Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: juin 16, 2011

BENIN : Vers un autoritarisme absolu du régime Yayi

dp 24h – Le régime du changement n’a pas rompu avec ses vilaines habitudes liberticides. Les populations béninoises se désolent déjà de l’arrogance qui caractérise le régime de la Refondation dans ses prises de décisions.

« La démocratie n’est pas l’anarchie. », le chef de l’Etat l’a bien compris. Dans son message à la nation diffusé en début de semaine par la presse locale, le prince de la refondation a renouvelé son attachement aux réformes qu’il dit avoir inscrit dans son projet de société. Le président Boni Yayi veut d’une administration publique au service de la nation. Mais il semble n’avoir pas trouvé les mots justes pour l’exprimer.

Depuis son investiture, les béninois peinent à comprendre les dessous de la refondation. De plus en plus, Boni Yayi devient autoritaire ; il veut se passer de tout le monde pour réussir sa mission. Plusieurs couches sociales du pays font déjà les frais du zèle de son régime. Boni Yayi interdit désormais les grèves des travailleurs. Il lance une guerre ouverte contre ces derniers. Des rumeurs font état même d’un corps à corps entre celui-ci et un responsable syndical du ministère des affaires étrangères.

Face à la flambée des violences verbales du régime en place, les béninois ont vraiment raison à s’inquiéter. Tout a commencé par le supposé KO de l’élection présidentielle où un dispositif répressif a été installé dans les bastions de l’opposition pour réprimer toute manifestation contestataire. Même des députés à l’assemblée nationale ont été pris comme cible d’attaque des sbires du pouvoir. Après c’est une guerre interne dans la famille présidentielle menée par le président lui-même pour exiger le retrait de certaines listes de la course aux élections législatives.

Comme on peut le constater, le régime de la refondation n’est pas lassé de sa phobie démocratique. Le mouvement continue et l’inquiétude des populations s’amplifie. Les faits donnent entièrement à l’opposition. A la veille des dernières consultations électorales, l’opposition soulignait déjà qu’une réélection de Boni Yayi est le lit d’une anarchie constitutionnelle au sommet de l’Etat. Sous le signe d’une certaine refondation, Boni Yayi fait à nouveau main basse sur les institutions du pays. A l’assemblée nationale, le pouvoir détient la majorité absolue des sièges, il contrôle le bureau de l’institution ainsi que toutes les commissions. Or avec la campagne de déstabilisation des forces coalisées de l’opposition qu’on observe actuellement, on peut affirmer que le pays court sans doute vers une idéologie politique déjà révolue. A l’heure du printemps arabe, Boni Yayi semble avoir fait un choix peu judicieux au cours de son second quinquennat.

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Le lourd tribut au bon sens

L’appel de Yayi est tombé dans des oreilles de sourds. En dépit de quelques peureux qui ont vite fait d’aller au service hier par crainte des représailles annoncées par le Chef de l’Etat, la plupart des agents permanents de l’Etat ont résisté aux injonctions du Chef de l’Etat. Clairement, les syndicats à la base ont remporté une première victoire, en attendant que les mesures de rétorsion que le gouvernement s’apprête à prendre ne les renforcent davantage.

Car, la fermeté d’emprunt affichée dans le message présidentiel de lundi, trahit ses intentions faussement belliqueuses face à une situation qui lui a déjà échappé. Ni Yayi ni personne d’autre n’a les moyens de mener une guerre véritable pour arracher aux syndicats une partie de la puissance de coercition dont ils disposent face aux autorités publiques.

 L’affaire Dangnivo et sa conclusion tragique ont montré clairement que le gouvernement a choisi l’option de l’aplatissement face aux caprices des syndicats et plus rien ne devrait logiquement les arrêter désormais. C’est lui le gouvernement qui a accepté de cautionner le brutal changement des revendications des agents du ministère des finances sur cette affaire, dès lors qu’ils se sont aperçus être dans une erreur monumentale.

 Le gouvernement aurait mieux fait de les laisser assumer les failles de leurs revendications inadmissibles de départ au lieu d’accepter qu’au terme de leurs propres errements, les syndicats décident d’un volte-face surprenant en prenant les membres de l’exécutif pour des godillots. En admettant même la possibilité de cette augmentation salariale saugrenue et inexplicable au moment où les vaches sont si maigres, Pascal Irénée Koupaki avait cru que le Bénin pourrait engranger bientôt des recettes fiscales additionnelles grâce à l’embellie au port et à une meilleure tenue des agents du ministère des finances.

Et qu’en même temps, ces ressources additionnelles, même virtuelles, devraient directement aller dans les poches des fonctionnaires des finances. C’est comme construire un beau château en Espagne, c’est précisément dépenser l’argent avant même de l’avoir gagné. Et dans le même temps, on exclut de ce partage (virtuel) tous les autres ministères et institutions du même Etat !

Ce fut une pièce surréaliste, un échafaudage grossier qui conduit tout le monde dans l’impasse. Aujourd’hui, les centrales syndicales sur lesquelles le gouvernement croyait pouvoir compter dans son bras de fer contre les syndicats « récalcitrants » se sont liguées aux côtés des leurs. Il ne faut pas chercher loin : leur main est bien derrière les coups de semonce des syndicats frondeurs. Elles s’apprêtent à enfoncer le clou pour contraindre le gouvernement à respecter les fameuses libertés syndicales. Et rien que çà !

Les descentes musclées du Chef de l’Etat dans les administrations ne sont donc qu’à leur début. Il aura l’occasion d’en faire mille autres, sans résultat. Comme Justin Tométin Ahomadégbé du temps où il était Vice-président de la République et harcelait les travailleurs grévistes, il court droit vers un télescopage avec les syndicats.

Avec un rapport des forces particulièrement déséquilibré. Aucun ministre (nouveau) ne pourrait supporter le poids d’une fronde syndicale massive au moment même où la plupart d’entre eux ne savent pas grand-chose de leurs administrations respectives. A moins de mettre la force publique aux trousses des grévistes et de courir le risque d’un délitement total, l’option de l’affrontement est simplement intenable.

