Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: avril 28, 2011

BENIN : La Marina ou la maison de Fcbe …

Ce n’était pas assez pour les Béninois de ne plus avoir de parlement, de constitution, de « fierté » démocratique, en l’espace d’une présidentielle. Ils doivent désormais se faire une raison sur la perte du palais de la présidence de la République (affectueusement La Marina). L’Etat-Fcbe a décidé d’y installer ses quartiers. Le docteur-président y multiplie les conseils de guerre, les tentatives de fusion de ses différents alliés concurrents, le tout en l’honneur du combat des émergents pour les législatives 2011. En clair, le siège national du regroupement politique de Yayi n’est rien d’autre que la présidence de la République avec pour démembrements naturels sur le terrain, les préfectures de département. Ne parlons pas des ministères, des directions d’entreprises publiques. Tout espace appartenant à la République devrait être dédié à la cause des candidats Fcbe, les vrais, ceux choisis par le docteur-président pour être ses soldats pour la refondation de la nation.

Côté finance, pas de souci à se faire puisque chaque sou du contribuable dépensé est forcément estampillé Yayi. Même une table en bois dans une école sur financement du budget national débouche fatalement sur la célébration du régime ; près d’un millier de milliards l’an, exclusivement consacré à la propagande. En plus des moyens de l’Etat (hélicoptères, avion, véhicules et cadres administratifs), les émergents ne se sont pas gênés pour aller en chercher dans les tirelires en ville, en campagne, au sein des hameaux les plus reculés. Des centaines de milliards volés, en 4 ans, auprès des fonctionnaires, des étudiants, des petits commerçants, des paysans, des militaires, des journalistes ; tout le monde a participé à l’effort de propagande sous le premier mandat grâce aux relais des faux pasteurs placeurs. Tout pour Yayi et son Fcbe, y compris les institutions constitutionnelles truffées d’ex-rentiers et de zélateurs attitrés. Cet attelage pouvait manier les textes de la République à sa guise. Il fallait plus que le légalisme de Houngbédji, la politesse de Bio Tchané et la retenue des citoyens privés du droit de vote pour enrayer le diabolique dessein de vider la constitution et les lois électorales de leur substance.

Une Opa sur tous les biens publics avec la manière. L’Etat n’a plus un chef mais un propriétaire ou peut-être plus, un maître à pensée. Il pense et exige que tous ses partisans devraient s’aligner derrière la liste sur laquelle figure sa tendre épouse, et cela devrait pouvoir se faire. Plus qu’une exigence, c’est un ordre Fcbe, doté de plus de légitimité et de force qu’un ordre républicain. Un jeu de pouvoir qui se joue sans aucune considération pour l’électorat. Le prêtre suprême s’emploie à déplacer les pions sur sa liste. Comme si le nombre de députés refondés que les mages de la Cour allaient sortir de leur laboratoire de miracle était connu d’avance. A la manière de ce qui s’est passé après le 13 mars 2011. Par ailleurs, le refondateur dispose de l’arsenal qu’il faut pour parfaire une stature de despote grâce à ses chars d’assauts dressés pour faire le coup de feu en pleine cité, si nécessaire, à l’encontre de tout contestataire. Plus rien ne manque au tableau sur la route de la régression démocratique : le parti-Etat, la pensée unique, la répression, l’Etat sans constitution, sans loi, sans parlement. En plus d’un épilogue connu d’avance : telle présidentielle, telles législatives. Un drame qui se déroule à guichet fermé puisque personne, à l’étranger, sur les médias internationaux, ne souhaite évoquer ce spleen du modèle continental. Les nouveaux propriétaires de l’Etat n’en demandent pas plus ; jouir de leur forfait en toute inquiétude. Et après le Bénin refondé en Etat-Fcbe ?

L’Etat-Yayi très certainement !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

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Côte d’Ivoire : Les agresseurs de Laurent Gbagbo se mangent entre eux – Ibrahim Coulibaly tué par les hommes de Guillaume Soro

IB l’ex putchiste et chef du « commando invisible »

Malgré sa participation à la chute de Laurent Gbagbo, «IB» était perçu comme une menace par le pouvoir…

Les forces du président ivoirien Alassane Ouattara ont tué mercredi soir l’ex-putschiste Ibrahim Coulibaly, dit «IB», chef du «commando invisible» dans le nord d’Abidjan, qui était perçu comme une menace par le pouvoir même s’il avait contribué à la chute de Laurent Gbagbo.

IB a pris une famille en otage avant d’être tué

Plusieurs centaines de membres des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), équipés de pick-up surmontés de mitrailleuses lourdes et de lance-roquettes, ont lancé mercredi matin une attaque d’envergure contre le fief d’«IB» dans le quartier populaire d’Abobo (nord), a constaté l’AFP. Après cette «opération de sécurisation et de pacification», «IB est allé se réfugier dans une cour (d’habitations) non loin d’une usine à PK-18 (secteur nord d’Abobo)», a déclaré à l’AFP le capitaine Léon Kouakou Alla, porte-parole du ministère de la Défense.

Dans cette cour, Ibrahim Coulibaly «a pris en otage toute une famille. Les FRCI ont effectué des tirs de sommation à deux reprises et il a réagi avec des tirs nourris. Les FRCI n’ont eu d’autre choix que de riposter, et la riposte lui a été fatale», a ajouté le porte-parole. L’affrontement qui a eu lieu vers 20h (22h heure française) a fait «deux soldats tués et plusieurs blessés» côté FRCI, et «sept morts» dans le camp adverse, dont «IB» lui-même, a-t-il précisé.

IB préparait une «contre-offensive»

Les FRCI avaient durant la journée progressé dans son fief sans rencontrer de réelle résistance, alors que la population se terrait chez elle ou avait fui la zone, a constaté un journaliste de l’AFP. Mais à la mi-journée, l’ancien putschiste se disait en «lieu sûr» et assurait même qu’«en temps opportun» il lancerait une «contre-offensive».

Le «commando invisible» avait contribué à la chute de l’ex-président Laurent Gbagbo le 11 avril, en déstabilisant son régime par la prise de contrôle progressive du nord d’Abidjan au début de l’année. Le président Ouattara avait appelé vendredi l’ex-putschiste de 1999 et 2002 à désarmer ses hommes, sous peine d’y être contraint par la force.

Guillaume Soro a pris le dessus

«On demandait une semaine, dix jours, le temps de bien expliquer aux combattants qu’ils doivent désarmer sans conditions. Il faut les convaincre qu’ils peuvent déposer les armes sans craindre pour leur vie», avait déclaré à l’AFP au début de l’offensive Félix Anoblé, numéro deux du «commando invisible». «IB» avait demandé à être reçu par le chef de l’Etat pour se mettre à sa disposition. Son entourage avait mis en cause le Premier ministre Guillaume Soro, accusé de faire obstacle à cette demande.

Guillaume Soro a été l’adversaire historique d’Ibrahim Coulibaly au sein de la rébellion responsable du putsch raté de 2002 contre Laurent Gbagbo, force dont il prit finalement la tête et qui forme désormais le gros des FRCI. Des affrontements meurtriers avaient opposé en 2004 le camp Soro et celui d’«IB».

De 1.000 à 3.000 morts dans les violences post-électorales

Ibrahim Coulibaly, l’un des personnages les plus mystérieux de la scène ivoirienne depuis une décennie, avait revendiqué ces derniers jours sa part dans la chute de Laurent Gbagbo, tout en assurant se placer sous l’autorité d’Alassane Ouattara, dont il avait été le garde du corps. Abobo était l’un des derniers quartiers d’Abidjan qui échappaient au contrôle des FRCI. Elles doivent encore éliminer la menace des miliciens pro-Gbagbo de Yopougon (ouest), qui opposent toujours une résistance farouche.

Dans un entretien au quotidien français La Croix à paraître jeudi, Alassane Ouattara a évalué à près de 3.000 morts le bilan des violences post-électorales en Côte d’Ivoire, tandis que les Nations unies font état de près de 1.000 morts. Il a annoncé qu’il prévoyait d’organiser sa cérémonie d’investiture le 21 mai et qu’il allait créer «d’ici deux semaines» une commission Vérité et Réconciliation à la sud-africaine. Il compte nommer un «gouvernement d’union nationale» avant la fin mai.

© 2011 AFP

OUATTARA envoie une Bible à « sa sœur » SIMONE GBAGBO

Dans une interview, Alassane Ouattara président de la communauté internationale en Côte d’Ivoire dresse pour La Croix un premier tableau de son action et de ses urgences, deux semaines après le kidnapping du Président ivoirien Laurent Gbagbo.

VOUS VOUS ÊTES DIRECTEMENT ADRESSÉ AUX CHRÉTIENS POUR PÂQUES. QUEL EST LE SENS DE CETTE DÉMARCHE ?

Alassane Ouattara : Notre pays a été malheureusement divisé depuis de nombreuses années. Pâques célèbre la victoire de l’amour sur la haine. Je me suis dit que c’était une opportunité de m’adresser à mes frères et sœurs chrétiens pour leur dire qu’il faudra travailler à ce que le bien soit au-dessus du mal.

