Le Blog de Aymard

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Archives Journalières: juin 20, 2011

L’Iran condamne la politique de deux poids deux mesures du gouvernement britannique envers les régimes arabes

La République Islamique d’Iran a condamné la politique de deux poids deux mesures prônée par le gouvernement britannique face notamment aux soulèvements pro-démocratiques qui secouent divers pays arabes insistant sur certains incidents dans un pays et choisissant d’ ignorer la répression brutale dans les autres pays.

L’ambassade d’Iran à Londres a déclaré dans un communiqué publié jeudi qu’elle condamnait également les allégations de certains responsables du gouvernement britanniques contre l’Iran concernant les événements qui se déroule en Syrie.

Le communiqué a également précisé que certains Etats occidentaux y compris la Grande-Bretagne pour son soutien envers les dirigeants tyranniques de la région au travers de ventes d’équipements logistiques et la formation de force anti-émeutes afin de leur permettre de lutter contre les soulèvements.

La Grande-Bretagne est également confrontée à des critiques internes concernant sa politique de changement mis en place contre le régime en Libye et ses félicitations au prince héritier de Bahreïn à Londres à l’époque où le régime de Manama exerçait une répression sanglante contre les manifestations pro-démocratiques dans le pays.

Dans son communiqué, l’Iran a fustigé les allégations de certains responsables britanniques contre la République Islamique d’Iran au sujet des incidents en Syrie. »

«L’ambassade de la République Islamique d’Iran condamne fermement ces allégations inappropriées et rejette fermement ces allégations qualifiées de mensongères qui visent à ternir l’image populaire de l’Iran dans la région » peut-on lire sur le communiqué.

«L’Iran reste persuadé que les nations de la région cherchent à établir la démocratie sans aucune intervention étrangère, par conséquent, une politique de deux poids deux mesures dans le traitement des souhaits démocratiques dans les pays de la région allant contre les ambitions légitimes de leur peuple. »

VIA

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Constitution de cote d’ivoire .Aucun ivoirien ne peut être traduit à la Cour Pénale Internationale

Le vendredi 17 juin 2011, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU publiait un communiqué dans lequel il dénonçait la poursuite en cote d’ivoire des exactions graves. Aussi, pour suivre au quotidien la situation du pays, le Conseil a nommé pour une période d’un an, un expert indépendant qui pourra le saisir de manière permanente. Pour terminer, il a recommandé aux autorités ivoiriennes, la ratification du statut de Rome sur la cour pénale internationale.

Le même jour, Monsieur Luis  MORENO-OCAMPO, procureur de la Cour Pénale Internationale ( CPI) publiait un avis dans lequel il informait toutes les victimes des exactions commises en cote d’ivoire depuis le 28 novembre 2010, qu’elles disposaient de 30 jours pour faire parvenir leurs observations à la chambre préliminaire, a la suite de quoi des enquêtes seraient diligentées puis le cas échéant, l’inculpation des supposés coupables et responsables des exactions.

Bien avant, le mercredi 15 juin, la Commission internationale d’enquête venue en cote d’ivoire  du 4 au 28 mai 2011, a rendu public son rapport sur la situation des droits de l’homme dans ce pays.

Les points 9 et 10 du rapport de cette commission relatifs au cadre juridique interpellent le citoyen lambda ivoirien que je suis  et pour cause.

La commission fait référence à l’article 87 de la constitution ivoirienne pour affirmer que la cote d’ivoire a signé le traité mais ne l’a pas ratifié et que les traités et accords ont une autorité supérieure à celles des lois ivoiriennes. La commission conclue que la Cote d’ivoire a accepté la compétence de la Cour Pénale Internationale.

Pour rappel, il ya lieu d’indiquer que, dans la constitution ivoirienne, il revient au Président de la République (article 84) et à l’Assemblée Nationale (article 85) de ratifier, chacun dans un domaine précis, les traités et les accords internationaux.

La commission  précise bien dans son rapport que, la Cote d’ivoire a signé le statut de Rome mais ne l’a pas ratifié. L’article 87 auquel elle se réfère en ce que, les traités et accords internationaux  ont une autorité supérieure à celle des lois n’est applicable au citoyen ivoirien si et seulement si, ce traité a été ratifié et publié dans le journal officiel ou selon une procédure d’urgence.

La commission a ignoré  dans son rapport, cet alinéa important de l’article 87 de la constitution ivoirienne.

