Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: avril 12, 2011

BENIN : Opposants belliqueux ???

L’ange inoffensif, chantre du dialogue, d’unité nationale, de paix, c’est lui, Yayi. Tellement aimé par ses compatriotes qui l’ont reconduit à la tête du pays dans le « K.O. ». Il devrait être donc logiquement nobélisé pour avoir appelé à la formation d’un « gouvernement de large union » même sans précision de l’objectif, du programme à exécuter et de l’agenda. En face de lui, que des vindicatifs, jusqu’auboutistes invétérés. Ces derniers accusés de critiques acerbes contre le bilan du régime. S’indigner de la déconfiture générale de la gouvernance publique, de la multiplication des scandales politico-politiques, du délitement des valeurs républicaines réincarnées à la conférence nationale, des violations répétées des lois électorales et de la constitution peut s’avérer être de la provocation lorsque cela est dirigé contre le docteur-président. Oser critiquer ses actions et son clan menacerait la République et ses institutions et mériterait le déploiement des chars d’assaut de l’armée dans les rues et le matraquage systématique de toute manifestation.

Yayi aurait-il préféré avoir des opposants comme ceux que Gbagbo a eus, capables de défendre leurs suffrages à l’aide de maquisards, de lance-roquettes, de missiles ? Ou ceux de Godluck Jonathan très prompts à faire parler les explosives et autres violences ethnico-religieuses. Ou encore ceux de Bozizé, de Sassou Nguesso, de Idriss Deby, de Kadhaffi. A côté de ceux-là, Houngbédji, Léhady, Bio Tchané apparaissent tels des enfants de chœur, justes bons à claironner de temps en temps. Les seules armes qu’on leur connait se limitent à quelques déclarations sur des médias marginaux (en tout cas pas à travers les organes de presse publics) et de petites éruptions de rue vite étouffées par d’officiers zélés, parfois militants. Pas sûr que ces opposants (version béninoise) connaissent le coût d’un cocktail Molotov ou d’un fusil de chasse. Les arguments de combat n’avaient jamais dépassé le cadre des mots, des arguments, des idées et certainement de la forte envie de faire cesser la régression démocratique, les contre-performances économiques et sociales récurrentes. Le yayisme se glorifie d’avoir triomphé de ces gens-là grâce à la mobilisation d’armes de guerre. En effet, les intentions de celui qui envoie des chars dans une cité habitée coulent de source. On ne connait pas d’autres vertus à ces hideux engins que de répandre la mort, la désolation, la terreur, la destruction des habitations, des réseaux de canalisations d’eau, des alimentations électriques, des places de marchés, bref, de la vie.

Le camp émergent ne s’est pas contenté de montrer ses muscles par l’exhibition de moyens disproportionnés. Le discours était d’une intolérance sans borne. La croisade régionaliste et ethnique conduite par le ministre Sacca Lafia dans les départements du Nord, peu avant le désastre du 13 mars, n’avait pas d’équivalence dans le camp des opposants. Des appels inédits à un vote de barrage contre une prétendue hégémonie naissante du sud jamais démentis ni de leurs auteurs identifiés ni de leur commanditaire supposé. On ne peut passer sous silence l’effroyable assaut contre le droit électoral béninois, entièrement dénaturé, violé. Au bout du rouleau, 1,3 millions d’électeurs manquaient sur le fichier électoral lui-même introuvable pendant qu’on déclarait le docteur-président vainqueur avec près de 1,5 millions de suffrages exprimés. Ailleurs, ce hold-up se serait soldé par de sanguinolentes explications. Cerise sur le gâteau, c’est la principale victime du putsch électoral qui est parvenu à puiser dans ces dernières ressources humanistes, arpentant les quartiers populeux de son fief Porto-Novo, pour inciter ses partisans au calme et à la retenue. Pendant que de l’autre côté on ne pensait qu’à sabler du champagne, rendre hommage à des courtisanes, à la fête, au gaspillage des maigres ressources d’un Etat anémié.

Les malheurs des acquis démocratiques font le bonheur de l’émergence !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

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SENEGAL : Wade et la tentation du pouvoir à vie

Comme tant d’autres avant lui en Afrique, le président Wade rêve de mourir au pouvoir. Après l’annonce de sa candidature à la présidentielle de 2012 pour un troisième mandat consécutif, il vient de procéder à la nomination d’un nouveau président du Conseil constitutionnel, Cheikh Tidiane Diakhaté. Ce dernier étant présenté comme favorable au chef de l’Etat sénégalais, il n’en fallait pas plus pour éveiller les soupçons des opposants et déclencher une pluie de critiques parmi lesquelles celles des experts du droit constitutionnel.