Comme je l’ai dit dès le 22 avril, au lendemain de la conclusion de ces négociations gouvernement-centrales syndicales ayant accouché de l’augmentation des 25%, l’Etat lui-même a choisi de se pendre et devrait en tirer toutes les conséquences. Face au chaos en préparation, la seule option valable est de dénoncer cet accord bancal en faveur des seuls travailleurs des finances, quitte à envisager plus tard des mesures plus adaptées aux réelles potentialités des finances publiques béninoises. La bourrasque viendrait cette fois des travailleurs des finances qui ont déjà commencé à bénéficier de leur augmentation…

En creux de cette atmosphère surchauffée se trouve un gouvernement pris au piège de ses propres errements. Un peu d’incompétence, beaucoup de complaisance mais surtout trop de politique à un moment indû…

Olivier ALLOCHEME

La guerre en Lybie, le pouvoir américain et le déclin du système des pétrodollars

La campagne actuellement menée par l’OTAN contre Kadhafi en Lybie a suscité beaucoup de confusion, autant chez ceux qui ont lancé cette campagne inefficace que chez ceux qui l’observent. Beaucoup de personnes pour lesquelles j’ai habituellement du respect la conçoivent comme une guerre nécessaire contre un « méchant » – bien que certains aient choisi de voir en Kadhafi le « méchant » tandis que d’autres désignent ainsi Obama.

Au contraire, mon avis sur cette guerre est qu’elle est mal préparée et dangereuse – représentant une menace pour les intérêts des Libyens, des Américains, du Moyen-Orient et potentiellement du monde entier. Derrière la prétendue inquiétude concernant la sécurité des civils libyens réside une préoccupation plus profonde qui est à peine reconnue : la défense par l’Occident de l’économie globale des pétrodollars aujourd’hui en déclin.

La confusion qui règne à Washington, incarnée par l’absence de discussion sur un objectif stratégique prépondérant pour justifier l’implication des Etats-Unis dans ce conflit, est symptomatique du fait que le Siècle américain touche à sa fin, et ce d’une manière autant prévisible à long terme qu’erratique et hors de contrôle dans son déroulement.

Confusion à Washington et à l’OTAN

Concernant le soulèvement de la Lybie, les opinions à Washington varient entre celles de John McCain – qui aurait exhorté l’OTAN à apporter « tous les moyens disponibles d’assistance, excepté des troupes au sol», afin de renverser Kadhafi1 – et celles du député Républicain au Congrès Mike Rogers, qui a exprimé une grande préoccupation, y compris sur toute livraison d’armes à un groupe de combattants que l’on connait peu.2

Nous avons pu observer la même confusion à travers le Moyen-Orient. En Egypte, une coalition d’éléments non-gouvernementaux a contribué à préparer la révolution non-violente dans ce pays, tandis que l’ancien ambassadeur des Etats-Unis Frank Wisner Jr. s’est rendu en Egypte afin de persuader Moubarak de s’accrocher au pouvoir. Pendant ce temps, dans des pays qui étaient d’un intérêt majeur pour les Etats-Unis comme la Jordanie et le Yémen, il est difficile de discerner une quelconque politique américaine cohérente.

Au sein de l’OTAN également, il règne une certaine confusion qui menace occasionnellement d’éclater en conflit ouvert. Des 28 membres composant l’OTAN, seulement 14 sont impliqués dans la campagne libyenne, dont seulement 6 dans la guerre aérienne. Parmi ces derniers, seulement trois pays – les Etats-Unis, la Grande Bretagne et la France – offrent un appui tactique aérien aux rebelles combattant au sol. Lorsque de nombreux pays membres de l’OTAN gelèrent les comptes en banque de Kadhafi et de ses proches soutiens, les Etats-Unis, par un acte suspect et peu exposé dans la presse, ont gelé l’intégralité des 30 milliards de dollars de fonds du gouvernement libyen auxquels ils avaient accès (voire plus bas pour de plus amples détails sur ce sujet). L’Allemagne, nation la plus puissante de l’OTAN après les Etats-Unis, s’est abstenue lors du vote de la résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies ; et son ministre des affaires étrangères, Guido Westerwelle, a depuis déclaré : « Nous ne verrons pas de solution militaire, mais une solution politique. »3

Un tel chaos aurait été impensable durant la période culminante de l’hégémonie des Etats-Unis. Obama semble paralysé entre son objectif déclaré – l’exclusion de Kadhafi du pouvoir – et les moyens dont il dispose, au vu de l’engagement couteux des Etats-Unis dans deux guerres, et du fait de ses priorités de politique intérieure.

Afin de comprendre la confusion des Etats-Unis et de l’OTAN au sujet de la Libye, nous devons observer d’autres phénomènes :

• L’alerte lancée par Standard & Poor’s concernant l’imminence d’un abaissement de la notation des Etats-Unis.

• La hausse sans précédent du prix de l’or au dessus du seuil des 1500 dollars l’once.

• Le blocage politique aux Etats-Unis au sujet des déficits de l’Etat fédéral et des Etats fédérés, et comment agir dans cette situation.

En pleine remise en question libyenne de ce qu’il reste de l’hégémonie américaine, et en partie comme conséquence directe de la stratégie confuse des Etats-Unis en Libye, le baril de pétrole a atteint les 112 dollars. Cette hausse de prix menace de ralentir ou même de renverser la reprise économique chancelante des Etats-Unis, et démontre en quoi – parmi de nombreuses autres raisons – la guerre en Libye n’est pas en train de servir les intérêts nationaux des Etats-Unis.

Depuis le début, la confusion au sujet de la Lybie a été évidente à Washington, particulièrement depuis que la secrétaire d’Etat Clinton a défendu une politique de non-survol, que le Président Obama a déclaré ne vouloir envisager qu’en option, et contre laquelle le secrétaire à la Défense Gates a lancé des mises en garde.4 Il en a résulté une série de mesures temporaires, au cours desquelles Obama a justifié une réponse américaine limitée en désignant les implications astreignantes des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan.

Pourtant, malgré un enlisement s’installant au sein-même de la Libye, une série de nouvelles escalades graduelles ont été envisagées, de la fourniture aux rebelles d’armes, de fonds et de conseillers jusqu’à l’introduction de mercenaires, voire même de troupes étrangères. Le scénario américain commence de plus en plus à ressembler à celui du Vietnam, où la guerre a aussi débuté sur une échelle modeste avec l’introduction secrète d’opérateurs puis de conseillers militaires.

