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Nigeria: le résultat de la présidentielle contesté par l’opposition


Après l’annonce d’une probable victoire du dirigeant sortant, Goodluck Jonathan, des émeutes se sont étendues dans le Nord à dominante musulmane du pays, marqué par de profondes divisions régionales et communautaires.
Le principal parti d’opposition nigerian a officiellement contesté le résultat de l’élection présidentielle donnant la victoire au dirigeant sortant, Goodluck Jonathan, en évoquant des fraudes.
Les émeutes se sont, par ailleurs, étendues, ce lundi dans le Nord à dominante musulmane du Nigeria, marqué par de profondes divisions régionales et communautaires.
Les émeutiers ont incendié, dans la ville de Zaria (état de Kaduna), la maison du vice-président, Namadi Sambo, et celle de l’émir de la ville, selon un habitant. Ils ont aussi cassé la prison et libéré les détenus. «Il y a eu une émeute ici, aujourd’hui», a raconté par téléphone Mahmud Aliyu.
Les premières violences avaient éclaté dimanche à Kano, seconde ville du pays, et dans d’autres villes du Nord, au lendemain du vote, provoquées par des accusations de fraudes contre le camp de Goodluck Jonathan. Lundi, elles faisaient toujours rage à Kano, la seconde ville du pays, et gagnaient Jos, dans le centre, et d’autres cités.
«Des rues désertes à l’exception des manifestants»
Dans la ville de Potiskum, dans l’Etat de Yobe (nord-est), des témoins ont rapporté que la foule avaient tenté d’immoler une chrétienne en lui passant un pneu enflammé autour du cou mais qu’elle avait été sauvée par des habitants et hospitalisée. «Des jeunes allument des feux dans les rues et incendient les maisons de partisans du parti au pouvoir. Des soldats ont été appelés. Les rues sont désertes à l’exception des manifestants», témoigne un habitant, Kabiru Usman.
Des violences ont aussi été signalées à Kaduna, Zaria et Sokoto, dans le Nord, ainsi qu’à Jos, dans le centre, qui marque la frontière entre majorités chrétienne et musulmane et théatre de fréquentes violences intercommunautaires.
Avant même la fin du dépouillement, Goodluck Jonathan arrivait en tête dans 22 des 36 Etats de la Fédération nigériane, avec plus de 21 millions de voix contre 9 millions à son principal rival, Muhammadu Buhari, ancien chef d’une junte militaire en 1984-1985.
Le scrutin de samedi s’était déroulé globalement dans le calme, laissant espérer que les fraudes massives des dernières décennies ne se répèteraient pas. Mais si dans l’ensemble, les observateurs ont jugé l’élection de 2011 plus honnête qu’en 2007, des résultats anormalement élevés en faveur de Jonathan, dans ses bastions du Sud chrétien, ont semé le doute: l’Etat de Akwa Ibom lui a donné 95% des voix et celui de Bayelsa, son Etat natal, 99,63%
«Interrogations sur la crédibilité de l’élection»
«De tels chiffres au dessus de 95% paraissent inventés et posent de graves interrogations sur la crédibilité de l’élection», accuse Jibrin Ibrahim de l’ONG du Centre pour la démocratie et le développement.
Les résultats connus jusqu’ici ont confirmé une division nette entre le Nord musulman pro-Buhari et le Sud chrétien pro-Jonathan. De nombreux analystes avaient mis en garde contre ce scénario dans un pays aussi turbulent que le Nigeria, comptant 155 millions d’habitants et plus de 250 groupes ethniques. Et dans le Nord, beaucoup jugeaient que la réélection de Jonathan serait une entorse à la rotation traditionnelle du pouvoir entre le Sud pétrolier et un Nord économiquement marginalisé.
Goodluck Jonathan, 53 ans, vice-président devenu chef de l’Etat en mai 2010 au décès de son prédécesseur musulman Umaru Yar’Adua (2007-2010), est le candidat du Parti démocratique du Peuple (PDP). Lequel a remporté, dès le premier tour, toutes les présidentielles depuis la fin des régimes militaires en 1999.
(Source AFP)

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