Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: avril 14, 2011

Communiqué de presse de Mme Marie-Antoinette SINGLETON, Fille du Président Laurent GBAGBO

J’ai décidé, en accord avec ma famille, de demander à :

Me Jacques Vergès, Avocat au barreau de Paris

Me Roland Dumas, Avocat au barreau de Paris

Me Gilbert Collard, Avocat au barreau de Paris

Me François Epoma, Avocat au barreau de Paris

Me Habiba Touré, Avocat au barreau de Paris

de constituer un Collectif d’Avocats afin d’assurer la défense de mon père le Président Laurent Gbagbo et de ma mère la Première Dame Simone Gbagbo, ainsi que des autres membres de ma famille et des collaborateurs détenus illégalement par les rebelles.

En effet, les informations que je reçois d’Abidjan sont alarmantes. Contrairement à ce que la presse française prétend, je sais, de sources bien informées, que la détention de mes parents et de leurs proches est un calvaire de violences et d’humiliations.

J’ai demandé à ces avocats d’étudier les conditions de légalité, au sens international, de l' »arrestation » du Président de la République et de la Première Dame de Côte d’Ivoire, et aussi la légalité internationale de l’intervention de l’armée française qui a agi en dehors du cadre de la résolution 1975 du Conseil de sécurité de l’ONU.

Mme Marie-Antoinette SINGLETON

Fille du Président Laurent GBAGBO

et de la Première Dame Simone GBAGBO,

vivant aux États-Unis.

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BENIN : Après sa « réélection », un béninois de la diaspora écrit à Boni Yayi

Il m’est paru en ce moment douloureux de l’histoire moderne de notre Cher pays, de m’adresser à vous. Chaque fois que l’occasion nous en a été donnée, nous n’avons pas manqué d’apporter notre franche et loyale contribution à son édification. Les réflexions qui suivent ne sont ni satire, ni procès. Elles sont tout simplement le résultat de nos préoccupations quotidiennes, des interrogations qui découlent tout naturellement de la confrontation de notre réalité d’aujourd’hui et les ambitions de notre pays de se fondre dans la marche difficile vers un Bénin plus prospère et plus juste. Je ne parlerai pas donc de ces élections calamiteuses ; de cette LEPI chaotique, de cette CENA piètre, de cette investiture terne, de cette cour à tout faire ; je ne parlerai pas non plus de ces personnalités, actrices éminentes et fossoyeuses inconscientes de notre démocratie mais je voudrais à mon humble avis m’attarder sur les fondements d’un pays qui aspire à la dignité démocratique. C’est pourquoi, permettez-moi de soumettre à votre méditation, vous que la cour a choisi pour être le Premier Responsable de notre devenir pour les années à venir, les réflexions suivantes : « la tolérance à l’égard des différentes opinions politiques constitue le seul moyen d’éviter la contestation et la seule façon de réaliser une unité nationale réelle et durable ».

En tant que Béninois, nous avions tous prêté une oreille attentive à votre discours le 6 avril 2011 au stade Charles De Gaulle de Porto-Novo parce que l’avenir de notre pays se jouait en ces lieux ; un discours parsemé de bonnes intentions. Mais entre le discours et l’action, la marge est malheureusement trop grande, hélas ! En rapport avec la gravité de la situation, nous nous attendions que vous parliez des vrais problèmes de l’heure, que vous donniez un signe d’espoir au peuple Béninois, que vous préconisez des remèdes notamment la mise en pratique effective de toutes les libertés : la liberté d’opinion, c‘est à dire le droit pour le gouverné d’émettre des critiques constructives à l’égard des gouvernants. Vous comprenez avec moi que l’existence et la persistance des privations de liberté rendaient la situation sociale, économique, et financière du pays catastrophique.

Cinq années déjà et puis !

Il n’est point utile de rappeler l’engouement populaire qui a accompagné votre investiture en avril 2006 et qui contraste avec la résignation actuelle. Les plaies de notre pays à votre prise de fonction à cette époque sont restées intactes voire septicémiques. Ces maux étaient quand même bien connus : une justice sociale déplorable, une administration publique corrompue inerte et inefficace, une production nationale insuffisante pour couvrir les besoins alimentaires de notre population et, surtout, ses besoins en alimentation, une aide extérieure qui mettait le pays en position de mendiant, un budget de l’État déséquilibré et déficitaire, une inflation galopante, entraînant une dégradation constante du niveau de vie de la population et une menace permanente notre indépendance économique. Les tapageuses distributions d’argent connues comme le programme des microcrédits n’ont fait qu’empirer la précarité des bénéficiaires. En absence d’une étude de faisabilité et d’un suivi des projets présentés, ces aumônes ne cachaient qu’une perversité économique du régime.

Aujourd’hui, le moins que l’on puisse dire est que la corruption, la concussion, l’avidité, la cupidité et les détournements des deniers publics ont atteint leur point culminant. On pourrait même dire qu’ils sont institutionnalisés.

De la liberté de presse et d’opinion

Le peuple Béninois dont la maturité politique n’est plus à mettre en doute doit pouvoir s’exprimer en toute liberté et toute légitimité. John Milton n’écrit-il pas « notre liberté ne nous vient pas d’un César. Elle est une bénédiction reçue de Dieu lui-même. Nous l’avons reçue en naissant. Mettre cette liberté aux pieds d’un César, alors qu’elle ne nous vient pas de lui, que nous ne lui en devons aucune reconnaissance, serait un acte indigne de nous, qui dégraderait notre nature elle-même » Au cours des cinq dernières années, la presse est étatisée et les organes publics sont devenus des outils de propagande. Le risque est grand et la limite entre les propagandes électorales et ethniques est bien mince. De nombreuses démarches tendant à ouvrir ses portes à toutes les opinions buttent toujours contre une fin de non-recevoir. La HAAC, organe de contrôle est incapable d’imposer aux organes publiques une répartition équitable du temps d’antenne à toutes les tendances politiques. La presse étrangère notamment RFI fait objet de censure régulière et sans ajouter les intimidations de la HAAC envers la presse écrite. Cependant, cette censure est loin d’être efficace puisque, l’existence de l’Internet et des réseaux sociaux rend cette privation de liberté inefficace et les internautes du monde assurent une large diffusion des faits quotidiens de notre pays. Le danger, vous le savez vous-même, est une sous-information générale, des radiotrottoirs, des déformations fréquentes ou même tout simplement des inventions qui, souvent, nuisent plus à la crédibilité d’un régime et quand la clandestinité s’y mêle, il s’ensuit la prolifération des tracts. Sachez que les risques dus à l’expression d’opinions dangereuses ou déloyales, leur importance est bien moindre que celle des risques dus au silence imposé par la crainte. La liberté de la parole et la liberté de la presse constituent ce que l’on pourrait appeler le moteur du processus démocratique. Sans la liberté de discuter, de critiquer, de différer d’opinions, d’encourager une modification dans la politique officielle, la démocratie aurait bien du mal à fonctionner.

De la crédibilité des institutions

Vous n’êtes pas sans savoir que durant ces dernières années, l’opposition a constamment remis en cause les décisions de la Cour constitutionnelle, organe qui par le passé, a toujours joui d’une bonne réputation auprès de toutes les tendances politiques. S’agissait-il d’un mal être profond ou d’un jeu politique ? Toujours est-il que le peuple Béninois qui a payé cher le prix de la liberté et de la démocratie demeure profondément attaché à l’idée que son pays soit géré par des institutions démocratiques. Et Saint-Just écrivait à ce sujet, pour votre mémoire « les institutions sont la garantie du Gouvernement d’un peuple libre contre la corruption des mœurs, et la garantie du peuple et du citoyen contre la corruption du Gouvernement. Sans institutions, la force d’une République repose ou sur le mérite des fragiles mortels, ou sur des moyens précaires. Les institutions ont pour objet d’établir de fait toutes les garanties sociales et individuelles, pour éviter les discussions et les violences ; de substituer l’ascendant des mœurs à l’ascendant des hommes ». Dans votre discours au stade Charles de Gaulle, le 6 Avril 2011, vous aviez parlé de réformes constitutionnelles « pour renforcer les attributs de nos institutions en vue d’équilibrer leurs pouvoirs et d’améliorer leur fonctionnement au profit de notre Peuple ». A mon humble avis, la situation est beaucoup plus un problème d’hommes que d’institutions ; d’impartialité, de respect et d’interprétation des lois et de la constitution : si la séparation des pouvoirs est respectée notre pays s’en sortira grandir.