Il ya lieu de reconnaitre que du point de vue juridique, que le statut de Rome relatif à la Cour Pénale Internationale n’a pas été ratifié en Cote d’ivoire ni par le Président de la République ni par l’Assemblée Nationale. Il n’ya nulle part pas trace d’une quelconque publication officielle de ce statut pour qu’il produise des effets sur le citoyen ivoirien qui n’en a pas connaissance.

En réalité, au regard de la constitution ivoirienne, la ratification du statut de Rome sur la Cour Pénale Internationale est très complexe.

C’est l’article 86 de la constitution ivoirienne qui est applicable pour la ratification du traité de Rome parce que, pour qu’il soit ratifié, il faut au préalable que le Conseil Constitutionnel se prononce. Ensuite, il faut nécessairement une révision de la constitution pour corriger les clauses contraires à la constitution contenues dans le traité de Rome. C’est seulement après ces étapes que l’autorisation de ratification interviendra par le vote d’une loi à la majorité des 2/3 des députés (article 125). Enfin, interviendra la publication de cette loi au journal officiel de la république de cote d’ivoire qui pourra alors produire des effets sur le citoyen ivoirien.

Aucune de ces étapes n’ayant été réalisée, le statut de Rome n’a pas été ratifié en cote d’ivoire.  A cela s’ajoute la question de l’environnement. L’article 127 de la constitution ivoirienne d’aout 2000  prescrit :<<aucune procédure de révision de la constitution ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu’il est porté atteinte à l’intégrité du territoire. >> Or, depuis septembre 2002, la cote d’ivoire a été attaquée par des rebelles qui pendant 8 ans occupaient la moitié du territoire.

Au regard de la constitution ivoirienne, le statut de Rome ne s’inscrit pas dans l’ordonnancement juridique ivoirien. Il y est inconnu, il ne peut donc avoir une quelconque autorité que l’on qualifierait de supérieure.

La commission d’enquête a en outre indiqué dans son rapport que << la cote d’ivoire a accepté la compétence de la Cour Pénale Internationale. >>

Là encore, c’est une grave méprise de la part de ses membres.
Quelle est le contenu que la commission donne au verbe <<accepter>>? et quelle est la signification juridique de l’acceptation par le cote d’ivoire du statut de Rome ?

Certains experts du droit internationale humanitaire ont coutume d’évoquer une correspondance adressée à la cour pénale en 2004 par le président Laurent GBAGBO et celle de Monsieur OUATTARA Alassane en 2011, pour affirmer que cela vaut reconnaissance par la Cote d’ivoire du statut de Rome.

C’est le lieu de rappeler à ces juristes que ces deux illustres personnalités ivoiriennes, Présidents de la République ou chefs d’Etat n’ont pas les attributions au regard de la constitution ivoirienne pour ratifier le statut de Rome. Les échanges épistolaires de messieurs GBAGBO et OUATTARA  avec la Cour Pénale internationale ne remplacent pas la procédure de ratification des traités et accords telle que prévue par le législateur ivoirien. Ces deux correspondances ne valent pas acceptation des compétences de la Cour Pénale internationale et n’engagent pas les citoyens ivoiriens qui de par la constitution n’ont pas délégués cette compétence au Président de la République mais au parlement (article 85).

 Au regard de la constitution ivoirienne, en l’absence d’une ratification par une loi votée a la majorité qualifiée, aucun ivoirien ne peut être traduit devant la Cour Pénale Internationale. En attendant, le pays dispose d’une justice qui est compétente pour juger ses concitoyens qui ont commis de graves exactions.

L’appel du procureur de la Cour Pénale internationale aux victimes des exactions qui ont eu lieu en cote d’ivoire est tout simplement sans objet ou illégale au regard du citoyen ivoirien.
La CPI doit se déclarer incompétente dans le dossier ivoirien comme elle l’a été en novembre 2004, lorsqu’à l’hôtel ivoire d’Abidjan, des soldats français ont fait un carnage en tirant avec des balles réelles sur une foule de jeunes aux mains nues. Bilan 50 morts et 200 blessés. Les victimes et leurs parents attendent depuis bientôt 7 ans de la cour pénale internationale, un délai pour  faire parvenir leurs observations a la chambre préliminaire.

