Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: juin 8, 2011

BENIN: Fidélités traîtresses des leaders béninois

Au XIXe siècle, pour échapper à l’impérialisme dévastateur de son cousin d’Abomey, le roi Toffa 1er plaça Porto-Novo sous le protectorat de la France, à l’impérialisme plus fort que celui d’Abomey. A preuve, la France vainquit Abomey et envoya son souverain en exil là même où séjournaient d’anciens esclaves partis du Dahomey, vendus par les leurs. Cette terrible humiliation infligée à Abomey poussa les Hwègbájaví à installer définitivement les Ayinonví en territoire boueux de félonie honteuse. ‘‘Ca leur colle à la peau. Ils ne font que trahir.’’ Affirmation qu’aura eu tendance á illustrer le gros malentendu de 1996, lorsque le leader des Tchokotchoko, également coryphée des Ayinonví, refusa ses voix au leader des Hwèzèhwè, également coryphée des Hwègbájaví. ‘‘On vous l’avait dit, ce sont des traîtres’’.

Pas impossible. Mais à la réflexion, pourquoi Toffa 1er aurait-il pris le risque de voir son royaume vassalisé par celui d’Abomey ? Pourquoi les Tchokotchoko auraient-ils sacrifié pour les beaux yeux d’Abomey les intérêts personnels de leur leader et les intérêts généraux de Porto-Novo ? Pourquoi s’obstine-t-on, du côté d’Abomey, à appeler trahison ce qui, du côté de Porto-Novo, est fidélité rigoureuse à des intérêts personnels et généraux bien compris ? Du XIXe siècle au XXe siècle, Porto-Novo a fait preuve d’une fidélité subjective constante.

Fidélité subjective qu’approuve parfaitement Abomey qui, au travers de la RB, vient, au XXIe siècle, de déserter l’Union fait la Nation (UN) pour se rallier spectaculairement au camp des vainqueurs au Parlement et au Gouvernement. Ralliement d’autant plus alarmant que la RB serait l’initiatrice de la constitution de l’UN, et qu’elle-même et ses partenaires n’ont eu de cesse de dénoncer une LEPI tronquée et une élection volée. Oui ! Mais les unions et les dénonciations, c’est pour prendre le pouvoir et en jouir à son tour dans un pays où, en l’absence d’idée, d’idéologie et de projet de société, la politique se veut un grand banquet où les plus habiles mangent et boivent sans retenue. Sous prétexte d’élections perdues, va-t-on vraiment laisser les gagnants proclamés continuer à se gaver de méchouis pendant que soi-même, par vertu politique, l’on se contenterait de manger des rats galeux, et ce, pendant cinq ans encore ? Aucun prétendu politicien béninois n’est assez vertueux pour appliquer une vertu politique que le Bénin n’a jamais cultivée. La RB a fait le premier pas vers le méchoui, ce qui reste de l’UN fera le second pas, et le peuple, naguère hurlant et dansant pour l’amélioration de ses conditions de vie, restera hagard et bouche bée. Il n’y a jamais de trahi que le peuple.

En son temps, on a fort critiqué une forte déclaration d’un leader béninois pour qui ‘‘les promesses électorales n’engagent que ceux qui y croient’’. On avait cru devoir crier haro sur le bodet, on avait eu tort, et on avait été injuste, car c’est toute la classe politique béninoise qui ne se nourrit que de ce principe tranquillement machiavélique. Du reste, la politique, ici et ailleurs, n’est jamais très loin du Prince de Machiavel. Ainsi, au XIXe siècle, si la France a protégé Porto-Novo contre Abomey, ce fut pour mieux asservir Porto-Novo et Abomey car, comme on le saura plus tard, ‘‘la France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts’’. Et l’on a la faiblesse de croire que les auteurs de l’assertion servent vraiment les intérêts de la France et que, s’ils pillent de vastes empire en Afrique ce n’est pas pour s’enrichir personnellement : dans quelle poche enfouir tant de richesses pillées ?

On voudrait pouvoir faire état des mêmes circonstances atténuantes pour les politiciens béninois, praticiens assidus et verbeux des vaines promesses électorales à l’adresse du peuple analphabète, tenu pour bête et crédule, et qu’ils s’interdisent absolument d’éduquer. Mais alors qu’ils n’ont pas de poches assez grandes où enfouir tout ce qu’ils pillent, leurs mentors, qui n’ont que des intérêts, leur ont ouvert de vastes espaces de placement chez eux des richesses pillées de Cotonou à Malanville. Voilà pourquoi la circulation des biens va bon train tandis que celle des personnes achoppe sur Schengen. Un jour peut-être, pour leur simple distraction, ils demanderont aux peuples de se jeter à la mer ou de se précipiter du haut des collines. Alors, lassé des fidélités traîtresses de ses leaders, le peuple béninois se réveillera.

Roger Gbégnonvi

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La Côte d’Ivoire s’endette … s’endette…s’endette encore !

