Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: juin 17, 2011

Madagascar : Andry Rajoelina et la transition élastique

Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana, avec le médiateur Joachim Chissano, Maputo, 9 août 2009. REUTERS/STR New

Les grands hommes savent se retirer le moment venu. Aux autres – de moindre stature –, il faut leur montrer la sortie. Au pouvoir, ils y tiennent. Certains y sont nés. D’autres l’ont conquis par la force et projettent d’y rester jusqu’à la fin.

Le récent sommet qui a réuni les dirigeants d’Afrique australe autour de la crise malgache en Afrique du Sud aura accouché d’une souris puisque, l’homme fort (autoproclamé) de Malgache, le président de la Haute autorité de transition, Andry Rajoelina, a rejeté en bloc toutes les propositions de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). Il estime que l’instance sous-régionale s’est fourvoyée dans une démarche visant à lui ôter toute crédibilité et refuse carrément le retour au pays sans condition de l’ancien Président Marc Ravalomana qu’il a renversé par un coup d’état en mars 2009.

Drôle de rapport que celui de Andry Rajoelina avec le pouvoir. Il peut être un véritable sphinx quand cela l’arrange. Puis se transformer en conteur volubile l’instant d’après. Le sentiment pourrait presque se résumer en une phrase : « Je suis Président et c’est tout ». Le pouvoir quand il n’est pas légitime et légal, devient invariablement obscène… ou même sale.

« Je sais que je serai élu, maintenant ou dans cinq ans » : a-t-il déclaré le 09 mai 2011 à « Jeune Afrique ». On pourrait lui répondre, « alors organise les élections ». Par trois (03) fois les élections ont été reportées dans ce pays et il semble bien que le Président autoproclamé joue les prolongations pour se préparer convenablement à remporter les élections qu’il compte organiser quand, il aura jugé le moment propice.

Renverser un Président démocratiquement élu et installer depuis deux ans sur l’île une dictature n’est pas concevable. Tout pouvoir politique qui ne peut garantir l’égalité des citoyens devant les institutions de même que, la liberté d’expression et de manifestation comme c’est le cas actuellement sur l’île, doit être combattu. La transition malgache court vers un mandat électif puisque bientôt trois années se seraient écoulées depuis le putsch puis quatre années et cinq sans que des élections ne soient organisées ni qu’un climat de paix et une stabilité véritable ne soient installés. Tous les maillons de la société malgache sont disloqués. L’armée se mêle à la politique et oublie son rôle républicain qui exclut son hypothétique neutralité. Il y a anachronisme.

Toute chose qui peut faire école dans une Afrique où poussent comme des champignons les fossoyeurs de la démocratie.

La faute pour une fois encore se retrouve au niveau de nos institutions régionales. Comme l’UEMOA et la CEDEAO qui manquent de vision, de leadership et de responsabilité, la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe), a commis l’erreur stratégique et monumentale à Maputo, au Mozambique de refuser de reconnaître Andry Rajoelina après son coup d’Etat puis, l’instant d’après de ravaler ses critiques à son encontre pour légitimer son pouvoir et même valider la proposition de ce dernier d’écarter du processus de transition l’ancien président Marc Ravalomanana pour qui, Rajoelina voue une haine viscérale. Comme quoi, en Afrique les querelles de personnes et le manque de vision peuvent influer dangereusement la vie des Nations.

Les inconsistances de la SADC ont fini par renforcer TGV, Andry Rajoelina l’homme fort de Tana qui s’est d’ailleurs taillé depuis novembre 2010 une constitution sur mesure, en s’arrogeant les pleins pouvoirs et en baissant l’âge d’éligibilité des candidats à la présidence.

Pour une fois, la SADC, a le devoir de sauver la face de nos institutions sous régionales qui ont toujours été incapables de régler les crises sur le continent. La SADC doit mettre fin à cette transition qui n’a que duré en s’employant par tous les moyens à faire respecter ses propositions et en évitant d’alerter les sapeurs-pompiers étrangers.

aymard

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Libye : les preuves en images du bombardement par l’OTAN de l’université Nasser de Tripoli

Mahdi Darius Nazemroaya

Voltairenet

La guerre de l’OTAN contre la Libye n’est pas une entreprise humanitaire. C’est une guerre d’agression caractérisée et une violation du droit international.

