Le Blog de Aymard

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Archives Journalières: avril 13, 2011

COMMUNIQUE DE PRESSE : Exactions et exécutions sommaires commises en Côte d’Ivoire

Le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire tient, par la présente, à informer l’opinion nationale et internationale des exactions et exécutions sommaires commises par les rebelles agissant pour le compte de M. Alassane Dramane Ouattara à Abidjan, sur la base de critères ethniques, religieuses et politiques. Il s’agit d’une épuration ethnico-religieuse.

Ces cas qui se sont multipliés ces derniers jours dans la capitale économique ivoirienne, sont surtout observés dans les communes réputées proches ou acquises au Président de la République SEM. Laurent Gbagbo, notamment Yopougon et Cocody.

Les quartiers de Yopougon Km-17, Yopougon-Sicogi et Riviera 2, entre autres, paient aujourd’hui un lourd tribut, par des pratiques d’un autre âge.

Dans ces différents quartiers, munis de listes de personnes à neutraliser par tous les moyens, ces bandes armées à la solde de M. Alassane Dramane Ouattara, agressent tuent, pillent et violent les populations profondément traumatisées. La machine à tuer est en marche. On dénombre ainsi plusieurs centaines de morts et des milliers de blessés graves, principalement par balles et à coups de machettes.

Ces bandes armées dressent des barrages sur les voies dans les quartiers, et procèdent à des contrôles des résidants. Les hommes sont séparés des femmes. Parmi les hommes, les individus ayant des noms à consonance non-nordiques (c’est-à-dire pas originaires du Nord de la Côte d’Ivoire), les étudiants, les membres des Forces de Défense et de Sécurité de Côte d’Ivoire (FDS-CI), tous supposés pro-Gbagbo, sont systématiquement exécutés ou envoyés par les combattants d’Alassane Ouattara vers une destination inconnue.

Les autres sont enrôlés de force dans les troupes de la rébellion ivoirienne.

Face à de telles dérives, le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire demande à l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) et à la force française Licorne de bien vouloir prendre les dispositions utiles afin de faire cesser ces exactions et d’assurer la protection des populations civiles sur toute l’étendue du territoire ivoirien.

De même, le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire lance un appel pressant au Comité international de la Croix Rouge (CICR) et aux organisations des Droits de l’Homme afin qu’elles agissent, dès maintenant, pour sauver la vie de centaines de milliers de civils innocents.

Pour le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire

Toussaint ALAIN

Conseiller de SEM. le Président Laurent GBAGBO,

Chargé des Relations avec les Pays de l’Union Européenne

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Françafrique : en Côte d’Ivoire et ailleurs

Laurent Gbagbo est tombé, le gouvernement français s’en félicite. Le soutien, mardi à l’Assemblée nationale, fut quasiment unanime à gauche comme à droite. A l’extérieur de l’hémicycle, certains doutaient cependant des explications gouvernementales sur l’implication française. Au sein du camp Sarkozy, on dénonça violemment les critiques. Faudrait-il regretter Laurent Gbagbo ? Là n’est pas la question.

1. Laurent Gbagbo n’était pas le président légitime du pays. La France, comme d’autres, n’a reconnu qu’Alassane Ouattara comme président élu, dès l’élection de décembre dernier. La (longue) mandature Gbagbo s’est accompagnée, jusqu’à ces dernières semaines, d’exactions sur lesquelles il faudra enfin enquêter.

Mais le camp du président légitime, Alassane Ouattara, n’est pas exempt de reproches ou de soupçons. Quelques-uns de ses soldats sont accusés d’être responsables du charnier découvert la semaine dernière à Duekoué. Le premier ministre de Ouattara, Guillaume Soro, était en charge des opérations militaires. Lors de l’arrestation de Laurent Gbagbo, son ministre de l’intérieur a été tué.

La guerre civile n’est d’ailleurs pas forcément terminée en Côte d’Ivoire. Il faut se préparer à une poursuite des combats, ou, à défaut, d’une relative instabilité.

2. Nicolas Sarkozy a eu la trouille. Très tôt, il eut des mots très durs contre Laurent Gbagbo, … tout en prévenant que la France n’interviendrait pas, eu égard à son passé dans la région. Cette promesse ne fut pas tenue. Quand les forces pro-Ouattara déboulèrent du Nord vers Abidjan voici quelques jours, la Sarkofrance se sentit contrainte d’intervenir : la Côte d’Ivoire reste un pré-carré d’influence, une zone économique à protéger pour quelques intérêts français. L’hypocrisie est manifeste, et ne fait pas illusion. Une spécialiste expliquait, mardi pour le Point.fr : « L’idée que la France a la capacité de peser ou de changer un président africain reste ancrée.

On met donc un vernis pour éviter ce reproche.» En fait, l’administration Sarkozy aurait préféré une intervention de l’Union africaine. Cette association panafricaine a une légitimité démocratique toute relative : on y trouve tous les autocrates du coin ! Les câbles diplomatiques américains publiés par Wikileaks en novembre dernier révèlent combien Nicolas Sarkozy ne savait pas comment gérer Laurent Gbagbo. En décembre 2007, le Monarque français tenta de rassurer Gbagbo sur ses bonnes intentions.

3. La France est directement intervenue dans l’arrestation de Laurent Gabgbo. Et alors ? Un conseiller de Gbagbo a dénoncé l’intervention militaire de la France qui serait, selon lui, « une grave atteinte à la souveraineté » de la Côte d’Ivoire et un « coup d’Etat qui n’a d’autre dessein que de s’emparer des ressources de la Côte d’Ivoire. » En Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo a été renversé et attrapé grâce au soutien militaire actif des forces françaises de Licorne. Pourquoi le nier ?

Le gouvernement Sarkozy cache l’ampleur de cette implication française. Il joue sur les mots : les Français ne seraient pas entrés dans le bunker présidentiel lundi dernier. Ils l’encerclaient et des hélicoptères le bombardaient encore le matin même… Nuance.

4. L’indignation française est à géométrie variable. Mardi à l’Assemblée nationale, François Fillon s’est voulu lyrique : « Nous avons envoyé avec l’Onu un message symbolique extrêmement fort à tous les dictateurs. Nous leur avons indiqué que la légalité, la démocratie devaient être respectés et qu’il y avait des risques pour ceux qui ne le faisaient pas.» Notez la confusion : légalité et démocratie. Ailleurs en Afrique, la légalité est respectée, mais rarement la démocratie.

La Françafrique a de beaux jours devant elle. « La France continue à soutenir des dictatures au Gabon, au Togo, où on a vu des successions dysnastiques entachées de fraudes, et vient de valider l’élection au Tchad, où sévit un dictateur responsable de la disparition d’opposants » a rappelé Odile Biyidi-Awala, présidente de l’ONG Survie.

5. La diplomatie française est au final incohérente. En Libye, Sarkozy accepte la négociation d’une solution politique et n’exige plus le départ de Kadhafi. Au Gabon, elle a soutenu l’héritier Ali Bongo, « candidat » de la France malgré une élection contestée, et le reçut bien officiellement en novembre puis en février dernier.

Elle ne dit rien contre les autocrates voisins du Cameroun, du Bénin, du Tchad ou du Togo. Depuis 2008, elle soigne et signe de nouveaux accords de défense. Et en France, le gouvernement Sarkozy a tout fait, depuis 2007, pour bloquer les enquêtes et plaintes contre les détournements de fonds et autres « bien mal acquis » par des autocrates africains amis : en octobre 2009, le parquet de Paris avait ainsi déclaré irrecevable une plainte contre le congolais Denis Sassou Nguesso du Congo, le guinéen Teodoro Obiang Nguema et le gabonais Omar Bongo, dont le patrimoine immobilier en France était estimé à 160 millions d’euros.