Pluie de milliards ! On aurait volontiers laissé éclater notre  joie s’il ne s’agissait pas d’une bonne blague de curé. Des milliards tombent sur la Côte d’Ivoire. Oui, mais des milliards de dette.

Le séjour actuel de la mission française a révélé une évidence : tous ceux qui ont lu l’épitaphe de « Le fil de l’épée » du général De Gaulle, savent qu’un pays n’as pas d’ami, il n’a que des intérêts.

Dès que la France a aidé à renverser le Président Laurent Gbagbo, le Président français Nicolas Sarkozy, en bonne nurse attentive de son ami,  a annoncé une aide d’urgence au régime Ouattara. Tout le monde pensait que c’était une aide à un ami pour qui on n’a pas hésité à bombarder la résidence présidentielle. On découvre aujourd’hui que ce geste n’est pas gratuit. Les 400 milliards de francs Cfa promis par Paris sont bel et bien un prêt à la Côte d’Ivoire. 200 milliards ont déjà été décaissés qui ont permis de régler deux mois d’arriérés. On saura  jeudi prochain à quoi va être affecté le reste à décaisser en deux tranches.

A la fin de la mission conjointe Fmi-Banque mondiale-Bad, il a été annoncé des appuis de la part de  chacune des ses institutions : 65 milliards FCFA en juillet pour le Fmi (sous réserve de l’approbation du conseil d’administration. Or l’autre ami, DSK, n’est plus là. Pourvu que la présidence du Fmi échoit encore à la France parce que les autres pays n’ont pas de liens particuliers avec la Côte d’Ivoire, particulièrement avec Alassane Ouattara. La Grèce, l’Espagne, le Portugal etc. sont plus importants pour les Européens que la Côte d’Ivoire), 45 milliards pour la Banque mondiale en septembre, 77 milliards pour la Bad (sans conditionnalités dans cette phase d’urgence, on va s’asseoir après pour discuter).  Ce qui donne pour cette mission un prêt de 187 milliards. Il y a aussi la promesse française de désendettement et de développement d’environ 1300 milliards FCFA.

Au sommet du G8 à Deauville, Alassane Ouattara a demandé un appui de près de 13100 milliards FCFA pour financer son programme de société sur cinq ans. S’il obtient satisfaction, ce sera autant d’argent qui viendra alourdir le panier de la dette extérieure du pays.

Tout cet argent, on veut bien y penser, est censé profiter au pays. Mais comment le régime Ouattara va-t-il procéder pour rembourser ces dettes dans la mesure où les clignotants de l’économie sont au rouge vif. Comme l’a souligné, en gros traits, la mission conjointe : «  Les besoins financiers sont immenses car il faut rétablir l’administration publique,  veiller à la reprise économique, notamment à la réhabilitation de l’infrastructure et à la réduction de la pauvreté. Les autorités anticipent une augmentation des dépenses qui devraient passer de 22% du Pib en 2010 à 26,5% du Pib ces trois derniers trimestres dans le budget de 2011, en tenant compte de l’apurement des arriérés de salaires de mars. La baisse des recettes et la hausse des dépenses résulteront en une augmentation significative du déficit budgétaire, qui atteindra 8% du Pib en 2011 (ndlr, contre 2% en 2010).

L’appui budgétaire des donateurs bilatéraux et multilatéraux devrait être suffisant pour couvrir la majeure partie du déficit. Néanmoins, il est peu probable que cet appui permette d’honorer les engagements substantiels au titre de la dette extérieure, pour l’année en cours, due aux créanciers bilatéraux publics et privés ». Plus prosaïquement, on peut réduire le déficit budgétaire, mais on ne peut pas payer la dette extérieure. Or, il existe une règle dans le milieu : tu ne payes pas tes dettes, tu n’as pas droit à de nouveaux prêts.

La priorité du gouvernement est la relance économique. Une relance qui passe nécessairement par les réformes de l’administration fiscale et douanière, de la fonction publique, de la lutte contre la pauvreté, de la filière café-cacao, et du secteur de l’énergie. C’est quand des progrès significatifs auront été accomplis au niveau de l’établissement de ces priorités que le Fmi reviendra pour discuter  d’un programme économique triennal qui pourrait être soutenu par la Facilité élargie de crédit.

En attendant, le pays vit à crédit. Alassane Ouattara peut se consoler : crédit tue pas et on ne met pas un pays en prison.

J-S Lia, Notre voie

Arsène DOGBA : Le PDCI sait aussi que le RHPD a perdu les élections

Lynx.info : La France comme les pays africains semblent avoir pardonné à Henri Konan Bédié le concept de « l’ivoirité ». Comment expliquez-vous que c’est Laurent Gbagbo qui en paye le prix ?

