Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: juin 7, 2011

Côte d’Ivoire: Où sont passés les 350 personnes qui avaient été enfermés dans la station Lubafrique de Yopougon Niangon terminus du bus 27 ?

– Afrohistorama – Depuis le 23 avril ceux-ci sont retenus prisonniers par centaines dans des conditions inhumaines à la station Lubafrique de Yopougon Niangon terminus du bus 27. Selon certaines sources, ces jeunes, environ 350 personnes, qui avaient été enfermés dans la station depuis le 23 Avril ont été remis à BEN LADEN, ex COM ZONE de Odienné et actuellement commandant de la BAE. Selon des indiscrétions au sein du camp BAE , il n’en resterait que 20 aux mains de BEN LADEN depuis ce week-end. Où sont passés les autres ? Que sont –ils devenus ?

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Côte d’Ivoire : La loi du sang

(REUTERS) Laurent Gbagbo a été arrêté, Alassane Ouattara est installé à la présidence. Pourtant, ce sont toujours les armes qui règlent confits et enjeux de pouvoir en Côte d’Ivoire.

Dans la nuit du 27 avril dans un quartier d’Abidjan, IB alias Ibrahim Coulibaly est mort. Assassiné par ses anciens compagnons d’armes. Sa vie tumultueuse s’est achevée dans son fief d’Abobo, dans le nord d’Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire. Là même où il avait réalisé quelques-uns de ses plus hauts faits d’armes. Depuis Abobo, IB dirigeait le fameux «commando invisible» qui avait réussi à déstabiliser le régime de Laurent Gbagbo.
IB n’était pas un petit chef de guerre parmi d’autres. Ibrahim Coulibaly avait joué un rôle de taille dans le coup d’Etat de 1999, qui avait fait tomber le régime d’Henri Konan Bédié. Par la suite, IB avait repris les armes en 2002. La rébellion menée par des nordistes avait failli emporter le régime de Laurent Gbagbo. Seule l’interposition des troupes françaises avait permis de sauver le pouvoir de Gbagbo. IB aimait à se présenter comme le «père de la rébellion».

Si sa mort est un événement considérable, ce n’est pas seulement parce qu’IB était un personnage-clé de l’histoire ivoirienne de la dernière décennie. Ce n’est pas davantage parce qu’il s’agit d’une exécution sommaire. Ces derniers mois, les atrocités se sont multipliées. Début avril, lors de l’avancée sur Abidjan des troupes soutenant Alassane Ouattara, des crimes ont été commis –par les deux camps–, notamment à Duékoué dans l’Ouest. Des centaines de civils ont perdu la vie. Des enfants de 5 ans ont été brûlés vifs.
De même, lors de la chute de Laurent Gbagbo, des proches du Président sortant ont été battus à mort. Ils sont passés de vie à trépas sans autre forme de procès. Il en a été ainsi de l’ex-ministre de l’Intérieur Désiré Tagro, qui avait pourtant joué un rôle-clé dans les négociations de reddition de Laurent Gbagbo. Il est mort le 12 avril des suites de blessures infligées après la prise d’assaut du palais présidentiel où étaient réfugiés les derniers fidèles de Laurent Gbagbo.

Répartir le pouvoir par la violence.

Toutes ces atrocités ont suscité relativement peu d’émoi. La communauté internationale considérant que le combat des hommes de Ouattara était une «noble cause» dès lors qu’il s’agissait de conduire au palais présidentiel un homme bénéficiant de l’onction du suffrage électoral. Un élu que seule l’obstination de Laurent Gbagbo empêchait d’exercer le pouvoir.
Une idée un peu naïve avait fait son chemin: dès que «Gbagbo le têtu» aura rendu les armes, tout ira pour le mieux dans le pays. Comme par un coup de baguette magique. Mais il n’en est rien.

Longtemps, il a été de bon ton de dire que les armes étaient uniquement utilisées pour faire respecter le verdict des urnes. Mais la mort d’IB montre qu’elles servent aussi à redistribuer «le gâteau», les dépouilles. IB réclamait le titre de général trois étoiles. Il refusait de faire allégeance à Guillaume Soro, le Premier ministre de Ouattara. La réponse ne s’est pas fait attendre.

