Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: juin 14, 2011

BENIN : Paralysie en vue de l’Administration publique – Boni Yayi menace les grévistes

Dans un message adressé hier lundi à la Nation, le chef de l’Etat Yayi Boni juge illégal et irrecevable le mouvement de grève projeté pour ce jour mardi 14 juin 2011. Il profite pour en appeler à une prise de conscience. Aussi, instruit-il ses ministres à relever dès ce matin à 8h, les noms de tous ceux qui ne seront pas à leur poste de travail. Lire l’intégralité du discours.

Béninoises, Béninois, Mes chers compatriotes, Qu’il vous souvienne que lors de mes messages précédents au lendemain des scrutins présidentiel et législatif, je déclarais que notre pays, le Bénin, est à la croisée des chemins et doit donc décider de prendre en mains son destin. C’est pourquoi j’invitais la nation au terme des différents scrutins à se mettre résolument au travail, dans nos foyers, nos marchés, nos ateliers, nos bureaux, nos champs. Je disais également que chacun doit honorer ses engagements vis-à-vis de la nation et mettre les intérêts de la République au-dessus des intérêts particuliers.

Aussi, ai-je placé ce quinquennat sous le signe des grandes réformes qui relèvent de la bonne gouvernance politique, économique, administrative et sociale.

Les réformes annoncées comme vous vous en souvenez, nécessitent une nouvelle gouvernance dans tous les domaines c’est-à-dire une refondation de notre République.

Pour y parvenir, nous devons en finir avec des comportements mettant à mal notre démocratie, c’est-à-dire tous ces maux qui freinent inutilement notre marche vers le progrès de chacune, de chacun et de tous.

Ces propos sont toujours d’actualité et j’y crois fermement.

En effet, la stabilité sociale que mon gouvernement s’emploie à instaurer dans notre pays vise à remettre notre nation au travail mais, si nous n’y prenons garde, cette trêve relative va connaître de nouvelles perturbations avec les mouvements de grève annoncés par certains syndicats de base de notre administration publique. C’est pourquoi, fidèle à mon serment de rendre compte à la nation de la gestion des affaires de notre chère patrie, j’ai décidé de m’adresser de nouveau à vous, pour rappeler aux uns et aux autres l’importance que mon gouvernement a toujours porté aux préoccupations des travailleurs et au dialogue centré notamment sur les attentes de ceux du secteur public que sont les Agents Permanents de l’Etat.

Mes chers compatriotes,

C’est conscient du rôle de l’Administration publique dans le développement que mon Gouvernement a pris l’engagement de faire de notre administration, une administration de développement.

Les arriérés salariaux d’un montant global de 180 milliards de FCFA dont mon Gouvernement a hérités à ma prise de fonction en 2006 ont été entièrement apurés sous diverses formes pour tous les engagements arrivés à échéance. Je puis donc dire sans me tromper que, au jour d’aujourd’hui, le Gouvernement ne doit rien aux Agents Permanents de l’Etat ; le contribuable béninois non plus. Pour ainsi dire, le Bénin est l’un des rares pays de la sous-région à ne pas devoir aux agents publics, ce qui démontre, si besoin en était encore, de la sollicitude de mon Gouvernement à l’égard des fonctionnaires surtout en cette période de crises multiformes.

Non seulement le Gouvernement ne doit rien en matière salariale mais il a surtout contribué à améliorer le pouvoir d’achat des Agents de l’Etat avec la prise en compte de nouvelles mesures suite aux nombreuses revendications qui ont été exprimées.

En raison de toutes ces actions, les dépenses de personnel de l’Etat se sont sensiblement accrues, passant de 135 milliards de francs CFA en 2006 à 270 milliards en 2011, soit une augmentation de 100 %.

Mon gouvernement, en prenant toutes ces mesures malgré la modicité de nos ressources, a montré sa bonne volonté de résoudre au mieux les problèmes des agents de l’Etat dans un souci d’apaisement et de stabilité sociale.

En effet, notre pays ne peut se construire que dans un climat de paix et de sérénité ; c’est justement la recherche de cette paix avec nos partenaires sociaux que sont les travailleurs qui a conduit mon gouvernement à créer le cadre permanent de concertation et de négociations collectives entre le gouvernement et les centrales et confédérations syndicales.

Mes Chers compatriotes,

En adhérant massivement à mon projet de société en mars 2011, j’ai compris à travers votre vote massif que vous m’avez chargé d’une mission claire et nette : celle de mettre de l’ordre dans la gestion des affaires de notre cité commune. La démocratie n’est pas en effet synonyme d’anarchie. Le Bénin appartient à tous les Béninois et chacun a droit à une part de la richesse nationale. Mon Gouvernement est ouvert au dialogue mais il doit opérer les réformes indispensables pour que notre pays aille de l’avant. C’est pourquoi, le cadre de concertation avec les centrales syndicales sera élargi désormais à la société civile et au secteur privé pour leur permettre d’apprécier l’utilisation qui est faite de la richesse nationale.

Mes très chers compatriotes,

La grève des agents du Ministère de l’Economie et des Finances justifiée au départ par l’ « affaire DANGNIVO » qui est loin d’être une revendication corporatiste s’est subitement muée en une autre revendication portant sur la revalorisation du traitement indiciaire. Après la signature de l’accord contenu dans le Relevé des Conclusions de la session extraordinaire de la Commission chargée des négociations en date du 20 avril 2011, avec tous les Secrétaires Généraux des centrales syndicales censées être les plus représentatifs des travailleurs, j’ai du mal à comprendre le bien fondé de cette nouvelle grève déclenchée par les syndicats de base de l’Administration publique. Il se pose alors un problème d’éthique qui amène à se demander avec qui négocier désormais ?