Pour le Premier ministre sénégalais, Souleymane Ndéné Ndiaye, membre du Parti démocratique du Sénégal (PDS) au pouvoir, “la Constitution permet à Wade de se représenter en 2012″. “Ceux qui disent que le président de la République ne doit pas se présenter ne font pas du droit”, a-t-il lancé. En fait, la Constitution du Sénégal, adoptée en 2001, limite le nombre de mandats présidentiels à deux. Mais le président Wade, 84 ans, a d’abord été élu en 2000 pour sept ans. Entre-temps, le Sénégal a modifié sa Constitution en vue de passer au quinquennat. Cela a alors permis à Me Wade de se faire réélire en 2007 pour un deuxième mandat, de cinq ans cette fois. Si pour le parti au pouvoir la chose paraît bien légale, pour l’opposition et différents experts, un troisième mandat serait synonyme de “violation” de la Constitution. La Loi fondamentale aux termes de laquelle le président Wade a été élu la première fois pour 7 ans, date de 1963. Elle ne limitait pas les mandats.

M. Sy, un rédacteur de la Constitution de 2000, explique que dans « l’esprit de la Constitution de 2001 », il fallait « éviter des présidents qui font vingt ans au pouvoir comme Léopold Sédar Senghor (1960-1980) et Abdou Diouf (1981-2000) » et opter pour un mandat de dix ans au maximum. Me Wade ayant été élu en 2000 (avec la Constitution de 1963), « il fallait donc assurer une période transitoire en acceptant exceptionnellement qu’il fasse éventuellement douze ans », précise le constitutionnaliste sénégalais.

A Dakar, on rappelle que les candidats à la présidentielle de 2012 peuvent déposer un recours devant le Conseil constitutionnel pour invalider la candidature de Me Wade. Mais pour Ibrahima Sène, “Wade a verrouillé” le Conseil constitutionnel en nommant un de ses partisans à sa tête. En ce qui le concerne, Ababacar Guèye, enseignant en droit public à l’université Cheikh Anta Diop, pose un problème d’âge : “Le Conseil constitutionnel doit invalider la candidature du président Wade. On risque d’élire un président de la République qui aura presque 90 ans, avec des risques de crise politique au Sénégal”. Un faux débat , réplique le porte-parole du président Wade, Serigne Mbacké Ndiaye. Pour le Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir) le décompte doit se faire à partir de 2007, date d’entrée en vigueur du quinquennat, non 2000.

De son côté, l’opposition sénégalaise n’entend pas baisser la garde. Elle comprend outre les membres du Parti socialiste naguère conduit par l’ancien président Abdou Diouf, d’anciens partisans ayant soutenu l’actuel chef de l’Etat dans sa conquête du pouvoir d’Etat. Pour couronner le tout, en début août, un mouvement politique dénommé “Terminus 2012″ a été lancé à Dakar pour s’opposer à cet éventuel troisième mandat du président Wade. “Aucun texte ou aucune disposition” ne lui permet “de faire exception” à la règle des deux mandats, dit son initiateur, Amadou Guèye.

Certes, les échanges qui ont cours actuellement au Sénégal témoignent de l’existence d’un réel débat démocratique auquel aspirent tous les peuples de ce continent. Il reste que cela traduit la profondeur de la décrépitude morale qui habite une partie de la classe politique au pouvoir. Ces élites sur qui le continent était en droit de fonder beaucoup d’espoir sont devenues, au fil du temps, des thuriféraires et de véritables assoiffés de pouvoir. Ce sont elles qui rendent aveugles, sourds et féroces les princes, mais sont toujours promptes à changer de vestes ou à crier au loup lorsque le vent du changement balaie les pouvoirs décadents qu’ils cherchent toujours à imposer même contre la simple logique. On l’a vu au Niger et on le voit de plus en plus ouvertement presque partout.

A coups de tripatouillage constitutionnel, de référendum et d’adoption de textes de lois, ils imposent, toute honte bue, leur propre schéma à l’ensemble du parlement par le jeu de la majorité. Ces pratiques, au demeurant anti-démocratiques, sont pour la plupart favorisées par plusieurs facteurs. On note principalement la fragilité des institutions. Il y a surtout le cas des Cours et Conseils constitutionnels où siègent généralement des membres désignés d’office par le pouvoir ou forcément limités dans leurs prérogatives pour ne pas nuire à certains intérêts. Ils devraient pourtant servir de barrières à l’arbitraire et au parjure, en tant que garants suprêmes de la justice que l’on voudrait pleine de sagesse, de noblesse, d’égalité et d’impartialité.