Je dois avouer que le 17 mars, j’étais moi-même hésitant concernant la résolution 1973 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, qui établissait ostensiblement en Libye une zone de non-survol destinée à la protection des civils. Mais depuis lors, il est apparu que la menace contre les rebelles incarnée par les troupes et la rhétorique de Kadhafi était bien moindre qu’elle n’était alors perçue. Pour citer le professeur Alan J. Kuperman :

« […] Le Président Barack Obama a grossièrement exagéré la menace humanitaire afin de justifier une action militaire en Libye. Le Président a avancé qu’une intervention était nécessaire afin d’éviter un ‘bain de sang’ à Benghazi, seconde ville de Libye et bastion des rebelles. Mais Human Rights Watcha publié des données concernant Misrata, troisième ville la plus peuplée de Libye qui a été le théâtre de combats prolongés. [Ces données] révèlent que Mouammar Kadhafi n’est pas en train de massacrer délibérément des civils mais plutôt qu’il cible étroitement les rebelles armés qui combattent contre son gouvernement. La population de Misrata est d’environ 400 000 habitants. En presque deux mois de guerre, seulement 257 personnes – incluant des combattants – sont morts là-bas. Parmi les 949 blessés, seulement 22 – soit moins de 3 % – sont des femmes. […] De même que Kadhafi n’a jamais proféré la menace d’un massacre de civils à Benghazi, tel qu’Obama l’a prétendu. La mise en garde ‘sans pitié’ du 17 mars ciblait seulement les rebelles, comme il a été rapporté dans le New York Times, qui nota que le dirigeant de la Libye promît l’amnistie à ceux « qui jetteraient leurs armes ». Kadhafi a même offert aux rebelles une voie de détresse et une frontière ouverte avec l’Egypte pour éviter un combat ‘à l’issue amère’. »5

L’histoire des interventions toujours en cours des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan suggère que nous devrions nous attendre à un lourd bilan humain si l’actuel enlisement en Libye perdure ou donne lieu à des escalades supplémentaires.

Le rôle des intérêts pétroliers et financiers dans cette guerreDans American War Machine,j’écris comment :

« A travers une dialectique apparemment inévitable, […] la prospérité dans les Etats importants a encouragé l’expansion, et celle-ci a créé au sein des Etats dominants des disparités de revenus grandissantes.6 Dans ce processus, l’Etat dominant lui-même a été altéré, puisque ses services publics furent progressivement appauvris dans le but de renforcer des arrangements sécuritaires bénéficiant à peu de personnes tout en oppressant la majorité.7

Ainsi, pendant de nombreuses années, les affaires étrangères de l’Angleterre en Asie en sont arrivées à être conduites en grande partie par la Compagnie anglaise des Indes orientales […]. D’une façon similaire, l’entreprise américaine Aramco, représentant un consortium composé des majors pétrolières Esso, Mobil, Socal et Texaco, conduisit sa propre politique étrangère en Arabie, disposant de connexions privées avec la CIA et le FBI.8 […]

De cette manière, la Grande Bretagne et les Etats-Unis ont hérité de politiques qui, lorsqu’elles furent adoptées par les Etats métropolitains, devinrent inamicales à l’ordre public et à la sécurité. »9

Dans les derniers stades du pouvoir hégémonique, l’on observe de plus en plus d’interventions brutes menées pour des intérêts restreints, sabordant les efforts antérieurs aspirant à la création d’institutions internationales stables. Prenons en considération le rôle du raid Jameson – qui résultait d’une conspiration –  dans la République sud-africaine des Boers à la fin de l’année 1895. Ce raid, conçu pour favoriser les intérêts de Cecil Rhodes, contribua à engendrer la Seconde Guerre des Boers.10 Ou envisageons la conspiration franco-anglaise avec Israël en 1956, fomentée dans une tentative absurde et vaine de garder le contrôle du Canal de Suez.

A présent considérons les efforts de lobbying des majors pétrolières comme étant des facteurs de l’entrée en guerre des Etats-Unis au Vietnam (1961), en Afghanistan (2001) et en Irak (2003).11 Bien que le rôle des compagnies pétrolières dans l’implication des Etats-Unis en Libye reste obscure, il est quasiment certain que les réunions de la Commission d’études énergétiques de Dick Cheney ne traitaient pas seulement des réserves pétrolières sous-exploitées de l’Irak, mais également de celles de la Libye – estimées à environ 41 milliards de barils, soit environ un tiers des réserves de l’Irak.12

Ensuite, certains à Washington s’attendaient à ce qu’une rapide victoire en Irak soit suivie par des attaques similaires contre la Libye et l’Iran. Il y a quatre ans, le général Wesley Clarke a déclaré à Amy Goodman sur Democracy Now que peu après le 11-Septembre, un général au Pentagone l’informa que de nombreux pays seraient attaqués par l’armée des Etats-Unis. La liste incluait l’Irak, la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et l’Iran.13 En mai 2003 John Gibson, directeur général de la division Services énergétiques de l’entreprise Halliburton, déclara dans un entretien avec l’International Oil Daily : « Nous espérons que l’Irak sera le premier domino et que la Libye et l’Iran suivront. Nous n’aimons pas être mis à l’écart des marchés car cela donne à nos concurrents un avantage déloyal. »14

Il est également de notoriété publique que la résolution 1973 de l’ONU imposant le 17 mars une zone de non-survol suivait de peu la menace publique proférée par Kadhafi le 2 mars d’exclure les compagnies pétrolières occidentales de Libye ; de même qu’elle suivait son invitation faite le 14 mars aux firmes russes, chinoises et indiennes à produire le pétrole libyen à leur place.15 De façon significative, la Chine, la Russie et l’Inde (rejoints par le Brésil, leur allié parmi les BRICS) se sont abstenus durant le vote de la Résolution 1973.