Il faut simplement comme l’a recommandé le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, que les nouvelles autorités ivoiriennes fassent diligence pour ratifier le statut de Rome. Mais  la encore, ce n’est pas pour demain parce que, ces autorités considèrent que la législature du parlement est achevée. Il faudra donc attendre après les prochaines élections législatives puis se posera le problème de la rétroactivité de la loi portant ratification du traité de Rome relatif à la cour Pénale Internationale.

La Cote d’ivoire n’est pas les ETATS UNIS, c’est un petit pays du 1/3 monde. Si la communauté dite internationale a rejeté les résultats définitifs de l’élection présidentielle proclamés par le Conseil Constitutionnel, la même communauté  peut évidemment se passer d’une quelconque procédure sinueuse interne de ratification pour traduire les citoyens ivoiriens devant la Cour Pénale Internationale.

PAUVRE AFRIQUE, UNE NOUVELLE BAITAILLE DU RESPECT DE LA SOUVERAINETE DE SES  ETATS POINTE A L’HORIZON.

Une contribution de:

TRAORE  PHILIPPE

Professeur d’histoire géographie

En cote d’ivoire

L’écrivain Bernard Doza écrit à Alassane Ouattara

Le journaliste d’investigation que je suis, a eu l’impression que ces soldats d’une cause identitaire, étaient devenus dans la violence postélectorale, les marionnettes d’une vengeance programmée par des mains obscures… Parce que le spectacle saisissant de la fin du règne-Gbagbo, s’organise devant des caméras de complaisance, comme si on voulait frapper l’imaginaire collectif du peuple africain par des images d’humiliation qui devaient nourrir un autre destin. Car elles ont été rapidement gravées, pour la postérité sur des disques, qui se vendent actuellement comme des petits pains dans les rues d’Abidjan.

A travers le véhicule permanent de ces images par les médias internationaux, on aperçoit, au-delà de la querelle sur la victoire du 28 novembre 2010, que c’est la Côte-d’Ivoire et l’Afrique noire qui sont moquées.

Car les diasporas noires des Etats Unis et d’Europe, qui vivent le racisme au quotidien dans les pays occidentaux, revoient en 2011(comme avec Patrice Lumumba dans les années 60) l’image du dirigeant nègre bafouée (par ses propres frères de race), parce que rebelle à l’ordre du grand maître blanc.

Le doute n’est pas permis, car tout cela se déroule au lendemain de l’injonction du président français, Nicolas Sarkozy qui affirmait : « Je donne jusqu’à dimanche (3 jours) à Gbagbo pour quitter le pouvoir ».

Dans ces conditions, comment doit-on rechercher et organiser la paix entre les différents peuples de Côte-d’Ivoire, au lendemain d’une pacification politico-militaire.
Une opération commanditée à travers l’ONU, par la France coloniale et exécutée de sang froid à Abidjan le 11 Avril 2011, par des troupes étrangères à notre pays, pour réinstaurer l’ordre ancien?

Monsieur le Président,

Si je prends ma plume, en ces temps de crises larvées, c’est parce que je ne suis pas sûr que vous êtes foncièrement contre le discours de l’indépendance politique et financière, prôné par les partisans de Laurent Gbagbo face à la France.

La France, du lobby colonial, qui entretien la pauvreté en Afrique noire en louant depuis 1853(à travers la « Banque du Sénégal », devenue les multinationales BCEAO et BEAC), le FCFA à 14 pays du continent, au profit du trésor français.

Sinon, comment allez-vous expliquer à la jeunesse ivoirienne, qui chôme depuis les années 80, avec des diplômes universitaires et obtenus dans des grandes écoles, pourquoi un pays gorgé de la richesse financière annuelle du Café-Cacao, du pétrole, de l’or, du caoutchouc et du Diamant, échoue-t-il dans la formation technologique des hommes pour le développement industriel, et quelles sont les véritables raisons du refus de la création d’emploi depuis 50 ans?
Car, avec ses 20 millions d’Habitants en 2011, la Côte-d’Ivoire, malgré sa grande richesse en matières premières, l’office de la main-d’œuvre de notre pays, ne comptabilise toujours pas un million de travailleurs ayant un bulletin de salaire mensuel.

Monsieur le président,

Nous, militants ivoiriens, connus pour avoir sacrifiés notre carrière politique et sociale hors de notre pays, dans le combat de l’indépendance anticoloniale et de la démocratie véritable, nous le savons.