POURTANT VOUS INQUIÉTEZ UNE PARTIE DES CATHOLIQUES…

A. O. : Certains vous diront que quelques membres de la hiérarchie n’ont pas été tout à fait corrects… J’ai aussi reçu des gestes très fraternels de la part d’évêques comme l’archevêque d’Abidjan, Mgr Kutwa, et bien d’autres. Le nonce apostolique a aussi été très bienveillant à mon égard. Seule une minorité s’est laissé prendre par la haine ethnique et religieuse. La majorité des familles ivoiriennes est, comme la mienne, multireligieuse. J’ai des frères et sœurs musulmans, mon épouse est catholique, certains de mes enfants sont protestants, d’autres catholiques. Je compte sur l’aide de l’Église pour nous aider à nous réconcilier et reconstruire le pays.

COMMENT ALLEZ-VOUS METTRE EN ŒUVRE LA RÉCONCILIATION ?

Je vais créer d’ici deux semaines une commission Vérité et Réconciliation à l’image de ce qui a été fait en Afrique du Sud. La semaine prochaine, je reçois l’ancien directeur général de l’ONU, Kofi Annan, et Desmond Tutu pour en discuter ensemble. J’ai déjà choisi son président, il a accepté. Mais il est trop tôt pour dire son nom. Ce sera un laïc accompagné par deux religieux : un chrétien et un musulman.

LES IVOIRIENS ONT-ILS LE DÉSIR DE VIVRE ENSEMBLE ?

A. O. : Ils aspirent à la paix. C’est une minorité qui a utilisé la pauvreté des populations pour donner le sentiment que le problème était profond. La télévision y a beaucoup contribué. Cependant, nous n’avons pas vécu à proprement parler une guerre civile, même si selon mes informations, la crise a fait près de 3 000 morts. Depuis le 2 avril, nous avons ramassé 900 cadavres dans les rues. Une guerre civile aurait coûté des centaines de milliers de vies.

QUAND POURRA ÊTRE GARANTIE LA SÉCURITÉ DE TOUS LES HABITANTS ?

A. O. : Je me donne jusqu’à la fin du mois de juin. Cela va déjà beaucoup mieux qu’il y a deux semaines. Il y a encore trop de racket sur les routes. Il faut aussi sécuriser les frontières, mettre un terme aux trafics et entrées clandestines. J’ai envoyé mardi une mission pour faire le point dans l’ouest où les gens vivent encore dans la peur. Après avoir été à Monrovia pour établir la situation des réfugiés ivoiriens au Liberia, elle doit se rendre à Duékoué pour rencontrer la population. Il y a eu des crimes épouvantables dans cette région.

QUELLES SONT LES TROIS PLUS IMPORTANTES MESURES QUE VOUS ALLEZ PRENDRE ?

A. O. : Outre la commission Vérité et Réconciliation, axe fort de ma présidence, la deuxième sera la nomination d’un gouvernement d’union nationale, avant fin mai. Y figureront des ministres issus du FPI (le parti de l’ancien Président), à la condition qu’ils me reconnaissent comme président… ce qui n’est pas encore le cas. En troisième lieu, la mise au travail de l’administration. Il faut qu’en trois mois, la vie à Abidjan soit à nouveau normale et qu’à l’intérieur du pays, l’essentiel soit disponible : nourriture, médicaments, eau, électricité. J’ai mis en place un programme d’aide d’urgence d’environ 100 millions de dollars. Ensuite, je mettrai en œuvre le programme sur lequel j’ai été élu. Il est très ambitieux. Reconstruire, ce n’est pas le plus dur. Je l’ai fait pour tellement de pays en Afrique, en Asie et bien ailleurs ! J’ai les financements et j’ai la bonne équipe. Mais obtenir la paix et la réconciliation après ce que nous avons vécu depuis des années, c’est bien plus compliqué.

QUAND AURA LIEU VOTRE CÉRÉMONIE D’INVESTITURE ?

A. O. : Normalement le 21 mai. Plusieurs chefs d’État sont invités, dont le pape Benoît XVI.

QU’ALLEZ-VOUS FAIRE DE LAURENT GBAGBO ?

A. O. : Si je l’ai envoyé dans le nord ainsi que son épouse, c’est pour des raisons de sécurité. À l’hôtel du Golf, nous n’étions pas à l’abri d’un assassinat. Jusqu’à leur jugement, ils sont en résidence surveillée dans des villages liés à ma famille. Quand j’ai annoncé aux maires qu’ils allaient accueillir Simone Gbagbo, j’ai dit que c’était une sœur. Samedi, j’ai envoyé Mgr Antoine Koné évêque d’Odienné, la rencontrer. Elle lui a demandé une Bible et une paire de lunettes. La Bible lui a été aussitôt envoyée, et elle va recevoir les lunettes cette semaine. Je lui ai envoyé une télévision. Je tiens à ce qu’ils ne soient pas logés dans de mauvaises conditions.

AVEZ-VOUS DES NOUVELLES DES DEUX FRANÇAIS ENLEVÉS AU NOVOTEL ?

A. O. : Non. Je suis très inquiet. J’ai demandé à ce que les responsables militaires arrêtés soient interrogés. Cela n’a encore rien donné.

QUE SAVEZ-VOUS DE LA MORT DE PHILIPPE RÉMOND, À YAMOUSSOUKRO, LE 30 AVRIL ?

A. O. : Je ne sais pas encore s’il s’agit d’un crime crapuleux ou politique. J’attends les résultats de l’enquête.

ET LA VÉRITÉ SUR LA DISPARITION DU JOURNALISTE GUY-ANDRÉ KIEFFER ?

A. O. : C’est un dossier lourd. La justice a été utilisée pour empêcher l’enquête. Je tiens à ce que l’on sache ce qui s’est passé, qui l’a tué.

Recueilli par LAURENT LARCHER, À Abidjan

Déclaration de Mme Brigitte Kuyo, représentante du FPI en France à sa sortie du commissariat de police

Chers amis,

Je suis enfin sortie du commissariat de police.

En effet, sur instruction du génocidaire Alassane Dramane OUATTARA, cet imposteur d’Aly COULIBALY a porté plainte contre moi au nom de l’Etat ivoirien.

Il m’accuse de l’avoir empêché d’entrer en possession d’une des voitures de l’Ambassadeur Pierre KIPRE. Grossièrement, il m’accuse d’avoir volé une voiture de l’ambassade.

A la question de la police de savoir pourquoi cette accusation, il affirme dans sa plainte que c’est elle qui a volé la voiture parce que c’est la Représentante du Front Populaire Ivoirien, le parti de Laurent GBAGBO.

Mon Dieu comment la Côte d’Ivoire peut-elle tomber aussi bas ?

Comment peut-on parler de réconciliation dans ce climat de chasse aux sorcières ?

J’ai dit à la police que je ne me reconnaissais pas dans les allégations fantaisistes d’Aly COULIBALY et que d’ailleurs je ne le reconnaissais pas comme Ambassadeur de mon pays. Que Monsieur COULIBALY n’avait pas le droit d’agir au nom de la Côte d’Ivoire et que je me réservais le droit de porter plainte contre cet individu pour procédure abusive.

Enfin, après avoir constaté que j’étais accusée sans preuve alors que je ne travaille même pas à l’ambassade, je me réservais le droit de porter plainte contre Aly COULIBALY pour diffamation, propos mensongers et dénonciation calomnieuse.

Dossier transmis au procureur de la République, affaire à suivre.

A ma sortie du commissariat, les nombreux camarades et moi avons improvisé un meeting de soutien au combat, dans une ambiance de fraternité et de solidarité.

J’ai compris que les méthodes d’intimidation d’Alassane Dramane OUATTARA et d’Aly COULIBALY dont le but est de nous bâillonner, n’effriteront pas notre détermination.

Chers amis, je remercie tous ceux qui très nombreux ont fait le déplacement pour me soutenir au commissariat. Merci à François GUINA, Maître Gervais TETI, Georgette NEKALO, Séri OBRE, Guillaume OULAI, Guy DAGOU, Thibaud OBOU, etc.

Je remercie ceux qui n’ont pas pu y aller mais qui étaient de tout cœur avec nous pour la lutte.

C’est le lieu d’exiger encore une fois, la libération immédiate et sans condition du Président GBAGBO, de son épouse Simone GBAGBO, de sa famille, du Président AFFI N’GUESSAN et de tous nos camarades détenus par Alassane Dramane OUATTARA et son ami Nicolas SARKOZY ;

C’est le lieu d’exiger encore une fois, l’arrêt des tueries, de l’épuration ethnique, des exactions contre les populations, des vols, des pillages organisés par Alassane Dramane OUATTARA sous l’œil complice de Nicolas SARKOZY ;

C’est le lieu d’exiger encore une fois le retour à l’ordre constitutionnel.

Fait à Paris le 26 Avril 2011

Brigitte KUYO,

Représentante du Front Populaire Ivoirien en France (FPI-France)

0613325020 / 0620078624

fpifrance@hotmail.fr / fpifrance@hotmail.com

Burkina Faso : Des tirs nourris entendus dans plusieurs villes

(AfriSCOOP ) — Des tirs nourris et quelques détonations ont été entendus dans la nuit de mercredi 27 au jeudi 28 avril à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso soumise à un couvre-feu depuis bientôt deux semaines, et dans d’autres villes du pays, a appris Afriscoop de sources concordantes.

Il s’agit d’une nouvelle mutinerie qui a éclaté dans une caserne de Crs (Compagnie républicaine de sécurité, police) sise au quartier de Dassasgho, dans l’est de la capitale.