De l’unité nationale

Vous aviez aussi proposé que « dans la perspective du renforcement de l’unité nationale et de la cohésion sociale, d’organiser une conférence de sursaut patriotique qui permettra notamment d’examiner les problèmes de gouvernance et de comportement citoyen qui se posent à notre pays sur les plans politiques, économiques et socioculturels ».

S’agira-t-il d’une nouvelle conférence nationale ou d’un rassemblement à l’image du symposium sur les cinquantenaires d’indépendance, ces rencontres sanctionnées par un manifeste vétuste, qui n’est rien d’autre qu’une accumulation de phrases redondantes, dont la seule utilité est d’embellir les pages des journaux ou d’occuper le temps d’antenne au journal de 20h. L’unité nationale ne vient pas de l’uniformité. Elle naît dès qu’on résout les querelles en appelant tous les citoyens à l’élaboration d’une politique publique, et en donnant à chacun la possibilité de se faire entendre et de faire admettre, s’il le peut, son opinion. Mais, selon Gandhi « tout compromis repose sur des concessions mutuelles, mais il ne saurait y avoir de concessions mutuelles lorsqu’il s’agit de principes fondamentaux » : la liberté de presse et d’opinions.

En fait, malgré les 53% de voix qui vous ont été gracieusement attribuées par les institutions, vous vous sentez seul, l’œil de la conscience vous éblouit ; « l’œil était dans la tombe et regardait Caïn ». Vous pensez alors mettre en place « un gouvernement d’ouverture, transcendant les partis politiques, les clivages ethniques et constitué d’hommes et de femmes de valeurs, compétents et patriotes… avec à sa tête, un Premier Ministre » Vous sentez en effet, que l’appui du peuple n’y est pas. Et cet appui ne vous sera jamais acquis tant que vous tiendrez à être le seul homme à bord, à considérer les Béninois comme des moutons de panurge, et tant que vous continuerez à penser que vous pouvez réussir à faire la joie et le bonheur du peuple malgré lui.

Jules Djossou Bonou, MSc

Ingénieur Agronome

Québec, Canada

Comprendre la guerre en Libye (1/3)

Des questions qu’il faut se poser à chaque guerre

27 fois. Les Etats-Unis ont bombardé un pays à 27 reprises depuis 1945. Et chaque fois, on nous a affirmé que ces actes de guerre étaient « justes » et « humanitaires ». Aujourd’hui, on nous dit que cette guerre est différente des précédentes. Mais on l’avait dit aussi la fois passée. Et la fois d’avant. On le dit chaque fois. N’est-il pas temps de mettre sur papier les questions qu’il faut se poser à chaque guerre pour ne pas se faire manipuler ?

Pour la guerre, il y a toujours de l’argent ?

Dans le pays le plus puissant du globe, quarante-cinq millions de gens vivent sous le seuil de pauvreté. Aux Etats-Unis, écoles et services publics tombent en ruines, parce que l’Etat « n’a pas d’argent ». En Europe aussi, « pas d’argent » pour les retraites ou pour créer des emplois.

Mais lorsque la cupidité des banquiers provoque une crise financière, là, en quelques jours, on trouve des milliards pour les sauver. Ce qui a permis à ces mêmes banquiers US de distribuer l’an dernier 140 milliards $ de récompenses et bonus à leurs actionnaires et traders spéculateurs.

Pour la guerre aussi, il semble facile de trouver des milliards. Or, ce sont nos impôts qui paient ces armes et ces destructions. Est-il bien raisonnable de faire partir en fumée des centaines de milliers d’euros à chaque missile ou de gaspiller cinquante mille euros de l’heure avec un porte-avions ? A moins que la guerre soit une bonne affaire pour certains ?

Pendant ce temps, un enfant meurt de faim toutes les cinq secondes et le nombre de pauvres ne cesse d’augmenter sur notre planète en dépit des promesses.

Quelle différence entre un Libyen, un Bahreini et un Palestinien ?

Présidents, ministres et généraux jurent solennellement que leur objectif est seulement de sauver des Libyens. Mais, au même moment, le sultan du Bahrein massacre des manifestants désarmés grâce aux deux mille soldats saoudiens envoyés par les Etats-Unis ! Au même moment, au Yemen, les troupes du dictateur Saleh, allié des USA, tuent 52 manifestants à la mitrailleuse. Ces faits n’ont été contestés par personne, mais le ministre US de la Guerre, Robert Gates, a juste déclaré : « Je ne crois pas que ce soit mon rôle d’intervenir dans les affaires internes du Yemen » [1].

Pourquoi ce « deux poids, deux mesures » ? Parce que Saleh accueille docilement la Vème Flotte US et dit oui à tout ce que lui commande Washington ? Parce que le régime barbare d’Arabie saoudite est complice des multinationales pétrolières ? Il y aurait de « bons dictateurs » et de « mauvais dictateurs » ?

Comment les USA et la France peuvent-ils se prétendre humanitaires ? Lorsqu’Israël a tué deux mille civils en bombardant Gaza, ont-ils instauré une « no fly zone » ? Non. Ont-ils pris des sanctions ? Aucune. Pire : Javier Solana, alors responsable des Affaires étrangères de l’U.E. a déclaré à Jérusalem : « Israël est un membre de l’Union européenne sans être membre de ses institutions. Israël est partie prenante à tous les programmes » de recherche et de technologie de l’Europe des 27. Ajoutant même : « Aucun pays hors du continent n’a le type de relations qu’Israël entretient avec l’Union européenne. » Sur ce point, Solana dit vrai : l’Europe et ses fabricants d’armes collaborent étroitement avec Israël dans la production des drônes, missiles et autres armements qui sèment la mort à Gaza.

Rappelons qu’Israël a chassé sept cent mille Palestiniens de leurs villages en 1948, refuse toujours de leur rendre leurs droits et continue à commettre de multiples crimes de guerre. Sous cette occupation, 20% de la population palestinienne actuelle a séjourné ou séjourne dans les prisons d’Israël. Des femmes enceintes sont forcées d’accoucher attachées à leur lit et renvoyées immédiatement dans leurs cellules avec leurs bébés ! Mais ces crimes-là sont commis avec la complicité active des USA et de l’UE.

La vie d’un Palestinien ou d’un Bahreini ne vaut pas celle d’un Libyen ? Il y aurait les « bons Arabes » et les « mauvais Arabes » ?

Pour ceux qui croient encore à la guerre humanitaire…

Dans un débat télévisé que j’ai eu avec Louis Michel, ancien ministre belge des Affaires étrangères et commissaire européen à la Coopération au développement, celui-ci m’a juré – la main sur le cœur – que cette guerre visait à « mettre en accord les consciences de l’Europe ». Il a été appuyé par Isabelle Durant, dirigeante des Verts belges et européens. Ainsi, les écologistes « peace and love » ont muté va-t-en-guerre !

Le problème, c’est qu’on nous parle de guerre humanitaire à chaque fois, et que ces gens « de gauche » comme Durant s’y sont à chaque fois laissé prendre. Ne feraient-ils pas mieux de lire ce que pensent vraiment les dirigeants US au lieu de juste les écouter à la télévision ?