6. Preuve que la Françafrique est bien là, la France a immédiatement débloqué une aide de 400 millions d’euros. « Cette aide doit également servir, dans un second temps, à relancer l’activité économique et à permettre l’apurement des arriérés vis-à-vis des institutions internationales », a expliqué la ministre de l’économie.

Le ministre ivoirien des finances a promis que cette aide serait « bien orientée » : « La ville d’Abidjan est dans une situation cauchemardesque, il faut faire en sorte également de rassurer les opérateurs économiques, remettre en place tous les circuits de distribution, en clair commencer à appuyer sur les différents leviers pour que nous puissions connaître une renaissance de notre activité économique. » On ne sait pas quelles garanties le gouvernement français a obtenu pour s’assurer que ces fonds exceptionnels seraient utilisés à bon escient. Pour mémoire, l’aide publique au développement de la France ne s’est élevée qu’à 7,7 milliards d’euros en 2010.

Source : Marianne2.fr

La danse des vautours autour de l’arrestation de Laurent Gbagbo

Laurent Gbagbo a été arrêté dans sa résidence de Cocody en compagnie de sa femme, Simone, de son fils, Michel (de mère française), de ses amis et partisans. Cette arrestation sonne le glas d’un conflit post-électoral qui a débuté au lendemain du second tour de la présidentielle qui s’est tenue le 28 décembre 2010.

Sur les images diffusées en boucle sur les chaînes occidentales, on voit un Gbagbo fatigué, habillé en maillot de corps, avec sa femme à qui on a arraché son foulard et sa coiffure. On y voit également Michel, le fils de Gbagbo, battu jusqu’au sang par les rebelles de Ouattara. Ces derniers, sur un autre plan de ces images, rouent de coups et traînent au sol les partisans de Gbagbo qui s’étaient réfugiés dans la résidence pour fuir les tirs des soldats de Ouattara qui contrôlent désormais Abidjan. Ils prennent des femmes par la main pour les entraîner de force on ne sait où. Cet horrible tableau renseigne à souhait sur le barbarisme des rebelles de Ouattara. Il montre les méthodes et le comportement de ses hommes qui ont procédé de la même manière tout le long de leur odyssée macabre vers le Sud de la Côte d’Ivoire. Alors, on devine aisément les conditions dans lesquelles se sont tenues les élections dans le nord du pays sous le contrôle des rebelles qui n’ont jamais été désarmés, en violation parfaite des Accord de Ouaga 4. Le nier aujourd’hui relève simplement de la mauvaise foi. Et pourtant, certains continuent de s’adonner à cet exercice, toute honte bue. Ils se délectent sans modération de ces images honteuses et exécutent avec joie la danse du scalp. L’insulte et le mensonge à la bouche.

De fausses informations relayées par les médias occidentaux, dont on connaît la position dans la crise ivoirienne, ont été reprises dans la presse sénégalaise sans vérification. Selon eux, Laurent Gbagbo aurait lâché cette phrase au moment de son arrestation : «Ne me tuez pas». Ce qui est totalement faux. D’ailleurs, aucun son ni image ne viennent l’étayer. Et puis, il  aurait été plus simple pour Gbagbo, s’il ne tenait qu’à sauver sa vie, de se rendre avant qu’on ne lui mette la main dessus ainsi que Ouatrra, les Nations unies et la France le lui avaient proposé. A la vérité, la seule et unique déclaration faite par Gbagbo – et c’est la télévision de Ouattara, TCI, qui l’a relayée (donc son et images à l’appui) – au moment de son arrestation est la suivante : «Je souhaite que l’on arrête les armes et que l’on rentre dans la partie civile de la crise, qu’on la conclue rapidement pour que le pays reprenne». Même s’il n’a pas pu empêcher aux rebelles de Ouattara de l’exhiber et de s’exhiber à ses côtés, Gbagbo a complètement refusé d’ajouter autre chose. «Allez-y, vous pouvez filmer et photographier, mais je ne ferais plus aucune déclaration».

Le sale boulot aux nègres

Les militaires français et les casques bleus de l’Onu ont fait le gros du boulot. Ils ont procédé à des frappes aériennes sur la résidence de Gbagbo et mené des actions terrestres afin de permettre aux rebelles de s’y introduire. Mais ils ont pris le soin de ne pas apparaître sur les images de télévision au moment où les soldats de Ouattara délogeaient Gbagbo. Ouattara leur doit et leur devra toujours une fière chandelle ainsi que leurs supérieurs. L’histoire de l’Afrique vient de rebrousser chemin. C’est la marche à reculons vers la colonisation. Ouattara n’aura pas, non plus, les mains libres par rapport à Soro qui a été son bras armé. Il faut redouter un bicéphalisme à la tête de l’Etat ivoirien. Et la moindre divergence entre les deux hommes pourrait replonger le pays dans le chaos. Qui règne par les armes…

La vérité sur les élections

Les deux candidats en lice, Laurent Gbagbo et Alassane Dramane Ouattara s’étaient tous les deux proclamés vainqueurs. Le premier fut reconnu par le Conseil constitutionnel ivoirien, le second par la Commission électorale indépendante (CEI). Mais curieusement, la communauté internationale a tout de suite jeté son dévolu sur Ouattara qu’elle considère comme le Président légitime de la Côte d’Ivoire. Nonobstant les 500 000 voix frauduleuses, relevées par le CEI, au nord du pays tenu par les rebelles fidèles à Guillaume Soro et à la solde de Ouattara. Ce sont ces mêmes 500 000 voix que le Conseil constitutionnel a rejetées avant de proclamer Gbagbo vainqueur.

Dès lors, une reprise des élections, comme souhaitée par plusieurs personnalités à travers le monde, était la voie du salut. Parce que la Constitution ivoirienne n’autorise pas une reprise des élections seulement dans une partie du pays. Après, bien entendu, que les conditions de tenue d’une élection régulière et sécurisée soient réunies. Ce qui n’a pas été le cas lors de la présidentielle. D’ailleurs Y. J. Choi, le chef de la mission de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) le reconnaît dans le rapport de Tabo Mbéki, médiateur dans la crise post-électorale ivoirienne. «M Choi a indiqué que l’un des facteurs qui a compliqué l’organisation du scrutin est le fait que, contrairement aux dispositions légales contenues dans le 4ème Accord Complémentaire de 2008, l’Accord Politique de Ouagadougou, les élections se sont tenues sans que le désarmement et l’intégration des Forces Nouvelles (rebelles sous la direction de Soro, ndlr) ne soient effectifs», a écrit l’ancien Président Sud africain.

A la lumière de cette déclaration, il n’est plus permis de douter que les conditions d’une fraude massive étaient réunies dans le nord de la Côte d’Ivoire. En outre, ce qui pouvait justifier la reprise des élections, c’est que Ouattara ne peut pas se prévaloir de résultats provisoires, donc susceptibles d’être amendés par une juridiction compétente (en l’espèce le Conseil constitutionnel) pour accéder à la présidence de la République. C’est anachronique et sans précédent. En fait, Ouattara est le premier Président de la République ainsi proclamé sur la base de résultats provisoires. C’est inédit dans toute l’histoire de la démocratie. Mais comme il tient désormais le pouvoir, on pourra toujours nommer un nouveau Président du Conseil constitutionnel qui va valider ces résultats et peut-être même lui organiser une cérémonie de prestation de serment. Dans le premier cas, on lui accorderait ce que l’on a refusé à Gbagbo, c’est-à-dire de faire proclamer les résultats en sa faveur par une juridiction acquise à sa cause. Et dans le second item, ce serait une manière éloquente pour Ouattara de renier sa première prestation de serment faite par correspondance épistolaire, donc non conforme à la procédure légale.