La question du pétrole est étroitement liée à celle du dollar, car le statut du dollar comme monnaie de réserve mondiale dépend largement de la décision de l’OPEP de libeller les achats du pétrole de l’OPEP en dollars. L’économie actuelle des pétrodollars se fonde sur deux accords secrets passés durant les années 1970 avec les Saoudiens pour recycler les pétrodollars dans l’économie des Etats-Unis. Le premier de ces accords assurait une participation spéciale et durable de l’Arabie saoudite dans la santé du dollar U.S. ; le second sécurisait un soutien saoudien continuel pour la tarification de l’intégralité du pétrole de l’OPEP en dollars. Ces deux accords garantissaient que l’économie des Etats-Unis ne serait pas affaiblie par les hausses de prix du pétrole de l’OPEP. Depuis lors, le plus lourd fardeau a en fait été porté par les économies des pays les moins développés, qui doivent acheter des dollars pour leurs fournitures en pétrole.16

Comme Ellen Brown l’a relevé, d’abord l’Irak et ensuite la Libye ont décidé de défier le système des pétrodollars et de stopper leurs ventes de pétrole en dollars, peu avant que ces deux pays ne soient attaqués :

« Kenneth Schortgen Jr., écrivant pour Examiner.com, remarqua que ‘undefinedix mois avant l’entrée des Etats-Unis en Irak pour faire chuter Saddam Hussein, cette nation pétrolière avait entrepris la démarche d’accepter les euros au lieu des dollars pour son pétrole, et cela devint une menace pour l’hégémonie globale du dollar en tant que monnaie de réserve, et pour sa domination en tant que pétrodollar’.

Selon un article russe intitulé ‘Bombardement de la Libye – La punition de Kadhafi pour sa tentative de refuser le dollar U.S.’, Kadhafi a entrepris une même démarche audacieuse : il initia un mouvement destiné à refuser le dollar et l’euro, et appela les nations arabes et africaines à utiliser à la place une nouvelle monnaie, le dinar or. Kadhafi suggéra d’établir un continent africain uni, avec ses 200 millions de personnes utilisant cette monnaie commune… Cette initiative était perçue négativement par les Etats-Unis et l’Union européenne, le Président français Nicolas Sarkozy qualifiant la Libye de menace pour la sécurité financière de l’humanité ; mais Kadhafi continua d’appuyer la création d’une Afrique unie.

Et cela nous ramène à l’énigme de la banque centrale libyenne. Dans un article posté sur Market Oracle, Eric Encina observa :

‘Un fait très rarement mentionné par les politiciens occidentaux et les experts médiatiques : la Banque Centrale de Libye est à 100% détenue par l’Etat […] Actuellement, le gouvernement libyen fabrique sa propre monnaie, le dinar libyen, grâce aux installations de sa propre banque centrale. Peu de personnes peuvent remettre en question le fait que la Libye soit une nation souveraine avec de vastes ressources, capable d’alimenter son propre destin économique. Un problème majeur pour les cartels bancaires globalistes est que, pour faire des affaires avec la Libye, ils doivent passer par la Banque Centrale libyenne et par sa propre monnaie, un endroit où ils n’ont absolument aucun ascendant ou aucune capacité d’influence. Par conséquent, faire chuter la Banque Centrale de Libye (BCL) peut ne pas apparaître dans les discours d’Obama, de Cameron et de Sarkozy, mais cet objectif est certainement au sommet de l’ordre du jour globaliste consistant à absorber la Libye dans sa ruche de nations dociles.’ 17

La Libye n’a pas seulement du pétrole. Selon le FMI, sa banque centrale renferme environ 144 tonnes d’or dans ses coffres. Avec une telle réserve d’actifs, qui aurait besoin de la BRI [Banque des Règlements Internationaux], du FMI ou de leurs règles ? » 18

La proposition récente de Kadhafi d’introduire un dinar or pour l’Afrique ravive l’idée d’un dinar or islamique émise en 2003 par le Premier Ministre malaysien Mahathir Mohamad, ainsi que par des mouvements islamistes.19 Cette idée, qui contrevient aux règles du FMI et qui est conçue pour les contourner, a eu du mal à être concrétisée. Mais aujourd’hui, les pays stockant de plus en plus d’or plutôt que des dollars n’incluent pas seulement la Libye et l’Iran, mais également la Chine, la Russie et l’Inde.20

L’intérêt de la France à mettre un terme aux initiatives africaines de Kadhafi

L’initiative des frappes aériennes semble être venue initialement de France, avec un soutien précoce de la Grande Bretagne. Si Kadhafi était parvenu à créer une Union africaine soutenue par la monnaie et les réserves d’or de la Libye, la France, qui reste le pouvoir économique prédominant dans la plupart de ses anciennes colonies centre-africaines, aurait été la grande perdante. D’ailleurs, un rapport de Dennis Kucinich aux Etats-Unis a corroboré l’assertion de Franco Bechis en Italie, transmise par le Réseau Voltaire en France, selon laquelle « des plans pour déclencher la rébellion de Benghazi furent initiés par les services de renseignement français en novembre 2010. »21

Si l’idée d’attaquer la Libye provient de la France, Obama a rapidement soutenu les plans français visant à contrecarrer l’initiative africaine de Kadhafi avec sa déclaration unilatérale d’une urgence nationale, nécessaire pour geler l’intégralité des 30 milliards de dollars de la Banque de Libye auxquels les Etats-Unis avaient accès. (Cette opération fut rapportée de manière trompeuse dans la presse U.S. comme étant un gel des fonds du « Colonel Kadhafi, de ses enfants et de sa famille, ainsi que des membres importants du gouvernement libyen »22 Mais en réalité la seconde section du décret d’Obama visait explicitement « Toutes les propriétés et intérêts […] du Gouvernement de Libye, ses agences, ses représentants et ses entités sous son contrôle, ainsi que la Banque Centrale de Libye. »23) Alors que ces dernières années les Etats-Unis ont activement utilisé des armes financières, cette confiscation de 30 milliards de dollars, « la plus importante somme gelée par une sanction ordonnée par les Etats-Unis », avait un précédent : la confiscation –potentiellement illégale, et résultante certaine d’une conspiration – des actifs iraniens en 1979 au nom de la Chase Manhattan Bank alors menacée.24

Les conséquences, pour l’Afrique autant que pour la Libye, de ce gel de 30 milliards de dollars ont été clairement expliquées par une observatrice africaine :

« Les 30 milliards de dollars U.S. gelés par M. Obama appartiennent à la Banque Centrale de Libye et ont été affectés en tant que contribution libyenne à trois projets clés qui auraient ajouté les touches finales à la fédération africaine – la Banque Africaine d’Investissement à Syrte en Libye ; l’établissement en 2011 du Fond Monétaire Africain qui devait être basé à Yaoundé avec un fonds de capitaux de 42 milliards de dollars ; enfin la Banque Centrale Africaine située à Abuja au Nigéria, qui lorsqu’elle commencera à imprimer de l’argent africain sonnera le glas du franc CFA grâce auquel Paris a réussi à maintenir son emprise sur certains pays africains durant ces cinquante dernières années. Il est aisé de comprendre la colère de la France contre Kadhafi. »25

Cette même observatrice énonce les raisons qui la portent à croire que les plans de Kadhafi pour l’Afrique ont été plus bienveillants que ceux de l’Occident.