La Côte-d’Ivoire a été transformée en carte postale des intérêts français, dans la sous-région africaine, dès le mois de juin 1950, lorsque Félix Houphouët a été soumis dans la violence coloniale par le gouverneur Péchoux.

Et depuis, malgré l’indépendance politique du 07 août 1960 et l’endettement monstrueux de notre pays, envers les institutions financières internationales (que je vous vois reprendre allègrement dès la fin de la crise postélectorale), aucun dirigeant de notre pays, n’a pu aider le petit peuple ivoirien, à sortir de la grande pauvreté.

Chaque tentative de sortie de la politique néocoloniale, osée par des dirigeants de notre pays, est perçue à Paris comme une faute politique par le négoce français et sanctionné à Abidjan par un coup d’état.

Depuis les années 80, les exemples foisonnent.

En 1985, Félix Houphouët vit ces derniers moments au pouvoir. Dans une dérive contre l’impérialisme français, il tente de relancer la machine de la contestation anticoloniale contre les prix des matières premières.

Parce qu’il ne supporte plus les prix d’achats aux rabais du Cacao-Café qui sont fixés par les multinationales occidentales sur le dos des pauvres paysans ivoiriens, Houphouët-Boigny décide de stocker sa production.

Le lobby du négoce français se réunit et décide de mettre au pouvoir à Abidjan, un militaire connu des services secrets.

C’est ainsi qu’apparait pour la première fois dans les rédactions à Paris, le nom de Robert Guéï, colonel des pompiers et ancien de St Cyr, officiant à Korhogo.

Face à la détermination du lobby, Félix Houphouët fut obligé de céder en demandant à la France de le laisser « finir son pouvoir en beauté ».

En juillet 1986, au Figaro Magazine, il déclare : « Si nous refusons de vendre nos matières premières, les blancs nous tuerons tous. Parce que nous avons l’indépendance politique, mais nous n’avons jamais eu l’indépendance économique.»

Le président ivoirien fut donc contraint de nommer Robert Guéï, Général et chef d’état-major de l’armée ivoirienne en 1990.

A la mort de Félix Houphouët-Boigny en 1993, la question de l’indépendance économique, demeure dans l’inconscient de la petite bourgeoisie du PDCI.

En décembre 1993, (avec l’appui du président François Mitterrand) Henri Konan Bédié accède à la magistrature suprême.

Président de la République, il teste sa marge de manœuvre. Il veut bâtir ses grands travaux (Eléphants d’Afrique). Henri Konan Bédié a donc besoin de beaucoup d’argent. Alors sans avertir Paris, le président ivoirien se désengage du pacte colonial de juin 1950.
Rapidement, il signe contrat avec des multinationales américaines : Cargill et Daniel Archer Midland pour le retraitement du café et la transformation locale du Cacao.

Une Usine de transformation locale du Cacao en poudre est même construite à Yopougon, avec Daniel Usher, le fils de l’ancien ministre des affaires étrangères de Félix Houphouët comme Directeur général.

Mal lui en pris.

En début décembre 1999, la France profitant de la polémique politique sur l’ivoirité, agit en secret.
Le général Robert Guéï est convoqué à Paris (15 jours avant le coup d’état du 24 décembre 1999) par le lobby du négoce (la Françafrique).

Auditionné par la DGSE et le patronat français, il revient à Abidjan le 17 décembre avec le Général Jeannou Lacaze dans l’avion.

L’ancien chef d’état-major de l’armée française devenu conseil de la DGSE, dirige l’opération de la prise de pouvoir par le général Robert Guéï.

Les deux généraux se réfugient d’abord à Gouessesso (village du général Guéï). Le prétexte officiel du déplacement en Côte-d’Ivoire parle d’une fête organisée pour la célébration des anciens de St-Cyr.

Henri Konan Bédié qui monte le 22 décembre 1999 à l’assemblée nationale pour un discours anticolonial diffusé par la télévision, ne prend pas de gants :

« Nos ainés n’ont pas lutté pour l’indépendance pour que nous acceptions aujourd’hui de nouvelles soumissions. La nationalité, la citoyenneté, la démocratie et la souveraineté nationale sont les quatre côtés d’un carré magique qu’il nous faut défendre avec calme et détermination devant ces ingérences étrangères inacceptables.

C’est aux ivoiriens de décider par eux-mêmes, pour eux-mêmes, et de choisir librement l’un d’entre eux pour conduire le destin de la nation en refusant les aventures hasardeuses et l’imposture insupportable.»