Par ailleurs, certains observateurs ont agité la certification comme gage de la bonne tenue des élections en Côte d’Ivoire. Ainsi, disent-ils, l’Onuci a certifié tout le processus électoral, notamment le premier et le second tour de la présidentielle. En précisant que Gbagbo n’avait pas émis d’objections durant toutes ces étapes. Il faut simplement ajouter à leur analyse, pour le compléter, qu’en même temps, le Conseil constitutionnel dont le délibéré du second tour a été rejeté, avait aussi validé les candidatures et les résultats au premier et au second tour, sans que Ouattara ne trouve à redire. Pourquoi alors Ouattara a remis en cause la crédibilité de cette juridiction au second tour ? La réponse coule de source : simplement parce qu’ils ne lui sont pas favorables.

L’arrestation de Gbagbo met certes un terme au conflit post-électoral, mais il n’est pas sûr qu’elle clôture les dix ans de crise qui ont fini de déchirer le pays et de mettre à rude épreuve la cohésion sociale.

Amadou DIOUF

senpremiereligne.com

À toi Ouattara, criminel assoiffé de pouvoir en Côte d’Ivoire

Je t’imagine comme quelqu’un au ciel plus que les anges des cieux pour l’acte grandiose que tu viens de réaliser en brûlant la Côte d’Ivoire avec tes parents les français. Tu es sacré l’homme devant lequel toute l’humanité va désormais venir se mettre à genoux. On dira oh toi saint ouattara! Toi qui détruisis la Côte d’ivoire!

Blanc comme Noir t’adoreront comme un dieu malinké sorti des poubelles de l’histoire douteuse, de la naissance jusqu’au sacre criminel. Tu ne mourras jamais, car toi et Dieu, vous êtes maintenant de même niveau depuis que toi et les barbares français veniez d’humilier Laurent Gbagbo le lutteur, l’anticolonialiste, le digne fils d’Afrique.

Lorsqu’on regarde la vidéo dans laquelle les bourreaux planent devant leurs victimes que sont Laurent Gbagbo et Simone Gbagbo, toi ouattara! As-tu vu leurs yeux? Leurs visages? C’est une scène qui ressemble à celle d’avant la mort de Jésus. Une telle image te rend si fier? Ok. Mais, une telle image est déjà arrivée à la place où se trouve Dieu. C’est le choc, ça provoque de l’indignation. Ton pouvoir est dans un cul-de-sac.

Oui! Une telle humiliation n’est pas seulement à Laurent Gbagbo que les français, tes parents et toi-même aviez fait. C’est toute l’Afrique qui est humiliée. C’est le monde entier qui est humilié. Et toi qui es devenu le roi des rois : sais-tu quelle lamentation auront tous les enfants qui sont nés aujourd’hui lundi 11 avril 2011? Tu ne le sais pas, tu ne le sauras pas. Sur cette vidéo où toi et tes parents français humilient Laurent Gbagbo et son épouse, il y’a le visage d’un assassin : Wattao. Eh bien, c’est ton homonyme. Un semi-analphabète.

Il en est fier devant cet acte barbare au 21e siècle, la barbarie des français, la barbarie de ouattara. Cette vidéo sera bien conservée à cause de la manière criminelle dont on l’a présentée. Pourtant Laurent Gbagbo parle et tout le monde a bien regardé. Mais, il n’y a aucun son. Que voulez-vous manigancer?

La même manipulation et la peur continuent chez les bourreaux, même lorsque la victime n’a plus de force! On parle même des avocats de ouattara à Paris avant l’exploit final d’aujourd’hui. Pitié! Avocat, avocat! Pour faire quoi? Eh bien, on aura aussi des avocats de Laurent Gbagbo. La Cour pénale Internationale? C’est du déjà fait et cette cour n’est plus crédible si toi ouattara l’assassin n’est pas arrêté et jugé.

Ton pouvoir est teinté de sang des Ivoiriens, tes mains sont biens tintés de sang des Ivoiriens. Connais-tu la valeur du sang? Connais-tu la puissance du sang? Tu es Ouattara. Tu seras toujours ouattara. Tu n’es pas Noir, tu ne seras jamais Noir, d’ailleurs ni blanc. Tu restes le barbare-président venu dans les sacs de Sarkozy l’autre barbare. Il faut que Sarkozy demeure au pouvoir jusqu’en 2090 pour que le tien arrive à cette date-là.

Tes parents les français viennent de tuer plusieurs ivoiriens en bombardant les habitations civiles.
Toi-même tu as tué, égorgé et tue encore. Ivoirien d’adoption que tu es, tu mérites d’être ovationné pas par les Ivoiriens, mais par tes parents les français.

Tu es devenu le gardien de la Côte d’Ivoire pour les intérêts de la France.

Les vrais dignes fils d’Afrique n’ont pas encore parlé. Tu as beau tuer, tu ne seras pas arrêté, puisque si tu as tué, ces morts iront au diable, comme le stipule la loi de tes maîtres les français. Tuez, tuez et encore tuez les Noirs, ils n’ont pas de dignité. Tu prends le pouvoir avec des mains tintées de sang. Je te prie de ne pas essayer de te laver les mains avec de l’eau, car le sang des milliers d’Ivoiriens que tu as tués ne s’effacera pas avec de l’eau et, ne s’effacera jamais avec n’importe quel produit surtout fabriqué en France, le pays de tes maîtres assassins.

Ensuite, je te dis que tu ne seras jamais un blanc. Tu ne resteras même pas un noir. Tu ne seras que ouattara.

L’humiliation que Laurent Gbagbo vient de subir, tu la subiras aussi. Tes maîtres le savent et ce sont eux qui t’humilieront à ton tour. Personne n’a une boule de cristal pour scruter l’avenir.

L’histoire te jugera.

Gervais Mboumba, militant des droits de l’homme

Les chefs d’Etats africains suscitent le mépris et la honte, Côte d’Ivoire 2011 – Congo Kinshasa 1961, l’histoire se répète !

Ce lundi 11 avril 2011, l’inacceptable vient encore de se produire en Afrique noire. Comme ce fut le cas en 1961 avec l’arrestation, par le colon belge, de Patrice Lumumba qui sera livré pour assassinat à son rival politique Tshombé. Le colon blanc français vient de frapper et détruire le plus grand symbole représentatif de la souveraineté d’un pays indépendant : l’Institution Présidentielle de la Côte d’Ivoire ! L’armée française a détruit la Présidence ivoirienne et arrêté son Chef d’Etat (Laurent Gbagbo), avec sa famille, et l’a livré à son adversaire politique (Ouattara) et ses rebelles sauvages.

La France par ce geste signifie clairement, au monde entier, que l’indépendance de la Côte d’Ivoire et sa souveraineté sont une grosse blague racontée depuis les années 60. Il y’a une lugubre similitude historique entre ce qui s’est passé au Congo Kinshasa avec Lumumba en 1961 ET ce qu’il se passe actuellement en 2011 avec la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo. L’histoire macabre est en train de se répéter ! Mêmes les peuples des communautés internationales restent curieusement muets malgré le cynisme de ce crime que le continent noir revit.