« Ceci débuta en 1992, lorsque 45 nations africaines établirent la RASCOM (Organisation Régionale Africaine de Communications par Satellite) qui aurait ainsi fourni à l’Afrique son propre satellite et aurait réduit les couts des communications dans le continent. C’était à une époque où les appels téléphoniques vers et depuis l’Afrique étaient les plus chers du monde à cause de la redevance de 500 millions de dollars U.S. empochée par l’Europe pour l’utilisation de ses satellites – comme Intelsat – pour les conversations téléphoniques, incluant celles au sein d’un même pays.

Un satellite africain coutait seulement un payement unique de 400 millions de dollars U.S., et ainsi le continent n’aurait plus à payer une location de 500 millions de dollars annuels. Quel banquier n’aurait-il pas financé un tel projet ? Mais le problème demeurait – comment des esclaves, cherchant à s’émanciper de l’exploitation de leurs maîtres, peuvent-ils demander de l’aide à ces derniers pour obtenir cette liberté ? Sans surprises, la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International, les Etats-Unis et l’Europe ont seulement fait de vagues promesses durant 14 ans. Kadhafi mit fin à ces futiles appels aux ‘bienfaiteurs’ occidentaux et leurs taux d’intérêts exorbitants. Le Guide libyen mit 300 millions de dollars U.S. sur la table ; la Banque Africaine de Développement ajouta 50 millions de dollars de plus et la Banque de Développement de l’Afrique de l’Ouest 27 millions supplémentaires – et c’est de cette manière que l’Afrique obtint son premier satellite de communications le 26 décembre 2007. »26

Je ne suis pas en position de corroborer l’ensemble de ses assertions. Néanmoins, pour ces raisons et pour bien d’autres encore, je suis persuadé que les actions occidentales en Libye ont été conçues pour contrecarrer les plans de Kadhafi aspirant à instaurer une Afrique véritablement postcoloniale, et pas seulement ses actions contre les rebelles à Benghazi.

 Conclusion

Je dois conclure de toute cette confusion et de ces déformations que les Etats-Unis sont en train de perdre leur capacité d’imposer et de maintenir la paix, aussi bien lorsqu’ils agissent seuls qu’avec leurs alliés nominaux. Je proposerais, si ce n’est au moins pour stabiliser et abaisser les prix du pétrole, qu’il est dans les meilleurs intérêts des Etats-Unis de se joindre à Ban Ki-Moon et au Pape pour appuyer un cessez-le-feu immédiat en Libye. Négocier un cessez-le-feu induira certainement des problèmes, mais l’alternative probable à mettre fin à ce conflit est le cauchemar de le voir inexorablement s’aggraver. Les Etats-Unis sont déjà arrivés à cette situation, avec des conséquences tragiques. Nous ne voulons pas subir des pertes similaires au nom du système injuste des pétrodollars, dont les jours pourraient d’ailleurs être comptés.

Ce qui est en jeu n’est pas seulement la relation des Etats-Unis avec la Libye, mais également avec la Chine. L’ensemble de l’Afrique est un espace où l’occident autant que les pays des BRIC investiront. Il est attendu qu’à elle seule, la Chine assoiffée de ressources investira annuellement 50 milliards de dollars en 2015, une somme (financée par le déficit commercial des Etats-Unis avec la Chine) que l’occident ne peut pas dépenser.27 La coexistence pacifique de l’Est et de l’Occident dépendra de la capacité occidentale à accepter une diminution graduelle de son influence là-bas, sans avoir recours à des stratagèmes fourbes (comparables au stratagème franco-anglais à Suez en 1956) visant à maintenir cette influence.

Dans le passé, les transitions d’hégémonie globale ont été marquées par des guerres, par des révolutions, ou par les deux en même temps. La prévalence, à l’issue de deux guerres mondiales, de l’hégémonie américaine sur l’hégémonie britannique constitua une transition entre deux pouvoirs qui étaient essentiellement alliés et culturellement proches. Le monde entier a un immense intérêt à s’assurer que la transition difficile vers un ordre dans lequel les Etats-Unis ne sont plus hégémoniques sera réalisée aussi pacifiquement que possible.

Mc Sinde

Deauville ou la réactualisation de la balkanisation de l’Afrique

Cinquante années d’indépendance poussaient à espérer que l’intégration politique, par la voie fédérative, serait possible. Au terme de la construction des Etats Nations africains. Parce que le recours aux cercles concentriques devrait hâter la maturation ou l’incubation du fédéralisme en Afrique. Mais l’atomisation des acquis obtenus en matière d’unité africaine, la non consolidation des pré-requis en économie communautaire et la perturbation du leadership africain incitent à interroger l’avenir. Parce que les puissances d’argent giflent, sans arrêt, le développement de l’Afrique.

Certaines turbulences enregistrées en Afrique depuis janvier 2011 confirment aussi l’invocation du choc des civilisations. Mais il ne faut pas que l’Afrique bascule bien que l’Occident estime que le chaos doit rester notre modèle et que les Africains refusent de se comporter en bâtisseurs de sociétés. Attention, un autre leadership se pointe…

La réunion du G8 à Deauville édite, après celles de la Baule et de Nice, la détermination de l’Occident à ponctionner l’Afrique. Sous le nez et la barbe des Africains qui sont, toujours, divisés. Ou qui restent des victimes d’une spoliation. Wade, Youssouphou, Ouattara et Condé sont les autres chairs à canon utilisées pour empêcher l’amorçage du fédéralisme capable de réduire, à terme, la vulnérabilité dans laquelle le non développement plonge nos populations. Il est temps, maintenant, que les populations africaines se battent pour neutraliser la balkanisation devant la féroce volonté de l’Occident de perpétuer, à suffisance, son hégémonie.

