait accepter à une telle étape de gestion. Avec cette perspective qui s’annonce, la refondation de Yayi semble être une « allocation compensatrice » pour programmes de société récupérés sans payer les droits d’auteur.

Au moment du renouvellement de son mandat, de son droit à prestation, le concepteur de la refondation choisit d’opter pour une option de remplacement et de substitution personnalisée. On voit comment alors qu’on attendait l’autonomie d’action, la prestation de compensation se substitue à l’autre. Mais une chose est certaine, dès lors que la demande a été effectuée sans choix des auteurs et des bénéficiaires, c’est une issue sans avenir.

Le quinquennat qu’on a cherché avec torche et qu’on a eu de la manière dont sait, peut-il se schématiser avec les mensonges politiques ? La refondation semble donc ne pas être une compassion et non une passion. En effet, en analysant sous toutes les coutures la refondation telle que présentée, le résultat qui en découle tisse des arguments qui ne permettent pas aux gens du bas peuple d’y croire. En effet, il n’est plus un secret pour personne que l’atmosphère délétère qui prévaut dans le pays après le hold up électoral est également de nature à ne pas favoriser un dialogue susceptible de nourrir notre jeune démocratie de cette refondation. Obstinément, la refondation de Boni Yayi pour le nouveau quinquennat est une équation difficile à résoudre.

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