Malheureusement, l’Union Africaine qui est sensée traiter les problèmes du continent se relègue aussi au rang de simple messager des volontés de Sarkozy quant à sa vision de la politique du continent noir. Nos chefs d’Etat sont d’autant plus ridicules, et irresponsables, qu’ils ont laissé la situation ivoirienne déraper jusqu’à l’indécente arrestation de Gbagbo et sa femme par la France. Ils sont livrés aux rebelles de Ouattara qui leur infligent déjà de copieuses humiliations. La France a opéré sereinement comme si le Président ivoirien n’était qu’un simple délinquant terré dans un abri quelconque, qu’on devait à tout prix détruire sans retenue, et dans l’irrespect total du droit international protégeant la souveraineté des Etats.

Pendant que Gbagbo est la cible des missiles français, notre chère Union Africaine se rend chez Kadhafi qui n’est pourtant pas en danger de mort comme le Président ivoirien. Les chefs d’Etats africains, par cette attitude, ont-ils sacrifié leur homologue ivoirien par lâcheté ou par opportunisme ? Même le Président sud-africain Jacob Zuma qui a vécu dans ces turpitudes racistes et coloniales dans son pays pendant des décennies, s’est tiré discrètement et honteusement, abandonnant son frère GBAGBO au rouleau compresseur franco-onusien. Ce que n’aurait pas fait son prédécesseur Tabo MBEKI qui a tenu tête à Chirac, en 2004, alors que la France continuait à déstabiliser la Côte d’Ivoire avec la rébellion de Ouattara.

Les chefs d’Etat africains ont laissé la France lyncher GBAGBO comme un animal qu’il n’est pas. Ils signifient à leur Peuple que le sort macabre du Président ivoirien a été scellé par le dieu colonial auquel le nègre ne doit pas résister. Les noirs ne seront JAMAIS respectés tant qu’ils continueront à se comporter en félons, en grands enfants à qui l’on fait miroiter n’importe quoi quand ils ne plient pas sous de simples menaces. En jouant aux factotums de Sarkozy en Libye alors qu’ils devaient vider le contentieux ivoirien qui s’enlisait de plus en plus, quelle image nos chefs d’Etat renvoient ils de l’Africain, et à l’Africain, quant au sérieux avec lequel ils seraient capables de traiter les problèmes cruciaux de leur continent ?

Au regard de ce qu’il se passe en Côte d’Ivoire, l’Afrique n’est pas prête de sortir du joug colonial avec ses larbins chefs d’Etats sans aucune dignité. Ils sont incapables de structurer un front uni contre toute manœuvre occidentale, de division, visant à annihiler la moindre velléité d’asseoir une réelle solidarité et une véritable souveraineté de nos Etats. Sans émettre la moindre protestation, en laissant la France livrer leur homologue et frère GBAGBO et sa femme, aux délinquants de Ouattara pour les humilier et les assassiner, les présidents africains viennent de montrer leur incapacité légendaire à mener leur Peuple vers les voies de la dignité et du respect de l’Homme noir.

HONTE A ‘EUX’ DANS LEURS COSTUMES DE MACAQUES

Bhenen

Ave Gbagbo ! Ceux qui t’ont vu mourir te saluent…

D’aucuns ne comprennent pas qu’en plein XXIème siècle, il se trouve encore des Africains pour douter de la profondeur de l’amitié franco-africaine. L’amour que la France nourrit pour l’Afrique est pour le meilleur et pour le pire. Seules les ’’mauvaises langues’’ persistent à s’imaginer que dans cet attelage, la France s’arroge le meilleur en confinant l’Afrique au pire. Mais peut-être vaut-il mieux pécher par lucidité que par imbécillité. La Cote d’Ivoire donne en effet  la pleine mesure de l’immense amour que la France des libertés, de la fraternité et de l’égalité nourrit pour l’Afrique : un amour un peu écarlate, il est vrai. Mais le rouge vif des roses ne symbolise-t-il pas l’éclat de l’amour qu’on témoigne à l’objet aimé?

L’amour de la France pour l’Afrique est donc si rouge et si vif qu’il se confirme comme un amour négrophage, si carnassier qu’il fait de la France une grande puissance hémophage.

Au nom de la démocratie françafricaine, nul n’aurait spontanément imaginé que la France eût simplement pu songer à assassiner près de 3000 jeunes Ivoiriens à Abidjan ! Mais ces chiffres circulent sur internet et sont disponibles dans certaines grandes Chancelleries. Cette nation de la fraternité ne saurait assassiner autant de frères humains : la France a donc seulement supprimé la vie à ces jeunes Africains proclamés criminels pour avoir osé soutenir le Président National qu’ils estiment avoir élu, contre un Président élu par la Communauté internationale.  Ils sont passés de vie à trépas parce que le Napoléon nouveau est arrivé en France, et que tout crime africain de lèse Tricorne mérite d’être puni de mort par la Licorne.
Ici, les images d’un autre pays africain en lutte en 1945 remontent : la Légion étrangère de France, de fort sanguinaire réputation, n’hésita pas à liquider 17.000  Algériens à Sétif et Constantine. Cette extermination massive fut activement maquillée et couverte pour la visite de Tixier, alors ministre français des Affaires Etrangères. En effet, préoccupé par les reportages de plus en plus précis des médias, et  soupçonnant de mensonge les rapports orientés des autorités françaises en poste en Algérie, le ministre Tixier dut faire une descente en Algérie pour  se faire une opinion personnelle et directe. Les commanditaires français locaux de ce massacre durent subrepticement  exhumer des milliers de corps des charniers pour les déplacer et les incinérer dans les fours à chaux d’un colon français de la place.  Ces Français avaient appris une grande pratique des Nazis ; ils l’appliquaient aux Africains d’Algérie. Et pour ne pas perturber la bonne conscience de «la communauté internationale» d’alors, les rapports très officiels qui furent publiés conclurent qu’il y avait  environ 103  colons français morts et 15.000 morts côté algérien. Ce rapport précisait que ces morts n’étaient pas dues  à l’armée française d’occupation, que la France n’avait jamais eu à tirer sur qui que ce soit, mais que ces morts étaient la regrettable conséquence des émeutes que l’Algérie avait connues pour cause de famine! Par amitié, la France se proposa d’aider  l’Algérie à éloigner le spectre d’une famine  aussi meurtrière ! Il ne fallait surtout pas laisser éclater le scandale de cette boucherie : la France voulait présenter au monde une image angélique et vertueuse au moment où se mettait en place un organe aujourd’hui connu sous le nom de l’ONU.

Le hasard de l’histoire veut que 70 ans après, une autre Légion étrangère de France sévisse en Côte d’Ivoire ; et qu’Alain Juppé, un autre ministre français des Affaires étrangères,  se mobilise et tente de divertir l’opinion internationale en la détournant du spectacle des milliers de cadavres d’Ivoiriens qui jonchent les rues d’Abidjan. Mais il se trouve cette fois que les cameras sont présentes : des journalistes et des cinéastes ont pris des images, et  certaines puissances à veto au Conseil dit «de sécurité» en détiennent d’horribles et de bien  embarrassantes pour l’angélisme affiché d’une France qui, pour ne pas plonger seule, n’a pas hésité à compromettre l’ONU.