Malheureusement, c’est comme si nos Etats étaient pilotés pour empêcher la réussite de l’intégration politique en Afrique, la création de richesse et la promotion de l’emploi. Le non-emploi, le mal vivre, l’enrichissement illicite et la déconstruction sont, aujourd’hui, les maux dont souffre notre continent. Et son impuissance s’apprécie, sans conteste, dans l’accentuation du chaos. Après Diouf, Compaoré, Bédié, Tandja (pour ne citer que ceux-là), nous notons la naissance, depuis Deauville, d’un club animé par des responsables dont la dimension et la vision ne permettent, guère, de prétendre à une éventuelle promotion du fédéralisme en Afrique.

Par ailleurs, il est à noter les métastases de l’électoralisme en Afrique qui minent, sans limite, nos ressources financières. Détruisant, par là même, une élite qui ne se déploie que dans la conquête ou la conservation du pouvoir, oubliant, volontairement, le chaos dans lequel elle plonge les peuples. L’élection est, à nos jours, pire que toutes les pathologies en Afrique. D’ailleurs, les Africains naviguent, depuis une cinquantaine d’années, dans les eaux troubles de la conflictualité, de l’électoralisme et du détournement, sans réserve, de notre patrimoine par une élite politique qui oublie qu’il ne faut pas manger la poule aux d’or.

Notre insécurité, en Afrique, est à conceptualiser ; l’absence de futur est, aussi, à problématiser. Ayons le courage d’entreprendre, avec responsabilité et abnégation, des transformations radicales pour structurer l’économique avant que le dessin de l’Occident ne soit réalisé. C’est une urgence. En évitant, surtout, le recours à des réformes bricolées.

Deauville rappelle, sans nuance, la volonté des puissances occidentales à rendre vivace le discours de Victor Hugo qui confirmait le fait que l’Afrique est l’avenir de l’Europe. Le refus de l’intégration politique africaine, la neutralisation du leadership panafricaniste, la prise en otage par l’Otan de Ghadafi révèlent la nouvelle offre politique de l’Occident, après l’élimination de Saddam et la liquidation de Ben Laden. L’Afrique et l’Islam constituent, après la Conférence du G8, les modèles encombrants à liquider. Pour que le capitalisme puisse prospérer, pomper nos ressources et faire disparaître toutes les figures de proue capables de construire l’intégration politique africaine.

Condé, Ouattara et certaines autorités religieuses d’obédience occidentale sont les nouveaux agents de l’Universalisme occidental. Chargés qu’ils sont de mettre les menottes aux mains des consciences individuelles africaines capables, aujourd’hui et demain, d’assurer, avec panache, la promotion de l’intégration politique et économique du continent. Les hoquets politiques dans les Etats membres de l’Union africaine, l’incitation au désordre et le poids de la corruption ne doivent, point, empêcher l’Afrique de s’émanciper et de se développer. Seulement, l’élite aurait intérêt à changer de mentalité, à quitter le mimétisme et à cesser de traiter par analogie en matière de pratique de démocratie participative.

Wagane FAYE Professeur d’Anglais Expert Associé à Cared Afrique

E-mail : waganecoumbasandiane@gmail.com

VIA

Vaccination en Afrique : La population est-elle en danger?

La population Africaine est-elle sous la menace du plan mondial de vaccination que compte organiser l’Alliance mondiale pour les vaccins et les vaccinations ?

Analyse de la conférence de Londres Par Luc Banemeck, Consultant en planification

Strat Vaccins et désinformation.

Il vient de se tenir à Londres le 13 juin dernier une conférence de donateurs organisée par  (GAVI) une Alliance mondiale pour les vaccins et les vaccinations et soutenu par la Fondation du Milliardaire Bill Gates. A l’issue de cette conférence, 4,3 milliards de dollars de promesses de dons ont été accordées.

Selon Bill Gates je cite : »Nous avons dépassé l’objectif que nous nous étions fixé. Nous avons obtenu un engagement de 4,3 milliards de dollars »,

Selon  le Ministre de l’aide au développement britannique. « Nous allons sauver quatre millions de vies » et vacciner 250 millions d’enfants d’ici à 2015.

A lire toutes ces déclarations, mécaniquement, on ne peut qu’applaudir, des bons samaritains qui veulent sauver des vies humaines. Bref la population de la planète terre en danger.
Mais lorsqu’on regarde vraiment de très prés on comprend qu’il y a L’ «anguille sous roche».

Pour démêler toute cette histoire qui nous semble relever d’un plan machiavélique, ourdi contre les pays dit sous-développés en particulier l’Afrique, nous voulons avertir les dirigeants Africains et la population Africaines des dangers réels que représente une éventuelle collaboration avec les officines de vaccination.

Pour ce faire, Afrohistorama a demandé à son Analyste, le Consultant en Stratégie Luc Banemeck de répondre  à quelques unes de ses questions. Car le sujet est d’importance et relève de la planification, la santé et donc de la vie des Africains.

Afrohistorama : Suite aux éléments de la conférence de Londres sur la vaccination que le GAVI sous le haut patronage du gouvernement britannique et la fondation Bill Gates et Melinda que vous avez pu obtenir, pensez-vous réellement que ces gens veuillent réellement sauver de vies humaines ?

Luc Banemeck : Suite à une lecture attentive des documents de cette conférence, bien entendu si on lit comme monsieur tout le monde, on est porté à croire que tous ces gens sont pavés de bonnes intentions, ils veulent mettre $4.3 milliards pour sauver des vies humaines.

En revanche si on fait une lecture de spécialiste. On constate qu’il s’agit ni plus ni moins que d’un projet de planning familial, et la vaccination son véhicule. Le terme « planning familial » vient de l’anglais family planning. Ce terme a été introduit pour la première fois de manière officielle dans les années 1930 où le British National Birth Control Association (association britannique pour le contrôle des naissances) prend le nom de Family Planning Association, appellation à la connotation plus positive. C’est la raison pour laquelle les Africains doivent s’alarmer. Il s’agit d’un plan subtil de contrôle des naissances. Il faut tirer la sonnette d’alarme.

Afrohistorama : Pourquoi tirer la sonne d’alarme  alors ce sont des vie humaines  qui seront sauvées?

