Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Mensuelles: mai 2011

BENIN : Déclaration de constitution du groupe parlementaire UN

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,

Chers collègues,

conformément à la constitution du 11 décembre 1990, notre peuple a affirmé solennellement sa détermination de créer un Etat de droit, de démocratie pluraliste dans lequel les droits fondamentaux de l’homme, les libertés publiques, la dignité de la personne humaine et la justice sont garantis, protégés et promus. Cette démocratie suppose la participation de tous à la gestion des affaires publiques.

Pour y parvenir, plusieurs institutions dont notamment l’Assemblée nationale ont été prévues. Elle a pour mission de légiférer et de contrôler l’action du gouvernement. En ce moment où commence la sixième législature, les Béninois expriment avec insistance leur volonté de voir le Parlement montrer un nouveau visage et se préoccuper davantage des questions liées au développement et à la paix sociale. Ils veulent d’un Parlement responsable, bien dirigé et qui promeut la démocratie, la liberté d’expression et la culture de la tolérance. Réaffirmant notre engagement en faveur de la paix et du développement de notre pays, le groupe parlementaire Union fait la Nation (Un) est convaincu que le renforcement du processus de démocratisation et des institutions de l’Etat contribuera grandement à la réalisation de cet objectif. La démocratie repose sur l’existence d’un Parlement représentatif de toutes les opinions et qui fonctionne conformément aux normes établies. Le Parlement doit veiller à la préservation des droits des différents groupes politiques représentés. L’Union fait la Nation à travers ses députés, travaillera pour le maintien de l’équilibre entre les aspirations concurrentes dans le souci d’instaurer un climat de cohabitation apaisée entre la majorité et la minorité.

En tant que pouvoir public, l’Assemblée nationale est comptable devant les citoyens. C’est pourquoi les députés de l’Un veilleront à la transparence dans l’action parlementaire, initieront et participeront à toute action tendant à informer plus largement les populations sur son fonctionnement et sur les questions objets de leur délibération. Le groupe parlementaire Un quoique de la minorité Parlementaire, se battra de toutes ses forces et de toute son intelligence pour combler les attentes légitimes de notre peuple qui aspire au pain, à la paix et à la justice. Le groupe parlementaire Un composé de 21 députés a pour président l’Honorable Antoine Kolawolé Idji et pour vice-président l’Honorable Edmond Agoua.

Vive le Parlement

Vive le Bénin

Je vous remercie

Ont signé :

1- Ahossi Comlan Léon

2- Amoudatou Ahlonsou

3- Sanni Yibatou Glèlè

4- Sèhouéto Lazare

5- Akotègnon Raphaël

6- Ahouanvoébla Augustin

7- Vlavonou Louis

8- Zinsou Edmond

9- Golou Emmanuel

10- Tchocodo Gabriel

11- Honfo Charlemagne

12- Gbènamêto Jonas

13- Adantinnon Joachin

14- Sacca Fikara

15- Houndété Eric

16- Kolawolé A. Idji

17- Bruno Amoussou

18- Fagbohoun L. Séfou

19 Domingo Cyriaque

20- Agoua Edmond

21- Atao M. Hinnouho

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BENIN : RB, la débâcle !

C’est donc confirmé. La Renaissance du Bénin (RB) est désormais dans le giron du pouvoir. Elle a obtenu un poste dans le gouvernement et tout le monde peut s’attendre bientôt à la distribution d’autres strapontins qui ont certainement fait partie du package offert par le Chef de l’Etat pour l’avoir à ses côtés. Achetés ?

Pas vraiment, les membres de la Renaissance du Bénin qui en voulaient depuis, n’ont fait que sauter sur l’occasion d’une  « ouverture » annoncée par Yayi dans tous ses grands discours depuis sa victoire. Après quinze années d’opposition à tous les régimes, quinze années de ténacité et de hargne, l’issue pour le parti des Soglo était de finalement s’intégrer à une expérience de gestion du pouvoir d’Etat. L’alliance conclue en 2006 avec Yayi n’en était du reste qu’un avatar. Elle a tourné court.

Mais l’entrée de la RB au gouvernement pose un profond problème d’éthique politique. Après avoir combattu Boni Yayi avec la fureur que l’on sait, entrer dans son gouvernement peut apparaître comme relevant d’une indécence sans borne. Il y a à peine deux mois, les élections ont permis de découvrir le fossé existant entre la RB fondue dans l’UN et le gouvernement.

La ferme et irréductible bataille qui s’est menée contre tous les pontes du régime Yayi ne s’est pas plus tôt achevée que le parti tourne casaque pour fumer le calumet de la paix avec ses adversaires et tourner le dos à ses alliés d’hier. Les cendres de toutes ces batailles restent encore fumantes, chaudes de toutes ces manifestations et contremanifestations, de toutes ces femmes qui laissent leurs étalages pour les Soglo, de tous ces jeunes embarqués dans l’aventure en faisant confiance à leurs « aînés ».

 Elles sont encore toutes brûlantes de ces personnes d’un certain âge qui ont cru sauver la liberté au Bénin en militant avec enthousiasme pour l’UN, souvent même en le payant de leurs poches, de leurs postes ou de leurs commerces et de leurs affaires qui périclitent par asphyxie lente du pouvoir.

Le maire d’Abomey aujourd’hui ministre s’est retrouvé plus d’une fois à la tête des marches organisées pour dénoncer « la dictature de Yayi, la Lépi truquée, l’affaire Dangnivo, le Gouvernement ventilateur, etc. » qui ont fait le lot de l’activité de l’opposition depuis trois années environ. C’était de la « politique », c’est-à-dire une activité peu sérieuse que l’on mène pour défendre et accroitre ses intérêts, quelles qu’en soient les armes utilisées. L’arme ici employée par la RB ressemble beaucoup à une trahison.

Trahison d’abord à l’égard des autres composantes de l’UN. L’acte unilatéral compromet durablement la confiance au sein de ce grand rassemblement. Les informations qui nous reviennent de là-bas font état d’une débandade généralisée au sein de l’UN qui s’en va mourir de sa plus belle mort.

 Ce qui surprend, c’est Léhady. Il est présenté comme l’initiateur de la grande coalition UN et s’est vu servir 2016 comme sur un plateau d’argent. En l’UN, il disposait d’une véritable machine pour 2016, un vivier électoral qui s’étendra des confins de Porto-Novo et région, jusqu’à Djakotomey.

Mais tout cela est balayé d’un revers de main. L’Union était un groupe sans âme, uniquement basée sur la destruction du régime Yayi. Elle va en déconfiture d’autant que cette défection laisse planer d’autres départs qui ont failli atterrir au gouvernement. Des milliers de gens avaient cru trop tôt que la RB pouvait porter leurs espoirs. Et qu’elle était un parti sérieux.