C’est qu’il y a longtemps qu’en Côte d’Ivoire, la question n’est plus électorale. Il y a longtemps qu’elle n’est plus ni morale, ni éthique : la question est d’une obscène concupiscence, matérielle et mercantile. La France a voulu et a cru pouvoir se cacher derrière l’ONU.  Elle avait des raisons de le penser, l’ONU étant cet organisme d’après guerre qui fut conçu par des Occidentaux, pour un Occident anxieux et impatient de se doter d’un instrument de protection de ses intérêts géostratégiques et hégémoniques de domination d’un monde qu’il s’était partagé. Aujourd’hui, hélas, l’ONU est bien nue ! Quant à la France qui espérait s’en couvrir, le giclement du sang des Ivoiriens est un torrent écarlate qui confirme l’idéologie  sanglante que chante la Marseillaise. Mais de mémoire d’Ivoirien, l’on ne vit jamais un éléphant se cacher efficacement derrière une feuille de cacaoyer. La mise à nu de l’ONU a fini par mettre la France à découvert. Convoité pour ses richesses, un Peuple d’éléphants se retrouve pour ainsi dire sans défense, face à la furie paradoxalement et fort scandaleusement meurtrière de l’ONU. On aura donc vu cela : des ’’soldats de la paix’’ bombardant les institutions d’une nation membre de l’ONU, «au nom de la paix», «pour protéger des civils», en collusion avec un membre à veto du Conseil de … sécurité !

Il va sans doute falloir repenser tout cela, et sans doute tout rebaptiser; non seulement parce que nous autres Africains savons aujourd’hui qu’il n’y a pas de «soldats de la paix», mais parce que le Conseil présumé de sécurité ne sécurise  visiblement que les intérêts des nations à veto, au détriment des peuples qui, de ce fait même, n’ont pas voix au chapitre à l’ONU.

De Gaulle se passait volontiers de cette Organisation quand les appétits de la France étaient contrariés par des principes onusiens. Et c’est ce «machin», comme il l’appelait, que les Etats Unis ont superbement ignoré quand il a fallu qu’un fils président des Etats Unis lave l’humiliation que Saddam Hussein avait infligée à son président de père. La belle «Busherie» qui a suivi à coup de mensonges médiatiques aura-t-elle inspiré la France – qui n’a pas supporté le camouflet que Laurent Gbagbo lui a donné, entre autres en refusant d’aller célébrer le cinquantenaire d’une indépendance qu’il persistait, lui, à revendiquer pour la Cote d’Ivoire ? En finir avec Saddam Hussein pour les uns au nom du père et au mépris de l’ONU. En finir avec Gbagbo pour les autres, au nom du pèze et en compromettant l’ONU. C’est sur fond de cette émotivité revancharde et ravageuse que l’Occident s’est autoritairement et arbitrairement engagé à décimer des populations non occidentales, au prétexte de démocratiser leurs pays.

Qu’il se trouve des Africains pour chercher à plaire à des Occidentaux est leur droit. Cela fait gagner quelques tapes condescendantes sur l’épaule et un peu d’avoine aux ânes. Et nous sommes nombreux sous les tropiques à avoir été dressés à de telles âneries. Mais tous ces massacres sur fond d’affective cupidité montrent que contrairement à ce que prétendit un Nègre évolué, l’émotivité n’est pas un monopole nègre. Bien plus, l’Occident hellène sait ce qu’est  perdre la raison quand il s’aveugle de convoitise, s’éblouit à l’éclat des  matières premières des autres peuples et s’enlise dans ses calculs de survie. C’est donc un peu trop rapidement que Senghor lui en aura abandonné l’exclusivité. Car les prouesses technologiques occidentales ne suffisent pas à convaincre de la grandeur humaine ; elles y parviennent d’autant moins que celles qui se déploient en Afrique crachent essentiellement la mort, multipliant le deuil, la désolation et les cimetières, tels du moins que les peuples de Côte d’Ivoire et de Libye sont en train de les expérimenter.

Emotive ? Pressée et stressée par la morsure de sa propre survie économique ? La France, pays européen de plus en plus pauvre, ne veut pas suivre l’Irlande et la Grèce dans les fourches caudines du FMI ou dans la galère humiliante de l’assistanat européen. La France qui vit essentiellement de son capital historique n’aura certainement pas oublié que l’Espagne aujourd’hui à genoux fut la première puissance maritime d’Europe au sillage de laquelle la France dut s’inscrire pour prospérer outre-mer. Et la France  renoncerait à tous ses fromages pour ne pas devoir solliciter l’assistance conditionnée d’une Union européenne dont elle s’estime  l’une des pièces maîtresses. Or cette France-là est parfaitement consciente qu’elle ne peut tenir ni la route, ni  la moindre de ses ambitions de visibilité sans l’Afrique. La voici donc en train de craquer devant les sursauts somme toute récurrents de liberté, d’autonomie et même d’indépendance que lui opposent, chose intolérable, certains pays de son empire colonial. Le masque n’aura donc pas pu tenir. Il est tombé, et dans les flaques de sang du peuple ivoirien. Il ne fait pas bon le comprendre. Il ne fait pas bon le dire.

C’est pourquoi de plus en plus de Français apparemment sains de corps (pour l’esprit nous verrons) déclarent à temps et à contre temps que les Africains qui s’offusquent ou se révoltent sont victimes du «Complexe de colonisé»! Ils connaissent donc la psychologie. Ils ont même, pour certains, feuilleté Freud. Ils se doutent que s’il y a complexe, c’est à la suite d’un événement traumatisant, comme par exemple la colonisation. Les Français ont donc en France des psychothérapeutes dont il faudra sans doute augmenter les effectifs au regard de l’éclosion imminente des psychopathologies latentes. Mais il ne convient pas à nos amis de France qu’un lien soit établi entre ce qu’ils considèrent comme «complexe de colonisé»  et l’événement traumatisant qu’est la colonisation à la française. Chacun peut donc s’étonner qu’en France, depuis bientôt 70 ans, l’on passe et repasse des images, des discours et autres témoignages pathétiques sur la Shoah, sans qu’aucun des Français donneurs de toutes ces leçons de savoir-penser n’ait encore reproché aux victimes du nazisme de cultiver quelque  «Complexe de nazifié»! Est-ce à prétendre que les camps nazis de gazéification n’étaient pas un événement traumatisant ? Ou alors, comme l’affirmait le Haut Commissaire colonial Messmer, promu Premier ministre de France en récompense des sévices rendus, est-ce parce que «la capacité de souffrance» des Nègres est telle qu’ils ne pourraient avoir été traumatisés malgré toutes les horreurs que la colonisation française leur a infligées ?

’’Ce n’est pas la même chose’’ dirait l’impénitent Elkabach ! Car pour certains journalistes de France, tenir un micro et  passer à l’antenne permet de banaliser impunément les assassinats qu’on veut, et de valoriser complaisamment les turpitudes qu’on peut, selon les besoins variables de la cause.

La manipulation et l’instrumentalisation de la presse de France  pendant le génocide algérien se sont donc tranquillement reproduites pendant les expéditions mortifères de la Légion étrangère de France en Cote d’Ivoire. Ce sont des Français mêmes qui massacrent, qui liquident et qui cassent du nègre, sans doute pour satisfaire ce goût de sang et cette propension à l’hémophagie qu’exalte la Marseillaise ? Rouget son auteur, n’aura jamais aussi bien porté son nom…

La presse française s’est donc montrée à la hauteur du carnage ivoirien : le monde entier  a observé qu’elle sait se délecter de charogne, et qu’elle se pourlèche les babines au spectacle de putréfaction dont la Licorne a pollué les terres, les villes et les rues de Cote d’ivoire. En son temps, pour d’autres raisons, François Mitterrand dénonça la dérive canine et carnassière de la presse française. Bérégovoy venait d’être poussé au suicide. La mort ; encore la mort ; toujours la mort. Mitterrand, coup de tonnerre,  parla de «chiens».  Seulement, il n’avait pas pris toute la mesure de l’anthropophagie des médias de sa France : un chien chasse,  traque son gibier et le tue ; en revanche  et bien moins efficace, l’hyène  ne fait que dégoter les carcasses de proies tuées et abandonnées par d’autres prédateurs. Et ce sont bien les charognes humaines abandonnées par la Licorne qui font les beaux jours et les carrières de certains journalistes de France.  C’est pour cela qu’avant de se rendre compte qu’ils sont devant des caméras, la plupart laissent libre cours à leur instinct de négrophages, et ne se ressaisissent que pour tenter, encore que maladroitement, de juguler l’incontinent épanchement de leurs fantasmes de négrophobes.