Ecoutez par exemple, à propos des bombardements contre l’Irak, le célèbre Alan Greenspan, qui fut longtemps directeur de la réserve fédérale des USA. Il écrit dans ses mémoires : « Je suis attristé qu’il soit politiquement incorrect de reconnaître ce que chacun sait : la guerre en Irak était essentiellement pour le pétrole » [2]. Ajoutant : « Les officiels de la Maison-Blanche m’ont répondu : ‘Eh bien, malheureusement, nous ne pouvons parler du pétrole’. » [3]

Ecoutez, à propos des bombardements contre la Yougoslavie, John Norris, directeur de com de Strobe Talbott qui était alors vice-ministre US des Affaires étrangères, chargé des Balkans. Norris écrit dans ses mémoires : « Ce qui explique le mieux la guerre de l’Otan, c’est que la Yougoslavie résistait aux grandes tendances des réformes politiques et économiques (il veut dire : refusait d’abandonner le socialisme), et ce n’est pas notre devoir envers les Albanais du Kosovo. » [4]

Ecoutez, à propos des bombardements contre l’Afghanistan, ce que disait alors l’ancien ministre US des Affaires étrangères Henry Kissinger : « Il existe des tendances, soutenues par la Chine et le Japon, à créer une zone de libre échange en Asie. Un bloc asiatique hostile combinant les nations les plus peuplées du monde avec de grandes ressources et certains des pays industriels les plus importants serait incompatible avec l’intérêt national américain. Pour ces raisons, l’Amérique doit maintenir une présence en Asie… » [5]

Ceci confirmait la stratégie avancée par Zbigniew Brzezinski, qui fut responsable de la politique étrangère sous Carter et est l’inspirateur d’Obama : « L’Eurasie (Europe + Asie) demeure l’échiquier sur lequel se déroule le combat pour la primauté globale. (…) La façon dont les Etats-Unis ‘gèrent’ l’Eurasie est d’une importance cruciale. Le plus grand continent à la surface du globe en est aussi l’axe géopolitique. Toute puissance qui le contrôle, contrôle par là même deux des trois régions les plus développées et les plus productives. 75% de la population mondiale, la plus grande partie des richesses physiques, sous forme d’entreprises ou de gisements de matières premières, quelque 60% du total mondial. » [6]

A gauche, n’a-t-on rien appris des médiamensonges humanitaires des guerres précédentes ?

Quand Obama le dit lui-même, vous ne le croyez pas non plus ?

Ce 28 mars, Obama a justifié ainsi la guerre contre la Libye : « Conscients des risques et des coûts de l’action militaire, nous sommes naturellement réticents à employer la force pour résoudre les nombreux défis du monde. Mais lorsque nos intérêts et valeurs sont en jeu, nous avons la responsabilité d’agir. Vu les coûts et les risques de l’intervention, nous devons chaque fois mesurer nos intérêts face à la nécessité d’une action. L’Amérique a un important intérêt stratégique à empêcher Kadhafi de défaire ceux qui s’opposent à lui. »

N’est-ce pas clair ? Alors, certains disent : « Oui, c’est vrai, les Etats-Unis n’agissent que s’ils y trouvent leur intérêt aussi. Mais au moins, à défaut de pouvoir intervenir partout, on aura sauvé ces gens-là. »

Faux. Nous allons montrer que seuls les intérêts seront défendus. Pas les valeurs. D’abord, chaque guerre US fait plus de victimes qu’il n’y en avait avant (en Irak, un million de victimes directes ou indirectes !). Ensuite, l’intervention en Libye en prépare d’autres…

Qui refusait de négocier ?

Mais, dès que vous émettez un doute sur l’opportunité de cette guerre contre la Libye, tout de suite, on vous culpabilise : « Vous refusez donc de sauver les Libyens du massacre ? »

Question mal posée. Supposons que tout ce qu’on nous a raconté se soit vraiment passé. Premièrement, arrête-t-on un massacre par un autre massacre ? Nous savons qu’en bombardant, nos armées vont tuer de nombreux civils innocents. Même si, comme à chaque guerre, les généraux nous promettent que celle-ci sera « propre », nous avons l’habitude de cette propagande.

Deuxièmement, il y avait un moyen beaucoup plus simple et efficace de sauver des vies tout de suite. Tous les pays d’Amérique latine ont proposé d’envoyer immédiatement une mission de médiation, présidée par Lula. La Ligue arabe et l’Union africaine soutenaient cette démarche et Kadhafi avait accepté (proposant aussi d’envoyer des observateurs internationaux pour vérifier le cessez-le feu).

Mais les insurgés libyens et les Occidentaux ont refusé cette médiation. Pourquoi ? « Parce que Kadhafi n’est pas de bonne foi », disent-ils. Possible. Tandis que les insurgés et leurs protecteurs occidentaux ont toujours été de bonne foi ? A propos des Etats-Unis, il est utile de rappeler comment ils se sont comportés dans toutes les guerres précédentes à chaque fois qu’un cessez-le-feu était possible…

En 1991, lorsque Bush père a attaqué l’Irak parce que celui-ci avait envahi le Koweit, Saddam Hussein a proposé de se retirer et qu’Israël évacue aussi les territoires illégalement occupés en Palestine. Mais les USA et les pays européens ont refusé six propositions de négociation. [7]

En 1999, lorsque Clinton a bombardé la Yougoslavie, Milosevic avait accepté les conditions imposées à Rambouillet, mais les USA et l’Otan en ont rajouté une, volontairement inacceptable : l’occupation totale de la Serbie. [8]

En 2001, lorsque Bush fils a attaqué l’Afghanistan, les talibans avaient proposé de livrer Ben Laden à un tribunal international si on fournissait des preuves de son implication, mais Bush a refusé de négocier.

En 2003, lorsque Bush fils a attaqué l’Irak sous prétexte d’armes de destruction massive, Saddam Hussein a proposé d’envoyer des inspecteurs, mais Bush a refusé car il savait que les inspecteurs ne trouveraient rien. Ceci a été confirmé par la divulgation du mémo d’une réunion entre le gouvernement britannique et les dirigeants des services scecrets briatnniques en juillet 2002 : « Les dirigeants britanniques espéraient que l’ultimatum soit rédigé en des termes inacceptables afin que Saddam Hussein le rejette directement. Mais ils étaient loin d’être certains que cela marcherait. Alors, il y avait un Plan B : les avions patrouillant dans la « no fly zone » jetant de nombreuses bombes en plus dans l’espoir que ceci provoquerait une réaction qui donnerait une excuse pour une large campagne de bombardements. » [9]

Alors, avant d’affirmer que « nous » disons toujours la vérité tandis que « eux » mentent toujours, et aussi que « nous » recherchons toujours une solution pacifique, tandis que « eux » ne veulent pas de compromis, il faudrait être plus prudents… Tôt ou tard, le public apprendra ce qui s’est vraiment passé lors des négociations en coulisses, et constatera une fois de plus qu’il a été manipulé. Mais il sera trop tard, et on ne ressuscitera pas les morts.

La Libye, c’est comme la Tunisie et l’Egypte ?

Dans son excellente interview publiée il y a quelques jours par Investig’Action, Mohamed Hassan posait la bonne question : « Libye : révolte populaire, guerre civile ou agression militaire ? ». A la lumière des recherches récentes, il est possible de répondre : les trois, en fait. Une révolte spontanée, rapidement récupérée et transformée en guerre civile (qui avait été préparée), le tout servant de prétexte à une agression militaire. Qui, elle aussi, avait été préparée. Rien ne tombe du ciel en politique. Expliquons-nous…

En Tunisie et en Egypte, la révolte populaire a grandi progressivement en quelques semaines, s’organisant peu à peu et s’unifiant sur des revendications claires, ce qui a permis de chasser les tyrans. Mais quand on analyse l’enchaînement ultra-rapide des événements à Benghazi, on est intrigué. Le 15 février, manifestation des parents de prisonniers politiques de la révolte de 2006. Manifestation durement réprimée, comme cela a toujours été le cas en Libye et dans les autres pays arabes. Et, à peine deux jours plus tard, re-manifestation, mais cette fois, les manifestants sont armés et passent directement à l’escalade contre le régime de Kadhafi. En deux jours, une révolte populaire devient une guerre civile ! Tout à fait spontanément ?
Pour le savoir, il faut examiner ce qui se cache sous le vocable imprécis « opposition libyenne ». A notre avis, quatre composantes aux intérêts très différents. 1° Une opposition démocratique. 2° Des dignitaires de Kadhafi « retournés » par l’Ouest. 3° Des clans libyens mécontents du partage des richesses. 4° Des combattants de tendance islamiste.