Je rappelle que c’est à son corps défendant que le Gouvernement a donné suite aux revendications des agents du Ministère chargé des Finances puisque nous étions déjà hors de la norme.

Béninoises, Béninois,

Accéder aux nouvelles revendications des syndicats de base de l’Administration Publique, nous conduirait à choisir délibérément de dénoncer les engagements que notre pays a pris vis-à-vis de la Communauté Internationale.

Le ratio masse salariale/recette fiscale va passer à près de 50 % contre 35 % qui constituent la norme. Nous prenons ainsi le gros risque de nous rendre peu crédible et de nous mettre en porte à faux avec les partenaires techniques et financiers qui nous appuient à travers le programme économique et financier négocié avec le Fonds Monétaire International, lequel a marqué sa désapprobation pour les mesures prises suite aux dernières négociations.

Ce faisant, non seulement notre pays s’isolerait de la Communauté Internationale mais aussi l’Aide Publique au Développement sera suspendue et les Investissements Directs Etrangers compromis.

Par ailleurs, la remise en cause de notre démocratie est inévitable parce que sans ressources, la pauvreté va s’aggraver et comme vous le savez bien, il n’y a pas de démocratie pérenne dans un contexte de pauvreté.

Au regard de tout ce qui précède, nous sommes condamnés à rentrer dans les normes. Il faut créer plus de richesses par notre travail, nos efforts soutenus et la promotion du secteur privé.

S’agissant de ce secteur, c’est-à-dire du secteur privé, l’Etat doit prendre des mesures pour lui permettre de produire grâce aux investissements structurants à charge pour lui de rétrocéder à l’Etat ce qu’il lui doit aux travers des impôts et taxes.

Mes chers compatriotes,

Vous comprenez aisément que les revendications agitées sont inadéquates, contraires à la démarche légale prescrite en la matière et qu’il est quasiment impossible d’y donner suite.

Pour toutes ces raisons, j’ai décidé, sans remettre en cause la liberté syndicale, de mettre un terme au désordre. C’est pourquoi, tous les ministres ont été instruits de relever dès le mardi matin à 8 heures les noms de tous ceux qui ne seront pas à leur poste de travail. Ces derniers auront ainsi pris leur responsabilité et je prendrai les miennes.

Conscient des responsabilités qui sont les siennes, le Gouvernement ne saurait concéder la moitié de la richesse nationale aux seuls fonctionnaires qui ne représentent que 1 % de la population nationale privant ainsi la majorité de nos pauvres populations déjà écrasées par la misère du bénéfice de la richesse nationale à travers la réalisations des infrastructures communautaires dans les domaines de la santé, l’éducation, l’agriculture, les routes, les pistes rurales, l’eau potable et l’électrification rurale, etc… Le Gouvernement ne saurait cautionner la paralysie du développement de nos communes. Dans le contexte actuel de notre pays où plus de 50 % de notre population est constituée de jeunes sans emploi, l’on devrait privilégier l’investissement et la promotion de l’emploi décent au détriment de la consommation.

Mes très chers compatriotes,

Je sais lire dans le cœur de mes compatriotes du Bénin profond le chagrin et les privations de tous genres qu’ils ressentent. A travers mon projet de société, j’ai pris l’engagement de me battre à vos côtés contre notre ennemi commun qu’est la pauvreté.

Dans les efforts de construction d’un Etat moderne et conscient de ses prérogatives, mon Gouvernement a décidé d’engager des réformes porteuses d’espoir et d’espérance pour notre peuple. Ces réformes relevant pour la plupart de notre Institution parlementaire, les nouveaux projets de lois sont entrain de lui être transmis.

Je crois en la reconstitution de nouvelles institutions, je crois en leur crédibilité, à la qualité des hommes, à la justice, en une Administration apolitique vecteur d’un développement durable.

Enfin, je voudrais rappeler aux agents de l’Etat, qu’une étude est en cours pour remettre à plat la rémunération des travailleurs en vue d’une harmonisation des traitements dans l’administration publique.

Mesdames et Messieurs les Agents de l’Etat, je voudrais savoir pouvoir compter sur votre sens élevé du devoir et de votre amour pour notre commune patrie. Les grandes nations sont celles qui arrivent à surmonter courageusement les difficultés et garder leur espoir en l’avenir. Je souhaite que notre nation suive ce chemin et devienne aussi une grande Nation. Cet objectif interpelle tout notre peuple en général et particulièrement les agents de l’Etat. Mon gouvernement prendra les dispositions appropriées pour que le service public soit accompli sans discontinuité dans l’intérêt de notre peuple.

Je vous le répète, mes chers compatriotes travailleurs, ce mot d’ordre de grève annoncé, d’où qu’il vienne et lancé à partir de demain mardi 14 juin 2011 est totalement illégal et irrecevable ; il est contraire à l’éthique et à la morale sur la base des décisions consensuelles qui ont été prises à l’issue de la dernière rencontre et validées par vos propres centrales et acceptées par le Gouvernement en dépit de la protestation des partenaires techniques et financiers.

J’exhorte donc les agents de l’Etat à répondre présents à leur poste de travail le mardi 14 juin 2011 à 8 heures et j’invite les syndicats de l’administration publique à une prise de conscience collective.

Encore une fois, je vous le répète, mon Gouvernement est définitivement déterminé à mettre un terme à ces grèves intempestives et à prendre les responsabilités qui sont les siennes pour rétablir l’ordre et la discipline pour que notre pays soit mieux géré, mieux gouverné et plus solidaire.

Que Dieu veille sur notre chère nation et répande sur elle ses innombrables grâces !