Arsène DOGBA : Je suis d’accord avec vous, les dirigeants occidentaux et africains ont attribué la paternité de ce concept à Laurent Gbagbo. Mais, il n’y a pas que ça. Ils lui ont aussi attribué la responsabilité des très controversées questions du foncier rural, du code de nationalité, de l’utilisation des enfants dans les plantations de café et de cacao. Et même, de xénophobie.

Juste pour le diaboliser au maximum. Alors qu’il n’est responsable à aucun niveau. Vous l’avez dit et la France et les leaders africains le savent, Bédié est le concepteur de l’ivoirité et Alassane, celui de la carte de séjour qui a conduit à ce qu’ils dénoncent aujourd’hui ; la xénophobie. Il fallait trouver un motif pour mettre en exécution le plan de l’Elysée qui consistait à faire partir Gbagbo du pouvoir et y installer Alassane Ouattara. C’est ce qui s’est passé.

Lynx.info : Pour l’artiste Alpha Blondy, Laurent Gbagbo ne l’a pas écouté. Tiken Fakoly trouve aussi que le sud a aussi vu la guerre que connaissait le nord. Sont-ils crédibles pour parler de réconciliation en Côte d’ivoire.

A.D : Je ne voudrais pas me prononcer sur les propos de ces deux personnages que j’ai du mal à prendre au sérieux.

Lynx.info : C’est 36 ministres qui doivent remettre la Côte d’Ivoire sur les rails. L’ossature de ce gouvernement est-elle convaincante ?

A.D : Les critiques fusent de partout, même du RHDP, sa famille politique, par rapport au nombre de portefeuilles ministériels et à la représentativité du nouveau gouvernement. Alassane avait promis à ces électeurs 25 ministres s’il était élu président. Et le poste de Premier Ministre au PDCI. Il vient de former un gouvernement populaire de 36 ministres et a maintenu Soro, Premier Ministre.

C’est vrai que M. Ouattara n’a pas été élu, mais par la force des armes il a atteint le même objectif ; il est président. Il aurait donc pu tenir ces promesses de campagne. Mais, que non ! le président certifié par l’ONU a encore prouvé qu’il n’est pas digne de confiance.

Ce n’est pas à nous de nous plaindre, surtout quand l’attitude de M. Ouattara démontre de plus en plus qu’il est conscient qu’il n’est pas un président élu. La preuve, M. Ouattara ne se sent pas obligé de tenir une quelconque promesse électorale. Comme il le dit lui-même, il a plutôt un devoir de reconnaissance vis-à-vis des ressortissants du nord qui l’ont aidé, au niveau national, à prendre le pouvoir par la force. C’est même ce qui explique les nombreuses nominations ethniques qu’il fait dans toute l’administration publique ivoirienne. Sur 36 postes ministériels, 16 sont occupés par les dioulas, son ethnie, alors que la Côte d’Ivoire en compte soixante. Comme pour dire ; à soutien ethnique, nomination ethnique.

Lynx.info : Des analystes trouvent que le FPI peut se fragiliser en n’étant pas au gouvernement. C’est votre avis aussi ?

A.D : Le FPI n’a pas l’habitude de participer aux gouvernements d’union. Il ne l’a pas fait avec Houphouët Boigny (1990-93) et Konan Bédié (1993-99). C’est seulement pour réduire la période de transition militaire après le Coup d’Etat de Ouattara de 1999, endossé par le Général Guéi, que le FPI a participé à un gouvernement qui n’était pas le sien. Cette présence a aidé à la tenue de l’élection présidentielle en dix mois. Et M. Laurent Gbagbo a été élu président.

Il faut aussi remarquer que le FPI a été plus puissant pendant les régimes de Houphouët Boigny et de Konan Bédié. Donc dans l’opposition. C’est pourquoi je crois que l’absence des cadres du FPI du gouvernement Ouattara ne pourra pas fragiliser le parti. Au contraire, cette absence est en train de renforcer la cohésion au sein du parti. Selon nos investigations, les militants FPI sont presque tous heureux de savoir que leur parti ne s’est pas allié à celui qui a renversé leur régime et qui continue d’humilier et de torturer leurs Leaders, Laurent et Simone Gbagbo, Affi N’Guessan, etc…

Lynx.info : Le Pr Mamadou Coulibaly met la Côte d’ivoire sous les responsabilités de Ouattara : « Il a gagné il n’a qu’a gouverné » selon ses mots. Ouattara peut-il réussir avec un bicéphalisme entre la primature et la présidence ?

A.D : C’est M. Ouattara, lui-même, qui s’est donné cette responsabilité. C’est donc lui qui nous dira mieux s’il est capable de gérer la Côte d’Ivoire avec son compagnon Soro. Ce chef de guerre devenu Premier Ministre détient effectivement le pouvoir au sein de l’armée rebelle de Ouattara. Aujourd’hui, il serait plus facile pour Ouattara si les Forces régulières (FDS) lui avaient fait allégeance. Cela lui aurait permis de réduire l’influence militaire de Soro en lui demandant la démobilisation et le désarmement des rebelles.