Qui compose cette « opposition libyenne » ?

Dans cet enchevêtrement, il est important de savoir à qui on a à faire. Et surtout quelle faction a été intégrée dans les stratégies des grandes puissances…

1° Opposition démocratique. Il est légitime d’avoir des revendications face au régime Kadhafi, dictatorial et corrompu comme les autres régimes arabes. Un peuple a le droit de vouloir remplacer un régime autoritaire par un système plus démocratique. Cependant, ces revendications sont jusqu’ici peu organisées et sans programme précis. On rencontre aussi, à l’étranger, des mouvements révolutionnaires libyens, également assez disparates, mais tous opposés à l’ingérence étrangère. Pour diverses raisons que l’on va clarifier, ce ne sont pas ces éléments démocratiques qui ont grand chose à dire aujourd’hui sous la bannière des USA et de la France.

2° Dignitaires « retournés ». A Benghazi, un « gouvernement provisoire » a été instauré et est dirigé par Mustapha Abud Jalil. Cet homme était, jusqu’au 21 février, ministre de la Justice de Kadhafi. Deux mois plus tôt, Amnesty l’avait placé sur la liste des plus effroyables responsables de violations de droits humains d’Afrique du nord ». C’est cet individu qui, selon les autorités bulgares, avait organisé les tortures de infirmières bulgares et du médecin palestinien longtemps détenus par le régime. Un autre « homme fort » de cette opposition est le général Abdul Fatah Younis, ex ministre de l’Intérieur de Kadhafi et auparavant chef de la police politique. On comprend que Massimo Introvigne, représentant de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) pour la lutte contre le racisme, la xénophobie et la discrimination, estime que ces personnages « ne sont pas les ‘démocrates sincères’ des discours d’Obama, mais parmi les pires instruments du régime de Kadhafi, qui aspirent à chasser le colonel pour prendre sa place ». (1)

3° Clans mécontents. Comme le soulignait Mohamed Hassan, la structure de la Libye est restée fortement tribale. Durant la période coloniale, sous le régime du roi Idriss, les clans de l’est dominaient et les richesses pétrolières leur profitaient. Après la révolution de 1969, Kadhafi s’est appuyé sur les tribus de l’ouest et c’est l’est qui a été défavorisé. Il faut le regretter, un pouvoir démocratique et juste doit veiller à combattre les discriminations entre régions. On peut aussi se demander si les anciennes puissances coloniales n’ont pas encouragé les tribus mécontentes à saper l’unité du pays. Ce ne serait pas la première fois. Aujourd’hui, France et USA misent sur les clans de l’est pour prendre le contrôle du pays. Diviser pour régner, un vieux classique du colonialisme.

4° Eléments d’Al-Qaida. Des câbles diffusés par Wikileaks avertissaient que l’Est de la Libye était, proportionnellement, le premier exportateur au monde de « combattants – martyrs » en Irak. Des rapports du Pentagone décrivaient un « scénario alarmant » sur les rebelles libyens de Benghazi et Derna. Derna, ville de 80.000 habitants à peine, serait la première source de jihadistes en Irak. De même, Vicent Cannistraro, ancien chef de la CIA en Libye, signale parmi les rebelles beaucoup d’ « extrémistes islamiques capables de créer des problèmes » et que les « probabilités [sont] élevées que les individus les plus dangereux puissent avoir une influence dans le cas où Kadhafi devrait tomber ». (1).

Evidemment, tout ceci s’écrivait lorsque Kadhafi était encore « un ami ». Mais ça montre l’absence totale de principes dans le chef des USA et de leurs alliés. Quand Kadhafi a réprimé la révolte islamiste de Benghazi en 2006, ce fut avec les armes et le soutien des Occidentaux. Une fois, on est contre les combattants à la Ben Laden. Une fois, on les utilise. Faudrait savoir.

Parmi ces diverses « oppositions », quel élément l’emportera ? C’est peut-être aussi un but de l’intervention militaire de Washington, Paris et Londres : veiller à ce que « les bons « l’emportent ? Les bons de leur point de vue évidemment. Plus tard, on utilisera la « menace islamique » comme prétexte pour s’installer durablement

En tout cas, une chose est sûre : le scénario libyen est différent des scénarios tunisien ou égyptien. Là, c’était « un peuple uni contre un tyran ». Ici, on est dans une guerre civile, Kadhafi disposant du soutien d’une partie de la population. Et dans cette guerre civile, le rôle qu’ont joué les services secrets US et français n’est déjà plus si secret que ça…

Quel a été le rôle des services secrets ?

En réalité, l’affaire libyenne n’a pas commencé en février à Benghazi en février, mais à Paris le 21 octobre 2010. Selon les révélations du journaliste italien Franco Bechis (Libero, 24 mars), c’est ce jour-là que les services secrets français ont préparé la révolte de Benghazi. Ils ont alors « retourné » (ou peut-être déjà avant) Nuri Mesmari, chef du protocole de Kadhafi, qui était quasiment son bras droit. Le seul qui entrait sans frapper dans la résidence du guide libyen. Venu à Paris avec toute sa famille pour une opération chirurgicale, Mesmari n’y a rencontré aucun médecin, mais se serait par contre entretenu avec plusieurs fonctionnaires des services secrets français et de proches collaborateurs de Sarkozy, selon le bulletin web Maghreb Confidential.

Le 16 novembre, à l’hôtel Concorde Lafayette, il aurait préparé une imposante délégation qui allait se rendre deux jours plus tard à Benghazi. Officiellement, il s’agissait de responsables du ministère de l’Agriculture et de dirigeants des firmes France Export Céréales, France Agrimer, Louis Dreyfus, Glencore, Cargill et Conagra. Mais, selon les services italiens, la délégation comportait aussi plusieurs militaires français camouflés en hommes d’affaires. A Benghazi, ils rencontreront Abdallah Gehani, un colonel libyen que Mesmari a indiqué comme étant prêt à déserter.

A la mi-décembre, Kadhafi, méfiant, envoie un émissaire à Paris pour essayer de contacter Mesmari. Mais la France l’arrête. D’autres Libyens se rendent visite à Paris le 23 décembre, et ce sont eux qui vont diriger la révolte de Benghazi avec les milices du colonel Gehani. D’autant que Mesmari a fourni aux Français de nombreux secrets de la défense libyenne. De tout ceci, il ressort que la révolte à l’est n’est donc pas si spontanée qu’on nous l’a dit. Mais ce n’est pas tout. Il n’y a pas que les Français…

Qui dirige à présent les opérations militaires du « Conseil national Libyen » anti-Kadhafi ? Un homme tout juste arrivé des USA le 14 mars, selon Al Jazeera. Décrit comme une des deux « stars » de l’insurrection libyenne par le quotidien britannique de droite Daily Mail, Khalifa Hifter est un ancien colonel de l’armée libyenne, passé aux Etats-Unis. Celui qui fut un des principaux commandants militaires de la Libye jusqu’à la désatreuse expédition au Tchad fin des années 80, a ensuite émigré aux USA et vécu ces vingt dernières années en Virginie. Sans source de revenus connue, mais à petite distance des bureaux… de la CIA. [10] Le monde est petit.