Vive la République,

Vive le BENIN

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Drame continue de la Côte d’Ivoire, la réconciliation ne fait pas bon ménage avec la vengeance politique et judiciaire

En accédant au pouvoir, Alassane Dramane Ouattara a fait connaître au monde entier sa volonté d’engager immédiatement le combat de la réconciliation nationale pour permettre à la Côte d’Ivoire de recouvrer rapidement tous ses attributs et de reprendre le cours de son développement.

Mais des faits de plus en plus nombreux viennent contredire cet engagement et qui donnent le sentiment que le pays n’en a pas encore fini avec la souffrance.

C’est d’abord au plan politique -où une volonté de vengeance surclasse toute autre initiative- que l’on voit les obstacles à la réconciliation.

Le communiqué exigeant la libération de Laurent Gbagbo, des membres de sa famille et du FPI, publié par leurs avocats le 05 juin dernier, est tout à fait éloquent à cet égard. Ainsi que les éminents conseils le révèlent, les conditions de détention de Laurent Gbagbo, des siens, des membres du FPI, ne sont pas du tout conformes à l’humanité qui doit leur être réservée ni aux autres responsabilités qu’ils ont occupées dans leur pays. Non seulement, disent-ils, ces personnes ont été «enlevées, séquestrées et arbitrairement assignées à résidence », mais « ne bénéficient pas des droits les plus élémentaires à savoir : • la lecture de journaux et de livres, • l’écoute de la radio et de la télévision, • la liberté de circulation ne serait-ce que dans l’enceinte des cours des lieux de leur supplice, • un lit et des soins minima pour les malades (médicaments, contrôle médical, régimes alimentaires adéquats …), • le droit élémentaire et démocratique de visite des avocats et parents, hors la présence de personnes en armes… » Pire, « Ces personnes sont (…), soit enfermées dans des cellules infectes d’une prison poreuse aux intempéries (Bouna), soit détenues dans des locaux infestés de mambas et de moustiques (Katiola) ».C’est ici une volonté d’humiliation, de vengeance, dont les séquelles viendront s’ajouter à tant d’autres qui restent encore largement ouvertes.

Manifestation en faveur de la libération de Laurent Gbagbo  à Caen

L’autre vengeance antinomique avec la réconciliation, c’est celle d’une sanction pénale à l’encontre de Laurent Gbagbo et des siens, conduite dans des conditions d’iniquité choquantes parce qu’elles décrédibilisent la Cour pénale internationale, les Nations Unies et qu’elles montrent que quelques Etats du monde décident de l’avenir de tous en foulant au pied l’éthique. La Déclaration des Evêques catholiques de l’Afrique de l’Ouest (Lue sur Ivoire-blog.com et sur EEMNI –Eglise évangéliste Méthodiste Suisse/France – 08.06.2011 http://eemnews.umc-europe.org/2011/juin/08-01.php) est à cet égard, fort éclairante. Sans oublier de faire le parallèle avec la Libye, les Evêques reviennent sur les conditions de la dénégation de la souveraineté de la Côte d’Ivoire et prennent position ! « Pour nous en tenir à la CI, la question qui se pose n’est pas de savoir qui a mis la main sur le président Gbagbo et son épouse, mais de savoir si l’Organisation des Nations Unies avait ou n’avait pas le droit d’autoriser l’ancien pays colonisateur qu’est la France à bombarder des attributs de souveraineté que sont un palais présidentiel et une résidence de Chef d’Etat : ces lieux représentent en soi un sanctuaire pour le peuple souverain… L’Eglise ne saurait s’aligner tout simplement sur ce qu’il est convenu d’appeler Communauté Internationale… ». Sur la justice internationale partisane, elle s’interroge : « Que pourrait signifier d’autre l’étrange succession de ces bombardements et de ces captures de personnes humaines par les scènes actuelles de pillage des populations d’Abidjan, sous le regard indifférent des forces d’intervention dites impartiales prévues pour la protection de ces mêmes populations ? ».

Parlant de la Cour pénale internationale, les Evêques reviennent sur cette justice à deux vitesses qui risque de faire plus de mal que de bien. Ils posent à cet égard des questions troublantes sur « le choix sélectif de la seule période visée par le Parquet de la CPI, lequel amnistie de fait des violations massives des droits de l’homme consécutives à la commission de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre, utilisation d’enfants soldats et de génocide perpétrés de 2002 – 2003 au 28 novembre 2010 lesquels entrent dans la compétence rationae materiae et temporis de la Cour Pénale internationale ». La presse a beau annoncer la reprise des activités dans les ports, l’argent qui circule, l’Administration qui se ranime, on n’a pas besoin d’être devin pour savoir que les nuages planent encore sur la Côte d’Ivoire. Chaque jour apporte son lot de témoignages en termes d’exactions quasiment dans tout le pays. Le fait est si patent que les avocats des détenus rappellent que nombre d’ONG (La CROIX ROUGE INTERNATIONALE, AMNESTY INTERNATIONAL et HUMAN RIGHT WATCH…), d’institutions spécialisées des Nations Unies, sortent de la réserve et se voient même par moments contraints de réajuster leur jugement sur le nouveau pouvoir, elles qui « ont des éléments probants sur cette période, et que nul n’ignore. Par ailleurs, les conseils s’interrogent sur l’harmonie du ménage de cette démarche hâtive et prématurée d’avec le principe de la compétence subsidiaire de la CPI ».