Pour réclamer le départ de Laurent Gbagbo, les partisans de Ouattara faisaient sans cesse référence au respect de l’Etat de droit. A l’esprit des lois. Mais plus qu’à Montesquieu et à son Esprit des lois, certains d’entre eux semblent emprunter à la pensée de Joseph Staline. Penseur beaucoup moins sophistiqué que Montesquieu, le dirigeant soviétique n’hésitait pas à dire: «Quand il n’y a plus d’hommes, il n’y a plus de problèmes.»

IB avait sans doute commis des crimes. Mais n’aurait-il pas mieux valu le traduire en justice? Sa fin prématurée pose questions à tous les Ivoiriens. Quel sort sera réservé à l’avenir aux ennemis du régime? Ou même à ceux qui, sans lui être hostiles, réclament une partie du pouvoir?

Quel avenir demain pour les partisans d’Henri Konan Bédié? L’ex-président (au pouvoir de 1993 à 1999) qui avait appelé à voter Alassane Ouattara au second tour de la présidentielle. Le poste de Premier ministre avait été promis à son parti. Mais pourra-t-il le réclamer ? Pourra-t-il l’obtenir ?

Ces dernières semaines son silence est d’ailleurs assourdissant.

Si le président Ouattara n’a pas les moyens d’empêcher que ses soutiens ne règlent leurs conflits à l’arme lourde, comment peut-il gouverner le pays? Comment peut-il empêcher d’autres règlements de comptes? Au sein même de la population, chez les anonymes, un certain nombre de Bétés (l’ethnie du président Gbagbo) sont terrorisés. Ils n’osent plus sortir de chez eux de peur d’être victimes de violence. Le simple fait de porter un patronyme de l’Ouest est devenu dangereux.

Le climat est si lourd que les Ivoiriens se prennent à imaginer le pire. Si un conflit de pouvoir surgit entre Alassane Ouattara et son Premier ministre Guillaume Soro, il est difficile d’imaginer qu’il se réglera par la voie des urnes. Avant de devenir chef-rebelle, IB avait un temps été le garde du corps d’Alassane Ouattara. Tout un symbole…

Qui va juger Laurent Gbagbo?

Autre question en suspens, quel sort sera réservé à Laurent Gbagbo et à son entourage? Ses proches se plaignent d’ores et déjà de ne pouvoir lui rendre visite. Dans quelle ville du Nord est détenu l’ex-président?

Il serait dangereux pour les nouvelles autorités de ne pas lui réserver un jugement équitable. Lors de la présidentielle de novembre 2010, près de 45% des suffrages se sont portés sur son nom. Il était majoritaire à Abidjan.

Autre question épineuse: comment juger Gbagbo et son entourage, sans ouvrir la boîte de Pandore? Au cours de la dernière décennie, bien d’autres crimes ont été commis, notamment par les ex-rebelles. Si la justice internationale enquête, elle mettra à jour les crimes des uns et des autres. Difficile à accepter pour certains chefs de guerre qui occupent aujourd’hui le haut du pavé.

Le président Alassane Ouattara a promis la création d’une commission vérité et réconciliation sur le modèle sud-africain. Mais ce type de structure ne peut fonctionner que dans une société pacifiée et démocratique. La Côte d’Ivoire est-elle d’ores et déjà pacifiée? Est-elle déjà sur le chemin de la vérité et de la réconciliation? «Rien n’est moins sûr», explique Alain, un Abidjanais qui se terre chez lui, en attendant les jours meilleurs promis par les nouvelles autorités.

REUTERS

Interview Blé Goudé : « Je suis prêt… » « Je serai le dernier à lâcher Gbagbo »

Un intermédiaire à Paris faisant office de simple contact, un numéro de téléphone masqué pour un premier entretien, un autre mis immédiatement hors service après l’interview …

Charles Blé Goudé voulait parler, mais a pris toutes les précautions pour que nous ne puissions pas le localiser. La voix authentifiée, quelques questions préalables pour s’assurer de l’identité de notre interlocuteur… Les précautions ont été réciproques.