Malheureusement pour M. Ouattara, les FDS lui ont tourné dos. Ce qui l’a contraint à « légaliser » les forces rebelles qui sont devenues, par la suite, les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). Mais ces forces demeurent sous l’influence de M. Guillaume Soro. Ce qui fait que nous nous trouvons dans une situation où les attributs de chef suprême des armées reviennent, de fait, au Premier Ministre. C’est ça qui crée le bicéphalisme dont vous faites allusion. Deux capitaines dans le bateau ivoire, l’avenir nous dira comment cela va se terminer. Mais, nous pensons qu’entre Ouattara et Soro, le plus fort, militairement, prendra le dessus. Just wait and see.

Lynx.info : Selon vous, pourquoi Guillaume Soro occupe toujours la primature et le ministère de la défense ?

A.D : La seule raison, à mon avis, est que M.Ouattara n’a pas pu convaincre Soro de laisser la place à un militant du PDCI comme promis pendant la campagne électorale. C’est plutôt Soro qui a convaincu M. Ouattara en lui rappelant qu’il n’est pas arrivé au pouvoir par des élections, mais par la force des armes. Une vaste opération militaire que lui, Soro, a menée conjointement avec l’ONUCI et la force Licorne. A partir de là, pour Soro, rien n’oblige Ouattara à honorer un quelconque engagement pris pendant la campagne. Surtout, quand le PDCI sait aussi que le RHDP a perdu les élections du 28 Novembre 2010.

Lynx.info : Le représentant de l’ONUCI, Mr Choi, dit bien qu’il a fait son rôle dans la protection les Ivoiriens. Le croyez-vous ?

A.D : De quels Ivoiriens parle-t-il ? Des rebelles venus du nord et pour qui il a fait venir des MIG24 ? Si c’est cela, eh bien, oui il a fait et même bien fait son travail. Puisqu’il a fini par les installer au pouvoir. En le disant, je crois que ce monsieur qui est à l’origine de la mort de plusieurs milliers d’Ivoiriens a perdu la tête. Je n’en dirai pas plus.

Lynx.info : L’Onu compte 1000 morts. Ouattara compte 3000 morts. L’organisme allemand CARITAS a compté 1180 morts à Duekoué. Comment expliquez-vous le silence des médias, et surtout des politiques français ?

A.D : Vous savez, M. Camus, cette guerre des chiffres montre l’embarras dans lequel se trouvent tous les soutiens extérieurs de Ouattara. C’est le CICR qui a ouvert la boite à Pandores, l’information est donc crédible pour les occidentaux et leurs medias. Que peuvent-ils dire dans une telle situation où leur intervention dans un sens ou dans l’autre ne fera que les discréditer davantage et inculpé leur protégé. Dans ce cas, le silence est mieux.

Lynx.info : Finalement Alassane n’est pas exempt des tueries avec les rapports de Amnesty International et de Human Rights Watch. Comment expliquez-vous qu’il préfère plus parler du TPI pour Laurent Gbagbo ?

A.D : M. Ouattara n’a jamais été exempt des tueries en Côte d’Ivoire. Ce n’est pas possible, puisqu’il est même l’auteur principal de toute cette boucherie. C’est bien lui l’auteur de la rébellion de 2002 qui a conduit à la barbarie humaine en Côte d’Ivoire. C’est vrai que ses protecteurs évitaient de le tenir responsable jusque là, mais ils savent bien où se trouve la vérité.

Pour restaurer leur crédibilité après avoir accompli leur sale besogne, le 11 Avril dernier, Human Rights Watch et Amnisty International étaient bien obligés de reconnaitre la responsabilité de Ouattara dans le massacre de Duekoue. Ils ont commencé par Duekoue, Yopougon et autres endroits suivront bientôt. Au finish, c’est Alassane qui sera poursuivi pour crime économique, crime de guerre et crime contre l’humanité une fois tous les contrats d’exploitation de pétrole, de gaz et de minéraux seront signés avec les représentants des multinationales occidentales.

Lynx.info : Des rebelles très proches de Ouattara sont cités dans les rapports Human Right Watch. Peut-il se désolidariser d’eux selon vous ?

Je ne suis pas juriste, mais je sais qu’il y a ce qu’on appeler la responsabilité de commandement. M. Ouattara a reconnu que ce sont ses forces qui sont arrivées jusqu’à Abidjan pour renverser le président Gbagbo. Il a même dit sur une chaine de télévision étrangère que lorsque ces forces là sont arrivées à l’entrée d’Abidjan, c’est lui qui leur a dit d’attendre avant d’assiéger la capitale économique ivoirienne. Il n’est donc pas possible que M. Ouattara se désolidarise des actes criminels des FRCI. Il est directement responsable contrairement au Président Gbagbo dont les forces, régulières, n’agissaient que dans le cadre de leur mission régalienne et en légitime défense.