Ils sont dans le vrai, tous ceux qui demandent la libération de Laurent Gbagbo, des siens et des membres du FPI. Ils sont dans le vrai, tous ceux qui sans relâche, préconisent la réconciliation vraie qui fera des anciens dignitaires, des acteurs à part entière de la reconstruction du pays. Il est illusoire, imprudent, de croire que l’on peut gommer en un tour de main, l’impact, l’influence d’un homme, Laurent Gbagbo, et d’un parti, le FPI, présents sur la scène politique depuis pratiquement l’indépendance du pays et qui l’ont gouverné pendant plus de 10 ans. La Facilitation burkinabé, comme le demande l’UNDD, devrait bien réfléchir à cette dimension de la crise ivoirienne et engager, avec les atouts qu’elle a en main, une action déterminée d’apaisement et de réconciliation !

VT

San Finna N°616 du 13 au 19 Juin 2011

Mali : ATT réclame l’arrêt des bombardements de l’Otan en Libye

Le chef de l’Etat malien Amadou Toumani Touré a déclaré dimanche souhaiter l’arrêt des bombardements de l’Otan en Libye et le début de discussions politiques entre les parties en conflit afin de trouver une issue à la crise qui secoue ce pays depuis mi-février.

Comme l’Union africaine, nous souhaitons l’arrêt des bombardements en Libye et le début de discussions politiques pour trouver une issue à la criseé, a-t-il dit au cours d’une conférence de presse à l’occasion du quatrième anniversaire de sa seconde et dernière élection à la présidence.

Il a estimé qu’il fallait créer un environnement propice pour discuter parce que « à un moment ou à un autre, on finira par discuter », a ajouté M. Touré qui fait partie du panel des chefs d’Etat africains chargés de mener une médiation entre les parties en conflit en Libye.

Ce panel mis en place par l’Union africaine (UA) et présidé par le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, comprend, outre le Mali, l’Afrique du Sud, le Congo et l’Ouganda.

« Pays ami »

« Le Mali est très peiné face à la situation dans laquelle se trouve la Libye, un pays ami qui nous est cher », a-t-il affirmé avant d’indiquer qu’il y avait encore une chance d’aider à trouver une solution pacifique. En cas d’éventuelles discussions politiques, il appartiendrait aux Libyens de décider de leur avenir, a-t-il affirmé.

Peu de temps après le début de la rébellion armée mi-février, l’UA a mis au point et n’a cessé de défendre depuis une délicate feuille de route prévoyant un cessez-le-feu et l’instauration d’une période de transition. Un appel resté lettre morte sur le terrain où l’Otan poursuit sa campagne de bombardements entamés le 19 mars.

Le chef de l’Etat malien a par ailleurs réaffirmé la nécessité pour les pays du Sahel de mettre en commun leurs forces pour vaincre le terrorisme. « Avec le conflit en Libye, des armes se sont retrouvées au Sahel. C’est un danger et nous devons être vigilants », a-t-il ajouté.

Selon des observateurs, des armes de guerre ramenées de Libye par des combattants pour être réutilisées au Sahel par Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Cette organisation, qui a ses racines en Algérie, dispose de plusieurs bases au Mali d’où elle opère dans plusieurs pays du Sahel (Niger et Mauritanie en particulier), commettant des attentats, des rapts, essentiellement d’Occidentaux, et se livrant à divers trafics.

Lire l’article sur Jeuneafrique.com

Les affaires sont les affaires…Ou comment une affaire de mœurs sonne le glas de la souveraineté des États

LES AFFAIRES SONT LES AFFAIRES…

Ou comment une affaire de mœurs sonne le glas de la souveraineté des États.

« Car il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni rien de secret qui ne doive être connu » (Mat 10:26)

Pitoyable, lamentable, détestable, les qualificatifs manquent. Mais qu’est-ce qui est le plus pitoyable : avoir commis, ou plutôt être supposé avoir commis un délit d’ordre sexuel, ou bien étaler via les médias ce genre de turpitude au grand jour et accuser un homme sans preuves suffisantes ?

Nous voilà déjà bien accoutumés aux scandales de toutes sortes, sexe, corruption, délits d’initiés, trafics d’influences et autres magouilles nommées pudiquement « conflits d’intérêts ».

Nul ne peut encore ignorer que l’argent, le pouvoir et le sexe sont les pierres d’achoppement qui servent à faire tomber les grands de ce monde, en un mot c’est l’éternelle convoitise qui enchaîne l’homme dont les appétits ne semblent jamais assouvis, toujours en quête de sensations fortes en bravant les interdits moraux les plus élémentaires tout en jouant la carte de l’impunité. On offre en pâture à nos concitoyens les fruits les plus écœurants et sordides de la turpitude humaine, au point que ces étalages finissent par devenir d’une telle banalité, qu’ils agissent tel un vaccin et contribuent lentement mais sûrement à émousser tout sens moral dans nos sociétés hautement civilisées qui s’habituent à tout.

C’est ce qu’exprime très bien la journaliste canadienne Naomi Klein dans son ouvrage « La stratégie du choc » : on assomme le citoyen avec des catastrophes et drames en tous genres, scandales, crises etc… petit à petit la capacité de réaction s’émousse pour se transformer en acceptation passive de l’évènement, hors de tout contrôle et de toute faculté d’appréciation et de jugement.

Le scandale sexuel est devenu une arme de destruction massive, le sexe est un moyen de contrôle et de pouvoir au vu et au su de tout le monde dès lors qu’une personnalité se retrouve prise en flagrant délit. Le Vatican a ses prêtres pédophiles, le pouvoir politique s’autorise le viol et l’adultère… à chacun sa spécialité !

Complot ou mise en scène ?

Soit M. Sarkozy est complice avec son cher ami Obama dans le but d’évincer DSK du FMI et mettre un autre pion à sa place qui sera aux ordres directs de la clique mondialiste, ce que DSK n’était peut-être pas suffisamment, soit DSK a inventé ce scénario ridicule pour attirer la sympathie et la compassion de ses électeurs potentiels pensant qu’aucune véritable charge ne pèsera contre lui grâce à sa notoriété.