Selon des témoins, les tirs nourris d’armes automatiques, accompagnés de quelques détonations, ont été entendus pendant des heures. De nombreux policiers étaient sortis dans les rues du quartier où ils tiraient en l`air.

Le mouvement qui a débuté vers 22Heures (locale et Gmt) s’est étendu à d’autres villes de l’intérieur à savoir Bobo-Dioulasso (sud-ouest) et Dédougou (ouest) où des habitants joints au téléphone ont affirmé avoir entendu des coups de feu venant également des casernes des Crs de ces deux ville.

Il faut signaler que la mutinerie qui touche le Burkina Faso depuis deux mois ne concerne jusqu’à présent essentiellement que les militaires. Ce mercredi, une violente manifestation de commerçants et de jeunes a eu lieu à Koudougou (centre) où la mairie, la résidence du maire et la direction de la police municipale ont été saccagées, pillées et incendiées par les commerçants en colère.

Depuis janvier 2011, c’est toutes les catégories sociales qui s’en sont pris au régime de la IVe république dirigé par le président Blaise Compaoré qui est un ancien militaire arrivé au pouvoir, il y a 24 ans à la faveur d’un coup d’État contre son ancien compagnon d’armes Thomas Sankara.

Ces manifestations très violentes qui ont occasionnées au moins six morts et 45 personnes blessées par balles depuis ont lieu dans plusieurs villes du pays, dont la capitale Ouagadougou où un couvre-feu a été instauré mi-avril, suite aux mutineries de soldats de la garde personnelle de M. Compaoré.

Face à cette série de contestations militaires, des scolaires et des commerçants, Blaise Compaoré a dissout et nommé un nouveau gouvernement. De nouveaux responsables à la tête des armées de terre, de l’air et de la gendarmerie ont aussi été nommés.

Dans une déclaration rendue publique dimanche, les 34 partis d’opposition ont appelé à une « grande mobilisation » le 30 avril 2011 prochain à Ouagadougou contre le régime du président Blaise Compaoré qui depuis 1991, s’est fait réélire quatre fois avec plus de 80% des voix dans des scrutins contestés par ses opposants.

RDC : «Qui a tué Laurent-Désiré Kabila ?»

« Qui a tué Laurent-Désiré Kabila ? ». C’est le titre d’un documentaire diffusé ce 27 avril 2011 sur la chaîne de télévision, France O. Une chaîne disponible, partout dans le monde, sur le bouquet Canal Satellite Horizon.Depuis le 16 janvier 2001, jour de l’assassinat du président Laurent-Désiré Kabila, l’énigme persiste. On ne sait pas toujours pas qui est derrière la main de Rachidi, l’assassin du président. Dans ce documentaire, de nombreux Congolais témoignent. Le mystère commence à s’éclaircir. L’un des deux auteurs du film, Arnaud Zajtman, répond aux questions de RFI.

Depuis le 16 janvier 2001, c’est une énigme. On ne sait pas toujours pas qui est derrière la main de Rachidi, l’assassin du président Kabila. Dans ce documentaire, de nombreux Congolais témoignent. Le mystère de ce complot commence à s’éclaircir. L’un des deux auteurs du film, Arnaud Zajtman, répond aux questions de RFI.

RFI : Arnaud Zajtman, dans le documentaire que vous avez réalisé sur l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, le 16 janvier 2001, vous partez d’un constat : aucune des trente personnes condamnées à mort en 2003 n’est coupable de ce meurtre.
Arnaud Zajtman : Aucune n’est coupable de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila.

RFI : On sait qui a tué Laurent-Désiré Kabila, dans son bureau du palais de marbre, c’est Rachidi Kasereka, l’un de ses gardes du corps. Mais dix ans après, on ne sait toujours pas qui a commandité cet assassinat.

A.Z. : Effectivement, dans le film, j’ai suivi les pistes, à savoir celles d’un petit nombre de gardes du corps. Ils étaient liés à un homme d’affaires libanais qui en a assuré la logistique et qui, lui-même, avait des contacts avec le groupe rebelle pro-rwandais RCD (le Rassemblement congolais pour la démocratie). Ces rebelles, à l’époque, occupaient l’est de la RDC. Et ces mêmes gardes du corps avaient également, à l’époque, des contacts avec l’attachée de Défense de l’ambassade des Etats-Unis. Et donc, d’après mes investigations, toutes ces personnes sont, à différents égards, impliquées dans le complot.

RFI : On connaît Rachidi Kasereka, ce garde du corps qui a tiré et qui a ensuite été abattu par l’aide de camp du président, Eddy Kapend. On connaît moins Georges Mirindi, autre garde du corps, complice de Rachidi. Il attendait celui-ci avec un véhicule à l’extérieur de la présidence et il s’est enfui.

A.Z. : En effet, il y a eu un complot dans lequel un petit nombre de gardes du corps étaient impliqués, Mirindi étant le seul rescapé de cette aventure. Mais au moment où il faut trouver des coupables, ceux ayant été impliqués dans le complot et ayant réussi à fuir, c’est tout l’entourage de Laurent-Désiré Kabila qui est arrêté et aujourd’hui ils sont encore cinquante à Makala, dans la prison centrale de Kinshasa parmi lesquels Eddy Kapend qui pourtant a tenté de sauver le régime.

RFI : Alors Mirindi, ce complice de Rachidi, vous l’avez retrouvé, il est en Suède où il est exilé. Dans ce film, il vous parle, mais malheureusement, il vous ballade un peu ?

A.Z. : Il nous ballade complètement. Mais l’image ne ment pas. On voit qu’il nous ballade, on le voit dans son attitude physique. C’est cela que nous avons montré. Nous ne sommes pas de la police. Je n’ai pas de moyens coercitifs pour forcer les gens à me dire la vérité.

RFI : Première piste que vous explorez, celle du commandant Anselme Masasu. Rachidi et Mirindi étaient des hommes du commandant Masasu que Kabila avait fait exécuter deux mois plus tôt. Les hommes de Masasu auraient-ils voulu venger sa mort ?

A.Z. : En effet, les gardes du corps de Laurent-Désiré Kabila avaient été recrutés par Masasu qui est ce compagnon d’armes que Kabila fait tuer au mois de novembre. Et c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, l’élément qui vient rajouter à la frustration déjà grande des gardes du corps puisqu’ils sont mal payés. Laurent-Désiré Kabila est imprévisible. De temps en temps, il envoie ses gardes du corps au cachot. Donc l’assassinat de Masasu ne vient que renforcer les frustrations des gardes du corps.

RFI : Deuxième piste : Bilal Héritier, cet homme d’affaires libanais que Kabila a écarté du marché du diamant quelques semaines plus tôt. Est-ce une piste sérieuse ?

A.Z. : C’est une piste sérieuse effectivement dans l’organisation du complot, à savoir que Bilal Héritier, à l’époque où le pays est divisé, a déjà des contacts dans l’est du Congo occupé par les rebelles pro-rwandais du RCD. C’est lui qui fournit la logistique de l’assassinat. C’est lui qui fournit un appartement mis à la disposition des gardes du corps qui font le coup. Et le soir de l’assassinat, c’est chez lui que trouve refuge le complice de l’assassin, Georges Mirindi.
Les services de sécurité apprennent que Georges Mirindi s’est réfugié là-bas. Et donc en représailles, c’est le major Lengue un proche parmi les proches de Joseph Kabila (le fils) qui va arrêter onze Libanais qui seront ensuite exécutés, ce qui nous laisse penser que cette arrestation s’est faite sous les ordres de Joseph Kabila. Donc onze ressortissants libanais, qui eux-mêmes sont innocents, mais qui étaient pour leur malheur voisins d’un diamantaire libanais qui, lui, était impliqué dans le complot.

RFI : Troisième piste : le Rwanda. Vous indiquez dans le documentaire que, juste après l’assassinat, Mirindi le garde du corps et Héritier l’homme d’affaires libanais s’enfuient à Goma dans l’est, c’est-à-dire dans la zone sous contrôle rwandais.

A.Z. : Ils s’enfuient dans la zone sous contrôle de la rébellion congolaise soutenue par le Rwanda. En effet, j’ai rencontré d’ailleurs à l’époque Bilal Héritier dans la résidence du secrétaire général du RCD de l’époque, Azarias Ruberwa. Ces deux hommes étaient, à l’époque, très proches, ce qui nous laisse penser que le RCD et probablement le Rwanda en savaient quelque chose. D’ailleurs, le soir de l’assassinat, c’est l’un des responsables de la sécurité du Rwanda qui dit à un diplomate britannique « ce sont nos hommes qui ont fait le coup ».

RFI : Ce fameux Bilal Héritier n’a pas voulu parler dans votre film ?

A.Z. : Il nous a donné rendez-vous en Afrique du Sud. Je suis allé jusqu’en Afrique du Sud pour le rencontrer. J’ai eu une conversation téléphonique avec lui avant d’y aller. Je lui ai parlé au téléphone une fois arrivé en Afrique du Sud, mais assez vite, le téléphone ne répondait plus. Et effectivement, il n’a pas voulu parler.

RFI : Quatrième piste : les Etats-Unis. Vous vous demandez si, comme pour l’assassinat de Lumumba 40 ans plus tôt, en 1961, les Américains n’ont pas été mis au courant avant le crime et auraient laissé faire ?

