Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: mai 4, 2011

BENIN : La liberté de presse… au nom des barbouzes…

Dynamique, plurielle, imaginative, protégée … et « libre ». Elle est là, incontournable, très présente dans la vie sociopolitique, cette presse béninoise, pourvoyeuse de fantasmes, de désillusion, de dégout et de frayeurs parfois. Jusque là rien de bien singulier. Au contraire, puisqu’il permet à de nombreux jeunes diplômés sans emploi de faire leurs premières armes dans la vie active même si cela se fait souvent sans contrat, sans salaire et généralement sans encadrement. Les promesses politiques se suivent depuis celle, mémorable, de 20.000 emplois l’an jusqu’au programme dit d’auto emploi en passant par la relève de qualité, les patriotes, ou les émergents, et toujours pas de perspective ni d’espérance. La presse à l’instar de toutes les autres activités ne pouvait pas se pourvoir en femmes et en hommes en dehors de ce vivier nourri à l’incertitude, au spleen sans fin, au désespoir. Ainsi va le Bénin du Changement, de l’émergence économique, de la prospérité partagée, de la refondation et des K.O électoraux.

C’est vrai que le début de mai est logiquement consacré à la liberté de la presse. Opportunément, l’événement ne résiste pas au concert habituel de conjectures sur la qualité de la presse. En fait, il n’y a pas grand-chose à dire sur la liberté de presse au Bénin de Yayi Boni. Un long fleuve de dégradation continue des conditions d’exercice de la profession. Rsf s’en est d’ailleurs fait une religion, en constatant l’irréversible rétrogradation de l’ancien modèle démocratique en Afrique à partir de 2006. Jamais le régime Yayi n’a dérogé à la tradition depuis lors. Désormais, l’enjeu se résume à l’ampleur de la chute. 1er en Afrique en 2005, 11ème en 2010. Or, après 2010, d’autres faits de prince se sont accumulés pour rendre la note 2011, l’année du K.O., particulièrement plus salée ; l’année où les professionnels des médias ont dû prendre le macadam pendant qu’un des leurs se bat pour sauver son œil abîmé (pour combien de temps encore ?) par la bêtise policière. Ne parlons pas de ce rédacteur en chef contraint de prendre le maquis à la suite d’une descente policière à son domicile. Des indices pour la prochaine annotation de Rsf.

Parlons justement de l’environnement des médias au Bénin ; c’est-à-dire du milieu de travail des journalistes et autres professionnels des médias. Les cognées de policiers, les agressions des gardes du corps de personnalités publiques, les persécutions fiscales, les pressions institutionnelles (par Haute autorité de l’audiovisuelle et de la communication interposée), les contrats gouvernementaux ; tout cela, on connaissait. Mais il y a du nouveau dans la place. Un nouveau produit, exceptionnel : les services de renseignements généraux désormais en posture de plus grand contributeur financier de la presse au Bénin, notamment la presse écrite. Plusieurs titres auraient déjà disparu n’eut été la rente subséquemment versée par des barbouzes, pour service rendu. Ne parlons pas des titres nés grâce à la générosité de quelques officiers, de conseillers à la présidence ou de pasteurs proches du palais de la Marina. Ce n’est pas pour rien que le docteur-président, en personne, se charge, régulièrement, de régler leurs comptes à ces patrons de presse trop portés sur l’« enrichissement rapide ».

Grâce donc à cette race d’écrivaillons entretenus par les « services », tous les titres sont possibles dans les kiosques à commencer par des annonces de K.O. au lendemain d’élections, en contradiction flagrante avec les résultats bruts sortis des urnes. L’effet d’annonce en prélude à l’effet de la proclamation. Tout comme on peut faire croire que certains épargnants grugés ont déjà été dédommagés. Wikileaks prend au moins la précaution de donner les sources de ses révélations. Ce qui n’est pas le cas des habitués des conférences de rédaction de la « grande maison ». Peut-être une autre forme de la liberté de presse.

De la refondation avant l’heure…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

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Cote d’Ivoire : Gouvernance – La différence entre Gbagbo et Ouattara

La gestion du pouvoir n’est pas une chose aisée. Entre le putschiste Alassane Ouattara et le Président démocratiquement élu, Laurent Gbagbo, il y a une grande différence. Sous le régime du second, les leaders de l’opposition étaient bien traités. Ils insultaient à longueur de journée le chef de l’Etat sans être inquiétés. Mieux, ils étaient bien traités et choyés. La preuve, Henri Konan Bédié et Alassane étaient en exil, Laurent Gbagbo les a fait rentrer au pays.

Ils reçoivent respectivement chacun un salaire mensuel en tant qu’ancien chef d’Etat pour Bédié et ancien premier ministre pour Alassane. Ils avaient une résidence avec des gardes de corps. Leur sécurité était garantie. Ils étaient libres de leurs mouvements. Ils animaient des meetings à travers l’ensemble du territoire national. Au cours de ces rencontres, ils tenaient des propos haineux contre leur bienfaiteur qui n’est autre que Laurent Gbagbo.

En outre, ce dernier leur rendait régulièrement visite. Il était à leurs cotés quand ceux-ci sont frappés par un malheur. Il a toujours évité d’humilier ses adversaires. Et pourtant, il pouvait se venger d’eux. Puisqu’il a subi des humiliations sous leurs règnes. Il a fait plusieurs fois la prison. Son salaire a été bloqué à maintes reprises. C’est ça la grandeur d’un homme. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Alassane prend le pouvoir par les armes. Il arrête Laurent Gbagbo et toute sa famille. Ainsi que ses collaborateurs, les personnalités qui le soutiennent. Les responsables de la majorité présidentielle sont mis aux arrêts. Ils n’ont pas droit à la parole. Leurs portables ont été arrachés. Pas de visites.

La presse internationale ne doit pas les rencontrer. D’autres sont obligés de s’exiler. Les journaux proches de Gbagbo sont interdits de parution. Leurs locaux, mis à sac. C’est la chasse aux sorcières. Les militants de Lmp sont assassinés tous les jours. Des militaires sont mis aux arrêts. Et avec la complicité de la France. On revient à l’heure du parti unique. Personne n’a le droit de critiquer le despote Alassane Ouattara. Autre différence : La famille du putschiste est au palais.

Son frère est directeur financier et sa nièce, directeur à la communication. Il n’a pas oublié ses frères du Burkina Faso. Le fils de l’ancien président du Faso, Sangoulé Lamizana est nommé directeur général du Port de San Pedro. Les Ivoiriens voient la différence. Ils n’ont que leurs yeux pour pleurer. Le vrai bonheur, on ne l’apprécie que lorsqu’on l’a perdu. Le combat continue.

Enise Kamagate

Source : Le Temps

Soro Guillaume, est il devenu un serial killer ?

Les derniers enregistrements vidéo publiés par le sulfureux site d’information Abidjan.net, donnent  des informations très intéressantes sur la véracité de l’arrestation du président Laurent Gbagbo :

1) Un des chefs rebelles, après avoir rendu compte de son entretien avec cette dame rencontrée dans la court de la résidence présidentielle, ajoute clairement ceci : «…j’ai vu sortir Gbagbo du sous-sol portant un gilet pare-balles de l’armée française.»  Ce qui accrédite la thèse selon laquelle, l’arrestation du président Gbagbo a bel et bien été opérée par des éléments forces spéciales Françaises. Sinon comment ce gilet français se serait-il retrouvé dans le bunker présidentiel?

2) Ce même enregistrement dit aussi que le ministre Désiré Tagro est sorti, à deux reprises, du bunker avec un drapeau blanc pour tenter une négociation de reddition. Ce qui confirme qu’il n’a pas pu tenter de mettre fin à ses jours en se tirant une balle dans la bouche, contrairement à la version donnée par l’ambassadeur de France et Soro Guillaume lui-même. Il a donc purement et simplement été liquidé après son arrestation.

Je note d’ailleurs une similitude troublante entre deux faits apparemment sans liens et qui expliqueraient la liquidation du ministre Désiré Tagro et de IB.

Analyse : Désiré Tagro, en sa qualité de ministre de l’intérieure, est bien celui qui a négocié et fait signer le contrat avec la SAGEM et sous la supervision de Soro Guillaume. Or, ce dernier (Soro Guilllaume) fût soupçonné (accusé?) notamment par le président Mamadou Koulibaly d’avoir touché une grosse commission dans la signature de ce gigantesque contrat. S’il y a donc un témoin, qui puisse détenir les preuves matérielles de ces accusations, c’est bien le ministre Désire Tagro. Il a donc, selon mon analyse, été purement et simplement  éliminé. Quant à IB, sa mort là aussi est très troublante. Un de ses lieutenants, le nommé «Bauer», faisant le récit de sa dernière conversation téléphonique avec IB affirme : «…Le général (IB) était acculé et s’est retranché dans une court commune dernière l’usine UNICAFÉ. Un de nos éléments, qui était avec lui, a brandit un drapeau blanc en criant aux FRCI de ne plus tirer et que IB était prêt a se rendre… » IB a pourtant été froidement abattu. La presse affirmera, en outre, le lendemain que Soro Guillaume avait pourtant reçu l’ordre (d’Alassane Ouattara) de prendre IB vivant. Mais Soro Guillaume a encore une fois fait le choix de faire liquider IB.