Lynx.info : Pour vous, qui dirige la Côte d’ivoire ? Guillaume Soro avec « ses rebelles », la France ou Alassane Ouattara ?

A.D : Je pense que chacun d’eux joue un rôle. Mais, le chef d’orchestre demeure le gouvernement français. Ils font tous du bruit. Chacun d’eux donne l’impression d’être au contrôle, mais en réalité il n’en est rien. Aucun ne maitrise le terrain. Je dirais même que c’est le président Gbagbo qui a toujours le contrôle du terrain. Ce qui explique la lenteur avec laquelle le retour à la normalité se fait sur l’ensemble du territoire ivoirien.

Lynx.info : Mr Dogba, Ouattara veut que la Licorne reste comme le 43ieme BIMA. Peut-on dire que tout l’effort de Laurent Gbagbo pour le départ de la France en Côte d’Ivoire s’est révélé non payant ?

A.D : Ce ne serait pas faut de le penser, mais je refuse de le croire. Parce que le président Gbagbo a pris presque toute sa vie, aux côtés des ivoiriens, pour construire les bases d’une Côte d’Ivoire véritablement souveraine. Il a pris presque toute sa vie pour bâtir un état démocratique où chaque ivoirien peut s’exprimer sans craindre pour sa vie, s’organiser dans un cadre légal en association de toute nature sans être privé de sa liberté, et même choisir le candidat de son choix à une élection quelconque sans être intimidé, ni tué.

Gbagbo nous a aussi démontré, en dix ans, que les états africains peuvent prendre leur destin en main. Sans recourir aux aides extérieures qui avilissent. Il nous a appris qu’un président africain peut diriger son pays en harmonie avec son peuple. Et que les armées africaines peuvent assurer la sécurité des africains et de leurs biens sans une ingérence étrangère. Malheureusement, tous ces acquis semblent relever du passé avec M. Ouattara au pouvoir. C’est dommage, mais les Ivoiriens doivent refuser de repartir soixante ans en arrière.

Lynx.info : …mais la France dit que son armée est en Côte d’Ivoire pour protéger les Ivoiriens. C’est ça ?

A.D : Mais, ce ne sont pas que les Ivoiriens que la France veut protéger, mon cher Camus. M. Ouattara dit que le 43iem BIMA va déployer son parapluie sécuritaire sur toute l’Afrique de l’Ouest… Les Ivoiriens n’ont pas besoin de protection. Contre quelle menace extérieure la France veut-elle les protéger ? La menace, de l’avis de la majorité des Ivoiriens, est bien la présence Française en Côte d’Ivoire. C’est pourquoi les Ivoiriens ne veulent plus des forces françaises dans le pays. Ces forces là viennent d’attaquer les Ivoiriens pour la deuxième fois. Et, plus qu’en 2004, elles ont faits des dizaines de milliers de morts, détruit leurs armements et renversé leur président. C’est donc la France qui est la menace.

Lynx.info : Je vous remercie

A.D : Merci aussi à l’équipe de Lynx.info

Interview réalisée par Camus Ali Lynx.info

Après l’installation de Ouattara, Abidjan partagé entre les chefs de guerre

L’insécurité dans la ville d’Abidjan donnait déjà du souci aux abidjanais avant la crise postélectorale du 28 novembre 2011. Elle aujourd’hui à son paroxysme après la défaite de l’armée régulière de Côte d’Ivoire. Depuis le 11 avril, date du renversement du président Gbagbo, les anciens Com’zones (chefs de guerre des régions sous contrôle rebelle) se sont partagé la ville d’Abidjan. Et les braquages et autres représailles politiques continuent. Révélations de La Lettre du Continent.

La déroute des Forces de défense et de sécurité (FDS) favorables à Laurent Gbagbo a permis aux seigneurs de guerre de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) de se mettre en scène et de faire la loi à Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire. Ces derniers, aujourd’hui incorporés au sein des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), ont découpé la ville en quatre zones, elles-mêmes divisées en plusieurs secteurs. Mieux qu’à Berlin après la Seconde Guerre mondiale !

Issiaka Ouattara, alias Wattao, ex-chef d’état-major des FN, s’est installé dans les quartiers Sud de Marcory, Koumassi, Port-Bouët et Treichville. Des zones où sont situés le Port autonome d’Abidjan (PAA), ainsi que de nombreuses entreprises. Wattao a lui-même élu domicile en Zone 4, quartier résidentiel très chic fréquenté par les expatriés. Chérif Ousmane, dit Papa Guépard, commandant de zone à Bouaké (Centre), contrôle désormais les communes du Plateau et d’Adjamé. Il a pris les bureaux de Philippe Mangou, ancien chef d’état-major des Forces de défense et de sécurité (FDS), situés au camp Galliéni.