Jeune Afrique : Pourquoi sortir aujourd’hui de ce long silence?

Charles Blé Goudé : Dans mon village, un adage dit que l’on ne parle pas dans le bruit. Vu le méli-mélo en Côte d’Ivoire, j’ai d’abord essayé de me mettre en sécurité. C’est alors que de folles rumeurs ont commencé à courir annonçant ma mort. Elles ont été diffusées pour décourager nos militants et les dissuader de continuer à se battre. Voilà pourquoi je donne de la voix: pour montrer que je suis vivant et faire savoir ce que vivent chaque jour les Ivoiriens. Ils sont pillés, violés, pris en otages, tués …

Revenons sur la Journée du 11 avril et la chute de Laurent Gbagbo. Où étiez vous?

Je n’étais pas dans sa résidence de Cocody. Je n’ai pas été, non plus, arrêté, puis relâché, par les FRCI [Forces répu blicaines de Côte d’Ivoire, pro-Ouattara, NDLR]. J’avais pris mes dispositions. En tant qu’ancien secrétaire général de la Fesci [Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire, NDLR], je suis habitué à la clandestinité. Vous imaginez bien que pour des raisons de sécurité je ne peux pas vous dire où je me trouve. Mais dès que les conditions seront réunies, je réapparaîtrai.

Quel a été votre sentiment en voyant les images de Laurent Gbagbo arrêté?

Cela m’a rappelé Patrice Lumumba livré aux hommes de Mobutu et de Tshombe. Laurent Gbagbo a été livré aux forces de Ouattara, et la France a prétendu qu’elle n’y était pour rien.

Je demande aux Africains de retenir cette date du 1l avril: l’Histoire s’est répétée.

Vous aviez lancé une campagne d’enrôlement au sein de l’armée. Cela n’aura pas suffi …

Nos adversaires distribuaient des kalachnikovs à des civils, à Abobo et dans toutes leurs zones. J’ai donc demandé au chef d’état-major de l’armée de permettre aux jeunes de rentrer dans l’armée de façon régulière. Malheureusement, les événements se sont précipités et ils n’ont pas eu le temps d’être enrôlés.

Les nouvelles autorités vous accusent d’avoir distribué des armes …

C’est faux.

En tout cas, les Jeunes patriotes ne sont pas descendus dans la rue pour défendre Gbagbo, contrairement à novembre 2004 ?

Les deux situations ne sont pas comparables. En 2004, l’armée française avait tiré sur l’aviation de Gbagbo et les rebelles étaient contenus dans le nord du pays. Cette fois, on ne savait plus qui tirait sur qui à Abidjan, où les rebelles étaient embusqués. Dans ces condi­tions, j’ai refusé d’appeler les Jeunes patriotes à descendre dans la rue pour éviter des tueries massives. Ç’aurait été du suicide.

Cette attitude ne revenait-elle pas à lâcher Gbagbo?

Je serai le dernier à lâcher Gbagbo.

Avez-vous eu des contacts avec lui jusqu’au 11 avril ?

Oui, mais les choses sont allées tellement vite ! Et les communications étaient devenues difficiles …

Vous a-t-il demandé de faire descendre les Jeunes patriotes dans la rue ?

Laurent Gbagbo a toujours tenu à la vie des Jeunes patriotes.

Reconnaître le verdict des urnes aurait évité toutes ces violences …

Ce débat est derrière nous par la volonté de la France.

Mais, selon vous, qui est le président élu?

Ce n’est pas à moi de désigner le président élu.

Reconnaissez-vous les résultats de l’élection présidentielle?

Les armes ont parlé. La France a fait décoller ses hélicoptères et a déployé ses blindés. Elle a détruit le palais présidentiel et livré Laurent Gbagbo aux forces de M. Ouattara, investi président. A présent, la seule question valable est : « comment fait-on pour rebondir ? »

Souhaitez-vous participer à la réconciliation entre les Ivoiriens?