Conclusion : Soro Guillaume, a profité de cette crise pour régler des comptes personnels et surtout éliminer d’éventuels obstacles à son ascension vers le pouvoir suprême.

Christian CASIMIR

Purmerend (Pays-Bas)

Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy sur la crise politique en Côte d’Ivoire

Le Mouvement Citoyen Conscient

A Monsieur le Président de la République Française

Objet : Position de la jeunesse africaine sur la politique française en Afrique

     Monsieur le Président de la République,

Le soussigné a l’honneur de venir très respectueusement auprès de votre haute bienveillance, exprimer son point de vue sur la politique française en Afrique francophone et particulièrement, sur la situation actuelle de la Cote d’Ivoire.

En effet, l’histoire de la République Française nous enseigne que de Napoléon Bonaparte, en passant par Le Général De Gaulle, jusqu’à vous Mr Nicolas Sarkozy, la République Française a toujours incarné, voire symboliser le Model de Démocratie par excellence, au profit duquel, les Etats africains puisent leur inspiration. Car, garantissant à tout citoyen, l’expression des libertés individuelles comme le stipule la Déclaration des droits de L’homme et du citoyen de 1789 de même que la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. A cela, s’ajoute La Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.

Nous constatons, Monsieur le Président, que malheureusement, un écart existe entre ces valeurs défendues par la République Française et la politique qu’elle entretient à l’extérieur de ses frontières, notamment en Afrique.

Au-delà de tout ce que nous connaissons sur la Françafrique, « notre chère Mère patrie » vient de confirmer ce qui déjà avait opinion sur rue ici ; qu’elle est un Etat prédateur pour tous les pays africains. Sinon, comment comprendre qu’un président bien élu par son peuple, le « très honorable peuple Gaulois, puisse orchestrer sans fierté ni orgueil des coups d’Etats électoraux dans des Etats Africains ? Mieux, que penser désormais de cette image de justice vantée par cette France, si elle soutient des chefs d’Etats mal élus et récusés par tout un peuple ? Les exemples ne manquent pas : BONGO ALI du Gabon ; Dénis SASSOU NGUESSOU du CONGO BRAZA, ALASSANE DRAMANE OUATARA de la Cote d’Ivoire.

Fort de tout ce qui précède, le Citoyen Conscient en tant que Mouvement Panafricain, condamne avec la dernière énergie les actions de la force licorne et de L’ONUCI en Côte d’Ivoire, tient la France pour responsable des meurtres perpétrés dans Abidjan la capitale.

Les Africains pourront-ils comprendre un jour que la France « n’a ni amis, ni frères mais que ses intérêts à préserver ? Sommes-nous en droit de croire que la France n’accorde aucun intérêt à l’Homme, que seul les appétits matériels la gouvernent réellement ?

Veuillez agréer Monsieur le Président de la République, l’expression de nos sentiments de déception.

Le Citoyen Conscient

Pour la Coordination

Ghislain Ledoux MBOVOUE EDOU

Emmanuel ATSAME M’INKO

Gabon : La levée de l’immunité parlementaire d’André Mba Obame

Sur « dénonciation » du ministre de la Justice, l’assemblée nationale gabonaise va se réunir en séance plénière et publique, le 4 mai 2011 à 14 heures, pour entendre André Mba Obame suite à sa prestation de serment du 25 janvier dernier. Non seulement, la manœuvre est grossière, car tout le monde sait que l’objectif de cette mascarade est la « neutralisation » d’un adversaire politique, mais en plus, on assiste à une capitulation du Législatif face à l’Exécutif.

En clair, le gouvernement, via le ministre de la Justice, a obtenu des députés qu’ils « livrent » un des leurs, et que par la même occasion, ils assassinent le sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs, indissociable de tout régime démocratique qui se respecte.

Mais le Gabon, comme on le sait, est tout, sauf une démocratie. 43 ans avec la même famille au pouvoir, avec les mêmes prédateurs aux affaires, avec des institutions aux ordres, 43 ans d’assassinats, de vols, de viols, de terrorisme d’Etat : le Gabon des Bongo, Mborantsuo, Nzouba, Biyoghé-Mba est la caricature même de la république bananière. Une république sans vertu où l’arrogance et le courage du petit clan au pouvoir se nourrit de la lâcheté et de la faiblesse de ceux-là mêmes qui prétendent représenter le peuple au parlement.

Le 4 mai, les députés signeront l’acte de décès de la loi qui dispose qu’aucun parlementaire ne saurait être poursuivi pour ses opinions ou actions politiques. En l’occurrence, André Mba Obame est visé par une procédure judiciaire pour avoir osé dire non à l’imposture, au déni de démocratie et à la kleptomanie électorale. Il l’a fait sans sortir du champ politique. Il l’a fait en usant des moyens légaux que lui offre la Constitution de son pays.

Mais c’était vite oublier qu’au Gabon, la Constitution est comme une fille de joie que violent allègrement et depuis toujours, à tour de rôle ou en groupe, les Bongo, Mborantsuo, Nzouba-Ndama, Biyoghé-Mba, Boukoubi et leurs semblables. Pendant combien de temps encore, et au nom de quoi, les (vrais) Gabonais vont-ils continuer à cautionner par leur silence de telles humiliations ?

Le 4 mai, les députés vont enterrer un peu plus la démocratie gabonaise, mais qu’ils sachent qu’au moment de la libération du pays, chacun rendra compte de ses actes. Et les traîtres seront traités comme tels !

Le 4 mai à 14h, rendons-nous tous à l’assemblée nationale pour faire échec à la trahison des députés ! Nous le devons bien à notre pays.

 La Voix du Peuple Gabonais

La Cour Pénale Internationale n’a jamais poursuivi des vrais coupables

Loin de revenir sur les missions réelles dévolues à cette Cour dite internationale dans le mandat qu’on lui a assigné, ce que l’on sait c’est que dans les conventions et textes régissant cette Cour, cette justice internationale vient pour juger des cas graves de violations des droits de l’homme. Pour un monde en proie aux guerres et à la destruction sauvage pour des raisons liées au manque de culture de paix et d’éducation par rapport au respect des droits inaliénables de la communauté humaine, il me semble que la Cour Pénale Internationale, depuis sa création, n’a jamais interpellé des vrais coupables des actes criminels.

En prenant le cas de l’Afrique francophone, la région que l’on maîtrise bien, il y’a des choses qui dépassent l’entendement.

Sans tergiverser, et en y allant au but, cette Cour Pénale Internationale devrait toutefois interpeler les autorités françaises pour des crimes récurrents contre l’humanité dont elles sont permanemment coupables en Afrique. Cette Cour aurait tout son crédit et dans une certaine mesure, l’Afrique serait bien un continent sans problèmes. Certes que dans toute société les problèmes ne manquent pas, mais, ceux-ci ne seraient point du même ordre et de même dangerosité pour les populations qu’on tue tous les 10 ans. On peut citer en exemple : Le génocide au Rwanda qui a fait plus de 900.000 morts. Moi je dis que la guerre des chiffres est une grande malhonnêteté, il faut parler plutôt d’un million de morts.

La Guerre au Congo Démocratique qui a fait plus de 5 millions de morts dont le nombre a été revu d’une manière cynique à la baisse par un organisme du Canada, que l’on se demande sur quelle base ?

Qu’à cela ne tienne ! Déjà même lorsque qu’on parle de 20 morts, cela est un crime à plus forte raison 5 millions de morts. Les gens ont du culot et du cynisme même devant les chiffres qui poussent à l’indignation. Tous ces morts sont des Noirs. Figurez-vous, si l’on parlait des simples 10 morts Blancs et particulièrement français. Voyez l’écho que ça fait.

Au Congo Brazzaville, la Société pétrolière Elf en a broyé plus de 100.000. Ces populations ont été tuées à cause des intérêts de la France. Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, c’est la même France qui a soutenu une rébellion de Ouattara depuis 2002, alors que Laurent Gbagbo n’a jamais organisé une quelconque rébellion aussi longtemps qu’il a été opposant du régime du dictateur Houphouët Boigny.