A.Z. : En effet, j’ai recueilli les témoignages de l’ancienne attachée de Défense de l’ambassade américaine à l’époque. Il s’agit d’une femme, le colonel Sue Ann Sandusky, dont la carte de visite a été trouvée dans les affaires de Rachidi, l’assassin. Elle m’a confirmé qu’elle était en contact avec les gardes du corps, qu’elle leur offrait des bières. Mais évidemment, elle nie toute implication dans l’assassinat. On peut comprendre qu’elle tente de nouer des contacts dans le sérail, mais on se demande quand même de quoi elle a pu parler avec de jeunes gardes du corps swahiliphones à l’époque.

RFI : Chacun sait que les vrais coupables sont donc dans la nature. Vous montrez d’ailleurs un Joseph Kabila mal à l’aise, lors d’une conférence de presse où il répond à une question que vous lui posez sur ce sujet. Mais vous donnez aussi la parole à un « kabiliste », le sénateur Abdoulaye Yerodia, qui a cette phrase terrible : « Je pense que ce n’est pas Eddy Kapend le coupable. Mais on ne peut lutter en faveur d’Eddy Kapend que si l’on trouve un autre coupable ».

A.Z. : Effectivement, c’est avec un cynisme déconcertant qu’Abdoulaye Yerodia nous donne en fait la position du régime sur cette affaire, à savoir : il faut que des gens payent pour asseoir ce pouvoir, il faut que des gens payent pour cet assassinat.

Propos recueillis par Christophe Boisbouvier

Trois Raisons fondamentales pour dissoudre le Fonds Monétaire International

Après la seconde guerre mondiale, il nécessitait de réorienter les relations économiques, financières et monétaires internationales. Dans ce contexte, sous l’égide des Etats Unis et de la Grande Bretagne, fut organisée en juillet 1944, dans la ville de Bretton Woods, une conférence internationale. A l’issue de celle-ci, furent créés le Fonds Monétaire International et la Banque internationale pour la reconstruction plus connue sous le nom de la Banque Mondiale. A la base, le FMI a été produit pour être une institution monétaire qui œuvre pour la stabilité du système monétaire international. Il veille au respect des grands équilibres macro-économiques, budgétaires et financiers. Il assiste les pays en développement en leur apportant des aides financières surtout à ceux qui ont des difficultés pour redresser leurs balances des paiements.

Mais de nos jours, une critique exigüe du FMI révèle qu’il ne remplit pas son rôle d’institution neutre conçue pour fournir des crédits volumineux aux économies délabrées, tronquant ainsi le premier article de ses statuts : « Encourager la coopération monétaire internationale; faciliter l’expansion et l’accroissement harmonieux du commerce mondial; promouvoir la stabilité des changes; aider à établir un système multilatéral de paiements; mettre temporairement, moyennant des garanties adéquates, ses ressources générales à la disposition des États membres qui font face à des difficultés de balance des paiements ».

Autrement dit, le FMI faille à sa responsabilité d’assurer la stabilité du système financier international et de l’émergence économique. Pis, il cautionne, étouffe et camoufle la mondialisation qui n’est rien d’autre qu’un système d’exploitation et de distribution très inéquitable dans un processus ne conduisant pas à une intégration des flux commerciaux, des ressources scientifiques et technologiques, des systèmes productifs et des marchés financiers. Ce qui est sur le Fmi est confronté à plusieurs aléas de sur montage liés à plusieurs facteurs. Ce pour cela que certains Economistes, experts du développement et quelques dirigeants des PED soutiennent que cette institution mérite une reforme en profondeur tant sur le plan structurel que conjoncturel.

Pour mieux comprendre cette remise en cause, les altermondialistes et la nouvelle génération de jeunes économistes se focalisent sur trois raisons fondamentales et techniques qui permettent d’argumenter la dissolution définitive du FMI : l’échec des politiques d’ajustements structurels que le Fonds Monétaire International avec la Banque Mondiale avaient édicté aux pays du Tiers Monde, ensuite les dysfonctionnements du FMI face aux récurrentes crises financières qui ont attaqué l’économie mondiale, et enfin, le négationnisme du FMI face à la globalisation de l’économie internationale.

Primo, les politiques d’ajustement structurels édictées par la Banque Mondiale et le FMI n’ont pas relancé les économies du Tiers Monde. Au contraire, ces plans ont enfoncé ces pays pauvres dans un pépin économique. En effet, ces institutions de Bretton Woods ont imposé aux pays du tiers monde qui avaient déjà une économie délabrée, de libéraliser les entreprises productives en se désengageant de leur capital. Soit une baisse de dépenses publiques face à une rentrée de recettes.

Ensuite de réorienter leurs économies vers le commerce international en exportant vers les pays industrialisés des matières premières contre des technologies légères, des produits manufacturés et une partie des céréales de base. Ce piège a constitué un facteur bloquant puisque ces pays sont marginalisés dans le jeu des échanges globaux où leur part constitue 1,2 % du marché mondial unifié. Ces termes de l’échange entre le Nord et le Sud subsistent antagoniques parce que les prix des matières premières sont cotés sur les marchés boursiers de Wall Street, Chicago et de la City, et, ne cessent de baisser constamment, contrairement aux cours des produits manufacturés.

En conséquence, ces pays se voient disqualifiés par des fluctuations ostensibles, à vendre des matières premières sans valeur ajoutée. Par exemple, le continent africain a vu le déficit de sa balance commerciale passer de 600 millions de dollars en 1990 à prés de 25 milliards de dollars en 2005. En conséquence, ces règles remèdes appliquées à la lettre ont buté à un fiasco puisqu’elles sont bardées de lacunes, et, qui ont compliqué d’avantage la tentative de stabiliser les balances de paiements, d’équilibrer les politiques budgétaires et de maitriser le déficit des finances publiques. D’ailleurs les Economistes du développement et les altermondialistes interprètent ces plans de relance comme un piège du libéralisme sauvage.

Secundo, l’immobilisme du FMI face aux récurrentes crises financières, dégage l’impression que cette institution a perdu son rôle de gardien de la stabilité des échanges financiers et monétaires. D’abord pour le choc pétrolier de 1973, le Fmi est resté impuissant face à l’OPEP qui a décidé brusquement de former un puissant cartel et de quadrupler les prix du pétrole et qui eu pour effet l’augmentation vertigineuse des coûts de nombreux produits de consommation dans les pays industrialisés et, par conséquent, une inflation mal gérée.

Afin de maîtriser celle-ci, les pays industrialisés ont élevé les taux d’intérêts, ce qui a ralenti de façon sensible la croissance mondiale en provocant une récession généralisée. Ensuite, plus tard, le FMI a mal administré la crise asiatique de 1997 par une gestion exagérément restrictive sur le plan monétaire que budgétaire, malgré que l’organisme ait cherché à éviter la contagion sur les marchés financiers. Le FMI en tant que gardien du système monétaire et financier international n’a pas su prévenir. De facto, on peut dire que son système de prévention et de contrôle des marchés financiers est inefficace.

L’économiste libéral Milton FRIEDMAN, a même déclaré que « sans le FMI, il n’y aurait pas le problème de l’Asie ». Concernant la crise des subprimes, le FMI n’a pas su avertir avec des indicateurs précis le gouvernement étasunien d’une éventuelle récession économique qui serait due à l’incapacité prochaine des ménages américains de payer leurs dettes.

Tertio, le FMI a toujours camouflé l’iniquité de la mondialisation qui est un système d’exploitation injuste. Au contraire, le FMI cautionne le jeu pipé des échanges internationaux où par exemple le continent africain entier n’est impliqué qu’à 1,2% et ne reçoit que 1,3% des investissements directs à l’étranger. Malgré cela les plans de relance du FMI dirigent les pays du Tiers monde à se spécialiser dans le commerce international. Or, l’Afrique perd plus en exportant vers le Nord des matières premières contre des technologies, des produits manufacturés et une partie des céréales de base. Ces termes de l’échange entre le Nord et le Sud sont contradicteurs. Par exemple, une économie agricole à 70 % comme le Sénégal et qui exporte 90 % de ses produits primaires subit un désavantage des chocs externes. Le président Hugo Chavez a eu raison de retirer le Venezuela de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International en les qualifiant de « mécanismes de l’impérialisme destinés à exploiter les pays pauvres ».

Pour conclure, le Fonds Monétaire International est par définition une organisation appartenant à 185 nations libres. En tant que gardien des marchés financiers, son rôle est d’assurer la stabilité du système monétaire et financier international de même que l’émergence économique. Il doit non seulement prévenir mais contrecarrer les crises financières en apportant une assistance technique et financière aux économies pauvres. Pour cela, il se doit de se reformer en profondeur en changeant sa réglementation, ses droits de vote et en associant davantage les pays émergents et les pays en développement. Il doit accorder des crédits volumineux aux pays pauvres pour endiguer définitivement la précarité tout en ayant un droit de regard sur l’utilisation efficience des créances allouées. Malheureusement, il avalise la globalisation qui n’est rien d’autre qu’un système d’exploitation et de distribution très inéquitable avec un processus ne conduisant pas à une intégration des flux commerciaux, des ressources scientifiques et technologiques, des systèmes productifs et des marchés financiers. Pis, ses plans de relance ont hypothéqué les économies des pays pauvres dans une crise concave sans issue. En sus, le FMI continue d’ignorer royalement les schémas d’action proposés et élaborés par des experts du continent noir.