La revendication salariale des jeunes soldats venus d’une mission de l’ONU en Centrafrique, sera l’occasion du coup d’état qui emporte le pouvoir du président Bédié.

Robert Guéï prend le pouvoir avec Jeannou Lacaze comme conseiller occulte, pour veiller sur l’orientation politique du nouveau pouvoir d’Abidjan.

Les rentrées d’argents dans les caisses de l’état lui paraissent obscures, alors le général Guéï nomme provisoirement des officiers aux structures financières les plus sensibles, comme le port, les douanes, la loterie Nationale…

Et il s’aperçoit que par jour, les caisses de la Côte-d’Ivoire officielle perçoivent beaucoup d’argent.
Le port d’Abidjan faisait à l’époque trois milliards de franc CFA de recette par jour (Aujourd’hui 10 milliards). La douane encaissait plus de deux milliards CFA par jour (Aujourd’hui 7 milliards)…

Alors, il commet une faute.

Car naïvement, il pense qu’avec autant d’argent, la Côte-d’Ivoire n’a pas à emprunter et encore moins, à devoir de l’argent aux pays occidentaux.

Il décide donc de rembourser surtout l’Union Européenne, dont la presse ne cesse de réclamer la somme de 18 milliards de FCFA, qui auraient été détournés par le gouvernement du président Bédié.

Et le général Robert Guéï organise le paiement des 18 milliards de FCFA à la banque de l’Union Européenne.

L’opération se fait en cash, déposé par un officier de la marine (expédié à Genève, par avion spécial) pour faire la commission.

L’acte posé, considéré comme politique, a vivement mécontenté le lobby colonial à Paris. Ordre est donc donné de remplacer le général Robert Guéï dans l’exercice du pouvoir de Côte-d’Ivoire.
A Abidjan, l’ambassadeur de France, Mr Francis Lott, est chargé du dossier par la cellule africaine de l’Elysée.

Mais il faut trouver un nouveau candidat pour défendre ses intérêts en Côte-d’Ivoire, et la France n’a visiblement personne sur le terrain, en dehors de gradés militaires, que personne ne veux à Paris.

A défaut d’un candidat de confiance (dans l’armée et la droite ivoirienne), le parti socialiste français cautionne la candidature de Laurent Gbagbo auprès du lobby colonial.
Mais une fois au pouvoir en octobre 2000, le président ivoirien change de ton et revendique sa victoire personnelle et son pouvoir dans le sacrifice des militants FPI (300 morts-entre le 22 et le 26 octobre2000-) face à la garde présidentielle du général Robert Guéï.

La France qui n’apprécie pas la volte-face inattendue du nouveau président ivoirien attend son heure…
L’erreur fatale de Laurent Gbagbo a été de refuser rapidement, dès le début de son pouvoir, le diktat des intérêts français au mois de novembre 2000.

Et pire, d’avoir repris à son compte, la question de l’autonomie politique et financière contre les intérêts français, engagée par le président Bédié, avec les multinationales américaines : Cargill et Daniel Archer Midland.

Et surtout d’avoir octroyé le marché du troisième pont ivoirien aux chinois, avec qui, le projet coutait moins cher que celui du français Bouygues.

Les événements de la rébellion militaire de 2002, qui aggravent la déchirure interne, à cause de la politique de l’ivoirité qui prône le refus de la candidature-Ouattara, devient une aubaine politique pour la France dont le lobby colonial combat désormais Laurent Gbagbo.
Alors rapidement, la rébellion du nord est prise par la cellule africaine de l’Elysée à paris, comme un problème ivoiro-ivoirien. Donc suivi du refus de l’armée française de désarmer les rebelles.
Le message du lobby colonial est clair :

« Laurent Gbagbo ne veux pas gérer les intérêts de la France en Côte-d’Ivoire, alors la France ne peut pas protéger son pouvoir en désarmant les rebelles du nord ». La suite on la connait…

Monsieur le président,

Aujourd’hui, la question est simple.

Peut-on encore en 2011, continuer à gérer la Côte-d’Ivoire, sans aborder dans les faits, le problème de l’indépendance économique ?

Lorsqu’en 50 années de gestion du pouvoir ivoirien, aucun gouvernement n’a jamais eu les moyens véritables pour œuvrer localement vers les 90% du taux de scolarisation, encore moins les 70% d’autosuffisance alimentaire.