Trahison ensuite envers les électeurs. C’est surtout vers ces milliers de femmes et d’hommes, des villes comme des campagnes qu’il faut se pencher. Pas pour plaindre réellement cette realpolitik, mais surtout cette manière de se moquer de l’intelligence de tous ceux qui ont fait foi aux marches et déclarations tapageuses des responsables du parti.

On les avait trop pris au sérieux. C’est par un simple communiqué de presse diffusé dans les journaux que le parti a annoncé sa volonté de saisir la main tendue du Chef de l’Etat et de donner suite à la volonté d’ouverture du Chef de l’Etat. Soit, mais la manière… J’ai pitié pour tous ceux qui avaient cru que la politique à la RB était un métier noble. Ils en ont eu pour leur grade.

Olivier ALLOCHEME

Et s’il ne fallait pas aller à la rivière ?

Le buzz ne faiblit toujours pas à propos du franchissement de pas de la Renaissance du Bénin. Tiraillée entre un président d’honneur en rogne et un président exécutif quasi muet, tous les deux, intercalés par un bureau politique équilibriste, l’opinion a du mal à se faire sa propre religion. Mais le débat est d’une telle importance qu’on ne saurait le laissé à la seule discrétion d’une Union fait la nation sous traumatisme aigu depuis les 13 mars et 30 avril 2011. Ainsi donc, une autre voie que l’acceptation de la main tendue de Yayi serait envisageable. Une résistance ? Vouée, de toutes les façons, à une inévitable atonie, puisque ne disposant que très peu d’espace d’expression libre après les K.O. électoraux. La majorité parlementaire qui permettait de temps en temps de remuer les dessous scabreux d’une gestion sujette à caution a complètement basculé en faveur de la refondation. Ne parlons pas des médias majoritairement bridés par les mêmes refondateurs à l’instar de la société civile, des chefferies traditionnelles, de la plupart des personnalités religieuses, du corps diplomatique partie prenante dans l’avènement du fichier électoral chaotique, etc…

Et puis cette prétendue opinion qui juge, condamne, se plaint, crie à la forfaiture, à la trahison. Opinion, pourtant étrangement aphone lorsque Houngbédji s’est autoproclamé élu en pleine tempête électorale. Pour obtenir un revirement de Paul Yao Ndré, à Abidjan, il a fallu aux Forces républicaines de Côte d’ivoire (Frci), déloger Laurent Gbagbo de son bunker à coup d’obus, de raids d’hélicoptères alliés, de pogroms voire de massacres. Près de 3.000 mille Ivoiriens sacrifiés au nom de la défense de l’expression du suffrage universel. Houngbédji n’est pas Ouattarra, et l’Un n’était pas capable d’entretenir une armée de feu capable d’installer son champion à la Marina au bout du canon. Au plus fort de ce qu’on peut appeler un embryon de contestation, les chars d’assaut déployés à Cotonou, Porto-novo et environ n’ont eu pour répondant que quelques conducteurs de taxi-moto et des vendeuses d’akassa ignorant tout des stratégies de conquête du pouvoir par la violence.

Même le vent des printemps arabes n’a été d’aucun effet sur la partie de l’électorat béninois supposée frustrée par les manipulations autour de la Lépi. Au Bénin, facebook, twitter et autres réseaux sociaux technologiques servent plus à tisser des toiles d’escroquerie, de mondanité, de chicanerie et d’érotisme. Les jeunes béninois n’en ont certainement pas la même conception que leurs homologues tunisiens, égyptiens, syriens, yéménites, espagnols, iraniens en quête de liberté, de justice sociale et de bonne gouvernance. Même les centrales syndicales, très friandes de démonstration de muscle lors de la préparation calamiteuse des élections présidentielle et législatives se sont dégonflées dès le lendemain du premier scrutin cité. Si résistance, il devrait y avoir, il n’y avait manifestement plus grand monde à l’animer au point de modifier les rapports de forces.

Une once de satisfaction néanmoins pour les irréductibles de l’opposition. En effet, l’idée même d’ouverture est un aveu d’échec de l’émergence dont le geste de main tendue s’apparente à un appel au secours. Et c’est justement l’intégration d’« opposants » au système qui donne au mot « ouverture » tout son sens. Si le régime se suffisait à lui-même, de part son génie, et que tout fonctionnait comme convenu entre le peuple et son élu, ce n’est pas au lendemain d’une victoire dès le premier tour qu’il fallait élaguer le régime de ses propres partisans afin de faire de la place à des gens qui l’avaient combattu près de 5 années durant. On ne parlerait de gouvernement d’union que si les nouveaux appelés conservent leur identité d’opposant. Leur rôle consiste finalement au sein de l’équipe à aider le pouvoir, empêtré dans les difficultés quasi insurmontables, à sortir le pays de la léthargie. Retour au projet alternatif une fois la barque remise à flots.

Tout est une question de choix…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

Parole de Lehady : Yayi, l’ennemi de Houngbedji mon ennemi, est mon ami !!

Quelqu’un qui le connaît bien mieux que moi, m’a dit de Maître Houngbédji, qu’à part le fait de ne vouloir faire la politique qu’avec des dentelles et des gants blancs (ce qui, entre parenthèses, ne marche que quand on a affaire à des gens civilisés et convenables), comme manœuvrier tactique, il a du génie. Son défaut majeur, c’est qu’il est absolument nul en manœuvres stratégiques. Et ce proche du Maître, de justifier ses affirmations : en 1996, lorsque contre toute attente, il porta son choix sur Mathieu Kérékou plutôt que sur Soglo, il n’avait sûrement pas réfléchi à fond aux implications stratégiques de cette décision, pourtant hautement historique.

Parce que les données étaient simples, en principe. D’un côté,

– il y avait ses inimitiés persistantes avec Soglo Père, qui l’avait même affublé du sobriquet peu aimable et peu convenable de « Petit Mussolini de Porto Novo » ;

– il y avait tout ce qui se reprochait au clan Soglo qui, maladroitement, s’illustrait comme exerçant un pouvoir clanique et d’exclusion (ce qui était faux !, en réalité) ;

– et il y avait une soi-disant propension à l’autoritarisme, qui imposait coûte que coûte de priver le Père Soglo d’un second mandat.

De l’autre côté,

– il y avait le Bénin brillant de mille feux au plan international, Laboratoire de la démocratie sur le continent, après avoir donné à ce continent un concept de génie : La Conférence Nationale ;

– il y avait qu’en dépit des imperfections et des dérapages, le pays avançait sous la conduite d’Hercule (Aujourd’hui, même ses pires ennemis reconnaissent ses mérites);

– il y avait qu’il fallait nécessairement amorcer, au plan économique, le cercle vertueux après quoi il ne peut plus y avoir de marche arrière possible.

A ce sujet d’ailleurs, le slogan le plus expressif et le plus véridique de Soglo en 96 était : « LE BENIN AVANCE… N’ARRÊTONS PAS LE MOUVEMENT ! ». C’était donc là, les éléments à prendre en compte pour prendre une décision, je l’ai dit, hautement historique.