Comment un haut militaire libyen peut-il entrer aux Etats-Unis en toute tranquillité, quelques années après l’attentat terroriste de Lockerbie, pour lequel la Libye a été condamnée, et vivre vingt ans tranquillement à côté de la CIA ? Il a forcément dû offrir quelque chose en échange. Publié en 2001, le livre Manipulations africaines de Pierre Péan retrace les connexions d’Hifter avec la CIA et la création, avec le soutien de celle-ci, du Front National de Libération Libyen. Le seul exploit du dit Front sera l’organisation en 2007, aux USA, d’un « congrès national » financé par le National Endowment for Democracy [11], traditionnel intermédiaire de la CIA pour arroser les organisations au service des Etats-Unis…

En mars de cette année, à une date non communiquée, le président Obama a signé un ordre secret autorisant la CIA à mener des opérations en Libye pour renverser Kadhafi. Le Wall Street Journal, qui relate ceci le 31 mars, ajoute : « Les responsables de la CIA reconnaissent avoir été actifs en Libye depuis plusieurs semaines, tout comme d’autres services occidentaux. ».

Tout ceci n’est plus très secret, ça figure depuis un bon moment sur Internet, et ce qui est étonnant, c’est que les grands médias n’en aient pas dit un mot. Pourtant, on a déjà connu de nombreux exemples de « combattants de la liberté » ainsi armés et financés par la CIA. Par exemple, dans les années 80, les milices terroristes contras, mises sur pied par Reagan pour déstabiliser le Nicaragua et renverser son gouvernement progressiste. N’a-t-on rien appris de l’Histoire ? Cette « gauche » européenne qui applaudit aux bombardements n’utilise pas Internet ?

Faut-il s’étonner que les services italiens « balancent » ainsi les exploits de leurs confrères français et que ceux-ci « balancent » leurs collègues US ? Seulement si on croit aux belles histoires sur l’amitié entre « alliés occidentaux ». On va en parler…

Michel Collon

A SUIVRE :

2. Les objectifs des USA vont bien au-delà du pétrole

3. Pistes pour agir

www.michelcollon.info

Dessin : Latuff

Révoltant ! Découvrez ces images de l’humiliation !

Ces images nous ont plongé dans un profond dilemme : Les publier ou bien les ignorer par pudeur, tellement elles sont choquantes ? Nous avons décidé : il faut les publier, les présenter au monde, ces images humiliantes !   Ce n’est pas à nous de couvrir ces anges de la mort. Pour huit prétendues femmes tuées à Abobo, la France s’est précipitée au conseil de sécurité pour sortir avec une résolution pour bombarder un Etat souverain et renverser un régime. Il ya eu plus de 800 morts à Duékoué ! Par les rebelles. Les alliés de la rébellion ont dû en parler malgré eux-mêmes, en prenant chaque fois soin de relativiser (affrontement ethnique !) parce que 800 cadavres, on ne peut les cacher dans un placard, et le pauvre Laurent Gbagbo n’était pas à Duékoué pour lui mettre ça sur la tête. La logique aurait voulu que là où on a obtenu par césarienne une résolution pour 7 morts, pour détruire des armes lourdes, on retourne encore à l’ONU pour plus que ça (Plus de 800 morts !). Bref, ce n’est pas à nous de couvrir les actes inhumains de ceux qui imposent leur démocratie à coup de bombardement. Découvrez quelques images humiliantes qui ne présentent surement qu’un pan de ce que le président GBAGBO et ses proches ont subi dans les mains des rebelles de Ouattara.

Ici, le président Gbagbo dans les mains des rebelles dans un accoutrement ridiculisant

Vous reconnaissez ici la première dame Simone Gbagbo, trophée de guerre des hommes de Ouattara

Le président Gbagbo n’en revient pas encore. L’homme dénudé que vous voyez, c’est son fils Michel

Laurent Gbagbo, idole d’un continent déshabillé devant les caméras

Voilà le couple présidentiel. On dévine quel calvaire il vient de vivre

Voilà Jean Jacques Béchio, nu, sous les coups de pied de ses bourreaux, recevant en pleine tête un « mawachi »

J’imagine bien dans quelles conditions se sont déroulées les élections dans le Nord du pays aux mains de ces sauvages.

Source : Telediaspora.net

Les journalistes Burkinabè dans la crise ivoirienne : journalisme de pacotille ou des journalistes en pacotille

Journalistes burkinabè, vous qui travaillez pour le compte de Blaise Compaoré, parrain de la rebellion de Ouattara, vous qui détruisez la profession de journalisme par votre course effrénée au gain facile, à la prostitution et à la désinformation.

N’avez-vous pas honte d’avoir à la tête de votre pays un homme qui porte sur ses mains les traces de sang de son ami et frère d’arme Thomas Sankara ?

N’avez-vous pas honte d’avoir à la tête de votre pays et de servir un homme qui porte sur ses mains les traces de sang de votre confrère Norbert Zongo ?

N’avez-vous pas pitié de la famille de David Ouedraogo le chauffeur de François Compaoré décédé d’une mort mystérieuse, décès sur lequel enquêtait votre confrère Norbert ?

Blaise peut redorer mille blasons de négociateur de paix, il sera le même assassin. Sans lui, le Burkina se porterait mieux, très mieux mais hélas !

N’avez-vous pas honte d’avoir à la tête de votre pays  le même personnage que Blaise depuis plus de 23 ans en oubliant bien sûr le coup d’état par lequel il a assassiné votre frère Sankara ?

Vous voilà malheureux burkinabè entrain de jubiler parceque tout simplement Ouattara a fait tuer des milliers d’ivoiriens et fait enlever le président Gbagbo juste pour être président.

Depuis 2002 où la crise a commencé, vous n’avez eu de cesse de critiquer et d’incriminer le président Gbagbo alors que c’était lui qui venait d’être attaqué par le rebelle Ouattara après juste un an d’exercice de pouvoir. Que voulez-vous à la fin ?

Aucun d’entre vous ne s’est jamais posé la question de savoir pourquoi le coup d’état de 2002 alors que Gbagbo était en visite en Italie où il devait rencontrer (le lendemain du putsch manqué) le pape Jean Paul II pour discuter de l’argent de la Côte d’Ivoire placé au Vatican du temps de Houphouët et de la manière dont ces sous seraient rapatriés dans son pays pour le plus grand bonheur de son peuple ?

Vous ne vous êtes jamais posés la question de savoir si c’était à la communauté internationale d’élire à la place d’un peuple son président. C’est normal puisque vous avez à la tête de votre pays un homme qui se fait réélire à plus de 80% alors qu’il est au pouvoir depuis une vingtaine d’années : c’est le parfait exemple du démocrate selon la communauté internationale.

Honte à vous journalistes burkinabè, vous qui avez corrompu la mentalité de vos frères burkinabè et qui depuis lors ne voient en Gbagbo que ce que vous leur faites lire et voir.

Vive la désinformation, la manipulation médiatique, le mensonge et la schizophrénie !

Bande d’attardés, joignez-vous à la presse sénégalaise (qui laisse l’octogénaire Wade torturer la constitution de son pays afin de s’offrir un troisième mandat) et à celle française (qui a toujours été naine à l’image de son président) pour désinformer et prendre parti.

Votre cécité vous perdra.

aymard

Le deal de Sarkozy: 80% du pétrole ivoirien pour la France ou le départ de GBAGBO

Le deal de Sarkozy: 80% du pétrole ivoirien pour la France ou le départ de GBAGBO

Lundi dernier, la Côte d’Ivoire toute entière a été témoin d’un fait rocambolesque. Le Président Laurent Gbagbo, Président démocatiquement élu des ivoiriens, est l’objet d’attaques qui ont tout d’une tentative d’assassinat.

Des aéronefs français pilonnent sa résidence qui est elle-même la cible d’assauts des troupes rebelles d’Alassane Ouattara. Au même moment Paris sort son joker. Alain Juppé, Ministre des Affaires Etrangères de Sarkozy, devant les parlementaires français, parle de la fin de Laurent Gbagbo, à qui il aurait été demandé de signer un document dûment écrit de sa main et qui indiquerait qu’il part du pouvoir, tout en reconnaissant la victoire de M. Alassane Ouattara. La chose paraissait trop grosse comme un montage.