Et qu’à la fin 2010 encore, moins de 50% d’ivoiriens n’ont pas deux repas par jour par manque d’un véritable travail salarié. Dans un pays où aucun pouvoir ne s’est jamais plus soucié du SMIG ivoirien, bloqué à 35.000CFA, depuis la crise de 1983.

Un pays, où on ne parle même plus de la privatisation des soins hospitaliers décidée en 1983(sur ordre de Félix Houphouët), par le ministre des finances, Mr Abdoulaye Koné, mesures qui endeuillent encore et toujours le petit peuple.

Pendant ce temps, dans le secteur du monde du Café-Cacao, c’est encore l’esclavage organisé par les gros planteurs.

La grande bourgeoisie agraire de la Côte-d’Ivoire, premier producteur mondial du Cacao avec plus 600.000 plantations, ne veux pas céder à la modernisation.

Le patronat de ce secteur productif, adulé par tous les gouvernements ivoiriens, ne délivre toujours pas de bulletins de salaires sérieux.

Parce qu’il refuse, de relever au SMIIG, le salaire de base des ouvriers agricoles, qui continuent d’être payés à 7.500CFA par mois (en raison de 250CFA, par jour de travail).
Un ensemble de dossiers sensibles que le PDCI a crée dans la gestion de notre pays pendant 40 ans, et qui devaient être abordés par le pouvoir socialiste de Laurent Gbagbo, s’il n’avait pas été kidnappé dans la stratégie pour la conservation du pouvoir politique.

Excellence,

Le journaliste parisien que je suis, est très inquiet de constater aujourd’hui dans mon pays, la nostalgie du parti unique.

Et ceci, malgré les batailles pour les libertés de la parole politique syndicale et de la presse indépendante du pouvoir, que nous avons menées sur le front extérieur et intérieur, depuis 1980.
Chose impensable, en Mai 2011, il s’est trouvé en Côte-d’Ivoire, des voies de droite pour dénoncer le FPI comme un parti nazi et demander sa dissolution.

A ceux-là, je réponds clairement : Pour avoir lutté seul, depuis les années 80, contre le monopole du parti unique, le FPI de Laurent Gbagbo (que je connais bien) représente en Côte-d’Ivoire et en Afrique noire, une grande dimension dans le combat de la démocratie, pour l’émancipation des peuples ivoiriens.

C’est un parti de la gauche démocratique, qui a suscité l’espoir contre la dictature du parti unique, en écrivant en 1985 en France un livre programme intitulé : « 150 propositions pour gouverner la Côte-d’Ivoire », publié aux éditions l’Harmattan.

A l’orée de la gestion du pouvoir politique, la direction du FPI a été phagocytée et manipulée par des hommes et des femmes, venus, de l’extrême droite du PDCI ; ce sont des néo-démocrates auteurs de la philosophie de l’exclusion.

Ils ont empoisonnés la classe politique au lendemain de la chute du président Bédié, en créant le front patriotique avec des partis politiques.

Dès l’an 2000, ils sont entrés au palais présidentiel avec pour mission de faire échouer Laurent Gbagbo dans l’exercice du pouvoir vers l’instauration de la social-démocratie.
C’étaient des politiciens en mission, qui ont pensé et convaincu la direction du parti et le président Gbagbo, à tort, que le seul discours qui pouvait rassembler le peuple ivoirien, au-delà de la frontière ethnique et idéologique, c’est celui de l’exclusion, donc du combat contre le « candidat étranger » qui deviendra le « candidat de l’étranger », pendant la campagne électorale de novembre 2010.

Monsieur, le Président,

J’ai été étonné de voir à Abidjan, la démolition collective de symboles fétichistes, qui auraient été érigés par le régime de Laurent Gbagbo, donc dénoncés dans le nettoyage post-crise, par des personnalités à travers les médias.

C’est le journal -Nord Sud (du 18 avril 2011), qui parle pour le roi des akouès : Nana Augustin Boigny Ndri III sur un « fétiche de Laurent Gbagbo ».