Il pourrait donc sortir la tête haute de cette affaire et assurer de cette façon élégante son électorat pour 2012 face à Sarkozy. Mais cette manœuvre, pour autant qu’elle soit crédible, ne laisserait pas Sarkozy indifférent, lui qui n’est pas dupe au sujet de ses ennemis électoraux. Au contraire, cela lui offrira l’opportunité de vilipender DSK, après l’avoir fait nommer à la tête du FMI, ce qui permettra à Marine le Pen de lui damer le pion pour se retrouver en bonne posture au premier tour, car Sarkozy, en bon expert d’astuces électorales compte bien sur les voix du Front National pour se faire réélire en 2012…

Le problème est que DSK, à cause de ses démêlés judiciaires actuels risque fort de voir sa candidature mise entre parenthèse pendant un certain temps, voire définitivement, imaginant à tort que son innocence sera vite prouvée.

C’est bien méconnaître l’implacable sévérité de la machine judiciaire d’Outre-Atlantique… et cette hypothèse apparaît pour le moins invraisemblable.

Comment, en effet, un homme intelligent et rusé comme M. Strauss-Kahn pourrait se « jeter dans la gueule du loup » en tentant de violer une femme de chambre- dont on ne connaît toujours pas le vrai visage- et jeter le discrédit sur lui-même et sur les ténors de la classe politique française. On ne peut en outre, croire un seul instant qu’il pouvait ignorer les conséquences d’un tel acte et ainsi risquer sa tête et celle de sa famille pour une passade libertine, qui, bien que répréhensible, aurait pu se dérouler à huis-clos ailleurs que dans une suite d’hôtel de luxe qu’il fréquentait assidûment.

DSK, homme de paille de l’oligarchie

La vérité semble toute autre… certes la chute de « l’homme du FMI » fait les beaux jours de M. Sarkozy et ceux de Mme Lagarde, pressentie comme successeur et ardente supporter atlantiste (elle a fait la majeure partie de ses études et a travaillé longtemps aux États-Unis), mais surtout permet à l’élite financière internationale d’affirmer une fois de plus son implacable suprématie sur le déroulement des évènements politico-économiques de la planète.

On connaît la vocation ultra-mensongère des médias alignées qui veulent faire croire aux « idiots » que nous sommes, à une incartade de plus de M. Strauss-Kahn, qui, dit-on, n’en serait pas à son coup d’essai. La chose sera jugée et le coupable finira probablement sa vie en prison, pour 74 ans au plus… ce qui ne lui laisse pas beaucoup d’espoir pour profiter du patrimoine de son épouse et de la vie au grand air.

Le quotidien Le Figaro, dans un article du 16 mai dernier, explique comment les États-Unis, dont la dette s’élèverait à 14.294 milliards de dollars se trouvent au bord d’une faillite certaine, sous trois mois, précise le quotidien.

Un spécialiste des bons du Trésor de la société Nomura Securities, Aaron Kholi, parle d’une faillite qui serait « l’équivalent financier d’une bombe nucléaire ». Le cataclysme mondial serait tellement énorme que les gens n’y croient guère. Un analyste financier tente de se rassurer (et de rassurer les lecteurs) en déclarant qu’une solution devra être trouvée pour ne « pas laisser la planète finance exploser »…

On se doute, d’après maintes analyses économiques, que la fin du dollar est proche. Selon la rédactrice en chef de la revue économique suisse Bilan, l’économie américaine n’est plus qu’une grande illusion car « pour produire 1 dollar de richesse, elle a besoin de 6 dollars de dette. »

Pour que l’économie des États-Unis puisse espérer se maintenir, elle fait reposer sa solvabilité sur une dépréciation de l’euro afin de pouvoir écouler facilement leurs futures émissions de bons du Trésor.

« Début 2010, l’euro s’est retrouvé la cible d’attaques très directes. Celles-ci n’étaient plus seulement verbales, mais spéculatives. Les principaux hedge funds anglo-saxons ont décidé, lors d’un dîner organisé le 8 février 2010 à New-York, de parler de manière concertée sur la baisse de l’euro et la détérioration de la dette européenne. Il était admis qu’une fois la crise grecque déclenchée l’effet domino constituerait un coup gagnant, un véritable strike contre l’euro. » (1)

Il faut bien comprendre que toute l’économie américaine repose sur son complexe militaro-industriel qui sans cesse a besoin d’assurer sa puissance mondiale. Cette économie n’est pas une économie productive car elle est basée sur la spéculation en tant que principale source de revenus. Depuis bientôt deux ans l’apparition d’une monnaie de remplacement du dollar est en cours d’expérimentation pour pallier aux déficiences du billet vert. Cette monnaie de réserve (2) serait adossée aux droits de tirage spéciaux du FMI et serait composée d’un mélange de plusieurs devises dont le dollar, ce qui n’arrange pas du tout les financiers internationaux. Or DSK, en tant que Directeur du FMI serait le principal initiateur de cette monnaie dont l’annonce de la mise en service devait se faire lors du sommet du G8 à Deauville le 26 mai dernier. On connaît la suite : DSK est arrêté dans les conditions que l’on sait et démissionne presqu’aussitôt de son poste au FMI. L’annonce de la nouvelle monnaie au G8 de Deauville n’aura pas lieu. Le dollar peut encore continuer à circuler et malheur à celui qui oserait s’y opposer et le refuser comme monnaie d’échange commercial.

L’éviction de M. Strauss-Kahn est un moyen de discréditer le FMI et d’aggraver la crise de l’euro.

