Le Blog de Aymard

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Destruction de monuments de la ville d’Abidjan : Quand la superstition prend le pouvoir en Côte d’Ivoire

Tous les monuments édifiés par le régime Gbagbo dans le district d’Abidjan ne sont plus qu’un souvenir.

Adieu le baiser  des éléphants avec des trompes croisées à l’entrée ou à la sortie (c’est selon) de l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny de Port-Bouet ! Adieu le barrissement de deux autres éléphants entre le Tribunal de première instance et la Cathédrale Saint-Paul du Plateau ! Ces chefs-d’œuvre emblématiques de l’histoire générale de la Côte d’Ivoire parmi tant d’autres à caractère spécifiquement ethnosociologique ou religieux dont la statue Saint-Jean de Cocody, sont  désormais classés au nombre des les énormes pertes causées par la guerre post-présidentielle du 28 novembre 2010. En effet, ces monuments refondateurs qui contribuaient à faire la fierté d’Abidjan, au-delà de leur symbolique, ont eu le malheur d’avoir été construits dans la capitale économique de la Côte d’Ivoire, de 2000 à 2010, sous les 10 ans de pouvoir de Laurent Gbagbo émaillés  de plus de 8 années de rébellion armée sans précédent.

Superstition oblige ! Les combattants du nouveau président ivoirien Alassane Ouattara pour qui le diable se cache partout, dans la guerre d’Abidjan ayant atteint son point le plus horrible en avril 2011, y ont vu une citadelle dans leur rage d’arracher le pouvoir à Laurent Gbagbo. Comme dans un mythe ou légende  digne d’Afrique, leurs voyants dont ils sollicitèrent les services, leur ont révélé que ces réalisations cacheraient un des piliers mystiques sur lesquels reposeraient le  pouvoir de Laurent Gbagbo. Et qu’il fallait par tous les moyens les annihiler  pour anéantir l’ancien chef de l’Etat. Ainsi, on a parlé des sarcophages ou cadavres d’êtres humains  ensevelis sous ces réalisations, à l’instar de celle élevée au carrefour grouillant de Yopougon-SIPOREX à laquelle ils ont affecté 18 corps. Mais partout où ces nihilistes déchaînés ont creusé sans battre les paupières avec des Caterpillar et autres engins, ils n’ont jamais sorti du sol le moindre margouillat ni ver de terre. Le problème c’est qu’ils n’ont pas eu le courage de commenter leur grande honte aux yeux des médias de leur camp et du monde qu’ils avaient mis en alerte maximum, a tel point qu’ils bandaient déjà à l’idée de décrocher les  scoops les plus insolites du siècle. Et tous étaient déçus d’eux-mêmes. Alors, tous, ils devraient apprendre à se méfier de toutes leurs certitudes et croyances absurdes dans un pays moderne comme  la Côte d’Ivoire à la recherche d’une voie scientifique de développement durable.

Où sont donc passés les fameux corps des monuments de Gbagbo ? C’est une des questions sans réponse qui demeure sur toutes les lèvres et qui atteste que Laurent Gbagbo reste un mythe contemporain. Car ses détracteurs sont loin d’avoir fini de l’accabler de ce qu’il n’a même jamais eu la force d’imaginer en vue de le faire disparaître de l’Histoire de la Côte d’Ivoire. Imaginez-vous, si l’on allait de nihilisme en nihilisme, que resterait-il de ce pays où aucun président n’a été  presque parfait ?  Mais dont Laurent Gbagbo, durant son mandat, a honoré et sauvé, ce qu’il y avait  à faire dans l’intérêt supérieur de la jeune nation. Et ce n’est pas son plus grand adversaire Houphouët, depuis sa tombe, qui se retournera. Que n’a-t-on pas entendu en effet à propos de ses crocodiles des lacs artificiels  de  sa ville natale de Yamoussoukro et les légendes des plus angoissantes aux plus mystiques qui entourent encore leur existence !

Et pourtant, à sa prise de pouvoir, Laurent Gbagbo n’a jamais songé à massacrer ces animaux. Parce qu’il n’ignore pas leur valeur touristique et historique, ainsi que celle de leur père, il s’est gardé de les offrir à manger et de vendre leur peau prisée sous prétexte que, comme cela se raconte, ils aidaient en réalité à consolider le président Houphouët dans son fauteuil à travers un rituel sacrificiel qu’il leur consacrait.

On croyait cette leçon de Gbagbo à ces successeurs pigée et à suivre. Hélas, la passion de certains a pris le dessus sur la raison. De quoi amener les Ivoiriens à se demander encore ce que les nouveaux dirigeants du pays proposeront à la place de ce qu’ils ont détruit  pour remettre à Abidjan ce qui était Abidjan ces dix dernières années pour un bonheur touristique. Ainsi ce que l’on reprochait à Abidjan de ne pas avoir, comme dans les grandes villes du monde parées de monuments aux sens aussi variés que divers, voilà que le « Petit Manhattan » l’a perdu !

 Requiem pour l’honneur perdu de la deuxième ville la plus peuplée de l’Afrique de l’Ouest, après Lagos, au Nigéria. Que les monuments refondateurs d’Abidjan reposent en paix !

 Schadé Adédé, notre voie

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