L’avenir d’un pays doit dépasser les considérations personnelles. En 2006, je me suis rapproché de la jeunesse de l’opposition. En 2007, au moment des accords de Ouagadougou, j’ai initié la Caravane de la paix et j’ai parcouru tout le pays … Je ne peux avoir fait tout cela et me renier parce que Laurent Gbagbo n’est plus au pouvoir. En clair, je suis prêt à jouer ma partition. Les Ivoiriens doivent se parler, et les acteurs politiques – au pouvoir ou dans l’opposition – doivent reconnaître leur part de responsabilité.

Pouvez-vous jouer cette partition alors que vous êtes sous sanctions de l’ONU et éventuellement sous la menace de poursuites de la Cour pénale Internationale (CPI) ?

Premièrement, je ne suis pas sous la menace de la Cour pénale internationale. Quant à la liste des Nations unies, je l’ai toujours dénoncée. Si quelqu’un doit être récompensé et félicité pour ses activités en faveur de la paix, c’est Blé Goudé Charles. Il faut le reconnaître humblement. J’ai permis à la Côte d’Ivoire d’éviter la catastrophe à plusieurs reprises.

Malheureusement, ce n’est pas reconnu.

Êtes-vous prêt à rentrer au pays?

Qui ne souhaite pas rentrer dans son pays …

Exigez-vous la libération du couple Gbagbo?

Bien entendu. Leur place n’est pas en prison, il faut qu’ils puissent participer à la vie politique.

Avec Laurent Gbagbo en prison et ses compagnons traqués, peut-on appeler à la réconciliation ? Peut-on également parler de justice sans police, sans gendarmerie, sans prisons ? La Côte d’Ivoire a seulement deux prisons actuellement: le Golf Hôtel et l’hôtel de la Pergola.

Vous estimez avoir un destin présidentiel et avez donné rendez-vous à Guillaume Soro pour l’élection présidentielle de 2015 (voir J.A. n° 2616). En attendant, où vous situez-vous sur l’échiquier politique?

Je veux mener ma vie d’opposant, mais en dehors du FPI (Front populaire ivoirien, le parti de Gbagbo, NDLR). Dès que les conditions sécuritaires seront là, je réunirai en congrès extraordinaire les Jeunes patriotes et tous les Ivoiriens avec qui l’on peut travailler.

En vous considérant comme un opposant, vous reconnaissez la victoire de Ouattara et vous tournez la page Gbagbo …

[Rires.] Gbagbo est en prison et doit être libéré. C’est important.

Dans votre lettre rendue publique le 31 mai, vous parlez de bourreaux et de tortionnaires à propos des forces pro -Ouattara. Pas un mot sur les crimes du camp Gbagbo …

Chacun doit reconnaître sa part de responsabilité dans ce qui s’est passé.

Regrettez-vous certains de vos propos ultranationalistes ?

Quand le général de Gaulle a appelé depuis Londres les Français à libérer la France, était-il un leader ultranationaliste ?

Vous n’avez jamais appelé à la violence ?

J’ai appelé à la résistance aux mains nues lors de mes meetings. C’est cela que vous appelez de la violence! Quand certains utilisent des kalachnikovs, vous ne parlez pas de violence … Les Jeunes patriotes ont organisé des sit-in comme les jeunes espagnols en ce moment à Madrid. Mais puisqu’ils sont Africains, on considère qu’ils sont violents. C’est du racisme.

Que pensez-vous des premiers actes du président Ouattara?

Il est trop tôt pour juger un gouvernement après quelques semaines d’exercice. Mais je l’appelle à régler la question sécuritaire et celle des libertés : que les partis politiques puissent reprendre leurs activités et que les Ivoiriens puissent se rassembler. Les survivants de cette guerre ont un devoir, faire la réconciliation. Pour cela, il faut calmer les extrémistes des deux camps.

Dans votre lettre, vous parlez également de « postophilie » pour dénoncer ceux qui courent après les postes. A qui pensez-vous ?

Il y a une expression en Côte d’Ivoire qui dit: « On sèche ses habits là où le soleil brille. » Il y a des caméléons politiques dans notre pays. Ils sont toujours prêts à servir les nouveaux présidents. Il faut arrêter la politique du ventre.

Pensez-vous à Guillaume Soro?