C’est ainsi que l’on se demande si les Juges de la Cour Pénale Internationale font réellement leur travail ou font simplement exprès de ne pas poursuivre les autorités françaises qui font des crimes en Afrique ?

Il suffit de regarder comment la France se permet de négocier des résolutions à l’ONU pour bombarder un pays souverain ayant des institutions légales et souveraines en accusant frauduleusement un chef d’État comme Laurent Gbagbo de tous les maux, alors que ce dernier est la victime d’une rébellion soutenue par la France depuis 2002, soit 1 an et quelques mois de l’avènement du pouvoir Laurent Gbagbo par les urnes et non par les armes.

Aujourd’hui, pour le même cas de la Côte d’Ivoire, la même rébellion de Ouattara qui a tué, égorgé et brûlé les populations civiles, est considérée comme des bons parfaits saints.

Comment la Cour Pénale Internationale peut-elle restée dans une position de fausseté alors que toutes les organisations de défense des droits de l’homme ont bien des preuves que : la rébellion de Ouattara et de Guillaume Soro, a commencé de faire couler le sang des ivoiriens depuis 2002. Par ailleurs, la France venait de bombarder Abidjan la capitale de la Côte d’Ivoire en tuant plus de 5000 ivoiriens : des femmes enceinte, des enfants et des vieillards, ont été tués par elle seule, la France : pays dit-on de droit, mais que sa pratique louche est bien connue.

La France a zigzagué en donnant des raisons farfelues sur son intervention en Côte d’Ivoire.

Aujourd’hui, il y’a des risques que de groupes de bandits aillent négocier des résolutions à l’ONU pour tuer, voler des populations en Afrique. Cette manière de faire n’est que du banditisme, sinon la continuité de la colonisation.

Et même cette Cour Pénale Internationale peut être taxée de simple instrument au service des grandes puissances, dès lors qu’elle ferme l’œil sur des criminels en cravates venus de France et qui sèment la terreur en Afrique, et particulièrement en Afrique francophone. Pourtant les Juges de la Cour Pénale Internationale lisent bien les schémas de domination française en Afrique, ceux notamment de mettre et démettre des chefs d’États africains en soutenant militairement tous ceux qui acceptent leur diktat contre d’autres qui luttent pour le développement de l’Afrique.

Nous sommes là devant du gangstérisme comptable surtout à toutes les autorités françaises qui défilent au pouvoir depuis les indépendances des pays d’Afrique francophone.

C’est pourquoi, nous interpellons la Cour Pénale Internationale de prendre toutes ses responsabilités afin que les autorités françaises soient entendues. On ne peut pas laisser des malfrats français continuer à distribuer la mort et la désolation en Afrique, lorsque qu’on parle des notions de droit international et leur applicabilité sans que des grands responsables soient interpelés. Lorsqu’on parle du terrorisme, il faut que tous les terroristes soient autant interpelés et, les autorités françaises sont autant des terroristes si l’on voit ce que le continent africain subi même après les indépendances.

Gervais Mboumba, militant des droits de l’homme

Hold-up sur le cuivre zambien

Gros producteur de cuivre, la Zambie en a pourtant laissé échapper les gros bénéfices au profit de multinationales. La Suisse Glencore est dans le collimateur d’un collectif d’ONG, qui dénonce de douteuses pratiques.

Quand le sage montre la lune, le sot regarde le doigt, dit un célèbre proverbe de Confucius. C’est un peu ce qui semble s’être passé en Zambie depuis le milieu des années 2000. La République d’Afrique australe, gros producteur et exportateur de cuivre, a fait l’objet de nombreux reportages dénonçant les activités qu’y mènent les opérateurs économiques chinois. Mais, étonnamment, les malversations des autres entreprises minières qui exploitent son cuivre sont jusqu’alors passées quasi inaperçues. Jusqu’à ce qu’un collectif d’ONG dénonce, mi-avril 2011, les pratiques de l’une des plus célèbres d’entre elles: le suisse Glencore.

Entre 2004 et 2008, la flambée du prix du cuivre sur les marchés internationaux a vu s’abattre sur les gisements de la province du Copperbelt, au nord de la capitale Lusaka, des dizaines de sociétés chinoises de taille moyenne. Ces dernières, rappelle une étude du Réseau africain sur la recherche en matière de travail (RART), rémunèrent leurs ouvriers 30% de moins que les autres mines de cuivre de la région. Elles interdisent l’activité syndicale et n’ont pas hésité, dans un cas, à ouvrir le feu sur des travailleurs.

Ces entreprises chinoises sont également responsables de plusieurs accidents industriels, dont le plus célèbre causa la mort, en avril 2005 à Chambishi, d’une cinquantaine d’employés de l’usine d’explosifs de l’Institut de recherche générale des mines et de la métallurgie de Pékin (BRGIMM). Les journalistes occidentaux envoyés en Zambie pour enquêter sur le versant sombre de la Chinafrique ont trouvé un soutien de poids chez Michael Sata. Le leader du Front patriotique, parti d’opposition zambien, a fait de la dénonciation de ces pratiques néocoloniales l’un des principaux arguments de ses deux campagnes visant à le mener à la présidence. Toutes deux ont échoué, en 2006 puis en 2008.

Au tableau des entreprises irresponsables

Le ressentiment des Zambiens à l’encontre des Chinois est bel et bien palpable à Lusaka et dans les villes minières. Mais, à l’ombre de la Chine, d’autres entreprises extractives ont de fait profité de la privatisation du secteur public des mines zambiennes. Le pays abrite en particulier les activités des filiales de deux des plus préjudiciables compagnies de l’extraction et du négoce: l’Indienne Vedanta et la Suisse Glencore. Leurs pratiques leur ont déjà valu de figurer au tableau d’horreur des Public Eye Awards, classement des entreprises les plus irresponsables, tout comme d’être régulièrement dénoncées par les réseaux activistes. Mais bizarrement, jusqu’à 2011, pratiquement rien n’avait filtré dans la presse internationale concernant leurs activités en Zambie. Pour autant, comme on dit dans les bidonvilles de la Copperbelt («ceinture de cuivre»): «Ce ne sont pas les Chinois qui ont été les premiers à profiter de la privatisation zambienne.» Ni de la fiscalité clémente: les taux de royalties que doivent verser les entreprises à l’Etat zambien sont par exemple fixés à 3%, bien loin de ceux pratiqués (5 à 10%) dans les autres pays en voie de développement.

Le hold-up sur le cuivre zambien commence à la fin des années 90. L’entreprise publique ZCCM, véritable Michelin austral perdant 550.000 euros par jour, est alors achevée sous l’effet de la chute des cours du cuivre. Les institutions financières internationales conseillent à Lusaka de privatiser la ZCCM. Edith Nawakwi, alors ministre des Finances chargée de superviser les privatisations, résume:

«La Banque Mondiale et le FMI nous ont dit que jamais nous ne verrions une remontée du cours du cuivre. Toutes les études indiquaient que nous n’en tirerions rien d’ici les vingt prochaines années. Ils nous ont montré des plans selon lesquels Mufulira n’avait plus que cinq ans d’exploitation devant elle. En revanche, si nous privatisions, notre dette serait allégée. C’était une très belle carotte pour nous, un peu comme on agite des médicaments devant une mourante. Nous n’avions aucune autre option que d’obtempérer.»

En l’an 2000, une filiale de la Suisse Glencore, immatriculée aux îles Vierges britanniques, s’associe aux Canadiens de First Quantum Minerals pour racheter les gisements de Mufulira à l’Etat zambien. La firme suisse empoche 73% des parts du nouveau consortium, la Mopani Copper Mine. Glencore a été fondée en 1974 par un homme qui a depuis cédé ses participations: le sulfureux Marc Rich. Après s’être imposé en tant que premier négociant au monde de matières premières physiques, avec près de 50% du cuivre planétaire, la société du canton suisse de Zoug, réputé pour son accueil fiscal, a multiplié à partir de la fin des années 80 les achats d’actifs industriels, notamment miniers, lui permettant de se transformer en groupe vertical.

Licenciements et évasion fiscale

En Zambie, Glencore, devenu le deuxième opérateur minier du pays derrière Vedanta, dégraisse d’abord ses nouvelles activités. Les effectifs sont réduits de 15.000 à 7.600 mineurs permanents, au prix d’un turn-over d’intérimaires sous-payés et corvéables à merci. En 2005, le consortium de la Mopani Copper Mine fait appel à la Banque européenne d’investissement (BEI). L’institution de Luxembourg, organisme financier de droit public, lui accorde un prêt de 48 millions d’euros afin qu’une nouvelle fonderie y soit construite. Depuis, la BEI estime que «Mopani Copper Mine a su redresser avec succès les activités minières déficitaires, en générant une valeur ajoutée qui se répercute sur (…) les redevances minières et les sociétés». Mais pour cinq ONG –la française Sherpa, la zambienne Center for Trade Policy and Development, la suisse Déclaration de Berne et les canadiennes l’Entraide missionnaire ainsi que Mining Watch–, le consortium de la Mopani Copper Mine, Glencore en tête, aurait procédé à «une violation des principes directeurs de l’OCDE [Organisation de coopération et développement économiques, ndlr]» à coups «de recettes fiscales minimales pour la Zambie» et de «dégradations sociales maximales pour les ouvriers zambiens».

