Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: juin 6, 2011

BENIN : Premier Gouvernement de Yayi II : La Nouvelle Autocratie sort les Tentacules

PHAGOCYTE LES «PHAGOCYTABLES» POUR MIEUX SORTIR LES GRIFFES

Le week-end du 28 mai 2011, Boni YAYI a publié le premier gouvernement de son deuxième quinquennat. Les journalistes y sont allés de leurs analyses et commentaires dans l’indifférence quasi générale des populations. Les médias qui se sont essayés à l’exercice ont vu, comme innovations ou caractéristiques:

– La réduction du portefeuille à 26 postes ministériels contre 30 précédemment,

– Le renouvellement à plus de 80 %,

– La création d’un poste et la nomination d’un premier ministre,

– La nomination de 8 femmes, soit plus de 30 %,

– Des nominations récompenses,

– Un gouvernement de jeunes et de techniciens avec des femmes à des postes de souveraineté,

– etc.

Des commentateurs y sont allés de leur plume pour «saluer» ces «avancées», notamment la nomination d’un Premier Ministre. Mais tout le monde sait que ce poste de «premier ministre» n’est qu’une illusion, un «Premier Ministre Kpayo», Boni YAYI demeurant le chef du gouvernement… Les commentateurs les moins obtus rappellent la forte propension de YAYI à se substituer à tous ses ministres, usant de sa cour pour intervenir en tout et partout pour montrer que le «Premier Ministre» n’aura pas grand-chose à faire que de porter le titre. Mais à y regarder de près, ce maroquin consenti à KOUKPAKI est un garage. Il est chargé de la coordination de l’Action gouvernementale, de l’Evaluation des politiques publiques, du programme de dénationalisation et du dialogue social. Il est chargé du programme de dénationalisation. Abrité derrière lui comme un bouclier face à la protestation populaire, YAYI bradera les reliquats du patrimoine national à ses amis BOUYGUES, BOLLORE, France TELECOMS, etc., bref aux intérêts financiers français comme reconnaissance de leur soutien au hold-up électoral. Vincent BOLLORE, PDG du groupe BOLLORE n’était-il pas présent comme personnalité d’Etat à l’investiture de YAYI Boni ! D’ailleurs, il ne reste guère de choses: YAYI et ses prédécesseurs ont tout vendu: la SBEE, BENIN TELECOMS, la SOBEMAP… Mis à part la dénationalisation, que reste-t-il ? Il avait déjà toutes ces attributions qui se sont révélé des ornements autour du noyau principal que constituait le Plan. Ce noyau lui a été enlevé et confié au beau-frère. En fait, cela a tout l’air d’un chargé de mission, guère plus. S’il s’y plaît et se plie aux injonctions et désirs de l’autocrate, cela ne regarde que lui. Par contre, ce qui n’est pas indifférent au peuple, ce sont ses rapports avec ce dernier. C’est le rôle de sapeur-pompier qui se cache derrière «dialogue social» qu’on lui a accolé et qu’il jouait déjà en tant que Ministre d’Etat. Ses airs policés contrastant avec les manières rustres de son patron, c’est à lui que ce dernier a recours toutes les fois qu’il s’agit d’aller réparer les gaffes déjà commises. Et on le verra bientôt actif sur ce front. Quand Boni YAYI provoquera la colère des travailleurs en décidant de remettre en cause le droit de grève, KOUKPAKI sera envoyé au front pour éteindre l’incendie. Quand, sur injonction de YAYI, DEGLA fera tirer sur les travailleurs ou les paysans, KOUKPAKI descendra dans l’arène pour justifier l’injustifiable. Comme naguère il a justifié et couvert les malversations, Affaires SOAGA, ICC, CEN-SAD. Des gens espèrent, souhaitent qu’il démissionne quand il se rendra compte de la grande viduité de la coquille qu’on lui a attribuée mais KOUKPAKI n’est pas homme à démissionner; il aurait pu le faire mille fois mais c’est le balayeur des ordures de YAYI.

Et si le Premier des ministres n’est guère plus, on devine aisément ce que sont les autres. Des chiffes molles, surtout par compromissions qui, comme le beau-frère Marcel de SOUZA ou Nassirou BAKO ARIFARI, n’ont d’autres mérites, d’autres faits d’armes que l’organisation et la défense des pires fraudes électorales de l’histoire de notre pays. Récompensés, ils sauront se faire dociles et obéissants, exécutants des basses œuvres de l’autocrate YAYI. BAKO a du métier en la matière; il l’a prouvé comme agent de l’autocrate KEREKOU en milieu universitaire comme Président du BEF où il a livré ses camarades étudiants à la police politique et à la prison en 1985 et années suivantes avant d’être destitué en 1989 par les braves E. ZINZINDOHOUE et AGBAHOUNGBATA.

DEGLA a été porté à la tête du Ministère délégué de l’Intérieur (dont YAYI est en fait le titulaire), et presque de celui de la défense (qui lui a été enlevé au dernier moment) pour avoir montré la gueule et les muscles à l’Assemblée et dans les collines. Il saura peut-être, espère l’autocrate, aider à casser des manifestants et des rebelles.

Un autre élément qui n’a pas laissé indifférente la population, c’est le virage du parti «La Renaissance du Bénin» qui officiellement rejoint la mouvance présidentielle avec d’abord l’entrée au bureau de l’Assemblée nationale d’un de ses militants en la personne du député YEHOUETOME, puis de celle de Blaise AHANHANZO-GLELE comme ministre de YAYI Boni. A ce propos, les spéculations vont bon train. Des journaux avancent la raison que c’est parce que les militants de «La RB» seraient affamés et épuisés et en auraient assez de quinze ans «d’opposition». Ce qui veut dire qu’ils confessent qu’ils font partie de la race de politiciens qui ne peuvent vivre que des prébendes de l’Etat; malgré la possession par la RB de mairies dont certaines comme Cotonou sont parmi les plus riches du Bénin ! En tout état de cause, réuni le 23 mai 2011, «le Bureau Politique National de la RB a décidé d’accepter la main tendue du Président de la République». Quelles que soient les causes réelles de cette nouvelle attitude de la RB, elle ne peut être perçue que comme l’expression de l’anti- modèle et de l’anti-éthique progressive en politique contraire aux intérêts des travailleurs et des peuples du Bénin.