Les élites qui rôdent autour du pouvoir, semblent ne jamais craindre les lendemains qui déchantent. Elles savent bien exploiter les grandes faiblesses du peuple : analphabétisme, manque de formation politique, etc. Accrochées à la nacelle du pouvoir, elles usent de tous les artifices pour convaincre le prince de ses desseins messianiques. Arc-boutés sur leurs propres principes, elles savent si bien justifier la pérennité des pouvoirs en place, qu’on leur offrirait le bon Dieu sans confession. Il y aurait selon elles, nécessité de répondre ad vitam eternam aux attentes désespérées du peuple.

Désormais, pour se maintenir au pouvoir « à vie », la plupart des chefs d’Etat africains n’hésitent plus à exploiter des vides juridiques confectionnés à dessein, et à violer ouvertement leurs propres serments. Même si nul ne doit se prévaloir de sa propre turpitude, on sait désormais comment abuser de la loi pour se maintenir aux affaires. Des thuriféraires sans scrupules seront toujours là, pour claironner que dans son application, la loi ne saurait être rétroactive. Tant pis si le peuple et les démocrates d’ici et d’ailleurs ne sont pas d’accord. Tant pis pour l’opposition, toujours faible, divisée et sans ressources, parfois soumise aux caprices et chantages du prince manipulateur. Tant pis pour les partenaires techniques et financiers (PTF). Mais qu’il a trop attendu, ce diplomate occidental (US) qui a tout de même osé s’en prendre au pouvoir sénégalais à propos de ses dérives !

Mais alors, jusqu’à quand donc continuera-t-on de violer allègrement la Constitution, en la modifiant à son profit, et en permettant au chef de l’Etat au pouvoir de se succéder à lui-même ? Serait-ce ainsi les recettes de la nouvelle démocratie républicaine sur le continent ? Sénégal de Me Wade et de l’après-Senghor, vous ne nous apprenez rien de nouveau. Vous venez tout simplement grossir les rangs de ceux qui tendent à restreindre la république au rang de monarchies absolutistes, et à faire reculer la démocratie au prix de mille sacrifices sur ce continent.

Le pays

Côte d’Ivoire : Un Président International

La Côte d’Ivoire peut se targuer d’être une véritable exception. Pays de brassages ethniques quasi uniques sur le continent, premier producteur mondial de cacao, poumon économique de la sous-région ouest-africaine,… à ce palmarès, il faut ajouter une nouveauté: « un président international ». Oui, un « président international ».

C’est ainsi que l’on pourrait qualifier M. Alassane Ouattara, l’homme qui a décidé de s’imposer aux ivoiriens par tous les moyens. Qu’ils le veuillent ou non, les ivoiriens doivent subir la rage sanguinaire de M. Ouattara qui ne reculera devant rien pour enfin s’asseoir dans ce fauteuil présidentiel qu’il convoite depuis qu’il a mis les pieds dans ce pays au début des années 1990.

depuis près de 20 ans, M. Ouattara a tout fait voir aux ivoiriens: répressions brutales, division sociale, rébellion sanguinaire, meurtres, actes terroristes, asphyxie économique, famines, exode massif de réfugiés, etc. la liste est longue.

Le contentieux électoral qui a découlé du second tour des présidentielles a complètement démasqué l’homme. Adoubé par une communauté internationale visiblement induite en erreur par la France et l’ONUCI, Ouattara se déploie dans ce qu’il sait faire de mieux: faire couler le sang de milliers de civils ivoiriens. Nous l’avions annoncé depuis le mois de Janvier: ses rebelles infiltrés dans Abidjan ont décimé et torturé, et sèment aujourd’hui à visage découvert la terreur dans les quartiers d’Abidjan.

La France, hypocritement silencieuse sur cette guérilla urbaine lâche et barbare se contente de se frotter les mains et de soutenir ces hommes qui se font appeler fallacieusement « commando invisible ».

Jusqu’à ce jour, les ivoiriens ne se sont pas révoltés et ne soutiennent pas Ouattara, malgré la confiscation de leurs avoirs bancaires, malgré l’embargo inhumain sur le cacao, sur les importations y compris celles de médicaments, malgré les sanctions à plusieurs centaines d’entreprises publiques et privées, malgré la famine, malgré les privations, les ivoiriens, de plus en plus nombreux, soutiennent le Président Gbagbo et l’armée nationale. Ouattara reste ridiculement confiné dans son Golf Hôtel.