Ceci permettra aux anglo-saxons de multiplier leurs spéculations, en particulier sur les emprunts d’État de la Grèce, car le FMI représentait aux yeux des marchés financiers une garantie du plan de sauvetage mis en place en 2010.

Le déchaînement anarchique du marché spéculatif va immanquablement entraîner la faillite totale de la Grèce puis l’ensemble des pays et des banques européennes. On aurait tort de se réjouir de cet événement, quelle que soit le peu de sympathie que l’on puisse avoir à l’endroit de DSK, qui en dit long sur le sort que réservent les États-Unis à l’Europe qui perd de jour en jour toute souveraineté et toute crédibilité.

Avec la soi-disant capture de Ben Laden, l’assassinat de Saddam Hussein (3), l’évincement des chefs d’État tunisien, égyptien et ivoirien, l’assassinat d’une partie de la famille de Khadafi, en attendant sa propre élimination, la CIA et sa soldatesque jésuite est toujours prête à œuvrer en faveur de la mondialisation, quelles que soient les méthodes employées, aussi dégradantes soient-elles. Il y a eu l’affaire du Watergate de Nixon, les passades de Bill Clinton avec M. Lewinsky et Paula Jones et tant d’autres, qui non seulement ont servi à alimenter le réservoir d’idées de la presse mais ont été les vecteurs d’un processus de déstabilisation mondiale que les élites dirigeantes ont depuis fort longtemps appelé de leurs vœux.

« Ils leur promettent la liberté, quand ils sont eux-même esclaves de la corruption, car chacun est esclave de ce qui a triomphé de lui . » (2Pi 2:19)

Soyez bénis.

1- Cité par le site Mécanopolis le 24 avril 2011

2 – La Libye a déjà expérimenté cette monnaie de réserve grâce à des fonds souverains considérables qui lui assuraient de très importantes réserves monétaires. Or, tous les avoirs de la Banque Centrale Libyenne ont été gelés pendant la « révolution »…

3- Saddam Hussein a été un agent au service des États-Unis avant d’être « remercié » pour ses bons et loyaux services par une mise à mort aussi ignominieuse que dégradante.

Chronique de Michel André

VIA

La France : Un éternel Etat délinquant

L’appellation « Pays des droits de l’homme » dont on labélise la France en raison des philosophes du siècle des Lumières et de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 n’a jamais été, hélas, qu’un simple vœu pieu. La révolution française est bien loin ! Car si l’on observe le comportement de la France en Afrique – francophone s’entend – depuis ces deux derniers siècles, il y a de quoi être épouvanté ! Tant le pays des « Droits de l’homme » est le pays occidental le plus mafieux. Un pays dont les crimes de ses dirigeants sont perpétrés au fil du temps sans qu’aucun œil n’ose ciller et dans la plus grande impunité.

De la traite négrière jusqu’à la coopération, en passant par l’esclavage régi par le Code noir de Louis XIV, la colonisation marquée par le Code de l’indigénat et le travail forcé, la France est restée égale à elle-même. Pire, il se dégage une scandaleuse constante.

Nos Etats postcoloniaux demeurent marqués jusqu’aujourd’hui par des exactions, tueries et autres atteintes graves aux droits de la personne humaine perpétrés par un pays qui se prétend patrie de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Nous endurons encore les conséquences de ces actes odieux dont les effets psychologiques, économiques, culturels, politiques pèsent encore lourdement sur notre destin. Jugez-en vous-mêmes :

1- Décembre 1944 : Massacre du camp de Thiaroye (Sénégal)

L’administration coloniale réprime brutalement et férocement une mutinerie de soldats noirs qui manifestaient pacifiquement pour réclamer leurs arriérées de soldes. Bilan : 380 « mutins » froidement abattus.

2- Mai 1945 à Sétif (Algérie)

La police coloniale ouvre le feu sur des manifestants qui réclamaient l’indépendance de l’Algérie et la libération de Messali Hadj, chef du parti populaire Algérien (PPA). Bilan : plusieurs milliers d’algériens abattus.

3- De mars 1947 en décembre 1948 à Madagascar

Répression brutale d’une manifestation pour l’indépendance. Bilan : 80 000 morts, villages saccagés et incendiés.

4- De 1954 en 1960 en Algérie

Prétextant de l’insurrection algérienne, sous la conduite du Front de libération Nationale (FLN), l’occupation française massacre environ un million d’Algériens.

5- De 1945-1971 : Massacre au Cameroun

En pays Bamiléké, la boucherie fait environ 400.000 morts. Des villages rasés au napalm.

6. 1967 : La guerre civile du Biafra (Nigeria)

Pour se voir céder les droits exclusifs d’exploration et d’extraction du pétrole, de l’or, de la colombite, de l’étain, de l’uranium et de charbon dans la province du Biafra, la France suscite une effroyable guerre civile menée par Odumegwu Ojukwu. Bilan : environ un million de morts.

7- 1994 : Le génocide rwandais

La France arme et entraine la milice extrémiste Hutu « Interahamwes » qui a massacré environ 800 000 Tutsis au Rwanda.

8- Le 19 septembre 2002 en Côte d’Ivoire

La France organise et entretien une bande armée en Côte d’Ivoire pour renverser le régime de Laurent Gbagbo. Bilan : des milliers de morts. Puis, en 2004, les militaires français tirent sur une de manifestants ivoiriens désarmés. Bilan : 57 morts et 2200 blessés.

9- Les coups d’Etat de la France en Afrique

– Le renversement et l’assassinat, en janvier 1963, du premier président de la République du Togo, Sylvanus Olympio.