Tout le reste, d’illustres inconnus affublés des épithètes de techniciens, jeunesse, femmes, etc. qui ne sont là, comme ils l’ont tous récité mercredi, 02 Juin 2011 comme une leçon bien apprise que pour appliquer la politique de Boni YAYI et dont ils ne connaissent du contenu qu’un seul mot, le seul qui existe d’ailleurs: Refondation. Bons élèves, ils ont dit qu’ils ne sont venus appliquer que cela. Même à la santé. Et bientôt, on les entendra.

· Boni YAYI tue-t-il à Natitingou ou à Dogbo? Refondation!

· Vend-il Bénin-Télécoms pour une bouchée de pain? Refondation!

· Prend-il des lois liberticides? Refondation!

· Laisse-t-il des dizaines de malades mourir au CNHU faute de bonnes conditions de travail des médecins? Refondation!

· Condamne-t-il des millions d’enfants à l’échec scolaire? Refondation!

Au total, une bande d’aventuriers embarqués sur un navire dont le capitaine est un despote et dont ils ne connaissent en réalité rien de la feuille de route, rien sinon qu’elle sera la volonté de l’autocrate.

Bref, la nouvelle autocratie sort les tentacules, phagocyte les «phagocytables» pour mieux sortir les griffes. Mais ses griffes sont déjà limées. Les travailleurs et les peuples qui en ont vu et vaincu d’autres le disent déjà. C’est le message clair que les travailleurs de l’administration publique lui ont lancé en réussissant brillamment leur grève de 48 heures en pleine période de prise de service des nouveaux ministres. Comme discours de bienvenue, c’est suffisamment éloquent. Bravo les travailleurs. Poursuivez vos luttes en n’ayant en vue que vos intérêts et ceux du pays.

Cotonou le 03 juin 2011,

Le Parti Communiste du Bénin

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Encore un autre K.O…

Un match déjà perdu dès la première mi-temps, au stade de Kouhounou à Cotonou, devant un public médusé. Cela n’est plus arrivé aux Ecureuils foot depuis très longtemps, depuis qu’ils ont fait leur entrée historique dans la cour des grands, à l’occasion de la Can 2004 en Tunisie. Des matches perdus à domicile, il y en eu quelques uns, très rares, mais pas de l’ampleur de la noyade du 05 juin 2011, même si c’était face aux galactiques Drogba, Eboué, Touré, Gervinho et consorts. Permettez-moi de ne pas rappeler le score dans cette chronique pour ne pas en rajouter au spleen général. Un K.O. de toute une équipe qui a pourtant procuré aux Béninois beaucoup de bonheur ces dernières années quoi qu’en dise des agitateurs d’opinion de mauvaise foi ou carrément médisants. Plusieurs héros étaient présents sur l’aire de jeu, à commencer par certains acteurs de la qualification du Bénin pour la première fois à une phase finale continentale en 2004 : Mouri, Chrisostome, Omotoyossi, Boco, Séydath, en plus de la présence sur le banc d’encadrement de célèbres « anciens » : l’emblématique ex-capitaine, Omar Tchomogo et même Jocelyn Ahouéya. Ajoutés aux nouveaux dont le talent ne souffre d’aucune contestation à l’image de l’homme du match, Stéphane Sessegnon, beaucoup plus flamboyant sur le terrain que Drogba et Gervinho réunis.

C’est finalement cette grande équipe béninoise qui a pris la raclée du 05 juin 2011. Il ne manquait presque aucun cadre confirmé. L’équipe était plus forte que celle qui a terrassé, à Cotonou, les colosses Ghanéens, héroïques quart de finalistes de la dernière coupe du monde en Afrique du sud 2010. Malgré un effectif moins fourni que celui du 05 juin, elle a su opposer une belle résistance à cette même équipe ivoirienne lors du match-aller joué sur terrain neutre au Ghana. Autre réalité au retour à Cotonou ; Drogba et les siens étaient les premiers surpris de l’effondrement de leurs clients du jour, littéralement absents des duels, ayant visiblement abandonné au vestiaire ce qui fonde leur qualité première : la solidarité. Face à des pros de l’acabit des Eléphants, ces genres de flottement ne pardonnent pas. Si nos stars du moment étaient toutes présentes sur la pelouse de Kouhounou et que la débâcle a eu cette ampleur, cela voudrait certainement dire que la clé de compréhension du phénomène se situe en dehors du rectangle vert.