Luc Banemeck : On doit s’alarmer pour plusieurs raisons. La première concerne la cible des fléaux que ces gens veulent combattre. La pneumonie, la Méningite, la Diphtérie. Si on regarde très bien toutes ces maladies, elles ne sont pas véritablement les fléaux premiers de l’Afrique. Aujourd’hui les maladies qui menacent notre continent sont par exemple le sida, le paludisme et la  mauvaise gestion des richesses. Donc sauver les vies humaines me parait trop beau pour être vrai.

La deuxièmement raison concerne la composition des participants à la conférence. Il y avait :
Le gouvernement britannique qui, n’est pas un bon exemple de sauveteur de vie humaine, en ce moment il participe au bombardement de la Libye et nous savons tous ceux que les bombes peuvent faire sur une population.

Les businessmen  de la pharmacie qui ne connaissent qu’un seul mot dans leur bouche le profit. C’est les mêmes qui ont refusé la production des médicaments moins chers contre le SIDA, par l’Afrique du Sud, le Brésil et l’Inde.

Pour ne citer que ces quelques exemples et lorsqu’on regarde tout ce beau monde, on ne doit pas trop se réjouir de la nouvelle. Car pour tout ce beau monde tout est question d’investissement et de retour en investissement.

La troisième raison, c’est la faiblesse structurelle de nos états sur le plan politique et économique. Pour moi, cette conférence a  donc d’autres visés. Qui sont d’ordre géostratégique et donc les résultats ne seront visible qu’à long terme. Selon les experts de la recherche biologique, il n’y a pas de contrôle sur la toxicité des vaccins sur la sphère de la reproductivité. Pour comprendre en termes clairs J’invite vos lecteurs à lire le livre du professeur  Michel Georget, Vaccins et désinformation [VIDEO D’EXPLICATION]

Afrohistorama : Quelles sont ses véritables motifs des initiateurs de cette conférence ?

Luc Banemeck : leur véritable objectif est la réduction de la population Africaine à long terme.

Dans toute l’Afrique subsaharienne, 17% des femmes mariées seulement ont recours à la contraception, contre 50% en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, 39% en Asie du Sud, 76% dans l’est de l’Asie et dans le Pacifique et 68% en Amérique latine et dans les Caraïbes. Seuls quelques pays comme l’Afrique du Sud, le Zimbabwe, le Botswana et le Kenya ont des programmes de planification familiale ayant fait la preuve de leur efficacité en généralisant l’usage de contraceptifs. Depuis plus de 40 ans, on essaye des plans de contrôle de naissance en Afrique, et jusqu’à présent aucun n’a véritablement marché. La population Africaine au lieu de diminuer avec les guerres, les maladies et la gabegie de ses dirigeants, a au contraire augmentée et se situe aux environs  des 1 milliards.

Donc le plan de réduction de la population Africaine n’ayant pas marché avec les outils utilisés partout ailleurs, il faut mettre les gros moyens.  D’où cette conférence de Londres, qui va certainement appâter les Africains en raison des sommes en jeux. Et lorsqu’on sait que le financement du pôle santé est le parent pauvre dans les budgets des états Africains, on comprend très la fourberie des auteurs.

Afrohistorama : A vous entendre, la croissance de la population Africaine est une menace ?

Luc Banemeck : En effet la population Africaine devient une menace pour les pays occidentaux qui veulent maintenir leur hégémonie par tous les moyens sur le continent. Il n’y a que les imbéciles Africains qui croient que c’est impossible. La population est un facteur de croissance économique, si on l’utilise à bon escient. La Chine le prouve tous les jours.  Laisser l’Afrique croître au rythme actuel veut dire une Afrique économiquement puissante dans l’avenir, et donc une menace directe des intérêts impériaux. Et cela il faut y mettre fin dès maintenant par l’utilisation de plusieurs subterfuges invisibles et en cas de besoins la force.

Pour y parvenir La vaccination est le meilleur moyen, un moyen intangible. On utilise un bon sentiment pour faire le mal. Car il permet de prévenir des mauvaises maladies. Mais c’est aussi un puissant moyen subtil de réduction de naissance à long terme, moi je me méfie de la vaccination.

Lorsqu’on sait que, dans la majorité des pays africains, plus de la moitié de la population est âgée de moins de quinze ans. Même si tous ces pays passaient dès aujourd’hui à deux enfants par femme, leurs populations continueraient d’augmenter pendant encore deux décennies. Une telle perspective est une menace de l’avenir  en Afrique.

Afrohistorama : Pour quelles raisons vous méfiez-vous de ces vaccins ?

Luc Banemeck : On sait maintenant que les vaccinssont dangereux ! et pour preuves , ils contiennent de l’aluminium, des cellules cancéreuses, de la bile de veau, etc. Greenpeace a fait le test de donner 15000 euros si un technicien ou médecin de laboratoire se vaccinait avec un de leurs produits, résultats personnes ! et les enchères montent mais l’intérêt des médecins est de vendre ces vaccins pour enrichir les industries pharmaceutiques et en contre partie ils ont des cadeaux ( voyage, tv, argents, etc.) Pourquoi les pays nordiques ont stoppé les vaccinations obligatoires ? Et pourquoi y a t-il nombreux témoignages de sclérose, après vaccins ?

Pour finir j’invite vos lecteurs à visionner la vidéo suivante [LA FACE CACHEE DES VACCINS DU Dr MARC VECOUTERE] 

Afrohistorama : Pensez-vous que  L’Afrique n’a pas besoin de la vaccination ?

Luc Banemeck : L’Afrique a besoin de la vaccination, par ce que cela veut dire prévenir,  donc réduire le cout de la santé, Mais le faire avec des produits dont on ne maitrise pas la provenance, s’avère très  dangereux pour la population. Aujourd’hui on voit naitre des maladies qui n’existaient pas en Afrique et surtout beaucoup d’experts disent que la vaccination agit sur la reproductivité donc au niveau de la création. L’Afrique a les moyens de sa politique sanitaire. Tout est question de volonté politique et de vision à long terme. Je crois qu’il est temps que les gouvernants s’y penchent franchement.

