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Plainte à Paris pour crime contre l’humanité visant Ouattara

Les avocats de Laurent Gbagbo ont porté plainte lundi en France pour crimes contre l’humanité après les massacres commis à Duékoué, en Côte d’Ivoire, dans les semaines précédant sa chute.

Cette plainte contre X vise les forces du nouveau président ivoirien Alassane Ouattara et toutes les personnes qui pourraient apparaître au cours de l’instruction, précisent Jacques Vergès et Roland Dumas.

Leur plainte, dont Reuters a obtenu copie, a été déposée au nom de la fille d’un exploitant forestier qui aurait été enlevé et assassiné le 30 mars dernier à Duékoué par des membres des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI).

Jacques Vergès a indiqué que les poursuites étaient susceptibles de viser également des éléments de la force française Licorne, qui n’auraient pas, selon lui, empêché les exactions.

Le Comité international de la Croix-Rouge a fait état d’au moins 800 morts à Duékoué, localité tombée le 29 mars aux mains des forces fidèles à Alassane Ouattara, alors rival de Laurent Gbagbo. Les Nations unies ont imputé pour leur part la mort de 220 personnes aux hommes d’Alassane Ouattara et celle de 110 autres à des partisans de Laurent Gbagbo.

La justice française est compétente car « le chef des bandes rebelles ayant commis ces crimes, Alassane Ouattara, a un domicile à Paris et à Mougins, et les responsables de la force Licorne ont leur domicile en France », avait dit Jacques Vergès fin mars au journal 20 Minutes.

Prié de justifier les poursuites contre la force Licorne, l’avocat répond: « Qu’est-ce que la France a fait pour protéger la population de Duékoué ? L’objectif de notre plainte est de clarifier ce qui s’est passé, obtenir des sanctions et dédommager les familles des victimes. »

Un collectif d’avocats a été constitué à Paris à la demande de la fille du président déchu, Marie-Antoinette Singleton, pour étudier les conditions de légalité de la capture de Laurent Gbagbo le 11 avril dans son palais présidentiel à Abidjan et de l’intervention de l’armée française.
Le nouveau gouvernement ivoirien a annoncé fin avril que l’ancien président, son épouse Simone et plusieurs de leurs proches faisaient l’objet d’une enquête criminelle pour atteintes aux droits de l’homme.

Laurent Gbagbo a déclaré lundi à ses partisans que la relance de l’économie ivoirienne et le rétablissement de la sécurité devaient l’emporter sur les querelles politiques.

Il s’exprimait lors d’une conférence de presse organisée à Korhogo, ville du Nord où il a été placé en résidence surveillée après sa capture à Abidjan.

Reuters

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