On a bien vu dans les tribunes, lors de l’historique lourde défaite qu’il existait différentes catégories de supporteurs des Ecureuils ; les supporteurs tout court, les plus nombreux, venus au stade pour voir leur équipe nationale gagner la Côte d’Ivoire sans tenir rigueur du classement opéré par l’entraineur, de la personne du président de la Fédération ou du carnet d’adresse de l’adversaire. Ils souhaitaient rentrer chez eux, heureux d’avoir vu leurs idoles faire un bon résultat avec l’espoir que la suite les conduirait à coup sûr vers les stades du Gabon ou de la Guinée Equatoriale, au moins pour le premier tour de la phase finale 2012. Mais, il y avait également dans les gradins une autre catégorie de supporteurs, les plus bruyants, appelant ouvertement les Ivoiriens à en mettre davantage. Parce que, disaient-ils, une humiliation des Ecureuils équivaudrait à une humiliation du président de la fédération, Anjorin Moucharaf dont la légitimité serait contestée par une partie des acteurs du foot. Rien qu’à cause de ça toute une génération peut être privée de rêve, de sensations fortes, d’épanouissement et d’engagement. Ce ne serait donc pas à l’ensemble du gratin footballistique béninois (joueurs, supporteurs, dirigeants, nouveau ministre des sports) de boire la tasse du K.O. jusqu’à la lie. Tant pis si en 2012, l’hymne national béninois ne retentit pas sur les stades du Gabon et de la Guinée Bissau du fait de la raclée du 05 juin. Pourvu que l’un dégage de la tête de la fédé pour que l’autre s’installe. Sinon…

Préparez-vous à d’autres scores-fleuves…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

Premier quinquennat de Boni Yayi : Les Béninois ont vécu dans la précarité entre 2006 et 2011

Premier quinquennat de Boni Yayi : Les Béninois ont vécu dans la précarité entre 2006 et 2011

par richard

Entre 2006 et 2011, les Béninois ont vécu dans la plus grande précarité.  Les chiffres avancés par le Chef de l’Etat dans son discours du 13 mai 2011 montrent d’ailleurs qu’à ce jour, 35,2 % des Béninois vivent encore en-dessous du seuil de pauvreté.

Pendant le premier quinquennat du Président Boni Yayi, l’amélioration des conditions de vie des Béninois et la prospérité partagée annoncée à grand renfort de publicité n’ont pas été au rendez-vous. Malgré les efforts consentis dans les secteurs de l’éducation, de l’eau, de la santé…le Bénin reste et demeure un pays dans lequel le taux de pauvreté est encore des plus élevés. D’ailleurs, dans le discours qu’il a prononcé le 13 mai dernier, c’est sans fausse modestie que le Chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi, est passé aux aveux, donnant ainsi raison à ceux qui ont toujours martelé que le régime du changement n’a pas rendu les Béninois heureux « Comme j’ai eu à vous le dire à plusieurs reprises, le constat qui m’a le plus frappé lors du premier quinquennat est que nous nous écartons chaque jour de nos valeurs éthiques, morales et spirituelles. De même, en dépit des efforts fournis,  notre pays reste vulnérable aux chocs internes et externes et nos concitoyens vivent toujours dans la précarité.  Pour preuve, notre marche vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement est encore lente, malgré les efforts accomplis dans les secteurs de l’éducation, de l’accès à l’eau potable, de la réduction de la mortalité maternelle et infantile. Le taux de pauvreté reste encore élevé. A ce jour, 35,2% de la population béninoise vivent encore avec un revenu annuel en dessous du seuil de pauvreté contre 33,5 % en 2007 et 39,7% en 2002 selon les statistiques publiées par le Pnud. En d’autres termes, un Béninois sur trois dispose de moins d’un dollar par jour », a dit le Chef de l’Etat qui a invité ses compatriotes à se mettre résolument au travail dans les marchés, dans les ateliers, les usines, les champs etc. Pour lui, chacun doit honorer ses engagements vis-à-vis de la Nation et mettre les intérêts de la République au-dessus de ses intérêts particuliers et personnels. Malheureusement, ce discours qui du reste est un aveu d’échec a manqué de révéler dans les détails les raisons pour lesquelles le taux de pauvreté n’a pas baissé au Bénin en dépit des efforts consentis dans divers  domaines …En vérité,  on n’a pas besoin de faire de hautes études d’économie pour comprendre que les raisons de la grande paupérisation doublée d’une précarité sans précédent dans lesquelles les Béninois ont végété pendant les cinq dernières années résident dans la mauvaise gestion qui a été faite des ressources de l’Etat sous le premier quinquennat du Dr Boni Yayi. Les grands scandales financiers au sommet de l’Etat dénoncés par les associations de lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance en disent d’ailleurs long. Malheureusement, sans évaluer le changement, le Chef de l’Etat lance la refondation. Et comme par conformisme, il place son second quinquennat sous le signe des grandes réformes qui relèvent de la bonne gouvernance politique, économique et sociale et de la solidarité nationale. Malheureusement, le terrain de la bonne gouvernance politique sur lequel le Chef de l’Etat a donné rendez-vous à tous les Béninois n’est pas rassurant. L’ouverture politique qui a été annoncée à grand renfort de publicité est venue avec un pied cassé. Ce qui amène déjà certains Béninois à craindre pour les objectifs que le Chef de l’Etat s’est fixés. Le fait de former un gouvernement qui ne privilégie pas le principe de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut est en tout cas un danger pour la réalisation de la prospérité partagée. Et le risque que les Béninois végètent encore dans la précarité à l’issue de ce second quinquennat de Yayi est bien grand. Pour qu’il n’en soit pas ainsi, il urge donc que le Chef de l’Etat privilégie le développement à la politique.

Laisser les enfants venir à moi

Le chef de l’Etat, Boni Yayi qui avait une dette à l’égard des enfants béninois a dû recourir à un club des enfants spécial mercredi dernier au Palais de la République. C’est de cette manière qui s’est acquitté de ladite dette. Malheureusement, pour le faire, ce n’est pas dans le genre de la parabole biblique que tout a été fait. « Ce que vous faites à un plus petit, c’est à moi que vous le faites » comme l’a si bien dit le Seigneur. Mais avait-on besoin d’une publicité tapageuse.

Si les édiles ont défilé à la présidence sur ce faux rythme, les sages et autres têtes couronnées y ont fait leur saga, les conducteurs de taxi-motos y ont fait leur villégiature et diners, devrait-on en faire de même aux enfants ?