Cheikh Sidiya DIOP

Analyste Auditor JJW France,

Doctorant ès Sciences Economiques

Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

csdiop.audit@jjwhotels.com

Cheikh-Sidiya.Diop@malix.univ-paris1.fr

SEPTEMBRE 2008

La Dernière Étape Avant la Disparition du Noir d’Afrique

La Dernière Étape Avant la Disparition du Noir d’Afrique

Stop au Pillage des Terres en Afrique et Partout dans le Monde

Stop Land Grapping in Africa and Anywhere in the World

Cette histoire de Terres africaines vendues ne me laisse pas de répit depuis au moins trois ans.

Alors il est plus que temps de se mettre ensemble pour se concentrer sur ce sujet tout particulièrement. Plus de terre…plus de peuple…plus d’avenir ! Je pense que c’est pire que le vol des matières premières. C’est une souillure que je ressens au plus profond.

La terre qui a vu apparaître l’Homo sapiens et « qu’on » a confié aux noirs d’Afrique, ne peut être vendue pour qu’on y fasse de l’agriculture intensive avec des pesticides et des OGM.

Pour qu’on chasse ceux qui l’occupent et qu’on souille les nappes phréatiques et les cours d’eau comme on a déjà fait ailleurs.

Les politiciens locaux mal informés et véreux, passent des contrats avec des baux de 99 ans, sans aucun contrôle ni contrepartie. Ils ne seront plus là pour vérifier les conséquences catastrophiques de leurs forfaitures…hypothéquant déjà l’avenir des générations à venir. On parle de loyer de 15 à 100 dollars l’hectare par an voir encore moins…une chimère !

L’issue ne fait aucun doute, c’est la CATASTROPHE. L’actuel gouvernement d’Ethiopie par exemple et bien d’autres sont complètement irresponsables mal informés et distribuent à tout va les terres sur lesquels d’autres vivent sans les consulter…

Ils ne ressassent qu’un modèle économique qui nous mène au désastre écologique, économique, culturelle, spirituelle…

Il nous faut stopper cela…« by any means necessary »… »par tous les moyens possibles ».

D’énorme concession forestière hors de tout contrôle ont été « attribuées » depuis longtemps aux occidentaux…a-t-on vu un développement de ces régions ? Non et il n’y en aura jamais.

Ceci ne peut se faire qu’en fédérant et coordonnant nos forces. Il nous faut dans chaque pays des « agents » dans les cadastres pour nous signaler ces abus et toutes les zones qui ne sont pas entre les mains des « nationaux »..; attention aux noms d’emprunt ou prête-nom !

Chaque personne qui voyage en Afrique et qui tombera sur des terrains clôturés…ou labourés intensivement sur des surfaces à perte de vu devra se renseigner pour faire remonter l’info… Nous trouverons et mettrons les photos de ses « voleurs »…empoisonneurs.

De façons très urgentes il faut collecter le nombre d’hectares actuels déjà achetés et par qui.

Ensuite il faut faire un site des plus simples pour y mettre une carte d’Afrique avec les zones achetées. Décliné en carte par pays d’Afrique…

Il faut également tisser des alliances avec les organisations qui sur les autres continents s’occupent de cette question particulière…qui est à mon sens la mère des rapines…

Je pense à un site web par exemple avec une carte d’Afrique, lorsque vous passez la souris sur la carte ou par pays un menu pop up s’affiche et donne le nombre d’hectare, le lieu sur la carte et les « propriétaires »…le type de culture si possible et ce qui pourra se passer à terme.

Il faut faire plusieurs cartes…avec une carte prévisionnelle qui montre à terme que toutes les terres auront été achetées… Pour que les gens comprennent il faudra de l’imagination.

Un investisseur indien « possède » 300 000 hectares en Ethiopie et il en veut encore et encore…et il n’y a pas que lui. 300 000 hectares ! Son terrain fait déjà 70 km sur 42 km…, imaginé le temps que vous mettez en voiture pour faire le tour ! Il a chassé les habitants, confisqué une colline sacrée ! Il dit vouloir contrôler 10% de la production mondiale de riz !

Une superficie deux fois plus grand que la Suisse cédée pour 99 ans à des agriculteurs sud-africains.

Une convention pour mettre 80 000 ha de terre à disposition, dans les départements du Niari (63 000 ha) et de la Bouenza (17 000 ha), dans le Sud du Congo Brazzaville, avait été signée, jeudi 10 mars 2011 à Pointe-Noire, entre le gouvernement congolais et Congo Agriculture, société constituée par des fermiers d’Agri SA d’Afrique du Sud.

Le protocole d’accord avait été paraphé par les ministres Pierre MABIALA des Affaires foncières, Rigobert MABOUNDOU de l’Agriculture et de l’Elevage, André BOTHA, président de la société Congo Agriculture, et Tho De JAGER, vice-président de la corporation des fermiers sud-africains Agri SA.

Cliquez et Ecoutez : http://ddata.over-blog.com/2/63/82/20/CONGO-Terres_Document_Rfi.mp3

Une personne comme vous et moi de passage sur terre qui avec 500 g de riz en a plus que suffisamment pour un jour, 150 kg cela est plus que suffisant pour la consommation annuelle d’une personne. Lui veut contrôler 10% de la production mondiale sur des terres sacrées…c’est une mentalité diabolique !

–   IL FAUT ERADIQUER CETTE MENTALITE DE LA PLANETE SINON ELLE NOUS EMPORTERA TOUS.

–   Il faut FRAPPER L’INCONSCIENT des stupides qui prennent les décisions de céder les terres. Un comble et ils se plaignent de ne pouvoir nourrir la population !

Nous sommes très nombreux sur tous les continents concernés par cela donc nous allons briser cette ultime forfaiture.

C’est la dernière étape avant la disparition du noir d’Afrique, qui sera mis dans des réserves et servira un autre esclavage…et ne pensez pas que parce que nous avons quelques moyens actuels pour envoyer nos enfants faire des études hors d’Afrique que nous allons y échapper…

Ils ne seront pas le bienvenu hors d’Afrique…et sur la terre de leurs ancêtres ils ne pourront même pas s’établir !

Aucun pays au monde n’a bâti sa sécurité alimentaire avec une production totalement confiée aux mains d’étrangers qui, en l’occurrence, quand on n’a pas oublié l’histoire encore récente de notre continent, sont arrivés en Afrique du Sud avec pratiquement les mêmes procédés, et ont fini par devenir propriétaires des terres avant d’instaurer l’apartheid…

La vie dans les villes de l’occident deviendra impossible et les capitales africaines dans la configuration actuelle prennent le même chemin cela ne saurait tarder.

Seule la possibilité d’un retour à la terre en Afrique permettra d’atteindre un changement du rapport de force pour reprendre notre destin en main.

Les acheteurs : La Chine (40% des agriculteurs du monde pour 9% des terres agricoles de la planète) a signé une trentaine d’accords avec des entreprises chinoises pour un accès aux terres agricoles étrangères qu’elles louent ou achètent afin d’y installer des exploitations de riz, soja, maïs…, l’Inde, le Japon, la Malaisie, la Corée du Sud, l’Egypte, les Emirats Arabes Unies, la Libye, Bahreïn, la Jordanie, le Koweït, le Qatar, l’Arabie Saoudite, l’Afrique du Sud…

Dans le cadre du Conseil de Coopération du Golfe, les Etats du Golfe ont conclu des accords « pétrole contre terres agricoles » pour leurs entreprises.

–  l’Egypte a signé un contrat avec le Soudan, pour produire du blé dans le Nord du pays,

–  en août 2008, la compagnie suédoise Alpcot-Agro exploitait 135 000 ha en Russie pour les céréales et les oléagineux.

–  Mitsui (Japon) a acheté en novembre 2007, 100 000 ha de terres agricoles au Brésil pour produire du soja

–        en 2008, le gouvernement libyen échange fourniture de gaz et de pétrole contre l’exploitation de 250 000 ha de terres en Ukraine.

–  la Chine a acquis ces dernières années des centaines de milliers d’hectares de terres au Cameroun, en Australie, au Laos, aux Philippines

Les cartes de la sous-alimentation et celles des pays loueurs ou vendeurs de terres se superposent comme le Soudan qui a bénéficié de la plus grosse opération du PAM (Programme Alimentaire Mondial) en 2008. Beaucoup de pays n’ont pas de mécanismes de protection des droits et intérêts locaux lors d’acquisitions de terres à grande échelle.

AU-DELA DU RIDEAU DE FUMEE

Le rapport de la Banque Mondiale sur l’accaparement des terres

Le 7 septembre 2010, la Banque Mondiale a finalement décidé de publier son rapport très attendu sur l’accaparement des terres agricoles au niveau mondial. Après des années de travail, plusieurs mois de négociations politiques et des dépenses dont on ne connaît pas l’ampleur, le rapport a été négligemment publié sur le site Internet de la Banque Mondiale, en anglais seulement… 

Ce rapport constitue à la fois une déception et un échec. Tout le monde s’attendait à ce que la Banque fournisse des données de terrain nouvelles et indiscutables sur ces « acquisitions foncières à grande échelle » (pour reprendre sa terminologie) qui suscitent tant de controverses depuis 2008.