Des crimes de guerre sont commis par l’OTAN.

Les hôpitaux et les universités ont été bombardés. L’infrastructure civile a été brutalement détruite.

Récemment l’université Nasser à Tripoli a été bombardée. Des membres du personnel et des étudiants ont été blessés ou tués sans aucune justification.

L’OTAN attise la guerre civile et bombarde la Tripolitaine en vue de démembrer la Libye.

L’objectif implicite est de détruire l’économie libyenne et d’empêcher le pays de se développer comme un État-nation. C’est pourquoi les écoles et les universités, les hôpitaux, les chantiers navals, des usines, sans parler des zones résidentielles, ont été la cible de bombardements de l’OTAN.

Les images ci-dessous sont insoutenables et peuvent choquer les personnes sensibles.

Mahdi Darius Nazemroaya

Chercheur associé du Centre for Research on Globalization (CRG), spécialisé en géopolitique et stratégie.

Photographies prises par Mohammed Al-Alam, étudiant à l’université Nasser de Tripoli, et transmises à l’auteur.

« Imbéciles, je meurs pour vous »

Gbagbo, comme Allende dans le palais de la Moneda au Chili en 1973, encerclé par les valets de l’impérialisme Français est resté. Là où tout le monde se serait enfui, Gbagbo est resté ! Avec sa femme, ses enfants et sa mère ! Parce qu’il est le seul président reconnu par la constitution ivoirienne, parce qu’il n’a pas un appartement qui l’attend à Londres, à New York ou à Paris. Et pourquoi risquer l’arrestation s’il avait des milliards dans les banques Suisses ? Il est resté pour vivre  jusqu’au bout la Tragédie du roi Christophe, et pour qu’enfin « le masque tombe » et que l’on découvre Ouattara, l’homme qui arrive au pouvoir dans un char français, le président de l’ONU, celui qui comme sa femme est un étranger à la solde des puissances de l’extérieur, car qui d’autre qu’un étranger, plutôt que de procéder au recompte des voix que Gbagbo appelait de tous ses vœux, aurait fait appel à une armée de mercenaires pour tirer sur son peuple !

Je revois Gbagbo assis sur son lit, désabusé, livré par la France aux zouaves noirs qui derrière lui sont en train d’humilier Simone, sa femme, et son regard dit la dernière phrase de Gabriel Péri devant le pelletons d’exécution de l’occupant Allemand : « Imbéciles, je meurs pour vous ».

La France, aidée de « collabos » africains, nous maintient dans un appauvrissement permanent en faisant jouer les institutions internationales en sa faveur pour justifier les coups d’états militaires et les assassinats politiques qui ont pour fonction de réduire au silence les véritables leaders d’une indépendance réelle. Elle a forcé l’organisation d’élections dans un pays divisé par une rébellion armée qu’elle manipulait en sous-main pour bourrer les urnes et nous imposer son négrier Ouattara, le grand ami de Compaoré l’assassin de Sankara. L’ennemi est en face. Hier c’était un chasseur d’hommes avec son chien, son filet, sa muselière, aujourd’hui il est noir comme vous, il porte un costume, mais il est toujours à la solde de la France. Et croyez moi, les enjeux financiers en valent la chandelle ! Ces enjeux, Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée nationale ivoirienne,  les a expliqués dans un livre (1) que les nègres, comme d’habitude, ne liront pas, parce qu’ils préfèrent se référer à la presse française, qui selon eux est plus crédible puisqu’elle est blanche. Cette presse française très habile à mal poser les problèmes pour mieux légitimer les ignobles réponses qu’elle y apporte. Or que peut-on attendre d’un journaliste lorsqu’il travaille pour Bouygues ou Bolloré ? Elle ne raconte pas, la presse française, les intérêts de France-télécom qui a bénéficié d’une convention de privatisation dont elle n’a jamais respecté les clauses, ni des conventions obtenues, de gré à gré, par Bouygues, sur l’eau et l’électricité à l’époque où le chef des rebelles, Ouattara, était Premier ministre, ni de l’autoroute du Nord que  la France obligeait Gbagbo à confier au même groupe Bouygues.