Morou Ouattara, alias Commando Atchengué ; Koné Zakaria, dit Zakis ; Hervé Touré, connu sous le nom de Vétcho et Ousmane Coulibaly dit Ben Laden, se partagent les deux autres zones comprenant les quartiers de Yopougon, Abobo, Anyama, Cocody et Attécoubé. A un niveau inférieur, les FRCI continuent de contrôler les commissariats de police et les brigades de gendarmerie de la ville, refusant tout accès aux policiers et aux gendarmes de métier.

En attendant un retour à la normale, qui n’est pas prévu avant plusieurs mois, les principaux généraux des FDS – Philippe Mangou, le chef d’état-major des armées, Edouard Kassaraté (gendarmerie), Bredou M’Bia (police), Détoh Letoh (forces terrestres) et Guiai Bi Poin (Cecos) – qui ont tous fait allégeance à Alassane Ouattara, sont toujours confinés au troisième étage du Golf Hôtel, qui fait office de présidence – provisoire – de la Côte d’Ivoire.

Source : La Lettre du Continent

Pourquoi Ouattara est mal parti ?

Appui trop voyant de Paris, Soro trop puissant, tueries dans l’ouest et maintenant assassinat d’IB. La présidence d’Alassane Ouattara est décidément mal partie.

Il promettait la paix et la réconciliation à une Côte d’Ivoire traumatisée par une décennie de crise politico-militaire. Mais pour Alassane Ouattara, difficile vainqueur de la présidentielle de novembre, le chemin menant au palais présidentiel est jonché de cadavres.

IB trop gênant

Ibrahim Coulibaly dit «IB» gênait. Cet ancien putschiste, grand rival du tout-puissant Premier ministre Guillaume Soro, estimait à juste titre avoir contribué à la chute de Laurent Gbagbo. A la tête du «commando invisible», il a enclenché une guérilla urbaine dans Abidjan, la grande métropole peuplée de 5 millions d’habitants.

Ses combattants –«invisibles» car se fondant dans la population, souvent originaires du Nord du pays– ont dès le début de l’année choisi la confrontation avec les militaires de Gbagbo, alors que Ouattara et Soro, retranchés dans l’Hôtel du Golf d’Abidjan, donnaient du temps au temps, se refusant à faire parler les armes, face à un Gbagbo obstiné, de plus en plus isolé mais toujours aux commandes.

Le «commando invisible» a d’abord fait parler de lui à Anyama et surtout Abobo, dans la banlieue nord d’Abidjan. «Abobo la guerre», immense quartier spontané, en grande partie un bidonville de plus d’un million d’habitants. C’est là qu’a débuté la «bataille d’Abidjan». L’armée de Gbagbo n’a rien pu faire. Elle a d’abord perdu le contrôle de la rue, se regroupant dans le camp commando.

Les blindés légers parcouraient à toute vitesse les rues poussiéreuses en tirant à l’aveuglette à la kalachnikov et à la mitrailleuse. Les mortiers, installés en périphérie du quartier, tiraient au hasard. Des obus sont tombés sur un marché. Sur des habitations. Les civils étaient les premières victimes.

Puis le commando invisible a pris la quasi-totalité d’Abobo et d’Anyama, débordant alors sur les quartiers plus résidentiels d’Adjamé et de Cocody. Déjà, certains observateurs faisaient remarquer que ces combattants bardés de gris-gris étaient davantage anti-Gbagbo que pro-Ouattara.

Selon certaines versions, les hommes d’IB ont même essayé de «doubler» les forces pro-Ouattara, arrivées aux portes d’Abidjan. Le «commando invisible» aurait pris la Télévision d’Etat RTI et marché sur le palais présidentiel au Plateau, avant même que les Forces républicaines d’Alassane Ouattara n’entrent dans Abidjan…

Mais ils auraient été repoussés par les forces de Gbagbo et n’auraient guère reçu de soutien du ministre de la Défense du président Ouattara, un certain Guillaume Soro. Après la victoire finale, IB a réclamé sa part du gâteau.

Il aurait pu être arrêté, il a été tué.

Duékoué, le cauchemar

Que s’est-il passé à Duékoué pendant la prise par les forces pro-Ouattara de ce grand carrefour de l’Ouest, le 29 mars? Mais aussi juste avant et juste après? Il y a eu des centaines de morts, environ 800 selon plusieurs ONG, dont Amnesty et Human Rights Watch (HRW).

Les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), qui en quelques jours seulement ont pris le contrôle de la moitié Sud du pays, ont «dérapé» dans l’Ouest, notamment à Duékoué.

Avant la chute de la ville, les milices pro-Gbagbo aidées de mercenaires libériens ont attaqué les populations originaires du Nord et les ressortissants du Burkina et du Mali, nombreux à travailler dans les plantations de cacao.

Mais la prise de la ville s’est ensuite accompagnée de centaines de morts, notamment dans le quartier Carrefour, dans l’ouest de Duékoué. Les victimes étaient essentiellement des Guéré, ethnie réputée favorable à Gbagbo.