Les personnes âgées sont bien fouettées par la politique de la moins value depuis cinq ans. Mais contrairement à ces catégories, le destin des enfants et toutes autres actions à leur égard, devrait suivre Dieu dans son décalogue qui inspirait les gens de Dieu.

Et sur ce point, Boni Yayi est un grand fils de Dieu. revenant sur le club des enfants et en se fiant à son quinquennat trainé à contre courant, il a y a eu quelques actions à l’actif du tableau du gouvernement du Changement quelque part dans ce vaste monde si minuscule pour les enfants. Nous revoyons avec rêverie et dilatoire, la gratuité de l’enseignement, la gratuité des soins de santé pour les enfants de zéro à cinq ans et autres décisions. Et c’est en cela que celui qui a tiré la couverture de cet événement a donné l’impression d’avoir mal choisi sa thématique. Un club des enfants pour s’égayer et non pour parler des problèmes des enfants n’a pas de sens. Mais s’il était orienté vers les programmes sociaux pour les enfants, on aurait mieux trouvé son intérêt. Il ne pouvait en être autrement. Et ceci pour deux raisons.

D’abord, il s’agit de savoir si un club des enfants est essentiel pour se tirer dans une certaine mesure de la misère ambiante qui niche chez les parents des anges, misère qui occupe royalement leurs esprits. Enfant dites-vous ! Même s’ils ne sont pas fiers de l’être puisqu’on égrène leurs jours comme un chapelet de cloître. L’enfance à une notion de présence essentielle. Le contraire dans la démesure de distraction favorite n’est qu’une erreur d’approche.

Ensuite, c’est qu’on a organisé un club des enfants pour ne pas se débarrasser des quipropos qui roulent dans la farine certaines franges sociales. Pourquoi projeter sur un écran géant, tous ces enfants dont nombre de parents ne bénéficient à vrai dire d’aucune condition pouvant leur permettre de quitter la précarité ? C’est d’ailleurs avec une expression d’amertume que des parents dont la majorité a perdu même les canons de l’espéranceont déploré l’organisation de cet événement. L’enfance au Bénin ne doit tenir au bout d’un fil avec nos existences précaires. En définitive, le club des enfants spécial à la présidence n’a pas comblé les idéaux. On pouvait ensemencer des grains pour émerger véritablement. Cependant on ne l’a pas fait. Le reste, n’est que de la routine, car tout porte à croire que les actes posés sont appelés à s’éteindre avec leurs étoiles dans les sillons de la vallée. Sur les dossiers de l’enfance, c’est la marque d’une jonction judicieuse qui s’impose et non celle de la gloire, de la joie de l’instant et des détails superflus.

Gloire et joie qui se rivalisent avec finition, soumission, humiliation, compensation et sensation avec des détails qui permettent de mieux connaitre le président et sa vie de famille. Le club des enfants spécial a été inachevée, tout au moins inachevée sur les reformes engagées. Sur ces détails, Boni Yayi à sa grandeur de leader. Et les enfants ont-ils eu leurs comptes ?

par dp 24h

Côte d’Ivoire et Libye : On voit bien que tout ce que touche Sarkozy se transforme non en or mais en merde !

Au départ, la mission onusienne était limitée à la défense des populations civiles. Aujourd’hui, et sans extension aucune de la dite mission, il s’agit ni plus ni moins que de faire gagner la Cyrénaïque dans la guerre civile qu’elle a déclenchée contre la Tripolitaine en faisant partir Kadhafi (en le tuant en fait car vivant et en exil, il serait vraiment gênant)
Ça rappelle beaucoup la Côte d’Ivoire : au départ, la France « s’interpose » dans une contre rébellion mené par Gbagbo contre des Nordistes qui ont tenté de le renverser avec l’aide du Burkina Faso (et donc de la France). Elle refile le bébé à l’ONU non sans avoir préalablement obligé Gbagbo à signer un traité inepte (Marcoussis) qui le contraint à prendre le chef militaire des Nordistes comme premier ministre, d’effectuer un recensement électoral sans démilitariser le nord du pays (!), puis d’effectuer des élections « libres », toujours sans démilitariser le nord du pays, sous contrôle de l’ONU qui a envoyé des troupes sans que les troupes françaises se retirent. Tout cela alors qu’il est de notoriété publique que Chirac puis Sarkozy détestait et déteste Gbagbo tandis que Ouattara est un ami personnel de Sarkozy (ADO doit avoir un appartement à Neuilly). Vous connaissez la suite, à l’exception du mensonge d’Etat français (ce ne sont pas les troupes de Ouattara qui ont capturé Gbagbo mais les troupes françaises, en passant par le tunnel reliant la présidence ivoirienne à l’Ambassade de France après avoir fait exploser le bouchon de béton mis en place par Gbagbo).

Mais tout cela plait visiblement à la majorité d’entre vous : Kadhafi est un sale type tandis que Gbagbo a été « régulièrement » battu à l’élection présidentielle et devait donc partir. Allez plus loin dans l’analyse est trop fatiguant pour beaucoup de Français qui préfèrent, de loin, se préoccuper des prédations sexuelles de DSK

