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Gabon : Le plan d’Ali pour capter l’héritage d’Omar

Lui-même longtemps écarté du cœur financier du pouvoir par son père, Ali Bongo tient aujourd’hui sa pléthorique fratrie bien à distance du Palais du bord de mer. Il ignore superbement ses demi-frères et demi-sœurs, et veille soigneusement à les dégommer de postes trop stratégiques. Au quotidien, il surveille le dossier très sensible de la succession patrimoniale d’Omar Bongo, décédé le 7 juin 2009. Deux ans après la disparition du doyen, le partage de l’héritage est prévu en juillet. Les descendants de l’ancien président sont en émoi et se concertent. Enquête exclusive chez les Bongo !

Le clan Bongo vole en éclat – Ali a planté le décor lors des funérailles d’Omar Bongo. Dans la soirée du 11 juin, les membres de la famille réunis à la présidence se sont entendus dire : « Papa, c’est fini. Il faut faire autre chose, et j’en ai les moyens ». Depuis, le clan composé de 52 enfants reconnus par l’ancien président a littéralement explosé. Si Ali reste proche d’une branche de la fratrie qui comprend Frédéric, Alex, Albert-Fabrice et Arthur, il a en revanche marginalisé Pascaline.

Autrefois puissante directrice du cabinet d’Omar Bongo, « madame sœur » est d’ailleurs rarement présente au palais. Idem pour Anicet Adnan et Landry, jugés « indépendants et incompétents ». Ex-directeur général de la comptabilité publique au ministère de l’économie,Jeff a été muté à la paierie de l’ambassade du Gabon en France. De son côté,Christian Bongo a été remercié en janvier de la direction de la Banque gabonaise de développement (BGD). Même discrètes, les frustrations familiales s’expriment ouvertement dans les cercles initiés.

Héritiers prioritaires et secondaires – Ces dissensions sont alourdies par la succession patrimoniale d’Omar Bongo confiée à l’avocate Danyèle Palazo-Gauthier. Ali et Pascaline s’activent actuellement pour faire inventorier et expertiser tous les actifs immobiliers de l’ancien président gabonais en France. Cela représente plusieurs dizaines de millions d’euros. Appartements, immeubles, véhicules… rien n’est oublié.

Objectif ? Proposer aux autres héritiers de consentir au partage de ces biens par rachat de leurs droits indivis par les deux aînés de la famille. Isabelle Damiano-Conynck, notaire historique d’Omar Bongo domiciliée à Nice, a été chargée de s’adresser aux bénéficiaires couchés sur le testament pour leur soumettre cette proposition. Selon nos sources, elle s’est rendue à Libreville, du 31 janvier au 3 février, afin de les rencontrer et obtenir leur accord. Le rachat des droits indivis pourrait être finalisé au plus tard en juillet. Si cette opération vise officiellement à ne léser aucun héritier, elle est perçue par certains d’entre eux comme une mainmise d’Ali sur l’héritage de son père. Ambiance…

Un testament, des questions et des frictions – Le document sur lequel repose cette succession n’arrange rien puisqu’il remonte à 1987 et Omar Bongo n’y aurait ensuite apporté aucune modification. Pas même après le décès, en 1993, de sa fille Albertine ou son mariage avec Edith Lucie, sa troisième épouse après Louise Mouyabi Moukala et Patience Dabany, dont il a eu deux enfants : Omar Denis et Yacine Queenie. Sur ce testament, les héritiers sont scindés en trois groupes : les trois aînés (Ali, Pascaline et feue-Albertine) obtiennent la part du lion.

Viennent ensuite Landry et Anicet, les enfants d’adoption Audrey, Jeff, Grâce, Nadine et Betty, puis deux nièces, dontPhilomène Kouna. Le troisième groupe comprend les autres descendants, dont plusieurs réfutent à mots couverts la validité du document. Quant à Omar Denis et Yacine, par ailleurs petits-enfants de Denis Sassou Nguesso, ils ne figurent pas dans le testament.

D’où les tensions entre Libreville et Brazzaville. Sassou souhaite discuter de cette question avec Ali, qui refuse de se rendre à Oyo. Du coup, le président congolais ne gère, pour le compte de ses deux petits-enfants, que les seuls biens du défunt couple au Congo-B. Même si la part gabonaise de l’héritage leur échappe, les deux héritiers ne devraient avoir aucun souci à se faire pour leur avenir…

La Lettre du continent

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