Après tout, on suppose que la Banque Mondiale bénéficie d’un accès privilégié aux entreprises et aux gouvernements dont les journalistes et les chercheurs des ONG ne disposeront jamais. La Banque Mondiale elle-même déclare que c’était sa principale ambition.

Pourtant, il n’y a pas grand-chose de nouveau dans ce document de plus de 160 pages. La Banque Mondiale avait annoncé qu’elle allait étudier concrètement 30 pays, mais le rapport n’en aborde que 14. Il s’avère en fin de compte que des entreprises ont refusé de communiquer des informations sur leurs investissements dans des terres agricoles, tout comme des gouvernements qui fournissent les terres.

La Banque Mondiale s’est donc tournée vers farmlandgrab.org, un site web géré par GRAIN, a constitué une base de données de toutes les transactions signalées par les médias et répertoriées sur le site, et a dépêché des équipes de consultants pour voir si elles étaient réelles ou non. Est-ce là tout ce que pouvait faire la Banque Mondiale ?

RDC – Projet de culture du maïs : « Les investissements ont entraîné l’expulsion des cultivateurs locaux, les repoussant dans un parc national où les agriculteurs paient maintenant des gardes pour les laisser cultiver à l’intérieur de la réserve ; d’autres agriculteurs ont dû se réinstaller à 50 km de distance et louer des terres aux populations locales. Sols pauvres en minéraux très exposés à l’érosion à la suite de l’élimination de la biomasse. Aucune étude d’impact sur l’environnement exigée… »

–  Liberia – Projet de riziculture : « Des problèmes économiques ont amené l’investisseur à empiéter sur des zones humides fertiles, en contradiction avec les accords passés avec la communauté (qui n’ont pu être appliqués) et 30 % de la population locale a été déplacée. Aucune indemnisation n’est offerte à tous ceux qui ont perdu des droits. Quatre cents emplois à plein temps ont été créés pour des ouvriers non qualifiés (essentiellement des anciens combattants), mais on s’inquiète de l’embauche d’étrangers prêts à travailler pour des salaires moins élevés. Suite à la déforestation, plus de 50 ha de marais se sont envasés dès la première année d’exploitation ».

Liberia – Concession d’exploitation forestière (exemple de « pacte social » d’accompagnement) : « Un accord social précise clairement le paiement de loyers et un partage des bénéfices avec le gouvernement, mais la clause interdisant aux investisseurs d’entraver les utilisations coutumières du bois d’œuvre et des autres produits forestiers n’est pas respectée. Les investissements ont donc conduit à une restriction de l’accès de la communauté aux produits de la forêt dans un contexte de croissance démographique et de réduction des terres agricoles ».

–  Mozambique – Canne à sucre: « Seulement 35-40 personnes ont été employées à plein temps plus environ 30 de façon saisonnière malgré une promesse de l’investisseur de créer 2 650 emplois. (…) Les populations locales ont perdu l’accès à la forêt pour le bois de feu, la viande de gibier et le poisson. L’investisseur utilise l’approvisionnement local en eau et les routes sans fournir d’indemnisation, ce qui porte préjudice aux femmes qui viennent chercher l’eau. L’étude d’impact sur l’environnement a relevé des impacts négatifs potentiels des produits phytosanitaires sur le sol, l’air et l’eau et a recommandé des mesures d’atténuation. Également un impact négatif du déboisement sur la production de canne à sucre ».

Tanzanie – Bétail + jatropha : « Joint-venture entre des sociétés néerlandaises et tanzaniennes ; les terres appartiennent à quatre villages qui doivent encore approuver les transferts à l’investisseurs ; seul un village a jusqu’ici accordé des droits fonciers. L’investisseur veut louer les terres directement à des villages locaux, en violation de la Loi sur les terres villageoises. Impacts potentiellement négatifs sur l’accès des communautés pastorales aux pâturages, au bois de feu et à l’eau. Les bénéfices attendus au niveau de l’emploi ne sont pas quantifiés ».

Zambie – Cultures d’exportation : « Inquiétudes locales vis-à-vis d’un éventuel déplacement. Éventuel déplacement de population, perte d’accès aux produits de la forêt, notamment à des chenilles comestibles. Les surfaces boisées du miombo, intactes sur le site, pourraient souffrir de l’impact négatif d’un déboisement pour l’agriculture ; les impacts sur l’environnement actuels sont limités au déboisement lié à la construction d’une route et d’un barrage et à l’érosion du sol qui l’accompagne ».

Des résultats qui font peur 

Les résultats obtenus par les chercheurs et les informateurs corroborent ce que beaucoup disent depuis maintenant deux ans. Oui, un « énorme » mouvement d’accaparement des terres dans le monde est engagé depuis les crises alimentaire et financière de 2008, et il ne trahit aucun signe de ralentissement.

La Banque Mondiale indique que les 463 projets qu’elle a dénombrés à partir du site farmlandgrab.org entre octobre 2008 et juin 2009 représentent une superficie d’au moins 46,6 millions d’hectares et que la majorité de ces terres sont situées en Afrique subsaharienne.

Les comptes rendus d’enquête de terrain ont confirmé que 21 % de ces projets sont « en exploitation », plus de la moitié en sont à un stade de « développement initial » et près de 70 % ont été « approuvés ».

La Banque Mondiale minimise l’importance de ces chiffres et y voit la preuve que l’accaparement des terres relève plus du battage médiatique que de la réalité. Nous pensons, au contraire, qu’ils démontrent que beaucoup de projets vont de l’avant, d’autant plus que les données de la Banque Mondiale sont dépassées, puisque de nouvelles transactions sont conclues régulièrement comme récemment au Congo Brazzaville.

Les résultats de la Banque corroborent aussi ce que d’autres ont dit sur les impacts de cette mainmise sur les terres agricoles. La conclusion générale du rapport est que des investisseurs profitent d’une « faiblesse de la gouvernance » et d’une « absence de protection légale » des communautés locales pour expulser les populations de leurs terres. De plus, elle constate que les investissements ne rapportent presque rien aux communautés touchées en termes d’emplois ou d’indemnisation, sans même parler du problème de la sécurité alimentaire. Le message que nous pouvons en retirer est que pratiquement nulle part, dans les pays et les situations étudiés par la Banque Mondiale, il n’y a de quoi se réjouir.

De nombreux investissements […] n’ont pas répondu aux attentes et, au lieu d’amener des bénéfices durables, ils ont contribué à une perte d’actifs et ont laissé les populations locales dans une situation pire que ce qu’elle aurait été en l’absence de ces investissements.

En fait, même si un effort a été fait pour couvrir un large éventail de situations, les études de cas confirment que dans de nombreux cas les bénéfices ont été inférieurs à ce qui avait été prévu ou ne se sont tout simplement jamais concrétisés.

La Banque Mondiale présente un tableau comportant de très courts résumés des investissements étrangers dans les terres agricoles de sept pays. C’est l’un des rares cas où la Banque Mondiale a examiné en détail la façon dont ces investissements se concrétisent effectivement sur le terrain.

Ce tableau décrit une situation désastreuse. Des communautés entières sont expulsées de leurs terres, des travailleurs sont exploités, des conflits violents se déchaînent (un cadre supérieur d’une entreprise a été tué), des investisseurs enfreignent les lois et renient leurs promesses, etc…

Que dit la Banque Mondiale de ces « risques immenses » et de ces « réels dangers », comme elle les appelle ? Que nous ne devrions pas nous inquiéter parce que les « opportunités sont tout aussi importantes ».

Ce que le rapport ne dit pas

La majeure partie du rapport déploie un rideau de fumée sur les potentiels de la production agricole, et n’aborde pas « la ruée mondiale vers les terres agricoles » qui tenait lieu auparavant de titre. À sa lecture, l’esprit du lecteur est submergé de faits et chiffres sur les écarts de rendement et l’utilisation des terres, et la façon dont la productivité peut être augmentée par une recherche ou une technologie innovante.

Nous avons droit à une avalanche de cartes et de graphiques sur des zones agro-écologiques qui n’apportent pas grand-chose, sinon les endroits où sont apparemment situés les plus gros potentiels de production alimentaire.

Quiconque va au-delà de cet effet de rideau de fumée peut constater que le rapport est plus intéressant par ses omissions que par son contenu. Si la Banque Mondiale avait réellement voulu faire toute la lumière sur cette tendance des investissements, elle aurait au moins levé un coin du voile à propos des investisseurs.

Qui sont-ils ? Quels sont leurs objectifs ? Quelle est la proportion des investissements privés ou publics ? Sans informations de ce type, l’analyse ne peut aller bien loin.

Par exemple, nous avons entendu des entreprises déclarer à de nombreuses occasions que leurs investissements n’avaient rien à voir avec « la sécurité alimentaire », qu’il s’agit purement et simplement de faire des affaires.

Il aurait été très utile d’évaluer exactement qui est impliqué dans ces opérations et dans quel but, sans les chimères qui les entourent. En fait, au début de cette année, la Banque Mondiale a communiqué des données de cette nature quand elle a identifié pour la Plate-forme mondiale des bailleurs de fonds les pays les plus visés par ces opérations d’accaparement des terres et les principaux pays d’origine des investisseurs entre 2008 et 2009. Mais dans son rapport final, la Banque Mondiale a choisi de ne pas mentionner les noms, ce qui oblige chacun à s’interroger sur la raison.