Les forces dirigées par Soro se sont défendues: elles ont reconnu que des personnes avaient été tuées, notamment par leurs combattants, mais assuré qu’il s’agissait de miliciens et non de civils. Plusieurs témoignages recueillis par des défenseurs des droits de l’Homme font toutefois état de femmes et d’enfants parmi les victimes…

Les exactions commises à Duékoué sont considérées comme des crimes de guerre et donc passibles de la Cour pénale internationale (CPI). Le président Ouattara a promis que justice serait faite, que les coupables seraient arrêtés.

Aujourd’hui encore, 30.000 personnes terrorisées s’entassent dans des conditions sanitaires déplorables à la Mission catholique de Duékoué. Parmi eux, des Guéré qui ont peur de rentrer chez eux. Mais aussi des miliciens craignant à raison une justice expéditive.

Pourtant, le chemin de la réconciliation passe par Duékoué. Si le président Ouattara ne punit pas les criminels dans ses propres rangs, l’Ouest ivoirien risque de lui échapper.

French touch

Sans l’appui militaire de la France, agissant sous mandat de l’ONU, Ouattara n’aurait pas gagné la «bataille d’Abidjan». Ses forces, qui ne disposaient par d’armes lourdes, qui opéraient sur un terrain qu’elles ne connaissaient pas ou prou, butaient sur le dernier carré de combattants de Gbagbo, un mélange de troupes d’élite, de mercenaires et miliciens qui se sont battus avec l’énergie du désespoir pour protéger le bunker présidentiel.

Ils avaient notamment un avantage de taille, des véhicules blindés légers qui «explosaient» les pick-up armés de mitrailleuses des forces pro-Ouattara. L’assaut final traînait en longueur. Il a fallu les missiles des hélicoptères de la force française Licorne et de la mission onusienne (Onuci) pour ouvrir des brèches dans lesquelles les hommes de Soro se sont engouffrés.

Mais combien de temps le président Ouattara, affublé pendant quatre mois du qualificatif «reconnu par la communauté internationale», mettra-t-il pour faire oublier qu’il est arrivé au palais présidentiel dans les valises de la force Licorne. La «French Touch» ne sera pas facile à effacer. Elle a été trop décisive dans la victoire finale.

Super Soro

Mais l’autre problème de Ouattara, ce ne sont pas les Français. C’est son propre Premier ministre, ministre de la Défense, homme tout-puissant, homme redouté. Guillaume Soro. Qui n’a pas 40 ans.

Autant Ouattara a une image de technocrate, figé dans une posture présidentielle, qui l’éloigne du peuple. Autant Soro est charismatique, sait parler au peuple. Il a donné à Ouattara la victoire des urnes. Cela n’a pas suffi. Il lui a donné la victoire militaire, lui l’ancien chef rebelle qui a mené ses troupes jusqu’à Abidjan.

Soro a gagné la guerre mais ne sera pas l’homme de la paix. C’est un classique de l’histoire contemporaine. Churchill a résisté puis a battu Hitler. Mais les électeurs l’ont boudé ensuite. Comme le général De Gaulle.

Les jours de Soro comme Premier ministre sont donc comptés. Ouattara doit satisfaire son autre allié, Henri Konan Bédié. Le prochain chef de gouvernement sera en conséquence issu de son camp.

Mais que faire de «Super Soro»? Créer un poste de vice-président? Pourquoi pas. Mais quel chef d’Etat aimerait avoir comme numéro 2 un homme si puissant, si jeune, si ambitieux?

L’exclure du pouvoir? Cela serait dangereux. Soro s’est habitué aux ors de la République d’un pays qui, malgré la crise, reste le plus riche de l’Afrique de l’Ouest francophone.

Que faire de Soro? Pour le président Ouattara, c’est la question numéro un. La réponse ne devra pas tarder, elle devra être claire. Elle déterminera l’avenir du pays. Elle dira si le «miracle ivoirien» est toujours possible ou si le cauchemar continue.

Source : slateafrique.com

Mali : Le Commandant d’école du prytanée militaire tabassé et blessé par un saoulard

Le mercredi, 25 mai dernier vers 00h, le commandant d’école du Prytanée militaire, le lieutenant colonel Abdrahamane Babi, , s’est fait blesser par un ivrogne pendant qu’il prenait du plaisir avec ses amis. C’était à l’espace de loisirs « La Source » situé à Faso-Kanu, près de l’hôtel « Les Colibris ». Il avait appelé les renforts (privilège singulier pour lui à l’exclusion de la grande masse des citoyens) qui ont fait fuir la plupart des clients du fameux coin chaud où les grands pervers de la République viennent bouffer la vie à grandes dents lors de leurs heures louches.