Mais ça, c’était au plan national. Au plan strictement personnel, il y avait d’un côté, les inimitiés avec Soglo, et de l’autre côté, le choix de Kérékou.

Kérékou, l’animal politique redoutable que Me Houngbédji connaît plus qu’il ne connaît n’importe quel autre Béninois. Le meilleur expert de l’affaire Kovacs (dans laquelle le Général – Commandant à l’époque – était impliqué jusqu’au cou), c’est lui, Houngbédji. Cette affaire pour laquelle il fut jeté en prison, s’en évada de façon rocambolesque, pour prendre la route de l’exil. Et se faire condamner à la peine capitale par contumace par deux fois. C’est d’ailleurs la gestion du même Kérékou pendant 27 ans, qui imposa au pays d’inventer une Conférence Nationale, afin de rattraper une situation sociopolitique qui commençait à échapper à tout contrôle.

Au vu de ces données, tant nationales que personnelles, un politique ayant une vision stratégique, et pas uniquement des préoccupations tactiques, se serait dit :

1 – Le pays avance, quoi qu’on dise à l’intérieur. A l’extérieur, ce ne sont que lauriers partout, pour les Béninois, qui ont su trouver eux-mêmes, disait-on, le chemin de sortie de l’enfer de l’autocratie.

2 – Les considérations personnelles pèsent peu, au regard de l’intérêt supérieur de la Nation. Cherchons et trouvons au plus tôt les moyens de régler nos inimitiés avec Soglo et les siens.

3 – Entre porter mon choix sur Soglo, qui est en train de mettre en terre les fondations d’un pays économiquement solide, qui devrait donc faire son second mandat et partir, m’ouvrant pratiquement un boulevard jusqu’à la tête de l’Etat, ou sur Mathieu Kérékou, gestionnaire médiocre, accroc au pouvoir, dont on sait désormais ce que les 27 ans de présidence ont coûté au pays, il n’y a pas photo !!!

4 – D’ailleurs, que peuvent peser mes inimitiés avec Soglo, en face de la décision qui fut prise naguère de me condamner deux fois à mort ? Comme si une seule fois ne suffisait pas…

Or, le monde entier interloqué, sait le choix que fit Maître Houngbédji à l’époque. L’Afrique consternée – consternée parce qu’elle croyait être débarrassée à jamais des vieux dinosaures comme Kérékou – apprit le choix de Maître Houngbédji. Un choix purement tactique : Kérékou, vieux roublard, lui avait garanti un poste de Premier ministre, et cerise sur le gâteau si on peut dire, lui avait assuré qu’il ne voulait faire qu’un mandat, pratiquement à contrecœur (mon œil !), son seul souci étant de gommer quelque peu son insupportable réputation de dictateur militaro-marxiste.

Et le monde, et l’Afrique, et le Bénin ont vu la suite du film : en le nommant Premier ministre (Poste non prévu par la Constitution béninoise, faut-il le préciser ?), le vieux Général n’avait pas cru devoir lui préciser qu’il lui mettrait le vieux trublion Albert Tévoédjrè dans les pattes, pour le neutraliser, lui pourrir la vie et l’écœurer. La tactique du vieux Général marcha à la perfection (preuve que lui était à la fois tacticien et stratège) : après deux ans à peine de Primature notoirement « kpayo », le Maître dut démissionner de façon spectaculaire, écœuré et l’estomac alourdi par les grosses couleuvres que le vieux roublard n’avait cessé de lui faire avaler. Et bien évidemment, Kérékou « oublia » sa promesse de ne faire qu’un mandat et rempila, de façon assez acrobatique, il faut le dire.

Si l’histoire s’arrêtait là, elle n’aurait qu’un intérêt mitigé : par la suite en effet, le vieux fit encore avaler au Maître, une grosse salade à base d’un hypothétique Ministère d’Etat Chargé des Affaires Etrangères et du NEPAD, salade qui fut – dirent les initiés à l’époque – le deal pour que le Maître, de façon tout aussi spectaculaire, retournât dans le camp présidentiel ; en 2002, si je ne m’abuse. Beaucoup de militants PRD (le parti du Maître) furent tétanisés ; beaucoup de Béninois médusés. Mais ce fut Kamarou Fassassi, cet expert avéré en retournements de veste en tout temps et en tout lieu, qui révéla le pourquoi du comment du show de girouette auquel se livrait le Maître. Pléthorique physique et tonitruant verbal comme à son habitude, l’oncle Kafass, lors d’un meeting, déclara que nul ne pourrait être président au Bénin, s’il n’avait l’onction de Kérékou ; que nul ne pourrait aspirer à s’asseoir un jour dans le fauteuil présidentiel si le Général lui était hostile. Et tout s’éclaira.

Et tout s’éclaire aujourd’hui quand on regarde sous cet angle les derniers développements de l’actualité nationale : Léhady Soglo, qui semble désormais le seul à la manœuvre au sein de la galaxie Soglo, s’est dit qu’il ne pourrait accomplir son destin de devenir président du Bénin en 2016, s’il n’a pas, dès à présent, l’onction de Boni Yayi ; qu’il ne pourrait aspirer à s’asseoir en 2016 – comme aurait dit l’oncle Kafass – dans le fauteuil actuellement occupé par Boni Yayi, si ce dernier lui est hostile. La politique au Bénin, il n’y a pas à dire, c’est simple à suivre… comme les mouvements d’une girouette.

Mais que les ricaneurs arrêtent de ricaner ! Parce que la suite de mon histoire va montrer à quel point nous-aussi au Bénin, nous savons faire de la haute politique. De la haute politique, comme celle que faisait François Mitterrand, par exemple. François Mitterrand qui était, de l’avis des spécialistes, un orfèvre en la matière.

Et c’est là que je suis obligé de me brutaliser la sternum – comme dirait l’autre – en faisant un vigoureux mea culpa. J’avais laissé entendre, il n’y a pas très longtemps, que l’admission du renaissant Yêhouétomè dans le Bureau vert foncé de l’Assemblée Nationale, qui parachevait la mainmise magistrale de Boni Yayi sur TOUTES les Institutions du pays, et consacrait la mise en terre de la démocratie, venant après d’autres « trahisons » des renaissants, NE POUVAIT PAS faire partie d’un plan d’ensemble concerté et méthodique ; parce que, avais-je dit, « So dan wê yé non flin nou kpo », à savoir que ce n’est pas parce que la Renaissance du Bénin multiplie les dérapages aujourd’hui qu’on peut s’autoriser à oublier qu’elle avait mené de rudes batailles dans le passé pour la sauvegarde des acquis démocratiques.

« Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa » donc, puisqu’à l’annonce de l’entrée probable des renaissants dans le gouvernement du Docteur-Fraudeur, le doute n’est plus permis :

l’entrée de Yêhouétomè dans le Bureau de l’Assemblée n’était donc pas un accident. Il y avait bel et bien un plan !… Et c’est là que Léhady prend la dimension manœuvrière de Mitterrand :

– L’union Fait la Nation, dont il est l’un des géniteurs les plus actifs, est créée en fanfare,

– Maître Houngbédji est imposé comme candidat unique de cette union,

– Il exige d’être le Directeur de Campagne du candidat unique,

– Sa relative tiédeur lors de la campagne a été notée, son mutisme après la forfaiture du 13 juillet également,

– Toutes choses auxquelles il faut ajouter le maintien de son frère au gouvernement du Docteur, en dépit de quelques épisodes tragi-comiques,

Tout cela faisait donc partie d’un plan d’ensemble. Un plan d’ensemble machiavélique – disons les choses comme elles se présentent – dont le but unique était de se venger du coup mortel porté au clan en 96 par Maître Houngbédji.

Si c’est effectivement cela, eh ! bien, chapeau fiston !

« Chapeau, fiston ! », c’est bien ce qu’Hercule a pu dire à son rejeton, après que son « Petit Mussolini de Porto Novo » a été méchamment et frauduleusement smashé à la présidentielle. Parce qu’alors, non seulement Léhady acquiert désormais ses galons de super tacticien et stratège (A la manière d’un François Mitterrand, excusez du peu !) et renvoie Maître Houngbédji à ses petits talents de simple tacticien, mais en plus, il mérite désormais son prénom africain « Vinagnon » (Traduction libre : « C’est un gamin qui promet »).

Du coup, nous nous retrouvons avec un héros cornélien : le coup de 96 est en effet une gifle qu’Hercule Don Diègue Nicéphore n’a jamais pardonnée. A-t-il dit un jour à son fils : « Le Petit Mussolini de Porto Novo, alias Le Comte a offensé ton père qui n’a plus la force de se venger… Venge-moi !, venge-moi, montre-toi digne fils d’un père tel que moi !… Accablé des malheurs où le destin me range, je vais les déplorer… Va, cours, vole, et nous venge !… » ? Hercule Don Diègue Nicéphore a-t-il ordonné cela à son fils préféré ?… Nul ne le saura jamais, je présume. Ce qui est certain par contre, c’est qu’avec l’échec retentissant de Houngbédji, qui semble maintenant avoir été préparé et mis en œuvre de façon magistrale, Nicéphore Hercule Don Diègue l’a eue, sa vengeance. Préparée et mise en œuvre par son fils Vinagnon Rodrigue Léhady Soglo.

Si tout cela s’avérait, qui pourra encore venir dire qu’au Bénin, nous ne faisons pas de la haute politique, mais uniquement de la petite politicaillerie vile et puérile, qui désespère tant les Béninois ?…

Mais mais mais, en s’élevant à la hauteur de Mitterrand qui aurait affirmé un jour, m’a-t-on dit, que « C’est en politique que tous les moyens sont bons, MÊME LES BONS ! », le fiston Vinagnon Rodrigue Léhady mérite respect. Mais il ne le sait que trop, « En toute chose, il faut considérer la fin ». Et peut-être ne le sait-il pas, auquel cas, de façon fraternelle – « fraternelle » parce que son père avait un regard bienveillant pour mon journal satirique et pour moi-même à une certaine époque – de façon fraternelle, dis-je, je l’informe : « Quand on dîne avec le diable, il faut se munir d’une très longue cuillère ».

Qu’il me permette de douter, le fiston, qu’avec le Docteur-Fraudeur, la sienne soit suffisamment longue.

C’est ce que je crois.

par Tlf Cequejecrois

Côte d’Ivoire : Révoltant, Ces ONG et medias qui se réveillent brusquement

On le savait plus ou moins. Et on l’a dit et écrit pour le dénoncer. Parce que c’était inélégant et malpropre. Que juste après que  la communauté internationale l’aura installé de force à la tête de l’Etat de Côte d’Ivoire, elle mettra en place un plan de lâchage du nouvel homme fort qui va commencer tout doucement pour atteindre sa vitesse de croisière au bout de deux mois. Ça n’a pas manqué ! Parce que le regard qu’il pose sur l’Afrique n’a pas varié, les méthodes de travail de l’Occident pour continuer de l’assujettir n’ont pas non plus changé. On «deal» avec le chef du moment, on le presse jusqu’à ce qu’on constate qu’il n’ait plus de jus et on le jette comme on le ferait d’un citron. Ceux qui refusent de dealer subissent un coup d’Etat ou une rébellion pour qu’ils comprennent une fois pour toutes que les pays qu’ils gèrent appartiennent aux plus puissants du monde.

        Pour mieux comprendre cette idée, je vous invite à lire les rapports d’enquête publiés ces derniers temps par les ONG de défense des droits humains et repris et commentés systématiquement à souhait par la presse occidentale. La première remarque à faire est qu’ils n’ont plus les mains liées. Laurent Gbagbo l’homme à abattre par tous moyens étant tombé, ces ONG et medias ont retrouvé brusquement leur vivacité d’avant. Ils critiquent et accusent tout le monde. Même les Nations Unies n’y échappent pas. Mais qu’on ne s’y trompe pas ! Ils ne font pas ça pour nos beaux yeux mais bien, et comme toujours, pour leurs propres intérêts. C’est une façon bien calculée de tenir fermement les nouveaux hommes forts du pays afin qu’ils n’oublient pas le deal et qu’ils ne dévient pas. S’ils voulaient le faire pour le pays, sa stabilité et son développement, ils n’auraient pas, comme l’ONUCI, fermé les yeux sur bien des choses sur lesquelles nous n’avions eu de cesse d’attirer leur attention.

      Quand nous interpellions l’ONUCI sur les exactions commises par des tueurs venus en grand nombre du Burkina Faso pour exterminer les populations de l’ouest du pays, elle disait autre chose et les ONG et les medias qui avaient les mêmes informations que nous parlaient d’autres choses. On est très surpris de voir aujourd’hui que ces informations figurent dans tous les rapports publiés par les différentes ONG qui comptent dans le monde. Même les experts-enquêteurs que l’ONU a envoyés sur le terrain font les mêmes constats. Que l’argent du café, du cacao, du bois, du diamant et de l’or braqués des paysans de l’ouest (des milliers de milliards de FCFA ; cf. extrait du rapport caché de l’ONU publié hier dans nos colonnes) sert à acheter des armes lourdes qui arrivent du Burkina voisin. L’ONU a gardé volontairement ce rapport dans ses tiroirs alors que sa publication aurait simplifié les choses et la Côte d’Ivoire ne serait pas là où elle est aujourd’hui.

