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BENIN : Candidatures des promoteurs de structures de placements aux Législatives – L’immunité parlementaire comme bouclier ?

Alors que la question des spoliés par les structures de placement illégalement installés au Bénin n’est pas définitivement réglée, à la lecture de listes en lice pour les Législatives, on se rend compte que nombre des responsables des structures de placement d’argent sont en compétition. Pour une immunité parlementaire, parviendront-ils à leurs fins ?

Représenter la cause des populations en bon député ou se refugier au Parlement pour jouir de l’immunité parlementaire et échapper à l’épée de Damoclès liée au dossier d’escroquerie qu’est le placement d’argent au Bénin ? C’est là la question qui pour l’heure agite l’esprit de nombre de Béninois au lendemain de la publication par la Céna des listes pour les législatives.

En effet, suite à la banqueroute de ICC-services, structure pionnière du placement d’argent au Bénin, le gouvernement a pris un certain nombre de mesures aussi bien conservatoires que judiciaires pour couper court à   l’activité financière l’illégale en plein essor dans le pays. Lesquelles mesures ont induit l’arrestation des responsables de ICC-Services et la saisie de tous leurs biens, le gel des comptes de toutes les structures de placement, et une procédure judiciaire intentée contre tous les promoteurs de structures illégales de placement d’argent. Autant donc d’actions qui auront laissé sur leur faim les spoliés qui à ce jour attendent de rentrer en possession de leurs mises.

Le hic, c’est qu’au lendemain de la publication des listes pour les législatives par la commission électorale nationale autonome, nombre de promoteurs de ces structures de placement sont comptés sur les listes. Ce qui amène à se demander à quelle fin déposent-ils leurs candidatures ? Est-ce pour jouer le rôle de défenseurs des causes des populations à la base en participant aux activités de la représentation nationale ou cherchent-ils plutôt refuge au parlement pour bénéficier de l’immunité parlementaire les quatre prochaines années de sorte à échapper au risque d’une arrestation lorsque s’éclatera le dossier qui est pendant devant les juridictions de notre pays?

En prononçant son discours d’investiture à Porto-Novo le 6 avril dernier, le réélu président de la république, le président de la République promettait une fois encore de mettre tout en œuvre pour que le plus tôt possible les spoliés des structures de placement soient remboursés. Alors la question qui se dégage de cette promesse du chef de l’Etat est de savoir de quel moyen usera-t-il pour forcer la main aux autres promoteurs de structures de placement quand on sait que ceux de ICC-Services sont déjà mis en détention et dépouillés de tous les biens ?

Car, on pourrait sans trahir aucun secret affirmer que les autres responsables de structures ne sont aucunement inquiétés, non pas parce qu’ils disposent des ressources nécessaires mais parce que le dossier semble perdre de son caractère d’urgence et tend à devenir uniquement une affaire proprement Icc-services. S’il est vrai que c’est cette dernière structure qui a révélé très tôt son incapacité à faire face à ses engagements vis-à-vis de ses clients, il faudra également reconnaitre que les autres n’en sont pas moins débitrices pour n’avoir pu rembourser leurs clients suite à la procédure de remboursement. Ce qui d’ailleurs a confirmé le caractère redoutable de l’activité. Pour l’heure les promoteurs sont dans la course aux sièges de députés. Les observateurs y voient non seulement une intention d’échapper à la justice mais également une malhonnêteté de ces promoteurs vis-à-vis de leurs clients. Car disent-ils les moyens qui serviront à ces structures dont plus de six responsables d’une seule structure sont candidats pourraient servir à rembourser des centaines de spoliés.

Voilà qui devrait donc remettre de l’eau au moulin de la justice béninoise qui vient d’avoir la preuve que loin de l’incapacité dont font montre ces promoteurs, il s’agit bien d’une mauvaise foi. Ce qui ramène les observateurs à établir une relation avec le cas Vodonou qui estiment que des dispositions doivent être prises afin que les citoyens qui ont des dossiers pendants devant une juridiction ne doivent pas entrer en lice pour les consultations électorales en l’occurrence les législatives qui donnent une part de couverture aux concernés. En attendant d’étudier la faisabilité d’une telle disposition règlementaire ; les spoliés, toujours insatisfaits attendent d’être remboursés. Pendant ce temps leurs débiteurs s’investissent à trouver refuge au parlement.

Vitali Boton

Par Adjinakou

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Une réponse à “BENIN : Candidatures des promoteurs de structures de placements aux Législatives – L’immunité parlementaire comme bouclier ?

  1. ren avril 18, 2011 à 10:25

    interessant comme article

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