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Mort de Ben Laden : On ne sait plus à quel cadavre se vouer

La jubilation par suite de la mort d’Oussama Ben Laden poursuit son petit bonhomme de chemin. Si on fait abstraction de ceux qui ne disent rien, le monde entier semble se réjouir de cette disparition, à quelques exceptions près, à l’image du Hamas qui trouve à y redire.

Mais qu’est devenu le corps du grand ennemi de l’Amérique ?, semble toujours être la lancinante question. Beaucoup se la posent, tant le mystère demeure intact. Sa mort a à peine été accueillie avec un brin de scepticisme par beaucoup d’observateurs que c’est parti pour de nombreux scénarios dignes d’Hollywood. Mieux, pour ajouter à l’embrouille, l’intervention à peine terminée que la photo de la tête ensanglantée du patron de la nébuleuse Al-Qaeda a circulé avant qu’on sache qu’il s’agissait plutôt d’un grossier montage. Bien des médias, dont le nôtre, sont tombés dans le piège en la diffusant comme étant celle de l’homme le plus traqué de tous les temps. Pourtant, l’Amérique nous a habitués à ces écrans de fumée, elle qui n’est pas à sa première cachotterie du genre.

Revient en mémoire l’intervention en Irak pour cause de ces fameuses armes de destruction massive qui n’existaient que dans l’imaginaire de George Bush et des autres faucons de la Maison-Blanche. Dix ans après, l’on retombe dans les même travers avec cette élimination dont les tenants et les aboutissants ne sont pas connus. La dépouille a-t-elle été immergée ou gardée au frais ? Que l’on n’ait pas voulu faire de sa tombe un sanctuaire, on le veut bien ; mais la rapidité avec laquelle les exécutants se sont séparés de leur illustre cadavre a de quoi interloquer plus d’un. Cette façon cavalière épaissit le mystère et pourrait même, selon certains analystes, braquer encore plus ceux pour qui l’Amérique demeure le premier des satans. Nous n’irons pas jusqu’à dire qu’il n’est pas mort. Par contre, là où l’évidence crève les yeux, c’est qu’on ne sait plus à quel cadavre se vouer.

En attendant, touchons du bois pour qu’avec cette principale tête de l’hydre de coupée, d’autres ne repoussent plus comme pour perpétuer le mythe. C’est l’une des principales appréhensions, d’autant plus que bien des terroristes qui ne jurent que par lui et prétextent de leur appartenance à son mouvement pour déclencher des actions aux antipodes des préceptes religieux pourraient être encore plus enragés. La rébellion de l’UNITA en Angola s’est éteinte avec la mort de son chef charismatique, Jonas Savimbi. Espérons qu’il en sera de même pour Al-Qaeda même si beaucoup craignent une radicalisation de ses héritiers. Mais il y en a qui ne partagent pas cet optimisme. Pour Bernard Squarcini, le directeur central du Renseignement intérieur français, “ça risque d’être pire qu’avant”. Les talibans afghans, également de leur côté, jugent prématuré de commenter ou de se réjouir de la mort de Ben Laden

Par Issa K. Barry

L’Observateur Paalga

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