Le quintet d’ONG a déposé le 12 avril 2011 une procédure auprès des Points de contact nationaux suisse et canadien de l’OCDE pour violation de ses principes directeurs par Glencore International et First Quantum Minerals. Cette procédure a été engagée après consultation d’un rapport confidentiel que l’Autorité fiscale zambienne avait commandé en 2009 aux cabinets d’audit Grant Thornton et Econ Pöyry pour examiner, avec le soutien du gouvernement norvégien, les impôts zambiens provenant de l’industrie minière. Or il ressort de la lecture de ce rapport, révélé par Les Amis de la Terre et Counterbalance, que Glencore serait à l’origine d’un vaste système d’évasion fiscale. Surévaluation des coûts d’exploitation, sous-évaluation des volumes de production, manipulation des prix des transferts, violation du principe de concurrence…

Grâce à un arsenal de pratiques frauduleuses, en premier lieu une politique de prix de vente inférieurs à ceux du marché international, la Mopani Copper Mine aurait ainsi exfiltré entre 2003 et 2008 vers Zoug, en Suisse, des centaines de millions de dollars de revenus qui auraient dû être déclarés à l’Etat zambien. Manque à gagner pour Lusaka: environ 76 millions de livres Sterling par an (87 millions d’euros), précisent les audits. La Suisse n’est pas l’usine du monde. Le cuivre, acheté à vil prix par la maison mère de Zoug à sa filiale zambienne, ne se déplace pas physiquement sur les bords du Lac Léman. La maison mère revend le cuivre, cette fois-ci au prix du marché, à d’autres acheteurs. En tout cas, avec l’aide de Glencore, la Suisse est désormais devenu l’importateur de la moitié du cuivre zambien, contre 10% en 2004!

Pendant ce temps, celui-ci, tout en représentant 75% des recettes à l’export de la Zambie, ne lui assure, paradoxalement, que 10 à 15% de ses rentrées fiscales. Et encore, s’agit-il majoritairement d’impôts payés à la source par les mineurs employés par la multinationale. La contribution des seules entreprises minières présentes dans la Copperbelt ne représenterait en fait que 4% des rentrées fiscales zambiennes! L’exemple de Glencore, par ses pratiques délictueuses, est donc on ne peut plus emblématique des manœuvres déployées par les filiales de transnationales afin de délocaliser leurs profits vers d’autres pays à la législation fiscale encore plus avantageuse. Sur la dernière décennie, ce jeu comptable aurait lésé d’une somme estimée entre 400 et 440 milliards de dollars (281 à 309 milliards d’euros) les trésors publics des pays en développement.

Les mineurs, de simples variables d’ajustement

Programmée le 31 mai 2011 sur la chaîne de télévision France 5, l’enquête d’Audrey Gallet et Alice Odiot, Zambie, à qui profite le cuivre, raconte le modus operandi de ce pillage en col blanc du cuivre zambien. Elle retrace aussi la plongée aux enfers des riverains, ouvriers et leurs familles, vivant à proximité des activités de la Mopani Copper Mine: sa mine, son concentrateur, sa fonderie et sa raffinerie. Avec la privatisation, les habitants du township de Kankoyo furent d’abord victimes de la dégradation de leurs conditions de vie et de leurs revenus. La peur constante d’être licencié du jour au lendemain, sur fond de chute du cours du cuivre, tenaille désormais la communauté. Les mineurs sont devenus de simples variables humaines.

Et malgré les promesses faites par Glencore à la Zambie, la pollution s’est intensifiée. Pour une tonne de cuivre extraite, on produit 110 tonnes de déchets et déplace 200 tonnes de matériaux. Qui plus est, ses méthodes d’extraction requièrent l’utilisation de substances toxiques telles que l’acide sulfurique et les hydrocarbures. Le projet de rénovation de la Mopani Copper Mine, financé par la Banque européenne d’investissement, avait justement pour objectif, moyennant expansion des capacités de traitement de la fonderie et captage des émissions de souffre produites, de contribuer à amoindrir les conséquences environnementales. Or, à Kankoyo, révèle un autre rapport des Amis de la Terre, la Mopani Copper Mine ne cesse d’outrepasser ses permis d’émission. Ses rejets de souffre dans l’atmosphère seraient ainsi jusqu’à 72 fois supérieurs aux limites légales; la présence d’arsenic dans le sol serait 16 fois supérieure au normes; 90 fois supérieure en ce qui concerne le plomb.

Kankoyo est un triste alignement de maisonnettes fatiguées, aux toits rouillés par les précipitations de pluies acides. Ses jardinets, devenus impropres à l’agriculture, n’abritent plus que cactus et avocatiers… seules semences capables de survivre dans cet environnement. Les habitants se plaignent de toux, d’irritation des yeux. Les rejets d’acide sulfurique, injecté dans les gisements afin de dissoudre directement le cuivre, convergent via des pipelines fatigués et rouillés vers des bassins de décantation qui débordent durant la saison des pluies. Les nappes phréatiques, ainsi que la rivière Kafue, qui traverse le deuxième parc national au monde avant d’aller se jeter dans le Zambèze, sont polluées par les rejets miniers acides.

Glencore se porte bien

Face à cet environnement extrêmement dégradé, il est difficile de croire, notent les Amis de la Terre, que la Banque européenne d’investissement porte une «attention particulière à la viabilité à long terme de l’environnement», comme elle le prône pourtant officiellement sur son site. La BEI a indiqué avoir ouvert sa propre enquête. Glencore, de son côté, nie toutes les charges. Le numéro un mondial du négoce des matières premières affirme travailler à rectifier les mauvaises pratiques dont il aurait pu hériter après l’achat de certaines mines, et dénonce la critique comme étant basée sur des informations incomplètes et incorrectes.

La procédure engagée par le quintet d’ONG tombe mal pour la multinationale suisse. Le groupe a en effet indiqué vouloir mettre de 15 à 20% de son capital, d’ici à la fin mai, sur les marchés boursiers de Londres et de Hong Kong. Avec 54.800 employés dans ses activités industrielles et 2.700 dans celles de marché, Glencore affiche un chiffre d’affaires de 144,98 milliards de dollars (102 milliards d’euros) en 2010 et un résultat net de 3,8 milliards de dollars (2,7 milliards d’euros). L’introduction en Bourse, applaudie par les journaux financiers, devrait permettre à Glencore de lever entre 9 et 11 milliards de dollars, la valorisant ainsi à 60 milliards de dollars (42 milliards d’euros). «Un bon moyen de gagner un peu plus d’argent», note un concurrent dans les pages économie du quotidien français Le Monde. Pour Andreas Missbach, de la Déclaration de Berne:

«Entrer en Bourse ne signifie pas en soi que les sociétés doivent bien se comporter. Glencore n’a rencontré aucun problème lors de la vente de ses obligations, il semble que les investisseurs institutionnels ne soient pas trop concernés par la réputation de l’entreprise.»

La Zambie, figurant parmi les 25 pays les plus pauvres de la planète, appréciera.