En effet, le seul décompte qu’ils savent faire des victimes porte curieusement sur les morts qu’ils attribuent au camp qui n’est pas celui de la Licorne.  Soucieux de promouvoir cette nouvelle démocratie qu’il faudra bien nommer démocratie par balles,- Achille Mbembe  proposait déjà la «démocratie du bazooka» – ils tentent de convaincre leurs auditeurs et téléspectateurs  que les balles tirées par les Rebelles propulsés Républicains, et les obus de la Légion étrangère de France,  sont à têtes chercheuses : ces munitions feraient le tri entre les civils et les militaires. Bien mieux encore, les balles françaises sauraient distinguer, parmi les civils, le pro Gbagbo du pro Ouattara.  Elles se réserveraient donc de frapper les uns, pour ressortir des cases, revenir dans la rue, et continuer à rechercher les vraies cibles… Voilà pourquoi en Cote d’Ivoire, selon la presse de France, il n’y a de morts que victimes du seul et unique camp de Gbagbo… L’ONU même –  sursaut de lucidité ou velléité de remords pour se racheter – a beau répéter que les hommes de Ouattara multiplient des hécatombes sur leur passage, rien n’y fait : d’où ce commentaire d’une chaîne française : « Le Président  reconnu par la communauté internationale s’engage à faire toute la lumière sur les massacres qui sont perpétrés par les hommes de Laurent Gbagbo, et à punir les coupables »…Quand on vous dit qu’ils sont incomparables, nos journalistes de France : dans leurs reportages forcément objectifs, la Légion étrangère de France disposerait tout aussi intelligemment de balles et de mortiers intelligents à frappe sélective…

Et Laurent Koudou Gbagbo dans cette spirale ?

Assurément, Gbagbo n’aura pas de communion sans confession. Mais il aura joué un rôle déterminant dans la compréhension de la manière dont fonctionne la ’’Communauté internationale’’ via  l’ONU et l’Union européenne. Gbagbo a servi de révélateur au sens chimique de ce terme. Sans doute se sait-il condamné. Mais le destin des révélateurs est de disparaître une fois le résultat de la réaction chimique connu.  Et ce résultat, c’est d’avoir amené l’amitié franco africaine à révéler son vrai visage de négrophagie françafricaine. Aucun Africain, gouvernant ou gouverné, ne saurait plus prétendre qu’il n’a pas vu, ou qu’il n’a pas entendu. Ce ne sont pas les  pâles dissertations des médias de France qui nous démentiront. Quand il s’agit de casser du nègre, tous les adjectifs qualificatifs sont bons pour disqualifier l’Afrique. Et tout un système politique, économique et social qui vit de la colonisation espère, à coup de blanchiment médiatique, faire oublier les nombreuses «guerres cachées» dont l’Afrique fut victime et dont de bien nombreuses générations d’Africains gardent de profondes séquelles.

Si donc l’amnésie est une vertu, qu’on veuille bien nous expliquer en quoi sont pertinents les multiples organismes, exhortations et institutions de mobilisation en faveur du devoir de mémoire sur ces innocents européens qui, il y a déjà 70 ans, furent massivement arrachés à l’affection des leurs. Qu’on veuille bien expliquer en quoi il est juste et bon que ceux qui se sont rendus coupables ou simplement complices de ces exactions soient encore culpabilisés, toujours traqués et si impitoyablement condamnés que toute velléité de négationnisme expose à des procès.  Ceux  qui vivent ainsi de leur histoire et qui la font vivre s’en estiment le droit et même le devoir. Nul ne le leur contestera. Mais qu’ils vivent  aussi grassement de leur fonds de commerce historique en tentant de donner mauvaise conscience à ceux qui  cherchent à faire valoir leur histoire à eux, relève d’une attitude que chacun pourra qualifier, mais qui n’est pas loin de l’abjection morale, pour avoir franchi toutes les étapes de la mauvaise foi et de l’hypocrisie. Mais nous comprenons bien que le complexe de colonisé soit consubstantiellement lié au complexe du colonisateur. Quelqu’un, quelque part, ne supporterait plus son visage de génocidaire colonial. La première thérapie pour le complexe de colonisateur consisterait sans doute à affronter le regard de ses victimes et la vérité de ses exactions, dans l’espoir de les exorciser. Mais certains, à l’évidence, n’ont pas le courage de leur histoire. Ils n’ont déjà pas montré qu’ils avaient le courage d’assumer leurs exactions. L’héroïsme colonial est un héroïsme  de lâcheté. C’est cet héroïsme-là  qu’on voit encore en 2011 se déployer dans les rues d’Abidjan.

La Côte d’Ivoire vient ainsi d’offrir un miroir non déformant à la «communauté internationale» et à l’ONU. Les  puissants propriétaires du monde ont le loisir de s’y mirer et de s’y admirer. Ce qu’ils sont vient cependant de parler, de crépiter et d’exploser si fort à Abidjan qu’il n’est plus besoin d’écouter ce qu’ils disent. Nous autres Africains savons trop ce qu’ils sont pour encore nous arrêter à ce qu’ils déclarent. Il suffirait de consentir quelques instants d’attention à l’actuel Président de France parlant d’une Libye où flotterait le drapeau tricolore : «Je ne fais pas ça par plaisir. Je ne suis pas belliqueux. Que pouvais-je faire d’autre ? Il fallait tout faire pour éviter que Kadhafi rentre dans Benghazi en vainqueur. Ce n’était plus qu’une question d’heures. Ça fait quelque chose, quand même, de voir les drapeaux français à Benghazi. » (in  Les Afriques, n° 154 du 30 mars  2011, Verbatim, p. 24)

Comment encore en douter ? La lorgnette est ajustée en même temps que le Tricorne napoléonien pour que la Licorne achève la besogne au nom de l’empire colonial à restaurer en Afrique. Tel est le rêve impérial de Nicolas Sarkozy : voir flotter le drapeau de France, surtout ailleurs qu’en terre de France,  en tout cas partout où il  y a prétexte à démocratie ou à protection des civils par ces bombardements et pilonnages intensifs qui devraient convaincre les plus sceptiques que Nicolas Sarkozy n’est «pas belliqueux».

C’est ce bellicisme et cette fougue de reconquête que certains dignitaires de France déplorent : Dominique de Villepin préconise une solution diplomatique et non militaire, et Laurent Fabius dénonce l’interventionnisme de la France. Tous s’indignent de voir la France en première ligne dans une dispute électorale que les Ivoiriens en particulier et les Africains en général ont les moyens de gérer.