       Cette méchanceté affichée par l’organisation mondiale doit être dénoncée et condamnée comme a commencé de faire Amnesty international qui accuse l’ONUCI de passivité dans les exactions commises à l’Ouest. De la même façon, toutes les ONG qui publient aujourd’hui des rapports sur la Côte d’Ivoire qui sont pleins d’informations qu’elles auraient dû publier depuis fort longtemps doivent être sanctionnées aussi. Quand nous dénoncions les soutiens fermes et massifs que l’ONUCI apportait aux rebelles dans les villes et villages du pays, quelle ONG et quelle presse ont relayé l’information ? Nous les soupçonnons fortement, à travers ce brusque réveil dans la dénonciation a posteriori des complots ourdis contre la Côte d’Ivoire, de vouloir maintenir les Ivoiriens dans l’adversité stérile pour que le pays continue d’être exploité. Leur méchanceté est si grande et si pernicieuse que France 24, chaîne publique française, dit que «le nouvel homme fort d’Abidjan est d’origine burkinabèse (sic !)». Nous n’avons plus besoin de ça ! Car de là à dire demain que le taux de participation au second tour de la présidentielle est de 70% et que le vrai vainqueur c’est Laurent Gbagbo, il n’y a plus qu’un pas qu’ils sont capables de franchir allègrement. Tout est question de temps.

Par Abdoulaye Villard Sanogo, Notre voie

Donné pour mort Blé Goudé parle enfin / Sa lettre aux Ivoiriens

Il n’est pas mort comme l’avait laissé croire la rumeur. Il est vivant, terré dans un endroit qu’il tient secret. Pour couper court à toutes les rumeurs sur son compte, Charles Blé Goudé, leader de la jeunesse patriotique ivoirienne et ancien ministre sous Laurent Gbagbo, rompt le silence à travers ce courrier adressé aux Ivoiriens.

Mes chers compatriotes,

Je suis vivant !

Si certains ont souhaité ma disparition physique, d`autres, plus nombreux certainement, aimeraient me voir en vie afin que je puisse participer au débat politique dans notre pays, la Côte d`Ivoire.

Dans tous les cas, cette situation m`aura permis d`expérimenter la symbolique des funérailles du vivant dont me parlait souvent mon grand-père.

En effet, vivant, j’ai assisté à mes funérailles à plusieurs reprises. Je sais que toutes les tentatives des uns et des autres pour me tuer sinon physiquement, à tout le moins médiatiquement, sont la preuve de l’intérêt qu’ils portent à ma personne et à notre combat.

A ceux qui ont jubilé à l’annonce de ma prétendue mort, je souhaite longue vie. La vie humaine est sacrée. Toutes nos croyances ne nous enseignent- elles pas que nul ne doit ni souhaiter ni fêter la mort de son prochain, fût-il son pire ennemi ? Et dire que parmi ceux qui ont jubilé à l’annonce de ma « mort«  se trouvent certains individus se targuant d’avoir été mes collaborateurs(?)

Je voudrais inviter ces papillons politiques toujours à la recherche du nectar à méditer les paroles suivantes :  » ce sont les abeilles qui produisent le miel ».

A vous qui, jusqu’ à cette adresse, portiez dans la tristesse et le silence le ‘’deuil’’, soyez rassurés, je suis bel et bien vivant !

Mes chers compatriotes,

Je sais tout ce que nous subissons dans nos quartiers, nos villages, nos campements, nos différents lieux de travail…

Je sais que des villages entiers ont été incendiés, obligeant de nombreuses populations paysannes à trouver refuge en brousse.

Je sais que, invitées à reprendre le service, les forces de l’ordre formées par l’Etat de Côte d’Ivoire sont traquées, humiliées voire assassinées. La dernière trouvaille serait de payer leurs salaires désormais de la main à la main. Du jamais vu !

Je sais que pour échapper à la furie des tortionnaires, de nombreux Ivoiriens sont aujourd’hui refugiés dans des pays voisins sans le moindre sou.

Le fait d’avoir battu campagne pour La Majorité Présidentielle (LMP) étant désormais considéré comme un crime dans notre pays, nous continuons de subir des exactions de tout genre.

Chaque jour, d’honnêtes citoyens sont pris en otage. Les plus chanceux sont libérés moyennant une rançon dont le montant varie selon les humeurs de leurs bourreaux.

Il ne se passe un seul jour sans que nous ne soyons dépossédés de nos biens. Les véhicules, les appareils électroménagers, les fauteuils sont emportés au nom de la démocratie. Même les casseroles, les verres, les cuillères n`échappent pas à leur appétit.

Je sais aussi que certains Ivoiriens, malgré leur appartenance au RHDP, ont vu leurs biens, fruits de plusieurs années de durs labeurs, emportés ; d`autres ont même été tués.

Sous le fallacieux prétexte de recherche de caches d’armes, ils tuent, violent et traumatisent impunément.

Mes chers compatriotes,

Voici autant d’actes qui sont en total déphasage avec l’esprit de réconciliation dont notre pays a plus que jamais besoin ; réconciliation dont j`avais déjà ouvert les chantiers à travers plusieurs actions pour tenter de réduire la fracture sociale déjà trop profonde. Souvenons-nous de la Caravane de la Paix. En clair, au-delà des slogans, la réconciliation doit se traduire en actes concrets surtout quand l’on sait que le président Gbagbo et plusieurs de ses compagnons sont illégalement incarcérés et isolés dans le nord de la Côte d’Ivoire.

En outre, notre pays, atteint du syndrome de l’allégeance et de la ‘’postophilie’’, enregistre le retour de caméléons politiques qui se vantent d’avoir prédit ce que nous vivons aujourd’hui.

Ces nomades politiques sans conviction accusent aujourd’hui le président Gbagbo de tous les maux d’Israël.

Comme vous le savez, chers concitoyens, quelle que soit la virulence d`une épidémie elle ne contamine jamais tout le monde. C’est pourquoi, je voudrais rassurer mes frères Ivoiriens et Africains que dans ce capharnaüm, je demeure lucide.

Mes chers compatriotes,

Dans cette douloureuse épreuve, sachons rester dignes et solidaires. A ce stade de mon propos, je voudrais remercier tous ces Africains et Africaines pour leur soutien à cet autre virage dans l’histoire de notre continent. Point n`est besoin de douter car dans cette montagne de désespoir doit nécessairement se creuser un véritable tunnel d`espérance pour le bonheur des générations futures.

En ce qui concerne les sujets qui engagent la vie et l’avenir de notre pays, la COTE D`IVOIRE, je me prononcerai prochainement.

Je suis vivant !

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

Charles Blé GOUDE.

Nouvelles mutineries au Faso : Une balle perdue dans la cuisse d’une élève

Hier les militaires sont encore sortis de leurs casernes à Tenkodogo, à Kaya, à Dori et à Dédougou, faisant parler les armes comme ce fut le cas lors de leurs précédentes sorties dans les mois de mars, d’avril et de mai. Même s’il n’y a pas eu des actes de vandalisme, on enregistre un blessé dans la cité de Bankuy, ou une élève a reçu une balle dans la cuisse.