(Source: Slate Afrique )

Bwemba bong : L’imaginaire de la France sur le Peuple Noir, ne restitue qu’un espace négatif

NON A LA RENAISSANCE DES TIRAILLEURS EN AFRIQUE, NON AU RETOUR DES REGISSEURS NEGRES « OUI, MISSIE » EN COTE D’IVOIRE

Aussitôt qu’en Côte d’Ivoire, la pieuvre Françafrique a été prise la main dans le sac dans une de ses activités favorites, la fraude électorale en Afrique Noire, pour imposer au pouvoir une de ses potiches, Alassane Ouattara, Paris a rameuté ses troupes de frappe, ponctuellement saisies d’une épidémie d’Amour pour le sort des Africains. Tantôt en docteurs en doctorats, dégoulinant de passion pour la Démocratie en Afrique Noire, bien que jusque-là idéologiquement atones sur la dictature françafricaine qui terrorise l’Afrique Noire depuis cinquante ans. Tantôt en journalistes français dont certains, émargeant dans des journaux qui ne dédaignent pas d’encaisser des chèques de dictateurs africains, ceux du dictateur camerounais Paul Biya, par exemple, qui n’hésite pas à tirer sur des enfants de quatre ans, afin de terroriser les populations camerounaises, sont subitement saisis d’une poussée de fièvre pour la Démocratie chez les Nègres, parias historiques de la France, sans qu’auparavant, on les ait jamais entendu balbutier la moindre remarque désobligeante sur les régimes liberticides françafricains. Autre congrégation mise en vitrine par la Télévision Française notamment, les agrégés en agrégations d’Histoire, spécialistes de l’Histoire de l’Afrique, qui ignorent que pendant seize ans, de 1955 à 1971, par débit tendu et meurtrier, la France massacra des centaines de milliers de Camerounais, afin d’empêcher ce territoire africain d’accéder à son indépendance : but largement atteint aujourd’hui, puisque, sur ces massacres, François Fillon, premier ministre Français, délivra en 2009 au Cameroun, sa Grande Vérité toute française : « je dénie absolument que les forces françaises aient participé, en quoi que ce soit, à des massacres au Cameroun. Tout cela, c’est de la pure invention », vociféra-t-il, en bon révisionniste autorisé et triomphant (voir l’Atlas Histoire du Monde Diplomatique, Hors série, HISTOIRE, critique du XXème siècle).

En fait, avortées par la dynamique des magouilles négrophobes et négrières de l’idéologie centrale de la nébuleuse politique française, les indépendances africaines des années 1960, ont toujours permis aux grands donneurs de leçon de « Démocratie » d’aujourd’hui, les copains et les coquins des dictateurs africains, de s’abreuver financièrement à la misère de l’Afrique Noire, en prenant leur part de butin dans la cagnotte de la corruption des dictateurs locaux dont ils ne cessent de taire les crimes depuis cinquante ans, au détriment du développement de l’Afrique Noire.

Aussi, c’est sans aucun doute par crainte d’être coupés de cet enrichissement sans cause minutieusement prélevé sur la richesse du Peuple Africain, dans l’ombre opaque et interlope 2 du cynisme et de la négrophobie (pour illustration de cette collusion entre les dictateurs d’Afrique Noire et la classe politique française, voir l’exemple du feu dictateur gabonais, Omar Bongo, cité par Le Canard enchaîné du mercredi 5 janvier 2011, page 4), qu’en chorus, la classe politique française, tous partis confondus, pousse aujourd’hui des cris d’orfraies pour condamner une mythique dictature de Laurent Gbagbo dont ils pressentent qu’à coup sûr, il assèchera leur mangeoire de la Françafrique, ce dépotoir dont l’identité est la sauvegarde des intérêts bien compris de la France négrière et éternelle.

Car, il faut le dire tout net,  Aussi, une certaine presse française peut-elle alors ironiser sur l’immigration dite clandestine des Africains en France : « L’Afrique pauvre frappe à la porte de l’Europe », comme affichent, à l’occasion, des manchettes de journaux.

Or, retournement historique de situation, dans son histoire encore récente, l’Afrique Noire n’a pas seulement participé au redressement de l’économie française d’après-guerre. Elle a également participé au redressement général de la France, dans le cadre d’une reprise qui a commencé dans les temps modernes par la destruction des Africains et de leur cellule familiale, du fait de leur participation massive et forcée à la libération de la France, à l’occasion des deux derniers conflits inter occidentaux dits guerres mondiales. A la suite de ceux-ci en effet, l’Afrique Noire a subi en contrecoup, la misère physiologique, la maladie, l’accroissement de la mortalité et de la dépopulation. En raison principalement de ses pertes en vies humaines sur les champs de bataille. Enfin, à cause des obligations auxquelles les Africains avaient été soumis par la pratique des razzias dites effort de guerre et de la mobilisation généralement forcée des populations paysannes et ouvrières, les guerres européennes ont conduit non seulement à l’éclatement de la cellule familiale africaine, mais elles ont également empêché des unions matrimoniales nécessaires à la reproduction démographique.

Sur le plan de l’immigration économique, il convient de préciser que la présence officielle des travailleurs africains en France a toujours été liée aux besoins de main d’œuvre de la France. Cette immigration a permis aux sociétés françaises, non seulement de bénéficier d’une main- d’œuvre abondante, presque gratuite, mais, surtout, de ne souffrir aucune concurrence, tant les aménagements dont elles bénéficiaient dans les colonies, leur étaient favorables.

Par ailleurs, le fait de l’accaparement de vastes parties des terres africaines par les sociétés françaises et la limitation à la portion congrue de l’espace cultivable attribué aux paysans africains par le système colonial, ont crée un déséquilibre entre la quantité de main-d’œuvre disponible et le niveau des salaires payés. Car, ceux-ci étaient très bas dans le but de maintenir et l’entretien d’un vaste réservoir de travailleurs dans un environnement où la permanence de l’offre de cette main-d’œuvre confortait les sociétés françaises. Cela correspondait à une politique des bas salaires dans un système où l’impôt obligatoire ne laissait d’autre issue aux Africains que d’aller, parfois, vendre leur force de travail en France.

Enfin, le système de recrutement en Afrique à bas salaires exploitait une main-d’œuvre qui, du fait de son manque de qualification, rendait plus remplaçable chacun de ses éléments, et favorisait l’immigration en France.

Ce qui retient cependant particulièrement l’attention dans cette immigration d’Africains en France, c’est qu’à l’époque coloniale directe, elle était essentiellement composée de soldats démobilisés en France, après leur participation aux conflits franco-allemands (guerres dites mondiales), alors même que, nombre d’entre eux, étaient citoyens français. C’est le cas notamment des ressortissants du Sénégal, qui relevaient du Code Civil promulgué le 5 novembre 1830, et qui disposait qu’il suffisait à ces Africains de naître libres, pour jouir, dans les colonies, des droits accordés par le Code Civil aux citoyens français ; à ce texte, s’ajoutait une instruction du 27 avril 1848, qui leur reconnaissait le droit de suffrage dans la colonie, cependant que le loi du 29 septembre 1916, stipulait que les natifs des communes de plein exercice de Saint-Louis, Dakar, Gorée et Rufisque et leurs descendants, étaient et demeuraient citoyens français (voir Pierre Lyautey : L’empire colonial français, Les Ed. de France, p.170).

Les conséquences de ces exodes forcés, sont aujourd’hui encore, la persistance, dans beaucoup de régions d’Afrique Noire, de l’appauvrissement de la terre, qui oblige les paysans de ces régions à émigrer dans les centres urbains, avant de prendre le chemin de l’exil vers la France en particulier, exil qualifié aujourd’hui « d’immigration clandestine ».

Sur le plan des mouvements financiers entre l’Afrique Noire et la France, le journal français Le Monde dans une étude de novembre 1958, intitulée L’ensemble économique franco- africain, relevait que : « Le premier et plus certain des avantages économiques que la métropole retire de l’Outre-Mer est une économie appréciable en devises fortes. Une bonne partie des 540 milliards de marchandises que nous avons achetées l’an passé dans la zone franc auraient en effet été payables en dollars ou en livres sterling si nous avions dû nous les procurer ailleurs : cacao, oléagineux, tabac, cuivre, fibres, textiles, bois, phosphates, nickel, plomb, zinc, manganèse… au total quelques 300 ou 400 millions de dollars qu’il nous aurait été particulièrement difficile de débourser ces dernières années, où le déficit extérieur constituait le talon d’Achille de notre économie.

Fournisseur, l’Outre-Mer est aussi client. Il a acheté en 1957, pour 655 milliards de produits métropolitains, essentiellement des articles métalliques (76 milliards), des automobiles et des tracteurs (65 milliards), des machines (71 milliards), des tissus (50 milliards), des produits chimiques (62 milliards) et du pétrole (32 milliards). Aux industries qui livrent ces produits, la zone franc assure un volant de sécurité qui les dispense de chercher ailleurs des débouchés plus difficiles à conquérir.

En sens inverse, il est vrai, les pays d’Outre-mer vendent à la métropole certains de leurs produits à des cours plus élevés que les cours mondiaux, grâce à des primes diverses et à la protection douanière dont ils bénéficient par rapport aux articles étrangers concurrents. Les consommateurs métropolitains ont de ce fait payé en 1953, 50 milliards de trop.

Au total, le solde s’élève cette même année à une vingtaine de milliards au profit de la métropole et au détriment des pays d’Outre-Mer. Les variations des cours s’étant à peu près 4 compensées depuis cinq ans, l’avantage pour la métropole doit toujours être du même ordre (soit un surplus net d’environ 3 % en moyenne).