Non, pas du tout. Je ne veux pas parler du Premier ministre. Nous avons eu des relations privilégiées à la Fesci. Je n’ai pas de rancune.

Est-ce toujours votre frère?

Joker.

En cas de retour au pays, envisagez-vous d’être candidat aux élections législatives?

Mes ambitions politiques demeurent intactes et sont plus que jamais justifiées.

Si Chartes Konan Banny vous appelle à témoigner devant la Commission Vérité, Dialogue et Réconciliation, irez-vous?

Je suis prêt à aller partout où l’on parlera de réconciliation.

Êtes-vous prêt à discuter avec les nouvelles autorités?

Bien sûr. Je suis prêt à les aider et à remettre sur pied une caravane de la paix.

En attendant, une cavale, c’est long et difficile. Combien de temps pouvez-vous tenir?

Je ne suis pas dans la clandestinité pour la première fois. Je suis né au campement. J’ai l’habitude de manger les fruits de la forêt. Je peux tenir comme cela des années. En revanche, je suis inquiet pour ma famille et mes proches. Mon village a été incendié.

On vous dit très riche, cela peut aider lorsqu’on est dans la clandestinité …

Je ne suis pas riche. On m’a collé cette étiquette. Je suis riche de mes idées, de mes relations et de ma valeur morale.

Avez-vous peur?

Non, pas pour moi, mais pour la Côte d’Ivoire.

Priez-vous souvent?

Je crois fermement en l’éternel des armées et au Dieu de justice. Je prie quotidiennement au lever et avant de me coucher

Source : Jeune Afrique

Départ de Kadhafi est-ce la fin ou non de la Chienlit ?

Muammar Kadhafi

Avant le début de l’insurrection de Bengazi,  malgré le manque de démocratie, de libertés, une relative paix régnait sur le pays du Guide incontesté, Mouammar Kadhafi. Mais depuis le « Printemps arabe »,  rien ne va plus et le pays est en proie à la contestation : les insurgés, très motivés, entendent bien en finir, aidés qu’ils sont par la « communauté internationale », avec le Guide pour instaurer enfin la démocratie. Depuis plusieurs mois, c’est la guerre tous azimuts par l’OTAN; on pensait qu’en quelques jours, Kadhafi allait quitter le pouvoir sans demander son reste mais il tient bon : les bombes ont beau résonner, les membres de sa famille y perdre la vie, les ministres démissionner, le Guide est toujours là, comme pour narguer ceux qui veulent voir sa fin. A l’heure qu’il est, une question revient incessamment : le départ de Kadhafi ramènera-t-il la paix en Libye ? Et cette question fait polémique.. Bon nombre d’observateurs pensent que le départ de Kadhafi et de ses proches suffirait largement car comme on dit, « morte la bête, mort le venin ».  Face à eux, bon  d’autres aussi pensent le contraire. Pour ces derniers, la guerre enclenchée par le Conseil national de transition (CNT) à partir de Bengazi est bel et bien le début d’une chienlit incommensurable surtout que la fin de Kadhafi risque d’être la porte ouverte aux Islamistes purs et durs.  Deux positions que Tomi et Tozi partagent et argumentent avec entrain.