Quarante-huit heures après le passage de l’état-major de l’Armée à Dédougou pour une campagne de sensibilisation à l’endroit des hommes en treillis en vue d’un apaisement du climat social délétère du pays des hommes intègres, voilà que les armes ont crépité toute la nuit du dimanche 29 au lundi 30 mai 2011.

En effet, un groupe de militaires du Régiment Parachutiste Commando (RPC) de Dédougou a procédé, dans la nuit de dimanche aux environs de minuit, à des tirs nourris d’armes lourdes et légères, qui n’ont cessé que lundi dans la matinée aux environs de 8 heures.

Ces tirs ont un tant soit peu perturbé les activités commerciales et empêché certains élèves d’aller aux cours. Les boutiques, les stations d’essence et le grand marché sont restés fermés dans la matinée.

Aucun acte de vandalisme n’a été signalé, mais une élève de 3e du lycée Rosa-Molas, répondant au nom de Zerbo Lydie, a reçu une balle perdue dans la cuisse aux premières heures de la matinée. Admise d’urgence au CHR (Centre hospitalier régional) de Dédougou, sa vie n’est nullement en danger.

Bien qu’aucune revendication n’ait filtré au sujet de cette mutinerie de la grande muette à Dédougou, il se susurre que ce mouvement d’humeur des soldats serait lié à l’affectation de leur chef de corps, le colonel Gilles Bationo, qui devrait être remplacé par le colonel Arthur Diasso.

Même les gendarmes s’en mêlent

Les mutineries des mois de mars et d’avril ont gagné presque l’ensemble des garnisons du pays, mais le RPC avait été, jusqu’à la date du dimanche 29 mai 2011, à l’abri de ces sottes d’humeur.

Il n’y a pas que dans la cité de Bankuy que les militaires se sont mutinés ces dernières heures : également à Kaya, à Dori et à Tenkodogo, les soldats ont fait parler la poudre. Selon les informations en notre possession, les promotionnaires de ceux du régiment de sécurité présidentielle revendiqueraient les mêmes avantages que ces derniers, notamment les indemnités de logement.

Il semble que leurs frères d’armes en service à Kosyam ont été satisfaits sur la question. A Tenkodogo, les tirs se sont poursuivis lundi jusqu’à 11 heures. Il n’y a pas eu d’actes de vandalisme notoire, mais les mutins ont procédé à la réquisition de véhicules du haut-commissariat, de Plan Burkina et de quelques particuliers.

A bord de ces véhicules, ils ont paradé en tirant en l’air. Fait nouveau, selon des sources concordantes, des gendarmes de Tenkodogo, de Garango et de Bagré auraient aussi manifesté leur colère en tirant en l’air. Les revendications des pandores restent encore floues selon nos sources.

Dramane Sougué

L’Observateur Paalga

Les USA et leurs alliés contre la démocratie dans le monde

COMPRENDRE LES ENJEUX DE LA GLOBALISATION

Chomsky répond à Amy Goodman de Democracy now !, sur la réaction des Etats-Unis aux révoltes populaires qui se sont propagées au Moyen-Orient et en Afrique du Nord à l’occasion du 25ème anniversaire du groupe de surveillance des medias nationaux, « Fairness and Accuracy in Reporting » (FAIR).

Les Etats-Unis et ses alliés feront tout pour empêcher l’instauration d’une véritable démocratie dans le monde arabe et ailleurs. La raison en est très simple. Dans toute la région, une majorité écrasante de la population considère que les Etats-Unis sont la principale la menace contre leurs intérêts.

De fait, l’opposition à la politique U.S. est si forte que l’immense majorité d’entre eux pensent que la région serait plus en sécurité si l’Iran possédait l’arme nucléaire. En Egypte, le pays le plus important, ce taux est de 80 %. Et le pourcentage est pratiquement le même ailleurs.

Il y en a certains dans la région qui considèrent l’Iran comme une menace – ils sont environ 10 %. Eh bien, il est clair que les Etats-Unis et leurs alliés ne vont pas tolérer que s’installent des gouvernements qui se préoccupent de la volonté du peuple (Côte d’Ivoire). Si cela devait se réaliser, non seulement les Etats-Unis ne contrôleraient plus la région, mais ils en seraient expulsés. Et donc, c’est de toute évidence un plan intolérable.

En ce qui concerne WikiLeaks, il y avait un point intéressant là-dessus. Les révélations de WikiLeaks qui ont été le plus médiatisées — gros titres, commentaires euphoriques, etc. —c’est que les Arabes soutiennent la politique US vis-à vis de l’Iran. Mais rien sur l’avis de la population arabe – il ne compte pas.

Si les dictateurs nous soutiennent et qu’ils contrôlent leurs populations, alors, où est le problème ? C’est comme l’impérialisme. Où est le problème si ça marche ?

Tant qu’ils peuvent maîtriser les populations, tout va bien. Elles peuvent manifester leur haine, nos sympathiques dictateurs les garderont sous contrôle. Cela, c’est la réaction non pas seulement des services diplomatiques du Département d’état ou des médias qui en ont fait état, mais également du cercle intellectuel en général. Il n’y a aucun commentaire là-dessus. En fait, les médias aux Etats-Unis occultent complètement ces sondages (sur l’opinion des populations, NDT). On trouve ça un peu en Angleterre, mais très peu. Ce que pense la population, on s’en fiche, pourvu qu’elle soit contenue.

Eh bien, à partir de ces observations, on en déduit assez vite quelles politiques vont être menées. On peut pratiquement les énoncer.

Et donc, quand il s’agit d’un pays riche en pétrole, avec un dictateur fiable et docile, on le laisse faire ce qu’il veut. L’Arabie Saoudite est le pays plus important de cette catégorie. C’est le centre du fondamentalisme islamique le plus puissant, le plus extrémiste et le plus brutal, des missionnaires qui répandent un islamisme ultra-radical comme les jihadistes et pire encore. Mais ils sont dociles et fiables, ils peuvent faire ce qu’ils veulent.

Une manifestation était prévue en Arabie Saoudite. La présence policière était si importante et si dissuasive que pratiquement personne n’a eu envie de descendre dans les rues de Riyad. Mais là, il n’y avait rien à redire. Pareil au Kowait. Il y a eu une petite manifestation vite réprimée ; sans commentaire.

En fait, le cas le plus intéressant, c’est, à bien des égards, celui du Bahreïn.

Le Bahreïn est important pour deux raisons. L’une, dont les médias ont parlé, c’est que c’est le port d’attache de la 5° Flotte, force militaire majeure dans la région. L’autre raison, plus fondamentale, c’est que le Bahreïn est à environ 70% à majorité chiite, et il est situé juste de l’autre côté de lachaussée du roi Fahd, pont qui le relie au sud-est de l’Arabie saoudite – qui est également à majorité chiite, et qui se trouve être la région riche en pétrole, tout autour de la partie septentrionale du Golfe. C’est-à-dire, qui englobe l’est de l’Arabie saoudite, le sud de l’Irak et le sud-ouest de l’Iran.