Lâchement, il lance sa horde de rebelles et de mercenaires dans Abidjan et d’autres villes, prenant la population en otage en complicité avec les forces de l’ONUCI, dont le commandant vient de démissionner, refusant de s’associer plus longtemps avec cette barbarie malhonnête, il simule des tueries inhumaines et attaque sans cesse l’armée républicaine avec l’appui des forces françaises. Les vaillantes populations continuent malgré tout de l’ignorer et se battent au jour le jour pour continuer de vivre en allant au travail et en organisant la résistance populaire patriote.

Ouattara, président international certes, mais terroriste vomi dans ce pays qu’il entend diriger de force. Ses plans sont d’ores et déjà voués à l’échec.

Source: Le Nouveau Courrier – 17.03.2011

Après l’arrestation de Laurent Gbagbo, Blé Goudé demande au peuple de rester mobilisé

Après l’arrestation de Laurent Gbagbo

Blé Goudé: « Je demande au peuple de rester mobilisé… »

Annoncé comme arrêté aux cotés de Laurent Gbagbo et bastonné par les rebelles d’Alassane Ouattara, Charles Blé Goudé, le leader du Congrès Panafricain des Jeunes Patriotes (COJEP) et aussi leader de la Jeunesse ivoirienne, sort de sa réserve. C’était ce lundi 11 avril 2011 à 20H15 GMT, sur le direct de la chaîne française iTélé. C’est un Charles Blé Goudé, détendu et convaincu du combat de souveraineté de la Côte d’Ivoire, que nous avons entendu sur les ondes de la cette télévision internationale. Il met ainsi fin à plusieurs heures de rumeurs sur son arrestation et sa détention au Golf Hotel, le QG d’Alassane Ouattara.

« Le lieu où je me trouve n’a pas d’importance en ce moment», c’est en ces termes que le général des Jeunes Patriotes esquisse la première question du journaliste, avant de renchérir : » si vous voulez m’interroger, je préfère que ce soit sur la situation que vit mon pays en ce moment. »

Il a fini son entretien en lançant un appel aux africains en général et aux ivoiriens en particulier : « Je demande au peuple de rester mobilisé et digne dans la douleur. La France a honte d’assumer son kidnapping ( … ) sachez tout simplement que l’histoire se répète ( … ) Je demande à tous les Africains de se rappeler cette date historique du 11 avril 2011, qui marque une autre humiliation d’un leader africain par l’occident .»

http://www.afrikdignite.com/une.php?id=615

Laurent Gbagbo sur la TCI : « Je souhaite qu’on arrête les armes »

pardirectscoop

Le président ivoirien Laurent Gbagbo, reconnu par la constitution, et capturé par des légionnaires français puis remis aux combattants pro-Ouattara, a souhaité lundi au Golf Hôtel « qu’on arrête les armes, qu’on entre dans la partie civile de la crise et qu’on la conclut rapidement pour que le pays reprenne ».

Le Chef de l’Etat ivoirien, avait été arrêté lundi en début d’après midi par les forces spéciales françaises. Une vingtaine de chars français accompagnant plusieurs légionnaires  français avaient investi lundi dès 8 heures (GMT et heure locale) la résidence du Chef de l’Etat Laurent Gbagbo où ils combattaient directement contre les militaires de l’armée ivoirienne. Il a été par la suite conduit au Golf hôtel, QG d’Alassane Ouattara.

C’est la première fois que les militaires français entrent en action sur le terrain et combattent contre les militaires ivoiriens. « Les rebelles ont échoué. Les soldats français veulent donc prendre le relais. Au-delà d’une ingérence et d’une violation de souveraineté, c’est un coup d’Etat doublé d’une tentative d’assassinat contre le président Gbagbo », s’était offusqué un diplomate encore présent en Côte d’Ivoire.

Un différend post-électoral oppose le Président Laurent Gbagbo, déclaré élu par le Conseil Constitutionnel, plus haute juridiction chargée de donner les résultats définitifs en Côte d’Ivoire, à l’opposant Alassane Ouattara, candidat malheureux à cette même élection et proche de Nicolas Sarkozy. La dernière résolution (1975) de l’ONU sur la Côte d’Ivoire, votée le 30 mars à l’initiative de la France et du Nigeria, invite au règlement du différend électoral par la voie pacifique sous l’égide d’un haut représentant désigné par l’Union Africaine.

Laurent Gbagbo a accepté ce haut représentant déjà désigné ; mais Alassane Ouattara l’a récusé, encouragé en cela par la France. Ouattara tentait depuis,  avec l’appui des militaires  français, de renverser par la force Laurent Gbagbo.