Ce n’est pas le seul élément que la Banque Mondiale a laissé de côté pour son rapport. « Le voile de secret qui entoure souvent ces transactions foncières doit être levé de façon à ce que les populations pauvres ne payent au final le lourd tribut de la perte de leurs terres », a déclaré la directrice générale de la Banque Mondiale, Mme Ngozi OKONJO-IWEALA, au moment de la publication de l’étude.

C’est vrai. Et elle aurait pu commencer par mettre à disposition du public tous les contrats et accords entre États et investisseurs auxquels l’équipe de recherche de la Banque Mondiale a pu avoir accès au cours de cette étude. Les communautés ont besoin d’accéder aux dispositions précises de ces transactions de façon à pouvoir juger par elles-mêmes.

Ce n’est pas la propagande des gouvernements et des entreprises qui comblera ce manque. Il est pourtant très difficile d’obtenir ces documents. Si la Banque Mondiale voulait réellement lever le voile du secret, elle commencerait à mettre ces documents juridiques dans le domaine public. Nous serions heureux de les mettre en ligne sur notre site farmlandgrab.org et d’en assurer la traduction dans les langues des différents pays concernés.

Le rapport est aussi silencieux sur une autre question : la façon dont la Banque Mondiale elle-même s’est engagée jusqu’au cou dans ces transactions. Depuis des décennies, la Banque Mondiale s’emploie à promouvoir activement des approches de marché pour la gestion des terres, au travers de ses pratiques de prêts et de la défense de ses politiques.

Ceci se traduit par une privatisation des droits fonciers, par le biais d’une transformation de droits fonciers coutumiers en titres négociables ainsi que d’un désengagement de l’État, et par les réformes juridiques nécessaires au fonctionnement d’un marché foncier de style occidental.

Si la Banque Mondiale dit maintenant que de nombreux pays, particulièrement en Afrique, sont « mal équipés » pour faire face à cette « soudaine flambée d’intérêt » de la part des investisseurs fonciers, quel a donc été l’utilité des services de conseil sur les politiques qu’elle a fournis au cours des 30 dernières années ?

Plus directement encore, la branche d’investissement commercial de la Banque Mondiale, la Société financière internationale, est l’un des principaux investisseurs dans de nombreuses sociétés de capital-investissement qui achètent des droits sur des terres agricoles, tandis que son Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) accorde à des projets d’accaparement des terres une assurance sur les risques politiques.

La MIGA a fourni plus de 50 millions de dollars US, par exemple, pour couvrir les investissements commerciaux de 300 millions de dollars US de Chayton Capital en Zambie et au Botswana. Pour d’autres firmes, comme le fonds spéculatif britannique SilverStreet Capital, la MIGA joue un rôle crucial dans la protection de ses investissements dans les terres agricoles. En cas de problème, « la Banque Mondiale sera à vos côtés », explique Gary VAUGHAN-SMITH, responsable des investissements à SilverStreet.  

La MIGA, tout comme l’IFC, est une agence à but lucratif dont la mission est de favoriser  pour ses actionnaires les investissements rentables de l’industrie agroalimentaire dans les pays en développement. Étant donné ses multiples niveaux d’intérêt dans les transactions sur les terres agricoles, il n’est pas très étonnant que la Banque Mondiale en fasse la promotion malgré la triste réalité sur le terrain.

Exemples du soutien apporté par la Banque Mondiale à des investisseurs dans les terres agricoles par le biais de l’IFC et de la MIGA

Altima One World Agriculture Fund (États-Unis)

L’Altima One World Agriculture Fund, enregistré aux Îles Caïmans, a été fondé par le fonds spéculatif Altima Partners pour investir dans les terres agricoles en Amérique du Sud, en Europe centrale et de l’Est, et en Afrique subsaharienne. En 2009, l’IFC a pris une participation de 75 millions de dollars US dans le Fonds. Un cadre dirigeant d’Altima a déclaré que le Fonds visait à créer le « premier Exxon Mobile du secteur agricole ».

Chayton Atlas Agriculture Company (RU)

Chayton est une société de capital investissement basée au Royaume-Uni qui investit dans des terres agricoles en Afrique australe. En 2010, la MIGA a signé un contrat avec Chayton pour lui fournir une assurance sur les risques politiques à hauteur de 50 millions de dollars US pour le développement de projets d’exploitations agricoles en Zambie et au Botswana. Son PDG, qui travaillait auparavant à Goldman Sachs, dit que son « but est de nourrir l’Afrique ».

 Citadel Capital (Égypte)

En 2009, l’IFC a investi 25 millions de dollars US dans Citadel, un fonds du Moyen Orient et d’Afrique du Nord qui investit dans des projets agricoles. Citadel, l’un des plus grands fonds de capital-investissement d’Afrique, réalise des investissements dans des terres agricoles en Égypte, au Soudan, en Tanzanie, au Kenya et en Ouganda.

Mriya Agro Holding (Ukraine)

Mriya, enregistré à Chypre et coté à la bourse de Francfort, est le 7e exploitant de terres agricoles en Ukraine. En 2010, l’IFC a fourni 75 millions de dollars US à Mriya en capital et en prêts pour que la société puisse porter la taille de son domaine foncier à 165 000 ha.

Sena Group (Maurice) / Tereos (France)

En 2001, la MIGA a fourni à un consortium d’investisseurs du nom de Sena Group une assurance sur les risques politiques de 65 millions de dollars US en soutien à l’acquisition d’une plantation sucrière au Mozambique. L’entreprise a aussi annoncé qu’elle avait l’intention de développer ses activités d’élevage de bovins et de passer de 1 800 à 8 000 têtes. Les activités de Sena ont depuis été reprises par la multinationale sucrière française Tereos.

SLC Agricola (Brésil)

SLC, une société cotée en bourse appartenant partiellement à des investisseurs étrangers comme la Deutsche Bank, est l’un des plus grands propriétaires fonciers au Brésil, avec une réserve foncière de 117 000 ha en 2008. En 2008, l’IFC a accordé un prêt à long terme de 40 millions de dollars US à SLC, ce qui lui a permis de faire passer la superficie de ses terres à plus de 200 000 ha.

Vision Brazil (Brésil)

Vision est une société de placement qui possède plus de 300 000 ha en terres arables et 400 000 ha en plus en « options ». En 2008, l’IFC a fourni à Vision 27 millions de dollars US en financement de titres.

Le fond du problème, c’est qu’il y a un énorme décalage entre ce que dit la Banque Mondiale, ce qui se passe sur le terrain et ce qui est vraiment nécessaire. À l’heure actuelle, de nombreux gouvernements et organisations de la société civile demandent à ce qu’on mette un frein à ces transactions d’une manière ou d’une autre.

L’Australie, l’Argentine, le Brésil, la Nouvelle Zélande et l’Uruguay sont quelques- uns des pays qui débattent actuellement d’introduire, aux plus hauts niveaux politiques, des restrictions sur les acquisitions de terres agricoles par des entités étrangères.

L’Égypte fait partie de ceux qui essaient de rester fermes et veulent continuer de restreindre les nouveaux programmes d’investissements dans les terres agricoles aux investisseurs du pays.

Pour beaucoup, pour ce qui ne relève pas de la xénophobie, cette situation amène, ou pourrait amener à la mise en place de nouvelles formes ou expressions de la souveraineté sur la terre, l’eau et l’alimentation à un moment où s’exerce une formidable pression sur ces trois ressources.

Par ailleurs, de nombreuses organisations d’agriculteurs, des universitaires, des groupes de défense des droits de l’homme, des réseaux d’ONG et des mouvements sociaux exigent toutes sortes de moratoires et d’interdictions pour mettre fin à cet accaparement des terres.

Pendant ce temps, l’appétit des investisseurs privés pour l’acquisition de terres agricoles ne fait que se renforcer. Un groupe d’anciens traders de Cargill, par exemple, viennent de lancer un fonds d’un milliard de dollars US qui vise à acquérir des terres agricoles en Australie, au Brésil et en Uruguay.

La Banque Mondiale a démontré qu’elle n’est pas un arbitre impartial ou une source inépuisable de bonnes idées sur la manière de progresser. Il est regrettable que les agences qui ont commandé ce rapport aient attendu aussi longtemps et que l’on ait dépensé autant d’argent des contribuables pour arriver à un tel résultat.

Le rapport de la Banque mondiale peut être téléchargé en anglais à partir du lien : http://www.donorplatform.org/content/view//457/2687

Article par Eric. mampouya

Gabon : Déclaration de l’Union Nationale (UN)

Zacharie Myboto, président de l’Union nationale (UN), est sorti du mutisme qu’il observe depuis la sortie des membres de son parti du PNUD où ils s’étaient réfugiés après que Mba Obame se fut autoproclamé président élu du Gabon. Dans sa déclaration, le 27 avril, le député de la Lebombi-Leyou (Mounana) laisse entendre que sa formation politique «n’accepte pas la tentative de marginalisation dont elle l’objet en ce moment». Il dénonce «une manœuvre destinée à remettre en cause les engagements pris par le pouvoir établi devant les Nations Unies et à torpiller l’implication de cette organisation dans le règlement de cette crise».

Ci-après, l’intégralité de cette déclaration.