Et cela fait longtemps que les stratèges craignent qu’on se dirige vers une sorte d’alliance tacite dans ces régions à majorité chiite qui mènerait à l’indépendance et au contrôle de l’essentiel du pétrole mondial. Ce serait, de toute évidence, intolérable.

Et donc, pour en revenir à Bahreïn, il y a eu une révolte populaire, des tentes ont été installées sur la place centrale de la ville comme à Place Tahrir. Les forces militaires menées par l’Arabie saoudite ont envahi le Bahreïn, permettant aux forces de sécurité de Bahreïn de réprimer violemment cette révolte, de détruire les camps de tentes et même de détruire le monument central de la place de la Perle, symbole de Bahreïn ; ils ont envahi le complexe hospitalier le plus important, expulsé les patients et les médecins ; ils arrêtent régulièrement, tous les jours, des défenseurs des droits humains, les torturent, ils (les dictateurs, NDT) se font de temps en temps taper sur les doigts, mais rien de bien méchant. C’est comme le principe de Carothers. Si les actions correspondent à nos objectifs stratégiques et économiques, c’est bien.

Nous pouvons avoir un discours noble ; mais ce qui compte, ce sont les faits.

Eh bien, ceux-là, ce sont les dictateurs dociles des pays riches en pétrole.

Et l’Egypte, me direz-vous, pays très important, mais qui n’est pas un centre de production pétrolière majeur ? Eh bien, en Egypte et en Tunisie et dans d’autres pays du même genre, il y a un plan de match, utilisé régulièrement, si couramment qu’il faut être un génie virtuel pour ne pas le remarquer.

Et quand on a un dictateur privilégié – si vous songez à faire carrière dans le service diplomatique, autant que vous sachiez cela – … quand on a un dictateur privilégié et qu’il rencontre des problèmes, on le soutient le plus longtemps possible, soutien inconditionnel jusqu’au bout. Quand on arrive au point où il n’est plus du tout possible de le soutenir – par exemple, disons, si l’armée ou les milieux d’affaires se retournent contre lui – alors, il faut le faire partir, faire des déclarations fracassantes sur l’amour qu’on porte à la démocratie, puis, chercher à remettre en place l’ancien régime, avec de nouveaux noms, s’il faut. Et c’est ce qui se fait indéfiniment.

Ca ne marche pas toujours, mais on essaie toujours – Somoza au Nicaragua ; le Shah en Iran ; Marcos aux Philippines ; Duvalier à Haïti ; Chun en Corée du sud ; Mobutu au Congo ; Ceausescu fait partie des favoris occidentaux en Roumanie ; Suharto en Indonésie. C’est la procédure habituelle. Et c’est exactement ce qui se passe en Egypte et en Tunisie.

Donc, d’accord, on les soutient jusqu’au bout — Moubarak en Egypte, jusqu’à la fin on l’a soutenu. Ca ne marche plus, on l’envoie à Charm el-Cheikh, on sort le discours, et on cherche à restaurer le régime. C’est, d’ailleurs, la raison du conflit actuel. Comme l’a dit Amy, on ne sait pas comment ça va tourner, mais c’est ce qui se passe.

Et puis, il y a une deuxième catégorie. Cette catégorie c’est celle du dictateur de pays pétrolier en qui on n’a pas confiance, l’électron libre. C’est le cas de la Libye. Et là, la stratégie est différente ; il faut chercher à mettre en place un dictateur plus fiable. Et c’est exactement ce qui se passe actuellement.

Evidemment, il faut faire passer ça pour une intervention humanitaire. C’est un autre principe universel qu’on retrouve pratiquement dans toute l’histoire.

Pratiquement chaque fois qu’il y a eu recours à la force, quel qu’en ait été l’auteur, il était accompagné du discours le plus noble. Il s’agissait de raisons humanitaires. C’est Hitler qui envahit la Tchécoslovaquie, les fascistes japonais qui dévastent le nord-est de la Chine. C’est Mussolini en Ethiopie. Il n’y a pratiquement aucune exception. Et donc, vous présentez cela et les medias et les commentateurs font semblant de ne pas remarquer qu’il ne contient aucune information, parce que c’est automatique.

Et donc, mais dans ce cas précis (de la Libye, NDT), ils pourraient ajouter autre chose, qui a été maintes et maintes fois répété dans les médias, à savoir que les Etats-Unis et ses alliés sont intervenus pour répondre à la demande de la Ligue Arabe. Et, évidemment, il faut bien nous faire prendre conscience de l’importance de cette information. Soit dit en passant, la réaction de la Ligue Arabe était mitigée et ils se sont assez vite rétractés parce qu’ils n’étaient
pas d’accord avec ce que nous faisions. Mais passons.

Au même moment, la Ligue Arabe émettait une autre requête donc voici le gros titre d’un journal : « la Ligue Arabe demande une zone d’exclusion aérienne pour Gaza« . Il s’agit, en fait du Financial Times de Londres.

Aux Etats-Unis, on n’en a pas parlé. Ou, plutôt, pour être précis, le Washington Times en a parlé, mais en gros, l’information a été bloquée, comme les sondages sur l’opinion publique dans les pays arabes, pas le genre d’information à publier. Et donc, comme « la Ligue Arabe demande une zone d’exclusion aérienne pour Gaza » ne correspond pas à la politique des Etats-Unis, nous ne sommes pas obligés de diffuser cette information, et elle a donc été escamotée.

Maintenant, certains sondages sont publiés. En voici un qui a été publié dans le New York Times il y a deux ou trois jours. Je cite : « Ce sondage montre qu’une majorité d’Egyptiens veulent abroger le traité de paix signé en 1979 avec Israël, et qui a été la pierre angulaire de la politique étrangère de l’Egypte et de la stabilité dans la région ».

En fait, ce n’est pas tout à fait exact. Il a été la pierre angulaire de l’instabilité dans la région, et c’est justement la raison pour laquelle la population en Egypte veut l’annuler. Cet accord écartait l’Egypte du conflit israélo-arabe. C’est-à-dire qu’il éliminait le seul moyen de dissuasion à l’action militaire d’Israël.

Et il a permis à Israël d’étendre ses opérations illégales dans les Territoires Occupés et d’attaquer son voisin du Nord, le Liban. Peu de temps après, Israël attaquait le Liban, tuant 20.000 personnes, détruisait le Sud-Liban, tentait d’imposer un régime client, mais n’y est pas tout à fait parvenu. Et ça a été compris. Et donc, la réaction immédiate au traité de paix, c’est qu’il y a des éléments que nous n’apprécions pas – il va nous falloir abandonner nos colonies dans le Sinaï, le Sinaï égyptien. Mais il y a un bon côté à ça, également, c’est que le seul moyen de dissuasion a disparu maintenant, nous pouvons donc utiliser la force pour réaliser nos autres objectifs. Et c’est exactement ce qui s’est produit. Et c’est exactement la raison pour laquelle la population égyptienne y est opposée. Ils comprennent cela, comme tout le monde dans la région.