Afrohistorama : Nos remerciements

Berlusconi, ce dirigeant africain qui s’ignore

Les Italiens en ont ras-le-bol de leurs dirigeants. Ils l’ont exprimé en rejetant lundi dernier, suite à un référendum, plusieurs textes du gouvernement : le retour au nucléaire, la privatisation de la gestion de l’eau et la loi dite « d’empêchement légitime », offrant une immunité pénale aux ministres. Une vraie défaite pour le président du Conseil, Silvio Berlusconi. Celui-ci, sûr de son coup ou devenu entêté au point de vouloir défier inutilement le destin, avait même poussé l’audace jusqu’à inviter les Italiens à aller à la pêche le jour du référendum. Le bilan de Berlusconi à la tête de l’Italie ne convient pas à tout le monde. Et cette fois, le désaveu est cinglant. La déroute est d’autant plus douloureuse que lors des municipales partielles, il y a quinze jours, le parti au pouvoir avait perdu la mairie symbolique de Milan. Un résultat sans appel : à chaque fois, les scores ont été rejetés par plus de 90% des suffrages. Les Italiens seraient-ils en train de changer ? En lui-même, Berlusconi constitue un véritable « cas » d’espèce. Chef d’entreprise de la race des « gagneurs », c’est un conducteur d’hommes et d’affaires bien avisé. Chef d’entreprise comblé, au-delà de ses intérêts personnels, il a toujours su mettre ses atouts au service de son pays et bien entendu de ses propres intérêts. Mais le régime Berlusconi est de ceux qui auront su inquiéter la pègre italienne et troubler le sommeil des patrons des différents groupes mafieux, perpétuellement en conflit. Et c’est, entre autres, ces aspects qui le différencient de nombre de dirigeants africains même si les contextes sont différents.

Il est vrai que depuis l’antiquité, l’Italie constitue avec la Grèce le berceau de la démocratie républicaine. Là-bas, régulièrement, on consulte le peuple. Celui-ci est bien instruit et fait donc ses choix en conséquence. Par contre, dans la plupart des pays africains, l’arbitraire règne en permanence. Bon nombre de dirigeants sont de véritables despotes non éclairés. Peu instruit et généralement pas tenu au courant des enjeux, le peuple est rarement invité à se prononcer sur les questions qui fâchent ou sur les sujets d’intérêt national. Le chef de l’Exécutif n’a habituellement pas le courage de mettre son autorité et celui de ses compagnons à l’épreuve des urnes. L’alternance et la critique sont presque proscrites. Lorsqu’au grand dam des thuriféraires, ils osent s’aventurer sur cette voie, des courtisans zélés et à courte vue sont toujours aux avant-postes pour orchestrer des fraudes « légales » et dresser sans vergogne des bilans hideusement « propres » et pompeux.

Berlusconi a le sens du respect des règles, de sorte qu’il a toujours su profiter des outils et des institutions de la démocratie italienne pour assouvir des desseins inavoués. C’est qu’il est lui-même le fruit des contradictions ayant miné l’histoire politique de l’Italie. Dans ce pays, les nombreuses crises politiques avaient en effet fini par ôter toute crédibilité aux principaux acteurs politiques, ouvrant ainsi la voie à des opérateurs économiques fortunés et assez subtiles pour exploiter la situation. L’homme a donc fait irruption sur la scène politique à la faveur du jeu démocratique. Avec cette particularité qu’en Italie, les consultations électorales sont régulières, claires, transparentes et leurs résultats généralement peu contestés. De telles opportunités sont rares sur le continent noir.

Ainsi, Berlusconi se distingue de ces dirigeants africains sortis de nulle part et que le destin a frauduleusement installés dans l’histoire de ces républiques bananières. Quelques-uns sont peut-être venus par les urnes, mais rares sont ceux qui ont osé partir en se conformant aux règles. Dans la plupart des cas, les cheminements des dirigeants africains sont tortueux : coups d’Etat, révolutions de palais, rébellions, successions à relent dynastique, hold-up électoral, etc. D’où cette tendance à privilégier les usurpations à travers des élections tronquées, des fraudes et tripatouillages constitutionnels pour se maintenir après l’expiration des mandats.

Certains éléments rapprochent toutefois Berlusconi des dirigeants africains. Ce dirigeant italien est en effet un bon « macho » qui entretient avec la femme des rapports inégalitaires. C’est un fait que l’homme est un beau « mâle » qui sait séduire la gent féminine. Or, la soif du pouvoir va bien souvent de pair avec le désir obsessionnel de posséder la femme. Sur ce plan, Berlusconi semble bien partager avec bien de ses pairs africains cette tendance à multiplier les aventures extra-conjugales. Ainsi, ces dernières années, régulièrement, ses escapades et autres frasques scandaleuses ont alimenté le monde des médias.

Par ailleurs, comme tant de dirigeants africains chez eux, Berlusconi a bien profité de la magnanimité du peuple. Mais comme eux, il a fini par en abuser. Tant et si bien que de nos jours, l’Italie semble être devenue le ventre mou de l’Europe. Avec les résultats du scrutin référendaire, on peut avancer que, outre les problèmes écologiques, notamment la question du nucléaire, son penchant pour les filles aura beaucoup contribué à lui nuire dans l’opinion. Même en Italie « sexuellement libérée », il n’est pas exclu que de nombreux électeurs demeurent encore sensibles aux thèses proches des milieux puritains, notamment catholiques. Une vraie leçon de démocratie dont les Africains devraient s’inspirer par ces temps où l’éthique fait cruellement défaut dans le comportement des élites politiques. Quelles leçons tirer de ce scrutin italien ? L’apparent attachement des électeurs à cet homme controversé confirme que si les Italiens sont un peuple tolérant, ils restent malgré tout attachés à des valeurs que d’aucuns semblent avoir renvoyées aux calendes grecques. Mais, que l’on ne s’y trompe point : au-delà des intérêts de l’Italie plusieurs fois en crise, ce qui a toujours prévalu dans la gestion de Berlusconi, c’est d’abord son intérêt d’homme d’affaires et de président du Conseil. La preuve en est que les problèmes qui assaillent l’Italie au plan social et économique n’ont jusque-là pas trouvé de solutions. Tel est aussi le cas en Afrique où malheureusement, le tempérament de « gagneurs » de certains responsables n’aura jamais servi à sortir le continent du marasme dans lequel il patauge depuis les indépendances. D’où l’intérêt de savoir faire preuve de discernement à l’heure des grands choix. Comme quoi, même en Italie, on peut trouver des dirigeants de type africain. Comme Berlusconi.

Lefaso