Dans son numéro du 9 au 15 octobre 1958, le même journal avait déjà noté que : « Si la métropole consacre des milliards à faire fonctionner la zone franc, elle y économise en revanche un nombre de dollars largement supérieur à celui qu’elle verse pour solder les pays d’Outre-Mer, des clients qu’elle trouverait difficilement ailleurs, ainsi qu’une priorité pour l’exploitation des richesses minières africaines. Le jeu en vaut la chandelle, du moins dans son principe ».

 La participation de l’Afrique Noire aux deux conflits occidentaux dits guerres mondiales.

La Force Noire du Colonel Mangin.

Constituée par le Colonel Mangin pour répondre à deux préoccupations majeures posées à la France par la première guerre de l’Occident, dite mondiale, les troupes militaires africaines dites « France Noire », eurent à pallier aux faiblesses de la société française de ces années de guerre. Il s’agissait :

I)- de combler la faiblesse de la natalité française, ajoutée à la réduction à deux années du service militaire français dont le déficit des effectifs allait en s’aggravant ;

II)- de l’opposition de la population européenne pied-noir d’Algérie au projet d’établissement par la France de la circonscription des populations arabes d’Algérie que les populations d’origine européenne craignaient de voir se retourner tôt ou tard contre elles, au cas où les Arabes auraient été initiés au maniement des armes.

Ces données débouchèrent en contrepartie sur des razzias massives en Afrique Noire, situation qui aboutit à des famines épouvantables, comme en témoigne par exemple le Commandant du Cercle de Bandiagara qui mentionne dans son rapport annuel que : « deux années de demi- sécheresse complète devaient infailliblement provoquer une famine terrible. (…) La récolte de 1913 ayant été complètement nulle, les réserves furent épuisées en quelques semaines. (…) En résumé, la famine de 1913-1914 aura diminué la population du cercle d’environ un tiers. Quant au cheptel, tout fait prévoir qu’il aura été réduit de moitié »

(cité par Suret-Canale : Afrique Noire. L’ère coloniale, 1900-1945, Ed. Sociales, Paris, 1964, p.171).

A la suite d’une enquête qu’il initia en 1910, le Colonel Mangin conclut qu’il était possible pour la France de lever en Afrique Occidentale Française (A.O.F.), 40 000 combattants par an, pendant une période de cinq ans.

5 En conséquence, le Colonel Mangin et le ministre des colonies Messimy, proposèrent un an plus tard, la mise sur pied de troupes coloniales formées : d’une part d’une armée arabe formée d’algériens devant renforcer les troupes métropolitaines, et d’autre part, la formation d’une armée noire devant défendre l’empire colonial et lutter aux côtés des troupes métropolitaines et des troupes arabes.

Cette proposition du Colonel Mangin fut officialisée deux années après par un décret. C’est ainsi que, au moment de la déclaration de la première guerre dite mondiale, 14 142 tirailleurs africains étaient en service en A.O.F., et 15 600 à l’extérieur, en particulier au Maroc. En outre, six bataillons de « tirailleurs sénégalais » dont deux en provenance d’A.O.F., deux du Maroc, et deux d’Algérie, furent immédiatement dirigés sur le front.

Les hécatombes de la guerre de 1914 parmi les combattants africains accélérèrent les razzias de combattants en Afrique. Pour ce faire, un décret du 9 octobre 1915, fixa que tous les indigènes de plus de dix-huit ans seraient mobilisés pour servir dans les formations de tirailleurs, à l’extérieur de l’A.O.F., pendant la durée de la guerre, avec comme prime d’incorporation, deux cents francs.

Le conseil des ministres français du 8 janvier 1818, élargit pour sa part ce « recrutement » de tirailleurs africains de dix-huit à trente-cinq ans, et l’étendit à l’Afrique Equatoriale Française (A.E.F.). A cet effet, sept Décrets additionnels prévirent l’exemption d’impôt, le versement d’allocations aux familles, l’octroi de la citoyenneté française sous certaines conditions, des emplois réservés pour les anciens tirailleurs.

Le 8 janvier 1918, Blaise Diagne, député des quatre communes du Sénégal (Dakar, Rufisque, Gore, Saint-Louis), fut nommé à la tête de la mission de recrutement, affublé du titre pompeux de « Commissaire de République de l’Ouest Africain », nomination qui entraina la démission du gouverneur général de l’époque, Van Vollenhoven.

Cette mobilisation pour l’A.O.F. se chiffra à :

– 1914 : 29 742 tirailleurs

– 1915 : 34 655 tirailleurs,

– 1916 : 51 913 tirailleurs,

– 1917 : 13 831 tirailleurs,

– 1918 : 63 208 tirailleurs

soit, au total, 193 349 tirailleurs en cinq ans.

Outre l’envoi de ces tirailleurs africains sur le front européen aux postes les plus durs et les plus exposés, ils furent utilisés pour aller mater les révoltes à l’intérieur de l’Afrique notamment en Mauritanie, au Congo, au Dahomey (Bénin actuel), révoltes consécutives à la famine ou contre le recrutement militaire forcé.

6 Dans son ouvrage déjà cité, Jean Suret-Canale donne une description détaillée des révoltes qui eurent lieu notamment dans la boucle du Niger. En outre, il convient, pour se limiter dans la région de l’A.O.F., de mentionner entre autres, des révoltes des Bambaras du Bélédougou au début de 1915, dans des régions voltaïques de Dédougou, Bobo-Dioulasso, du Gourounsi en octobre- novembre 1915, de San, de Koutiala, de Bandiagara, de Dori, de Ouagadougou en 1916, ou encore le soulèvement général des Touaregs, la révolte du pays Holli au Dahomey (actuel Bénin) en janvier 1914, des Somba de l’Akatora en début 1916, des Bariba du Borgou en 1916, des Sahoué, encore au Dahomey en 1918.

Sur le front européen, sur 211 259 « recrutés », 163 952 furent engagés dans les champs de bataille. Officiellement, 24 762 Africains furent déclarés morts pour la France, chiffre ne tenant compte que des soldats dont le décès a pu être enregistré, mais auquel il faut ajouter un nombre presque égal de disparus. Dans la réalité du premier conflit dit de la première guerre mondiale, pratiquement le quart des Africains « recrutés » périrent au champ de bataille. Bilan auquel il faut ajouter un grand nombre de blessés qui devinrent de grands invalides à la seule charge de leur communauté, quant ils revinrent dans leurs villages.

La participation des Africains auprès du Général De Gaulle dans la deuxième guerre dite mondiale.

En Afrique Noire, pendant la deuxième guerre inter-occidentale, dite deuxième guerre mondiale, les administrateurs français en Afrique Noire, comme leurs compatriotes en France, étaient partagés en deux camps : d’un côté les pétainistes et de l’autre, les gaullistes.

C’est dans cette situation que le capitaine de Corvette Thierry d’Argenlieu, d’obédience gaulliste, arrivé à Dakar, en vedette, proposa le ralliement à De Gaulle, à Boisson, nommé « haut-commissaire » au Sénégal par le gouvernement de Vichy et arrivé à Dakar, le 23 juillet 1940, pour y remplacer son compatriote Cayla, nommé à Madagascar.

Mais, alors qu’elle quittait le fort de Dakar, la vedette de Thierry d’Argenlieu fut mitraillée. En riposte, les unités navales de la France Libre et la flotte anglaise qui les accompagnaient dans le périple d’Argenlieu, et qui stationnaient en face de Dakar, bombardèrent la ville pendant trois jours, les 23, 24 et 25 septembre 1940. Le bombardement fit de nombreux morts, et plusieurs Sénégalais, volontaires ou non, furent embarqués sur des navires de guerre et évacués sur divers fronts de France.

Ce qui caractérise particulièrement les deux conflits militaires inter-occidentaux et, comme plus tard encore, du côté africain, c’est que, par falsification de l’histoire et grâce à la néocolonisation, la reconnaissance de l’Afrique ne se manifeste pas officiellement à l’égard des Africains qui sont morts dans la résistance contre la France, mais bien à l’égard de ceux « morts pour la France ». Or, ce sont les descendants de ces combattants africains de la Première Ligne qui sont aujourd’hui l’objet de l’ingratitude de la France.

En effet, aux temps les plus chauds du conflit militaire, le Général De Gaulle initia une politique de recrutement intense qui fit des Africains les combattants de la France Libre, au 7 Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Et, outre cette planification de la chair à canon noire, le Général De Gaulle accrut la misère en Afrique Noire, par une politique coloniale systématique de travaux d’infrastructure dont la charge revenait aux paysans africains obligés de nommer les travailleurs affectés à ces travaux, et en obligeant les paysans africains à vendre une partie de leur production agricole pour payer les frais de la guerre de la France contre l’Allemagne.