Aujourd’hui, les langues se délient un peu plus autour de cette folle journée. Selon des sources proches des discussions, car il y en a effectivement eu, il ne s’agissait ni plus ni moins que d’un chantage fait à Laurent Gbagbo concernant les richesses du sous-sol de son pays. Sarkozy aurait fait à Laurent Gbagbo la proposition de retenir pour la France, 80% du pétrole ou des revenues du bassin pétrolier du Golf de Guinée. Sur les 20 restants, une ponction de 10% devrait être faite pour le compte du Burkina Faso et le reste, à la Côte d’Ivoire. Sur la question, les sources proches des discussions téléphoniques tripartites (Elysée, Ambassade de France en Côte d’Ivoire, Ministère français des AE), indiquent que le Chef de l’Etat ivoirien aurait opposé une réfus plus que catégorique. Laurent Gbagbo aurait gentillement conseillé à ses interlocuteurs de l’assassiner plutôt d’espérer de lui qu’il abonde dans leur sens. La liaison téléphonique ainsi rompue entre les troips parties, la France n’a eu d’autre alternative que d’ordonner le pilonnage de la résidence de Laurent Gbagbo et d’y positionner des rebelles. Le déroulement des évènements qui s’en suivaient a failli pousser Laurent Gbagbo à faire des révélations de taille sur cette discussion téléphonique. C’est en effet, le Chef de l’Etat ivoirien, lui-même, qui a téléphoné à la chaîne de télévision française LCI et à son Rédacteur en Chef pour faire le grand déballage, mais en fin stratège, il a laissé passer l’orage se bornant à dire que son départ n’est pas à l’ordre du jour et qu’il n’en a jamais été question lors de ces fameuses discussions.

Moralité : Laurent Gbagbo est encore et toujours maître de son sujet et Président démocatiquement élu des ivoiriens.

Source: nationspresse.info

Plus de 40 interventions militaires françaises en Afrique depuis 1961

Depuis l’indépendance de ses anciennes colonies, la France est intervenue militairement une quarantaine de fois en Afrique en vertu d’accords de défense et de coopération ou afin de venir en aide à ses ressortissants. Voici un rappel chronologique des principales interventions.

1961 – Opération « Bouledogue » (ensuite appelée « Charrue longue ») pour le maintien de la base navale de Bizerte, en Tunisie.

1964 – Intervention au Gabon pour rétablir le président Léon M’ba dans ses fonctions après le putsch d’une partie de l’armée

1968-1972 – Opérations « Limousin » et « Bison » au Tchad contre la rebéllion du Tibesti.

1977 – Opération « Verveine » au Zaïre montée par le Maroc, avec le soutien de la France, pour soutenir le maréchal Mobutu contre la rébellion du Shaba.

1978 – Les légionnaires du deuxième régiment étranger de parachutistes sautent sur la ville minière de Kolwezi, au Zaïre, pour libérer quelque 3.000 civils des mains des rebelles katangais du Front de libération national du Congo (FLNC).

1978-1980 – Opération « Tacaud » au Tchad contre la progression du Front national de libération du Tchad (Frolinat) de Goukouni Oueddei.

1979-1981 – Opération « Barracuda » en Centrafrique pour destituer l’empereur-président Bokassa et le remplacer par David Dacko.

1983 – Opération « Manta » au Tchad pour soutenir le président Hissène Habré face aux rebelles de Goukouni Oueddei

1985 – Des avions de combat Jaguar bombardent la base aérienne libyenne de Ouadi-Doum dans le nord du Tchad. 1986 – Quelque 150 parachutistes français arrivent en renfort au Togo après une tentative de coup d’Etat contre le président Gnassingbé Eyadéma.

1986 – Opération « Epervier » au Tchad (900 soldats) contre les forces libyennes venues soutenir Goukouni Oueddei.

1989 – Opération « Oside » aux Comores après l’assassinat du président Ahmed Abdallah et la prise de contrôle de l’archipel par les mercenaires de Bod Denard

1990 – Opération « Requin » au Gabon. Quelque 2.000 soldats évacuent 1.800 ressortissants étrangers et apportent leur aide au régime, confronté à des émeutes à Libreville et à Port-Gentil.
1990-1993 – Mission « Noroit » au Rwanda pour assurer la protection du président Juvénal Habyarimana contre les rebelles du Front patriotique rwandais.

1991 – Un millier de soldats sont envoyés à Kinshasa après des manifestations anti-Mobutu

1992-1994 – Opération « Oryx » en Somalie, placée ensuite sous le commandement américain de la mission « Restore Hope ».

1993 – Opération « Bajoyer » au Zaïre pour évacuer des ressortissants français après des émeutes lancées par les militaires à Kinshasa, au cours desquels l’ambassadeur de France, Philippe Bernard, a été tué.

1994 – Opération « Amaryllis » au Rwanda pour évacuer les ressortissants européens. Le président Habyarimana vient d’être assassiné et le génocide débute. Il fera 800.000 morts.

1994 – Opération « Turquoise », impliquant 2.500 hommes, au Zaïre et dans l’ouest du Rwanda, formellement pour protéger les populations civiles.

Le pouvoir rwandais a depuis reproché aux militaires français d’avoir secouru des miliciens hutus responsables du génocide ou de leur avoir permis de fuir vers le Zaïre voisin.

Le président Nicolas Sarkozy a reconnu en 2010 que la France avait commis de « graves erreurs d’appréciation » lors du génocide rwandais.

1995 – Opération « Azalée » aux Comores pour neutraliser Bob Denard et ses mercenaires et faire échec à un coup d’Etat contre le président Saïd Mohamed Djohar.

1996-1997 – Opérations « Almandin » I et II, avec 2.300 hommes, pour neutraliser des mutineries de militaires et rétablir l’ordre à Bangui après l’assassinat de deux militaires français.
1997 – Opération « Antilope » au Congo. Evacuation de 6.500 étrangers de Brazzaville.

1996-2007 – Opération « Aramis » au Cameroun pour soutenir l’armée camerounaise en lutte contre le Nigeria pour le contrôle de la presqu’île pétrolière de Bakassi.

1998 – Opération « Malachite » en République démocratique du Congo pour évacuer 2.500 étrangers de Kinshasa.

1999 – Mission « Khor Anga » à Djibouti. Protection aérienne devant l’extension du conflit armé entre l’Ethiopie et l’Erythrée.

2002 – Début de l’opération « Licorne », force de maintien de la paix en Côte d’Ivoire, après une rébellion qui menace le pouvoir du président Laurent Gbagbo. Envoi de 4.000 soldats pour protéger les Européens dans la guerre civile.

2003 – Opération « Artémis » à Ituri (RDC). La France fournit l’essentiel du contingent déployé par l’Onu.

2004 – Destructions des appareils de l’armée ivoirienne après le bombardement de Bouaké dans lequel neuf soldats de la force Licorne ont été tués. Les ressortissants français sont évacués.
2008 – Protection de l’aéroport de N’Djaména et évacuation de ressortissants français au Tchad

Source : Cameroonvoice.com

La france mérite-t-elle de conserver le poste permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU?

Nous en avons assez que des gens avec très peu de scrupules s’arrogent le droit exclusif de dicter leur loi et d’orienter le monde à leur guise. Si l’on avait toléré ces faits à une époque où, la désinformation étant la règle, l’on nous a fait croire au péril « soviétique », cela ne peut plus prospérer à cette ère de l’internet où la vérité se fait jour, en dépit des nombreuses tentatives d’intoxication.

L’histoire de l’Organisation des Nations Unies, fondée à l’issue de la deuxième guerre mondiale et la victoire des alliés sur l’Allemagne d’Hitler, le Japon de Hiro Hito et l’Italie de Mussolini, nous apprend que la france y a été cooptée par solidarité et pour la dédommager de sa destruction lors de son occupation par la puissante armée allemande. La france était aux abois face à l’armée allemande d’Hitler qui n’a fait qu’une bouchée de ce minus qui a osé s’y frotter.

