Le Blog de Aymard

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Archives Journalières: mai 24, 2011

Sommet du G8 : Trois chefs d’État africains en « invités exceptionnels »

Les présidents de la Côte d’Ivoire, du Niger et de la Guinée, récemment élus, seront à Deauville (France) les 26 et 27 mai en leur qualité « d’invités exceptionnels » du G8.

Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), Alpha Condé (Guinée) et Mahamadou Issoufou (Niger) seront les  » invités exceptionnels  » de la présidence française du G8. Un évènement qui a son importance puisqu’il s’agit de leur première participation à un tel sommet depuis leur élection.

Les trois chefs d’État africains auront un programme chargé : outre la négociation de partenariats avec les pays du G8, ils retrouveront d’autres dirigeants africains à l’origine de la création du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad). Un accord qui comprend déjà l’Algérie, l’Égypte, l’Éthiopie, le Nigeria, le Sénégal et l’Afrique du Sud.

La deuxième journée du sommet sera consacrée à un hommage  » des pays du G8 aux démocraties émergentes, dans le monde arabe comme en Afrique « , a précisé la présidence française qui s’est félicitée du fait qu’ils aient réussi  » à négocier ensemble entre pays africains et pays du G8 la déclaration  » qui sera publiée à l’issue de la rencontre.

Dirigeants africains et occidentaux évoqueront aussi les crises les plus graves du continent, dont celle du Soudan, de la Somalie et du Zimbabwe.

 « Parcours démocratiques exemplaires »

Alassane Ouattara, Alpha Condé et Mahamadou Issoufou, arrivés au pouvoir dans des circonstances délicates voire douloureuses, dirigent désormais des pays  » aux parcours démocratiques exemplaires « , a jugé la présidence française.

Le premier n’a pu accéder à la présidence de la Côte d’Ivoire que grâce au soutien militaire décisif de la France et de l’ONU, qui a abouti à l’arrestation de son prédécesseur Laurent Gbagbo, le 11 avril à Abidjan. Son pays a vécu une crise postélectorale aux allures de guerre civile depuis novembre, Laurent Gbagbo refusant de céder sa place à son successeur qui avait gagné les élections présidentielles.

En Guinée voisine, marquée par cinquante ans de dictatures civiles et militaires, Alpha Condé est le premier président élu démocratiquement après des élections marquées par des violences politico-ethniques. Son adversaire qui avait reconnu sa défaite, dénonce aujourd’hui une dérive autoritaire du pouvoir de Condé.

Adjinakou

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Depuis sa résidence surveillée, DSK écrit à ses collègues du FMI que « la vérité éclatera »

L’ancien directeur du Fonds monétaire international assigné à résidence dresse le bilan de son action au FMI. Et « nie dans les termes les plus forts » les charges qui pèsent sur lui.

Depuis sa résidence surveillée du sud de Manhattan, Dominique Strauss-Kahn est invisible, mais il parle. L’email qu’il a adressé en anglais au personnel du Fonds monétaire international (FMI) qu’il ne dirige plus, révèle un homme intellectuellement très engagé. DSK revient sur son passé récent. Et il pense à son avenir, après l’épreuve qu’il traverse.

DSK aimait manifestement beaucoup le FMI. Aujourd’hui, en dépit de l’organisation de sa défense qui doit prendre l’essentiel de son temps, il pense très fort aux changements qu’il a opéré en trois ans et demi dans la manière dont le Fonds travaille. « On ne saura jamais vraiment s’il allait quitter le Fonds pour se présenter aux présidentielles » remarque avec ironie un cadre de l’institution. « Cette lettre est un geste formidable qui montre le grand attachement qu’il avait pour le FMI. C’est lui tout craché. Ce n’est pas un coup monté par son équipe de communication » poursuit ce responsable qui l’a beaucoup côtoyé.

« Je tenais à prendre contact avec vous, personnellement et directement, vous exprimer ma profonde tristesse et ma frustration d’avoir à partir dans ces circonstances. Je le fais parce que je crois que c’est dans le meilleur intérêt de l’institution qui m’est si chère et dans votre intérêt à vous « le staff », que j’apprécie profondément et que j’admire », explique Dominique Strauss-Kahn, dans son email que l’actuel patron par intérim du FMI, John Lipsky, a fait suivre à tout le personnel de l’organisation.

 « Au revoir »

Et DSK de « nier dans les termes les plus forts les allégations » portées contre lui. « Je suis convaincu que la vérité va sortir et que je serai exonéré » souligne-t-il dans cette missive qui a probablement été lue par ses avocats, soucieux qu’elle ne puisse contribuer qu’à plaider sa cause.

Cet homme de 62 ans qui risque de passer le reste de sa vie en prison, trouve le temps d’examiner les grandes étapes qui ont marqué son passage au FMI. Avec une lucidité parfaite, il en dresse la liste: appel dès le début de la crise à la relance fiscale, soutien technique au G20 pour répondre à la crise, introduction de plus de flexibilité dans les prêts du FMI aux pays en difficulté, large déploiement de ressources en Europe occidentale pour la première fois depuis des décennies, etc…

DSK a clairement été séduit par la compétence technique du « staff » du FMI. Il salue leur capacité à surmonter « la prudence bureaucratique pour confronter les décideurs politiques du monde avec des réalités difficiles ». C’est là une allusion indirecte aux mises en garde du FMI adressées aux Européens et aux Américains sur la gravité de leurs dérives.

Comme un encouragement aux 2400 personnes qui seront bientôt dirigées par un autre, il ajoute: « Vous devriez être fiers de ce que vous avez accompli. Une masse considérable de travail reste à faire, à un moment très crucial; vous allez être à la hauteur à chaque fois et je vais vous acclamer lorsque vous le montrerez ». DSK, malgré l’urgence de la préparation de son procès, compte donc suivre de près la manière dont le FMI, le G20 et l’Union européenne gèrent la crise.

Il termine sa lettre par les mots « au revoir », en français. DSK veut montrer qu’il compte bien sortir de l’effroyable ornière judiciaire où il est tombé.

Adjinakou