C’est cette exploitation des paysans africains qui servit au développement des routes militaires qui servirent par la suite aux échanges marchands, à l’instauration du travail obligatoire, aux prélèvements forcés sur la production agricole pour nourrir les paysans arrachés à leurs champs et convertis en travailleurs, enfin, pour commercialiser les produits africains sur le marché mondial.

L’immigration des travailleurs africains pour la reconstruction de la France.

Dans son roman Le docker noir, Sembene Ousmane décrit les conditions de vie et de travail des navigateurs africains à Marseille, dans la période des années 1954.

On peut y découvrir qu’après une large ouverture à l’immigration africaine en France dans les années suivant la guerre dans la période dite de « reconstruction nationale », qui se prolongea jusqu’à 1949, l’on assista à une période de restriction de cette immigration de 1950 à 1955, époque de ralentissement économique dont les conséquences touchèrent de plein fouet les travailleurs africains immigrés en France.

Pendant cette période, les travailleurs africains furent regroupés dans un quartier de Marseille surnommé le « village », logés dans des hôtels spécialisés où ils ne disposèrent que d’une chambre exiguë avec un mobilier rudimentaire en mauvais état. A cette situation de précarité, s’ajouta celle de travailleurs au chômage avec des loyers à payer, sans oublier une nourriture misérable essentiellement composée tantôt d’une écuelle de riz, tantôt d’une écuelle de couscous.

En mars 1964, deux décennies après, c’st la même crise qui frappa l’ensemble des travailleurs immigrés, avec sa cohorte de chômage. La France procéda alors à des licenciements massifs de travailleurs africains, en commençant par les derniers embauchés dans les entreprises. Il s’ensuivit les tracasseries policières et réglementaires pour l’entrée en France, des Africains notamment. Les Circulaires Marcellin-Fontanet, bien que partiellement annulées, ne constituèrent pas moins l’âme d’une politique drastique en matière de main-d’œuvre étrangère, africaine notamment, dont la suspension « provisoire » de l’immigration en juillet 1964, fut une autre variante. Les Circulaires Giscard Dijoud-Poniatowski qui suivirent par la suite en date du 30 novembre 1974, ne firent que renforcer les inquiétudes qui se faisaient déjà jour chez les travailleurs africains huit mois plus tôt.

Comme l’écrira le Comité Information Sahel : « La nouvelle politique correspond à deux exigences :

8 1)- Celle des « relations nouvelles, de droit et de fait, existant désormais entre la France et ces Etats (ceux de l’Afrique noire).

Ainsi apprend-on que : « L’Office national d’immigration doit prochainement ouvrir sur le territoire africain, dans des conditions qui seront réglées par voie diplomatique avec les divers pays concernés, une mission de recrutement ».

L’introduction des travailleurs africains sera donc réglée par des discussions bilatérales d’Etat à Etat. Les travailleurs seront l’objet de négociations dans le cadre des échanges économiques entre la France et ses néo-colonies. Ils seront un argument dans les marchandages portant sur le prix des matières premières, les accords à conclure en matière d’importation et d’exportation, etc. Ils seront une arme :

– tantôt dans les mains de la France, qui pourra refuser la délivrance de contrats de travail pour les ressortissants de tel ou tel pays (et par là prendre le risque de provoquer des troubles sociaux graves contre les régimes qui n’auront pas satisfait ses exigences politiques ou économiques),

– tantôt dans les mains des Etats africains qui n’accepteraient de livrer une main- d’œuvre indispensable que sous certaines conditions (cf. le problème des travailleurs algériens, immigrés en général).

Les statuts différents selon les Etats, d’ores et déjà fixés, font ressortir les faveurs ou les disgrâces dont sont l’objet certains régimes auprès du gouvernement français.

2)- Autre exigence, plus fondamentale : celle de la crise économique que traversent actuellement les pays occidentaux, et la France en particulier. Le contrôle des flux migratoires est l’expression élégante qui recouvre la réalité suivante : s’il y a du travail pour eux, les étrangers pourront venir ou rester. Sinon, qu’ils aillent grossir les rangs des chômeurs dans leur pays.

D’où la procédure d’introduction, celle de renouvellement, et la désignation de l’autorité compétente pour la délivrance de la carte de séjour, prévues dans le « régime définitif ».

« Pour entrer en France (…) les travailleurs salariés devront être en possession d’un contrat de travail, revêtu du visa des services de main-d’œuvre compétents pour le lieu de l’emploi. (…) L’employeur dépose le dossier d’introduction auprès de l’agence locale pour l’emploi compétente pour le lieu de travail, le visa du contrat étant de la compétence de la direction départementale du travail et de la main-d’œuvre correspondante. (…) A l’expiration de la validité de leur premier titre de séjour, les intéressés en sollicitent le renouvellement auprès du service désigné à cet effet en produisant le document demandé pour la justification de leur qualité de salarié. (…) Vos services (ceux de la direction départementale du travail et de la main-d’œuvre) feront connaître leur avis au service du séjour ».

D’où les critères retenus pour que la direction départementale émette son avis :

9 – la réalité de l’emploi,

– la conformité des conditions de travail et de rémunération,

le cas échéant, selon la nationalité du requérant, l’existence ou non d’une clause d’assimilation au national et, par là même, la possibilité ou non de prendre en considération la situation économique et sociale ».

-Perspectives des rapports entre la France et l’Afrique Noire.

Les rapports entre la France puissance négrière européenne et l’Afrique Noire.

L’ardeur que la France mit dans le système des razzias négrières transatlantiques, fit d’elle, l’une des nations les plus esclavagistes d’Europe1. Sous le règne de Louis XIV, près de 3 000 navires négriers ne cessèrent de cingler vers la côte africaine. Les premiers partirent de Bordeaux en 1672, de Nantes et Saint-Malo en 1688. Un siècle plus tard, on pouvait dénombrer 3 321 expéditions organisées par 17 ports français dont 40 % pour le seul port de Nantes.

Le 2 octobre 1784, Louis XVI, roi de France, accorda une prime de quarante livres par tonneau aux armateurs de navires négriers ; et, pour encourager les expéditions sur la côte d’Afrique, une prime de soixante livres, argent de France, pour chaque tête d’esclave introduit à la Guadeloupe et à la Martinique.

Deux explorateurs Suédois, Wadstrom et Spaarman, avaient fait en Afrique Noire une expédition pendant les années 1787-1788. A l’issue de celle-ci, ils firent un rapport rédigé par Wadstrom. Celui-ci certifiait que les guerres entre « tribus » africaines, n’avaient d’autre but que de faire des esclaves pour les Européens. Le rapport mettait en évidence la similitude de ces guerres avec l’arrivée de bâtiments négriers dans tel ou tel port des côtes africaines.

Selon Wadstrom, les rapines et les pillages étaient surtout menés par les tribus maures fixées au nord du Sénégal, et agissant pour le compte des Français qui versaient une gratification annuelle à leurs chefs et leur fournissaient gratuitement des armes à feu et des munitions destinées aux

1 Cette mentalité négrière marque encore profondément la France qui se distingue ainsi comme le pays d’Europe le plus négrophobe, où la place des Noirs, comme au XVème siècle, est soit ouvriers agricoles dans les plantations dans les Iles dites d’Outre-Mer, dirigées par des Blancs, soit balayeurs de rues et de locaux commerciaux sur le territoire français. Dans le meilleur des cas, sportifs pour la gloire de la France dont les cadres supérieurs, sans parler des dirigeants politiques, sont tous de race blanche ; même si beaucoup d’entre eux, sont depuis bien moins longtemps Français que les Noirs nés avec cette nationalité.

10 razzias. Le rapport poursuivait qu’un chef africain : « … qu’on appelait le roi d’Almamany, ayant interdit aux marchands d’esclaves, les passages sur son territoire, de sorte qu’ils ne pouvaient plus joindre les négriers français ancrés dans l’embouchure du Sénégal, et les Français n’ayant pu réussir à acheter ses bonnes grâces, ils avaient poussé les chefs maures à lui déclarer la guerre et les sujets de ce roi, faits prisonniers, s’étaient eux- mêmes retrouvés esclaves. Wadstrom en avait vu quelques-uns dans les enclos. Ils étaient enchaînés deux à deux par les chevilles ; blessés au combat, ils ne recevaient aucune sorte de soins. Il y avait aussi les rapts individuels » (Voir George Kay, La traite des noirs, p. 129-130).

Les rapports entre la France, puissance européenne contemporaine et l’Afrique Noire.

D’un atavisme négrier sans égal, la France qui sait avoir définitivement perdu les colonies cochinchinoises et arabes (Tunisie, Maroc et Algérie) de son ancien empire, a choisi le raccourci de miser sur la « servilité » des « Nègres », pour qui, il n’a que mépris (François Mitterrand aurait déclaré que l’Afrique (Noire) est le seul continent que la France peut tenir avec seulement 500 hommes).

