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Après l’installation de Ouattara, Abidjan partagé entre les chefs de guerre

L’insécurité dans la ville d’Abidjan donnait déjà du souci aux abidjanais avant la crise postélectorale du 28 novembre 2011. Elle aujourd’hui à son paroxysme après la défaite de l’armée régulière de Côte d’Ivoire. Depuis le 11 avril, date du renversement du président Gbagbo, les anciens Com’zones (chefs de guerre des régions sous contrôle rebelle) se sont partagé la ville d’Abidjan. Et les braquages et autres représailles politiques continuent. Révélations de La Lettre du Continent.

La déroute des Forces de défense et de sécurité (FDS) favorables à Laurent Gbagbo a permis aux seigneurs de guerre de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) de se mettre en scène et de faire la loi à Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire. Ces derniers, aujourd’hui incorporés au sein des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), ont découpé la ville en quatre zones, elles-mêmes divisées en plusieurs secteurs. Mieux qu’à Berlin après la Seconde Guerre mondiale !

Issiaka Ouattara, alias Wattao, ex-chef d’état-major des FN, s’est installé dans les quartiers Sud de Marcory, Koumassi, Port-Bouët et Treichville. Des zones où sont situés le Port autonome d’Abidjan (PAA), ainsi que de nombreuses entreprises. Wattao a lui-même élu domicile en Zone 4, quartier résidentiel très chic fréquenté par les expatriés. Chérif Ousmane, dit Papa Guépard, commandant de zone à Bouaké (Centre), contrôle désormais les communes du Plateau et d’Adjamé. Il a pris les bureaux de Philippe Mangou, ancien chef d’état-major des Forces de défense et de sécurité (FDS), situés au camp Galliéni.

Morou Ouattara, alias Commando Atchengué ; Koné Zakaria, dit Zakis ; Hervé Touré, connu sous le nom de Vétcho et Ousmane Coulibaly dit Ben Laden, se partagent les deux autres zones comprenant les quartiers de Yopougon, Abobo, Anyama, Cocody et Attécoubé. A un niveau inférieur, les FRCI continuent de contrôler les commissariats de police et les brigades de gendarmerie de la ville, refusant tout accès aux policiers et aux gendarmes de métier.

En attendant un retour à la normale, qui n’est pas prévu avant plusieurs mois, les principaux généraux des FDS – Philippe Mangou, le chef d’état-major des armées, Edouard Kassaraté (gendarmerie), Bredou M’Bia (police), Détoh Letoh (forces terrestres) et Guiai Bi Poin (Cecos) – qui ont tous fait allégeance à Alassane Ouattara, sont toujours confinés au troisième étage du Golf Hôtel, qui fait office de présidence – provisoire – de la Côte d’Ivoire.

Source : La Lettre du Continent

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