Pourtant, ça devrait les gêner, les Français. Car tout cela nous coûte très cher tout en rapportant beaucoup au lobby militaro-industriel français : les avions qui bombardent la Libye ? Des Rafales, bien sûr. Et donc Dassault… Les hélicoptères que nous allons envoyer (si ce n’est déjà fait) ? Des Tigres, et donc EADS… Les roquettes que nous tirons un peu partout ? Lagardère… Etc., etc. Nous payons donc les frais commerciaux de ces marchands de mort en montrant les effets ravageurs de leur production malsaine au Monde entier. Qui va acheter. Et ca continue ainsi depuis aussi longtemps que nos marchands d’arme font la loi. Ils la font partout où ça compte, aux USA d’abord et bien sûr, mais aussi en France ou en Grande Bretagne, là où on fabrique des armes en quantité astronomique. Tout cela conduisant forcément à des guerres (sans risque) où nous tuons des basanés pour renouveler nos stocks d’armes et présenter celles-ci aux militaires du monde entier.
Et vous devez savoir que ceci plait à beaucoup d’élites, même africaines : lisez donc Jeune Afrique, édition de cette semaine : en couverture « Kadhafi condamné » alors que le journal a été bouclé jeudi soir dernier et que, donc, ses rédacteurs ne savaient pas que Medvedev allait donner son accord pour le tuer. Comme si leurs contacts chez Sarkozy leur avaient donné l’info avant qu’elle soit réalité ! Je n’ai même pas voulu lire l’article, en connaissant par avance le contenu fielleux. Et, ce, alors que ce journal a reçu beaucoup d’argent du « Guide ». Tuer son créditeur est un bon moyen de ne plus avoir de dette, non ?!

Permettez-moi donc de signaler à mes lecteurs militaristes que Kadhafi n’est pas du tout considéré comme un fou barbare et dangereux en Afrique : certains le considèrent même comme un héro de l’anti-impérialisme, tout comme Gbagbo aujourd’hui. Et, in fine, on voit bien que tout ce que touche Sarkozy se transforme non en or mais en merde, une merde qui, en l’occurrence, nous met tous les Africains (sauf les traitres) sur le dos. Savez-vous comment la plupart d’entre eux appelle aujourd’hui Ouattara ? « Le préfet de Côte d’Ivoire » ! Et moi qui regarde de près tout cela, je peux vous assurer que la colère anti-Blanc commence à s’amplifier, sur le Net notamment. Avec l’exquise amabilité qui caractérise en outre notre accueil des Maghrébins fuyant leurs pays en révolution ou en guerre, amabilité s’ajoutant à notre parti-pris dans la guerre civile libyenne, nous serons bientôt aussi détestés au nord qu’au sud du Sahara. Et dans 10 ans, de nouveaux dirigeants seront élus sur la promesse de nous évincer totalement du continent africain. CQFD ! De la merde, vous dis-je, à se demander si notre président à un vrai cerveau ou bien seulement un placard à préjugés bling-bling ?!
Et je ne parle pas de son entourage ! Juppé, « l’homme le plus capable de sa génération » selon Chirac, qui ne moufte pas malgré son intelligence supposée et qui, en outre, réagit comme un butor à une farce estudiantine (qui montre, la dite farce, combien nous aiment aujourd’hui les Africains). Son cabinet de crétins (vues les innombrables conneries qu’ils inspirent à leur maître), son ministre de l’Intérieur qui en rajoute en matière de racisme de bas étage… On a affaire à un ensemble on ne peut plus médiocre et dangereux, prêt à tout pour éviter à son patron l’horreur d’être battu dès le 1er tour de la présidentielle de 2012.

Mais, bonnes gens, rassurez-vous, d’ici peu Kadhafi ne viendra plus hanter vos mauvaises nuits. Dans l’au-delà, je ne sais pas : je me suis toujours dit que si Dieu existe, il doit condamner tout autant les méchants que les crétins…

Dessins – Fabien Hulot & Mil’Pat Masioni   Texte – Christian d’Alayer

dalayer.kazeo.com

Représailles politiques ou banditisme gratuit ? Bernard Dadié braqué et dépouillé

Le week-end écoulé a été traumatisant pour Bernard Binlin Dadié, 94 ans. Samedi, aux environs de 7h, trois hommes armés de kalachnikov ont fait irruption à son domicile sis à Cocody, derrière l’Institut national des Arts et de l’Action culturelle (INSAAC), précisément à l’arrière de la Médiature. La brutalité exercée sur les occupants des lieux a duré quelques minutes. Les agresseurs, apparemment bien renseignés sur l’identité du vieil écrivain mondialement vénéré, ont dépouillé la famille Dadié de tout : argent, portables, bijoux et autres objets de valeur. En se retirant, heureusement sans tuer et blesser personne, ils ont emporté le véhicule du vieux, une Mercedez de couleur noire.

Les agresseurs ont pointé très tôt chez Bernard Binlin Dadié. Apparemment, ils ont attendu que la maisonnée se réveille avant d’opérer. Vers 7h, une jeune fille est sortie de la maison  pour chercher le pain matinal pour le petit déjeuner. C’est elle qui a été maitrisée la première. Kalachnikov aux poings, les agresseurs l’ont obligée à leur ouvrir le portail extérieur. L’accès au salon n’était plus qu’un jeu d’enfant. A l’intérieur de la résidence, ils ont rapidement mis en joue l’épouse de l’écrivain et d’autres enfants. A la maisonnée tenue en respect, ils ont déclaré être là  «pour accomplir une mission pour Bernard Dadié». Le vieil écrivain était encore sous la douche. Il n’a fait que tomber plus tard dans l’opération en cours dans sa maison. «Quelle mission ? ». La question n’a jamais trouvé de réponse. A part les insanités et les menaces déversées par les hommes armés pour se voir remettre les objets et biens arrachés.

Chez les Dadié et dans l’entourage du célèbre dramaturge, tout le monde se demande comment cette agression contre l’icône ivoirienne de la littérature a-t-elle pu se passer, au nez et à la barbe des hommes du commandant Dosso des FRCI (forces pro-Ouattara) qui quadrillent le quartier et campent à la station Oil Libya, ancienne station Mobile de la Cité des Arts. Pour l’instant, selon M. Albert Tousséa, un des proches de Dadié qui a confirmé l’information de cette agression humiliante et traumatisante, «l’affaire a été portée à la connaissance du général Boblaé au ministère de l’Intérieur».

