Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Lettre ouverte au Pr Paul Yao N’dre Président du Conseil Constitutionnel de Cote d’Ivoire

Monsieur le Président

Votre proclamation de Monsieur Alassane Dramane Ouattara vainqueur aux élections de 2010 me laisse perplexe sur le devenir des institutions en Cote d’Ivoire. Je me demande comment le même Président du Conseil Constitutionnel Ivoirien  peut se dédire en quelque mois après avoir pris une décision ?

Monsieur le président , après avoir déclaré et investi le Candidat Laurent Gbagbo Président de la République de Cote d’Ivoire (art 34 et 94 const) , vous aviez fait l’objet de critiques acerbes. Certains ont préconisé de nouvelles élections dans les zones contrôlées par les rebelles  conformément à l’article 64 du code électorale ignorant que les conditions ne permettaient la reprise des élections parce que dans ces zones, il n’y a pas eu de désarmement (Accord de Ouagadougou de 2007) . Cette décision qui aurait du faire jurisprudence en Afrique,  en ce sens qu’elle écarterait l’usage de la force des armes pour accéder à la magistrature suprême, a été écartée par la France et les Etats-Unis d’Amérique parce qu’ils avaient déjà préparé leur « pion ».  Ils ont au mépris de la Constitution  Ivoirienne et de nos institutions déclaré la guerre à la Cote d’Ivoire. Et comme on peut s’y attendre le  bilan est aux yeux de tous : 72000 personnes tuées, 123 villages détruits, 24 villes incendiées, le Président Laurent Gbagbo, et sa famille arrêtés et humiliés, ses proches tués , et imposition du gouverneur français  ADO en Cote D’Ivoire.  Mais voilà que  deux semaines plus tard, on vous appelle pour venir investir Monsieur ADO., c’est-à-dire, venir vous dédire. Monsieur le Président qu’est ce qu’ils vous ont donné ou promis ? J’ai pu lire sur abidjan.net « les institutions doivent fonctionner » Et bien les institutions fonctionnent si les personnes qui les incarnent ces institutions sont cohérents et irréprochables. La politique est une appréciation de la réalité du moment dixit Fologo,  mais moi je dis, la politique c’est le sens de responsabilité, l’étique, et la cohérence entre ce qu’on dit et ce qu’on fait.

Monsieur le président, lorsque votre personne jette une ombre de nature à discréditer l’institution que vous dirigez, il vaut mieux rendre sa démission car j’observe que les hommes passent mais les Institutions restent. Nous avons aujourd’hui besoin d’institutions fortes et non d’hommes forts dixit Barak Obama. Et en cela qu’on le veille ou pas Gbagbo est un exemple lorsqu’il dit :  « sur la souveraineté de la Cote d’Ivoire je ne négocie pas ».
Monsieur  le Président ne légalisez pas le coup d’état de la France en Cote d’Ivoire, rendez votre démission et sortez grandi. La cote d’ivoire est en train d’écrire son histoire et elle vous sera reconnaissante.

En espérant que la présente retienne votre attention je vous prier d’agréer Monsieur le Président d’expression des mes sentiments distingués.

Dr Coff Michel D  Economiste

Master in Peacekeeping and security Studies

Email. djico76@libero.it

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