Aussi, cette observation du Général De Gaulle rapportée par Jacques Foccart son éminence grise chargée des basses œuvres dans les néo colonies africaines de la France n’est-elle pas pour étonner : « Vous savez, cela suffit comme cela avec vos nègres. Vous me gagnez à la main, alors on ne voit plus qu’eux : il y a des nègres à l’Elysée tous les jours, vous me les faites recevoir, vous me les faites inviter à déjeuner. Je suis entouré de nègres, ici. (…) Et puis tout cela n’a aucune espèce d’intérêt ! Foutez-moi la paix avec vos nègres ; je ne veux plus en voir d’ici deux mois, vous entendez ? Plus une audience avant deux mois. Ce n’est pas tellement en raison du temps que cela me prend, bien que ce soit fort ennuyeux, mais cela fait très mauvais effet à l’extérieur : on ne voit que des nègres, tous les jours, à l’Elysée »2, aurait fulminé le président français de l’époque (Odile Tobner, Du racisme français. Quatre siècles de négrophobie, Les arènes, Paris, 2007, p.199).

Jacques Chirac ne manquera pas pour sa part de manifester ce mépris de la France pour l’Afrique Noire, par une remarque pour le moins éloquente :

2 Odile Tobner, op. cit., p. 199.

11 « Notre problème, ce n’est pas les étrangers, c’est qu’il y a overdose. C’est peut-être vrai qu’il n’y a pas plus d’étrangers qu’avant la guerre, mais ce n’est pas les mêmes et ça fait une différence. Il est certain que d’avoir des Espagnols, des Polonais et des Portugais travaillant chez nous, ça pose moins de problèmes que d’avoir des musulmans et des Noirs. (…) Comment voulez-vous que le travailleur français qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ quinze mille francs, et qui voit sur le palier à côté de son H.L.M., entassée, une famille avec son père de famille, trois ou quatre épouses et une vingtaine de gosses, et qui gagne cinquante mille francs de prestations sociales sans naturellement travailler… Si vous ajoutez à cela le bruit et l’odeur, eh bien le travailleurs français sur le palier il devient fou. Et ce n’est pas être raciste que de dire cela…. » (Odile Tobner, Du racisme français. Quatre siècles de négrophobie, Les arènes, Paris, 2007).

Enfin, pour sacrifier à la mode, Nicolas Sarkozy déclarera lors d’une intervention à Agen : « Et à ceux qui ont délibérément choisi de vivre du travail des autres, ceux qui pensent que tout leur est dû sans qu’eux- mêmes doivent rien à personne, ceux qui veulent tout, tout de suite, sans rien faire, ceux qui, au lieu de se donner du mal pour gagner leur vie, préfèrent chercher dans les replis de l’histoire une dette imaginaire que la France aurait contractée à leur égard et qu’à leurs yeux elle n’aurait pas réglée, ceux qui préfèrent attiser la surenchère des mémoires, pour exiger une compensation que personne ne leur doit plutôt que de chercher à s’intégrer par l’effort et par le travail, ceux qui n’aiment pas la France, ceux qui exigent tout d’elle sans rien vouloir lui donner, je leur dis qu’ils ne sont pas obligés de rester sur le territoire national » (Odile Tobner, Du racisme français. Quatre siècles de négrophobie, Les arènes, Paris, 2007, p.291).

François-Xavier Verschave constate que : « Cette suffisance française s’enracine dans un mépris historique des Africains : quand vous discutez de ces questions avec des responsables français, vous vous apercevez que, depuis l’esclavage et la colonisation, on continue de penser que les peuples africains sont totalement incapables de créativité culturelle et politique. Avec eux l’on peut faire n’importe quoi, puisqu’ils ne seraient capables de rien » (François-Xavier Verschave : France Afrique. Le crime continue, Ed. Tahin Party, 2000, p. 35).

Dans de telles conditions, ce serait divaguer que de se prononcer péremptoirement sur de prétendues bienheureuses perspectives dans les rapports entre l’Afrique Noire et la France.

12 Quant à l’O.N.U., instrument imposé par l’Occident impérialiste pour dominer le monde, elle est peuplée en ce qui concerne l’Afrique Noire dite francophone par exemple, de plus de 99% de représentants de prétendus Etats installés, soit par la fraude électorale menée de main de maître par la Françafrique, soit par la violence des armes de cette dernière.

Par ailleurs, non seulement l’O.N.U. a internationalement démontré son incapacité à imposer quelque règlement que ce soit aux Etats-Unis d’Amérique, mais également son échec à imposer le respect de ses résolutions à l’Etat d’Israël dans son idéologie impérialiste contre le Peuple Palestinien. Par contre, la même O.N.U. n’a pas manqué de briller en Haïti en propageant des foyers de choléra chez les Nègres, de même qu’elle exhibe actuellement sa musculature chétive en Côte d’Ivoire, en tirant sur des Nègres pour le compte de la France ouvertement négrophobe de Sarkozy Nicolas.

EN CONSEQUENCE, LE PEUPLE NOIR DOIT S’OPPOSER FERMEMENT A LA RENAISSANCE EN AFRIQUE NOIRE DES TIRAILLEURS NEGRES « OUI, MISSIE » ET DES COMMIS VOYAGEURS NEOCOLONIAUX, AU SERVICE DE LA FRANCE ET DE L ’OCCIDENT AUTOPROCLAME COMMUNAUTE INTERNATIONALE

Par Bwemba – Bong Membre du CERCLE SAMORY (CESAM) (France) Cercle de Réflexion sur la Culture Africaine pour la Renaissance du Peuple Noir

Mort de Ben Laden : On ne sait plus à quel cadavre se vouer

La jubilation par suite de la mort d’Oussama Ben Laden poursuit son petit bonhomme de chemin. Si on fait abstraction de ceux qui ne disent rien, le monde entier semble se réjouir de cette disparition, à quelques exceptions près, à l’image du Hamas qui trouve à y redire.

Mais qu’est devenu le corps du grand ennemi de l’Amérique ?, semble toujours être la lancinante question. Beaucoup se la posent, tant le mystère demeure intact. Sa mort a à peine été accueillie avec un brin de scepticisme par beaucoup d’observateurs que c’est parti pour de nombreux scénarios dignes d’Hollywood. Mieux, pour ajouter à l’embrouille, l’intervention à peine terminée que la photo de la tête ensanglantée du patron de la nébuleuse Al-Qaeda a circulé avant qu’on sache qu’il s’agissait plutôt d’un grossier montage. Bien des médias, dont le nôtre, sont tombés dans le piège en la diffusant comme étant celle de l’homme le plus traqué de tous les temps. Pourtant, l’Amérique nous a habitués à ces écrans de fumée, elle qui n’est pas à sa première cachotterie du genre.

Revient en mémoire l’intervention en Irak pour cause de ces fameuses armes de destruction massive qui n’existaient que dans l’imaginaire de George Bush et des autres faucons de la Maison-Blanche. Dix ans après, l’on retombe dans les même travers avec cette élimination dont les tenants et les aboutissants ne sont pas connus. La dépouille a-t-elle été immergée ou gardée au frais ? Que l’on n’ait pas voulu faire de sa tombe un sanctuaire, on le veut bien ; mais la rapidité avec laquelle les exécutants se sont séparés de leur illustre cadavre a de quoi interloquer plus d’un. Cette façon cavalière épaissit le mystère et pourrait même, selon certains analystes, braquer encore plus ceux pour qui l’Amérique demeure le premier des satans. Nous n’irons pas jusqu’à dire qu’il n’est pas mort. Par contre, là où l’évidence crève les yeux, c’est qu’on ne sait plus à quel cadavre se vouer.

En attendant, touchons du bois pour qu’avec cette principale tête de l’hydre de coupée, d’autres ne repoussent plus comme pour perpétuer le mythe. C’est l’une des principales appréhensions, d’autant plus que bien des terroristes qui ne jurent que par lui et prétextent de leur appartenance à son mouvement pour déclencher des actions aux antipodes des préceptes religieux pourraient être encore plus enragés. La rébellion de l’UNITA en Angola s’est éteinte avec la mort de son chef charismatique, Jonas Savimbi. Espérons qu’il en sera de même pour Al-Qaeda même si beaucoup craignent une radicalisation de ses héritiers. Mais il y en a qui ne partagent pas cet optimisme. Pour Bernard Squarcini, le directeur central du Renseignement intérieur français, “ça risque d’être pire qu’avant”. Les talibans afghans, également de leur côté, jugent prématuré de commenter ou de se réjouir de la mort de Ben Laden

Par Issa K. Barry

L’Observateur Paalga