Elle est belle l’Afrique, avec ses héros morts que l’on célèbre et qui ne sont plus que des noms de rue, des places publiques et des boulevards à putes en banlieue parisienne. Il n’est plus utile de gloser sur les résultats réels des élections Ivoiriennes, il est clair aujourd’hui que la France, comme jadis au Biafra, est le véritable instigateur de la rébellion en Cote d’ivoire, puisqu’elle s’est battu à sa place dans la bataille d’Abidjan.

Pauvres Nègres, réduits à nos folklores et nos querelles de poux autour de nos indépendances nominales que les négriers Français, avec la complicité de nos Etats, redéfinissent au gré des circonstances ; vos réactions ne surprennent personne bien au contraire. À l’heure où le monde arabe dans un immense élan fraternel se révolte contre les dictatures que lui a imposé la CIA depuis trente ans, les Nègres que nous sommes courbent l’échine et acceptent le diktat français. Cette même France qui a déporté Bamba, Samory, liquidé El Hadji Omar, la France de la traite négrière, du travail forcé, de la colonisation, celle qui nous vole 69 % de nos devises en échange de la monnaie de singe qu’est le CFA (Colonies Françaises d’Afrique) et qui plus récemment a assisté l’autorité Hutu lorsqu’elle exécutait 800 000 Tutsi, la France qui bourre les urnes au Gabon et au Togo, celle qui chasse Lissouba du pouvoir pour s’emparer du pétrole congolais, cette même France qui humilie vos frères et sœurs tous les jours dans toutes les préfectures de France et de Navarre, vous demande de croire au canular monté de toute pièces par la diplomatie française et les flics de la presse et, en bons nègres, vous courbez l’échine.

L’armée Française n’est rien, elle a perdu toutes les guerres depuis Sedan, elle ne gagne que contre les Nègres. Vous pourrez désormais regarder vos enfants et en toute confiance leur promettre un avenir pire que le vôtre, nous n’avons été que les larbins de la France, ils en seront les esclaves…

Malick Noel Seck (Convergences socialistes)

Après la coquille vide du NEPAD destinée à tuer l’Union Africaine dans l’œuf, le président Wade vient de poignarder l’Union Africaine

Après la coquille vide du NEPAD destinée à tuer l’Union Africaine dans l’œuf le président Wade vient de poignarder l’Union Africaine en reconnaissant les terroristes de Benghazi, alors que la majorité de ces pairs prônent le contraire.

Quel sérum d’aboulie a pénétré les veines de la nation pour que nulle clameur ne réprouve la récente pantalonnade diplomatique du président Wade ? Son voyage à Benghazi, envers et contre la position de l’Union africaine, aura davantage démonétisé une diplomatie sénégalaise téléguidée par les puissances étrangères. Face à cette saynète diplomatique incongrue qui laisse l’Afrique entière comme deux ronds de flan, nulle clameur ne s’élève pour réclamer ordre et éthique à la politique diplomatique du président de la République. La nation sénégalaise somnolerait-elle au ronron des turpitudes d’Abdoulaye Wade ? Il y a quelque chose de révulsant à voir le président de la République débarquer en Libye en paladin de la démocratie et en vestale des Droits de l’homme pour enjoindre Kadhafi de quitter le pouvoir. Abdoulaye Wade a, par le passé, trop souvent minaudé avec Kadhafi pour jouer au grand mamamouchi démocrate.

En atteste la visite en grande pompe que le Libyen a effectuée au Sénégal avec tout le lyrisme ambiant qui s’en est accompagné. Wade a toujours été un flagorneur impénitent de Kadhafi qui, lui aussi, n’a jamais tari d’éloges à son endroit.