– Le 18 février 1964, la France vole au secours de Léon M’ba déposé par des officiers progressistes de l’armée gabonaise. Il est réinstallé au pouvoir par des para-commandos.

– En janvier 1977 au Bénin, échec d’une tentative de coup d’état, menée par des mercenaires conduits par le tristement célèbre mercenaire de l’Elysée, Bob Denard.

– Le 21 septembre 1979, la France lance l’opération dite Barracuda pour installer David Dacko au pouvoir à Bangui, en remplacement de l’empereur Bokassa, devenu encombrant et surtout embarrassant avec ses histoires de diamants offerts à son « cher parent » Giscard d’Estaing.

– Le 11 avril 2011, l’armée française capture avec une rare violence le Président Laurent Gbagbo et le fait remplacer par un Gouverneur local. Bilan : des milliers de morts.

Comme on le voit clairement, la France est un vrai empire colonial dont les méthodes n’ont pas variées. Ce qui montre combien nos indépendances n’ont été qu’une sinistrissime continuation de la tragédie africaine. En effet les pays africains, ex-colonies françaises, sont les parties du monde les plus durement touchées par la pauvreté, la maladie et l’ignorance. Ce sont en outre les régions les plus endettées, sans que l’on puisse dire à quoi ont servi les sommes colossales « offertes » par la France généreuse. En fait, nous sommes délibérément affamés, et notre dignité piétinée, par une France toujours plus insatiable, par l’intermédiaire des régimes qu’elle installe à tour de bras. Ce sont des gens avides, assoiffés de gloire.

Il faut le dire tout net. La France se moque du monde entier, et manipule l’opinion internationale. L’Union Européenne, l’ONU et à l’Union Africaine ? Tous ces groupements transnationaux sont à la solde du pétrole et autres richesses minières de l’Afrique. Un pillage finement orchestré, et complètement banalisé dans leur différente opinion publique.

La défense de la démocratie ? Quelle comédie sinistre et honteuse quand on se rappelle le discours de la Baule. En effet, ce discours de Mitterrand était rempli d’espoirs nouveaux pour le continent noir. Mais en temps, la France de Mitterrand ne s’embarrassa de fioritures pour sauver ses « amis », faisant ainsi le choix des compromissions mafieuses qui meurtrissent encore aujourd’hui le continent africain. Il ne resta plus à Jacques Chirac que de tuer tout espoir de renouveau en Afrique. En 1987 à Dakar alors qu’il était premier ministre, Jacques Chirac annonça qu’il préfère « le parti unique multitendanciel ». Une notion brumeuse, certainement pour les attardés que nous sommes. A Abidjan en 1990, Jacques Chirac, avec tout le sérieux qu’on lui connaît quand il s’agit de l’Afrique nous lança que « le multipartisme est un luxe que les pays en développement n’ont pas les moyens de s’offrir. » Avec Nicolas Sarkozy et ses expéditions guerrières, le cynisme est des plus époustouflants… Pour lui, l’Afrique n’est pas entrée dans l’Histoire (sic). Entendu qu’entrer dans l’Histoire c’est perpétuer la barbarie séculaire qui remonte à l’invasion de l’Afrique et à l’esclavage ; c’est installer sur le continent des criminels sur fond de fleuves de sang humain parce que sa survie en dépend, et parce qu’elle pense que c’est la seule méthode qui vaille.

Il a eu trop tôt raison Georges Clémenceau quand il disait : « Une goutte de pétrole vaut bien une goutte de sang. » C’est l’Afrique qui a fait la France au prix de son sang. Ainsi écraser les démocraties en pillant, tuant et violant est donc tout à fait légitime pour la France. Quiconque aspire à devenir « Gouverneur délégué » de la France dans son pays ne peut manifestement y parvenir sans l’onction et la bénédiction de l’Etat français. De même, quiconque de ces « Gouverneurs délégués » en place ne se plie pas aux règles du Pacte colonial de la françafrique est débarqué, arrêté au mépris de la moindre loi, quand il n’est pas tout simplement assassiné, et remplacé par un autre postulant.

Ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002 ne se serait jamais produit si la France n’était pas au centre de cette barbarie. C’est à un véritable déni de démocratie, et donc de progrès que s’est livrée la France. Qui ne peut concevoir ses rapports avec ses ex-colonies que sous la forme de telles inhumanités. Il apparaît en effet que les actions de Sarkozy tout comme celles de ses prédécesseurs, fossilisées de façon héréditaire, aient consisté à systématiquement bafouer toute possibilité d’affirmation des droits de l’Homme en Afrique et à y semer, non pas ces valeurs universelles de démocraties qui élèvent l’Homme et le libèrent, mais celles qui l’animalisent et qui s’interposent entre les Africains et leurs libertés.

Nous devons sortir du supplice infernal qui nous lie à la France coloniale. L’Afrique n’a pas besoin ni de l’aide de la France, ni de son omniprésence. La prétendue générosité de la France est une aide empoisonnée. Elle rappelle l’histoire de ce pompier-pyromane qui s’active à éteindre l’incendie qu’il a provoquée. Tout cela, dans le seul objectif de se faire acclamer en héros… Les peuples africains n’ont que trop souffert de ce paternalisme qui créateur de souffrances inutiles. Ce dont nos pays ont besoin aujourd’hui, c’est que la France les laisse en paix pour que seuls, ils retrouvent les équilibres politiques et économiques naturels qui lui permettraient de sortir de la pauvreté et de l’instabilité politique grâce à son propre génie.

Autrement dit, la solution aux nombreux problèmes de l’Afrique passe nécessairement par la mise à mort de la politique mafieuse de la France en Afrique, afin de permettre l’avènement d’une vraie coopération bénéfique pour tous. Il faut surtout que la France, pour son propre bien aussi, accepte la nature incontournable des aspirations démocratiques de nos peuples.