Bernard Binlin Dadié, auteurs de plusieurs œuvres littéraires d’envergure, est le président du Congrès national pour le Rassemblement et la Démocratie (CNRD), allié du Front populaire ivoirien de Laurent Gbagbo, président ivoirien renversé le 11 avril 2011. Le président Dadié avait pour Secrétaire générale, dans cette organisation, une certaine…Simone Ehivet Gbagbo, aujourd’hui en résidence surveillée à Odienné. Ceci explique-t-il les moments d’enfer infligés au vieil écrivain de 94 ans ? Simple conséquence de l’insécurité de la guerre imposée à la Côte d’Ivoire ? Affaire à suivre.

César Etou, Notre voie

Alassane Ouattara : Un maître nageur dans les eaux troubles de l’illégalité

Le 06 juin 2011 par IvoireBusiness – Après le coup d’État du 11 avril dernier de la France et des casques bleus de l’ONU, dont il est le bénéficiaire, Alassane Ouattara a décidé d’opérer le vernissage enjolivant de son « trône ». Le vernis de la légalité lui a paru nécessaire. A cette fin, il a tenu à prêter serment le 6 mai dernier devant le président du Conseil constitutionnel, M. Yao N’Dré Paul. C’était juste pour lui un moyen de couvrir, si possible, la laideur du coup d’État de ses maîtres. Depuis cette date, tout porterait à croire qu’Alassane Ouattara est très légaliste au point d’avoir tenu à se conformer à la Constitution ivoirienne. Mais la réalité est toute autre. Il n’instrumentalise la loi que là où il pense qu’elle peut l’arranger. Tout le reste n’est en réalité que manifestation du despotisme.

C’est bien de cela qu’il s’agit quand un homme, en l’occurrence chef de l’Exécutif, se croit au-dessus des lois et agit contre elles. Il a tenu à prêter serment, il l’a fait sans pudeur. Mais il semble ignorer que dans la logique de la légalité constitutionnelle, il venait de rendre nul et de nul effet tous les décrets et autres ordonnances farfelus pris par lui antérieurement à la date du 6 mai 2011. Car s’il tient vraiment à la légalité, il devrait comprendre que son « pouvoir » a véritablement pris effet à compter de sa prestation de serment du 6 mai 2011.

C’est ce que prévoit l’alinéa 1 de l’article 39 de la Constitution: « Les pouvoirs du Président de la République en exercice expirent à la date de prise de fonction du Président élu, laquelle a lieu dès la prestation de serment. » D’où lui vient donc l’idée de vouloir servir aux ivoiriens ce « borocodji »(repas de très mauvaise qualité) de décrets et d’ordonnances pris depuis sa République du Golf, s’il se croit vraiment légaliste? En réalité, cette alliance du tchapalo et du koutoukou, qui gouverne en ce moment la Côte-d’Ivoire sous l’œil vigilant du maître gaulois, produit une ivresse du pouvoir aboutissant au viol régulier des lois.

Les gouvernants actuels s’illustrent de plus en plus comme des maîtres nageurs dans les eaux troubles de l’illégalité. Dans cette logique, les ordonnances N°2011-004 et N°2011-005 du 11 avril 20111, pris par Alassane Ouattara, ont déclaré nuls et non avenus les ordonnances, décrets et arrêtés réglementaires et individuels pris sous l’autorité de Laurent Gbagbo depuis le 04 décembre 2010. Et selon le quotidien l’Intelligent d’Abidjan dans sa parution du samedi 04 juin 2011, ces ordonnances, de source gouvernementale, auront pour effet l’annulation des résultats de tous les Concours d’entrée à la Fonction publique, «organisés au cours de la même période sous l’autorité des directeurs qui ont agi sous les gouvernement Aké N’gbo.»

Cette décision arbitraire soulève une fois de plus la question de l’État de droit en Côte-d’Ivoire. Si la Côte-d’Ivoire n’a pas déjà fait les funérailles de l’État de droit, il y a à espérer que cette décision arbitraire soit annulée par la juridiction compétente se référant à l’alinéa 1 de l’article 39 de la Constitution, précédemment cité. A cet effet, les victimes de cette décision devront porter plainte.

Annuler les résultats des Concours d’entrée à la Fonction publique par l’effet de ces ordonnances illégales, montre bien l’envie trop grande et l’impatience des gouvernants actuels de faire entrer leurs proches dans l’administration publique sur la base de liens familiaux, ethniques ou politiques. Là encore, nous aurons simplement à constater qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil.

Tout cela après avoir brandi leur nouveau slogan: «Plus rien ne sera comme avant»!, comme s’ils étaient absents des différents gouvernements de ces dix dernières années. Que pourront-ils faire de mieux qu’ils n’ont pu faire pendant qu’ils étaient tous au gouvernement pendant ces dix ans? Tant que le peuple restera dupe, ils pourront prospérer avec ce fallacieux slogan.

Burkina : Repression de la Mutinerie à Bobo – Le film de l’assaut

Le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), soutenu par la gendarmerie nationale de Bobo et des parachustistes commandos de Dédougou, a lancé, le 3 juin dernier, une opération de désarmement forcé des mutins qui ont tiré en l’air et pillé des commerces dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2011 à Bobo-Dioulasso. Après les échanges de tirs, on a officiellement dénombré 6 morts du côté des mutins, un mort côté civils par balle perdue et des blessés de part et d’autre. S’en est suivie la traque des mutins et de leur butin.