Aussi cette palinodie acrobatique du président en aura-t-elle laissé plus d’un pantois. Certes, l’angélisme enfariné ne tient pas la route en diplomatie et la Realpolitik la plus cynique peut se justifier par sa nécessité et son efficacité. Mais il est toujours malséant, pour un homme d’Etat, de se rétracter en jetant les accointances d’hier dans les poubelles de l’oubli.

Il s’y ajoute que Kadhafi, quelque despote qu’il puisse être, n’a pas vraiment de leçons à recevoir de notre vieux baladin national. Abdoulaye Wade a beau se dorer la pilule en se drapant dans les oripeaux d’un démocrate, il n’en demeure pas moins un autocrate invétéré au même titre que le foutraque libyen. La nation sénégalaise, sous son règne, n’est qu’un écrin de peines où les libertés individuelles sont brimées au quotidien avec une désinvolture ineffable.

L’exemple du jeune Malick Bâ, froidement assassiné par les sicaires de la gendarmerie pour avoir renaudé contre la chienlit des découpages administratifs, en est une parfaite illustration.

Sous son règne, une pléthore de journalistes auront été mis au gnouf et une foultitude de ‘procès staliniens’ intentés contre des opposants jugés trop encombrants (exemple Idrissa Seck). Notons, au passage, l’emprise inouïe, sous son magistère, du népotisme familial qui est caractéristique des régimes totalitaires.

Mais, à Benghazi, dans le halo des projecteurs du monde entier, Abdoulaye Wade se pavanera en grand appariteur des Droits de l’homme, occultant ainsi ses pires exactions liberticides.

Grand écran pour ses hauts-faits démocratiques, moucharabieh pour ses plus abjectes exactions : voici le Docteur Jekyll démocrate et le Mister Hyde satrape du Sénégal.

Paladin de la démocratie le matin et tortionnaire des libertés le soir, Wade est une harpie au visage démocratique et au corps de dictateur. Il n’a, de ce fait, aucune leçon à donner à Kadhafi.

Par ailleurs, le président Wade, dans son odyssée importune, se sera aussi distingué par son attitude schismatique vis-à-vis de l’Union africaine. En prenant le contre-pied d’icelle, il aura bousculé les pudeurs à l’Africaine de la bienséance. Et ouvert au sein de ladite organisation des lézardes où suinte le venin de la désunion.

Interrogé plus tard sur les ondes de la Rfi, il excipera de la pusillanimité alléguée de l’Union africaine pour justifier son attitude fractionniste. Mais force est de constater qu’en filigrane de cette visite ubuesque à Benghazi, transparaît la tutelle française.

Abdoulaye Wade n’est, dans cette histoire, qu’un obscur laquais africain à la solde des puissances étrangères. Corvéable et malléable à merci, il n’est, aux yeux de ses maîtres occidentaux, qu’un roquet à qui l’on demande d’aboyer un discours de commande.

Voilà pourquoi, à Benghazi, il a fortement raboté les courbes de son discours pour qu’elles épousent les circonvolutions de la bien-pensance occidentale. Dans cette posture de vulgaire factotum, Wade semble donc ériger la servilité au rang des plus grandes vertus. De quoi dessiller les yeux rêveurs de tous ces songe-creux qui croyaient notre pays délié de son ancrage colonial.

La visite du président de la République à Benghazi aura donc couvert notre pays d’opprobre. Pis, elle discrédite davantage notre diplomatie qui, aujourd’hui, ne cesse de voir ses dorures s’écailler et son tranchant s’émousser.

Face à cette impéritie chronique de nos dirigeants, j’eusse tant aimé que le peuple se levât, comme un seul homme, pour protester contre les embardées du pouvoir.

Mais, à quelques encablures de 2012, le peuple sénégalais, dans sa grande longanimité, semble avoir fait le choix d’attendre le moment des élections pour se débonder dans les urnes.

Par El Hadji Malick Sall

Source : Afrique en Ligne