Plusieurs siècles ont passé. Les noms de baptême ont changé ; « le fardeau de l’homme Blanc » perdure. Hier il s’appelait mission civilisatrice. L’Afrique a été saignée pour ainsi dire à blanc par une Traite dont les Blancs même n’osent plus parler. Aujourd’hui, les mêmes se donnent un nouveau fardeau, la mission démocratisatrice, dont  le prétexte est de libérer les Africains des autocraties que les collusions françafricaines ont pourtant installées avec enthousiasme en Afrique, et que la France a bichonnées tant qu’elles sécurisaient ses intérêts. Mais seule la peinture a changé. Hier, des villages africains entiers ont été décimés et calcinés au nom de la ’’civilisation’’ occidentale. Aujourd’hui, les rescapés de ces génocides coloniaux sont massacrés en Afrique au nom des libertés et de ’’la démocratie’’ à l’occidentale.

Le fait, constant, n’est pas que l’Occident donne l’illusion de se soucier du bien être des peuples d’Afrique en lieux et place des dirigeants légitimes ou autoproclamés d’Afrique. Nous autres Africains savons que le chimpanzé n’est pas le frère du gorille. Ce qui est constant, c’est qu’à chacune de ses crises de civilisation, l’Occident s’arroge «une mission» au maquillage humaniste, humanitaire, et même philanthropique ; qu’il annonce bruyamment qu’il va «porter le fardeau» du bien-être des peuples non occidentaux au moment même où il s’organise pour faire porter à ces peuples le fardeau de la survie et du bien-être des peuples occidentaux.

Jusqu’ici, on savait la France négrophobe, le pays où le délit de faciès prospère et où les agents chargés de le sanctionner font carrière. Mais au moment même ou la France se dévoile, elle se confirme négrophage. Elle déploie donc en Cote d’Ivoire son vaste amour de prédateur pour sa proie, qui veut que l’un en survive  au moment même où l’autre en crève. Car c’est désormais une question de vie ou de mort. Convenons que le monde aura connu une autre France : celle  qui, malgré la morsure de ses carences économiques, de ses incertitudes morales complexifiées par  la peur du lendemain, parvenait encore à dissimuler aux cameras sa haine et sa hargne, son bellicisme et son vampirisme socioéconomique. Ce n’est pas la moindre faiblesse que de se croire seul au monde et de ne voir que soi. Le narcissisme eurocentriste peut donc toujours se gargariser de sa propre image. C’est désormais une image écornée et maculée du sang des peuples qu’on s’arrogea hier le devoir de civiliser, mais qu’on n’aura travaillé qu’à décerveler et qu’à déciviliser. La démocratie la plus française restera donc toujours la meilleure. La déraison en serait simple si démocratie rimait avec négrophagie. C’est pour cela qu’hier comme aujourd’hui, et pour demain qui se penche sur les fosses communes d’Afrique, l’amitié franco africaine s’avère synonyme de négrophagie françafricaine.
Ave, Gbagbo ! Ceux qui t’ont vu mourir te saluent !

Car les dés sont jetés : «Pile !», ils te tuent. «Face !», tu es mort. Mais ce que les Africains ne pouvaient pas encore comprendre du jeu de l’ONU contre Patrice Lumumba ou Ruben Um Nyobe, ce que les Africains n’avaient pas bien saisi dans l’assassinat de  Thomas Sankara, les Africains le comprennent aujourd’hui avec Laurent Koudou Gbagbo. La rage de survie économique et financière qui stresse  la France pousse ladite France à ravager les peuples et les pays d’Afrique.  Elle a réussi à embarquer dans les guerres de survie de l’Hexagone un jeune président Américain fils d’Afrique, au nom de la démocratie électorale. Son rêve d’empire à la Napoléon rappelle le mot de la mère à son empereur de fils : «Pourvou que ça doure». Car maintenant que la carte française est jouée et que les cartouches de l’ONU sont tirées, il faudra, demain, trouver d’autres munitions pour  la mission démocratisatrice, en rattrapage de l’échec de la mission civilisatrice.

L’ONU avait une mission d’interposition pour sécuriser la vie. Voici que par France interposée,  elle s’est dégradée et démentie en force offensive d’agression sur l’un de ses Etats membres. La voici donc bien nue, l’ONU. L’Afrique, qui devra à Gbagbo de l’avoir révélé, gagnera à en tirer les conséquences appropriées pour ses peuples, en dépit du silence assourdissant de certaines de ses institutions plus ou moins cosmétiques et manifestement influencées.

Ce sera cependant comme avec Empédocle au bord de l’Etna : ceux qui voudront bien suivre ses traces arriveront sans doute à retrouver ses sandales. Cependant de même qu’Empédocle  avait déjà plongé dans l’inconnu de l’Etna quand on retrouva ses sandales, Gbagbo ne sera déjà plus là : bien des indices laissent penser que jamais il ne prétendit être une destination, et qu’il se sera perçu comme un simple et fort modeste panneau de signalisation. D’où qu’il lui soit donné de nous observer, Gbagbo persistera à indiquer une destination par-delà sa personne : «L’Afrique ? Continuez, c’est par là… »

Par Charly Gabriel Mbock in Saoti le 11 avril 2011

Soudain, Gbagbo est là

Dans le hall de l’Hôtel du Golf, la nouvelle éclate comme une grenade. A la porte du quartier général d’Alassane Ouattara, qui est aussi sa présidence temporaire, voici que survient, sans crier gare, Laurent Gbagbo. L’homme qui mène depuis le jeudi 7 avril un combat féroce pour le contrôle d’Abidjan face aux forces d’Alassane Ouattara, bunkérisé dans la résidence des chefs d’Etat de Côte d’Ivoire en essayant de déclencher le chaos total. Que diable fait-il au milieu de cette foule de soldats qui hurlent ? Il vient d’être capturé.

Pris ce matin, lundi 11 avril, par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) et amené à l’Hôtel du Golf où Alassane Ouattara, reconnu vainqueur de l’élection présidentielle de novembre 2010 par la communauté internationale, vit confiné depuis quatre mois, sous protection de l’ONU.

Les militaires et militants pro-Ouattara qui se trouvent là se referment comme une mer de colère sur l’ennemi vaincu, qui n’en mène pas large. Suppliant qu’on l’épargne, il doit être poussé jusqu’au bar Le Flamboyant, l’asile le plus proche dans le hall, puis entraîné in extremis jusqu’à l’aile protégée d’Alassane Ouattara dont les partisans, fous de rage, se jettent sur la porte.

Deux hommes se disaient présidents dans la même ville, le même pays. Désormais il n’en reste qu’un, et son rival lui doit la vie. Alassane Ouattara avait exigé de ses troupes qu’elles épargnent Laurent Gbagbo et son entourage, préférant la perspective de la justice à une victoire tachée de ce sang-là.

D’autres prisonniers arrivent derrière, déchargés des pick-up par les combattants d’Alassane Ouattara. Combien sont-ils ? Au moins soixante. On ne les compte plus. Il y a les petits-enfants de Laurent Gbagbo, sa vieille mère. On les traite avec ménagement. Au comptoir en fer à cheval du Flamboyant, ils révèlent qu’ils meurent de faim. Il n’y avait plus rien à manger dans la résidence où Laurent Gbagbo et son entourage devaient lutter jusqu’à l’apocalypse promise par leurs prédicateurs, dont l’un est amené avec eux.

CHEMIN DE CROIX

La foule du Golf, qui a instantanément grossi à mesure qu’arrivent de nouveaux combattants et militants, reconnaît les durs du camp Gbagbo, ceux qui ont hurlé à la violence, ceux qui incarnent les crimes du régime. Une femme, dont le frère a été brûlé vif sur un barrage de patriotes pro-Gbagbo, se déchausse de son escarpin et essaye d’en frapper la créature méconnaissable qui passe à sa portée.