Ce fétiche découvert au palais présidentiel de Yamoussoukro, qui avait été enterré, pour pérenniser le pouvoir de l’ancien chef de l’Etat, aurait précipité la chute de Gbagbo, deux jours après sa découverte…

Le journal : l’Inter (du 21 avril 2011), évoque la « destruction des monuments, de la Sorbonne…(…)
Et écrit : « A en croire le capitaine Allah Kouakou Léon (le porte-parole du ministre de la défense), on aurait découvert sous les édifices: La cascade des carrefours Akwaba à Port-Bouët, la statut de la liberté à Yopougon siporex, la statut du rond-point d’Angré Djibi, des choses peu catholiques. »

Ma surprise est très grande, car depuis les années 60 aucune personnalité politique de notre pays, n’a jamais soulevé la question ésotérique des monuments, qui ornent la capitale économique et politique, et expliquer leurs fondements pour que les ivoiriens comprennent le sens mystique de la grande bataille du pouvoir, qui déchire les acteurs ivoiriens de l’après Houphouët.

En Côte-d’Ivoire sévit un groupe politico-ethnique: le Baoulé akoué, choisit depuis 1909 par les colons français pour diriger nôtre pays.

En effet, dans son livre : « Les 60 langues parlées à la Côte-d’Ivoire », publié en 1905 à Paris, Maurice Délafosse (qui devient le conseiller politique de Félix Houphouët, en 1925, dès la mort de Kouassi N’go, roi des baoulé-akouès) écrit ceci :

« En Côte-d’Ivoire, il faut veiller à ce que le pouvoir politique ne soit jamais aux mains des bétés, des agnis et des dioulas, qui sont des peuplades incontrôlables. Il doit revenir aux baoulés, peuple jovial et parce que ethnie du centre, il concourt à la fédération des peuples ivoiriens ».

En 1932, le gouverneur Clozel soutien et reprend à son compte, les écrits de Maurice Délafosse dans ses rapports au ministère des colonies.

Depuis, le baoulé- akoué est devenu un clan pouvoir.

En 1935, sur le conseil de Maurice Délafosse, Houphouët crée : « l’association des originaires de Côte-d’Ivoire » composée essentiellement de jeunes Akan.

Pour fortifier le pouvoir ethnique déjà, dès 1959, à été construit par la France, à la place du palais des gouverneurs à Abidjan, le palais présidentiel de Côte-d’Ivoire.

L’architecture du palais est moulée dans le symbole du Sikadjué Koffi, c’est le siège royal, symbole du pouvoir des Ashanti.

A la place de la république, à Abidjan-plateau, se dresse encore aujourd’hui un monument construit à la mémoire de la reine Pokou.

Ce monument entretient, au sous-sol, un grand fétiche-Ashanti qui garantit mystiquement le pouvoir de la Côte-d’Ivoire aux baoulé-akouè.

Ainsi, sans référendum, sur le legs politique et culturel des peuples de Côte-d’Ivoire, la Reine Pokou a été érigée en « reine-mère », dans la République pluriethnique de notre pays, dès les indépendances.

En 1960, le baoulé-Akouè devient un groupe politico-mystique, qui forme une caste de conspiration pour la conservation du pouvoir politique ivoirien. Le pouvoir de la Côte-d’Ivoire est devenu pour eux le : Liké (qui signifie notre chose).
C’est logé dans cette démarche mystique qu’on voit à chaque bouleversement de l’espace politique, des délégués de ce clan qui se relaient pour faire échouer chaque locataire du palais présidentiel, considéré comme un patrimoine de la tribu.

C’est ce clan et ses affidés (auteur du TSO- le tout sauf Ouattara- en 1991) qui ont écrit et promulgué en 1995, sans référendum, la loi sur l’ivoirité qui a endeuillé de 1995 à 2011 la Côte-d’Ivoire.

Ce clan et ses membres sont connus, ils doivent être jugés au nom de la démocratie, en dehors des accords politiciens.

Parce que la démocratie, c’est la liberté de chaque citoyen à accéder et exercer le pouvoir politique de son pays, sans entraves et préjugés.

Mais avec le retour triomphant du tribalisme aux élections de 2010, signifiant ainsi l’échec dans notre pays de la démocratie (qui privilégie la compétence du citoyen), la Côte-d’Ivoire, pour éviter l’implosion, devrait tendre vers « La confédération », avec des présidents de régions autonomes, qui mettront en place un exécutif fédéral, tournant (tous les cinq ans), par un vote de grands électeurs.

BERNARD DOZA

Journaliste-politique, écrivain.

Auteur de liberté Confisquée II (Le temps de la Révolution Africaine)