Le Blog de Aymard

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Affaire DSK : La belle et la bête

Le nouvel avocat de Nafissatou Diallo n’en démord pas. Dominique Strauss-Kahn est bel et bien le diable incarné qui a souillé une innocente et pieuse femme. Il ajoute, du reste, une couche supplémentaire en opposant un homme riche et puissant à une femme noire et pauvre. La charge continue donc contre l’ancien directeur du Fonds monétaire international. Mais ce dernier se montre aussi intraitable, continuant de clamer, en l’étape actuelle de la procédure judiciaire, son innocence. En plaidant « non coupable » hier devant un tribunal américain, DSK a décidé d’engager la bataille pour retrouver son honneur terni. Il a donc pris le risque d’aller à un procès, sans doute assuré qu’il n’a rien à se reprocher face aux accusations dont il est l’objet. Lors de l’audience d’hier, les caméras du monde entier ont montré deux attitudes différentes des avocats. Ceux de Nafissatou Diallo ont fait encore une fois dans le sensationnel, accusant DSK de tous les maux, tandis que la défense s’est montrée plus réservée. Cette dernière attitude inspire plus la sérénité, voire le sens de la responsabilité. Comme pour dire que le procès ne doit plus se passer dans la rue, mais dans un palais de justice. Et ils n’ont pas tort, les avocats de DSK, d’en appeler ainsi implicitement à un recadrage des choses. Leur client a déjà été jugé et condamné par la rue. Il a beaucoup souffert dans sa chair de tous ses articles de presse insultants, de ces manifestations partisanes et de cette théâtralisation de la justice, qui ont mis à mal la présomption d’innocence. Pendant ce temps, aucune trace de la présumée victime, cette belle et vertueuse femme, telle que décrite par ses thuriféraires. Bien sûr, personne ne peut faire l’apologie du viol, un acte abominable qui mérite la plus sévère sanction. Mais dans l’affaire DSK, l’emballement des faits était tel que le sacro-saint principe de la présomption d’innocence en fut violé. Il s’agit cependant d’une règle en or, que l’on doit respecter, même pour le plus dangereux des présumés criminels. Voilà d’où est parti le mal dans l’affaire DSK. Espérons seulement que désormais, et après le « non coupable » franc et massif de DSK, la justice reprendra ses droits. Laissons le droit parler. Après, on pourra alors porter nos jugements de valeur sur l’un ou l’autre des protagonistes de l’affaire.

Mahorou KANAZOE

VIA

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