La quasi-totalité des espaces de loisirs de la capitale, notamment ceux situés sur la rive droite, sont des endroits dangereux, voire criminogènes de par les actes barbares, sauvages qui s’y déroulent. C’est ainsi que le directeur du prytanée militaire, un habitué du bon coin selon les usagers, pendant qu’il prenait sa consommation avec des amis, s’est fait agresser par un alcoolique avec qui il avait eu une dispute. La partie s’est envenimée lorsque notre directeur galonné, voulant se faire respecter, a brandi sa carte professionnelle, expliquant qu’il est le directeur du prytanée et qu’on devrait, par conséquent, le respecter, sinon… Son adversaire lui retira sa carte et la jeta.

Ensuite, il a cogné sa tête avec une bouteille pleine d’alcool. La bouteille s’est cassée, éparpillant les tessons partout, en blessant la victime qui avait le visage inondé de sang.

Au lieu de le secourir, ses voisins de table le fuyaient, craignant de se voir rattraper par les renforts qu’il avait sollicités.

La question qu’on se pose : comment un officier de son rang peut se trouver dans ces lieux envahis d’ordinaire par des vagabonds de toutes sortes ?

Il pouvait se faire tuer banalement par des badauds. Généralement, beaucoup de porteurs d’uniformes, particulièrement les officiers, se retrouvent dans cet espace chaud de la commune VI. A la moindre des choses, ils se prévalent de leurs grades pour faire peur, comme si les autres citoyens n’étaient que de simples jouets. Selon nos sources, il arrive fréquemment à ces types d’officiers supérieurs de menacer les simples clients qui prennent tranquillement leurs pots. On revit l’époque du Cmln (Comité militaire de libération nationale) où des officiers bien connus faisaient régner la terreur au Motel de Djicoroni-Para ou au Buffet Hôtel de la gare. Mais le hic avec le Colonel Baby, c’est qu’il préside à la formation de jeunes gens, futurs officiers supérieurs qui doivent devenir, en quelque sorte, la crème de notre armée et des armées de la sous- région au regard de la vocation du prytanée militaire de Kati.

Assif Tabalaba, Le National

« L’avenir de l’Afrique passe-t-elle par les entités régionales ? »

Pour réfléchir sur l’avenir de l’Afrique et proposer des pistes de réflexion sur cet avenir, il est impérieux de posséder une grille de lecture idoine. Celle-ci s’acquiert de différentes manières. Moi j’ai choisi dans la suite logique de mes études (sciences sociales, économiques et politiques), de parfaire mes connaissances et mes recherches sur ce continent dont je suis originaire.

Pour évoquer le développement de l’Afrique, il faut prendre en compte deux notions très importantes voir indispensables (politique et économie). C’est à cette fin, qu’au début des années 70, dix ans après les indépendances, qu’ont vu le jour différentes entités régionales (CEDEAO, CEMAC…).

1-La nécessité des entités régionales

L’Union Européenne est un bon exemple. La réussite de l’ex-Communauté Européenne pour le Charbon et l’Acier a servi de modèle à l’Union Africaine et autres divers organisations sous-régionales. Si l’on est encore loin de la supranationalité de l’UE, plusieurs avancés ont été enregistrés. A fortiori, au travers de l’histoire, l’Afrique n’a pesé dans le concert des nations que quand elle s’est exprimée d’une seule voix. Selon l’ex premier ministre togolais, Edem Kodjo et ex-secrétaire général de l’OUA dans son livre « lettre ouverte à l’Afrique cinquantaine », le concept de « nationalités tel qu’il était au début de la décolonisation est désormais désuet ».

2- Les raisons des échecs des entités régionales : le cas de la CEDEAO

En Afrique de l’ouest, la CEDEAO n’a pas été l’élément fédérateur auxquelles elle était destinée. Autre point d’achoppement, l’absence d’harmonisation budgétaire entre la zone UEMOA et les pays anglophones d’Afrique de l’ouest. La dévaluation du franc CFA au début des années 90 n’a pu servir à réaliser ce dessein avec les neuf autres monnaies de la région.

En Afrique de l’ouest, la CEDEAO souffre d’un manque de légitimité criard vis-à-vis des populations. Ceci peut s’expliquer par un manque de culture de développement et d’intégration.

L’héritage de la décolonisation a donné un fort sentiment de nationalisme et de souveraineté nationale qui ont du mal à céder le pas aux structures supranationales.

Il manque à la construction des entités régionales un vrai leadership, des figures historiques et emblématiques pour mettre en exergue les projets et programmes de coopération régionales.

Les pistes de recherches

Elles sont multiples. Et plusieurs questions se posent à cet effet. Les Etats-nations en Afrique sont-ils prêts à conférer aux institutions régionales un caractère supranational ? Les modèles d’intégration tels qu’ils existent aujourd’hui sont-ils sujets à évoluer ? Doit-on se diriger vers du cas par cas ?

Pour être acteur de son avenir, la jeunesse et l’élite africaine ont l’impérieux devoir de répondre à ces questions.

David Mawubedjro Reinhardt (journaliste et politologue)

reinhardinho@hotmail.com