Alors que l’Union Nationale observe la réserve qu’elle s’est imposée après les premières discussions avec la délégation de haut niveau envoyée par le Secrétaire Général des Nations Unies dans un souci d’apaisement du climat politique rendu difficile par les exactions du pouvoir établi, celui-ci entreprend depuis quelque temps des manœuvres de diversion qui ne trompent personne : Hier, c’était le prétexte de l’Île Mbanié dont aucun Gabonais ne conteste l’appartenance au territoire national, aujourd’hui c’est la biométrie dont plus personne ne conteste désormais l’intégration dans la liste électorale avant les prochaines échéances électorales.
L’Union Nationale fait d’emblée remarquer qu’une telle fuite en avant, outre qu’elle n’est qu’une opération de communication politicienne, ne saurait prospérer car elle ne répond pas et ne correspond pas à la solution suggérée par l’ampleur de la grave crise politique que connaît notre pays.

L’Union Nationale rappelle que c’est l’opposition gabonaise tout ensemble réunie au sein de l’ACR (Alliance pour le Changement et la Restauration) et de la CPPA (Coalition des Partis Politiques pour l’Alternance) qui a présenté au Président de la République Française Monsieur Nicolas Sarkozy le 24 février 2010, puis au Secrétaire Général des Nations Unies Monsieur BAN KI MOON, le 1er juillet de la même année, un mémorandum énonçant les questions impliquées par cette crise qui relève de la bonne gouvernance et de la transparence électorale.
L’Union Nationale affirme qu’aucun règlement de la crise gabonaise n’est possible sans que les problèmes posés depuis longtemps par l’ensemble de l’opposition gabonaise ne soient examinés dans leur ensemble et non de manière parcellaire et tendancieuse.

L’Union Nationale rappelle que la crise politique gabonaise implique désormais l’organisation des Nations Unies dont la neutralité est un gage de crédibilité du processus et des solutions qui en sortiront ; que ce qui est entrepris par le pouvoir établi ressemble à une manœuvre destinée à remettre en cause les engagements pris par le pouvoir établi devant les Nations Unies et à torpiller l’implication de cette organisation dans le règlement de cette crise.

L’Union Nationale rappelle aussi qu’elle demeure la première force politique de l’opposition avec ses dix parlementaires et ses 154 élus locaux sur l’ensemble du territoire national. Qu’elle dirige des conseils municipaux, des conseils départementaux et des mairies d’arrondissement. Elle est implantée dans l’ensemble du territoire national où elle compte de nombreux militants et sympathisants. L’Union Nationale entend donc continuer à jouer pleinement son rôle dans l’intérêt du peuple gabonais et de notre cher pays. Elle n’accepte pas la tentative de marginalisation dont elle l’objet en ce moment.

En effet, elle porte depuis sa création l’option la plus crédible d’une alternance démocratique dans notre pays. Cette position particulière lui vaut depuis ses débuts, l’acharnement du pouvoir établi. La dissolution d’un parti politique est un acte d’une exceptionnelle gravité que l’on ne retrouve que dans les sombres périodes de l’histoire des nations, car elle préfigure ou consacre la fin de la démocratie et la mise entre parenthèses des libertés publiques.

Tout en restant fidèle à la démarche du Secrétaire Général des Nations Unies dont une mission de haut niveau est attendue à Libreville dans les prochains jours, l’Union Nationale, par la plume de son Président, a déposé ce jour, un recours devant le Conseil d’Etat lequel en disant le droit, confirmera que la dissolution de l’Union Nationale est nulle et de nul effet.

Fait à Libreville, le 27 avril 2011

Les islamistes à l’heure des « révolutions »

Académiquement bien estampillée, la thèse post-islamiste semble se confirmer dans les révoltes qui continuent de secouer le monde arabe. Ces mouvements de contestation non contrôlés, nous dit- on, est l’œuvre d’une génération face-book, sans lien organique avec les tendances islamistes.

L’idée fait sans doute écho à la thèse d’Olivier Roy, corroborée par Gilles Kepel, selon laquelle l’islamisme est bel et bien mort de sa confrontation avec les régimes autoritaires et des tensions qu’il éprouve face à la modernité. Selon le chantre de l’échec de l’islam politique, « L’islamisme est fini, comme solution politique et comme idéologie. Mais les islamistes sont là, et c’est donc la grande inconnue.» A l’en croire Penda Mbow, ces « mutations » doivent beaucoup au combat mené par des intellectuels, notamment des féministes, qui ont su convaincre de la nécessité de reconnaitre la neutralité de l’Etat par rapport à la religion. Refusant de faire feu de tout bois, elle pronostique en faveur des femmes qu’elles jugent mieux à mêmes de chaperonner cette grande œuvre révolutionnaire.
Pourtant rien n’est moins évident que l’absence des mouvements islamistes dans les manifestations qui ont provoqué la chute des régimes autoritaires arabes. Les témoignages de Gilbert Achar et de Patrick Haenni pour le cas de l’Egypte, révèle suffisamment le rôle « significatif » que fut celui des Frères musulmans. Tous les deux ont respectivement retracé dans le Monde diplomatique du mois de mars et sur oumma.com les étapes qui ont marqué l’intervention des islamistes et leur option pour « une transition dans l’ordre », telle que prônée par les Etats-Unis et conformément à leur orientation idéologique. On semble par ailleurs ignorer les interventions télévisées de l’un des plus grands savants égyptiens, Youssouf Qaradawi, l’intervention d’une partie des savants de l’institut AL Azhar et le symbole du vendredi dans l’imaginaire des citoyens qui, bien que sécularisés, n’en demeurent pas moins attachés à leur religion.

Les pays arabes donnent l’impression d’avoir basculé tous et d’un seul trait dans le camp de la modernité politique. Ce nouveau tournant va rompre, aux yeux des tenants du post-islamisme, avec le face à face entre autoritarisme et islamisme pour devenir un combat démocratique. Le discours et la nouvelle posture des leaders islamistes confortent cette attente à l’instar de Rached Ghanouchi qui déclare ne pas être candidat aux prochaines élections présidentielles. L’islamisme turc est présenté comme le modèle toléré dont les figures de l’islam politique devront s’accommoder pour être en phase avec les principes démocratiques. On se soucie moins de savoir ce que ces derniers pensent ou comptent faire après que ce vent de liberté aura fini de dévoiler toutes les options envisageables. Cette tendance visant à disqualifier les islamistes est sujette à de sérieuses réserves et emprunte, à bien des égards, les contours de la simplification et des raccourcis.

Estimée à 20% par Olivier Roy et à 30% par Tariq Ramadan, la force des islamistes dans les pays en ébullition ne saurait échapper à la vigilance des spécialistes dignes de ce nom. Le militantisme l’emportant sur l’analyse, l’on fait fi de ce paramètre oh combien déterminant. C’est d’ailleurs avec beaucoup d’ironie que le leader de la section féminine de l’islamisme marocain, Nadia Yassine aborde la faible représentativité des partis politiques de son pays. Silencieuse sur le nombre de militants que compte le mouvement Justice et Spiritualité, pour des raisons de sécurité, elle envisage une réforme en douceur plutôt que des « césariennes historiques ». Ce raisonnement a guidé l’intervention des mouvements islamistes qui s’inscrit en droite ligne de la théologie d’un classique comme le Cheikh ibn Tayimiyya.

Par rapport au succès relatif du modèle turc qui semble emporter l’enthousiasme de tant d’observateurs, les leaders islamistes rappellent les spécificités qui caractérisent leur contexte sans cacher leur admiration à l’égard de leurs frères. Ni Nadia Yassine, ni Rachid Ghanouchi, encore moins Jamil Mansour ne se figurent le cas turc comme « un modèle clé en main », pour reprendre la figure de proue des sœurs marocaines.

A la différence de beaucoup d’autres spécialistes, François Burgat et Vincent Geisser considèrent que le prisme déformant du discours a depuis très longtemps trahi la vérité des faits. En témoigne l’interminable débat et les nombreuses publications consacrées à Tariq Ramadan. Règle de méthode, Burgat invite ses collèges à se rapprocher davantage des islamistes, de consulter leur bibliothèque au lieu de se limiter à leurs déclarations. Jean François Bayart n’hésite pas dans son ouvrage intitulé l’islam républicain, de traiter le Premier ministre turc de « redoutable animal politique » pour son habilité à surfer aussi bien sur le registre nationaliste que celui de l’islam.

L’on se tromperait nous mêmes sur les raisons de ces travers en les imputant à un défaut de rigueur scientifique. Leur persistance est révélatrice d’un engagement pour une vision autrement plus idéologique que l’idéologie qu’il s’agit de saper.

On est davantage persuadé du poids des rapports de force politico-économiques sur les recherches scientifiques largement tributaires des paradigmes forgés à partir de l’occident. Les média ne pouvant pas, pour des raisons objectives, nous aider à sortir de ce carcan, l’heure de vérité semble encore trop éloignée pour qu’on puisse escompter de ce vent de liberté un meilleur traitement des questions liées à l’islam et à l’islamisme. Le passif intellectuel est suffisamment lourd pour que les chercheurs et autres spécialistes prennent conscience du déni de justice qu’ils pratiquent à l’égard de leur objet d’étude.

Ousmane Abdoulaye BARRO

Titulaire d’un DEA en Science Politique à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis – SENEGAL

Ousmaneabdoulayebarro@yahoo.fr