Nikitta Kadjoume – Refletci.webself.net

Et si la Chine aidait vraiment l’Afrique ?

(Slateafrique) La Chine est devenue en 2009 le premier partenaire commercial de l’Afrique. L’Afrique doit-elle avoir peur de la puissance chinoise? Doit-elle redouter une nouvelle forme de colonisation? Voici 5 raisons de croire à un nouveau partenariat.

Raison numéro 1: Pékin redonne à l’Afrique un rôle et une dimension sur l’échiquier international

Ceux qui n’ont pas connu la guerre froide ne savent pas que jusqu’à l’effondrement de l’URSS (décembre 1991), l’Afrique était courtisée par les pays qui formaient les deux blocs. L’ONU était un champ de bataille où chaque voix comptait. Les Etats-Unis et l’Europe de l’Ouest d’un côté, et le bloc soviétique de l’autre passaient leur temps à choyer les pays du Sud, et notamment les Etats africains, en quête de soutien. L’Afrique avait un poids dans les enceintes du monde.

Après 1991, tout change. Plus besoin de courtiser en permanence l’Afrique, l’hyperpuissance américaine règne en maître. L’irruption de la Chine, devenue la deuxième puissance économique de la planète, redonne à l’Afrique une visibilité diplomatique. D’un côté, Pékin se veut l’avocat des pays africains, y compris les «bad boys»; de l’autre, les grandes puissances occidentales courent derrière leurs alliés traditionnels qui ne se privent pas de faire jouer la concurrence diplomatique.

Raison numéro 2: la Chine contribue à faire bondir les cours des matières premières

Si Pékin aime tant l’Afrique, c’est avant tout parce qu’elle y trouve les matières premières dont elle a besoin pour son développement. Ses achats sur ce marché étant de plus en plus massifs, la Chine contribue à l’augmentation des prix. Avec un baril de pétrole à plus de 100 dollars (69 euros), un cours du cuivre qui a triplé en deux ans et des matières premières chaque jour plus chères, l’Afrique perçoit des flux financiers de plus en plus importants. Certes, les dirigeants africains doivent se méfier des capitalistes de l’empire du Milieu qui n’hésitent pas à recourir aux crédits gagés, comme le dénonce depuis quelques années le FMI. En gros, Pékin prête des milliards en échange de concessions minières ou de parcelles forestières.

Afin de profiter au mieux de l’envolée des cours des matières premières, les dirigeants africains doivent veiller à ne pas brader leurs ressources. Une prise de conscience commence à voir le jour, et les institutions de Bretton Woods ainsi que les partenaires traditionnels de l’Afrique, soucieux de contrebalancer le pouvoir grandissant de la Chine, aident les Etats à mieux gérer leur relation avec Pékin.

Raison numéro 3: la Chine attire une concurrence en Afrique

Les Chinois ne sont pas les seuls à avoir (re)découvert l’Afrique au début du 21e siècle. Dans le sillage des capitalistes rouge de l’empire du Milieu, on voit désormais débarquer les Turcs, les Russes (encore que timidement) et surtout les Indiens, les Saoudiens, les Sud-Coréens, etc. L’Afrique a beaucoup à y gagner. Ces pays qui disposent tous de ressources financières importantes sont à la fois de nouveaux pourvoyeurs d’aide bilatérale et aussi des investisseurs pressés. Ainsi, en multipliant les partenaires économiques, les pays africains multiplient les possibilités d’investissement.

Raison numéro 4: la Chine finira bien par délocaliser ses industries en Afrique

Pourquoi les dirigeants Africains ne mènent-ils pas une politique «à la chinoise»? Dans les années 90, lorsque Pékin s’est ouvert aux investisseurs étrangers, le Parti communiste a fixé des règles, devenues depuis intangibles. Pékin exige qu’une partie de la production étrangère écoulée en Chine soit fabriquée localement. Elle impose que les entreprises occidentales s’associent à un partenaire chinois à qui sera donné, dans la plupart des cas, la majorité du capital de la coentreprise ainsi créée. Voilà comment en vingt ans, l’industrie chinoise a explosé.

Les dirigeants africains auront-ils le courage d’appliquer un tel modèle? Déjà, les choses bougent d’elles-même. En développant les zones de coopération économiques spéciales  (ZES) dans six pays d’Afrique, la Chine reproduit le modèle qui a permis à Shenzhen de devenir en trente ans l’un des piliers de l’économie chinoise. La zone qui se crée en Egypte servira aux entreprises chinoises à réexporter vers l’Europe et les Etats-Unis, profitant pour ce faire des accords économiques liant Le Caire à ses partenaires occidentaux. Des industries chinoises peuvent donc s’implanter sur le continent. Aux Africains de décider s’ils obtiendront ou non des transferts de technologie.

Raison numéro 5: la Chine n’applique pas un modèle colonial

Bien entendu, Pékin défend ses intérêts. Prendre des marchés, acheter des matières premières au meilleur prix, écouler ses produits… Elle tisse petit à petit des liens de dépendance financière vis-à-vis de ses partenaires. En cela, elle ne diffère pas des autres puissances. Mais son histoire africaine est radicalement différente de celles des pays européens. Elle ne s’impose pas à coups de baïonnettes ou de canon, comme l’ont fait les colonisateurs. De plus, beaucoup de dirigeants commencent à comprendre que les Chinois peuvent être mis en concurrence. Aussi, il n’est pas évident que la Chine, malgré ses nombreux atouts, puisse aussi facilement que cela s’imposer à des états africains encore fragiles.

Alex Ndiaye