Elle ne siège donc pas de façon permanente au Conseil de Sécurité par mérite, mais par la volonté de ses alliés, seuls et véritables vainqueurs de cette guerre qui voulaient aussi avoir pied en Europe continentale. Au lieu de se tenir à carreau, la france a de tout temps abusé de cette position pour brimer et spolier des peuples et nations au nom de la lutte contre le communisme. La guerre froide terminée avec la chute du mur de Berlin, la france n’a changé ni d’attitude ni de méthode.

Nous voulons donc ouvrir le débat ici et maintenant. La France mérite-t-elle sa place de membre permanent au Conseil de Sécurité? N’est pas une place à réserver à des puissances sinon, à des pays ayant fait preuve de sagesse et de retenue? Avec ses errements en Libye et en Côte d’Ivoire, et leurs chapelets de morts innocentes et de dommages collatéraux exagérés, causant ruines et désolations, ce débat est plus que d’actualité.

Coordination des Communicateurs Bénévoles

La France en Afrique : De la mission civilisatrice à la guerre des civilisations

Ceux qui s’interrogent sur la nature des relations franco-africaines obtiennent aujourd’hui une réponse aussi claire que consternante : la France bombarde en Libye et en Côte d’Ivoire.

Sous couverture de l’ONU, certes, mais l’État français est en première ligne, les armes à la main dans des conflits africains. Pour les meilleures raisons du monde : il s’agit ici de protéger des civils contre les troupes du colonel Kadhafi et là de permettre au vainqueur des élections présidentielles de prendre les rênes du pouvoir. Dans le discours officiel, la guerre est fondée sur le droit, la justice et la raison. La tradition est respectée : les aventures militaires occidentales sont toujours menées au nom des plus hautes valeurs civilisées. Les agressions sont légitimées par des discours de circonstances qui révèlent rapidement leur manque de substance quand il ne s’agit pas de mensonges purs et simples. De l’affaire du coup d’éventail prélude à la colonisation de l’Algérie aux armes de destruction massives pour envahir l’Irak, les prétextes sont innombrables.

L’intervention en Libye a été précédée d’une gestion médiatique jouant sur tous les registres de l’émotion : l’armée sanguinaire d’un dictateur fou aurait écrasé avec une brutalité inouïe des contestataires pacifiques. Ainsi l’opinion est « informée » que des avions de combat auraient été utilisés pour réprimer des manifestations et selon un opposant libyen, qui a entretemps disparu des écrans, il y aurait eu près de 6 000 morts dès les premiers jours de troubles. Aucune preuve n’est venue étayer ces graves accusations. Il faut souligner ici l’intéressante concordance de traitement de l’actualité libyenne par les médias lourds franco-britanniques et les chaines satellitaires arabes, Al Jazeera notamment, qui ont relayé, sans grandes nuances, un discours univoque et préparé l’opinion à l’intervention armée. Dans un climat très « émotionnel », la France a joué un rôle essentiel dans l’adoption de la résolution 1973 du Conseil de Sécurité des Nations unies qui consacre clairement le droit d’ingérence. Pour les spin-doctors parisiens, il s’agissait de démontrer que la France volait au secours d’un peuple arabe privé de droits et militairement menacé. L’opération est tellement grossière qu’elle en est une insulte au bon sens.

  • La France, amie de tous les autocrates

Ceux qui conduisent l’État français, qu’ils se réclament de la droite ou de la gauche, ont systématiquement soutenu les pires dictatures arabes et ont couvert des crimes gravissimes et généralisés contre l’humanité perpétrés par ces régimes. Les appréciations flatteuses sur la qualité de la gestion économique et sur la détermination des dictateurs à lutter contre « l’islamisme » constituent une part importante du discours français en direction du monde arabe. Au nom d’un réalisme sans principes et d’une politique sans éthique, la démocratie française est l’amie des tyrannies et un adversaire résolu des forces démocratiques et des oppositions dans le monde arabe. Est-il besoin de rappeler l’accueil réservé au dictateur libyen lors de son séjour parisien en décembre 2007 ? Le président Sarkozy avait publiquement déclaré son bonheur de recevoir un tyran avec tous les égards protocolaires et tous les fastes de la République. Est-il besoin de rappeler que Hosni Moubarak, dictateur égyptien, était le vice-président de l’Union pour la Méditerranée et que Tunis, alors capitale du despote Zine el Abidine Ben Ali, devait un moment accueillir le siège de cette improbable organisation voulue par Nicolas Sarkozy ? L’image de la France dans le monde arabe est à peine meilleure que celle des États-Unis, ce qui n’est pas peu dire. Le ci-devant pays des droits de l’Homme est celui où l’islamophobie décomplexée et le discours raciste anti-arabe constituent une des bases principales du consensus politico-médiatique des élites de pouvoir. Les faux-débats de diversion sur la laïcité et l’Islam ne trompent que ceux qui subissent passivement le matraquage médiatique de médias aux ordres de l’exécutif français. Est-il possible de modifier favorablement une image aussi profondément dégradée sur le dos du peuple libyen ? On peut légitimement en douter. D’autant qu’au fil des bombardements, il apparaît clairement que la situation en Libye est loin de correspondre au manichéisme simpliste que diffusent les propagandistes du néoconservatisme « à la française ». Il faut observer que les opinions au Maghreb ont changé avec l’évolution de la crise en Libye. D’une franche sympathie pour l’insurrection contre le régime de Kadhafi, l’opinion maghrébine est désormais beaucoup plus réservée du fait de l’entrée en action des armées occidentales.

En Côte d’Ivoire, c’est encore sous la couverture des Nations unies que des troupes françaises participent à une guerre civile avec comme toujours les meilleures intentions du monde. Il s’agit dans ce cas d’imposer que le résultat officiel, internationalement admis, de l’élection présidentielle se traduise dans la réalité et qu’Alassane Ouattara remplace Laurent Gbagbo à la tête d’un pays en danger de partition. Mais sur la scène ivoirienne, personne n’est moins qualifié que l’ancienne puissance coloniale pour arbitrer dans un conflit interne. Dans les faits, le France ne se proclame plus seulement en tuteur de ce pays du pré-carré néocolonial, mais prend le risque considérable d’une gestion politique directe d’un État qui est bel et bien ramené à son statut de colonie. Laurent Gbagbo, très proche des socialistes français, mis au ban des nations, est certainement coupable de toutes les dérives, mais cela ne justifie en aucune façon les menées guerrières d’une puissance extracontinentale contre son régime. Cette intrusion est très mal vécue par l’opinion africaine, qui même si elle n’éprouve guère de sympathie pour Laurent Gbagbo, ressent cette ingérence militariste comme une insulte à l’indépendance africaine et le retour de la politique de la canonnière. Pour de nombreux Africains, les équilibres ivoiriens sont fragiles et le résultat, plutôt serré, de l’élection présidentielle aurait dû conduire à une posture plus sage, à la recherche obstinée par tous les moyens de la politique et de la diplomatie d’un modus vivendi.

  • Des castes contre les peuples

L’arrestation de Laurent Gbagbo à laquelle ont – au moins – grandement contribué les forces françaises sous couverture de l’ONU est l’illustration de l’immixtion néocoloniale dans les affaires intérieures d’un pays réputé souverain. Si l’intervention française laissera certainement des traces profondes dans un pays divisé en deux camps d’importance comparable, elle a déjà des conséquences sur la perception du rôle de la France en Afrique. À travers l’Afrique, le silence coupable des leaders politiques ne doit pas faire illusion, une colère sourde est perceptible. Les déclarations méprisantes prononcées par le président français à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar en juillet 2007 sont le commentaire le plus approprié au déploiement des blindés et des hélicoptères français sur le sol africain. Si la guerre des civilisations a succédé à la mission civilisatrice, les discours et les méthodes ont à peine changé.