KADHAFI PARTI, PLACE A L’ORDRE, LA LIBERTE ET LA PAIX

Le Conseil national de transition libyen est un exemple fort de démocratie et de dynamique formidable pour la paix. Il a été mis sur les fonds baptismaux dès le début de l’offensive kadhafienne visant à réprimer sévèrement et aveuglement ses adversaires. Il est composé de femmes (chose inhabituelle dans le pays du Guide) et  d’hommes de toutes les obédiences et de toutes les branches sociales. Il sera aussi l’organe qui, après Mouammar Kadhafi, gèrera la transition, le temps de l’organisation d’une élection transparente et équitable. Une première dans la Libye que nous connaissons. Le Conseil national de transition, l’OTAN,  avec à sa tête la France et les USA,  qui interviennent militairement dans le pays par des frappes,  s’est fixé pour objectif, le départ de Kadhafi et le rétablissement l’ordre dans un délai mineur. En toute logique, la présence des forces occidentales sur le sol libyen  entraînera un départ imminent du Guide, instaurera un climat d’assurance qui donnera confiance au CNT dans l’accomplissement de son dessein. Contrairement à l’Afghanistan, la Libye n’est pas un pays où règnent des groupes extrémistes puissants. Le risque de voir des Mollah prendre le pouvoir est donc plus que minime. Et les hommes et femmes à la tête du CNT sont des intellectuels, des personnes intègres qui n’entendent qu’une chose : faire le bonheur du peuple qui a trop souffert des crimes contre l’humanité, perpétré par des forces pro-Kadhafi, des forces mercenaires à la solde de la famille de Mouammar Kadhafi. Ces personnes instaureront un climat de paix. Les finances seront gérées par une assemblée élue librement et les contrôles s’effectueront enfin comme dans un pays démocratique. Kadhafi détestait la démocratie, ses opposants l’adorent. On peut donc dormir sur nos deux oreilles : le Guide parti, le pays retrouvera la paix et deviendra prospère ; les richesses du pétrole seront bien réparties.  Et en dehors des quelques partisans grassement nourris  qui lui sont toujours soumis et des mercenaires qu’il achète ça et là, plus personne ne pleurera après son départ. Le pire, on ne peut en douter une seconde, sera derrière la Lybie une fois Kadhafi dépagnoté, exfiltré ou délibérément parti.   En dehors de ces aspects, reconnaissons que nous sommes désormais entrés dans une ère où les hommes font de plus en plus de différence entre le mal et le bien, entre les manipulations politiques, religieuses et les aspirations réelles des peuples. C’est pour cette raison que le monde sait que Libye cherche à se débarrasser de Kadhafi pour construire la paix et la démocratie, et non pour asseoir le chaos.

TOMI

LE CHAOS S’INSTALLE POUR LONGTEMPS, LE DEPART DE KADHAFI N’Y CHANGERA RIEN

La révolution de 1969 qui a porté au pouvoir le Colonel Kadhafi, a permis de mettre en place une structuration sans commune mesure de la société libyenne. Une organisation qui rompait, avec la représentativité si chère à la démocratie, mais allait bien loin, en ce sens que le pouvoir de décision était directement donné au peuple, tout en tenant compte de l’organisation en tribus des populations. D’ailleurs, bien de pays se disent démocrates et ne le sont que de façade : au moins avec Kadhafi, les choses étaient claires ! La question des tribus avait été bien réglée et tout le monde est quasiment unanime sur le fait que la crise actuelle va bouleverser cette formule, qui a longtemps été le plancher d’une paix sociale durable en Libye. Deuxièmement, il est sans conteste qu’avec Kadhafi, la Libye est passé de l’homme le plus pauvre en 1950 à l’homme le plus riche d’Afrique à nos jours. Il est même un truisme de dire que la qualité et le niveau de vie du Libyen, n’a rien a envier à ceux de certaines populations occidentales. La preuve, le pays comptait avant la crise plus de 800.000 immigrés, dont une majorité d’Africains et d’Asiatiques. Des milliers d’Occidentaux y vivaient et travaillaient sans aucun sentiment de reflux identitaire.  Ces conditions de vie vont sans doute appartenir au passé après le départ de Kadhafi. Place sera sans doute faite à une reconstruction longue (après avoir cherché par tous les moyens à tuer l’homme de Tripoli sous le prétexte de protéger les civils), le remboursement de l’effort de guerre, un bradage des ressources minières et minéralières du pays, une longue phase de restructuration politique, etc., etc. Le chaos ne pourrait dès lors être évité, d’autant plus que dans l’euphorie de la liberté escomptée, des opportunités politiques et économiques, chaque tribu fera cavalier seul économiquement et politiquement avec les risques de sécession qu’on sent déjà en filigrane. Tout le monde reconnaît par ailleurs que la Libye n’a pas une opposition politique organisée, prête à prendre le pouvoir, après la chute du Guide. Sans celle-ci pourtant, des guerres de succession vont farouchement s’engager entre leaders. Ce qui naturellement entraînera une cacophonie et un désordre politique sans précédent dans le pays. En un mot, les insurgés et l’Occident sont engagés dans un  processus qui va poser problème, c’est évident. Il eût mieux valu négocier avec Kadhafi au lieu de le braquer. On disait que la guerre durerait quelques jours et voici qu’elle dure des mois, que la liste des morts au plan civil est lourde.

