Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

BENIN : Déjà l’après-yayisme ???

Survivre à l’ère du Changement. Il fallait bien y penser un jour. Le temps d’une législative et retour sur terre pour la plupart des courtisans. Que c’est compliqué, même face à un électorat sous traumatisme du viol du 13 mars 2011, de se tirer d’affaire juste en faisant les louanges de Yayi. Grande désillusion pour tous ceux qui pensaient pouvoir faire carrière en apparaissant, en médaillon, sur des affiches, à l’ombre de l’image « protectrice » du docteur-président.

La bulle du K.O. s’est littéralement dégonflée. Et ce n’est pas faute d’avoir surfé sur la présidentialisation à outrance du scrutin à travers une implication personnelle du chef de l’Etat, auréolé de la proclamation de son rempilage à palabres. Ministres, conseillers à la présidence, directeurs généraux d’entreprises et d’offices publics, tous sur le pont pour convoyer des députés par vague pour le compte de l’émergence en mutation vers la refondation, à l’orée du second mandat. Le tout pour aboutir finalement à une mémorable déculottée au sortir des urnes.

Visiblement, le plus retentissant revers pour le docteur-président reste le rejet du profile du parfait député qu’il a lui-même esquissé tout au long de la campagne. En effet, tous les « mangeurs d’arachide » passés au vitriol présidentiel ont brillamment obtenu leur maintien : Augustin Ahouanvoébla, Quenum Epiphane, Sacca Fikara et associés. Le fait de renoncer aux restaurants cossus contre de sobres séances d’arachides grillées en plein hémicycle, pour les besoins de la cause, a plutôt été perçu par les électeurs comme une marque de dévouement voire de sacrifice. Tout le contraire des refondateurs présumés qui, en l’espace d’un quinquennat, se sont illustrés par leur propension à cumuler les scandales politico-financiers. À voir ce qui s’est passé en 5 années du yayisme, on ne pouvait empêcher de nombreux électeurs de voir, à travers certains porte-étendards du régime, des faux pasteurs, des faux placeurs d’argent, des bénéficiaires de marchés publics gré à gré, des auteurs de surfacturation, des supporteurs de la répression aveugle des manifestants pacifiques ou des complices de la disparition d’un haut fonctionnaire de l’administration publique.

C’est le lieu de remettre au goût du jour une autre question, lancinante, pesante, envahissante : Yayi 10 ans ! Et après ? Une interrogation que chacun des émergents devraient se poser tous les jours. Pas seulement pour leur propre carrière politique ou non mais également pour la marche du pays. Il va falloir que toutes les grandes gueules qui ont pris du service depuis avril 2006 racontent un jour à leurs descendances respectives ce qui a pu marcher dans leur promesse de réaliser une croissance à deux chiffres, d’industrialiser à tour de bras, de faire rayonner le Bénin sur le plan international, de booster la production de coton etc… Des promesses qui ont permis au docteur-président de rentrer à la Marina pour une première fois et d’y préparer le K.O.

5 ans après. Les supporteurs qui envisagent emprunter le même procédé de la démagogie et des promesses vaines pour se frayer une place au soleil devraient réfléchir à plusieurs reprises après la révolte du 30 avril. Ce ne serait plus possible d’emballer des ménages dans des histoires de faux placements en guise de refrain aux proclamations du docteur-président sur la lutte contre la pauvreté. C’est vraiment révolu l’époque où des épargnants incrédules pouvaient se ruer vers des agences de faux placements parce que les promoteurs se faisaient recevoir en audience à la présidence de la République ou parrainé par la première dame.

Avoir organisé des marches de soutien, des meetings de remerciement, des séances de prières ou avoir parrainé des activités de propagande de Icc en l’honneur de Yayi Boni ne pèse plus grand-chose dans les urnes.

Le Changement fut…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

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