Gbagbo et Kadhafi ne sont ni Lumumba ni Nasser. Ces autocrates vulgaires sont, au premier chef, responsables de la dévastation de leur pays, responsables des guerres civiles et responsables de l’intervention étrangère. Mais rien ne laisse supposer que leurs opposants leur soient supérieurs. Et c’est à ce niveau que se situent la matrice des convulsions africaines et l’alibi au néocolonialisme. De fait, le retour militaire de la France sur le continent martyr est avant tout l’expression de l’échec catastrophique des dirigeants politiques africains. Les hommes de pouvoir, en Libye, en Côte d’Ivoire, comme presque partout ailleurs en Afrique, assument l’échec de la décolonisation. La corruption et le pillage des ressources sont la caractéristique commune d’anti-élites civiles ou militaires affiliées aux réseaux d’affaires et aux groupes d’intérêts dans les anciennes métropoles. L’action continue de ces castes de pouvoir a précipité l’affaiblissement des États et à conduit à la destruction des sociétés gérées par la violence et la privation des libertés, plongées dans la misère et l’analphabétisme.

  • Le néocolonialisme « humanitaire »

Les interventions françaises répondent aux objectifs à moyen et long terme de ces groupes d’intérêts. En Libye comme en Côte d’Ivoire, il s’agit de conforter ou d’établir une présence dans des pays riches et qui ouvrent sur des régions stratégiques. Que ce soit l’Afrique de l’Ouest ou le Sahel, les régions visées sont à très fort potentiel minier dans la perspective d’une concurrence mondiale exacerbée pour le contrôle de ressources fossiles et minérales en raréfaction.

Sur ces deux champs de bataille, les organisations régionales, la Ligue arabe et l’Union africaine, ont fait l’éclatante démonstration de leur impuissance, ou plus gravement dans le cas de la Ligue arabe, de faux nez au service des Occidentaux. Quant à l’ONU, réduite à son conseil de Sécurité dominé par les Américains et leurs alliés, elle est le centre suprême de légitimation du bellicisme occidental. La résolution 1973 est un modèle du genre : partie d’une zone d’exclusion aérienne, elle a abouti à un feu vert pour des bombardements généralisés sur les troupes de Kadhafi. L’interdiction d’envoi de troupes au sol – concession à des opinions occidentales qui ne souhaitent plus voir de corps expéditionnaires après l’Irak et l’Afghanistan – est en voie d’être contournée par le recours à des sociétés de guerres privées, du type Blackwater.

Ainsi, ce bellicisme bien-pensant ouvre un vaste champ d’incertitudes et de périls. Au prétexte de voler au secours de la démocratie et du droit, le néocolonialisme aux habits neufs de l’humanitaire et de l’hégémonie néolibérale renaît sur les cendres des indépendances confisquées. Pour l’État français, le retour des vieux démons néocoloniaux n’est certainement pas le signe d’une relation renouvelée avec l’Afrique ou avec le monde arabe. Quant à ceux qui doivent leur accession au pouvoir par la force d’armes étrangères, ils doivent savoir qu’ils ont dénaturé leur combat politique et qu’ils devront assumer, sous une forme ou une autre, cette tare originelle et le déficit de légitimité qu’elle induit.

Omar Benderra sur MediaPart

Pour dédouaner Alassane devant la justice internationale, L’Onu justifie le massacre de 800 personnes à Duékoué

Alors que la Croix-Rouge accuse les hommes de Ouattara d’avoir exécuté au moins 800 personnes à Duékoué le mardi 29 mars dernier, l’Onu fait tout pour justifier ces graves violations des Droits de l’Homme.

800 personnes tuées à Duékoué, un seul jour. Le génocide du peuple Wê se poursuit. Sous les yeux de la communauté internationale. Le Comité international de la Croix-Rouge (Cicr) est formel. Il a affirmé  que « les Forces républicaines » (nouvelle appellation de la rébellion des Forces nouvelles) d’Alassane Dramane Ouattara, se sont rendues coupables de graves exactions et violations des Droits de l’Homme dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Elles ont tué au moins 800 personnes à Duékoué, dans la seule journée du mardi 29 mars 2011, le lendemain de la prise de cette ville. Et comme le tollé de cette information a commencé sur les chaines des télévisions internationales, l’Onu, force d’occupation aux côtés de la rébellion d’Alassane Dramane Ouattara à travers l’Onuci, a cru devoir relativiser les choses. Selon les propos de Guillaume N’Gefa, chef adjoint de la Division des droits de l’Homme de l’Onuci, propos rapportés par l’Afp le samedi 2 avril 2011, « Il y a eu 330 personnes tuées à Duékoué de lundi à mercredi », « lors des combats » entre forces pro-Ouattara et combattants soutenant le président sortant Laurent Gbagbo ». Il ajouté que « sur les 330 morts, la plupart ont été exécutés par les dozos » (chasseurs traditionnels) des Frci » (Forces républicaines de Côte d’Ivoire, pro-Ouattara) ». Mais il avoue que les chiffres de l’Onuci seront « revus à la hausse », car « une équipe sur place continue d’enquêter ». Et il est dit « qu’un jour ne suffirait pas à évacuer les cadavres ». Mais pour l’instant, il parle que de 330 morts. Une façon de dire : « ce n’est pas si grave que ça ! Ce n’est pas 800, c’est 330 morts seulement… ». Guillaume N’Gefa ne se limite pas à son bilan partiel. Il tente même de justifier ce drame en affirmant sur France 24 que la violation des Droits de l’Homme dans cette zone du pays, est le fait des deux parties en conflit. Et qu’avant l’offensive des forces de Ouattara, les partisans de Laurent Gbagbo auraient tué 100 Dioula à Duékoué. Or, le monde entier sait que le seul drame qui a mobilisé la solidarité nationale à Duékoué avant cette agression, est le massacre d’une trentaine de personnes début janvier 2011 par les mêmes rebelles pro-Ouattara. A la suite de cette barbarie, le peuple Wê n’avait manifesté aucune intention de vengeance et la cohabitation a repris sous la médiation des cadres de la région. Si un seul Dioula avait été tué par la suite à Duékoué, les médias nationaux et internationaux, promptes à créer des scandales au profit de Ouattara, auraient secoué la planète. On sait comment à Abobo, les combats et les douleurs ont été théâtralisés pour émouvoir l’opinion internationale. D’où vient-il donc que Guillaume N’Gefa de l’Onuci parle de 100 Diouala tués à Duékoué ? Pour justifier le massacre de plus de 800 tués par les hommes d’Alassane Ouattara, l’Onu fabrique des morts à attribuer au camp Gbagbo. Ce comportement n’est pas surprenant. Pendant que ses Casques bleus aux côtés de la rébellion et de la Licorne, se battent pour renverser le Président Laurent Gbagbo à Abidjan, l’Onu ne veut pas affaiblir le père de la rébellion ivoirienne, par une affaire encombrante de violation de Droits de l’Homme sur le peuple Wê. Il faut le secourir par un mensonge grossier, qui est à la limite une insulte à la mémoire du millier de civils tués par les hommes de celui qu’elle veut coûte que coûte installer au pouvoir en Côte d’Ivoire.  La ville de Duékoué est coutumière des tueries perpétrées par les hommes d’Alassane Dramane Ouattara. On se souvient qu’à Guitrozon et Petit Duékoué, dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2005, une bande de « dozos » a fait irruption dans ces villages pour tuer par balles, machettes et incendie, une centaine de personnes. Malheureusement, toutes ces personnes n’ont pas de valeur aux yeux de la communauté internationale pour que les auteurs fassent l’objet d’une enquête de la justice internationale. Comme si les crimes de Ouattara seraient-ils légitimes parce qu’il défend les intérêts de la France et de ses alliés ? L’Onu veut continuer à couvrir les violations des Droits humains commises par les hommes de Ouattara justifier le massacre de plus de 800 civils à Duékoué.

Germain Séhoué

Source :  Le Temps