TOZI

San Finna N°615 du 06 au 15 Juin 2011

Les nouveaux mousquetaires

« Les nouveaux mousquetaires »

A 3 ils mettent le monde à genoux. Tout se règle par la force et la brutalité. D’un côté, américain, on a un Bush 2 avec le sourire en plus. Passé maitre dans l’action militaire avec le sourire. Il aura été la déception ultime de ces dernières années depuis son élection. A droite on a le petit champion des incompréhensions, le président français. Omniprésent sur tous les fronts avec ce défaut récurrent de « je suis le seul et le plus beau ». Enfin notre jeune écolier, qui a perdu son cartable et qui se bizute tout seul, le premier ministre anglais.

Bush, devenu noir, a maintenant un beau sourire !

Fort de son élégance et de son sourire, Barack Obama fait exactement la même politique que Bush. Il agrémente cela avec son « intelligence » politique, et son sourire ravageur. Il vous annonce le pire tout en restant cool. Quand quelqu’un vient vous parler et vous sourit déjà, vous avez 2 réactions.
1 – vous vous dites, soit il va me vendre des cacahuètes très cher, vous êtes sur la défensive mais vous écoutez.
2 – ou alors, il a quelque chose de bien à vous dire, donc vous êtes dans une attitude psychologique plutôt positive.

L’un dans l’autre vous vous faites avoir. Le beau Obama ne se cache plus, pour faire la politique il faut s’afficher avec des valeurs politiciennes et les bonnes. Et les valeurs en Politique occidental c’est l’argent, le soutien financier peu importe d’où il vient, le plus important c’est d’avoir des soutiens qui peuvent aller presque jusqu’au bout. Apres le trop plein d’argent injecté dans les banques et le peu de jobs trouver aux millions de sans emploi. Il est temps de passer aux choses sérieuses, les prochaines élections.

Le pouvoir pour continuer à grandir la puissance américaine. Ce n’est pas un noir même président et beau sourire qui va mettre cette logique implacable au placard ! Surtout on ne change rien et on fait 2 fois plus, de dégâts. La politique étrangère, une catastrophe, aucune des promesses électorales, création de l’état Palestinien en autre, aux oubliettes. Et pourtant les palestiniens ne votent pas aux USA.

Le président qui voulait devenir une super star !

Vous l’aurez deviné, le 2ieme mousquetaire. 2007 élections présidentielles en France. Le grand petit homme qui n’a jamais voulu se faire raconter les histoires est brutalement grandit par un parti socialiste complètement absente et qui n’arrive pas à se mettre d’accord avec lui-même.
Delà commence la dure réalité des français. Peu importe la encore qui vous soutient le plus important c’est les faire plaisirs. Cet homme qui n’a jamais vraiment grandit, ne voit pas très loin évidemment il ne s’intéresse qu’à sa personne. Tout autour de lui tourne pour lui. Comme un bébé qui sait qu’au moindre pleure, un peu aigu, les parents seront inquiets.
Il est sans cesse dans au four et au moulin. Politiquement c’est très fort. Parce que quand on veut quelque chose soit fait comme on le veut, et bien il est important de le faire soit même. Le nombre de chômeur qui augmente à plus de 4,3 Millions n’est pas le souci du super omni-président. Il est trop occupé à sauver l’humanité, enfin a bombardé Kadhafi. Pareil quand on n’a pas de moral, même politique.

L’universitaire qui n’a jamais fini l’école!

Le premier ministre britannique qui n’a jamais paru être en mesure d’arriver au bout de Tony Blair à l’époque a réussi, grâce à l’aide des journalistes et une crise bien tombée, de Brown, un des économistes les plus doués de sa génération et qui a sauvé l’Angleterre de la chute.