Depuis le 31 mai 2011, les armes n’ont véritablement pas cessé de crépiter à Bobo. Des militaires du camp Ouezzin Coulibaly, qui se sont mutinés dans la nuit du mardi 31 mai au mercredi 1er juin, sont sortis encore dans la nuit du 2 au 3 juin pour tirer et piller. Avant d’essaimer la ville, ils étaient d’abord à l’intérieur du camp. Une fois dans la ville, malgré le couvre-feu instauré de 18h à 6h du matin, ils vont se diriger vers les quartiers périphériques. Dans les maquis, les cabarets, tous les lieux étaient bons pour eux pour terroriser les gens avec leurs armes. C’était la débandade. Les boutiques se ferment les unes après les autres ; les grandes et les petites stations d’essence en font de même.

Les rues sont désertes, seuls les mutins s’y pavanent. Les repas de baptêmes et premières communions (puisque ce sont les évènements phares de la fête de l’Ascension) vont se consommer en famille, devant les petits écrans des postes-téléviseurs. A la télé, une bande défilante annonce le couvre-feu instauré par le gouverneur des Hauts-Bassins sur l’étendue du territoire communal de Bobo. Soudain, c’est écran noir. La RTB2, l’antenne régionale de la RTB, est envahie par des mutins qui voulaient lire une déclaration. Les Bobolais sont terrés chez eux, impossible de fermer l’oeil à cause du crépitement des armes qui va durer toute la nuit. En plus des tirs, il y a eu encore des pillages.

N’ayant plus rien à piller au centre-ville, les mutins ont jeté leur dévolu sur les commerces dans les quartiers qui avaient été épargnés la première fois. Ils se sont donc acharnés sur les commerces au bord du goudron comme à Bolomakoté ou devant le lycée Ouezzin Coulibaly. Le matin du vendredi 3 juin, lorsque nous avons effectué un tour au Centre hospitalier universitaire Souro Sanou de Bobo (CHUSS), nous y avons trouvé 23 blessés dont 6 par balles et 17 par agressions physiques. Le personnel soignant n’avait pas le moral pour avoir reçu la visite des mutins dans la nuit du jeudi 2 juin, aux environs de 22h, qui étaient venus pour dévaliser la caisse du service de recouvrement de l’hôpital. « Dieu merci, les agents ont verrouillé le coffre avant de se chercher », nous a confié un responsable administratif du CHUSS.

Des véhicules chargés d’éléments du RSP, du RPC et de la gendarmerie

Aux environs de 9h le 3 juin, la sirène de l’hôtel de ville a retenti, invitant les populations à rentrer chez elles. Vers 10h, on a constaté la présence d’autres militaires plus armés. Il y avait aussi des tirs différents de ceux que l’on entendait depuis 48 heures. Ce sont les éléments du RSP, de la gendarmerie mobile de Bobo et du Régiment paracommando (RPC) de Dédougou venus sur réquisition spéciale pour contrer la mutinerie. Ils ont établi leur base au camp de la gendarmerie de Kuinima, avant de passer à l’offensive. Le camp Daniel Ouezzin Coulibaly est vite encerclé. A leurs tirs bien nourris, les mutins répondent en quelques endroits. La ville se vide de nouveau de son monde. Les véhicules 4×4 de la gendarmerie, chargés d’éléments du RSP, du RPC et de la gendarmerie patrouillent en ville. Aux environs de 13h, ceux qui sont venus pour rétablir l’ordre semblent avoir pris le dessus.

Ils ont fait prisonniers des mutins qui sont amenés dans les quartiers pour indiquer les planques des biens pillés. Certains mutins tentent de fuir et ils sont rapidement pris en chasse. Les services publics et privés, les banques, les stations, les écoles…, rien ne fonctionnait. Les radios locales n’émettent plus sauf RFI. Ceux qui avaient toujours de l’essence vendaient le litre à 2 000 F CFA. Le samedi 4 juin 2011, le gouverneur de la région a reçu la visite du chef d’état- major général des armées, le général Honoré Traoré, qui était accompagné du chef d’état-major particulier de la présidence du Faso, le général Gilbert Diendéré. Après des entretiens, la délégation, sécurisée par les éléments du maintien de l’ordre, est allée présenter ses condoléances à une famille qui a perdu une fille de 14 ans dans les tirs au secteur 6 de Bobo.

Selon le témoignage de Séré Tidian, les mutins étaient deux sur leur moto. Ils ont tiré et la balle a mortellement touché l’enfant. Des gendarmes qui étaient à côté voulaient riposter mais compte tenu des gens aux alentours, ils ont renoncé. Après, la délégation s’est rendue à la RTB2 pour constater les impacts de balle laissés par les mutins. Au CHUSS, les lits d’hôpital avaient du mal à contenir les malades, civils comme militaires. Le chef d’état- major a encouragé le corps médical avant de quitter les lieux. Au camp de la gendarmerie servant de base au maintien de l’ordre, les armes saisies chez les mutins y sont stockées ainsi que les biens pillés. Vivres, appareils de musique, motos, frigos…, tout y est convoyé et entreposé. Selon certaines sources, les mutins avaient des entrepôts derrière le stade qu’ils ont baptisé Darfour et de bien d’autres noms. Ces entrepôts ont été aussi dénichés.

Pour le chef d’état-major général des armées qui s’est prêté aux questions de la presse, cette opération vise non seulement à restaurer la quiétude mais aussi à restaurer l’image de l’armée burkinabè. « Il faut que les gens comprennent que ce ne sont pas tous les militaires qui sont comme cela », a-t-il dit. Il a ensuite rassuré les Bobolais qu’ils peuvent dormir tranquille maintenant car la paix est revenue. A la question de savoir quelle est la sanction encourue par les mutins, il a répondu simplement : « Extrême ! ». Combien de blessés y a-t-il eus ? Réponse de Honoré Traoré : « Il y en a eu en nombre. » Et le nombre de morts côté mutins ? : « Je ne vous ai même pas dit qu’il y a eu des morts », rétorque le général. Honoré Traoré a fait savoir que les éléments venus rétablir l’ordre resteront aussi longtemps qu’exigera la situation. Il a dit ignorer les vraies causes de la mutinerie et a présenté ses excuses à la population qui a été victime d’exactions. Au moment où nous tracions ces lignes le dimanche 5 juin, les opérations de ratissage se poursuivaient et aucun tir n’était entendu.