D’un autre côté, le Times ne mentait pas quand il disait que cela avait conduit à la stabilité de la région.

La raison en est que le terme « stabilité » renferme un sens spécifique – un peu comme démocratie. La stabilité signifie « compatibilité avec nos intérêts ». Et donc, par exemple, quand l’Iran essaie d’étendre son influence en Afghanistan et en Irak, ses voisins, on appelle ça « déstabiliser ». Cela fait partie de la menace que constitue l’Iran. Cela déstabilise la région.

En revanche, quand les Etats-Unis envahissent ces pays, les occupent et les détruisent en partie, c’est dans l’idée d’apporter la stabilité. Et cela, c’est très courant – au point qu’on peut écrire – comme l’a fait l’ancien rédacteur en chef de Foreign Affairs— que quand les Etats- Unis ont renversé le gouvernement démocratique chilien (rappel : Côte d’ivoire) et instauré une dictature brutale, c’est parce qu’il fallait que les Etats-Unis déstabilisent le Chili pour apporter la stabilité.

Eh oui, vous renversez un gouvernement parlementaire, vous y installez une dictature, vous envahissez un pays, et vous tuez 20.000 personnes, vous envahissez l’Irak et vous tuez des centaines de milliers de personnes – tout ça, c’est pour apporter la stabilité. L’instabilité, c’est quand quelqu’un vient se mettre en travers de votre chemin, telle est la définition aux yeux des occidentaux.

Nous venons de le vivre cette définition en Côte d’Ivoire.

Traduction : Afrohistorama

Source : Democracy Now

Article Noam Chomsky

BENIN : Le 1er Gouvernement du second quinquenat de Boni Yayi

Ce Gouvernement contrairement au précédent qui comptait 30 membres, compte 26 membres dont 21 nouvelles entrées.

Premier ministre, chargé de la coordination, de l’évaluation de l’action publique et du dialogue social:

Pascal Irénée Koupaki

2- Ministre d’Etat chargé de la défense

Issifou Kogui N’Douro

3- Ministre du Plan:

Marcel de Souza

4- Ministre délégué chargé de l’intérieur et de la sécurité publique:

Bénoît Dègla

5- Ministre de l’économie et des finances:

Adidjatou Mathys

6- Ministre de l’agriculture:

Kater Sabaï

7- Ministre de l’économie maritime et porte parole du gouvernement:

Jean-Michel Abimbola;

8- Ministre de l’environnement, de l’habitat et de l’urbanisme:

Blaise Ahanhanzo Glèlè;

9- Ministre des affaires étrangères, de la francophonie et des Béninois de l’extérieur:

Nassirou Arifari Bako;

10- Ministre de la communication:

Max Awèkè

11- Ministre de la jeunesse des sports et loisirs:

Didier Aplogan Djibodé

12- Ministre de la santé:

Dorothée Kindé Gazard

13- Ministre de la justice:

Marie Elise Gbèdo

14- Ministre de la décentralisation:

Edou Raphaèl

15- Ministre des travaux publics et des transports:

Lambert Koty

16- Ministre de l’enseignement primaire:

Eric N’da

17- Ministre de l’enseignement secondaire et technique:

Alassane Soumanou Djimba

18- Ministre de l’énergie de l’eau et des mines:

Jonas Gbian

19- Ministre de la microfinance:

Réckya Madougou 

20- Ministre des réformes administratives et institutionnelles:

Martial Sounton

21- Ministre de l’enseignement supérieur:

François Abiola 

22- Ministre de la culture, du tourisme et de l’alphabétisation:

Valentin Djènontin

23- Ministre de l’industrie, du commerce et des pme:

Séfou Madina

24-  Ministre de la fonction publique

Kora Zaki Memounatou

25- Ministre chargée des relations avec les institutions:

Me Bassabi Safiatou

26- Ministre de la famille

 Fatoumata Amadou Djibril

Alassane face à la loi : Faites ce que je dis, pas ce que je fais

« … on peut s’opposer à une décision de justice même rendue en dernier ressort, si on l’estime injuste. …. Ne donnez plus l’occasion à personne de s’opposer violemment contre une décision de justice. …. Une décision de justice peut provoquer la guerre et entrainer des millions de morts… ». Dixit le président Dramane Ouattara à l’occasion de la prestation de serment du nouveau président de la Cour Suprême, M. Koné Mamadou. La première remarque que l’on peut faire, est que notre Président ne regrette rien. Ensuite, qu’il avoue si besoin en était encore, qu’il est le père de la rébellion qui a balafré la Côte d’Ivoire. Il s’est opposé à une décision de justice. Par la guerre, une guerre sanglante qui a ruiné des vies et des régions entières.

L’autre révélation est l’insidieuse menace qu’il adresse à la Justice de ce pays, à travers le patron de la Cour Suprême. Attention semble-t-il dire, regardez le justiciable et analysez sa force de frappe avant de décider. S’il est capable du pire, révisez votre décision. Où est l’indépendance de la Justice ? Où est la clause de conscience sur laquelle le Juge rend une décision ? La Justice selon M. le Président, doit désormais se faire à la tête de client. Lui, grâce à sa force de frappe, a obligé la Côte d’Ivoire à le déclarer éligible.

En faisant des milliers de morts. Lui grâce à ses canons, a obligé le Conseil Constitutionnel à se dédire. Grâce à la force, il a obligé le Pr. Yao N’dré à devenir un parjure. Dieu fasse qu’un jour nous sachions le moyen de chantage qui lui a été imposé pour en arriver là. Voilà l’homme qui, pour les cinq prochaines années, tient le destin de milliers d’Ivoiriens dans les mains. « Ne donnez plus l’occasion à personne de s’opposer violemment contre une décision de justice ». Autrement dit, la Cour Suprême est invitée à accepter tout prochain imposteur à la présidentielle, si celui-ci, de toute évidence, a une certaine capacité de nuisance.

Lui, il a déjà démontré sa force. Il pourra donc faire ce que bon lui semblera. La Justice, la Constitution n’y pourront rien. Par exemple sauter le verrou de la limitation des mandats présidentiels à deux. Par exemple distribuer, pourquoi pas, la nationalité ivoirienne à des guichets automatiques. « Une décision de justice peut provoquer la guerre et entrainer des millions de morts… ». Si vous voulez éviter la guerre et des millions de morts, laissez-moi faire. A bon entendeurs salut. Silence, je suis à la barre.

El Profesor pour Le Temps