Le 3ieme mousquetaire s’engage dans la réduction de la dette, en devenant le « coupeur » des coupeurs. Il coupe à tout vent. Il va en face des gens leur dire, vous m’avez élu pour que je règle le problème que les autres ont créé. Je vais vous montrer comment on coupe et comment on gère un pays. Il coupe tellement qu’il peut se permettre de faire une guerre. Un pays qui n’est pas capable de régler le problème d’un petit garçon (Baby P), maltraité par sa mère et qui veut sauver l’humanité. Y a qu’en occident qu’on peut voir une telle « dévotion ».

Plus d’un demi-milliard de livres sterling pour aller bombarder Kadhafi alors que cet argent aurait servi à un investissement plus utile pour les familles les plus démunies. Non notre sauveur des humains a des choses plus importantes à faire. Se faire un nom à la Tony Blair.

La faim énergetique, justifie les moyens!

Que peut-on conclure sur ces petites réflexions? On voit que l’Europe Social n’a jamais été dans l’esprit des concepteurs de l’Union européenne. Le capitalisme fait l’économie de la sécurité sociale. Le plus important c’est la monnaie, le flouse. Les américains et les chinois ne sont pas en reste. D’ailleurs l’Europe s’est construite pour contrer ces 2 géants, sans compter la Russie, qui peut à tout moment couper le robinet du gaz, mais avec une influence moins importante.

La politique commune de la France, des USA et de l’Angleterre est assez clair. Les 3 pays du gouvernement du monde sont en mission pour leurs financiers. Peu importe le nombre de morts et le nombre de famille victimes de leur barbarie. « By any means necessary » les ressources énergétique à moindre cout, même gratuit si possible.
On ne peut vraiment rien attendre de ceux-là. Comme disait Coluche, « l’autre, à force d’attendre est déjà mort d’autre chose ».

Bantu Biko

VIA

Affaire DSK : La belle et la bête

Le nouvel avocat de Nafissatou Diallo n’en démord pas. Dominique Strauss-Kahn est bel et bien le diable incarné qui a souillé une innocente et pieuse femme. Il ajoute, du reste, une couche supplémentaire en opposant un homme riche et puissant à une femme noire et pauvre. La charge continue donc contre l’ancien directeur du Fonds monétaire international. Mais ce dernier se montre aussi intraitable, continuant de clamer, en l’étape actuelle de la procédure judiciaire, son innocence. En plaidant « non coupable » hier devant un tribunal américain, DSK a décidé d’engager la bataille pour retrouver son honneur terni. Il a donc pris le risque d’aller à un procès, sans doute assuré qu’il n’a rien à se reprocher face aux accusations dont il est l’objet. Lors de l’audience d’hier, les caméras du monde entier ont montré deux attitudes différentes des avocats. Ceux de Nafissatou Diallo ont fait encore une fois dans le sensationnel, accusant DSK de tous les maux, tandis que la défense s’est montrée plus réservée. Cette dernière attitude inspire plus la sérénité, voire le sens de la responsabilité. Comme pour dire que le procès ne doit plus se passer dans la rue, mais dans un palais de justice. Et ils n’ont pas tort, les avocats de DSK, d’en appeler ainsi implicitement à un recadrage des choses. Leur client a déjà été jugé et condamné par la rue. Il a beaucoup souffert dans sa chair de tous ses articles de presse insultants, de ces manifestations partisanes et de cette théâtralisation de la justice, qui ont mis à mal la présomption d’innocence. Pendant ce temps, aucune trace de la présumée victime, cette belle et vertueuse femme, telle que décrite par ses thuriféraires. Bien sûr, personne ne peut faire l’apologie du viol, un acte abominable qui mérite la plus sévère sanction. Mais dans l’affaire DSK, l’emballement des faits était tel que le sacro-saint principe de la présomption d’innocence en fut violé. Il s’agit cependant d’une règle en or, que l’on doit respecter, même pour le plus dangereux des présumés criminels. Voilà d’où est parti le mal dans l’affaire DSK. Espérons seulement que désormais, et après le « non coupable » franc et massif de DSK, la justice reprendra ses droits. Laissons le droit parler. Après, on pourra alors porter nos jugements de valeur sur l’un ou l’autre des protagonistes de l’affaire.

Mahorou KANAZOE

VIA