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BENIN : La Rb suspendue de l’Union fait la Nation

La Renaissance du Bénin (Rb) a été suspendue le mardi 21 juin 2011 de l’Alliance ‘’Union fait la nation’’, en même temps que son président, Léhady Vinagnon Soglo. Leur retour est subordonné à la clarification par le président du parti Léhady Soglo en personne. La décision ne produira pas tous ses effets pour l’instant. Elle confère cependant à ses auteurs un certain courage qui fera date dans l’histoire politique du Bénin.

Dans le fond comme dans la forme, la suspension de Léhady Soglo et la Rb de l’ alliance ‘’Union fait la Nation’’ représentés à la réunion par Epiphane Quenum et Raphet Loko dans les conditions actuelles fera date. Ange Marie Bruno Amoussou, Antoine Kolawolé Idji, Me Adrien Houngbédji, Séfou Fagbohoun, Lazare Sèhouéto et Eric Houndété comme les autres députés de l’Un ont certainement été meurtris jusqu’au fond de leur âme par le comportement de la famille Soglo qui a rejoint la mouvance à la sortie des récents scrutins. Moralement, les responsables de l’alliance ont su se faire respecter, ainsi que les militants restés fidèles aux idéaux du groupe. Bruno Amoussou et compagnies viennent de monter que l’Un était une entreprise sérieuse et non un amusement. Ils reconnaissent de ce fait l’importance d’âpres mois de négociations avec d’autres groupes pour consolider les bases de l’union et pour se donner un bon résultat. En sanctionnant les leaders de la Renaissance du Bénin, Amoussou et ses alliés se sont donné les pleins pouvoirs pour imprimer une discipline au groupe. C’est bon pour le moral.

D’aucuns diront que c’est de cette façon que l’ « Union fait la Nation’’ participe à la Refondation de la République. Et ici, Amoussou et consorts ont évité un gros piège. Car, la Rb n’a pas été exclue du groupe. Elle a été juste suspendue en attendant. Une façon de dire qu’on ne saurait prononcer une exclusion définitive en l’absence de l’initiateur Léhady Soglo. Il doit être là pour cerner l’importance de la décision provoquée par l’acceptation de la main tendue du président Yayi Boni. La décision apparaît alors comme un sursis pour Léhady Vinagnon Soglo, qui doit vite se ressaisir et se rattraper. En effet, ses absences répétées peuvent être interprétées comme une façon de narguer ses pairs. Surtout que ce n’est pas la toute première fois qu’il se comporte de cette façon.

Les autres impacts de la décision

La décision de la suspension n’aura pas de conséquences immédiates sur le terrain. Simplement parce qu’il n’y a pas d’élection en vue. Seulement, le fossé est plus que jamais profond entre la Renaissance du Bénin et les autres formations politiques qui restent fidèles aux idéaux du groupe. Par ailleurs, cette décision permet une fois pour toute de resserrer les liens entre partenaires. Elle permet aussi de faire tomber le ‘’mythe Rb’’. Un parti dont les ténors s’estiment toujours « intouchables » et capables de grandes compromissions sans être interpellés. Une fois ce mythe tombé, la suspension s’impose désormais à tous les leaders politiques qui doivent désormais savoir raison garder chaque fois qu’il s’agira du respect de la logique de groupe. Mieux, la prompte réaction du groupe Amoussou face à l’acte tromperie des Soglo servira de leçon pour le président Yayi Boni qui les a accueillis. Outre le fait que le chef de l’Etat devra adopter une attitude de prudence à leur encontre, la décision a quelque chose de pédagogique pour les uns et les autres. Et puis avec ce départ, la Renaissance du Bénin qui était de toutes les tractations, ne saura plus rien de ce qui se décide dans ce groupe que son président a créé. Un sérieux désaveu pour Léhady Soglo. Certainement, le signe annonciateur de ce qu’il sera privé du soutien de ses partenaires pour 2016. Or, tout le monde sait qu’aucune formation politique au Bénin ne peut se targuer de gagner toute seule une élection présidentielle. Et si Léhady Soglo ne peut plus profiter de ses partenaires, il n’est pas également certain que ses nouveaux alliés le portent à la Marina. Il se serait ainsi crucifié pour un poste de deuxième vice-président de l’Assemblée nationale et d’un Ministère de l’Environnement au moment où des personnalités apolitiques ont gagné de géants portefeuilles ministériels.

Jean-Christophe Houngbo, Le Matinal

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