Il s’agit de Simone Gbagbo. L’épouse du président sortant, ultra du régime qui vient de tomber. Des mains furieuses ont mis ses habits en lambeaux. Ont fini d’arracher ses tresses par pleines mèches de cheveux. Un soldat exhibe un morceau de sa chemise, d’une étoffe mauve bon marché, « made in Thaïland ». Déjà, des hommes tentent de lui racheter cette prise pour en faire des « protections » magiques. Les ennemis les plus irréductibles du couple Gbagbo continuent de toute évidence à leur accorder d’étranges pouvoirs, même dans la déchéance.

D’autres captifs descendent des pick-up. Qu’il est long, pour certains d’entre eux, le chemin de croix depuis le parking, tandis que pleuvent les gifles et les coups avant d’arriver au Flamboyant. Dans la foule, certains penchent pour le lynchage, d’autres font rempart de leur corps. On peine à reconnaître les visages dont certains sont déjà tuméfiés.

Est-ce Désiré Tagro, le proche de Laurent Gbagbo, ex-ministre de l’intérieur et éphémère secrétaire général d’une présidence désormais disparue, dont la mâchoire pend ? L’a-t-on, comme l’affirment certains, blessé à coups de crosse ? Déjà, un autre membre de l’entourage est frappé dans le hall de l’Hôtel du Golf, laissant sur le mur une longue trace pourpre. Charles Blé Goudé est signalé. Ce n’est pas lui, pourtant, qui entre. Le chef des patriotes serait en train de tenter d’organiser la résistance des patriotes à Dabou, une ville des environs d’Abidjan.

Mais voici « Légionnaire », Michel, le fils que Laurent Gbagbo a eu avec sa première femme française, et il croit venue sa dernière heure lorsque des soldats parviennent à le tirer vers les jardins du Golf. Il a dans les yeux la terrible supplique des hommes qu’une foule s’apprête à supplicier. Il est torse nu. Il saigne. On le cogne contre la vitre d’une salle de conférences dans laquelle, quelques instants plus tôt, étaient projetées les images terribles d’un homme sur le point d’être, lui aussi, supplicié.

Un supposé « étranger », arrêté à un barrage de « patriotes », les partisans de son père. Sur les images, filmées par téléphone portable, la victime est à terre, couverte de branches, avant d’être brûlée vive. Voilà la signature de la fin de l’ère Gbagbo. Michel ne connaîtra pas ce sort. On l’escorte à présent avec les autres, il est sauvé.

GIFLES ET COUPS DE PIED

Le soir, dans leur chambre, Laurent et Simone reprennent leurs esprits. Simone prie, refuse le dîner, va se coucher. L’ex-chef d’Etat déchu feint-il de faire bonne figure, ou est-il sous le choc ? Il demande des nouvelles de sa mère à un responsable de l’autre camp, et finit par clamer: « Je viens de loin, j’ai faim ! » Il va falloir livrer 100 repas de plus aux captifs dans un Hôtel du Golf déjà à la limite de ses stocks. Certains responsables pro-Ouattara devront donc se passer de repas, sur ordre du nouveau chef de l’Etat.

Alassane Ouattara veut que la Côte d’Ivoire change d’ère. Il a ordonné aux chefs militaires, y compris ceux aux mains les plus sales, d’épargner le clan Gbagbo au moment de la capture. Les gifles et les coups de pied ne sont que la menue monnaie de ces gigantesques comptes à régler. C’est le commandant Wattao qui, dans la présidence tout juste investie, passera un gilet pare-balles à Laurent Gbagbo qu’on emmène pour lui éviter une balle perdue sur la route de l’Hôtel du Golf.

En fin de matinée, lundi, Laurent Gbagbo et les siens avaient tenté une sortie de la résidence, en feu depuis le tir d’un missile français, la veille au soir. Cela n’a pas suffi, car au premier assaut, les tirs des dernières armes lourdes depuis le bâtiment couvert de marbre ont mis les assaillants pro-Ouattara en fuite. « Malgré les tirs , ils n’y arrivaient pas. On a dû ouvrir une brèche dans le mur [de la présidence, d’un coup de canon] pour qu’ils puissent entrer », rapporte un soldat français présent sur place.

Quelques heures plus tard, à l’intérieur de la résidence, au milieu des hommes qui cherchent à défoncer la porte d’un coffre à coups de crosse, déclenchant un tir inopiné de kalachnikov, Diarassouba Ibrahima, l’un de ceux qui ont arrêté Laurent Gbagbo, « remercie beaucoup la France pour tout ce qui s’est passé. Parce que sans les conseils de la France, on n’aurait pas pu l’avoir. Les Français nous ont donné beaucoup de conseils ! » Enfumé, Laurent Gbagbo a tenté de s’enfuir à bord d’une vedette sur la lagune. En a-t-il été dissuadé par un hélicoptère français en survol ? En tout cas, il a été saisi.

LE PILLAGE, UNE VASTE COMPÉTITION

Une heure plus tard, la partie centrale du bâtiment fume encore. La bibliothèque avec sa collection des classiques grecs et latins, où Laurent Gbagbo aimait donner ses interviews, finit de se consumer. Dans la salle de sport, des soldats boivent du dom pérignon dans des coupes en cristal, puis au goulot, pour faire plus vite. Le pillage est une vaste compétition, et l’entrée dans la résidence a été dure. Personne ne trouve l’entrée du fameux bunker d’où Laurent Gbagbo ne devait jamais sortir vivant. Peut-être était-ce une illusion de plus ? L’idée se perd dans le bruit des canalisations brisées, des coups pour mettre les placards en miettes.

Les baies vitrées de la présidence sont trouées de balles. Des petits soldats frappent le socle des statues de Félix Houphouët-Boigny, à la recherche de trésors cachés. D’autres démarrent aux fils les voitures du cortège présidentiel qui n’ont pas été carbonisées la veille. « Ils sont incontrôlables. Ouattara va avoir du boulot pour les gérer », commente un militaire français en regardant ces hommes sortant de pleines valises bourrées.

Un étage plus bas, un groupe de neuf hommes est tapi dans l’ombre, serrant des armes. Ils seront vite convaincus de les abandonner, et de se rendre. Promptement déshabillés, ils sortent en se tenant par l’arrière du slip, les yeux rivés au sol. « Des miliciens », hurle un soldat. « Les cuisiniers », chuchote un autre en contemplant les bedaines de ces hommes mûrs.

La défaite n’est jamais belle. La victoire d’Alassane Ouattara a, d’extrême justesse, évité d’être tout à fait laide.

Jean-Philippe Rémy

Article paru dans l’édition du 13.04.11

LE MONDE.FR

Côte d’Ivoire : La maison de Didier Drogba « vandalisée

La maison en Côte d’Ivoire de Didier Drogba, attaquant de Chelsea et des Eléphants, aurait été « saccagée et vandalisée » selon Alain Toussaint, le porte-parole de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, interrogé par afrik.com.

Les scènes de pillage se seraient déroulées lundi, après la capture du président sortant par les forces républicaines de son rival Alassane Ouattara. Le village d’origine de Didier Drogba avait déjà été incendié le jeudi 7 avril lors de l’assaut des forces républicaines de Côte d’Ivoire.
Le footballeur, issu de la même ethnie bété que Laurent Gbagbo, ne s’est cependant jamais prononcé sur la crise post-électorale qui touche le pays depuis quatre mois. Il avait simplement appelé au retour de la paix en Côte d’Ivoire.