Josias Zounzaola DABIRE, Le Pays

Capitalisme, un dieu sans bible…

Jean-Michel Saussois, professeur émérite à l’ESCP Europe, vient de publier son dernier essai : «Capitalisme, un dieu sans bible». Un ouvrage qui nous invite à la réflexion sur le capitalisme actuel. Déjà, en guise de provocation, la couverture du livre représente Mao en train de tenir une chaussure de basket Nike : «C’est une peinture d’un jeune artiste californien et c’est surtout quelque chose qui caractérise le capitalisme actuel, la figure de l’oxymore, la capacité à contenir deux propositions contradictoires. Or, ce qui se passe en Chine actuellement, c’est pour moi un méga oxymore !» Selon l’auteur, «cette image n’est pas que de la provocation, j’ai voulu dire beaucoup de choses». L’économiste évoque douze idées reçues sur le capitalisme. D’abord, peut-on inventer un autre modèle économique ? «Il y avait un méga système alternatif qui avait une fonction politique assez importante, celle d’être un repoussoir, à savoir le communisme. Mais c’est un communisme qui n’a jamais eu d’enracinement politique. Il avait sa cohérence et il avait surtout une capacité de diffusion mondiale à travers les jeunes Etats qui étaient en train de naître. Ce modèle a toujours été une contrepartie du modèle capitaliste, mais il n’y a jamais eu véritablement de tentative de rendre possibles les écrits de Marx ou de Proudhon. En faisant des recherches, on découvre certaines formes d’organisation entre le capital et le travail au niveau micro-économique, je pense par exemple aux coopératives, à travers une façon d’organiser autrement le rapport entre l’entreprise et la propriété, mais on ne l’a pas étendue sur le plan macro-économique». Ainsi, «tout le travail serait de raccorder la propriété à la responsabilité, mais on n’y est pas encore…» Autre idée reçue : l’identification de l’actionnaire comme le propriétaire de l’entreprise… Or, dans son ouvrage, Jean-Michel Saussois développe une théorie inverse : «Toute l’ambiguïté, lorsque l’on dit que l’actionnaire est le propriétaire de l’entreprise, c’est de savoir de quoi on parle, à savoir faire la distinction entre ce que les juristes appellent la société, à savoir le support juridique, et puis l’entreprise, c’est-à-dire une organisation sociale, avec une action collective autour d’un projet». L’analyse de Jean-Michel Saussois pourrait légitimement faire bondir certains entrepreneurs qui ont tout investi personnellement dans leur entreprise et qui estiment donc en être les propriétaires… L’économiste accepte le bien-fondé de cet argument : «C’est toute l’ambiguïté qu’il y a à travers l’extraordinaire diversité de ce que l’on a l’habitude d’appeler l’entreprise. Il y a une diversité économique absolument incroyable et, lorsque l’on parle de l’actionnaire propriétaire de l’entreprise, on pense aux entreprises publiques, c’est-à-dire aux entreprises cotées en Bourse. Or, cela ne s’applique évidemment pas à l’exemple de la micro-entreprise… Dans ce contexte, il y a une totale superposition entre l’actionnaire, le propriétaire, le dirigeant, le contrôle et la responsabilité… Ce dont je parle, c’est évidemment des grandes entreprises, c’est-à-dire des entreprises qui concentrent à peu près deux tiers des immobilisations en France et à peu près deux tiers des dépenses de recherche et développement. Lorsque l’on vous dit que vous êtes le propriétaire d’une entreprise du CAC 40, vous êtes en réalité propriétaire d’une action d’une société, au sens juridique du terme, du CAC 40. Cela veut clairement dire que vous n’êtes pas propriétaire des actifs de l’entreprise. L’idée qui consiste à dire que l’actionnaire est propriétaire de l’entreprise est un tour de force assez extraordinaire, car il laisse entendre que l’on a un droit de propriété et un droit de contrôle sur l’entreprise. Dans l’exemple des grandes entreprises, ce n’est pas le cas.» Clairement, il convient donc de faire une distinction entre les sociétés familiales et les grandes entreprises du CAC 40… «Heureusement, car en tant qu’actionnaire de BP, vous n’êtes pas propriétaire de BP, sinon vous seriez propriétaire des conséquences des coûts de pollution entraînés par cette affaire de la plate-forme pétrolière… Vous êtes un actionnaire, avec une responsabilité qui est limitée, et le seul risque que vous encourez, c’est de perdre la valeur de votre action BP…» souligne Jean-Michel Saussois. L’économiste explique que les grandes entreprises se servent souvent des petites entreprises pour justifier la carte du libéralisme : «Lorsque vous avez une grande manifestation du monde agricole, vous avez le petit agriculteur qui est en tête du cortège avec son tracteur mais, derrière, il y a le grand céréalier qui s’occupe des cours du blé à Chicago… Ce sont des gens qui n’ont rien en commun». Donc, quand on évoque l’entreprise, il faut bien savoir de quoi l’on parle exactement : «J’insiste beaucoup sur ce clivage entre les grandes et les petites entreprises». Une autre vision du capitalisme et de l’économie de marché, tel est l’exercice auquel nous invite Jean-Michel Saussois à travers ce livre passionnant.

«Capitalisme, un dieu sans bible» de Jean-Michel Saussois, est publié aux Editions Le Cavalier Bleu. 

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Jean-Michel Saussois